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Dans un roman sur la langue, Jean Pierre Ceton propose d'oser libérer le français avec des règles générales sans exception. Ainsi, le e final au féminin, le e masculin au masculin; le s, et plus de x, pour le pluriel et le non s pour le singulier; pas d'accord jamais avec avoir et toujours avec être pour le participe passé; les couleurs qui s'accordent toujours; un s à la 2e personne de l'impératif pour tous les verbes; l'accord des noms composés comme des mots simples, sans exception... Dix clés pour ouvrir le français aux logiques contemporaines, de sorte qu'il résiste à l'anglais. Et en finir avec la faute au profit de l'erreur d'information, de sorte de provoquer un nouvel intérêt pour notre langue.
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Seitenzahl: 165
Veröffentlichungsjahr: 2019
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RAUQUE LA VILLE, éditions de Minuit, préface de Marguerite Duras 1980
RAPT D’AMOUR, P.O.L éditeur 1986
LA SUIVE, Imprimerie nationale éditions 1989
PATHÉTIQUE SUN, Criterion éditeur 1991
LA FICTION D’EMMEDÉE, éditions du Rocher 1997
LES VOYAGEURS MODÈLES, éditions Comp’Act 2002
PETIT HOMME CHÉRI, éditions L'ACT MEM 2005
LE PONT D'ALGECIRAS, éditions L'ACT MEM 2006
ENTRETIENS AVEC MARGUERITE DURAS, éd F.Bourin 2012
L'INSATISFACTION, BoD édition 2014
REGARDER LOIN, BoD édition 2015
JAMAIS AUTANT, BoD édition 2016
NOUVELLES DU PASSÉ, BoD édition 2019
jeanpierreceton.com
Dix clés de rénovation de la langue française Est-ce que cela se dit en français ?
Quinze textes d'intervention Libérons la langue française
Une langue qui vivrait
Voilà le temps de poser la question de l’Académie
Pour en revenir au français
Poursuivre l'expérience de la langue
La courbure inutile du français
Pour une refondation de l'orthographe
Madame la ou le ministre ?
Impossibilité d'une réforme du français ?
Dans la francophonie continuer le français
Libérer ou libéraliser la langue
Vivre le français, c'est pratiquer le néologisme
Inventer à nouveau des mots en français
La défense de la langue française
Ouvrir le français aux logiques contemporaines
Est-ce qu'on le dit en bon français ? Est-ce que ça peut se dire ? A cette question récurrente, la réponse est oui, on peut le dire, autorisation accordée, tout peut se dire en français !
Assurément, c'est une question qu'on ne se poserait pas en anglais, sachant que si on a à dire quelque chose on le dit, cette langue pourtant si irrégulière est malléable à ça !
Les défenseurs de la langue française eux, brident leur langue en décrétant ce qu'on ne peut pas dire et ce qu'on ne peut pas écrire, prohibant des emplois « fautifs » et même édictant ce qui est « à bannir de nos conversations »...
Alors ils la poussent à devenir une langue morte car la langue ne fait plus que se reposer sur ses lauriers, elle ne crée plus de mots ni de formes nouvelles.
Il en est ainsi quand ces défenseurs refusent des mots tels que facilitateur, disrupter, solutionner (plutôt résoudre, prônent-ils), opportunité (au lieu d'occasion), candidater (« préférer postuler »), inarrêtable (un barbarisme), instagrammer etc. Ou bien quand ils prescrivent de ne pas dire « pas de soucis » mais de préférence « ne vous inquiétez pas » ou « rassurez-vous » !
On doit au contraire accueillir tout ce qui est vivant et correspond à un usage effectif ou en devenir, que ce soit un verbe, un nom, un adjectif, quand bien même ils n'existeraient pas encore.
L'amour de la langue, c'est la pratiquer dans toute son extension potentielle.
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Si on voulait que le français revienne à la mode, il faudrait le libérer de son image de rigueur un peu vieillotte...
Si on voulait qu'il retrouve sa place de langue européenne d'usage, il faudrait provoquer un nouvel intérêt pour cette langue en lui inculquant de nouvelles logiques de fonctionnement...
Si on cherchait à ce que les Français se réconcilient avec l'orthographe, il faudrait que des règles de base soient généralisées et facilement compréhensibles.
Si on voulait aussi que le français résiste à l'invasion de l'anglais... Eh bien, il faudrait que le français fasse sa révolution.
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N’est-il plus possible de parler français ? se demandent écrivains et autres intellectuels (Le Monde.fr du 26/01/2019) : « Dans les rues, sur la Toile, dans les médias, dans les écoles privées après le bac et dans les universités, partout, en fait, l’anglais tend à remplacer peu à peu le français – à la vitesse d’un mot par jour... »
Signer ce constat et s'en plaindre n'est pas suffisant, il faut se demander pourquoi il en est ainsi. Pourquoi cette langue anglaise provoque une adhésion répandue. En fait, pourquoi l’anglais contrairement au français crée facilement des mots nouveaux. Et par suite, pourquoi les nouveaux concepts se formulent désormais en anglais et non plus en français ?
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Bien sûr qu'il est possible de parler français ! Et qu'il sera possible de continuer de le faire si le français s'ouvre !
En tout cas si l'on voulait que le français résiste à l'invasion de l'anglais, il faudrait que le français se sépare d'une image de langue académique inutilement compliquée. Il faudrait que le français devienne une langue du 21e siècle. Et non une langue du 18e siècle qui n'aurait pas évolué, équipée qu'elle est de freins pour l'en empêcher qui s'appellent les défenseurs de la langue. Ceux qui veulent la conserver en l'état.
Être un véritable défenseur de la langue selon moi aujourdhui serait plutôt de la réformer pour qu'elle continue d'exister. De la rénover, la réviser. De la révolutioner !
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Il s'agirait de guérir la langue de ses anomalies d'orthographe, c'est-à-dire de moderniser la façon d’écrire les mots en lien avec l'usage.
Et forcément de réviser sa grammaire, à la manière d'un code civil ou d'un code de la route qui n'aurait pas été revu depuis plus d'un siècle.
Donc de revoir librement les règles d'accord et d'articulation entre les différents éléments de la langue forgées à force de son histoire.
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Une mère de famille se plaint de l'orthographe de sa fille dont elle dit qu'elle écrit n'importe comment, « elle met des ''s'' partout, ce doit être une manie de son âge ! »
Une considération d'intelligence serait de remarquer que la langue française utilise beaucoup de ''s'' même quand celui-ci n'indique pas le pluriel, qui est pourtant sa raison d’être et sa fonction première hormis d'exprimer un son.
Ce qui en toute logique nous amènerait à en diminuer fortement l'usage. Et par exemple à écrire le temp sans ''s'' au singulier et non plus le temps, anomalie typique et « casse-tête français » dans l'expression ''quelque temps''. Et bien entendu à le consacrer au pluriel, les temps.
On objectera qu'avec ce singulier, ''temp'' perd une racine étymologique, celle de tems. Mais il gagne en logique de dérivation de la famille : temporel, temporalité etc. Tout comme il en serait pour le corp et les corps : corporel, corporation.
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Mais pourquoi faudrait-il changer l'orthographe, je ne comprends pas ? m'avait retourné une amie écrivaine, auteure de près dix romans qui me disait en 2015 ne pas connaitre les Rectifications de l'orthographe de 1990. Une mini-réforme proposée par un Conseil supérieur de la langue française créé sous le gouvernement Rocard. Le sujet étant particulièrement clivant, la mission confiée à l’origine avait été de faciliter la traduction automatique des modes d'emploi des appareils fabriqués en Asie.
Il en résultera des Rectifications publiées au Journal Officiel, édition des Documents administratifs, le 6 décembre 1990. D'abord rejetées par les différents acteurs de la langue, dont l'animateur de l’émission littéraire Apostrophes qui s'y opposait tout en reconnaissant que « ce sera bien pour les enfants et pour les étrangers », qui sont objectivement les premiers acteurs sur le front de la langue.
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Quiconque observe attentivement un texte que les correcteurs d'orthographe estiment ne contenir aucune faute d’orthographe, soit zéro faute, pourrait juger qu'il est en réalité plein de fautes.
De nombreux mots portent en effet la marque ''s'' du pluriel alors qu'ils sont au singulier. Il y a un grand désordre dans l'usage final du ''e'' ou du ''non e''. Beaucoup de mots comportent le ''e'' féminin alors qu'ils sont du genre masculin et vice versa. On voit des pluriels sur des mots composés qui semblent écrits en dépit du bon sens.
Et pour le participe passé des verbes, on pourra observer que figurent dans la même phrase, par exemple : ils se sont téléphoné et ils se sont aimés, ils se sont parlé et ils se sont vus, Ils se sont battus et ils se sont écrit, nous nous sommes parlé et nous nous sommes embrassés...
Oui, dans la même phrase, alors que les correcteurs n'y voient pas de fautes ! Sans doute, en l'occurrence, il n'y pas de fautes selon la règle qui est de poser la question du qui ? pour savoir comment accorder, comme si c'était avec l’auxiliaire avoir. Donc l'accord ne se fait pas selon une logique formelle mais selon une logique a posteriori impliquant de chercher la règle pour expliquer l'exception !
Or c'est de cela qu'il faut s'écarter, ce n'est pas le sens mais le formalisme qui doit déterminer l'accord.
Est-ce que cette règle apporte en effet la moindre information ? Non, il y a juste une application d'une règle qui relève d'une discipline inutile à la langue. Sauf à être une épine dans le pied des élèves, ou un caillou dans leur chaussure, ce qui dans les deux cas est gênant pour marcher, courir autant que danser !
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Si l'on voulait que le français redevienne une langue internationale d'usage... on devrait mettre en avant ces deux règles de base :
Le ''e'' final indiquerait le féminin et le ''non e'' le masculin. Toujours. De même le ''s'' indiquerait par principe le pluriel et le ''non s'' le singulier.
Bien sûr si on applique le plus généralement possible ces deux règles de base, le ''e'' féminin et le non ''e'' masculin d'une part et le ''s'' pluriel et le non ''s'' singulier d'autre part, on aura à faire face à des difficultés parfois. Ainsi on sera conduit à écrire la chaire et non la chair, au risque d’instaurer une homonymie avec la chaire d'où les prêtres haranguent leurs fidèles et les professeurs parlent à leurs étudiants !
Souvent aussi on aura des révélations. Ainsi on devrait écrire un réfectoir comme un dortoir. On écrirait la toue et non la toux avec ce ''x'' qui indique à tort un pluriel sans indiquer un féminin. Il souffrait de toues récurrentes, ça semble possible et même esthétiquement mieux, oui on pourrait finalement trouver plus beau la toue que la toux, même si la toue est un phénomène rarement aimé de celui qui expectore...
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Si l'on voulait que le français redevienne la langue européenne d'usage... il faudrait faire une petite révolution.
Il ne s'agirait pas de simplifier la langue parce qu'elle serait trop difficile pour les ignares, ou bien parce qu'elle serait trop compliquée pour notre époque.
Non, il s'agit de s'adapter aux logiques contemporaines, au moins en tenir compte puisque ce sont celles qui gèrent nos vies au présent.
Mais quelles sont donc ces logiques ? Elles relèvent essentiellement d'une logique formelle, objective, rationnelle, et pour tout dire d'une logique numérique qui s'impose à nous depuis quelques décennies. Et dorénavant qui est celle sans surprise de l'intelligence artificielle, elle même produite par l'intelligence humaine.
Appliquée à la langue c'est une logique qui se développe hors du sens qu'on veut donner à la chaine syntaxique. Autrement dit, la logique contemporaine implique que ce ne soit pas le sens de la phrase, mais le contenu formel qui détermine l'accord du verbe par exemple.
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Ainsi s’explique qu'un texte écrit en bonne orthographe, considérée comme telle à ce jour, apparait d'un point de vue de cette logique-là comme étant plein de fautes.
Et ce désordre peut provoquer de grandes difficultés d’orthographe chez les primo-apprenants de la langue, ce qui pourrait expliquer la baisse du niveau en orthographe des jeunes générations.
En effet, regardons tous ces singuliers qui portent un ''s'', ces masculins qui se terminent en ''e'' féminin. Ou bien ces noms féminins qui n'ont pas ce '' e''. Ce foie, l'organe, et cette foi du croyant, exemple bien connu dont il n'est cependant pas facile d'imposer la modification. J'ai mal au foi, j'ai perdu la foie de mon enfance. Écrire le foi de morue et la foie des croyants correspondrait pourtant à une logique objective facilement acceptable.
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Remarquons également les pluriels des mots composés qui semblent accordés en dépit du bons sens.
Porte-avions avec un ''s'', veut dire en orthographe académique non qu'il y a plusieurs porte-avions sur zone mais qu'il y a plusieurs avions sur le bâtiment. Sans doute s'agit-il là d'une trace de l’étonnement originel qu'il puisse y avoir des avions sur un bateau !
Or, en bonne logique contemporaine, le mot porte-avion au singulier et porte-avions au pluriel signifient qu'il y a un ou plusieurs bâtiments nautiques portant possiblement des avions.
Voire aussi nids-de-poule, à écrire un nid-de-poule, des nid-de-poules. Il avait été annoncé que les nid-de-poules des avenues parisiennes seraient réparés avant l'été...
Et aussi des porte-paroles, un porte-parole. Des rond-points, un rond-point. Un libre-service, des libre-services, des garde-malades, des abat-jours. Des casse-pieds qui peuvent être également des rabat-joies.
Cette règle de logique contemporaine est contenue dans les Rectifications à l'orthographe de 1990 hélas pas ou peu appliquées. Le principe est qu'un nom composé constitue une entité à accorder comme les mots simples.
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Ajouter, que pour les pluriels des mots, certains se marquent par le ''s'' et d'autres sans logique aucune par le ''x''. On donne comme origine à ce ''x'' une facilité pour les copistes d'avant l'imprimerie d’indiquer le pluriel sans avoir à l'écrire entièrement. Sauf qu'avec l'usage, ce ''x'' s'est surajouté à une forme déjà plurielle, comme dans « animau ou chevau + x ».
Dans une logique devenue obsolète, ce sont certaines terminaisons qui changent comme dans animal/animaux, tandis que d'autres ont disparu comme l'ex-singulier chevel pour cheveu. Cet ancien pluriel est devenu singulier, la pratique ayant fait disparaitre chevel au profit de cheveu sans x, comme l’illustre le fameux « cheveu tombé dans la soupe », le pluriel nécessitant le x qu'on propose de remplacer par s : ses cheveus bruns de toute beauté, elle les avait teints en blond.
Avouons qu'il serait simple de privilégier le ''s'' comme la forme unique du pluriel, ce ne serait en aucun cas une faute d'écrire un ''s'' au lieu du ''x''. On tolèrerait cependant l'usage du ''x''.
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La pratique obligatoire de la dictée quotidienne dans les écoles pourrait bien avoir comme conséquence que les élèves se posent de plus en plus de questions sur les bizarreries et autres irrégularités des règles du français.
Ainsi cette question légitime d'un enfant de primaire sur ''quelque temps'' : Pourquoi mettre un s à temps et pas à quelque ? ne sera pas résolue même si l'on explique que temps en l’occurrence est au singulier.
Et cette autre question : pourquoi un aller-retour, des allers-retours, sans ''s'' ou avec deux ''s'', contrairement à un porte-avions, des porte-avions avec un ''s'' final dans les deux cas.
Dans la nouvelle règle, il avait répondu à l'élève de Cours préparatoire, le nom composé avec trait-d'union est une entité qui s'accorde comme un mot simple, à l'exemple d'un porte-avion qui veut dire qu'il y a un seul navire, et non un seul avion sur le navire. D'ailleurs il est rare qu'un porte-avion ne porte qu'un seul avion, ils s'en trouvent plusieurs en général. En revanche, seules les très grandes puissances possèdent plusieurs porte-avions. De fait, la France et l’Angleterre à ce jour disposent d'un seul porte-avion.
Ce qui serait une faute de français, ce serait d'écrire sans ''s'' final les « après-midi », au lieu des après-midis, puisqu’on désigne plusieurs après-midis...
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À propos de ''quelque temps'', comment justifier face à cet enfant que l'un des termes soit écrit au singulier et l'autre au pluriel, quand bien même on lui expliquera qu'il s'agit du concept de temps et non de plusieurs temps. Il ne s'en satisfera pas, parce qu'alors il demandera pourquoi écrire temps avec un ''s'' donc au pluriel.
Alors, il faut supprimer ce ''s'' qui ne devrait subsister qu'au pluriel : quelque temp, entre-temp, en même temp, printemp, un printemp précoce, elle portait fièrement ses 82 printemps au moins. Elle voulait vivre longtemp, très longtemp, répétait-elle.
Il se pourrait même qu'à force de dictée quotidienne les élèves en viennent à proposer, qu'à la manière dont on transcrit les écrits anciens, par exemple de Pascal ou Montaigne, on traduise les textes d’aujourd’hui afin de les accorder aux logiques contemporaines.
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En 2018, était entre autres proposé au bac de français « un texte de Montaigne, Essais, livre II, chapitre 11, (1580 ♦ 1588), adapté en français moderne par André Lanly »...
Un texte qu'on a donc transcrit pour être compréhensible par ces lycéens de 2018.
Eh bien, c'est exactement ce qu'il faudrait faire pour l'écrit français académique classique afin de le rendre français contemporain moderne.
Il nous faut en tout cas moderniser l’orthographe comme on le fait par exemple pour une édition contemporaine des Pensées de Pascal. La transposer en écriture moderne, ainsi que cela est en général précisé : « Seconde édition des Pensées de Pascal (orthographe modernisée) ».
Clairement il faut moderniser l’orthographe actuellement imposée par l'Académie Française, fermement défendue par l’édition, et toujours privilégiée par l’Éducation nationale, alors même qu'une forte minorité d’enseignants sont favorables aux Rectifications orthographique de 1990.
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Une modernisation orthographique du français ne transformerait pas cette langue en écriture « petit nègre », comme on osait dire à l'époque de la colonisation. Pas plus « en phonétique com'j't'eparl » et encore moins à la manière ridicule d'un post sur Facebook d'Angélique A., pour caricaturer ce qu'elle avait appelé la réforme belge : « Fezon mouin é ne nou caçon pouin lé ménunje » ?
Une réforme proposée par deux enseignants belges au conseil de la Fédération de Wallonie-Bruxelles consistant à accorder toujours le participe passé avec l’auxiliaire être, et à ne jamais l'accorder avec l’auxiliaire avoir.
Cette initiative n'ayant été soutenue par personne, à ma connaissance, ni institution, ni collectif d'écrivains, la dite réforme avait du coup été conditionnée par le conseil de la Fédération à un accord international de la francophonie.
Donc les choses pouvaient se poursuivre dans la continuité académique.
Noter cependant la disparition progressive à l'oral de l'accord du participe passé avec avoir. On entend par exemple : Les responsabilités qu'on a pris, la proposition qu'il avait écrit...
Se rendre compte surtout combien la règle d'accord des participes passés avec les auxiliaire avoir et être constitue une sorte de courbure inutile du français, en tout cas un « casse-tête français » pour tout le monde.
Comme à chaque fois, l'épisode avait donc été une occasion pour les dits défenseurs de la langue de ridiculiser cette proposition de réforme, invoquant sous-jacent l'idée qu'une simplification ne serait que pour faciliter la vie des paresseux.
Tout au contraire, selon moi, il s’agit de mettre en avant de la cohérence et de l'intelligence pour une langue rénovée, compréhensible pour les enfants et pour les étrangers...
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Si l'on voulait qu'après le retrait du Royaume uni de l'UE, le Brexit, la langue française redevienne la langue européenne, comme pourrait le laisser espérer le choix du président de la Commission européenne de s'exprimer de façon préférentielle en français depuis 2016... il faudrait que le français fasse sa révolution.
Celle ci passerait par une adaptation à la logique contemporaine de sa grammaire qui est portée par des logiques étymologiques, et même par des logiques que j'appelle religieuses parce qu'elles relèvent de la croyance, et non d'un raisonnement formel.
Ainsi ce qui légitime de ne pas mettre de ''s'' pluriel à des ''sans-abri'', c'est que « ces gens-là » n'ont pas d'abri. Or le sens le plus fort à transmettre est qu'il y a plusieurs personnes qui n'en ont pas, des dizaines de milliers et plus, rien qu'en France, le chiffre devrait le justifier ! De plus on doit accorder comme un mot simple, donc écrire un sans-abri, si l'on parle d'une personne qui n'a pas d’abri. Et des sans-abris s'il s'agit de plusieurs personnes, a fortiori de l'ensemble des gens qui n'en ont pas.
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Pour parvenir à cette petite révolution, il faudrait convaincre les conservateurs de nous laisser tranquilles, nous qui voulons cette révolution, quitte à leur accorder qu'ils gardent leur langue pour laquelle ils ne veulent aucune évolution.
Pour les amadouer, rien de mieux que d’appliquer le principe selon quoi aucune des formes n'est obligatoire, aucune des deux graphies ne peut être tenue pour fautive, l'option étant entre l'ancienne ou la nouvelle sur le modèle de clé ou clef ainsi qu'il en avait été acté dans les Rectifications de l’orthographe de 1990 censées être la référence pour l'enseignement.
