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Ce livre, écrit par un créateur d'entreprises innovantes usé à la tâche avant l'âge, propose un nouveau modèle entrepreneurial, mais aussi et surtout un Mindset de vie fondé sur le sens des équilibres et le respect des limites humaines, mais avant tout de soi même. En rupture avec la démesure contemporaine, il nous fait découvrir sa vision de la Start-Up du Contournant Agile 4.0 qui n'use ni ne dévore son créateur. Il propose d'utiliser son énergie, non pas à manifester, critiquer, juger, résister ni même s'indigner, mais à refuser en faisant autrement. Positiver et entreprendre, mais à coté du sytème, en accordant au travail rémunérateur sa juste place, la plus simple possible. Il prône le devoir de rébellion, de désobéissance entrepreneuriale et économique en faisant la révolution dans sa tête en premier puis en contournant le système pour mieux le rejeter et le modifier jusqu'à son acceptabilité, sans s'épuiser, mais sans s'y soumettre. Il s'adresse à tous ceux, jeunes diplômés comme cadres confirmés ou ouvriers laminés par le travail qui ne veulent pas attendre d'avoir la place d'un mouchoir usagé. Tous ceux qui considèrent que perdre sa vie à essayer de la gagner n'est, ni une finalité, ni une fatalité. Plus que des recettes il prétend insuffler des pistes de réflexion et proposer d'autres postures de pensée et d'action à l'heure du monde 4.0, celui de la robotisation et de l'homme augmenté, où la valeur travail subira des évolutions majeures et accélérées, comme celle du partage. "Si la règle du jeu ne te convient pas et que tu ne peux pas la modifier, rien ne t'oblige à y jouer, invente ton propre jeu, à coté et fais en sorte que les autres aient envie d'y jouer...avec tes règles." Refusez le non sens. Osez la Start-Up du Contournant Agile 4.0 Osez vos rêves, ils connaissent le chemin.
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Seitenzahl: 535
Veröffentlichungsjahr: 2019
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Remerciements à tous ceux qui ont participé à la maïeutique.
À mon copain Thierry, également docteur des boyaux de la tête et des âmes, qui m’a botté le derrière pour que ce livre, au moins celui-ci, soit publié.
À mes relecteurs Priscilia, Caroline, Anne, Corentin, Cyril, Thierry, Didier…
À tous ceux qui m’ont enrichi de leurs idées via nos échanges, leurs écrits, leurs regards et leurs remarques, qui m’ont permis d’élargir mon prisme de vision, de m’interroger, de me remettre en cause et de retravailler mon texte au fil de l’évolution de mes pensées.
À Joseph, père spirituel, puits de savoirs et de pans d’histoire avec qui je partage un passé commun.
À tous les frères d’armes qui n’ont pas eu la même chance que moi.
À mes maitres à penser, mes tuteurs, mes mentors qui ont jalonné ma vie.
À mes correctrices qui ont mis en forme ce livre en partant d’un tas de…mots.
Aux docteurs Jean-Philippe Hacot et Florence Leroy, non seulement pour l'efficacité et la précision de leurs gestes techniques qui ont permis de me déboucher ou reboucher les tuyaux, selon, mais aussi pour l’humanisme dont ils ont fait preuve.
Au Dr Caroline Vaillant pour la justesse du premier diagnostic, au Dr Alain Kerjean pour la vision globale qu’il porte sur son métier et l’ensemble de nos organes qui ne forment qu’un tout.
À mon généraliste, chef d’orchestre de tous ces virtuoses, et à toutes les équipes soignantes de l’hôpital du Scorff qui m’ont ramené de loin à plusieurs reprises.
Aux institutions publiques qui m’ont permis de devenir ce que je suis depuis la maternelle du XIIe arrondissement parisien jusqu’à ce jour.
À tous ceux que me liront avec indulgence et s’interpelleront sur le pourquoi, le pour quoi et le comment.
À tous ceux qui critiqueront, corrigeront, contrediront, adapteront, modifieront, s’approprieront mes propos pour les faire évoluer et avancer.
À tous ceux qui décideront de partager et de transmettre une part de leurs savoirs.
L’auteur
Avant-propos
Introduction et environnement
Première partie : Pour quoi ?
1. Quelle finalité et quel sens donnez-vous à votre vie ?
1.1. Et vous, quelle est votre situation actuelle ?
1.2. Le couloir de navigation.
2. Qu’est-ce qu’une Start-up du Contournant Agile 4.0 ?
2.1. Définition
2.2. Vous doutez ?
2.3. Novateur ?
3. Pour quoi ?
3.1. Alors risquée la Start-Up du Contournant Agile 4 .0 ?
3.2. Vaut-il mieux avoir des regrets ou des remords ?
4. Les mauvaises et les bonnes raisons d’entreprendre.
4.1. Les mauvaises raisons d’entreprendre.
4.2. Une évidence la Start-Up du Contournant Agile 4.0 ?
4.3. Les bonnes façons d’entreprendre.
4.4. PiR
4
Deuxième partie : Comment ?
5. Soyez rebelle et non conventionnel, pensez « Out of the box » et cassez le moule.
6. Pensez résilience et « Antifragilité ».
7. Et si la recherche perpétuelle de la perfection était mortelle ?
8. Les trois seules vraies missions de l’entrepreneur.
9. Le premier et seul objectif de la Start-up du Contournant Agile 4.0 (C.A 4.0)
10. « C’est quoi le métier » ?
11. Le positionnement stratégique du C.A 4.0.
12. « C’est quoi l’offre ? »
13. La structure adaptée à la Start-up du C.A 4.0
13.1. Avoir des dettes ou des associés ?
13.2. Avoir des salariés ou des partenaires ?
13.3. Avoir une ou des sociétés ?
13.4. Quelle forme juridique adopter ?
13.5. Quelle structure choisir pour s’implanter à l’étranger ?
13.6. Exemples de partenariats possibles.
14. La France, enfer ou paradis fiscal des Start-up pour C.A 4.0 ?
14.1. Immoral ?
Troisième partie : En pratique
15. La méthodologie.
15.1. Phase de maturation.
15.1.1. Se mettre en configuration.
15.1.2. Avoir « une vision ».
15.1.3. Définir un choix et un mode de vie.
15.1.4. Définir ses besoins primaires.
15.1.5. Faire un budget prévisionnel personnel.
15.1.6. Choisir des métiers possibles.
15.2. Phase de construction.
15.2.1. Imaginer des offres puis les passer au filtre à décision PiR
4
=Sens©.
15.2.2. Décrire le process simplifié compatible C.A 4.0, le « business model »
15.2.3. Logigramme simplifié du process de la Start-Up du C.A 4.0.
15.2.4. Positionnement stratégique par le prix.
15.2.5. Faisabilité technique.
15.2.6. Faisabilité financière.
15.2.7. Faisabilité commerciale.
15.2.8. G.O ou No G.O.
15.3. Phase de lancement.
16. Le fonctionnement idéal de la Start-up du C.A 4.0.
17. Les « Ressources Humaines ».
18. Quelle Pub pour la Start-up Agile 4.0 ?
19. Un brevet ou des parts de marché pour protection ?
20. Développer et entretenir sa résilience dans un monde en crise permanente et durable.
20.1. Les ondes de choc systémiques.
20.2. Alors comment sera la prochaine crise ?
20.3. Menaces ou opportunités ?
20.3. Quand l’étau se resserre.
20.4. Évolution d’une crise.
20.5. Démesuré ou stupide ?
20.6. Le filtre à fausses bonnes idées.
Quatrième partie : Durer
21. Alors que faire devant tant d’incertitudes ?
22. Évoluer soi-même.
22.1. Développer son Mindset.
22.2. Optimisez votre temps ou perdez-le, mais ne le gâchez pas.
22.3. Si ça stagne c’est probablement fichu.
22.4. Le temps n’est plus celui du « Ou » mais du « Et ».
22.5. Oubliez la perfection, concentrez-vous sur le progrès.
22.6. Votre plus grand danger, c’est vous !
22.7. Mais vous pouvez aussi et surtout :
23. Faire évoluer sa Start Up 4.0 du C.A 4.0.
23.1. Le cycle de l’action.
23.2. Sniffer.
24. Quel est l’environnement actuel de la Start-up du Contournant Agile 4.0
?
25. Les évolutions et grandes tendances qui mènent au monde 4.0.
26. Conclusions.
Après une première tranche de vie professionnelle au sein d’unités opérationnelles du ministère de la Défense, il traversera les suivantes comme créateur d’entreprises innovantes, consultant en gestion de crises et stratégies asymétriques de non-combat, formateur et conférencier. En parallèle, douze ans de présidence bénévole d’une technopole lui ont permis d’entrapercevoir les coulisses et les cuisines peu ragoûtantes d’un système public territorial où, pour et par des jeux de pouvoirs, des potentats locaux à ne pas froisser pour ne pas insulter l’avenir, crament l’argent public et recrutent sans compter et sans rien y comprendre, mais très bien pilotés par divers réseaux et intérêts particuliers. Un monde fait de politiques pour qui il est urgent que tout change en apparence, pour que rien ne bouge derrière les beaux discours afin de préserver au péril « des autres » leur situation actuelle.
De par cette diversité il bénéficie de plusieurs prismes de lecture de ce qu’il qualifie comme le début d’une rébellion économique et sociétale dont il décrit le pourquoi et le comment de sa nécessité individuelle et collective.
Stoppé dans ses élans entrepreneuriaux par une usure prématurée, il transforme et transmet cette richesse en accompagnant des maquisards de l’économie, de l’innovation et des technologies. Ce parcours de vie lui sert ici de support à ce qu’il ne faudrait pas faire, plus faire, et aux propositions d’un autre paradigme, d’un autre Mindset pour préserver l’essentiel, soi-même.
Sous ce pseudonyme se cache un entrepreneur qui a fait de ses mains avant d’expliquer, de se l’expliquer et qui continue de chercher quand il croit avoir trouvé. Qui a conseillé et pris conseil. Qui a agrégé et catalysé. Qui a accompagné et s’est fait accompagner selon les moments et les sujets. Qui a donné et reçu.
Un utopiste réaliste, un guerrier pacifiste, un rêveur éveillé, un « Refusant-Contournant » refaiseur de sens, et donc, en souffrance d’injustices et d’inepties quotidiennes dans ce monde de destructions, mais pas pour autant créatrices de mieux, alors que le bon sens est lui, à portée de mains de tous.
Toute ressemblance avec des personnes ayant existées ou étant amenées à exister ne serait que pure coïncidence ; Quoique, les coïncidences ne sont-elles pas les réponses du futur à nos intentionnalités ?
L’envie d’écrire ce livre m’est venue après que le cardiologue, à la sortie de ma quatrième opération cardiovasculaire en dix-huit mois, ait sifflé la fin d’une récréation de 30 ans. En me forçant à descendre de mon blanc destrier du haut duquel je me tuais à conquérir le monde selon les préceptes sociétaux idiots et la morale familiale d’après-guerre, il m’expliqua que l’origine de mon mal était avant tout l’accumulation d’un stress chronique !
Secoué, j’ai alors repensé à toutes ces « vraies » bonnes méthodes et leçons de vie que j’avais pu entendre lors de différents séminaires, tout particulièrement celui de Martine Laval et de ses intervenants à HEC. Conseils éclairés que je n’avais pourtant jamais réussi à appliquer au-delà des bonnes intentions.
Je me suis alors dit que la meilleure façon de laisser libre cours à l’intégration de mon ombre, une de mes ombres en tout cas, à savoir le rejet du système basé sur les croissances infinies, comme à cette envie de transmettre à ceux pour qui il est encore temps, était de formaliser l’utopie d’une start-up à contre-courant des tendances. Une start-up respectueuse de son créateur comme de son écosystème. Une start-up non seulement Refusante, Contrarienne, mais aussi Évitante, vivante, durable, Contournante, et surtout, Agile et résiliente. L’antithèse de la start-up mante religieuse qui attire les requins de capital risque.
C’était réaliser un nouvel acte de création dans ma zone de pouvoir d’entrepreneur en accord avec mon engagement citoyen. Être encore plus en accord avec moi-même en répondant par l’action à un modèle économique sociétal et personnel insoutenable. Mais je ne savais pas que ce serait aussi une plongée au fond de moi-même.
Avant ce jour de la première alerte, cardio-vasculaire qui, avec le recul s’avère être un cadeau de la providence, j’ai donc fièrement trimé comme le microcosme l’attend d’un « chef d’entreprise » dans le vent. En me faisant croire, comme tous, qu’être débordé était la norme et que le temps où je pourrai lever le pied était proche. Le tout en affichant des performances fort appréciables, selon les critères en vigueur, auto alimentant ainsi la spirale infernale. Certes, mes entreprises étaient socialement et écologiquement responsables et durables, voire exemplaires, sauf, pour moi-même.
J’ai également, en tant que président de Technopole accompagnant des porteurs de projets innovants, vaillamment contribué à perpétuer cette ineptie avec des deniers publics. C’était du même acabit que les promesses d’un monde meilleur dans l’au-delà, alors que le bonheur est ici et maintenant. Le pire c’est que le cerveau humain est câblé de telle façon qu’enchaîner les tâches apporte une certaine « jouissance ». Une sorte d’auto satisfaction et de récompense à les avoir toutes accomplies, évitant ainsi toute sortie de route du modèle. Les changements de paradigmes, mal à propos baptisés « crises », demandent eux plus d’efforts, mais donnent encore meilleure conscience à ces guerriers des temps modernes. Les évolutions sont-elles indissociables et proportionnelles à la souffrance qu’elles génèrent ? Les plus valeureux de la secte, ou des tendances « in », sont élevés au rang de héros, récompensés par les hochets de la république et reconnus comme des hommes providentiels, ce qui permet de faire l’économie d’une remise en question de la durabilité du modèle, pourtant raisonnablement indéfendable.
Mais heureusement, il est parfaitement possible de faire autrement et ce de plus en plus grâce, notamment, aux bons côtés de la technologie.
Si à vingt ans lorsque l’on fait ses choix sur la base des valeurs parentales et sociétales la question légitime peut être « qu’est-ce que je vais faire dans la vie ? » elle devient, ou devrait devenir, lorsque le vrai « moi » commence à émerger à la quarantaine, à l’acédie, « Qu’est-ce que je veux faire de ma vie ? ». Et c’est souvent là que se déclenchent les tempêtes sous les crânes et que surviennent les tsunamis.
Ce livre s’adresse donc à tous ceux qui croient, ou veulent croire que ne pas perdre sa vie à essayer de la gagner est non seulement possible, mais souhaitable et bénéfique, voire salutaire tel un devoir de survie vis-à-vis de ceux qu’ils aiment, d’eux-mêmes et de la société tout entière. Ceux qui veulent travailler moins, certes pour gagner plus, mais surtout pour vivre mieux plutôt que de survivre et de subir. Il traite de l’un des trois principaux moyens de sortir de la boucle infernale du marché de dupe qui consiste à vendre son temps et sa puissance de travail contre rémunération. Marché de dupe où l’on se trouve, si l’on n’y prend garde, coincé entre les voyous du marketing qui poussent à toujours plus de besoins factices et de consommation aliénante et les limites du « travailler plus pour gagner plus » dans lequel les deux paramètres du temps facturé et du prix de l’heure, se trouvent vite confrontés à des limites physiques ou à celles de l’offre et de la demande. Quant aux principales façons de sortir progressivement de l’esclavage moderne qu’est un contrat de travail, autrement que par une lettre de licenciement vous annonçant que votre poste sera dorénavant occupé par un asiatique exploité ou un robot, elles sont au nombre de trois. Le trading en bourse ainsi que l’immobilier de rendement faisant déjà l’objet de nombreux sites et formations, de qualité variable, ne seront donc pas abordés ici. Le troisième chemin est l’objet de ce livre, celui de l’entreprenariat sous la forme de la Start up du Contournant Agile 4.0. Mais comme nous sommes passés de l’ère du « Ou » à l’ère du « Et », ces possibilités sont compatibles entre elles parce qu’elles répondent toutes trois au souhait de générer soi-même son propre revenu, et donc son indépendance financière, par le biais d’une activité « commerciale » consommant un minimum de temps et indépendant de celui-ci. Concernant l’immobilier, on se doit de faire la différence entre se constituer un patrimoine, dont l’immobilier représente souvent une bonne part, et l’immobilier de rendement qui consiste, lui, à investir par le biais du crédit pour bénéficier de l’effet de levier de la dette de façon à se générer des bénéfices supérieurs à l’emprunt en le louant et donc, des revenus, même si, de facto, on se constitue un patrimoine à terme, qui plus est payé par les locataires. L’intérêt pour nous se porte donc dans ce cas sur une activité immobilière à forme commerciale qui peut croître jusqu’à procurer de façon pérenne à l’entrepreneur son propre revenu universel. En revanche les jobs d’indépendants comme infirmière libérale, architecte, consultant… Ne sont généralement pas compatibles C.A 4.0 parce qu’ils consistent justement à vendre son propre temps. Par ailleurs, le principe même de la défragilisation consiste par le biais de la diversification à ne pas avoir tous ses œufs dans le même panier et si possible, à disposer de paniers en décalage de phase face aux crises potentielles. Crises qui présenteront également des opportunités pour ceux qui en auront une grille de lecture hors du cadre « main street ». Ainsi lors de crises du type de celle de 2008, les marchés financiers permettaient de racheter à la casse de belles valeurs après leur massacre et de profiter du rebond qui ne manquerait pas d’arriver après la tempête. De même, la guerre du Golfe largement annoncée et intégrée dans les cours du prix du pétrole n’a logiquement pas provoqué une hausse des cours mais bien une baisse lors de leur réajustement logique. L’immobilier présente lui une autre particularité qui est que les gens auront toujours besoin de se loger, mais peut-être moins de possibilités pendant le coup de tabac d’acheter un bien (quand ils n’auront pas dû abandonner leur propre maison à la banque pour la voir remise sur le marché à l’embellie, passant ainsi du statut de propriétaires surendettés avant la crise à celui de locataires). L’offre de formations en ligne quant à elle répond aux attentes des salariés en rupture d’emploi ou à la recherche de nouvelles compétences après les vagues de dépôts de bilan et est parfaitement compatible avec la philosophie de vie exposée ici.
Ces trois domaines d’activité compatibles Contournant Agile 4.0 présentent un point commun, celui de nécessiter un savoir-faire et donc, le besoin d’acquérir un minimum de connaissances de base par des tutos en ligne par exemple, pour comprendre la règle du jeu autrement qu’en apprenant d’erreurs qui peuvent coûter très cher, ou qu’en perdant un temps précieux. Mais au-delà de ce niveau minimum requis il est clair que l’on apprend plus dans la rue ou en échangeant avec des personnes intéressantes que dans une bibliothèque. Et si Internet est d’une puissance sans égale pour échanger et trouver des réponses, rien ne remplacera jamais le « face to face » autour d’un verre où le langage du corps permet aux « ondes » de pleinement s’exprimer.
Les propos tenus ici pourraient donc sembler ne concerner que ces quinquas dans la deuxième partie de leur vie qui, après s’être fait lessiver par des entreprises presse-citron et avoir été jetés comme des mouchoirs en papier, se trouvent au pied du mur. Je pense au contraire qu’ils sont faits pour tous, y compris les jeunes en début de vie professionnelle qui sont de plus en plus nombreux à refuser ce statut de mouchoir en papier.
Pour le développement de ce qu’en psychanalyse jungienne on désigne comme notre ombre, il existe deux périodes sensibles : le début de la vie spirituelle et le milieu de la vie, moment auquel beaucoup de personnes voudraient tout recommencer selon le psychologue Jean Monbourquette ; pour le développement professionnel il existe également deux périodes propices aux choix d’orientation, ou de réorientation, du mode de vie et de ses finalités. Ces moments de mise, ou de remise en cause, permettent d’éviter ce que l’anthropologue Joseph Campbell résume par la métaphore suivante : « Pendant les trente-cinq ou quarante premières années de notre vie, nous nous sommes efforcés d’escalader une longue échelle en vue d’atteindre enfin le sommet d’un édifice ; puis une fois parvenus sur le toit, nous nous apercevons que nous nous sommes trompés d’édifice » Carl Jung disait déjà : « Nous passons la moitié de notre vie à escalader une échelle, et l’autre à réaliser que nous l’avions adossée au mauvais mur. » Concernant le renouveau personnel ou les interrogations du milieu de vie Jean Monbourquette suggère de se poser la question : « Devrais-je me contenter de changer seulement l’extérieur de moi-même ? Ne faudrait-il pas que je plonge d’abord à l’intérieur de moi ? Question à laquelle il répond par « Après avoir consacré des années de sa vie à se bâtir un ego important, à être un élément perforant de la société, le défi de cet âge est d’explorer en soi un monde de possibilités en friche. La crise de milieu de vie exige de soi l’exploitation du potentiel enfoui dans son ombre. Sans quoi l’atteinte de son plein développement spirituel s’en trouvera compromis.1» Ce livre est aussi un peu ma façon de rééquilibrer la persona, le moi social nécessaire à une intégration sociale via le respect de ses codes, et son opposé, l’ombre en tant que « totalité de l’inconscient » selon Jung. Pour ceux qui sont à mi-vie ou à mi-parcours professionnel leur ombre est également probablement constituée en partie d’un mindset « bon élément travailleur, dans le moule, et parfaitement manipulé par la matrice collective », qui vous a amené à ce point d’interrogation sur le sens de votre vie. Cette ombre est la somme des ombres familiales, institutionnelles, nationales et autres, ayant généré refoulements et renoncements par souci d’adaptation et d’intégration sociale. « Notre société nous apprend à avoir raison ou honte. Tout cela n’est que paillettes pour rendre obèse notre égo. C’est un moyen de nous rendre manipulable à la Pavlov pour satisfaire notre ego.2»
A l’école on vous a probablement appris à améliorer vos points faibles au point de devenir « pas trop mauvais », voire suffisamment bon pour en faire tout ou partie de votre activité en vous éloignant ainsi de ce qui vous faisait vibrer. C’est dans le process de formatage, on égalise par le bas et « je ne voir qu’une tête ». Les excentriques, excentrés, ou les zèbres n’ont pas ou plus de place dans ce moule républicain. En vous éloignant ainsi des domaines où vous excellez, cela revient à vous priver de l’effet de levier garant de réussites, mais surtout, de ce qui aurait dû être la colonne vertébrale de votre vision. Quand on excelle dans un domaine c’est parce que l’on est en résonnance avec lui, en symbiose. Donc une fois sorti de cette machine à produire des moyens partout et en tout, et pour peu que vous soyez encore psychologiquement vivant et avec la foi en vous, alors faites du développement et de l’exploitation de vos spécificités votre objectif de vie. Développez une vision globale et à 360° de ce domaine par des lectures et autres recherches, soyez focussé dans une logique « all in », votre cerveau filtrera et retiendra toutes les micros informations qui seront en résonnance avec votre vision d’une façon que vous n’auriez peut-être pas imaginée.
Ce livre est donc destiné à tous ceux pour qui se retrouver à cinquante ans aux urgences, pour un pontage cardiaque, sans pour autant avoir abusé du célèbre pâté breton ni des choux à la crème, n’est ni une finalité ni une fatalité.
A tous ceux qui veulent entrer en résonnance avec eux-mêmes. A tous ceux qui ne veulent pas, ne veulent plus se tuer au boulot y compris en travaillant pour eux plutôt que pour un patron, pas plus qu’ils ne veulent dire « Mes bureaux », « Mes salariés » … Mais imaginer et développer un projet qui dégagera des bénéfices pour satisfaire leurs besoins en y consacrant un minimum de temps. Non pas sans rien faire tel le rentier, mais en s’économisant le plus possible, pour pouvoir faire un tas d’autres choses, y compris… Développer d’autres projets sur le même concept. À ceux enfin qui croient que le changement collectif est la somme des changements individuels et vient de la résistance et du refus de faire ou de continuer de faire si ça ne fait pas sens.
Tous ceux que le reste de la masse et la morale bien-pensante nommeront : dissidents, rebelles, désobéissants, frondeurs, insoumis, opposants, réfractaires, résistants, insurgés, « Refusants » selon la définition de Philippe Breton, ou, « Contournants ». Ce dernier nom définit ici quelqu’un qui cultive l’art de l’évitement face à un obstacle, un ennemi ou un système dont il refuse la logique, en procédant à son contournement. Si sociétalement et philosophiquement il se rapproche des autres dénominations par sa non-reconnaissance de la légitimité de l’ordre établi, il s’en différencie en ne s’épuisant pas à lutter contre le système ni à essayer de le changer, mais en faisant différemment, à côté et si possible sans affrontement frontal où il aurait trop d’énergie à perdre moins efficacement. Pour cela il procédera à des manœuvres d’évitement en forme de courbes ou d’arabesques pour ne pas pénétrer dans la zone de conflits ou de défense de l’ordre établi et des convenances tout en donnant forme aux contours d’autre chose.
Ce sont donc les doux termes provocateurs, de « Contournant » et « d’Agile », que nous retiendrons pour nommer ces précurseurs dont la perception, la vision et les capacités de combinaison dans la diversité des moyens, des stratégies et des méthodes, et l’intelligence du détachement seront des critères de survie dans l’univers 4.0 qui arrive au rythme effréné des grandes innovations, tant technologiques que sociétales. Le Contournant Agile 4.0, ou C.A 4.0, sait que son besoin d’évolution ressenti correspond à une demande d’évolution interne, mais aussi externe, et est le fruit d’une adaptation constante et nécessaire à son environnement. A ce titre il prendra garde d’être un rebelle non affiché de façon trop ostentatoire pour ne pas avoir à gérer une marginalisation qui ne manquerait pas de survenir. Il gagnera donc à s’épanouir sous le lobe radar de la vindicte populaire et des courants de pensées établis pour cultiver le proverbe « vivons heureux vivons cachés », du moins en dehors de sa nouvelle niche d’activité et de sa nouvelle communauté. Il n’a pas non plus vocation à évangéliser la planète. L’agilité représentant elle, la souplesse, la réactivité, la capacité d’adaptation à son milieu et celle de voyager léger.
Pour les autres, ceux qui n’auront pas la chance de s’interroger sur le sommet choisi, et sans que cela soit insultant ou ait valeur de jugement, passez votre chemin, ne changez rien à vos habitudes, transmettez votre vision rassurante, restez dans votre zone de confort, vénérez les « winners » dont vous croyez être pour ne pas à avoir à remettre à plat l’ensemble d’un modèle élimé jusqu’à la corde. Continuez à acheter ou à fournir du labeur comme on fournit de la matière première en la comptabilisant en charge. Mais commencez à consulter les tarifs d’un divorce chez les avocats du coin et les ratings des services de cardiologie.
En revanche, pour les aspirants Contournants Agile 4.0, (C.A’s 4.0), puisque effectivement ce sont des charges, transformez les simplement, et en quasi-totalité, en charges variables et surtout, externes. « Charges » qui assumeront elles-mêmes leur propre organisation et porteront leurs propres soucis, plutôt que de vous les remonter hiérarchiquement en vous pourrissant le Week-End.
Je ne parle pas ici de dé corréler les notions de travail et de résultats, mais de concevoir dès le départ - ou de transformer - une structure d’entreprise pour porter un projet qui vous consommera à terme pas plus d’une journée de pilotage par semaine. Mais peut-être pour en arriver à ce stade devrez-vous désapprendre ce que vous avez acquis dans une brillante école de commerce à trente mille euros l’année avant de pouvoir réapprendre. Cela vous permettra d’être avant tout juste avec vos nouveaux objectifs de vie de Contournant Agile 4.0, pour, peut-être, enfin, être juste avec vous-même.
Bien que galvaudé nous adosserons au terme de Contournant celui de start-up parce qu’il est synonyme dans les esprits, à tort ou à raison, de création, d’innovation et de ruptures car dans les sociétés existantes et « installées » on gère généralement bien les évolutions mais pas les révolutions. « Dans les Start-up on y rencontre tous les jours des gens qui veulent changer le monde, les façons et les raisons de faire dans un écosystème favorable. On sait aller chercher rapidement les nouvelles compétences nécessaires là où elles sont par le biais d’accords de partenariat gagnant-gagnant. Et surtout, on y a l’humilité par rapport à la connaissance du client et de ses attentes et on a l’agilité permettant rapidement les changements de cap stratégiques.3»
Ceci n’est pas une ode à la fainéantise, ni à l’illégalité, mais un appel au bon sens par la rébellion contournante. Un appel au sens des priorités dans la vie et aux intelligences par opposition aux idées idiotes que l’on se transmet de génération en génération et qui nous font se tuer au boulot ou accoucher dans la douleur ; ce qui fût un peu le cas pour ce livre !
C’est aussi un appel à l’insoumission à un modèle global inepte, au refus et à la désobéissance économique et sociétale pour tous ceux qui rejettent les aberrations du système établi, confortable pour les uns, mais non durable pour tous. Cela peut aller jusqu’au choix entre la loyauté et la légalité. Mais Diderot n’affirmait-il pas déjà que « être loyal c’est renoncer à être citoyen ». Nous verrons plus loin avec « le couloir de navigation » comment rester loyal avec soi-même et à la lisière de la légalité. Un combat asymétrique bâti sur des pensées non conventionnelles. Un combat pour les générations futures qui devront composer avec la robotisation et trouver un autre moyen de s’auto-satisfaire et de redistribuer la valeur ajoutée. Pour autant que nos pays en produisent toujours. Sujet primordial qu’aucun programme politique ne semble pourtant vouloir aborder, donc autant anticiper et entreprendre, pour ne pas subir. Si on estime que l’on a du temps à perdre, on peut combattre le RSI et autres injustices par des marches ou manifestations, par les urnes ou des pétitions. Mais même si seulement 10 % des électeurs se déplaçaient pour voter, les bancs de nos assemblées comporteraient le même nombre d’élus, et probablement les mêmes ou leurs enfants, secondés par autant de fonctionnaires aux avantages délirants4. En France il y a environ 8% d’électeurs potentiels non-inscrits, cela laisse 92% de votants ; On constate régulièrement 50% d’abstention, ce qui laisse 46%. Un élu l’est avec un peu plus de 51% des votants, soit 23% de représentativité et encore, Emmanuel Macron a été élu avec environ 18% des inscrits au 1er tour ! Quelle légitimité ? Surtout quand les strates inférieures sont composées de trois catégories d’élus : Les professionnels de la politique inscrits dans la lutte des places, les reclassés d’une autre élection perdue (ou d’une élection à laquelle leur rang social ou de loge ne leur donnait pas accès) et les engagés pour un territoire ou une cause, qui sont une minorité d’utopistes. Un président qui a donc au sommet de son asymptote représenté 18% de ceux qui se sentaient encore un peu concernés, bien qu’en apparente rupture avec l’ancien système et porteur de réformes de fond, se trouve très vite confronté à la toute-puissance des administrations centrales et rappelé à l’ordre par ceux qui l’ont mis en place ! On a donc plus vite et plus efficacement fait d’éviter les « systèmes », de les contourner stratégiquement en attendant qu’ils implosent d’eux-mêmes. Le seul bulletin de vote capable de faire bouger les oligopoles est la carte de crédit, et pour les politiques la peur de la guillotine. Mais la rébellion des Refusants ou des Contournants, contrairement à la révolution, ne consiste pas à couper des têtes ni à faire un 360° pour revenir à la même position quelques décennies plus tard, ni même à essayer de réparer un système cassé, mais à oser en inventer un autre. Le seul ministère capable de faire bouger les choses, c’est nous, le peuple des consommateurs, en reprenant « aux élus » les pouvoirs que nous leur avons confiés et dont ils abusent. Non par la violence et la guillotine, qui a souvent tendance à s’emballer et à manquer ensuite de discernement, mais en faisant mieux à coté, par nous-mêmes, collectivement et individuellement. Certes ils s’en approprieront les résultats et la gloire. Et quand bien même, quel est notre but ? Flatter notre ego ou que les choses soient enfin faites et au mieux si possible ?
Ce sont donc les expressions et les attitudes « d’Évitantes » et de « Contournantes » qui définiront le mieux ces entreprises et leurs dirigeants insoumis. Être un « Évitant », c’est faire de la fuite et du non-combat sa stratégie principale. Être un Refusant c’est refuser de jouer. Être un « Contournant », c’est faire différemment à côté, pour retrouver une certaine liberté, tenter d’échapper au système et à ses fourches caudines. Ces mouvements trouvant leurs bases dans le refus faisant action pour l’assécher.
Si être un Refusant, comme un Indigné, est l’opposé d’être un résigné, cela ne suffit plus, car notre simple existence au sein du système le légitimise.
« Quand le jeu ne te convient pas et que tu ne peux pas en changer la règle, rien ne t’oblige à y jouer, change de jeu, inventes-en un autre et fais-en sorte qu’il soit plus attrayant pour que les autres joueurs viennent jouer avec toi, mais, selon ta règle » Si « Celui qui s’incline devant des règles établies par l’ennemi ne vaincra jamais » soutenait Léon Trotski, celui qui les combat risque de s’user ou d’y laisser sa vie.
Cette vision du Contournant Agile 4.0 (C.A 4.0) bâtie sur mes valeurs et mon expérience a néanmoins été largement inspirée de « La semaine de 4 heures 5» de Timothy Ferriss, des formations au trading de Cédric Froment6 qui sont aussi une philosophie de vie et de contraction du temps, et de « Antifragile – les bienfaits du désordre » de Nassim Nicholas Taleb7.
Ce livre, terminé le 1er novembre 2018 à coté de Lisbonne puis corrigé et amandé à l’Ile aux moines en mars 2019, ne donne ni leçons, ni théories. D’autant moins que dans la nuit du 4 février 2019 j’ai été victime d’un ulcère hémorragique, fruit de la somatisation d’un nouveau choc émotionnel qui m’a valu huit jours d’hospitalisation dont cinq en réanimation après trois interventions chirurgicales à l’issue, encore une fois, miraculeusement positive. Il est un livre d’espoir. Il raconte sans regret ni rancœur, une histoire, mon histoire, non pas celles des belles entreprises que j’ai portées mais celle de l’entreprise que j’aurais dû faire, aimé faire. Il tient des propos politiquement et sociétalement incorrects, paradoxaux et parfois contradictoires, car dans un monde complexe, comme dans une personne, une chose et son contraire peuvent cohabiter. Il est probablement un peu décousu et touffu car en respect des principes énoncés j‘écris quand j’en ai envie, quand je le sens et y livre mes visions les plus profondes et personnelles au fil de l’eau de mes pensées.
« Votre santé morale sera le sel de la terre.
Vous aurez du talent quand il n’y en aura plus ».
Ernest RENAN, parlant des Bretons.
Les deux jours les plus importants dans votre vie
sont le jour de votre naissance, et le jour où vous comprenez
pourquoi vous êtes né. (« Pourquoi » que j’aurais bien écrit
« pour quoi »)
Mark Twain
« Je pense que l’avenir de l’espèce humaine tient dans la découvertede nouveaux rapports humains entre les individus quand on leur auraexpliqué, quand on leur aura fait comprendre comment le cerveaufonctionne et comment ils émettent des opinions qu’ils croient être des vérités. »
Henri Laborit
1Apprivoiser son ombre - Le côté mal-aimé de soi , Jean Monbourquette, Éditions Point vivre, Août 2015 pp.28-30
2 Cédric Froment, devenir e-trader-après-le-carnage-du-bitcoin-je-place-enfin-des-billes-dessus/
3 Notes de l’auteur prises lors de l’intervention de Maël Jaffrelot - Innovathlon – au cours de l’université d’été de l’institut de Locarn le 31/08/18.
4http://www.lepoint.fr/invites-du-point/jean-nouailhac/nouailhac-les-nababsde-l-assemblee-nationale-05-06-2018-2224152_2428.php
5La semaine de 4 heures - Travaillez moins, gagnez plus, Timothy Ferriss, Pearson éducation, 2e édition mise à jour et enrichie, 29 avril 2010
6 Cédric Froment, e-devenirtrader.com, interview de sa vision sur https://e-devenirtrader.com/interview-la-face-cachee-de-cedric-froment-le-trader-surfer/
7Antifragile - les bienfaits du désordre , Nassim Nicholas Taleb, Les belles lettres, Août 2013
Après cette introduction qui présente le contexte, ce livre décrit l’entreprise iconoclaste qui respecte et ne dévore pas son créateur telle une mante religieuse8. Le raisonnement part de mon expérience personnelle, du monde tel que je le vois et de ce que la somme des actions individuelles pourrait en faire. Un monde plus durable et plus équitable pour tous, mais surtout moins destructeur pour l’entrepreneur qui sommeille en nous tous.
Nous sommes aujourd’hui dans une société segmentée, voire fragmentée. Entre ceux qui ont un emploi garanti à vie sans raison, ceux qui en ont un précaire, ceux qui n’en ont pas, ceux qui trichent, ceux qui tirent la charrette, ceux qui profitent du système, ceux qui essayent de le faire changer… Mais nous sommes surtout face à deux forces majeures opposées. D’un côté les tenants des pouvoirs adeptes de la mondialisation et de la consommation à outrance, et de l’autre ceux qui se disent que non seulement cela ne peut plus durer mais surtout que l’affrontement entre ces segments de population serait la plus mauvaise solution, en dehors d’une guerre civile, éthique ou religieuse. Ceux-là prennent conscience qu’ils peuvent et doivent agir, individuellement pour eux, et par ricochet collectivement pour que cela change pour tous.
Il existe trois façons principales de lutter contre le système : Une action collective, souvent ouverte et frontale, comme le fut celle récente des « Bonnets Rouges » bretons qui ont fait plier le gouvernement sur une mesure qui les asphyxiait. Et deux façons d’agir individuelles, une « underground », qui consiste généralement à tricher avec le système, quelquefois tout simplement pour survivre, et une plus « légaliste », celle du refus, de la vie en marge, d’une création positive et différente, à côté du système, tout en restant légale ou en se faufilant entre les interstices du droit, dans une des zones grises échappant aux réglementations qui suivent plus qu’elles ne précèdent les évolutions. Si le mode de vie ou de pensée du C.A 4.0 partage quelques analyses communes avec le mouvement dit de « décroissance » né dans les années soixante-dix, notamment concernant les impacts négatifs de la croissance infinie pour l’humanité par la pollution, le chômage et la précarité engendrés, il est plus proche dans ses actes et ses conséquences de celui du courant baptisé Fire (Financial, Independance Retire Early), soit indépendance économique et retraite précoce en français. Ses joyeux sympathisants souhaitent prendre une retraite frugale aux alentours de quarante ans après avoir passé les dix ou quinze premières années de leur vie professionnelle à thésauriser au maximum pour ensuite vivre de la plus puissance force de l’univers selon Einstein, les intérêts composés, sans avoir à grignoter leur capital. Cela revient à utiliser le capitalisme pour le rejeter. À utiliser le système pour mieux le contourner de façon paradoxale. L’idée paraît bien évidement fort sympathique à première vue, à condition… d’hériter ou de toucher des salaires et primes annuelles dignes d’un Trader Londonien pendant la période active ! En effet, la vie et encore plus l’éducation des enfants ont un coût certain, même en utilisant son propre potager (dans la mesure où on ne va pas non élever des chèvres dans le Larzac comme en 1968). Il est donc raisonnable d’estimer qu’une fois grignoté par l’inflation il faut une épargne de départ de 500.000 à 1.000.000 d’Euros placés à un taux de 3 ou 4% pour en vivre. Or 500 € d’épargne par mois ne font, certes hors intérêts composés, que 60.000€ au bout de dix ans, ce qui est donc bien loin de ces objectifs. Quant à disposer d’un million d’Euros avec 200€ d’épargne mensuelle… Autant tenter sa chance au loto, ou devenir Contournant Agile 4.0 en animant un site d’info commerce, voire, pour ceux qui n’en ont pas l’âme, faire les marchés, de la vente à distance ou à domicile avec des taux de marge aux alentours de 40%, ou retaper des voitures d’occasion payées en espèces !
Concernant l’opposition collective, affichée ou dissimulée, un nombre minimum d’acteurs, mais soutenus dans l’esprit par une majorité silencieuse est nécessaire. L’important c’est d’atteindre le seuil critique, y compris par la résistance passive. Au début d’une vague subversive l’effet de seuil est toujours très faible. Pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1939-1940 il devait y avoir moins de 5 % de résistants en France, et aussi peut-être pas plus, mais pas moins, de « collabos ». Mais ces résistants ont suffi à initier le refus collectif, plus ou moins manifesté. Corollaire, ils ont aussi porté, de fait, mais en l’assumant, la responsabilité de l’évolution de la guerre militaire vers la guerre contre les civils. Les 90 % des Français restants étaient soit des acceptants soumis, soit des hésitants qui auraient bien voulu mais n’osaient pas, des équilibristes ou, des « Refusants 9» voire, des « Suspendu(e)s 10». Malgré les 20.000 résistants tués au combat, les 30.000 fusillés et autant de déportés, la multiplication des petits pains a logiquement fait qu’à la fin de la guerre où une grande partie des Français se déclaraient « résistants » alors qu’il n’y avait plus que 5 % de collaborateurs reconnus, ceux arrêtés, à tort ou à raison ! Mais peu importe, ou presque, de savoir si c’est le premier ou le dernier flocon de neige qui a provoqué l’avalanche, ce qui importe c’est la notion d’effet de seuil et celle d’incidence des actions et des pensées des uns sur la situation. À ce titre, des recherches menées pendant le conflit israélo-libanais dans les années 1980 ont mis en évidence que lorsque qu’un nombre suffisant de personnes se rassemblaient pour éprouver toutes ensemble un sentiment de paix, le niveau de violence dans la région autour d’elles diminuait significativement. « Le crime, l’activité des urgences et les accidents de la route diminuaient, tandis que les activités terroristes cessaient. Et quand elles s’arrêtaient de pratiquer, toutes ces activités reprenaient. Ces personnes ayant été formées à la technique de la méditation transcendantale élaborée par Maharishi, ce phénomène devint célèbre sous le nom de “l’effet Maharashi”. Les résultats furent tellement évidents que les chercheurs purent déterminer le pourcentage exact de population nécessaire pour créer cet effet. Il s’agit de la racine carrée de 1 % de la totalité d’une population donnée, qui doit pratiquer le programme de méditation transcendantale Sidhi, ensemble (deux fois par jour) et au même endroit. 11» Ce phénomène correspond aussi à la théorie des dialogues de Böhm. On pourrait donc espérer qu’un nombre minimum de Start-Up ou de Contournants Agiles 4.0 puisse influer le cours des choses. Selon une autre étude récente de l’université de Pennsylvanie12, un groupe minoritaire représentant 25 % de la population suffirait pour faire adopter ou remplacer une convention sociale au sein d’un groupe associatif, social, gouvernemental ou politique. C’est un des points faibles de la démocratie où le pouvoir est ainsi « donné » aux minorités bruyantes ou organisées, ce qui les rend donc manipulables notamment à l’heure des « fakes news » et de la caisse de résonance qu’est Internet. De même, c’est le nombre de Bonnets Rouges actifs et surtout celui de leurs soutiens populaires manifestant devant la préfecture de Quimper qui, plus que les actions musclées de démontage des portiques de péage de l’écotaxe, (qui n’étaient que la première pièce d’un puzzle national de taxation de toutes les routes et de flicage généralisé), ont fait céder l’état. Aujourd’hui quand les mouvements de contestation sont justes, cohérents et enracinés, nos gouvernants qui ne représentent plus qu’eux-mêmes et leur 2 % de militants encartés, craignent la rue comme la peste. La contrepartie de cette « trouille institutionnelle » est l’immobilisme de la société française dans un monde en évolution.
La seconde façon, individuelle, plus positive et constructive, et donc physiquement et psychologiquement moins risquée, n’est pas opposée mais complémentaire de la première. C’est celle qui sera traitée dans ce livre qui consiste en tant qu’entrepreneur à créer, à côté, différemment, de façon non conventionnelle, une activité rémunératrice et surtout peu gourmande en temps. Un job respectant le cadre légal ou utilisant ses interstices et ses failles au sein d’une niche, en évoluant sous le lobe radar mais au sommet de la vague, ou, délocalisé vers des contrées plus clémentes et plus évolutives. Ces guerriers des temps modernes sont, paradoxalement et par dérision, nommés ici les « Contournants Agile 4.0 » ou « C.A’s 4.0 ». Entrepreneur C.A 4.0 n’est pas « La » solution, mais « Une » des solutions qui peut convenir à certains, alors que d’autres préféreront des formes d’actions différentes.
Combats asymétriques, individuels ou collectifs, menés de multiples façons, synchronisées ou non mais cumulatives par des « Refusants », des résistants, rebelles, Contournants, insurgés, maquisards, révoltés, révolutionnaires, réfractaires, récalcitrants, mutins, « Suspendu(e) s », indociles, indisciplinés, frondeurs, désobéissants13… Peu importe, ce qui compte c’est d’être d’une manière ou d’une autre, résilient à un système non durable, injuste, et sans sens qui finira par se reformer ou s’effondrer.
Dans tous les cas comme le disait une banderole accrochée sur les statues du Trocadéro lors de la marche pour le climat et photographiée par Sandrine Roudaut en illustration de son livre Suspendu(e)s « L’histoire ne s’est pas faite en demandant la permission »14. Elle ne s’est pas faite sans résistants, sans insoumis, ni visionnaires, mais également rarement sans violence. Ce sont les vainqueurs qui écrivent l’Histoire, et le plus souvent a posteriori. En revanche, sur l’agenda de Louis XVI à la date du 14 juillet 1789, il n’y avait rien d’indiqué. D’où sa surprise lorsqu’à la question « C’est une révolte ? », le duc de La Rochefoucauld lui répondit « Non Sire, c’est une révolution ». Ils faisaient donc déjà à l’époque, et à juste titre, la différence entre révolte et révolution. Mais que font généralement les révolutionnaires quand ils arrivent au pouvoir ? Ils deviennent comme ceux qu’ils ont destitués, des dictateurs. Et que font les Start-upers et leurs créateurs quand ils deviennent GAFA et milliardaires ? « Lorsqu’une catastrophe se produit, les gens ne changent pas, ils paniquent. C’est sur ce terreau que se développent les dictatures ou la prise de pouvoir sur les populations. L’idée que les personnes les plus exposées au tréfonds d’une société vont se relever miraculeusement n’est pas réaliste15». « Un tyran, homme ou système, a besoin d’un état lui-même tyrannique constitué de millions de bons petits exécutants pour pouvoir délayer la responsabilité en micros « acceptences » afin de permettre à chacun des maillons de la chaîne l’exécution d’un ordre globalement immoral plus confortable à porter individuellement. Pour cela il faut que les exécutants acceptent l’autorité du donneur d’ordre pour pouvoir dire j’obéissais aux ordres supérieurs. Ainsi le conducteur de train conduit, le gardien du camp ouvre et ferme les portes etc. On conserve les tâches moralement les plus répugnantes aux plus violents ou engagés. »16
« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes »17. C’est pourquoi je ne crois que très peu aux révolutions, auxquelles je préfère les évolutions, qui ne peuvent toutefois émerger que lorsque existe la liberté de faire autrement, au moins à titre expérimental. C’est donc pour la liberté, et notamment celle d’expérimenter, de faire et de penser différemment qu’il faut se battre. Alors, si vous êtes enfermés, à l’intérieur ou à l’extérieur, par la résistance, l’évitement, l’insoumission aux normes idiotes, rendez possible les évolutions par l’ingéniosité et l’innovation ou en utilisant les faiblesses mêmes du système. Autant en le sapant par l’intérieur qu’en le contournant ce qui le privera de sa légitimité jusqu’à ce qu’il s’écroule naturellement, sans un coup de feu, comme est tombé le mur de Berlin, par des idées, la lutte clandestine, la musique et la persévérance, mais aussi malheureusement, par la soif du « Coca-cola ». Il existe toujours des terrains alternatifs, des zones de guérillas possibles. L’important est de connaître vos zones de pouvoir pour agir sur des choses que vous pouvez changer, altérer, ou modifier, seuls ou en mutualisant les actions avec d’autres Refusants ou groupes d’action. Évitez de vous épuiser sur les éléments et évènements sur lesquels vous n’avez aucun pouvoir et qui ruinent la tête.
Si pendant longtemps j’ai cru qu’avec de la volonté et de l’abnégation on pouvait progressivement, mais néanmoins efficacement, changer le système de l’intérieur sans se faire endormir ou manipuler, par une résistance plus ou moins virulente, j’ai fini par prendre conscience de l’utopie que cela représentait. Dans bien des cas, avec le temps, ce n’est pas vous qui changez le système, mais le système qui finit par vous changer, vous aigrir, vous user, vous corrompre, ou vous mettre hors-jeu par la perte de crédibilité en tant que grincheux de service. Vous serez même bien commode comme représentant officialisé de l’opposition systématique à qui on lâche quelques concessions préalablement vidées de leur dangerosité. Sandrine Roudaut décrit parfaitement ce phénomène : « Qu’auriez-vous pu impulser ailleurs entre-temps avec la même énergie ? »18 Là est la vraie question dans tous les domaines, de la politique à l’entreprenariat. Imaginons le poids de la somme de toutes ces petites initiatives débouchant sur des Start-up de Contournants Agile 4.0 construites à côté du système au lieu de le combattre. Imaginez d’une part, les fruits de l’énergie positive « du faire » plutôt que celle destructrice du « déconstruire » et d’autre part, la perte de légitimité de l’ancien système qui ne manque pas de se présenter comme réformiste et seule issue raisonnée. L’effet boule de neige ne pourra qu’amplifier le processus créateur et déplacera naturellement le centre de gravité à l’extérieur du cercle des nantis détenteurs des pouvoirs, sans lutte, peut être sans violence, mais certainement pas sans la résistance du désespoir des modèles voués à la casse.
Échappez-vous avant d’être vidé, broyé ou retourné. « Notre zone de confort est notre meilleure prison » (Sandrine Roudaut, ibid.). « Il est incroyable de voir comme le peuple, dès qu’il est assujetti, tombe soudain dans un si profond oubli de la liberté qu’il lui est impossible de se réveiller pour la reconquérir il sert si bien, et si volontiers, qu’on dirait à le voir qu’il n’a pas seulement perdu sa liberté mais bien gagné sa servitude. »19
Ce sont les minorités qui font évoluer le monde, les majorités elles suivent. Une somme de petites minorités peut faire déborder un vase. Soyez force de proposition, bâtissez les fondations du futur par vos actes « car il ne suffit pas de protester ou de faire la révolution, il faut aussi avoir une vision claire de ce qu’on fera de la liberté »20
Mais le danger guette à tous niveaux, « Le virus de la guerre est en nous, rendu plus agressif par les peurs, les humiliations et les colères. La crispation des nations occidentales sur leurs privilèges et sur une vision du monde dépassée ne peut qu’aggraver les maux. »21
Choisir c’est renoncer, mais ne pas choisir c’est déjà choisir. « Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre. » (Winston Churchill après la signature des accords de Munich en 1938).
Un homme est la somme de ses décisions et de ses actes.
Ce que ce livre propose c’est le choix d’un modèle entrepreneurial et économique de « Refusance » qui vous permettra de préserver, individuellement, votre potentiel personnel de santé et d’équilibre, et de facto par la somme de tels renoncements, collectivement, un modèle écologique et sociétal plus durable (au sens premier) et plus juste. Il se réalisera aux côtés des modèles alternatifs collectifs auxquels le Contournant Agile 4.0 peut participer en parallèle. Ainsi derrière l’élan et la prise de conscience du domaine des possibles impulsés par les Bonnets Rouges, est née l’association bretonne « Redéo »22 destinée à relocaliser les emplois et à redonner environ 15 % de pouvoir d’achat aux citoyens par le biais des « dépenses contraintes volontaires » que représentent tous les services et besoins primaires offerts par le pouvoir centralisateur complice à des oligopoles nationaux. Ainsi sa première filiale Rédéo Énergies distribue, sous le statut officiel de fournisseur régional agréé, de l’électricité et du gaz aux professionnels à un tarif préférentiel impactant ainsi positivement leur compétitivité, et donc l’emploi local. Les prochaines initiatives en cours de déploiement concerneront l’assurance, la gestion des déchets, la téléphonie, les transports et l’épargne qui irriguera ainsi les initiatives entrepreneuriales locales plutôt que des fonds de pension ou la spéculation bancaire douteuse. Ces initiatives régionales, collectives, citoyennes, associatives, bâties dans le respect de la législation et du droit, même s’il faut parfois tordre quelques bras pour se voir attribuer l’autorisation d’utiliser ces, et ses, droits, comme celui de l’expérimentation, sont la dernière chance pour le pays de ne pas sombrer dans la première des autres manières de contourner le système, la mise en place d’une économie souterraine.
C’est également le sens de la démarche individuelle du C.A 4.0.
"La folie est quelque chose de rare chez l'individu ; elle est la règle
pour les groupes, les partis, les peuples, les époques."
Nietzsche
« Le combat de civilisation n’oppose pas des civilisations les unes
aux autres, il nous oppose au recul de civilisation dont l’individualisme
absolu, le coup d’État du droit, de la norme et de la procédure, la
fabrique totalitaire d’un homme nouveau nous menacent23. »
Hervé Juvin
8 « Le mâle, comme tout animal s'approchant d'une mante, se fait parfois dévorer pendant ou après la copulation. Même après avoir eu la tête coupée, le mâle continue à copuler et transmettre ses spermatozoïdes. Contrairement à une idée reçue, le cannibalisme lors de l'accouplement n'est cependant pas essentiel pour que la femelle dispose des ressources protéïques nécessaires pour porter les œufs ; reste qu'il est quasiment systématique en vivarium. Certains y voient une forme de cannibalisme tandis que d'autres, d'un avis anthropomorphique, préfèrent y voir une forme d’abnégation. ». https://fr.wikipedia.org/wiki/Mante_religieuse
9Les Refusants. Comment refuse-t-on d'être un exécuteur ? Philippe Breton , La Découverte, collection Cahiers Libres, 2009.Les Refusants ne sont pas résistants, n’en ont pas l’engagement, mais ils refusent par différents moyens d’exécuter. Ce sont des non-exécutants, avoués ou non, que Philippe Breton appelle lesRefusants. Ceux du premier cercle concernent les situations de guerre ou de meurtres collectifs qui disent « On ne fait pas cela à des gens ! », et qui s’arrangent pour ne pas le faire. On peut être refusant, ou résistant, vis à vis d’une autorité, mais aussi « du groupe », d’un concept, ou de ce que les traders nomment le consensus, représentant l’avis général. Si c’est le principe de base de la démocratie, il n’en est pas pour autant toujours admis. De facto ils deviennent des traîtres aux yeux des exécutants, mais aussi la preuve gênante qu’il est possible de ne pas se conformer à l’injonction du « faire ». Plus le groupe est homogène et proche en termes de convictions, d’engagements, de culture, et plus le choix de ne pas faire est considéré comme déloyal par la meute. Saez chante dans J’accuse : « l’Homme ne descend pas du singe mais du mouton ». Selon La Boétie dans son « discours de la servitude volontaire » : « Il nous suffit de ne pas accepter pour que leur pouvoir n’existe pas ». « Alors que le résistant et l'exécuteur sont mus par des systèmes idéologiques (fondés sur des raisons politiques, morales ou religieuses) qui s'opposent, mais qui permettent de comprendre leur engagement, il n'existe pas, selon l'auteur, un tel moteur explicatif de la refusance. Les raisons du refusant n'ont rien d'altruiste, d'humaniste, d'idéologique et ne relèvent pas non plus du registre de la vengeance. » Source https://lectures.revues.org/941
10 Sandrine Roudaut, Les suspendu(e)s , Utopistes, Agiles, désobéissants ils écrivent demain et s’accomplissent, éditions LA MER SALEE, 2016, p.19
11 La science d'avant-garde - L'homme, face à l'univers dans tous ses états, Collectif d’auteurs, Macro Éditions, 17 octobre 2012
12 Étude réalisée par Andrea Baronchelli (City University de Londres), Damon Centola, Joshua Becker, et Devon Breckbill (Université de Pennsylvanie)
13 Cf p.373
14 Sandrine Roudaut Ibid.
15Demain : Un nouveau monde en marche, Cyril Dion, Collection Domaine du possible, Éditions Actes Sud, 2015, p.306
16 Henry Verneuil, film « I…comme Icare », 1979
17 John Fitzgerald Kennedy (JFK)
18 Sandrine Roudaut, Les suspendu(e)s – Utopistes, Agile, désobéissants ils écrivent demain et s’accomplissent, Editions LA MER SALEE, 2016, pp. 191-192
19 Discours de la Boétie sur la servitude volontaire.
20Comment faire tomber un dictateur quand on est seul, tout petit, et sans armes, Srdja Popovic, Actes Sud, Payot. Srdja Popovic, apôtre de la lutte non violente, qui fit tomber Milosevic, fut de toutes les "révolutions fleuries". Présenté par l’éditeur comme « le livre des révolutions possibles, celles que nous pouvons faire, nous, les gens ordinaires ».
21Mémoire de paix pour temps de guerre, Dominique De Villepin, Grasset, 2016
22http://www.redeo.fr
23 Hervé Juvin, 17/02/14, http://www.redeo.fr/redeo-kezako/pourquoi-redeo/
Ce livre comporte quatre grandes parties dédiées à l’aspect pratique de la création de la Start-up du Contournant Agile 4.0, décrivant « le comment », le process et le fonctionnement de ce modèle particulier d’entreprise après avoir abordé la question de fond du « pour quoi ». Les deux derniers chapitres 24 et 25 présentent ma vision de notre environnement socio-économique actuel et de ses évolutions possibles à la date de rédaction (2017-2018)
Si ces deux derniers chapitres, peut-être plus rébarbatifs, peuvent être lus indépendamment, ils gagneraient probablement à être lus en premier. Ils ont néanmoins été placés à la fin du livre car leur présence même va à l’inverse d’un de ses concepts consistant à ne perdre ni temps, ni énergie à expliquer ou critiquer la situation présente, mais à faire avec, à contourner, en laissant le système s’écrouler de lui-même, ou en participant parallèlement aux opérations collectives de sape. Ces chapitres ne sont là que pour confirmer, si besoin était, la légitimité du choix non conventionnel du GA 4.0, en plus de la nécessité et du devoir de ne pas se tuer en gagnant sa vie.
Bien que la question du « pourquoi » fasse l’objet d’un paragraphe particulier, ce thème sera néanmoins présent un peu partout tant il est important de se persuader de sa nécessité, parce que la destinée du Contournant Agile 4.0 et celle de sa Start Up sont difficilement dissociables de son environnement économique et sociétal et de l’analyse qu’il en fait.
J’emprunterai à Guy Corneau, dans de ce qui est à mes yeux un des trois ouvrages clés du développement personnel, les propos suivants : « Chaque écrit entraîne son auteur dans un projet qu’il découvre en cours de route. Ce livre ne fait pas exception. Parti pour écrire un ouvrage que je décrivais à mes éditeurs comme court et pratique, j’ai été emporté par un mouvement plus vaste : présenter une perspective de vie axée sur l’attitude créatrice comme base d’une existence plus satisfaisante. Pour arriver à mes fins, j’ai fait converger plusieurs éléments qui viennent de la psychologie, de la philosophie, de la science contemporaine et de la spiritualité. Les composantes que j’ai retenues participent, à mon sens, du même flux créateur, et une image que j’espère cohérente en émerge. 24»
24 Le meilleur de soi – trouver le chemin vers l’épanouissement , Guy Corneau, Bien être, J’ai Lu ,Octobre 2001
Vous tuer à la tâche par convention sociétale ?
Amasser des biens plus ou moins inutiles ?
Faire une overdose d’impôts jusqu’à avoir comme principal soucis de défiscaliser ?
Faire votre premier Accident Vasculaire Cérébrale (AVC) avant quarante ans ou avant votre principal concurrent ?
Faire chaque jour un peu plus de la même chose ?
Subvenir à vos besoins, quels qu’ils soient, et cela en travaillant le moins possible ?
Il y a trois choses importantes dans la vie, importantes et rares :
La santé, parce que précieuse et fragile ;
Le temps, parce que limité malgré son immensité ;
La liberté, au sens large, mais surtout celle de penser, d’agir, d’être. Une liberté réelle et totale sous-entend que l’on doive générer sa propre liberté vis-à-vis de ses finances, du temps et du lieu où l’on exercera son activité au gré de ses envies. Le moteur de la vie c’est l’envie, avec l’amour et la passion comme carburants. Ces trois piliers constituent la substance et la raison d’être de ce livre. Osez lâcher les chevaux de ce moteur. Osez la bienveillance envers les autres et vous-même dans ce monde d’hyper compétitivité. Quant à l’argent pour entreprendre, il est lui en quantité illimitée, les banques à qui les états ont délégué ce pouvoir en impriment à tout va, uniquement avec des zéros et des uns, sans aucun effort et sans contrepartie physique. Uniquement du « papier » virtuel. Il en est de même pour vous entrepreneur, de l’argent vous trouverez toujours un moyen d’en faire ou d’y avoir accès, et même si l'inverse est vrai aussi, l'argent c'est du temps ! Et pour ce temps, le temps long notamment, la meilleure chose que vous puissiez faire c’est de l’utiliser à bon escient, précieusement, en conscience et en évitant les comportements nuisibles afin de le préserver.
Le tabac, l’hérédité, l’alimentation déséquilibrée, mais aussi l’absence d’activité physique de notre vie moderne, alors que nos ancêtres chasseurs-cueilleurs parcouraient treize kilomètres par jour, sont parmi les facteurs principaux des accidents cardiovasculaires. Les vrais médecins, ceux qui réfléchissent de façon systémique et qui ne dînent pas chez un étoilé une fois par semaine aux frais des laboratoires pharmaceutiques, savent que l’activité physique raisonnable améliore l’état général et notamment le taux de cholestérol. Ce n’est donc pas indirectement le cholestérol, produit pour 2/3 par le foie et pour 1/3 environ par l’alimentation, qui tue, mais bien l’inactivité et une mauvaise hygiène de vie, et peut-être en partie les statines inutiles dans certains cas. Si le système de santé occidental attendait de ses médecins qu’ils soient là avant tout pour maintenir en bonne santé, comme le sont leurs homologues chinois, et non pas pour guérir, il les pousserait à délivrer des ordonnances d’activité physique à leurs patients en bonne santé !
