Palestine, terre arabe - Si Ahmed Taleb - E-Book

Palestine, terre arabe E-Book

Si ahmed Taleb

0,0

Beschreibung

La question de la Palestine est un problème colonial. A partir de la 2ème moitié du 17ème siècle, l'intérêt européen pour la Palestine est manifeste : installer les juifs en Palestine. C'est le sionisme chrétien. Dans la 2ème moitié du 19ème siècle, les intérêts anglais et les intérêts juifs convergent : + L'Angleterre doit occuper la Palestine pour protéger ses intérêts. Parallèlement, elle appuie la migration des juifs vers la Palestine. + Les juifs, de leur côté, projettent de créer un "Etat juif en Palestine". La convergence du sionisme chrétien avec le sionisme juif aboutit à la "Déclaration Balfour" (1917) qui proclame l'installation en Palestine d'un "Foyer national pour les juifs", et au "Mandat anglais sur la Palestine" (1922), après la chute de l'Empire ottoman. L'Angleterre jette alors les bases du futur "Etat d'Israël" en Palestine qui verra le jour en 1948. Et le 19 juillet 2018, le parlement de l'Etat d'Israël vote un loi fondamentale qui fait de cet Etat un "Etat-Nation du peuple juif". Plus d'un siècle de résistance palestinienne, ainsi que des découvertes archéologiques récentes, entament la propagande juive qui "justifie par la Bible" l'occupation de la Palestine. Tous les mythes de la Bible sont battus en brèche par d'éminents archéologues, dont des archéologues israéliens de l'université de Tel-Aviv. Voir : Annexe_3 (p.78) : Déconstruire les murs de Jéricho.

Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:

Android
iOS
von Legimi
zertifizierten E-Readern

Seitenzahl: 109

Veröffentlichungsjahr: 2018

Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:

Android
iOS
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



Du même auteur :

-La colonisation de la Palestine (1835-1914), Ed. BoD, Paris, 1918 (1ère édition 1917), 228 p.

-La colonisation de l’Orient arabe (1914-1918), Ed. BoD, Paris, 1918, 224 p.

SOMMAIRE

Introduction

:

Chapitre_1

: La Palestine est une terre arabe

Chapitre_2

: L’importance des rois juifs mise en cause par l’Histoire

Chapitre_3

: La Palestine sous les Ottomans : société, institutions et infrastructures

Chapitre_4

: Sionisme chrétien, sionisme juif. L’Europe et la Bible

Chapitre_5

: Vers le sionisme moderne

Chapitre_6

: L’importance de l’économie de la Palestine

Chapitre_7

: Les produits phares de l’économie palestinienne avant son occupation par les juifs

Chapitre_8

: Conclusion : La question de la Palestine est un problème colonial

Annexe_1

: A propos du sionisme chrétien

Annexe_2

: Quelques projets d’implantation de colonies juives en et hors de Palestine

Annexe_3

: Déconstruire les murs de Jéricho

Annexe_4

: Quelques données sur la population de la Palestine

Bibliographi

e

:

Carte

: Les colonies juives en Palestine en 1914

Introduction : La Palestine est une terre arabe.

Des études historiques modernes et des découvertes archéologiques récentes cassent de jour en jour et irrévocablement la propagande et les mythes exploités par les juifs pour «justifier» l'occupation de la Palestine.

Les principaux mythes sont :

-le mythe du « droit historique à la terre » ;

-le mythe de la « terre vide » (selon le fameux slogan : « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre ») ;

-le mythe de « la nation qui renouvelle l’ancien royaume d’Israël ».

Tous ces mythes sont battus en brèche par d’éminents archéologues, dont des archéologues israéliens de l’université de Tel Aviv1.

A partir du 16ème S., la « Réforme » milite pour le retour des juifs en Palestine.

Et à partir de la 2ème moitié du 17ème S., l’intérêt européen pour la Palestine se développe dans le cadre d’un effort occidental constant pour installer les juifs en Palestine. C’est le sionisme chrétien.

De nouvelles «Croisades», qui ne disent pas leur nom, se préparent contre l’Empire ottoman dont faisait partie la Palestine.

A la veille de sa colonisation par des juifs venus d’Europe (centrale et orientale), à partir de la première moitié du 19ème S., la Palestine est en plein développement économique et social, contrairement à la propagande juive.

Dans la deuxième moitié du 19ème siècle, les intérêts anglais et les intérêts juifs convergent :

+L’Angleterre doit occuper la Palestine pour protéger l’Egypte (qu’elle occupe depuis 1882), et la Route des Indes.

Parallèlement, elle appuie la migration des juifs vers la Palestine.

+Les juifs, de leur côté, projettent de créer un « Etat juif » en Palestine.

La convergence du sionisme chrétien avec le sionisme juif aboutit à la «Déclaration Balfour» (1917) qui proclame l’installation en Palestine d’un « Foyer national pour les juifs », et au « Mandat anglais sur la Palestine » (1922), après la chute de l’Empire ottoman. L’Angleterre jette alors les bases du futur « Etat d’Israël » en Palestine qui verra le jour en 1948. Et le 19 juillet 2018, le parlement de l’Etat d’Israël vote une loi fondamentale qui fait de cet Etat un « Etat-Nation du peuple juif »2.

Après le mandat anglais sur la Palestine (1922), des Anglais en visite dans ce pays déclarent, en observant le comportement des Autorités anglaises : «Nous allons faire de la Palestine une deuxième Irlande».

Les Palestiniens, qui luttent contre la création d’un Etat juif en Palestine, dès la deuxième moitié du 19ème siècle, poursuivent leur résistance jusqu’à nos jours.

La question de la Palestine est un problème colonial.

§§§§§§§

Des nomades arrivent à Canaan, début du 2ème millénaire avant J.C.

(Canaan correspond à la Palestine et au Sud-Liban d’aujourd’hui)

1 - Annexe_3 (p.78) : Déconstruire les murs de Jéricho (une interview de Zeev Herzog au journal israélien Haaretz du 29 oct. 1999).

2 - L'État d'Israël n'a pas de Constitution formelle, à cause des dissensions entre religieux et laïques.

Les lois fondamentales sont des textes à caractère constitutionnel comme « chapitres d'une future Constitution » !

Chapitre_1 : La Palestine est une terre arabe

Des Cananéens aux Egyptiens, en passant par les Amorites et les Phéniciens

La domination égyptienne de la Palestine

Des nomades arrivent à Canaan au début du deuxième millénaire avant J.C.

Au septième siècle après J.C.

&&&

1 - Des Cananéens aux Egyptiens en passant par les Amorites et les Phéniciens

L'Archéologie témoigne de la présence de l'Homme en Palestine depuis 10.000 ans.

On distingue aujourd'hui, en s'appuyant sur des documents écrits :

l'âge du bronze ancien (troisième millénaire avant J.C.) : civilisation urbaine à Canaan (textes d'Ebla)

3

.

période (2.200-1.900) : arrivée des Nomades.

période (1.900-1.500): bronze moyen, nouvelle urbanisation.

à partir du milieu du seizième siècle avant J.C. : domination égyptienne.

La région entre le Nil et l'Euphrate, appelée Croissant fertile est de tout temps un lieu de passage et de brassage de populations.

Le pays de Canaan, qui s'étend de Saïda (Liban) à Ghazza (Palestine) fait partie du Croissant fertile4.

Cananéens, Ammonites et Jébuzéens sont trois ethnies parmi sept autres qui habitent la Palestine avant les juifs5.

Les Cananéens sont les premiers habitants connus de la Palestine. Ce sont des tribus sémites venues de la Presqu'île arabique, il y a 6.000 ans6.

Les Cananéens baignent, déjà au troisième millénaire avant J.C. dans une civilisation urbaine constituée par des peuples de langues sémitiques de l'Ouest.

La découverte des textes d'Ebla en 1975 atteste de cette civilisation.

Au début du troisième millénaire avant J.C., la cité d'Ougarit (actuellement Ras-Shamra, au nord de la Syrie), est habitée par les Cananéens.

C'est dans cette cité, découverte à partir de 1929, que l'on a trouvé une tablette comportant le premier alpha bet du monde qui a servi à la construction de tous les alphabets utilisés par l’Homme jusqu'à nos jours. Les Cananéens connaissaient donc l'écriture alphabétique.

On a trouvé également à Ougarit une tablette représentant la première notation musicale de l'histoire.

Canaan donnera plus tard à l'empire romain, un certain nombre de ses plus grands chefs.

Les Romains appelaient les Cananéens : «les maîtres savants, fils des Dieux»7.

De son côté, l'écrivain juif américain, Moshé Ménubin, dans son livre «Effritement du Peuple juif», parle des Cananéens comme un groupe humain faisant partie des ancêtres des Palestiniens d'aujourd'hui.

Il dit : «Certains (Cananéens) avaient embrassé le judaïsme, d'autres le christianisme, mais la plupart des habitants de la Palestine se sont convertis à la religion musulmane, et ont formé, à partir du septième siècle après J.C., un peuple arabe uni»8.

On pense par ailleurs que les Ammonites arrivent eux aussi de la presqu'île arabique au début du troisième millénaire avant J.C., soit 1.500 ans avant les juifs.

Peuple sémite établi à l'est du Jourdain, et dont la capitale était la 'Amman jordanienne d'aujourd'hui, les Ammonites se mélangent avec les gens du pays au point où leur identité propre disparaît de certaines régions9.

S'agissant des Phéniciens, l'historien grec Hérodote (484 avant J.C. - 425 avant J.C.) dit : «Ces Phéniciens habitaient autrefois sur la mer Erythrée10, à ce qu'ils disent, et ils allèrent s'installer sur la côte de la Syrie; cette région, de la Syrie jusqu'à l'Egypte, s'appelle la Palestine»11.

Aujourd'hui le récit d'Hérodote semble confirmé. Les Phéniciens seraient venus de la Presqu’ile arabique au cours du troisième millénaire (avant J.C.) : selon les tablettes de Ras-Shamra de nombreuses légendes ancestrales phéniciennes sont localisées dans la région entre la Méditerranée et la mer rouge12.

Enfin dans Canaan, au 2ème millénaire avant J.C., les Jébuzéens font d'Al-Quds (Jérusalem) leur capitale de 1800 à 1000 avant J.C. Celle-ci se trouvait alors hors des remparts actuels d'Al-Quds.

2 - La domination égyptienne de la Palestine

Cette domination (1550 avant J.C. -- 1190 avant J.C.) est troublée par de nombreuses rebellions.

Le désert et la périphérie des cités-États ne sont pas contrôlés par le Pharaon.

Ceux qui fuient ces cités trouvent refuge parmi les tribus de nomades.

De nombreuses stèles sont dressées par les Pharaons d'Égypte pour marquer leur domination sur les territoires qu'ils occupent13.

La Palestine profite des relations qu'entretient l'Egypte avec les royaumes d'Assyrie, et de Babylone. C'est l'époque la plus « internationale » de toute l'histoire ancienne avant la période hellénistique. Dans toutes les cours du Proche-Orient circulent les mêmes artisans, les mêmes produits, le même cérémonial. On y utilise la même langue diplomatique et épistolaire : le babylonien.

C'est ainsi que des compositions littéraires de Mésopotamie influencent les littératures des siècles postérieurs en Palestine et ailleurs (l'épopée de Gilgamesh, récit du déluge, mythes divers, etc.)14.

De nombreux chapitres de la Torah sont d'origine sumérienne ou babylonienne. Ceci est confirmé par le professeur allemand Frederic Dilig15.

Les Philistins donnent le nom « Filastin » (Palestine) à l'antique terre de Canaan ; les Arabes l'appellent toujours ainsi.

3 - Des nomades arrivent à Canaan au début du deuxième millénaire avant J.C.

Ils empruntent aux Cananéens leur langue, leur écriture et leur culte. Parmi ces nomades, il y a des tribus d'Hébreux. Celles-ci, contrairement à ce que dit la Bible, qui est une source établie au 7ème S. avant J.C., sous le roi Josias (bien après les événements décrits ci-dessus) ne constituent pas d'ethnie distincte avant leur arrivée à Canaan.

Les tribus d'Hébreux se constituent à partir d'ethnies différentes qui composent les migrations nomades.

Alfred GUILLAUME donne l'origine et la signification du mot «hébreu» qui vient de « habirou », rendu en écriture cunéiforme, par « voleur », « pillard ».

Dans les tablettes de Tell-el-Amarna, les «habirou» sont décrits comme des mercenaires.

Le terme «hébreu» englobe des populations non israélites. Ce n'est pas un terme ethnique, mais il signifie: nomades, peuples sans habitat déterminé ou ceux qui traversent les territoires des autres16.

Voir Annexe_3 (p.78) : Déconstruire les murs de Jéricho

Vers 1400 avant J.C., en suivant les Hyksos (tribus nomades)17, les Hébreux rentrent en Égypte à la recherche de nouveaux pâturages.

Lorsque les Hyksos sont chassés de ce pays, ceux qui, arrivés avec eux, et qui y sont restés, sont traités durement par les Pharaons.

Selon la Bible, les Hébreux, soulevés par Moïse au 13ème S. avant J.C., quittent l'Égypte.

Mais on ne trouve aucune trace de cet «exode» dans l'Histoire. Et pourtant, on possède des «rapports de garde-frontières» égyptiens sur des « passages » de populations dès le 19ème S. avant J.C. Le récit biblique est fictif. En effet, comment imaginer l'exode de centaines de milliers d'esclaves franchissant des frontières puissamment gardées.

En quittant l'Égypte, toujours selon la Bible, les Hébreux s'installent en terre de Canaan où se trouvent les Cananéens, les Hittites (autour d'Hébron, qu'ils ont fondé), les Ammonites (autour de 'Amman), les Moabites (à l'est de la Mer morte), les Edomites (au sud-est), etc.

Et ce n'est qu'après la guerre contre les Cananéens, que les Hébreux s'organisent, mais il n'existe aucun document sur leur histoire antérieure au 13ème siècle avant J.C., en dehors de la Bible bien sûr.

Au moment où les Hébreux s'installent à Canaan, et après la chute du royaume de Crète, les Philistins envahissent ce même Canaan (début du douzième siècle avant J.C.).

Les Philistins, une des tribus que les Égyptiens appellent les «Peuples de la mer», se répandent vers 1.200 avant J.C., en Asie Mineure, en Syrie, en Crète, et en Phénicie-Palestine. Ils sont arrêtés aux portes de l'Égypte par Ramsès-III (1198-1168 avant J.C.).

Les Philistins s'installent alors sur le territoire s'étendant de Yâfâ (Jaffa) à Ghazza (Gaza).

Ils adoptent les divinités cananéennes et sont absorbés par le milieu environnant.

Sous la menace et la pression que font peser les Philistins sur les tribus israélites, celles-ci sentent le besoin de s'unir.

Elles choisissent pour la première fois de leur histoire un roi, Saül, en 1050 avant J.C., en adoptant ainsi un type de gouvernement qui leur est étranger, la royauté cananéenne18. Le roi Saül est défait et tué par les Philistins en 1012 avant J.C.

4 - Au septième siècle après J.C.

Les Arabes qui arrivent en Palestine avec l'islam s'intègrent profondément à la population, au point où les Arabes de Palestine d'aujourd'hui ne représentent pas seulement un lignage ou une ethnie qui remonte à la conquête islamique, mais ils sont les descendants des peuples qui vécurent en Palestine avant les juifs.

Ce que nous appelons « Arabes », représentent une vaste et importante ethnie qui s'étend d'Iskandaroun (Alexandrette, au sud de la Turquie) jusqu'à La Mekke et qui comprend plusieurs racines19.

L'homme de la rue est étonné effectivement d'apprendre que les Arabes sont en Syrie avant les juifs, tellement la propagande des juifs est forte.

Selon le professeur Sir James Freazer, les paysans de Palestine parlant arabe sont les descendants des tribus idolâtres qui vivaient là, avant les juifs. Les conquêtes successives ne les font pas disparaître.

Ce sont les descendants des Jébuzéens et des Ammonites. Ils portent le même nom que leurs frères d'Égypte : «fallahoun» (fellahs). Ils cultivent leur terre en tant que possédants au premier degré et paient des impôts aux conquérants successifs peut-être aux juifs également. Sous les Ottomans20, ces fellahs ont un rapport direct avec le fonctionnaire officiel turc chargé de ramasser l'impôt sur la propriété21.

Enfin, ni les Arabes, ni les Ottomans n’ont accepté l’installation en Palestine de juifs venant d’Europe (centrale et orientale) pour créer un « Etat juif ».

Fin du Chapitre_1