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En pleine routine de couple, Julie décide de redonner du piment à leur amour. Un couple de quadragénaires, Julie et Marc, vit un amour sans ombrage dans la belle ville de New York jusqu’au jour où Julie, par un acte insensé, va venir perturber cet équilibre. Le couple survivra-t-il à cette duperie ? Sera-t-il capable de mettre en avant les bons arguments pour ne pas que l’amour finisse. Entre indécision et volonté d’aboutir, il leur faudra faire preuve de force, et d’envie de redonner une nouvelle fois confiance à l’autre pour aller dans la bonne direction. Une fin heureuse viendra-t-elle couronner leurs efforts ? À trop tergiverser, le temps passe irrémédiablement.Découvrez ce roman attachant et suivez les questionnements d'un couple qui, comme tant d'autres, n'en finit pas de laisser filer le temps.EXTRAITIls étaient venus la première fois dans ce magnifique jardin à la française un peu par hasard et depuis, ils affectionnaient de s’y rendre pour le site en lui-même ainsi que pour les souvenirs qu’il contenait. Ils avaient découvert Bryant Park lors de leur arrivée à New York. À la recherche d’un loft, ils étaient passés dans le quartier de Midtown et cet espace vert leur était apparu dans toute sa splendeur. Ils avaient aimé le charme de l’endroit où étaient disposées de petites tables rondes et des chaises qui offraient la possibilité aux passants de faire une halte et de profiter des rayons du soleil. Il faisait aussi beau aujourd’hui que ce jour-là. - Tu te souviens chérie ? L’endroit de nos premiers pas à New York !- Oh oui, j’adore venir ici. Aussi longtemps que nous habiterons en ville, je te harcèlerais pour que l’on vienne y faire un tour. Tu es prévenu ! C'est un peu devenu notre second chez nous. Regarde là, la maman et son bébé ou là, le businessman affairé sur son portable. C’est cela que j’aime, on peut y croiser toutes sortes de gens. La quiétude du lieu est extraordinaire aussi et elle lui confère un cachet si particulier.- Absolument. - Si on s’installait à cette table-ci près de la pelouse. Elle est jolie, tu ne trouves pas ? - Pourquoi pas ? Oui, elle est jolie.- Tu vois chéri, c’est ce qu’il y a de plus surprenant dans la vie : la probabilité de se retrouver aux États-Unis avait beau être quasi nulle, nous y voici pourtant près de trois ans après notre rencontre ! C’est tout de même incroyable, tu ne trouves pas ?- Tout à fait, pourtant, je t’avoue que je n’avais guère songé venir ici auparavant. - C’est fou comme ce projet que tu as réalisé a changé notre vie du tout au tout. À PROPOS DE L'AUTEURNé en 1971, Bernard Noffke vit à Theux, en Belgique. Il est marié et beau-père de deux grands enfants. Il travaille pour une société de services socio-juridiques aux petites et moyennes entreprises. Il est passionné de musique baroque et en particulier de Jean-Sébastien Bach.
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Seitenzahl: 354
Veröffentlichungsjahr: 2018
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Bernard Noffke
Ne laisse pas filer le temps !
Roman
© Lys Bleu Éditions—Bernard Noffke
ISBN : 978-2-37877-786-9
Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant aux termes des paragraphes 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective et, d’autre part, sous réserve du nom de l’auteur et de la source, que les analyses et les courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information, toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite (article L.122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
À celle qui m'a donné l'idée d'écrire, Alice, ma merveilleuse épouse.
Dis-moi, pourquoi es-tu rentré si tôt ?
Tu as l'art de me manquer,
chérie.
Comme c'est gentil Marc… Je ne te le dis peut-être pas assez, mais moi aussi je t’aime et lorsque nous sommes séparés, j’ai le temps long.
Attends, qui a parlé d’amour ? Pas moi en tout cas.
S’il te plaît Marc, arrête de plaisanter ainsi ! Tu sais bien que je n'aime pas cela. Ton côté pince-sans-rire est décidément sans limites.
Je te l’accorde, une fois de plus, j’ai exagéré. Tu me connais non ?
Oui, mais tu ne devrais pas. L’amour est un sujet sérieux qui ne doit pas être tourné en dérision.
C’est vrai.
As-tu passé une agréable journée au moins ?
Oui, assez bonne, je te remercie et toi ?
Sans plus… Dis-moi, tu veux bien me faire plaisir et réfléchir à notre discussion d’hier ?
D’accord, je vais le faire puisque cela te tient à cœur. Tu n’es pas la seule à te poser des questions sur notre avenir, tu sais. Je te taquine souvent, mais je tiens fort à toi et je cherche à m’investir au mieux dans notre relation.
Ah, tu vois que tu peux être vrai quand tu veux ! Pourquoi faudrait-il que tu te caches sans cesse derrière l’image de l'homme fort. Montrer ses sentiments peut faire du bien aussi !
Bien sûr, tu n'as pas tort.
J’ai même complètement raison chéri !
Tu me feras toujours rire... Enfin, du moins je l’espère !
Allons faire une promenade pour prendre l’air.
Marc prit la main de Julie et l’emmena dans la chambre pour se changer. Tout en la complimentant, il l’invita à choisir dans le dressing la jolie robe blanche mouchetée de petits points bleus qu’il aimait tant. Il ne se lassait pas de la regarder se préparer. La grâce qu’elle mettait dans tous ces instants l’émerveillait. Il décomposait chaque mouvement qu’elle faisait et vivait ces moments intensément. Ce n’était pas de l’adoration, juste une attention toute particulière portée à chacun des gestes de sa bien-aimée. Alors qu’elle finissait de s’apprêter, il lisait les dernières nouvelles sur son smartphone et répondait à un message de sa meilleure amie.
Tu vois chérie, Louise a prévu de venir sur la Côte Est pour les vacances prochaines, ce sera l’occasion que tu fasses sa connaissance fin d’année.
Tout à fait. Je m’en réjouis. Elle compte tellement pour toi.
Oui, je ne sais pas ce que je ferais sans elle, c’est un peu comme ma famille. Nous nous connaissons depuis tant d’années et jamais, nous ne nous sommes perdus de vue.
Je sais mon chéri. Ce sera avec plaisir.
Sur le pas de la porte, Marc l’enlaça avec passion. Elle sentait bon, il avait depuis le premier jour adoré l’odeur qu'elle dégageait. Un mélange de coco et une pointe d’épices. Il caressa ses cheveux bouclés noir de jais et prit sa main. Il était heureux et fier d’être à ses côtés. Il se disait que ses histoires passées étaient bien loin à présent et qu’il mettrait tout en œuvre pour que cela fonctionne le plus longtemps possible. Julie valait la peine qu’on se batte pour elle. La crainte qu’il avait trop souvent éprouvée par le passé à l’idée de s’engager ne l’empêcherait pas, cette fois, d'aller vers ce bonheur qui lui tendait les bras.
Le temps était radieux. La fraîcheur automnale s’était installée sur New York et alors qu'ils pénétraient dans le parc, Julie réalisa une fois de plus combien elle tenait à Marc. Elle se blottit tout contre lui et chuchota à son oreille des petits mots doux. Cette ballade tombait bien car la journée avait été longue.
Vois-tu comme les arbres sont beaux Marc ? J'aime depuis toute petite ce mélange de couleurs jaune-rouge et je trouve qu’ici, la chaleur des tons ressort encore plus.
Peut-être, mais l'hiver a également ses atouts.
Oui avec le froid qui l’accompagne malheureusement !
Toi et ton côté frileux ! Je me demande parfois combien il te faudrait de couches pour avoir bien chaud.
Une demi-douzaine sûrement ! Tu es un marrant toi !
Ils étaient venus la première fois dans ce magnifique jardin à la française un peu par hasard et depuis, ils affectionnaient de s’y rendre pour le site en lui-même ainsi que pour les souvenirs qu’il contenait. Ils avaient découvert Bryant Park lors de leur arrivée à New York. À la recherche d’un loft, ils étaient passés dans le quartier de Midtown et cet espace vert leur était apparu dans toute sa splendeur. Ils avaient aimé le charme de l’endroit où étaient disposées de petites tables rondes et des chaises qui offraient la possibilité aux passants de faire une halte et de profiter des rayons du soleil. Il faisait aussi beau aujourd’hui que ce jour-là.
Tu te souviens chérie ? L’endroit de nos premiers pas à New York !
Oh oui, j’adore venir ici. Aussi longtemps que nous habiterons en ville, je te harcèlerais pour que l’on vienne y faire un tour. Tu es prévenu ! C'est un peu devenu notre second chez nous. Regarde là, la maman et son bébé ou là, le businessman affairé sur son portable. C’est cela que j’aime, on peut y croiser toutes sortes de gens. La quiétude du lieu est extraordinaire aussi et elle lui confère un cachet si particulier.
Absolument.
Si on s’installait à cette table-ci près de la pelouse. Elle est jolie, tu ne trouves pas ?
Pourquoi pas ? Oui, elle est jolie.
Tu vois chéri, c’est ce qu’il y a de plus surprenant dans la vie : la probabilité de se retrouver aux États-Unis avait beau être quasi nulle, nous y voici pourtant près de trois ans après notre rencontre ! C’est tout de même incroyable, tu ne trouves pas ?
Tout à fait, pourtant, je t’avoue que je n’avais guère songé venir ici auparavant.
C’est fou comme ce projet que tu as réalisé a changé notre vie du tout au tout.
Je t’aime du fond de mon petit cœur, et ce pour bien d’autres raisons, mais je te suis tellement reconnaissante de me permettre de vivre cette vie ! Chaque jour, je pense à cette chance que nous avons.
Je te rejoins sur ce point, mais n’avons-nous pas toujours eu de la chance depuis nos débuts ? C’est notre rencontre qui a provoqué ces réactions en chaîne et les bonnes choses qui en ont découlé. Chérie, tu as été à la base de tout ! Si nous n’avions pas été ensemble, je pense que je ne serais pas ici non plus.
L’amour a changé notre vie en somme.
Hé oui ma belle !
Veux-tu que nous allions chercher une glace ? Le marchand ambulant vient juste d’arriver. Quel parfum veux-tu ? Café, je parie ? Avec un peu de crème chantilly comme d’habitude ?
Oh oui, en voilà une excellente idée ! Allons-y.
Ils délaissèrent leur jolie petite table et marchèrent vers l'autre bout du parc où déjà, nombre de badauds s’étaient rassemblés en quête d'un plaisir sucré. Alors qu’ils faisaient la file, ils croisèrent leur ami banquier venu faire une pause bien méritée.
Julie, Marc ! Bonjour. Comment allez-vous ?
John, bonjour. Nous allons très bien, merci. On flâne en amoureux. Et toi ?
Oh, vous savez, les fluctuations du marché m’ont poussé à venir me ressourcer dans cet écrin de verdure. Pour tout vous dire, lorsque cela ne va pas, je prends ma veste et je pars en direction de Bryant Park. C'est le seul endroit en pleine ville qui me procure cet apaisement, cette sérénité d’esprit. J’ai eu un vrai coup de cœur ! Tout comme vous, je pense ?
Absolument. On apprécie aussi énormément ce parc et puis tu sais, il fut l'un des premiers que nous ayons visités.
Oui, je m’en souviens très bien puisque l’on s’était connu
un peu plus loin d’ici près de mon bureau.
Les enfants vont bien ?
Oui, merci Julie. La grande aime beaucoup son travail et le plus jeune a terminé son cursus. Et les vôtres, toujours en Europe ?
Pas de changement à ce niveau-là. L’un comme l’autre sont bien installés et mènent une existence qui leur plaît aux dernières nouvelles en tout cas.
Et vous deux ? Vous vous plaisez toujours autant à New York ? Satisfaits de votre appartement, j’imagine ? Un loft aussi spacieux dans la 5
ème
avenue, je m’en contenterais volontiers ! La vue doit être époustouflante en tout cas.
Oui nous en sommes très contents. Les Ardennes Bleues de Belgique ne nous manquent pas trop. Ce qui est surtout appréciable, c’est cette vie nocturne. Tu ne trouves pas, chéri ?
On est bien d’accord sur ce point, cela n’a rien à voir avec ce qu’on a pu connaître auparavant.
Mais dis-moi Marc, n’avons-nous pas rendez-vous prochainement pour envisager de nouveaux placements ?
Tout à fait John, on devait se recontacter à ce sujet.
Allez c’est à toi, ta crème glacée t’attend Marc !
Mille mercis, ma Julie, de penser à mon petit ventre… Il t’en est extrêmement reconnaissant.
Bonjour Will, comment vas-tu aujourd’hui ? Les affaires doivent marcher du tonnerre avec ce temps !
Hello Marc, elles marchent assez bien merci. Que puis-je vous servir ?
Je voudrais bien deux boules saveur café accompagnées de crème chantilly… Et pour toi ma chérie ?
Je prendrai une au caramel et une à la vanille, merci
OK je vous prépare cela.
Allez John bonne journée et si l’on ne se voit plus avant, passe un bon week-end.
Vous aussi les amoureux ! Je t’envoie un mail pour confirmer notre entretien.
Ils changèrent de table et optèrent cette fois pour une qui était située au centre du parc. La discussion qui s’ensuivit fut passionnée et pleine de romantisme tout en pointant quelques doutes. L’un comme l’autre éprouvait tellement de plaisir à être ensemble qu’ils se demandaient comment ils avaient fait pour vivre seuls avant. Ils se remémorèrent le jour de leur rencontre, leur premier baiser qui coïncidait d’ailleurs avec ce fameux jour et bien sûr leur première fois. Cela leur paraissait loin, si loin. Il était un fait établi pour eux : l’évidence était à l’origine de leur amour. La facilité avec laquelle ils s’étaient entendus dès le début et la compatibilité de leur caractère constituaient autant de preuves de cette évidence.
Tu vois chéri, cet amour si fort qui nous unit me ravit, mais il me fait peur aussi. Rien n’est plus beau que ce que je ressens pour toi, c’est clair, mais je me demande parfois si les choses pourront perdurer avec une telle force dans le temps. On voudrait, je pense, tous vivre ces envolées où le cœur s’emballe à cent à l’heure et éprouver pour l’autre une tendresse profonde pendant le restant de nos jours, mais est-ce réalisable ? Je crois en toi et en nous, mais serons-nous assez forts pour résister à l’épreuve du temps ? Ce trop-plein de bonheur a parfois l’art de m’angoisser. Notre vie est si parfaite, j’aurais peur de la voir voler en éclats. Je suis consciente que rien aujourd’hui ne peut m’amener à penser de la sorte, mais c’est par moments plus fort que moi. J'espère que tu ne m’en veux pas.
Non Julie, je n’en aurais pas le droit. Cela étant, si je peux comprendre tes interrogations et que je me refuse à les négliger, il faut rester lucide et dresser un bilan de la situation en toute objectivité. Nous sommes ici tous les deux, nous nous sommes mariés l’année passée et nous nous aimons. Jamais n’a failli notre amour jusqu’ici et bien évidemment jamais ni l'un ni l'autre n’ont eu envie de succomber à une quelconque tentation. Les liens qui nous unissent sont forts et solides. Il n’est pas exclu qu’avec le temps, ils subissent une certaine érosion, toutefois, je pense que c’est à nous à nous prémunir contre cela. Les moyens pour y arriver ? Être à l’écoute, se chercher comme au premier jour, voir en l’autre la solution quand on a l’impression qu’il n’y en a pas, favoriser les contacts en général…
Je trouve ton point de vue assez juste. C’est moi qui parfois me pose mille questions. Je ne te promets pas que le doute ait disparu, mais tu m’as rassurée. Merci mon amour.
Elle se retourna et l’embrassa.
C’est naturel, je n’aime pas quand tu es perturbée par quelque chose. J’aimerais tant que tu sois toujours pleinement heureuse.
On va rentrer maintenant, le soleil commence à s’en aller et la fraîcheur à se faire sentir. Je ne voudrais pas que tu attrapes froid.
Il était presque dix-neuf heures trente lorsqu’ils rejoignirent la 5ème avenue. À peine arrivée, Julie alla s’occuper de ses plantes. Elle en avait une kyrielle. Elle disait qu’en plus de meubler l’appartement, celles-ci lui conféraient une âme et instauraient une belle harmonie entre les pièces. Julie n’avait pas à proprement parler la main verte, mais une vraie passion pour le jardinage l’animait. Pour tout dire, Marc n’en avait pas encore réellement saisi l’importance d’autant qu’elle attendait toujours le dernier moment pour s’y mettre comme s’il s’agissait d’une tâche qu’elle rechignait à accomplir.
De son côté, il préparait le souper tout en écoutant de la musique classique. Pas n’importe laquelle attention ! Grand adorateur de Jean-Sébastien Bach, il chantonnait une de ses Cantates préférées. Celle qui porte le numéro 4. Une de celles qu’il avait découvertes lorsqu’il avait ouvert son cœur et son esprit au chant religieux. Il y avait vu tout le talent et le génie de ce maître parmi les maîtres qui l’avait composée dans sa prime jeunesse. Ce qui l’avait fasciné alors et l’émerveillait encore aujourd’hui, c’était cette perfection dans la construction musicale et la profondeur qui se dégageait de ces lignes mélodiques. C’était cela le bonheur, pensait-il : une petite soirée en amoureux après toute une journée passée ensemble. Julie en avait à présent terminé et était prête à manger.
Chérie, tu en as encore pour combien de temps exactement ?
J’arrive Marc. Une dernière petite chose à faire et je te rejoins.
D’accord, je dresse la table.
Marc apporta les assiettes dans la salle à manger et ouvrit une bouteille d’un vin français qu’elle aimait particulièrement. Ce soir, ils allaient manger un risotto de coquilles Saint-Jacques. Comme ils avaient été au restaurant à midi, Marc avait pensé qu'un plat léger serait l’alternative idéale. Il connaissait bien sa petite Julie et son appétit singulièrement modeste.
Tu as eu une bonne idée de prévoir ce plat Marc… Je t’avoue ne plus avoir très faim.
C’est bien ce que j’avais imaginé.
Qu’as-tu pensé justement de notre rendez-vous de midi ?
Je ne sais pas, c’est ton travail. Il faut que tu envisages les choses dans leur globalité et voir si cela pourrait te convenir. Je te soutiendrai de toute façon quoique tu décides.
C’est gentil ma chérie.
Il lui prit la main et la caressa. Ils se sourirent pendant de longs instants et comme emportés tous deux par un élan passionné, ils se levèrent pour s’embrasser tendrement. Marc saisit la taille de Julie et la rapprocha de lui. Collés l’un à l’autre, ils s’enlacèrent.
Je t’aime Julie.
Moi aussi, je t’aime chéri.
Allez, goûtons tout de même à ton risotto ! Après tout, je sens que j’ai un petit creux.
J’espère que tu le trouveras à ton goût. Je ne l’ai pas trop épicé exprès pour toi.
Il m’a l’air succulent et avec ce vin que tu as choisi, cela me convient parfaitement. Tu es un devenu un vrai chef avec le temps !
Merci pour ce compliment. Je me suis clairement amélioré c’est vrai. Ce qu’il y a, c’est que j'aime te concocter des petits plats… Pour le rendez-vous, je vais peser le pour et le contre. Probablement demain, j’y regarderais de plus près et à tête reposée, j’analyserais la question. Une fois cela fait, je reviendrais vers toi pour t’expliquer mon point de vue.
Tu fais comme tu l’entends. Pas de souci.
Et de ta maman à propos, as-tu des nouvelles ?
Figure-toi qu’elle m’a sonné tantôt lorsque tu étais dans la cuisine. Elle a des soucis de tension, mais tu la connais, ce n’est pas le genre à se plaindre. Elle me manque. Le téléphone c’est bien un moment, mais j’aimerais la voir. On pourrait lui rendre visite prochainement ? Je sais que tu es fort occupé.
Ne t’inquiète pas, on va trouver le temps. C’est une femme extraordinaire et tu connais l’affection que je lui porte. Et ton papa, toujours à fond dans le travail ?
Absolument ! il ne s’arrêtera jamais à ce rythme-là. Que pourrait-il faire de toute façon à la maison toute la journée ? II serait malheureux, je pense et il ennuierait continuellement maman.
On ne peut pas changer les gens c’est un fait. S’il est heureux ainsi…
Tu as fini de manger ?
Oui, je n’en peux plus. Si l’on allait se reposer dans le salon ? J’aimerais étendre mes jambes.
OK je vais débarrasser, tu peux aller t’allonger.
Merci chéri, tu es un ange.
Julie se rendit dans la très grande pièce de vie où était aménagé le salon. C’était une pièce immense avec cuisine ouverte dont Julie avait assuré la décoration avec beaucoup de goût. On y retrouvait des plantes, un mobilier de style moderne et de magnifiques luminaires. Un majestueux canapé à angle droit de couleur taupe claire occupait la majorité de l’espace et un tapis dont les dimensions avaient affolé Marc ornait le sol. Le cadre était chaleureux et invitait à la détente.
On est si bien ici.
Oh que oui, c’est une de mes pièces préférées.
Je n’ai pas envie de regarder la télévision ce soir Marc, je vais plutôt lire ce magazine dont je t’ai parlé. Tu vois, j’aimerais en savoir plus sur le magnétisme et ses pouvoirs. Il semblerait que des chercheurs aient apporté des preuves significatives en laboratoire. Depuis longtemps je trouve étrange que des objets puissent s’attirer ou au contraire s’opposer. J’en apprendrais sûrement un peu plus avec cet article.
Très bonne idée. De mon côté, je vais écouter le concert que j’avais enregistré hier.
Marc prit son casque pour ne pas la déranger.
Vers vingt-trois heures, constatant que sa chérie bâillait à plusieurs reprises, il lui proposa d’aller se coucher, se leva pour lui tendre le bras et la diriger vers la salle de bain qui était située au fond du loft. À l’inverse de la plupart des pièces le composant où la touche de Julie avait été prédominante, ici on pouvait reconnaître une autre inspiration, une vision sensiblement différente de l’aménagement du volume disponible. On était face à une pièce dont la couleur terre d’ombre naturelle des murs contrastait avec le blanc ivoire de la baignoire disposée en son sein et qui offrait un bel espace tout autour. Deux vastes éviers de forme allongée étaient disposés de part et d’autre de la pièce qui était éclairée au moyen de spots ingénieusement répartis.
Je me démaquille et ensuite je prendrai un bain si tu le veux bien ?
Bien entendu chérie. Je te laisse faire.
Attends une seconde s’il te plaît… J’ai envie de prendre le temps de te dire encore quelque chose. Une fois n’est pas coutume, j’ai besoin de te parler et d’exposer mes sentiments. Tu vois, lorsque je pense à notre histoire, je n’en reviens toujours pas. En si peu de temps, nous voilà mari et femme. Avais-tu imaginé cela toi ?
Écoute, j’ai toujours eu cette certitude qu’un jour je rencontrerais la femme de ma vie. Non que je la cherchasse constamment comme tiraillé par une angoisse lancinante, mais simplement, je le savais. Donc pour ce qui me concerne, je ne suis pas surpris de la tournure qu’ont prise les événements entre nous.
Sur ce point, on ne se ressemble pas. Pour une fois que nous constatons des différences, il ne faut pas s’en priver.
Moqueuse va !
Je rigole, mais c’est vrai que nos points communs sont tellement importants que cela en devient flippant !
Ah, tu trouves ? Cela ne me dérange pas le moins du monde. Je n’ai par exemple pas besoin de t’apprendre à ranger tes vêtements ou à refaire le lit. Si tu n’avais pas été comme moi, cela aurait pu me gêner.
Attends une seconde Marc, je ne suis pas maniaque comme toi. Loin de là ! Avec toi, on dirait que chaque chose a une place bien définie. Tu te souviens la première fois que je suis venue chez toi ? J’avais remis un CD dans l’étagère et tu avais tenu à lui rendre sa place initiale ! Un truc de fou. Je m’étais posé des questions ce jour-là, je t’assure.
Bon, j’avais sûrement exagéré, mais depuis, tu dois reconnaître que je me suis soigné. Cela étant, je suis sûr que tu vois ce que je veux dire. Tu me fais aller, c’est cela ?
Peut-être ?
Allez, tu sais que je t’aime comme tu es. La richesse d’un couple peut être constituée et s’enrichir des différences. Pour résumer, on est très bien ensemble.
Ah, je te retrouve enfin…
Elle ôta sa robe et ses sous-vêtements puis s’installa dans la majestueuse baignoire. L’eau bien chaude ruisselait sur son corps et la mousse épousait la forme de ses épaules. Quelle joie pour elle que de se relaxer ainsi ! Sa respiration s’accélérait à mesure que la chaleur l’envahissait. Pendant ce temps, Marc était revenu dans la cuisine pour y prendre un verre d’eau. Après avoir éteint les lumières, il se rendit dans la chambre où il enleva son peignoir et se glissa dans le lit. La chambre était plutôt simple. À l’instar du salon, un luminaire de toute beauté éclairait l’ensemble de la pièce. Un lit King size, de petites tables de nuit et deux fauteuils complétaient le tableau. La dominante des couleurs tendait vers le blanc et le noir avec une touche de brun foncé apportée par le tapis.
Tu as bientôt fini Julie ?
Chérie, tu t’es endormie dans le bain ?
Non j’arrive ! Mon Dieu, quel impatient tu fais ! je te manque à ce point-là ?
Je vous dirais un grand oui Madame !
Tu sais parler aux femmes toi dis donc.
Encore quelques minutes de patience et je serai toute à toi.
Pff très bien.
De longues minutes après, bien plus longues encore dans l'esprit de Marc, Julie pénétra dans la chambre revêtue d’une sortie-de-bain de couleur fuchsia et passa dans le dressing pour choisir la nuisette qui siérait le mieux à son humeur amoureuse du jour. Marc n’était pas endormi, il l’imaginait se déshabiller et enfiler une tenue appropriée. Quand enfin elle revint dans la chambre, il ne se lassa pas de contempler cette femme qu’il aimait tant. Elle était merveilleusement belle et son charme l’enivrait. Peut-être étaient-ce les vapeurs voisines émanant de la salle de bain qui le rendaient fou ? Son état ne cessait d’empirer tout comme sa folle envie de la prendre et de l’embrasser. Il lui sourit en lui faisant signe de venir le rejoindre et elle lui rendit ce sourire. Une fois assise sur le rebord du lit, elle enleva son peignoir et Marc eût tôt fait de réaliser que son attente n’avait pas été vaine. Sa beauté était à couper le souffle. Elle avait opté pour une nuisette de couleur taupe que Marc prit le temps d’examiner. Composée de fines brides faites de petites boucles, elle comportait sur le haut des motifs en forme de fleurs et se terminait par une dentelle très travaillée. La soie était de belle qualité. Il se rendit alors compte qu’il n’avait jamais vu cette nuisette !
Julie, petite cachottière ! Tu ne m’avais pas encore montré cette élégante lingerie ?
Hé non, je l’ai achetée la semaine passée et j’attendais une occasion pour l’étrenner. C’est chose faite à présent et j’ai l’impression qu’elle est à ton goût !
Oh que oui chérie. Elle me sidère, elle m’étourdit.
Tu as eu le nez fin, elle te correspond à merveille. Mais est-elle agréable au toucher ?
Petit coquin !
Tu peux toucher si tu le désires !
C’est toi que je désire mon aimée.
En voilà de belles paroles ! Je vous en remercie très cher et vous prie de commencer votre exploration !
Tu es définitivement la femme la plus étonnante que j’ai pu connaître. J’adore cette façon que tu as de me répondre. Tu es une source inépuisable de questionnements pour moi !
Ton humour me décontenance aussi souvent et cela me plaît à un point, tu ne peux pas imaginer. Viens, chérie.
Elle se faufila sous la couette et Marc s’approcha doucement d’elle. De folles idées tourbillonnaient dans sa tête. Il ne savait par où commencer. Il décida alors de faire glisser lentement sa main le long de la jambe droite de Julie. Il s’attardait avec plaisir sur son pied qu’il trouvait particulièrement bien dessiné et sa fine cheville qui tenait dans le creux de sa main. Il remonta ensuite le long de son galbe et le caressa délicatement. Julie appréciait ses caresses et le montrait à Marc par de légers râles qui l’encourageaient à poursuivre. Arrivé à l’entrejambe, il frôla ses cuisses et d’une main ferme, vint les frotter du dos de la main. Le bas ventre n’était plus très loin et s’offrait à lui. Il fit mine de ne pas s’y intéresser pour aller de l’avant et effleurer les aréoles de ses seins. Julie avait maintenant toute son attention. Son corps obéissait aux délicats attouchements qui lui étaient prodigués sans aucune retenue. Marc s’occupa un instant de son joli cou et puis il l’invita à se retourner. D’un geste, Julie se mit sur le ventre offrant ainsi à son amoureux un spectacle aguichant à souhait. Encore sur la réserve, il ne tint bientôt plus et les événements s’enchaînèrent. De la main gauche, il câlina le bas de son dos et se perdit pendant un long moment sur les courbes de ses fesses rebondies. Les toucher et les parcourir du regard lui procuraient une joie infinie, mais il était temps à présent de passer au dernier stade des préliminaires. C’est pourquoi Marc aida Julie à se mettre sur le dos. Il s’installa juste à hauteur de son nombril et tout en écartant ses jambes, il se mit à flatter son entrecuisse. Julie sentait le désir monter en elle. Il insista et puis d’un coup sec se releva. Julie le fixa et comme par enchantement, ils surent que c’était le moment. Ils se livrèrent alors intensément l’un à l’autre. Ils n’avaient jamais connu auparavant ensemble d’étreinte aussi passionnée et fougueuse. Leurs ébats paraissaient interminables jusqu’au moment où arriva le point de non-retour. Exténués par l’ampleur des sensations éprouvées, ils s’allongèrent l’un près de l’autre.
Marc, je n’ai pas de mots. C’était littéralement indescriptible. Je n’ai jamais ressenti cela.
Moi non plus. Je nous ai trouvés tellement impliqués et complices ! Ce qui vient de se produire est complètement fou.
Le sexe n’est pas la base du couple, c’est certain. Peut-être juste l’un de ses fondements et pas le plus essentiel en tout cas, mais quelle source de rapprochement !
Je suis toujours heureuse de t’entendre sur la place prédominante ou non qu’occuperait la sexualité dans le couple selon toi. Même après avoir fait l’amour, tu restes lucide sur la question. J’adore cela.
Cela étant, je n’en reviens toujours pas. Ce que tu m’as fait ce soir m’a chaviré, mais m’a aussi fait réaliser que ces trois années passées ensemble ne t’ont pas encore permis de me livrer tous tes secrets. Au début de notre relation, tu m’avais prévenu avoir eu une vie différente alors que tu étais célibataire et je dois bien me rendre à l’évidence : il existe un pan entier de celle-ci que je ne connais pas.
J’espère que tu te livreras un peu plus à ce sujet un jour prochain mon chéri ?
Tu me prends à froid là ! On vient de passer un moment inoubliable et tu vois le négatif de la situation ! Si j’étais macho, ce que je ne suis heureusement pas, je critiquerais cette façon de faire trop souvent attribuée aux femmes dont on dit qu’elles soufflent le chaud et le froid en un seul instant. Au contraire, je n’en ferais rien, car je sais l’importance de t’accompagner dans l’exploration de tes doutes. L’école de la vie que j’ai fréquentée n’a rien à voir avec toi et avec notre amour. Elle n’était que le reflet de mes bas instincts. On n’est pas toujours fier de ce qu’on a pu faire avant et c’est mon cas. Julie, tu m’as montré la voie d’une relation basée sur l’amour et le respect mutuel. Il n’y avait de place pour aucun de ces sentiments dans mon passé.
Si je pouvais, au lieu de tout dévoiler, je cacherais volontiers cette partie de mon existence et l’enfuirais au plus profond de mes souvenirs, mais il n’en sera rien. Je promets de tout te dire.
Je ne vous avais jamais vu ici précédemment Mademoiselle ?
Votre technique de drague est originale ! Elle a dû en déconcerter plus d’une à n’en pas douter. Je m’attendais à mieux, je vous l’avoue lorsque je vous ai vu vous avancer vers moi. Vous dégagiez une espèce d’assurance dont vous semblez à présent totalement dépourvu. Allons, reprenez-vous, je vous prie. Je ne vous fais pas peur tout de même ?
Certes, je n’ai pas été au top, c’est indéniable, mais peut-être qu’une émotion trop grande eut pu m'empêcher de vous en dire davantage et d’être plus percutant ? Allez savoir… Peur, je ne pense pas qu'il s’agisse de cela, mais vous m’intimidez c’est certain.
De la fragilité et de la force, quel cocktail intéressant ! Vous l’emportez sur ce point. Félicitations ! Julie est mon prénom.
Enchanté, moi c’est Marc.
Si ma première approche a été laborieuse, espérons que la suite connaisse plus de fluidité et soit couronnée de succès. Je suis venu à votre rencontre, car je devais le faire. La marge dont je disposais avait beau être infime, il fallait que je le fasse. Vous me comprenez, n’est-ce pas ? Vous savez, si on ne devait pas initier une action de peur de la voir capoter, on ne ferait plus rien. La vie est faite d’incertitudes et ma position demeure qu’il faut tenter pour obtenir ce que l’on veut.
J’entends bien et vous confirme d’emblée que votre développement est plus prometteur que vos débuts. Ce que j’apprends de vous me plaît. Une nouvelle fois, je vous réitère mes félicitations !
Que Mademoiselle est bonne. Je l’en remercie et m’attacherai à continuer sur cette voie.
Vous êtes un petit comique vous, c’est cela ?
J’essaie à mes heures perdues de cultiver ce type de comportement plutôt que celui du râleur.
Très bien Monsieur. Le prochain palier atteint vous autorisera à m’appeler Julie. Julie qui est, je vous le rappelle mon prénom au cas où en grand dragueur que vous êtes, vous l’auriez déjà oublié.
J’ai hâte. Dites-moi que faire.
Mais je n’ai rien à vous dire et peut-être même rien à vous offrir.
Ne me dites pas ces mots-là. Vous vous avancez sans savoir. Il n’est pas impossible que nous devenions plus que des amis, vous savez.
Voilà votre jeu dévoilé.
Mais qu’imaginez-vous donc que je puisse vous apporter ? En un mot comme en cent, que recherchez-vous chez une femme ? Ne me mentez pas, n’oubliez pas le palier.
Au risque de vous paraître peu original, je vous dirais que je souhaite voir dans les yeux de ma future compagne les prémices d’un amour sincère et véritable. Voilà tout ce que je désire.
Vous avez l’art de monter en puissance. La bonne impression que j’avais eue de vous initialement se confirme. Le palier est atteint et je vous propose de passer au tutoiement. Julie est mon prénom.
Marc, le mien.
En guise de récompense pour avoir franchi cette étape, voudrais-tu bien me faire un petit plaisir ?
Je t’écoute Marc.
Une nouvelle fois, dis mon prénom s’il te plaît, j’aimerais te l'entendre dire une fois encore.
Serais-tu un comique doublé d’un romantique qui s’ignore ? N’oublie pas qu’il faut en toutes circonstances manipuler l’ironie avec précaution.
Quoi qu’il en soit, je m’exécute : bonjour Marc.
Quel doux son à mes oreilles, tu viens de m’appeler. J’adore !
Tu vois, je sens que ce n’est qu’un début.
Que puis-je t’offrir à boire ?
Je me laisserais bien tenter par un vin blanc sec.
Parfait, je vais te commander cela et je reviens. Reste là promis Julie ?
Oui d’accord.
Il la laissa un instant et alors qu’il était au bar, il aperçut les amis avec lesquels il était venu passer la soirée.
Salut, les gars, ne m’attendez pas tantôt. J’ai rencontré quelqu’un.
Fais attention à ne pas t’emballer Marc ! On sait tous comment tu es.
Oh, c’est bon, je sais ce que je fais.
OK, profite alors. Elle est jolie ?
Elle a surtout ce petit quelque chose en plus et oui, elle est très jolie.
Il rejoignit Julie, deux verres à la main.
Des amis à toi je présume, lui lança Julie qui l’avait vu converser avec d’autres personnes ?
Oui, ce sont quelques copains avec qui je suis sorti ce soir.
Tu veux dire que tu ne sors pas souvent ?
Exactement ! Si tu m’as catalogué de dragueur tout à l’heure, c’était sans fondement. Je ne suis pas ce style de garçon. Pour me définir, je dirais que je suis quelqu’un de plutôt extraverti, qui voit la vie du bon côté et qui sait faire ce qu’il faut pour obtenir ce qu’il veut. Et toi, tu te définirais comment ?
Je suis du genre à savoir ce que je veux également. Je ne m’engage pas à la légère non plus et je vois rapidement si on me mène en bateau. Je suis une personne sensible, mais au caractère fort et parfois dominant. Le tableau ainsi dépeint te plaît-il ?
Bien sûr. Je ne m’étais pas non plus trompé sur toi.
Tu as des frères et sœurs ?
Oui, deux frères et une sœur que j’aime beaucoup. Et toi ?
Bof, tu sais, pour moi, la famille n’est pas une priorité. Je n’ai jamais eu le sentiment de compter pour ma mère et mon père. Les liens du sang reflètent une réalité parfois bien étrange. On pourrait même se demander s’ils signifient quelque chose. Je t’assure m’être posé la question à plusieurs reprises. J’ai d’ailleurs pour théorie que l’abandon est favorisé par l’absence de lien réel entre les personnes, qu’elles aient ou non le même sang.
Tu y vas fort Marc ! Serais-tu insensible à ce point ? Tu me fais peur je te l’avoue.
Non, mais simplement, les relations avec ma famille sont fondées sur l’indifférence que je viens d’évoquer. Il ne saurait donc y avoir de miracle.
Je comprends même si je trouve cela triste.
Certainement, mais il faut pourtant composer avec et c’est ce que je fais tant bien que mal depuis des années.
Si d’aventure, tu as envie que l’on se revoie et que l’on se rapproche, je te parlerai souvent de ma famille et tu constateras la différence. Nous sommes tellement soudés, c’est magnifique. Pour te dire à quel point, nous avons même créé un groupe de discussion sur un réseau social où nous partageons notre quotidien. On est réellement très proches les uns des autres et j’ai besoin de cela.
Maintenant tu voudras bien m’excuser, mais je dois voir quelqu’un.
Julie, non ! Tu ne vas pas me quitter si vite ! J’ai encore tant de choses à te dire et voudrais tout savoir de toi ! Ne me dis pas que tu dois voir un autre homme ?
Mais non ! Je suis flattée par cet emballement. Étonnée, mais vraiment ravie. Ne te méprends pas surtout, je le partage et il me plaît de penser qu’aujourd’hui, j’ai peut-être rencontré mon âme sœur. Je vais même te donner mon numéro de téléphone, ce que je fais très rarement. C’est te dire combien notre rencontre m’a chamboulée alors, n’hésite pas à m’appeler !
Super ! Merci !
Marc, j’ai envie de t’embrasser. Juste un petit baiser…
Oh moi aussi.
Ils se rapprochèrent encore un peu plus et elle apposa ses lèvres sur les siennes.
Tous deux enchantés de ce moment se quittèrent avec la certitude de se revoir dans un avenir proche et cette perspective les enthousiasmait. Sur le chemin du retour, Julie se rappelait les paroles qu’elle avait entendues prononcé par cet homme dont elle pressentait qu’il correspondait à nombre des critères figurant sur la liste qu’elle avait établie un soir où elle était rentrée une fois de plus déçue par une rencontre.
Le lendemain, Julie eut sa maman longuement au téléphone avec qui elle évoqua sa sortie nocturne. Ne voulant pas l’inquiéter outre mesure, elle s’exprima succinctement à ce sujet. De toute façon, elle n’en savait pas assez sur Marc que pour en faire un portrait suffisamment précis. Elle réalisa qu’elle ne connaissait même pas son âge. Sa maman lui dit qu’elle avait confiance en son jugement et elles en restèrent là.
Alors qu’elle s’apprêtait à sortir pour faire des courses, elle reçut un message de Marc : il était en ville et l’invitait à venir prendre le goûter. Elle en avait très envie, mais elle n’était pas libre immédiatement ce qu’elle fit savoir à Marc, en espérant qu’il puisse patienter. Fort heureusement, il répondit qu’il n’y avait aucun problème et qu’il l’attendrait à la pâtisserie du coin de la place. En fait, ils avaient appris hier soir qu’ils vivaient non loin l’un de l’autre. Elle était originaire de Spa et lui des environs proches ce qui allait beaucoup faciliter les choses. Arrivé en premier sur les lieux, il s’installa à une table près de la fenêtre de manière à ce qu’il puisse la voir arriver. Il tapotait maladroitement sur son smartphone pour passer le temps et avoir l’air occupé, mais rien n’y fit, son impatience était telle que son comportement non verbal trahissait une réelle nervosité. Lorsqu’il la vit entrer, son cœur battit la chamade et ses mains tremblèrent de plus belle.
Il se demanda si, avant elle, une autre avait eu cet effet sur lui. Il dut bien se résoudre à l’évidence : non, c’était la seule.
Alors qu’elle s’approchait de la table, il se leva avec empressement pour l’embrasser et la serra par la taille comme pour lui signifier qu’elle devait rester près de lui.
Ne t’inquiète pas, je n’envisage pas de repartir de sitôt, même si je suis désolée, je n’ai pas beaucoup de temps à t’accorder ce matin. J’ai rendez-vous avec une amie.
Ce n’est pas grave. Je suis tellement content de te voir. Tu m’as manqué. J’ai le sentiment de t’avoir attendu toute ma vie. C’est un sentiment délicieux qui te prend et t'emporte loin…
Que c’est joliment dit ! Serais-tu romantique comme j’ai cru le pressentir hier soir ?
Je le suis au fond de moi, c’est une évidence et tu t’en apercevras au fur et à mesure.
Je m’en réjouis, car c’est une qualité essentielle pour moi.
Il y a assurément divers degrés dans le romantisme qui est de fait adapté en fonction de la personne face à laquelle on se trouve. Les femmes que j’ai rencontrées n’avaient pas toutes la même attente en la matière.
Pour ce qui me concerne en tout cas, tu es tombé sur une qui adore cela ! Alors, n’hésite pas. Écris-moi des petits mots, dis-moi de jolies phrases…
Le message est passé et enregistré.
As-tu bien dormi ? T’es-tu remise de notre soirée ?
Oui j’ai passé une agréable nuit et me suis réveillée en me disant que j’avais bien fait de me rendre dans cette boîte de nuit sans pour autant présager de l’avenir.
C’est ce que je pense aussi.
Marc était aux anges. Ce premier rendez-vous commençait bien, il n’y avait ni gène ni blancs dans la conversation. C’était comme s’ils s’étaient reconnus.
Ils commandèrent une part de tarte et un café.
Tu sais Marc, si j’ai cassé avec mon ex, c’était pour plusieurs raisons, mais l’une d’entre elles avait l’art de me faire sortir de mes gongs : il ne m’écoutait pas vraiment ! J’espère que tu ne seras pas comme lui. Tu parais aux premiers abords être quelqu’un d’attentif aux autres. Est-ce que je me trompe ?
Non, tu ne te trompes pas. J’essaie dans la mesure du possible d’écouter plus qu’entendre la personne qui me parle.
C’est encore un bon point pour toi. Ma foi, tu les accumules Marc !
J’espère en avoir encore beaucoup. A propos de beaucoup, combien as-tu eu de petits amis ?
Un nombre pas trop élevé et raisonnable, je pense. Je dirais cinq.
L’un t’a plus marqué qu’un autre ?
Oh oui. Avec le dernier, c’est parti sur un malentendu et cela s’est très mal fini. J’étais même devenue persona non grata dans la famille.
Il faudra que tu m’en dises plus.
Oui, plus tard, quand je serai prête.
Et des amis, tu en as de réellement importants ? Du genre de ceux dont tu ne saurais absolument pas te passer ou de ceux que tu pourrais appeler au beau milieu de la nuit et dont tu es sûr qu’ils viendraient à ton secours ?
Oui, comme on dit, je peux les compter sur les doigts de la main, mais ils sont réellement essentiels à mon équilibre. Et toi, je suppose que tu as des copines à qui tu dis tout ?
Une notamment. Elle s’appelle Sarah et aurait normalement dû m’accompagner hier soir.
À propos de toute autre chose, as-tu des enfants ?
Non, je n’ai jamais rencontré la femme avec qui j’aurais pu en avoir.
J’en ai pour ma part deux, mais ils sont grands et je vis seule à présent.
