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11 novembre 1918. L'Armistice sonne la fin de la Grande guerre, et les villages français, après des instants de joie, se souviennent de tous ces hommes qui ne reviendront pas. À Mormaison, petite commune de Vendée, sur 854 habitants en 1914, cent soixante-dix-huit hommes vont être mobilisés durant les quatre années et demie de guerre, soit une personne sur cinq. Quarante-deux d'entre eux ne reviendront pas. Lorsque le Monument aux morts est érigé sur la place de l'église, trente-trois noms vont être inscrits sur celui-ci, mais sans leurs prénoms. Qui sont-ils ? Quels âges avaient-ils ? Étaient-ils mariés, pères de famille ? 100 ans après, pour les commémorations du centenaire de la Première guerre mondiale, nous avons voulu essayer de dresser une biographie pour chacun de ces poilus, inscrits ou non sur le Monument aux Morts mormaisonnais.
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Seitenzahl: 317
Veröffentlichungsjahr: 2021
« Parce qu'un homme sans mémoire est un homme sans vie,
un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir. »
Maréchal F. Foch (1851-1929)
Figure 2 - Extrait de la carte de Cassini, avec Mormaison et ses villages
L’organisation de l’armée en 1914
Le système de la conscription en France
Le parcours d’un soldat
L’armée en 1914
La Grande guerre en quelques lignes…
1er août 1914. Mobilisation générale
Septembre 1914. Première bataille de la Marne et course à la mer
Décembre 1914. La guerre des tranchées
1916. Verdun et meurtrière bataille de la Somme
1917. L’espoir américain
Juillet 1918. La seconde bataille de la Marne
11 novembre 1918. L’Armistice
L’écriture
Les Monuments aux morts
Le monument aux morts de Mormaison
Les Morts pour la France de Mormaison
Liste des 33 combattants inscrits sur le monument
Biographie des Morts pour la France de Mormaison
1914
Chronologie 1914
22 août 1914 : décès de Louis Chupin
8 septembre 1914 : décès d’Henri Drouet
8 septembre 1914 : décès d’Auguste Douillard
8 septembre 1914 : décès de Jean Rocher
9 septembre 1914 : décès de Benjamin Lucas
29 novembre 1914 : décès d’Édouard Grasset
1915
Chronologie 1915
30 avril 1915 : décès d’Armand Chupin
22 juin 1915 : décès de Jean Durand
25 juillet 1915 : décès de Joseph Gallot
20 août 1915 : décès de Jean Baptiste Renaud
25 septembre 1915 : décès de Pierre Marbœuf
25 septembre 1915 : décès de Jean Minguet
29 septembre 1915 : décès d’Armand Volard
6 octobre 1915 : décès d’Armand Mabit
6 octobre 1915 : décès d’Henri Malidin
18 octobre 1915 : décès d’Armand Potier
1916
Chronologie 1916
17 avril 1916 : décès de Louis Joguet
8 mai 1916 : décès de Pierre Chaillou
29 mai 1916 : décès d’Henri Rocher
7 juillet 1916 : décès d’Eugène Mercereau
15 juillet 1916 : décès de Clément Leroy
4 septembre 1916 : décès d’Armand Rocher
15 octobre 1916 : décès d’Alexandre Rousseau
22 octobre 1916 : décès de Joseph Rocher
1917
Chronologie 1917
8 mars 1917 : décès d’Aristide Dugast
6 mai 1917 : décès de Georges Merlet
16 septembre 1917 : décès d’Armand Martin
1918
Chronologie 1918
27 mai 1918 : décès de Jean-Baptiste Chabot
31 mai 1918 : décès de Jean Baptiste Bernard
28 juillet 1918 : décès d’Henri Pogu
8 septembre 1918 : décès de Paul Merlet
19 octobre 1918 : décès d’Edmond Birard
3 novembre 1918 : décès de Maurice Bellamy
Après le 11 novembre 1918
Chronologie après l’Armistice
26 mai 1919 : décès d’Armand Joguet
10 mars 1944 : décès d’Emmanuel Fèbvre
Les Morts pour la France natifs de Mormaison inscrits ailleurs
25 août 1914 : décès d’Aimé Biret - Saint-Philbert-de-Bouaine
4 septembre 1914 : décès d’Henri Fagué – Saint-Michel-de-Villadeix (Dordogne)
6 octobre 1914 : décès de Clément Roger - Nantes
25 septembre 1915 : décès d’Ernest Séjourné – Saint-Sulpice-le-Verdon
26 septembre 1915 : François Poirier – Saint-André-Treize-Voies
30 septembre 1915 : décès de Marie Abel Chaillou – Saint-Sulpice- Le-Verdon
6 octobre 1915 : décès d’Alphonse Séjourné – Saint-Sulpice-le-Verdon
13 février 1916 : décès de Félix Pogu – Saint-Sulpice-le-Verdon
23 juin 1916 : décès de Lucien Renaud – Rocheservière
24 juin 1916 : décès d’Henry Martin – Vieillevigne
1
er
septembre 1916 : décès d’Alphonse Dupont – Les Brouzils
25 octobre 1916 : décès d’Abel Pogu – Saint-Sulpice-Le-Verdon
5 mai 1917 : décès de Jules Brochard - Chartres
13 juin 1917 : décès d’Edouard Hermouet – La Flèche (Sarthe)
1
er
décembre 1918 : décès de Victor Bulteau - Rocheservière
19 décembre 1918 : décès d’Armand Chardonneau - Legé
D’autres soldats originaires de Mormaison, Morts pour la France
Liste des mobilisés de Mormaison
Bourg et Sainte-Marie
La Délasse
La Roche
La Piltière (La Pilletière)
L’Epinay
La Fresnière
Le Many
Les Erables (Les Airables)
La Ville en Bois
Le Petit Moulin
Le Haut Pontreau
Le Bas Pontreau
La Guérivière
La Tréculière
La Gélussière
Le Puy Pelé
L’Audrenière
La Trinquetière
Le Bois Renaud
Les Thibaudières (La Thibaudière)
La Joue
Bellevue
La Martinière
L’Épiardière
La Petite Roussière
La Grande Roussière
La Rouaudière
La Thué
La Butière
La Maison Neuve
La Gaudinière
Les Lucs-sur-Boulogne
Total Mormaison
Sources et bibliographie
Sources
Bibliographie sommaire
Sitographie
Glossaire des régiments
Carte des sépultures
Index
L’organisation de l’armée en 1914
La Grande guerre en quelques lignes…
L’écriture
Les Monuments aux morts
Le monument aux morts de Mormaison
Les Morts pour la France de Mormaison
Biographie des Morts pou r la France de Mormaison
1914
1915
1916
1917
1918
Après le 11 novembre 1918
Les Morts pour la France natifs de Mormaison inscrits ailleurs
D’autres soldats originaires de Mormaison, Morts pour la France
Liste des mobilisés de Mormaison
Sources et bibliographie
Glossaire des régiments
Carte des sépultures
Index
Table des Matières
Au début du vingtième siècle, le système militaire français est basé sur le principe de la conscription, qui existe depuis 1798 : chaque homme âgé de 21 ans doit accomplir son service militaire. Depuis 1889, le service dure trois ans et est basé sur un système de tirage au sort. Mais des sursis pour études et charges familiales sont institués en 1902. Le jeune homme passe ensuite devant un conseil de révision, et est appelé à l’activité s’il a été jugé « bon pour le service actif » : il part faire son service militaire à l’âge de 21 ans.
Une fois leur temps dans l’armée active achevé, (entre une à trois années), les hommes sont « envoyés en congé » et passent dans la réserve de l’armée d’active. Mais leurs obligations militaires ne sont pas terminées. Les réservistes devront effectuer deux périodes d’exercices. En cas de mobilisation, ils seront appelés dans l’unité où ils ont été désignés. Ils compléteront alors les unités d’active, formeront des unités de réserve, ou resteront au dépôt pour être envoyés en renfort un peu plus tard. La période de réserve dure sept ans.
Les hommes passent ensuite dans l’armée territoriale. Les territoriaux ont pour missions de rester en arrière et de tenir les places. Le passage dans l’armée territoriale dure six ans, puis les hommes deviennent réservistes de l’armée territoriale, destinés à compléter si besoin les unités d’infanterie territoriales, ou affectés à la surveillance des voies ferrées et du littoral. Cette période dure neuf ans.
En 1905, la loi Bertheaux supprime le tirage au sort et les exemptions de service militaire. Tous les hommes peuvent être appelés pour un service ramené à deux ans. Mais en contrepartie, la période de réserve de l’armée d’active devient plus longue : elle passe à onze ans au lieu de sept.
Le service revient à trois ans en 1913 et le recensement des appelés s’effectue dès lors à 19 ans, abaissant l’âge de l’incorporation à 20 ans au lieu de 21 ans.
Après le recensement, les hommes sont tirés au sort (jusqu’en 1905). En fonction du nombre, ils sont affectés sur une « portion » de la liste qui définit le nombre d’année du service (petit nombre, trois ans de service, grand nombre, un an de service).
Ils passent ensuite devant un conseil de révision, qui a lieu une fois par an, au chef-lieu de canton. Le conseil de révision perdure toujours après la loi de 1905.
Durant ce conseil de révision, les hommes passent devant un médecin, et le conseil de révision prend ensuite sa décision : bon pour le service armé, bon pour le service auxiliaire, ajourné, exclu ou exempté. La faiblesse est l’un des principaux motifs d’ajournement, et on peut être ajourné plusieurs fois, par exemple si un frère est déjà présent sous les drapeaux.
Ils sont ensuite appelés dans leur régiment d’affectation. Arrivés au corps, ils sont à nouveau examinés par un médecin, et certains peuvent être alors réformés ou classés dans les services auxiliaires.
L’exemption est une décision du conseil de révision, la réforme est une décision d’une commission de réforme.
Sont en général réformés les soldats souffrant de problème de santé les empêchant de participer au service actif, soit à la suite d’une blessure ou d’une maladie contractée au front (réformé n°1, avec droit à une pension) ou à la suite d’une maladie non imputable au service (réformé n°2, sans pension).
Le 1er août 1914, lorsque le gouvernement décrète la mobilisation générale, 3,5 millions d'hommes seront mobilisés, mais très vite les pertes s'élèvent à plusieurs centaines de milliers d’hommes. Il faut donc trouver des hommes pour compléter les effectifs. Pour cela, les conseils de révision visitent entre octobre 1914 et juillet 1915 les classes 1915, 1916 et 19171, ainsi que les exemptés et les réformés, pour grossir rapidement les rangs des régiments.
Les réformés sont des soldats souffrant d'un problème de santé les empêchant de participer au service actif. Ces hommes ne sont pas mobilisés le 2 août. Mais un décret paru le 9 septembre 1914 va tout changer : il oblige les réformés et exemptés des classes précédentes à 1915 à passer devant une commission de réforme. Celle-ci va juger si l'homme reste réformé, exempté ou au contraire, s'il est bon pour le service armé ou auxiliaire. Plusieurs commissions de réforme seront organisées tout au long de la guerre.
Le 1er août, sont mobilisés dans l’armée d’active, les classes de 1911 à 1913. Ces classes sont déjà sous les drapeaux, au service militaire. La classe 1911 devait être libéré en octobre. Sont également mobilisés, dans les réserves de l’armée d’active, les classes de 1900 à 1910 ; dans l’armée territoriale, les classes de 1893 à 1899, et dans la réserve de l’armée territoriale les classes de 1887 à 1892.
La classe 1914 est appelée rapidement pour éviter la pénurie d’hommes, soit le 1er septembre 1914.
La classe 1915 est appelé le 15 décembre 1914, la classe 1916 le 8 avril 1915, la classe 1917 le 7 janvier 1916, la classe 1918 le 16 avril
1917 et la classe 1919 le 15 avril 1918. Les hommes ne sont pas envoyés tout de suite sous les drapeaux. Le recensement et le conseil de révision sont maintenus. Les hommes font ensuite leur classe, de manière accélérée, avant d’être envoyés au front suivant les besoins des unités.
Les hommes qui ne se présentent pas sont déclarés insoumis.
A Mormaison, sur un peu plus de 800 habitants (en excluant la congrégation religieuse), ce sont environ 70 hommes qui sont concernés par la mobilisation en août 1914. Les plus jeunes seront mobilisés les années suivantes. Soit plus de 178 hommes de la commune, qui ont combattu entre 1914 et 1918.
Quarante-deux vont trouver la mort…
L'armée en 1914 comprend cinq ensembles de commandement : le grand quartier général, les groupes d'armées, les armées, les corps d'armées et corps de cavalerie, et les divisions d'infanterie et de cavalerie. Les trois premiers, s'ils sont prévus, n'existent pas en temps de paix.
Les corps d'armées existent en temps de paix, sous forme de régions militaires. Elles sont au nombre de 22 en 1914. La Vendée, avec le Finistère, la Loire-Inférieure, et le Morbihan, forment le onzième corps d'armée, basé à Nantes.
Différentes armes existent dans l’armée de terre, et elles vont pratiquement toutes être représentées dans ce recueil. Les hommes de Mormaison vont en effet servir dans quasiment l’ensemble des armes existantes.
L'infanterie a pour rôle de conquérir et de conserver le terrain, avec l'appui des autres armes. Ses deux moyens de luttes sont le feu et le mouvement en avant. L'infanterie est composée de 173 régiments de trois ou quatre bataillons, de bataillons de chasseurs à pied, de bataillons de chasseurs alpins, de quatre régiments de zouaves, de régiments de tirailleurs, des régiments étrangers, et d'un régiment de sapeurs-pompiers de Paris.
La cavalerie est composée de régiments de cuirassiers, de régiments de dragons, de chasseurs et de hussards, de chasseurs d'Afrique, de cavaliers de remonte.
L'artillerie a pour mission d'appuyer l'infanterie et de lui préparer la voie dans l'offensive en détruisant les obstacles. Il y a des régiments d'artilleries à pieds, des régiments d'artillerie de campagne, des régiments d'artillerie de montagne.
Le Génie facilite le mouvement de l'infanterie, contribue à la mise en état de défense de certaines zones, et construit des ouvrages de fortification.
L’armée comprend également des trains des équipages pour acheminer soldats et armes, des services divers (secrétariat, ouvriers d'administration, infirmiers militaires) et la gendarmerie.
A cela s’ajoute l’Armée territoriale et les régiments de réserve, basés sur la même organisation.
1 La classe d’un homme correspond à l’année de ses 20 ans
Le 28 juin 1914, François Ferdinand, héritier de l’empire austrohongrois, est tué à Sarajevo par un nationaliste Serbe. L’Autriche-Hongrie, alliée de l’Allemagne, veut punir la Serbie, et lui déclare la guerre le 28 juillet. Par un jeu d’alliances, l’Europe s’embrase rapidement. Tout bascule après le 31 juillet, à l’annonce de la mobilisation générale en Russie, qui soutient la Serbie.
Figure 3 - L'Europe et les alliances en 1914. Source : carte Wikipedia
Le soir du 1er août, les ordres de mobilisation générale sont affichés sur les frontons des mairies. La guerre n’est pas effective, mais les trois millions de réservistes et de territoriaux savent déjà qu’ils doivent se préparer à rejoindre les 800 000 soldats déjà en service actif.
Le 3 août, l’Allemagne déclare la guerre à la France. Le lendemain, la Grande-Bretagne entre en guerre aux côtés de la France et la Russie, en réaction à l’invasion de la Belgique par l’Allemagne.
Français et Allemands pensent mener une guerre courte. Les Français prévoient des attaques entre les Vosges et les Ardennes. Les Allemands s’appuient sur une manœuvre d’encerclement des troupes françaises, via la Belgique. Ils pensent traverser rapidement la Belgique, mais les Belges se soulèvent et font sauter ponts et voies ferrées pour ralentir l’ennemi. Les Allemands entrent finalement dans Bruxelles le 19 août, et tiendront le pays durant 52 mois.
La bataille des frontières débute, et le 22 août est le jour le plus meurtrier de l’histoire de France. Les forces franco-britanniques ont sous-estimées la manœuvre des Allemands et le nombre de divisions. 27 000 soldats français sont tués en une seule journée.
Le 26 août, l’armée allemande écrase l’armée russe sur le front Est. Celui-ci ne bougera quasiment plus jusqu’en 1917.
Devant la progression rapide des Allemands, qui sont alors à Senlis (Oise), à 45 km de Paris, le gouvernement quitte Paris pour Bordeaux le 2 septembre.
Le bilan de ce premier mois de guerre est catastrophique : l’armée française a perdu 300 000 hommes et bas en retraite.
L’offensive est lancée le 6 septembre. C’est le début de la première bataille de la Marne. Elle va permettre aux Français et Britanniques de stopper la progression allemande. Le front va se déplacer pour atteindre les côtés de la Manche, en novembre.
La guerre va alors s’enliser dans une guerre dite « de position », de la Mer du Nord à la frontière Suisse. Les premières tranchées sont creusées.
Pendant ce temps, l’empire Ottoman est entré en guerre aux côtés de l’Allemagne. La guerre devient mondiale.
La Bataille d’Ypres, en novembre 1914, marque la fin de la guerre de mouvement, et le début d’une longue guerre de position, qui va durer quarante mois. Des infrastructures défensives sont construites, les tranchées apparaissent.
Comment sont organisées les tranchées ? La première ligne de tranchée est reliée par des boyaux aux tranchées des deuxièmes et troisièmes lignes. Vient ensuite le front arrière, où sont installés les cuisines roulantes et les postes de secours, puis, à plusieurs kilomètres, l’arrière-front, avec les cantonnements de repos et les réserves logistiques. Lorsque la relève se fait, depuis l’arrière-front, les unités gagnent la tranchée de troisième ligne, qu’elles occupent quelques jours, avant de relever les unités situées en deuxième puis en première ligne. Après trois ou cinq jours, les combattants survivants regagnent les cantonnements.
Le 15 décembre 1914, l’offensive de Champagne débute.
C’est en 1915 qu’a lieu la première utilisation, par les Allemands, d’un gaz toxique, près d’Ypres, en Belgique. Le gaz est surnommé gaz ypérite, puis gaz moutarde.
Le 9 mai 1915, débute l’offensive d’Artois, et quelques jours plus tard, le 23 mai, l’Italie entre dans le conflit en déclarant la guerre à l’Autriche-Hongrie.
Le 21 février 1916 débute la bataille de Verdun, qui va durer jusqu’en décembre. Cette bataille va mobiliser d’importants moyens, de nombreux canons, et jusqu’à un million d’obus tirés en 24 heures. Malgré tout, le front s’enlise, et si les Allemands progressent, des poches de résistantes se constituent côté français. La France va perdre 380 000 hommes, l’Allemagne, 325 000. Les deux-tiers de l’armée française vont passer par Verdun durant les onze mois de bataille. Pour un résultat quasi-nul.
Le 1er juillet débute la bataille de la Somme. Objectif : réaliser une percée décisive en bombardant intensément les défenses allemandes, sur le front de la Somme, au nord de Paris. Dès le 23 juin, et durant huit jours, 1 500 pièces d’artillerie lancent un million d’obus sur les positions allemandes. Mais les tranchées et abris allemands sont solides. Lorsque l’assaut est donné le 1er juillet, les troupes allemandes sont éprouvées, mais encore opérationnelles. Pour les troupes britanniques engagées, c’est un échec. Seulement quelques kilomètres seront gagnés. La bataille de la Somme a été l’affrontement le plus meurtrier du conflit. 1 200 000 hommes sont tués entre juillet et novembre.
L’Allemagne réenclenche la guerre sous-marine au début de février 1917, essentiellement contre les navires marchands américains. En réaction, le congrès des États-Unis vote l’entrée en guerre, le 6 avril 1917. Mais l’armée américaine en 1917 n’est constituée que de peu d’unités. La mobilisation et la formation des soldats américains va être longue.
Le 16 avril, au sein de l’Entente, le général Nivelle, qui a remplacé le général Joffre en décembre 1916, lance une offensive française et britannique à Craonne, dans l’Aisne. La place est occupée par les Allemands depuis le début de la guerre. Au petit matin, dans un froid glacial, les soldats s’élancent sur un terrain à forte déclivité. L’ascension est lente et exténuante, les chars s’embourbent. Les nids de mitrailleuses allemands résistent. Le soir, le bilan est désastreux : 40 000 pertes chez les soldats français et britanniques. Nivelle persiste, et lance plusieurs offensives jusqu’au 9 mai, en vain. Les pertes totales avoisinent les 200 000 hommes dans chaque camp. Devant l’échec, Philippe Pétain est nommé général en chef le 15 mai. Il doit faire face à la colère des soldats, qui ne veulent plus être de la poudre à canon, et refusent de monter à l’assaut sans garantie de tactique. Le mouvement prend de l’ampleur jusqu’en juillet. Une cinquantaine d’hommes va être condamnée et exécutée, mais ces mutineries vont amener l’état-major à redéfinir ses tactiques.
Le 7 novembre 1917, la révolution d’Octobre éclate en Russie (le 24 octobre du calendrier russe). Les bolchéviques prennent le pouvoir et négocient l’Armistice avec l’Allemagne. La France et l’Angleterre perdent leur allié oriental, et l’Allemagne va alors pouvoir se concentrer sur le front de l’Ouest.
En 1918, dans la Somme, les Allemands débutent une nouvelle offensive. Le général en chef Allemand Ludendorff souhaite en effet profiter de l’arrivée des troupes allemandes depuis le front de l’Est, avant l’arrivée des Américains. Il lance une première attaque sur la Somme le 21 mars, en Picardie puis en Champagne.
Le 26, les généraux français, britanniques et américains confient à une seule personnes la coordination des forces de l’Entente : le général Foch. Celui-ci organise la défense. La seconde bataille de la Marne débute le 15 juillet, et se conclut par une victoire. Les forces vont alors réellement basculer. Le général Foch ordonne une contre-offensive généralisée qui va aboutir, quatre mois plus tard, à la capitulation allemande. L’aide américaine est déterminante, avec un effectif d’un million d’hommes en août 1918.
À la suite de la contre-offensive de juillet, les Allemands reculent. Pendant ce temps, dans leur pays, la situation économique s’effondre, et Guillaume II abdique le 9 novembre. Le Maréchal Foch lance les négociations de l’Armistice, dont l’arrêt est fixé au 11 novembre, à 11
h. Mais les combats se poursuivent, notamment dans la Meuse, où une centaine de soldats meurent dans ces dernières heures du conflit. Finalement, dans la nuit du 10 au 11, l’Allemagne accepte les conditions alliées, et à 11 h, les hostilités s’arrêtent.
En France, le bilan est mitigé. Si on célèbre cet Armistice tant attendu, on pleure 1,4 millions de morts, et encore plus de blessés. Des villages entiers n’existent plus. Et la démobilisation va prendre plusieurs mois.
Le 18 janvier 1919 s’ouvre la conférence de la Paix, à Paris, avec les représentants des pays vainqueurs. Le traité est signé dans la galerie des glaces du château de Versailles le 28 juin. L’Alsace-Lorraine est rendue à la France, l’état polonais est recréé, et la SDN, société des nations, est fondée. L’armée allemande doit se limiter à 100 000 hommes, et l’article 231 proclame la seule responsabilité de la guerre à l’Allemagne.
Figure 4 - Carte des zones détruites en 1914-1918. Source Wikipedia
Figure 5 - Carte des zones détruites en 1914-1918. Source Wikipedia
Figure 6 - Carte patriotique (coll. V. Barteau)
La Première guerre mondiale est également synonyme de l’écriture de masse. Plus de quatre millions de lettres en provenance de l’arrière et cinq millions de lettres en provenance du front vont être échangées. À cela s’ajoute des carnets de guerre, écrits par les soldats eux-mêmes. Les lettres de l’arrière mettent en général entre dix et trente jours pour parvenir au soldat. Il s’agit du seul lien du combattant avec sa famille et avec l’arrière. Fin 1914, une réforme s’opère et des femmes et étudiants sont recrutés pour trier et répartir le courrier à Paris. Les lettres mettront alors trois jours pour parvenir à leurs destinataires.
En moyenne, 320 tonnes de sac postaux partent chaque jour de Paris pour le front. Parfois, le courrier est détruit sur l’arrière par des obus. Le soldat reçoit également des colis, le plus souvent de la nourriture, et des mandats, qui lui permettent d’avoir un peu d’argent pour acheter quelques denrées et du tabac.
Beaucoup de soldats vont écrire énormément à leur famille, entre deux à trois fois par semaine. Mais la parole n’est pas libre : la censure lit cartes et lettres, le soldat veille donc à ce qu’il écrit. C’est aussi une manière de préserver la famille et les amis de la réalité du front.
Peu de temps après l’Armistice sont érigés un peu partout en France des Monuments aux morts de la grande guerre. Dans les années 1920, chaque mort a droit à son nom gravé dans sa commune, ou dans son entreprise, son école, sa paroisse… Dans la plupart des communes, on choisit, pour le monument aux morts, une stèle, souvent un obélisque, qui est le moins cher et le plus sobre des monuments. Une impression funèbre est complétée de la liste des morts, souvent alphabétique. Nommer permet de rappeler les individus, leur redonne une existence, et les sort de l’anonymat du champ de bataille.
Mais les monuments exaltent aussi le courage des survivants, qui se retrouvent régulièrement devant ces monuments. Monuments qui deviennent des lieux de deuils et de regrets.
Le monument aux morts de Mormaison a été édifié grâce à une souscription auprès de la population, qui a permis de récolter la somme de 2200 francs. À cette somme se sont ajoutés 350 francs, votés par le conseil municipal, pour réaliser l’inscription des noms des morts pour la France, lors de la séance du 22 juin 1919.
En 1970, en raison des travaux sur la place de l’église, le monument a été déplacé d’une quinzaine de mètres, à son emplacement actuel2.
Figure 7 - Monument aux Morts de Mormaison, place de l'église (photo V.Barteau)Le monument est composé d’une colonne quadrangulaire, avec une croix latine au sommet. Il contient sur les faces un casque, une palme, et une croix de guerre.
Il porte l’inscription :
Aux combattants de Mormaison morts pour la Patrie. Grandes guerres 1914-1918 1939-1945
La liste des morts pour la Guerre 1914-1918 est alphabétique. Elle orne deux côtés du monument. Elle contient les noms de famille mais seulement l’initiale du prénom.
Les combattants de Mormaison morts durant la Seconde guerre mondiale ont été rajouté en bas du monument.
Première face :
Figure 8 - Monument aux Morts de Mormaison, place de l'église (photo V.Barteau)
Deuxième face :
Figure 9 - Monument aux Morts de Mormaison, place de l'église (photo V.barteau)
2 Historique du monument aux morts dressé par Fabien Gallot
Certains combattants apparaissent aussi sur d’autres monuments aux morts ou plaques commémoratives. Ces doubles (voire triples) inscriptions apparaissent dans la colonne « Autre inscription ».
Inscription
Nom complet
Date de décès
Autre inscription
Village d’origine
Page
BELLAMY M
BELLAMY Maurice
03/11/1918
Le Bourg
242
BERNARD JB
BERNARD Jean Baptiste
31/05/1918
Le Many
217
BIRARD E
BIRARD Edmond
19/10/1918
Bourneau
La Délasse
235
CHUPIN L
CHUPIN Louis
22/08/1914
Le Bourg
48
CHUPIN A
CHUPIN Armand
30/04/1915
Le Bourg
83
Inscription
Nom complet
Date de décès
Autre inscription
Village d’origine
Page
CHABOT JB
CHABOT Jean Baptiste
27/05/1918
Luçon
(plaque cathédrale)
L’Épiardière
211
CHAILLOU P
CHAILLOU Pierre
08/05/1916
Le Many
148
DOUILLARD A
DOUILLARD Auguste
02/09/1914
Le Puy Pelé
60
DROUET H
DROUET Henri
01/09/1914
Le Bourg
55
DUGAST A
DUGAST Aristide
08/03/1917
La Gélussière
187
DURAND J
DURAND Jean
22/06/1915
Les Airables
88
GALLOT J
GALLOT Joseph
25/07/1915
Le Bourg
96
GRASSET E
GRASSET Edouard
29/11/1914
La Roche
76
JOGUET A
JOGUET Armand
26/05/1919
Le Bourg
250
JOGUET L
JOGUET Louis
17/04/1916
Luçon
(plaque cathédrale)
Le Bourg
142
Inscription
Nom complet
Date de décès
Autre inscription
Village d’origine
Page
LUCAS B
LUCAS Benjamin
09/09/1914
La Rouaudière
71
LEROY C
LEROY Clément
15/07/1916
La Grande Roussière
162
MABIT A
MABIT Armand
06/10/1915
Le Bois Renaud
120
MALIDIN H
MALIDIN Henri
06/10/1915
Le Many
126
MARBOEUF P
MARBOEUF Pierre
25/09/1915
La Rouaudière
105
MARTIN A
MARTIN Armand
16/09/1917
Le Puy Pelé
202
MERCEREAU E
MERCEREAU Eugène
07/07/1916
Le Puy Pelé
158
MERLET G
MERLET Georges
06/05/1917
La Guérivière
194
MERLET P
MERLET Paul
08/09/1918
La Guérivière
230
MINGUET J
MINGUET Jean
25/09/1915
La Thuée
111
Inscription
Nom complet
Date de décès
Autre inscription
Village d’origine
Page
POGU H
POGU Henri
28/07/1918
La Trinquetière
222
POTIER A
POTIER Armand
18/10/1915
La Petite Roussière
131
ROCHER A
ROCHER Armand
04/09/1916
Le Puy Pelé
168
ROCHER H
ROCHER Henri
29/05/1916
Le Puy Pelé
153
ROCHER J
ROCHER Jean Eugène
08/09/1914
Les Lucs-sur- Boulogne
Les Lucs
65
ROCHER J
ROCHER Joseph
22/10/1916
Le Puy Pelé
179
ROUSSEAU A
ROUSSEAU Alexandre
15/10/1916
La Piltière
174
VOLARD A
VOLARD Armand
25/09/1915
Les Airables
116
Durant nos recherches, nous avons répertorié deux Mormaisonnais Morts pour la France, non-inscrits sur le monument aux morts de la commune (ni sur un autre monument)3 :
Nom complet
Date décès
Village
Page
RENAUD Jean Baptiste
dit
Henri
20/08/1915
L’Audrenière
100
FEBVRE Emmanuel
10/03/1944
La Guérivière
255
D’autres Mormaisonnais ont été inscrits sur d’autres Monuments aux morts : Saint-Sulpice-le-Verdon le plus souvent pour la proximité de certains villages.
Nom complet
Date décès
Inscription
Village
Page
BULTEAU Victor
01/12/1918
Rocheservière
La Tréculière
330
CHAILLOU Marie Abel
30/09/1915
Saint-Sulpice-le- Verdon
Le Many
284
POGU Félix
13/02/1916
Saint-Sulpice-le- Verdon
La Tréculière
292
SÉJOURNÉ Alphonse
06/10/1915
Saint-Sulpice-le- Verdon
Le Many
289
SÉJOURNÉ Ernest
25/09/1915
Saint-Sulpice-le- Verdon
Le Many
275
Certains sont nés à Mormaison, qu’ils ont quitté avant la guerre. Ils sont inscrits sur le monument aux morts de leur commune d’adoption :
Nom complet
Date décès
Inscription
Page
BIRET Aimé Auguste
25/08/1914
Saint-Philbert-de-Bouaine
263
BROCHARD Jules
05/05/1917
Chartres
(Eure-et-Loir)
315
CHARDONNEAU Armand
19/12/1918
Legé
(Loire-Atlantique)
337
DUGAST Placide
23/10/1917
Les Lucs-sur-Boulogne
187
DUPONT Alphonse
01/09/1916
Les Brouzils
307
FAGUÉ Henri
04/09/1914
Saint-Michel-de-Villadeix
(Dordogne)
267
GRELAUD Ludovic
02/12/1917
Nantes
(Loire-Atlantique)
341
GUIBERT Jules
28/10/1917
Saint-André-Treize-Voies et Bitola
(Macédoine-du-Nord)
341
HERMOUET Edouard
13/06/1917
La Flèche
(Sarthe)
et Bitola
(Macédoine- du-Nord)
321
Nom complet
Date décès
Inscription
Page
MARTIN Henry
24/06/1916
Vieillevigne
(Loire-Atlantique)
303
POGU Abel
25/10/1916
Saint-Sulpice-le-Verdon
311
POIRIER François
26/09/1915
Saint-André-Treize-Voies
279
RENAUD Lucien
23/06/1916
Rocheservière
298
RENAUDIN Alphonse
01/06/1918
Montaigu
341
ROGER Clément
06/10/1914
Nantes
(Loire-Atlantique)
271
ROULLEAU Clovis
26/10/1918
Nantes
(Loire-Atlantique)
341
SAUNIER Célestin
16/04/1917
Rocheservière
342
TENAUD Alcide
11/10/1917
Legé
(Loire-Atlantique)
342
TENAUD Pierre
27/09/1918
Legé
(Loire-Atlantique)
342
Certains hommes habitaient Mormaison avant la guerre, de façon « provisoire » : domestiques agricoles le plus souvent, ils vivaient dans les différentes fermes de la commune, avant leur mariage ou leur départ à la guerre. Certains ont été tués durant la guerre, leurs noms figurent sur les monuments aux morts de leur commune natale le plus souvent, même s’ils ont vécu plusieurs années à Mormaison. Nous en avons répertorié deux. Il en existait sûrement d’autre…
Nom complet
Date décès
Inscription
Village
THIBAUD Félix
02/10/1914
Corcoué-sur-Logne
(Loire-Atlantique)
La Rouaudière (domestique chez Airiau)
BERRIEAU Auguste
08/09/1915
Beaufou
La Thué (domestique chez Boursier)
3 Il n’a pas été trouvé d’inscriptions sur un Monument aux morts pour ces soldats. RENAUD Jean-Baptiste, dit Henri, figure toutefois sur la plaque commémorative située dans l’église des Lucs-sur-Boulogne. Emmanuel FEBVRE est décédé bien après la construction du Monument aux morts, en plein durant la période troublée de la seconde guerre mondiale, mais reconnu « Mort pour la France » en 1957.
28 juin. Assassinat de François Ferdinand, héritier de l'empire austrohongrois.
28 juillet. L’Autriche-Hongrie, alliée de l'Allemagne, déclare la guerre à la Serbie.
31 juillet. Mobilisation générale en Russie, allié de la Serbie.
1er août. En France, l’ordre de mobilisation générale est affiché sur les frontons des mairies. Les hommes rejoignent peu à peur leurs régiments.
3 août. L'Allemagne déclare la guerre à la France.
4 août. La Grande-Bretagne entre en guerre aux côtés de la France et de la Russie.
18-22 août. Bataille des frontières.
22 août. Jour le plus meurtrier de l'histoire de France. Décès de Louis Chupin à Virton (Belgique). Bataille des frontières.
25 août-13 septembre. Premières batailles de Lorraine.
25 août. Décès d'Aimé Biret4 à Noirfontaine (Belgique). Combat des Ardennes belges.
4-10 septembre. Première bataille de la Marne.
4 septembre. Décès d'Henri Fagué5 à l’hôpital de Tourcoing (Nord), des suites de blessures.
8 septembre. Décès d'Henri Drouet, d’Auguste Douillard et de Jean Rocher, à Fère-Champenoise (Marne). Première bataille de la Marne.
9 septembre. Décès de Benjamin Lucas à Armance (Meurthe-et-Moselle). Premières batailles de Lorraine.
12-15 septembre. Course à la mer.
13-28 septembre. Bataille de l'Aisne.
6 octobre. Décès de Clément Roger6 à Hébuterne (Pas-de-Calais). Combats d’Hébuterne, dans la Course à la mer.
29 novembre. Décès d'Edouard Grasset à Montmirail (Marne).
Décembre. Enlisement du conflit, début de la guerre de position dite « guerre des tranchées ».
14 décembre 1914-17 mars 1915. Offensive de Champagne.
Figure 10 - Fiche Mort pour la France de Louis Chupin. Site Ministère des armées/SGA/DPMA/Mémoire des hommesLa guerre a éclaté depuis moins de trois semaines, lorsque Mormaison déplore son premier décès : Louis Aimé Jules CHUPIN décède à
Virton, en Belgique, le 22 août 1914.
Louis est né le 17 janvier 1889 à Saint-Hilaire-le-Vouhis, près de Chantonnay. Son père, Louis François Chupin, instituteur public né en 1862 à Tiffauges, a épousé à Saint-Philbert-de-Bouaine le 13 septembre 1886 Marie Rosalie Dronet, née en 1863 dans cette même commune.
Ils auront six enfants, nés dans différentes communes de Vendée, au gré des affectations de Louis : Maurice René, né en 1887 à Treize-Septiers ; à Saint-Hilaire-le-Vouhis, Louis Aimé Jules, né le 17 janvier 1889 et Marie Louise Julie née en 1890 ; puis à Saint-Hilaire-de-Loulay, Armand Alexandre Austin, né en 1893 et Reine Rosalie, née en 1897 ; et enfin Madeleine Lucie Suzanne, née à Saint-Martin-des-Tilleuls en 1899.
Louis et son épouse Marie Rosalie, avec leurs six enfants, s'installent à Mormaison en 1900, où Louis vient d'obtenir le poste d'instituteur de l'école des garçons.
Le 9 août 1907, Maurice, le fils aîné, décède à Mormaison, à l'âge de 20 ans. Second dans la fratrie, Louis fils devient alors le fils aîné.
En 1910, Louis est en âge de faire son service militaire, mais obtient un sursis, tout comme en 1911. Il renonce finalement à ce sursis et incorpore le 65e régiment d'infanterie de Nantes, le 7 octobre 1911, matricule 2737. Ce régiment d'infanterie fait partie de la 41e brigade d'infanterie, 21e division d'infanterie, 11e corps d'armée.
Il habite alors à Fontenay-le-Comte, où il est professeur.
Grâce à son instruction, il fait un brillant service militaire : nommé Caporal le 27 septembre 1912, il devient Sergent le 16 avril 1913. Il revient à la vie civile le 26 septembre 1913.
En novembre 1913, il s'installe à Ernée en Mayenne, où il a probablement obtenu un poste de professeur. Mais quelques mois plus tard, il est rappelé à l'activité par le décret de mobilisation générale. Il arrive au corps de Nantes le 3 août 1914 et part sur le front le 15.
Mais le 22 août, Louis est tué à Virton, en Belgique. Il n'avait alors que 25 ans.
Figure 11 - Bataille de Virton. Source : memorial1418
Le 22 août 1914 a été le jour le plus sanglant de l'histoire de France. Ce jour-là, 27 000 soldats français ont perdu la vie durant la bataille de Virton…
Sur leurs six enfants, les parents Chupin ont perdu, en 1914, leurs deux fils aînés : Armand, le quatrième de leur enfant, sera tué dans la Meuse, quelques mois plus tard7. Ils avaient également perdu leur fille, Reine
Rosalie, décédée à Mormaison quelques jours avant le début de la guerre, le 21 juillet 1914, à l'âge de 17 ans.
Marie Louise Julie, la troisième enfant, et première fille du couple, a épousé quelques semaines avant la guerre, Edmond Birard, un comptable originaire du Sud-Vendée. Mais celui-ci, également mobilisé, décèdera des suites d’une maladie contractée à la guerre, en 19188.
Malgré ces deuils, durant la guerre, Louis et son épouse vont se mobiliser activement pour les soldats : le 29 septembre 1914, un hôpital militaire est mis en place à Mormaison, situé dans l’école des filles, et tenu par les religieuses de Mormaison. Le 22 novembre, Louis est nommé ordonnateur. Sa mission est de gérer les dépenses de soin, de nourriture et le transport des militaires.
Figure 12 - L'hôpital temporaire de Mormaison, HB n°113 bis, créé en septembre 1914, compte 20 lits (Carte-postale, coll. privée)
Louis entretient également une correspondance avec Aristide Dugast, un mormaisonnais et un de ses anciens élèves, parti au front en décembre 1915, et mort en mars 19179. Il est probable qu’il ait entretenu des relations épistolaires avec d’autres jeunes soldats de la commune.
Après la guerre, Louis est nommé à l’école de Saint-Philbert-de-Bouaine. Il s’y installe avec son épouse et leurs deux filles, Marie-Louise, veuve Birard et Madeleine, et les trois enfants de Marie-Louise.
Peu de temps après, l’épouse de Louis, Marie-Rosalie Dronet, y décède en 1922, à l’âge de 58 ans.
Deux ans après sa mère, Marie-Louise décède à Saint-Philbert-de-Bouaine en 1924, à l'âge de 33 ans. Elle laisse trois petits orphelins de 10, 8 et 7 ans.
Madeleine Lucie Suzanne, la dernière-née, est décédée en 1991 à Jard-sur-Mer à l'âge de 92 ans.
Arbre généalogique CHUPIN-BIRARD :
Louis François Joseph CHUPIN (1862-1934) &1886 Marie Rosalie DRONET (1863-1922)
Maurice René CHUPIN (1887-1907)
Louis Aimé Jules CHUPIN
(1889-1914)
Marie Louise Julie CHUPIN (1890-1924) &1914
Edmond Auguste Aristide BIRARD (1889-1918)
Armand Alexandre Augustin CHUPIN (1893-1915)
Reine Rosalie CHUPIN (1897-1914)
Madeleine Lucie Suzanne CHUPIN (1899-1991)
Figure 13 - Fiche Mort pour la France d'Henri Drouet - Site Ministère des armées/SGA/DPMA/Mémoire des hommes
Le 8 septembre 1914, c’est au tour d’Henri Clément Auguste Drouet de tomber sur le front, à la Fère-Champenoise, dans la Marne.
Henri Clément Auguste est né le 1er août 1893 dans le bourg de Mormaison. Il est le fils de Jean Louis Drouet, horloger natif de Legé (Loire-Atlantique), installé à Mormaison, et de Marie Augustine Mandin, née à Vieillevigne (Loire-Atlantique).
Le couple se marie le 28 janvier 1890 à Mormaison.
Ils auront trois enfants : Armand Joseph Gustave, né en 1891, Henri Clément Auguste, né en 1893, et une fille, Hélène Marie Augustine Eugénie, née en 1900.
Les deux frères choisissent le même métier que leur père : horloger.
Le 8 octobre 1912, Armand, l'aîné, part faire son service militaire au 32e régiment d'infanterie, situé à Tours.
Un an plus tard, le 26 novembre 1913, Henri est enrôlé dans le même régiment, matricule 5069.
Ils sont tous les deux encore sous les drapeaux lorsque la guerre éclate en août 1914.
Henri part sur le front, mais est tué lors de la bataille de la Marne, à la Fère-Champenoise. Son décès est fixé dans un premier temps « avant le 20 août 1915 ». Il est finalement fixé par jugement du 9 avril 1919 au 8 septembre 1914.
Il est inhumé dans la nécropole nationale de la Fère-Champenoise (Marne), tombe 219.
Henri avait tout juste 21 ans.
Figure 14 - Nécropole de Fère Champenoise, créée en 1920. Photo : http://cheminsdememoire.gouv.fr/fr/fere-champenoise
Son régiment a perdu 600 hommes lors de la bataille de la Marne.
