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Montesquieu

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Beschreibung

Les "Oeuvres posthumes de M. de Montesquieu" sont un recueil riche et complexe qui témoigne de la profondeur de la pensée de l'auteur, mêlant satire sociale et réflexion politique. Publiées après sa mort en 1755, ces œuvres révèlent le style élégant et incisif de Montesquieu, marqué par un savant mélange d'analyse critique et d'humour. À travers des lettres, des discours et des essais, il aborde des thèmes précurseurs de l'illuminisme, tels que la nature des lois, la liberté et le pouvoir, tout en s'inscrivant dans le contexte du XVIIIe siècle, époque de bouleversements intellectuels et politiques en Europe. Ce recueil montre la capacité de Montesquieu à s'interroger sur les fondements des sociétés et des gouvernements, tout en incitant à la réflexion sur des valeurs universelles. Montesquieu, né en 1689, était un penseur engagé, influencé par son milieu aristocratique et par les idées nouvelles qui animaient son temps. Son œuvre majeure, "De l'esprit des lois", fait de lui l'un des fondateurs de la sociologie et de la science politique modernes. Ses voyages, notamment en Angleterre, lui ont permis d'observer des systèmes politiques variés, enrichissant ainsi sa pensée. Les "Oeuvres posthumes" révèlent son inquiétude face aux dérives potentielles des pouvoirs autoritaires, et sa défense des valeurs libérales. Je recommande vivement la lecture des "Oeuvres posthumes" à quiconque s'intéresse à la philosophie politique et sociale. Montesquieu y expose des réflexions intemporelles sur la liberté, l'égalité et la justice, qui résonnent encore aujourd'hui. Ce recueil est non seulement une introduction précieuse à sa pensée, mais aussi une invitation à interroger notre propre rapport à ces valeurs fondamentales, faisant de cette lecture un impératif pour toute personne soucieuse de comprendre les enjeux de son époque.

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Veröffentlichungsjahr: 2021

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Montesquieu

Oeuvres posthumes de M. de Montesquieu

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066331900

Table des matières

AVIS DE L’ÉDITEUR.
ARSACE ET ISMÉNIE, HISTOIRE ORIENTALE.
DISCOURS PRONONCÉ PAR M. LE PRESIDENT DE MONTESQUIEU, A la rentrée du Parlement de Bordeaux, le jour de la S. Martin 1725.
RÉFLEXIONS Sur les causes du plaisir qu’excitent en nous les Ouvrages d’Esprit& les productions des Beaux Arts.
DES PLAISIRS DE NOTRE AME.
DE L’ESPRIT EN GÉNÉRAL.
DE LA CURIOSITÉ.
DES PLAISIRS DE L’ORDRE.
DES PLAISIRS DE LA VARIÉTÉ.
DES PLAISIRS DE LA SYMMÉTRIE.
DES CONTRASTES.
DES PLAISIRS DE LA SURPRISE.
Des diverses causes qui peuvent produire un sentiment.
De la liaison accidentelle de certaines idées.
Autre effet des liaisons que l’ame met aux choses.
DE LA DÉLICATESSE.
DU JE NE SAIS QUOI.
PROGRESSION DE LA SURPRISE.
DES BEAUTÉS QUI RÉSULTENT D’UN CERTAIN EMBARRAS DE L’AME.
ÉBAUCHE DE L’ÉLOGE HISTORIQUE DU M AL DE BERWICK; Par le Président DE MONTESQUIEU .

ŒUVRES

POSTHUMES

DE M. DE MONTESQUIEU.

A LONDRES;

Et se trouve, A PARIS,

Chez DE BURE fils aîné, quai des Augustins.

M. DCC. LXXXIII.

AVIS DE L’ÉDITEUR.

Table des matières

MONSIEUR de Montesquieu avoit pris bien de la peine pour poser des bornes entre le Despotisme&la Monarchie tempérée, qui lui sembloit le Gouvernement naturel des François; mais comme il est toujours fort dangereux que la Monarchie ne tourne en Despotisme, il auroit voulu, s’il eût été possible, rendre le Despotisme même utile. Dans cette vue il a tracé la peinture la plus riante d’un Despote qui rend ses peuples heureux: il s’est peut-être flatté qu’un jour, en lisant son ouvrage, un Prince, une Reine, un Ministre, desireroient de ressembler à Arsace, à Isménie ou à Aspar, ou d’être eux-mêmes les modeles d’une peinture encore plus belle.

Au reste, plusieurs hommes peuvent être ou Despotes, ou Rois dans leur famille, dans leur société, dans leurs emplois divers: nous pouvons tous faire notre profit de l’Esprit des Loix&de cet Ouvrage-ci.

L’Auteur voyoit l’empire que les Dames ont aujourd’hui sur les pensées des hommes: pour s’assurer les Disciples, il a cherché à se rendre les Maîtres favorables; il a parlé la langue qui leur est la plus familiere &la plus agréable: il a fait un Roman; il y a peint l’amour tel qu’il le sentoit, impétueux, rarement sombre, souvent badin.

ARSACEETISMÉNIE,HISTOIRE ORIENTALE.

Table des matières

SUR la fin du regne d’Artamene, la Bactriane fut agitée par des discordes civiles. Ce Prince mourut accablé d’ennuis,&laissa son trône à sa fille Isménie. Aspar, premier eunuque du Palais, eut la principale direction des affaires. Il desiroit beaucoup le bien de l’état, &il desiroit fort peu le pouvoir. Il connoissoit les hommes,&1jugeoit bien des événements. Son esprit étoit naturellement conciliateur,& son ame sembloit s’approcher de toutes les autres. La paix, qu’on n’osoit plus espérer, fut rétablie. Tel fut le prestige d’Aspar; chacun rentra dans le devoir,&ignora presque qu’il en fût sorti. Sans effort& sans bruit, il savoit faire les grandes choses.

La paix fut troublée par le Roi d’Hircanie. Il envoya des Ambassadeurs, pour demander Isménie en mariage;&sur ses refus il entra dans la Bactriane. Cette entrée fut singuliere. Tantôt il paroissoit armé de toutes pieces,&prêt à combattre ses ennemis; tantôt on le voyoit vêtu comme un amant que l’amour conduit auprès de sa maîtresse. Il menoit avec lui tout ce qui étoit propre à un appareil de nôces; des danseurs, des joueurs d’instruments, des farceurs, des cuisiniers, des eunuques, des femmes;&il menoit avec lui une formidable armée. Il écrivoit à la Reine les lettres du monde les plus tendres;&d’un autre côté, il ravageoit tout le pays: un jour étoit employé à des festins, un autre à des expéditions militaires. Jamais on n’a vu une si parfaite image de la guerre&de la paix, &jamais il n’y eut tant de dissolution&tant de discipline. Un village fuyoit la cruauté du vainqueur; un autre étoit dans la joie, les danses &les festins;&, par un étrange caprice, il cherchoit deux choses incompatibles, de se faire craindre, &de se faire aimer. Il ne fut ni craint ni aimé. On opposa une armée à la sienne;&une seule bataille finit la guerre. Un soldat nouvellement arrivé dans l’armée des Bactriens, fit des prodiges de valeur; il perça jusqu’au lieu où combattoit vaillamment le Roi d’Hircanie,&le fit prisonnier. Il remit ce prince à un officier;&, sans dire son nom, il alloit rentrer dans la foule; mais suivi par les acclamations, il fut mené comme en triomphe à la tente du général. Il parut devant lui avec une noble assurance; il parla modestement de son action. Le général lui offrit des récompenses; il s’y montra insensible: il voulut le combler d’honneurs; il y parut accoutumé.

Aspar jugea qu’un tel homme n’étoit pas d’une naissance ordinaire. Il le fit venir à la Cour;&quand il le vit, il se confirma encore plus dans cette pensée. Sa présence lui donna de l’admiration; la tristesse même qui paroissoit sur son visage lui inspira du respect; il loua sa valeur,&lui dit les choses les plus flatteuses. Seigneur, (lui dit l’étranger, ) excusez un malheureux que l’horreur de sa situation rend presque incapable de sentir vos bontés,& encore plus d’y répondre. Ses yeux se remplirent de larmes,&l’eunuque en fut attendri. Soyez mon ami, (lui dit-il, ) puisque vous êtes malheureux. Il y a un moment que je vous admirois, à présent je vous aime; je voudrois vous consoler,& que vous fissiez usage de ma raison &de la vôtre. Venez prendre un appartement dans mon palais; celui qui l’habite aime la vertu,&vous n’y serez point étranger.

Le lendemain fut un jour de fête pour tous les Bactriens. La Reine sortit de son palais, suivie de toute sa cour. Elle paroissoit sur son char au milieu d’un peuple immense. Un voile qui couvroit son visage laissoit voir une taille charmante; ses traits étoient cachés,&l’amour des peuples sembloit les leur montrer.

Elle descendit de son char,& entra dans le temple. Les grands de Bactriane étoient autour d’elle. Elle se prosterna,&adora les Dieux dans le silence; puis elle leva son voile, se recueillit,&dit à haute voix:

Dieux immortels! la Reine de Bactriane vient vous rendre graces de la victoire que vous lui avez donnée. Mettez le comble à vos faveurs, en ne permettant jamais qu’elle en abuse. Faites qu’elle n’ait ni passions, ni foiblesses, ni caprices; que ses craintes soient de faire le mal, ses espérances de faire le bien;& puisqu’elle ne peut être heureuse (dit-elle d’une voix que les sangots parurent arrêter, ) faites du moins que son peuple le soit.

Les prêtres finirent les cérémonies prescrites pour le culte des Dieux; la Reine sortit du temple, remonta sur son char,&le peuple la suivit jusqu’au palais.

Quelques moments après, Aspar rentra chez lui; il cherchoit l’étranger,&il le trouva dans une affreuse tristesse. Il s’assit auprès de lui,& ayant fait retirer tout le monde, il lui dit: Je vous conjure de vous ouvrir à moi. Croyez-vous qu’un cœur agité ne trouve point de douceur à confier ses peines? C’est comme si l’on se reposoit dans un lieu plus tranquille. Il faudroit, lui dit l’étranger, vous raconter tous les événements de ma vie. C’est ce que je vous demande, reprit Aspar; vous parlerez à un homme sensible: ne me cachez rien; tout est important devant l’amitié.

Ce n’étoit pas seulement la tendresse&un sentiment de pitié qui donnoit cette curiosité à Aspar. Il vouloit attacher cet homme extraordinaire à la cour de Bactriane; il desiroit de connoître à fond un homme qui étoit déja dans l’ordre de ses desseins,&qu’il destinoit dans sa pensée aux plus grandes choses.

L’étranger se recueillit un moment,&commença ainsi:

L’amour a fait tout le bonheur &tout le malheur de ma vie. D’abord il l’avoit semée de peines&de plaisirs; il n’y a laissé dans la suite que les pleurs, les plaintes&les regrets.

Je suis né dans la Médie,&je puis compter d’illustres aïeux. Mon pere remporta de grandes victoires à la tête des armées des Medes. Je le perdis dans mon enfance,&ceux qui m’éleverent me firent regarder ses vertus comme la plus belle partie de son héritage.

A l’âge de quinze ans on m’établit. On ne me donna point ce nombre prodigieux de femmes donc on accable en Médie les gens de ma naissance. On voulut suivre la nature,&m’apprendre que, si les besoins des sens étoient bornés, ceux du cœur l’étoient encore davantage.

Ardasire n’étoit pas plus distinguée de mes autres femmes par son rang que par mon amour. Elle avoit une fierté mêlée de quelque chose de si tendre, ses sentiments étoient si nobles, si différents de ceux qu’une complaisance éternelle met dans le cœur des femmes d’Asie; elle avoit d’ailleurs tant de beauté, que mes yeux ne virent qu’elle,&mon cœur ignora les autres.