Mystère au harem - Gilles Morgan - E-Book

Mystère au harem E-Book

Gilles Morgan

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Beschreibung


Le mystère du harem, c'est l'histoire d'une jeune fille qui émigre en Algérie avec ses parents au début de la colonisation française en 1830. Elle sera capturée avec ses parents par une tribu en Algérie et offerte par Abd-el-Kader au sultan du Maroc. Le fils de ce sultan tombera amoureux de cette jeune fille captive alors enfermée dans le harem de Marrakech.
Le harem est un lieu clos, avec ses codes, et ses mœurs, c'est le monde des concubines, des esclaves, des eunuques, un monde ou règne le despotisme, un endroit fait pour les plaisirs du maître des lieux....C'est aussi un monde sans pitié ou des intrigues se créent pour parvenir à la position de favorite auprès du sultan. Les crimes ne sont pas chose rare pour y arriver...
 

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Veröffentlichungsjahr: 2021

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Gilles Morgan

Mystère au Harem

D’après une histoire vraie

 

Copyright 2021. Gilles Morgan. Mystère au harem

Tous droits réservés.

Editeur: Streetlib.com

 

Droit d'auteur.

Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation réservés pour tous pays. L'utilisation, la transmission, la modification, la reproduction, la rediffusion ou la vente de toutes les informations reproduites dans ce texte, ou partie de ce texte sur un support quel qu'il soit, sont formellement interdites sans l'autorisation préalable et écrite du possesseur des droits, excepté dans le cas de brèves citations et autres usages non-commerciaux autorisés par la loi sur le copyright. Les marques mentionnées dans ce livre le sont à titre purement informatif, sans intention de publicité ni de contrefaçon.

 

Avertissement.

Ce roman historique repose sur des faits réels. Mes sources proviennent de documents d’époques, et d’ouvrages historiques.

Les mots, et certaines phrases, ou certaines expressions utilisent le sens de l’époque. En clair, des expressions comme “esclavage”, “esclave noir”, “femme captive”, et toutes expressions à caractères racistes, ou discriminatoires ne sont pas dans l’esprit du livre, mon roman historique relate seulement des faits et une ambiance durant l’époque du 19e siècle, qui disons le, ne brillait pas par son esprit d’égalité et de justice.

Introduction.

Il était une fois….

Ceci est bien le début de mon livre, car ce roman historique s’inspire de faits réels qui eurent lieu au 19e siècle et ayant pour toile de fond le début de la colonisation française en Algérie.

Je vais donc vous raconter comment une jeune fille de 16 ans fut capturée avec ses parents en Algérie par une bande de brigands (expression de l’époque), revendu à Abd El Kader, puis ensuite offerte à un sultan Marocain c’est retrouvée la favorite d’un harem au Maroc, cependant, par habileté celle-ci deviendra la préférée du Sultan, et enfin l’une des femmes du fils de Mohammed Ben Abderahamme MOULAY, dans la première moitié du 19e siècle.

Le harem est une cité close, un univers secret, les femmes du Sultan, les esclaves des femmes du sultan, les concubines et les eunuques..bref toute une organisation de famille.

Sans oublier la justice de la fosse aux lions.

Les événements se déroulent à partir de 1832-34 au départ du Jura, puis en Algérie, pour finir au Maroc.

Cette chevauchée est fantastique, mais dramatique dans son déroulement.

Voici donc comment une jeune captive française adolescente, en provenance du Jura, devint en quelque sorte une Sultane française au Maroc, mais dont la trace se perd dans les brumes de l’histoire.

Il était une fois….

Nous sommes en 1820, au sein d’un village rural situé dans le Jura, au bout du Val d’Amour, non loin de Dole.

Ce village se nomme Chatelay, un petit bourg d’environ 260 habitants, et un certain nombre d’entre eux avaient toutes les peines du monde à assurer leur quotidien.

Dans une petite ferme un peu à l’écart, disons plutôt un petit bâtiment de deux ou trois pièces au sol en terre, au toit de chaume, vivait une famille de travailleurs.

En fait, nos deux sujets étaient des journaliers qui allaient de ferme en ferme pour proposer leurs services, en l'occurrence ce travail consistait à carder des laines.

Le métier de cardeur consiste à démêler des fibres textiles, à l’aide d’une sorte de peigne appelé “carde”.

Par exemple, dans nos campagnes, ont voyait encore il y a une cinquantaine d’années des ouvriers cardeurs qui venaient proposer leur service dès l’arrivée du printemps, dans les maisons et fermes de la région.

Ce travail consistait à ouvrir les coutures du matelas, pour en extraire la laine afin de l’aérer et lui redonner du volume, à l’aide d’un vigoureux cardage.

Cette opération se faisait généralement au printemps

Cardeur ou cardeuse de matelas est un ancien métier que certains de nos grands-parents ont pourtant bien connu.

Mais nos deux laborieux Jurassiens ne voyaient pas toujours le bout du chemin, car non seulement il fallait assurer sa propre survie, mais aussi celle des six enfants.

Cette famille de paysans représente la dure vie dans nos campagnes à cette époque.

Tous les couples de cette période faisaient beaucoup d’enfants, car il fallait assurer ses vieux jours, et votre assurance vie était le travail de vos enfants qui devaient assumer vos besoins essentiels dans votre fin de vie quand il était devenu impossible de travailler pour cause de fatigue et du poids des années d’une vie exténuante de labeur.

Cette famille Jurassienne, était donc composée des deux parents, et de leurs six enfants dont un garçon, et cinq filles.

La venue au monde des enfants s'étale comme suit:

A la naissance du premier enfant, le père n’avait que 23 ans.

Dans l’ordre chronologique.

Le garçon: Désiré Lanternier. né en 1818

Fille: Jeanne Pierre Lanternier. née en 1820, laquelle prendra le surnom de Virginie.

Fille: Claudine Lanternier. née en 1823

Fille: Jeanne Antoinette Lanternier. née en 1825

Fille: Anne Claude Lanternier. née en 1827

Fille: Marie Françoise Lanternier. née en 1829

Pour subvenir à leurs besoins, les parents avaient une chèvre, qui donnait du lait, et qui l’hiver venu pouvait fournir de la viande que l’on conservait en la fumant dans l’âtre de la maison.

L’aménagement de la maison était sommaire dans cette famille sans argent, pas de carrelage au sol, un ameublement réduit au strict nécessaire, un éclairage assuré par une lampe à huile, une boîte à sel au dessus de la cheminée, juste posée à côté d’une image religieuse, et d’une petite croix.

La croyance était présente dans toutes ces familles pauvres, et leurs laissaient la douce illusion qu’un possible miracle pouvait venir pour ensoleiller leur triste quotidien.

Du côté nourriture, elle ne brillait pas ni par sa richesse, ni dans sa variété.

Le plat principal était souvent constitué de pain, ou chaque adulte pouvait en manger jusqu’à 800 grammes par jour.

Sinon, la pomme de terre régnait en maître sur les tables paysannes du Jura et d’ailleurs.

Il y avait aussi, suivant les saisons, des carottes, des courges, des topinambours, haricots, pois, fèves, raves.

En fait, il est facile de comprendre que la ferme vivait en autarcie ou presque, le manque d’argent ne permettant pas d’achat.

Pourtant, le sel, le café devaient être achetés, ce dernier n’était présent que sur la table des plus riches.

Dans la cour de la ferme, il n’était pas rare de trouver un ou deux cochons, qui fournissent la viande après salage, pour les longues périodes de froid de l’hiver dans cette contrée.

Durant l’été les cochons mangent ce qu’ils pouvaient trouver ici et là dans la cour et le proche environnement.

Les cochons buvaient l’eau de la vaisselle, car souvent grasse, cette eau s’appelait “la relavure”.

Notre famille paysanne cultivait aussi un peu de céréales, comme l’orge, et l’avoine, car le blé ne poussait pas très bien dans cette région assez froide.

Le pain était fabriqué à partir de farines autres que le blé.

Pendant que le père et la mère allaient ici et là pour trouver un peu de travail afin d’améliorer le quotidien, les enfants pourtant jeunes, s’occupaient à ramasser du bois pour le feu, et allaient chercher de l’eau du puits ou bien à la fontaine du coin.

Ils faisaient également la vaisselle dans un grand bac posé à même le sol, le détergent étant simplement une poudre de calcaire abrasive.

La vaisselle était sommaire, en terre cuite, avec quelques ustensiles en bois. Une carafe permettait de servir de l’eau durant le repas.

Une vie quotidienne somme toute très monotone, mais surtout rudimentaire, mais pleine de labeur.

Pour comble de malheur, durant l’année 1833, un incendie se déclara dans la ferme, anéantissant en quelques heures des années d’un travail harassant, et aussi tous les espoirs, tous les rêves de la famille.

Le drame était profond, car il remettait en cause l'existence même de toute cette famille, déjà meurtrie par un destin à priori peu favorable.

Le père et la mère, pourtant très croyant, se demandaient comment Dieu pouvait-il à ce point châtier ses propres créations, comment pouvait-il mettre à l’épreuve ce qu’il était supposé avoir créé lui-même. Le père pensait, c’est à se demander si Dieu lui-même avait confiance en son propre travail.

Le père et la mère, déjà très endurcis par leurs difficiles conditions de vie, en vinrent donc à remettre en question leur propre destinée.

Après quelques jours à errer ici et là dans la campagne, se faisant héberger par quelques bonnes âmes des environs, un conseil de famille se tint, et en bavardant un soir autour d’un âtre du voisinage, la décision tomba comme un couperet.

Il faut souligner que cette époque n’était pas la joie pour la classe ouvrière, concernant la paysannerie, les conditions sociales étaient rudes, d’ailleurs, la révolution de 1830 à Paris témoigne d’une existence misérable pour la population. Il en est de même dans d’autres villes de l’empire, comme la révolte sanglante des canuts de Lyon en 1831, et 1834.

C’est entre 1830 et 1840 que le peuple prend conscience de sa propre misère urbaine et ouvrière.

D’un autre côté, la presse, et le bouche à oreille, colportait des nouvelles, pas toujours dans le reflet de la réalité, le peuple parlait de la guerre en Algérie, c’est à dire en fait du début de la colonisation en Algérie après le débarquement à Sidi-ferruch, et la prise d’Alger en 1830.

Les promesses d’une vie meilleure illuminent alors les esprits, alimentées par des communiqués élogieux du gouvernement, les rêves les plus fous naissaient ici et là dans la population laborieuse, toujours aux aguets du moindre rayon de soleil qui pourrait réchauffer leur vie de forçat, pensant à tort, que l’eldorado était juste de l’autre côté de la Méditerranée, il fallait juste se rendre à Toulon, pour embarquer sur un bateau de l’état, pour enfin naviguer vers Alger.

Il suffisait de prendre des terres à autrui, de les cultiver sous le ciel bleu des rêves, pour voir enfin le porte monnaie gonfler comme par enchantement.

Ce dont nos apprentis colons n’avaient pas conscience, c’est que les terres que le gouvernement allait leur octroyer étaient simplement usurpées aux autochtones.

En attendant de voir ce rêve, il faut déjà se rendre sur place. La vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille.

Mais se rendre à Toulon en 1832/34, n’est pas chose aisée, pas de train, juste la marche, le mulet, l’âne, le cheval, et le halage sur une partie du Rhône.

C’est toute une aventure, que notre famille est prête à tenter, tant l’espoir d’une vie meilleure avait allumé et chauffé les esprits.

L’envie d’en découdre avec le destin vous pousse dans le sens du vent, mais est-ce un bon vent ?

Un voyage de plusieurs semaines se prépare.

Il faut vendre le peu de chose que cette famille possède, et se faire aider par des voisins charitables.

Le voyage sera une épreuve de plus pour cette famille, mais l’espérance d’un monde plus juste, et meilleur, sera le moteur de cette transhumance vers un hypothétique Eldorado.

Fort heureusement, si le chemin de fer n’est pas encore en usage dans cette région, le transport par les voies navigables, fleuves et canaux, est d’un usage courant pour les marchandises et les personnes.

Les chalands étaient halés par des chevaux, sur la Saône, puis enfin sur le Rhône dans le sens du courant, ce qui permettait de gagner un peu de temps sur le voyage.

La vitesse pouvait varier de 2 kms/h à 3 kms/h en fonction du sens et de la vitesse du courant.

Pour la partie de voyage purement terrestre, il y avait des convois tirés par des chevaux, dont la vitesse était sensiblement supérieure.

Les transports les plus rapides de l’époque étaient assurés par la malle postale, pouvant atteindre les 14 à 16 kms par heure, un bolide pour l’époque.

Le port d’embarquement pour Alger était Toulon, qui à cette époque avait déjà une vocation militaire.

Le port de Toulon assurait dès 1830, et jusqu’en 1854 un service de transport hebdomadaire, pour les troupes, le matériel, les marchandises, et également les civils candidats à une colonisation pour la conquête de ces nouveaux territoires.

Cependant, à partir de 1830, les navires de la marine nationale assurent en priorité le transport des marchandises, du matériel de guerre, et des soldats, en priorité, et ce n’est qu’à partir de 1834 que les navires de l’armée acceptaient le transport des civiles, ceci sous l’insistance du ministère du commerce.

Mais l’armée avait imposé un quota de civiles à transporter par bateau jusqu’à Alger.

Les navires à vapeur de l’armée, comme, le Crocodile, le Castor, le Sphinx, le fulton, étaient des bateaux à vapeur en bois, d’une puissance de 160 cv, ils faisaient la traversée de Toulon à Alger une fois par semaine, avec un départ le dimanche, la durée de la traversée était d’environ 60 à 70 heures en fonction des conditions météorologiques.

Ces navires comportaient trois classes : la première classe était réservée pour les officiers, cette première classe était totalement interdite aux civils, la deuxième classe avec dortoir, acceptait des civils à hauteur de 8 passagers, moyennant une redevance de 105 francs, et un maximum de bagages de 100 kilogrammes.

Puis la troisième classe, qui était en fait sur le pont du navire, ou une dizaine de civils pouvait embarquer, avec 60 kilogrammes de bagages, et devait également amener leur propre nourriture pour la durée du voyage, et payer 42 francs pour ce passage vers Alger.

Après 1854, Toulon perdit de son importance pour le transport des marchandises, et des civils.

En effet, les nouvelles compagnies de navigation Marseillaise reprendront ce transport à leur compte et le garderont une fois pour toutes.

Enfin, après une longue route, notre famille Jurassienne peut enfin caresser l’espoir d’un embarquement pour le rêve d’une terre plus nourricière, par les promesses dithyrambiques des politiques de cette époque.

Il fallait faire venir en Algérie des agriculteurs, des maçons, des charpentiers, bref tout un monde pour subvenir à une armée de soldats qu’il fallait nourrir, loger, soigner, entretenir.

Tout était à faire...c’est le début d’une colonisation chaotique à haut risque.

Une fois nos Jurassiens arrivés à Toulon, ils vont se présenter au bureau du port ou, des places sur le prochain départ pour Alger, leur seront attribuées.

En attendant ce voyage, qui se fera dans quelques jours, notre famille errent dans Toulon pour tuer le temps.

Mais de l’autre côté de la méditerranée, que se passe-t-il?

 

Pendant ce temps, en Algérie....

La conquête coloniale de l’Algérie débute le 14 juin 1830.

La régence d’Alger était un état autonome de l’empire Ottoman, qui avait squatté cette région en 1516. Barberousse en était l’auteur.

La décision de faire cette expédition punitive était une aventure à l’idée du roi Charles X, et du prince de Polignac, alors président du conseil.

Avec l’expédition du 14 juin 1830, les troupes françaises commandées par le général de Bourmont débarquent à Sidi Ferruch, plage de sable située à une vingtaine de kilomètres à l’ouest d’Alger. Quelques jours plus tard, Alger attaqué à revers, tombe 21 jours après le débarquement sur la plage de Sidi-Ferruch, avant que le dey ( le Dey est un chef de gouvernement) ne capitule finalement le 5 juillet. La reddition du Dey d’Alger sera signée à El-Biar, sur les hauteurs de la ville. Puis, les troupes françaises entrent dans Alger le 9 juillet 1830.

Le 5 juillet est d’ailleurs une fête nationale en Algérie, non pas pour la prise d’Alger, mais pour ce jour ou en 1962 ce pays deviendra enfin indépendant. En fait, l’Algérie aura son indépendance le 3 juillet 1962, mais les autorités algériennes de l’époque, choisirent le 5 juillet comme date commémorative.

Après la prise d’Alger, il restait à conquérir l’Algérie, c’est une tout autre affaire. Cela allait demander quarante ans, près d’un demi siècle. De 1830 à 1871, sous cinq régimes différents, depuis la restauration jusqu’à la Troisième République, en passant par Louis-Philippe, la République et l’Empire, la bourgeoisie française va poursuivre la conquête de ce territoire, peuplé d’à peine cinq millions d’habitants.

Quarante ans de combats, de meurtres et de pillages.

Quarante ans durant lesquels chaque région fut "pacifiée" à coup de "razzia" et de massacres, puis régulièrement "re-pacifiées" d’après les mêmes méthodes à chaque nouvelle tentative de soulèvement des populations indigènes.

Quarante ans de guerre opposant, d’un côté, un peuple dépourvu de toute organisation matérielle moderne, et de l’autre, l’armée française, alors une des plus puissantes d’Europe.

La conquête de l’Algérie ne s’est pas effectuée, comme on pourrait le croire, progressivement du Nord au Sud, par tranches successives partant du littoral et finissant aux confins sahariens.

Tout au contraire, les régions méridionales, Hauts-Plateaux et zone saharienne, ont été plus facilement conquises et les premières « pacifiées » ; c’est la région la plus proche du littoral, le Tell, cet ensemble montagneux qui sépare la mer des Hauts-Plateaux, qui a offert le plus de résistance et n’a été occupé, réellement qu’en dernier lieu.

Résistance. Le centre de la première grande résistance à laquelle se heurte la conquête française, celle que va personnifier pendant onze ans le soufi Abdelkader ibn Muhieddine, c’est le Tell du centre et de l’ouest.

Les villes d’Abdelkader, Mascara, Boghar, etc., sont en plein Atlas tellien, et le dernier massif d’où il conduira ses dernières grandes luttes sera celui de l’Ouarsenis, qui commence à 50 kilomètres de la mer.

Après la chute d’Abdelkader, le dernier bastion de la résistance sera la Kabylie, Tell de l’est.

La grande Kabylie, qui borde la mer, et qui est à moins de cent kilomètres d’Alger, ne sera occupée pour la première fois qu’en 1857, et définitivement qu’après 1871, alors que les oasis de Biskra et de Laghouat, en bordure du Sahara, à 400 kilomètres de la mer, seront conquis, la première fois dès 1844, et la seconde définitivement, en 1852.

De tous temps et quelle que soit la destination, les femmes émigrent aussi, mais moins volontiers que les hommes. Les moyens de transport, le manque d’information et le poids des traditions rendaient cette réalité encore plus vraie au XIXe siècle qu’aujourd’hui.

Émigrer, à cette époque, pour une femme, c’était comme pour un homme affronter l’inconnu, rompre avec l’environnement familier. Mais c’était aussi transgresser la tradition, remettre en question la place qui lui était impartie, sortir de l’espace qui lui était assigné depuis des siècles, celui du foyer, de la famille. Une femme ne doit pas sortir du cercle étroit tracé autour d’elle par les hommes.

Les femmes partent plus volontiers en famille ou pour rejoindre des parents ou amis déjà installés. La distance par rapport au pays d’origine a aussi une influence. La séparation d’avec le milieu familier est ressentie comme moins définitive s’il est possible d’envisager un retour rapide et pas trop coûteux. Pour les peuples du pourtour de la Méditerranée, l’Algérie offrait cette commodité. Mais ce pays n’avait pas bonne réputation auprès des Européens et surtout des Européennes. C’était la terre fantasmée des Barbaresques, des pirates qui enlevaient les femmes pour les vendre et les enfermer dans des harems.

L’Algérie resta, pendant une bonne partie du XIX siècle et malgré la conquête française, un pays peu accueillant et présentant une forte insécurité.