Parker (French) - Dale Mayer - E-Book

Parker (French) E-Book

Mayer Dale

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Beschreibung

Parker n’avait aucune intention de retourner en Irak…

Mais quand son frère est tué sur le terrain, il entreprend le voyage pour ramener sa dépouille dans sa dernière demeure.

Quand l’un des chiens de guerre K9 disparaît à l’aéroport militaire en transit et que personne ne parvient à le retrouver, Parker accepte de mener l’enquête durant les quelques jours qu’il passe sur place.

Sandy effectue le même voyage que Parker – tous deux ont perdu leur frère dans le même accident. Les deux frères étaient meilleurs amis, mais c’est la première fois qu’elle rencontre Parker. Immédiatement, elle comprend qu’il se passe quelque chose d’étrange dans ce monde. Quand ils retrouvent un chien K9 dans un repaire de rebelles, elle est entraînée dans une aventure bien plus dangereuse que la compassion et le chagrin initiaux.

Si la première enquête n’a rien donné, c’est pour une bonne raison… Alors que Parker remue les cages et réveille un groupe de voleurs, les corps commencent à pleuvoir, les uns après les autres.
 

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Veröffentlichungsjahr: 2022

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PARKER

K9 Files : chiens de guerreTome 6

Dale Mayer

Sommaire

Première de Couverture

Page de Titre

À propos du livre

Prologue

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Épilogue

Carter

Note de l’auteure

À propos de l’auteure

Tous droits réservés

Parker

Parker n’avait aucune intention de retourner en Irak…

Mais quand son frère est tué sur le terrain, il entreprend le voyage pour ramener sa dépouille dans sa dernière demeure.

Quand l’un des chiens de guerre K9 disparaît à l’aéroport militaire en transit et que personne ne parvient à le retrouver, Parker accepte de mener l’enquête durant les quelques jours qu’il passe sur place.

Sandy effectue le même voyage que Parker – tous deux ont perdu leur frère dans le même accident. Les deux frères étaient meilleurs amis, mais c’est la première fois qu’elle rencontre Parker. Immédiatement, elle comprend qu’il se passe quelque chose d’étrange dans ce monde. Quand ils retrouvent un chien K9 dans un repaire de rebelles, elle est entraînée dans une aventure bien plus dangereuse que la compassion et le chagrin initiaux.

Si la première enquête n’a rien donné, c’est pour une bonne raison… Alors que Parker remue les cages et réveille un groupe de voleurs, les corps commencent à pleuvoir, les uns après les autres.

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Prologue

Geir s’assit, les pieds sur la table de la salle de réunion, et sourit au reste de l’équipe.

— Encore un de plus, alors, hein ? Je n’arrive pas croire que ces gars du K9 se marient tous, et que la plupart d’entre eux gardent les chiens.

— Sans compter qu’un meurtre et qu’une tentative de meurtre ont été résolus en même temps, ajouta Badger en secouant la tête. C’est une double réussite.

— Qui aurait cru que son amie, qui travaillait au centre d’expédition, avait entendu les flics ripoux discuter des combats de chiens et de leur implication là-dedans ? Après ça, ils ne pouvaient pas prendre le risque qu’elle parle, alors ils l’ont éliminée, ainsi que sa colocataire. Ils avaient également prévu de faire tomber Tanya, mais ils attendaient une meilleure ouverture. Sauf qu’entre-temps, l’un des comptables qui travaillaient avec elle a entendu parler de l’implication de son amie dans ces combats de chiens et comme il ne voulait pas que Tanya traîne dans ses pattes, au cas où elle découvrirait d’autres choses, comme la façon dont la société blanchissait l’argent de ces combats, il s’est débarrassé d’elle aussi. Ce genre d’histoires ne te fait-il pas un peu plus aimer l’humanité ?

— Pas vraiment, répondit Badger. Ce n’est pas ce que l’on attendait d’une mission consistant à sauver un seul chien de guerre. Pourtant, grâce à Lucas, c’est plus de cent soixante chiens qui ont été sauvés. Et nous n’avions surtout pas prévu que la rencontre de Tanya et Lucas aurait un tel succès, sur cette mission.

Kat entra, une tasse de café à la main, et s’assit à côté d’eux.

— Ce n’est peut-être pas ce qu’on avait prévu ou ce que vous aviez prévu, fit-elle, mais ce sont de bonnes nouvelles.

— Dit la femme à l’origine de tous nos mariages, rétorqua Geir en gloussant.

Badger la vit alors blêmir et enlaça ses doigts aux siens avant de murmurer :

— Merci tellement pour ça !

Elle lui adressa un grand sourire.

— Vous pouvez tous me détester jusqu’à la fin des temps, dit-elle, ou faire semblant, en tout cas, mais vous savez très bien que vous êtes tous bien plus heureux comme ça. Heureux en mariage.

— Oh, on ne remet pas ça en question ! intervint Erick. Je pense qu’on est tous heureux comme des coqs en pâte, mais il y a encore des chiens à prendre en charge.

Il étala les dossiers autour de lui.

— Jetez-y un coup d’œil et regardez s’il y a là-dedans une personne que nous connaissons qui puisse correspondre aux besoins de l’un de nos chiens. Le capitaine a appelé pour savoir comment on s’en sort, l’autre jour. Et aujourd’hui, on a une bonne nouvelle à lui apprendre. Cela dit, je suis certain qu’il se demande pourquoi ça nous prend autant de temps.

— On n’a pas de date limite, rétorqua Geir.

Il ouvrit le dossier devant lui et le feuilleta.

— Bon sang, celui-ci est encore en Irak !

Badger releva la tête.

— Sérieusement ?

Il hocha la tête, l’air sombre.

— Le pauvre chien est probablement mort à l’heure actuelle.

— Eh bien, tout ça est intéressant ! lança Erick.

Badger se tourna vers lui.

— Pourquoi donc ?

— Parce que Parker s’y rend pendant la permission exceptionnelle qui lui a été accordée. Son frère a été tué au combat. Il désire être présent lors du rapatriement du corps. En revanche, ça ne veut pas dire qu’il ne pourrait pas consacrer un jour ou deux à rechercher le chien durant son séjour.

— Ils ont perdu le chien à la base militaire ? s’enquit Badger.

Geir continua de feuilleter le dossier.

— Oui. Et une fois qu’il n’est plus sur la base, ce n’est plus leur problème. Tout le monde l’a cherché au début, pour faire bonne mesure. Ils se sont demandé s’il n’avait pas été volé. Il avait été réformé et devait être renvoyé par avion au pays. Apparemment, il a atteint l’aéroport militaire, mais a disparu entre ce moment-là et le moment où quelqu’un devait le récupérer. Ce qu’il lui est arrivé après qu’on l’a déposé au hangar est un mystère. Les déclarations des témoins divergent. Ils pensent qu’il aurait été enlevé par une personne proche de la base aérienne.

— Le capitaine Cross souhaite réellement qu’on aille là-bas pour examiner cette affaire ? demanda Geir en secouant la tête. C’est un peu hors des limites de notre territoire, non ?

— Si Parker ne se rendait pas là-bas demain, je ne m’intéresserais probablement pas à cette affaire, avoue Erick. Sauf que si Parker réussit à retrouver le chien, il pourra également le ramener au pays.

Badger hocha la tête.

— Où se trouve-t-il, actuellement ?

— Il est en train de faire ses bagages, je crois. Son frère Jerry et son unité ont été tués par un engin explosif. Le meilleur ami de Jerry faisait partie du groupe, et Sandy, la sœur de celui-ci, se rend là-bas avec lui.

Des sourires fleurirent autour de la table.

— Je sais ce que vous pensez, reprit Erick en hochant la tête. Elle est militaire, elle aussi. Je crois qu’elle est infirmière en Californie. Elle a également demandé une permission exceptionnelle pour s’y rendre.

— Évidemment. Être présent lors du rapatriement des corps de sa famille, c’est important pour tout le monde.

— Tu veux l’appeler ? demanda Badger à Erick. C’est toi qui sembles le connaître le mieux.

— Il est là depuis un moment, mais oui, je le connaissais déjà quand on était dans l’armée. Contrairement au reste d’entre nous, il ne lui manque aucune partie du corps.

— À moins que ce soit son cœur qui lui manque, intervint Jager. Comme s’il dépérissait sans son frère. C’est peut-être une bonne chose que Sandy aille là-bas, elle aussi. C’est le genre de voyage difficile pour tout le monde, ça leur fera du bien de ne pas être seuls.

— C’est un voyage de merde, peu importe qui t’accompagne, répliqua Erick, même s’il avait déjà sorti son téléphone portable pour y composer le numéro de Parker.

Geir le fixa, l’air surpris.

— Tu l’as dans tes contacts ?

— Oui, répondit Erick en hochant la tête.

Après un moment de silence, il présenta d’abord ses condoléances à son interlocuteur avant d’ajouter :

— J’ai entendu dire que tu partais en Irak demain. Sur quelle base ?

Il opina du chef tandis que les autres l’observaient. Puis il sourit. Il fit un geste de la main en direction du dossier ouvert devant Geir pour qu’on le lui transmette.

— Écoute, j’ai une demande étrange à te faire. Le capitaine Cross nous a déposé une douzaine de dossiers d’agents du K9 qui ont fait leur temps et qui, pour une raison ou une autre, ont été perdus après avoir été démobilisés. L’un d’entre eux s’est volatilisé en Irak, entre la base et l’aéroport militaire. On aimerait réussir à le ramener chez lui pour lui offrir une vie décente.

Erick resta silencieux pour écouter son interlocuteur un court instant. Il reprit ensuite :

— Oh, tu as entendu parler de lui ?

Il embrassa ses collègues du regard.

— Super. Tu as déjà travaillé avec les chiens ?

Erick fronça les sourcils et hocha la tête. Les autres attendirent.

— D’accord. Si tu as vingt-quatre heures et que ça ne te dérange pas de jeter un coup d’œil dans le coin, on apprécierait vraiment de pouvoir dire au capitaine qu’on l’a retrouvé, qu’on l’a ramené au pays et qu’on l’a installé dans un endroit digne d’un chien de guerre à la retraite. Si tu penses pouvoir y arriver, ce serait génial. Cela dit, on comprend que tu ne puisses pas. Évidemment, le rapatriement de ton frère passe en premier. Encore une fois, toutes nos condoléances.

La conversation se prolongea quelques minutes, Geir et Badger échangèrent des regards. Puis Erick raccrocha. Il dévisagea ses collègues.

— Eh bien, il est partant ! Il m’a dit qu’il devait passer quelques jours sur place et qu’il voulait rendre visite à des amis à lui sur la base. Et croyez-le ou non, ajouta-t-il avec une note de satisfaction dans la voix, il se rend à la base opérationnelle avancée Wild, celle où le chien a disparu.

— La base opérationnelle avancée Wild ? Ce n’est pas l’une des bases qui se situe dans le nord de la province irakienne de Ninive, à quelques kilomètres de Tall Afar ? s’enquit Badger, surpris, en reprenant le dossier pour s’assurer lui-même de l’endroit où le chien s’était volatilisé. C’est parfait. Peut-être que quelqu’un sait quelque chose sur place.

— Je l’espère bien, répondit Erick. Parker est lui-même en train de quitter l’armée. Je pense qu’il raccrochera les gants dans quelques semaines. Il était en congé maladie, il ne reprendra pas.

— Compris, fit Badger. Ce n’est facile pour personne de perdre quelqu’un d’aussi proche.

— C’est vrai, convint Geir. Laissons juste les choses se faire. Peut-être qu’on aura de la chance, cette fois encore.

— Tu veux dire peut-être qu’il aura de la chance, s’amusa Jager avec un sourire.

Tous les hommes éclatèrent de rire et Erick hocha la tête.

— La chance se présente sous de nombreuses formes, dit-il. Espérons qu’il trouve celle qui lui convienne.

Chapitre 1

Parker Cutter sauta dans la jeep qu’il avait empruntée et regarda la direction à suivre sur le GPS. Il connaissait le chemin, puisqu’il y était déjà allé, et fit marche arrière pour sortir du parking avant de lentement s’engager sur la voie principale. Il avait déjeuné avec quelques amis dès son arrivée (ils étaient venus le chercher à la base aérienne et l’avaient emmené en ville), mais il les avait laissés trois ou quatre heures plus tard avec d’autres camarades et avait réquisitionné l’un des véhicules sur place pour se rendre à la base. Il avait besoin de quelques instants pour se remettre les idées en place. Avec un peu de chance, cette partie-là du voyage lui permettrait d’y parvenir. Car c’était un voyage merdique. Seul point positif à l’horizon : une poignée d’amis qu’il avait hâte de voir à la base aussi.

Il lui restait dix jours de service, dont cinq pour lesquels il avait reçu une permission exceptionnelle. Il s’était demandé s’il pouvait passer tous ses jours de congé sur place, mais comme la permission lui avait été accordée à la suite de la mort de son frère, ça ne lui semblait pas être le bon moment pour prendre quelques jours de vacances. Il ne restait en Irak qu’une courte période, juste le temps de récupérer le corps de son frère, puis, de retour au pays, il aiderait son père à enterrer Jerry.

La carrière militaire de Parker était presque terminée et il avait l’impression qu’il aurait dû y passer sa vie tout entière avant d’en arriver là. Il n’avait jamais envisagé de quitter l’armée, mais maintenant… ? Après son accident… ? Et la mort de son frère presque juste après… ? C’était comme se prendre un mur de plein fouet. Il n’était même pas certain de ce qu’il allait faire une fois cette étape de sa vie terminée. Ou même de ce qu’il était capable de faire.

Il avait été grièvement blessé lorsque le véhicule dans lequel il se trouvait avait fait un tonneau. Sa jambe s’était retrouvée coincée à l’intérieur, puis écrasée, et on l’avait alors affecté à un poste administratif, ce qu’il ne supportait pas.

Parker avait également eu la possibilité de subir une autre opération pour renforcer son épaule. Quelque chose à voir avec les muscles et l’omoplate. Il était réellement prêt à le faire, mais il pouvait le faire n’importe quand, qu’il soit en congé actif ou non.

Ce qu’il n’aimait pas, c’était la paperasse. S’il avait eu l’opportunité d’être mobile, d’aller sur le terrain, ça n’aurait pas été si terrible, mais se retrouver enfermé dans un bureau lui donnait l’impression de ne plus exister. Et on lui avait clairement fait comprendre que son seul avenir à l’armée serait dans les emplois de bureau.

Peut-être que s’il n’avait pas été membre d’une équipe militaire active de haut niveau, il n’aurait pas eu la sensation de devenir un produit de deuxième main. Et aujourd’hui, tout dans sa vie lui rappelait celle qu’il avait laissée derrière lui parce qu’il ne pouvait plus faire son travail.

Parker continuait d’avaler le bitume et son cerveau était accaparé par toutes ces questions d’avenir. Il pensait à Sandy Bressard et à son frère. Leurs frères étaient morts en même temps durant la même mission. Parker et Sandy resteraient donc tous les deux quelques jours ici avant de repartir. Il avait beaucoup entendu parler d’elle, mais il ne l’avait rencontrée que pendant le vol.

Ils avaient brièvement discuté et avaient échangé de nombreux regards durant le trajet, redoutant l’un comme l’autre la douleur des événements à venir, absolument pas prêts à traverser cette épreuve. C’était tout, sauf une situation idéale. Si Sandy était un peu comme lui, alors elle bloquait la douleur pour réussir à fonctionner. D’autres familles avaient déjà perdu un proche sur le terrain. Parker avait vu beaucoup de ses amis souffrir de la perte d’un ami, et il en avait lui-même perdu plusieurs, mais devoir dire au revoir à un frère… ? C’était quand même un peu plus difficile à gérer.

On organisait de courtes cérémonies pour les défunts puis, accompagnés des membres de leur famille, on rapatriait leur corps. Et c’était horrible. Vraiment horrible. C’était pour ça que Badger lui avait dit que s’il désirait penser à autre chose, il pouvait s’intéresser à ce pauvre chien, Samson. Il était censé rentrer au pays et profiter de sa retraite, mais il avait disparu à la base aérienne.

C’était cette disparition étrange qui dérangeait vraiment Parker, car ça ressemblait à une bavure militaire ou à l’une de ces stupides erreurs administratives qui auraient pu conduire ce chien à être envoyé ailleurs que là où il aurait dû aller. Ça embêtait également Parker, car il était aussi possible que quelqu’un ait volontairement volé Samson. Les animaux bien dressés valaient beaucoup d’argent, surtout les chiens de guerre. Parker n’avait pas du tout envie de se retrouver à découvert devant les lignes ennemies et de faire face aux attaques des chiens de son propre camp. Il ne pouvait imaginer à quel point ça devait aussi être déroutant pour les animaux en question.

Il lui restait encore vingt-cinq minutes de trajet avant d’arriver sur la base opérationnelle avancée Wild. Il roulait à toute allure, même s’il n’était pas en retard – il n’était pas pressé par le temps. Il aurait dû flâner, profiter de cette dernière visite. Mais tout ce qui pouvait lui permettre de passer les deux prochains jours le plus vite possible lui convenait parfaitement.

Sa jeep militaire trembla, et dans la seconde qui suivit, il entendit une détonation, ressentit une forte secousse et aperçut une partie de la bande de roulement du pneu s’échapper sur la route. Poussant un juron étouffé, il se rangea sur le bas-côté et sortit du véhicule. Son pneu arrière gauche était effectivement à plat. Il n’y avait pourtant aucune raison qui puisse l’expliquer. Peut-être qu’il s’était déchiré ou qu’il avait roulé sur quelque chose… C’était arrivé suffisamment loin derrière lui pour que Parker ne s’embête pas à en chercher l’origine, mais il devait le changer, et à vrai dire, personne n’adorait faire ça.

Il retira l’ancien pneu, monta le nouveau, et le véhicule se retrouva de nouveau prêt à partir. Il terminait de serrer les écrous lorsqu’il entendit un autre véhicule s’approcher.

Il leva les yeux et vit Sandy s’en extirper. Elle courut vers lui, un sourire inquiet sur le visage.

— On est partis avant toi, lui apprit-elle, mais on a fini par aller déjeuner en ville et on a perdu la notion du temps.

Il sourit à la jolie blonde, hocha la tête et répondit :

— Bien. Je suis allé faire un tour en ville, moi aussi, et j’aurais dû y rester plus longtemps. J’aurais préféré être encore en train de socialiser plutôt que de changer cette roue.

Pourtant, il plaisantait, elle le savait. Elle lui adressa un air ravi.

— Au moins, tu as réussi à la changer. Tu penses que c’est bon, maintenant ? On peut faire quelque chose pour t’aider ?

— C’est bon, fit-il, sa fierté remontant à la surface.

Depuis son accident, il était devenu hypersensible à toute allusion suggérant qu’il ne serait pas capable de faire une chose par lui-même. Il se leva, épousseta son pantalon, ramassa le cric qu’il avait utilisé pour changer la roue et s’avança jusqu’à l’arrière de son véhicule pour le remettre à sa place. Et pas question qu’il lui fasse savoir qu’il avait l’épaule blessée. C’était beaucoup mieux qu’avant, mais il était loin d’avoir retrouvé sa force et son agilité.

Les deux femmes avec Sandy étaient habillées en tenue militaire. Parker les salua d’un signe de tête en s’essuyant les mains avec un chiffon. Sa compagne de voyage révéla son identité à ses amies et leur expression changea. Elles s’approchèrent, lui serrèrent la main et lui présentèrent leurs condoléances.

Même maintenant, ça l’étouffait encore. Il marmonna quelques remerciements, puis désigna la jeep de la main.

— J’espère qu’elle me ramènera à la base sans problème, cette fois.

— Pars devant nous, lança la conductrice de l’autre véhicule. On te suivra de près pour nous assurer que tu arrives bien à destination.

Touché, il sourit et répondit :

— Merci. Je n’ai pas assez d’ego pour refuser une telle offre. Même si je doute qu’il y ait un problème. C’est un pneu tout neuf.

— Oui, et on sait tous que ça ne signifie pas nécessairement que c’en est un bon, répliqua Sandy.

Sur cette touche d’humour, un sourire radieux illumina son visage.

Il éclata de rire, balança le chiffon à l’arrière de la jeep, avant de se diriger du côté conducteur, de se glisser à l’intérieur et de démarrer le moteur. Après leur avoir fait un signe de la main, il se dirigea vers la base.

Il était surpris que Sandy soit avec ces militaires, mais elle avait probablement rencontré beaucoup d’amis de son frère, sans compter qu’elle-même était militaire, même si elle effectuait son boulot d’infirmière aux États-Unis. Il n’était même pas certain de savoir d’où il tenait cette information. En plus, leurs frères étaient les meilleurs amis du monde. C’était un voyage aussi douloureux pour elle que pour lui, et si elle avait des amis avec elle pour rendre ça un peu plus facile, alors tant mieux pour elle.

Le temps passa vite au volant de la jeep. Une fois arrivé à destination, il klaxonna, sortit le bras de la jeep pour les remercier d’un geste et bifurqua dans la base. Il repéra les véhicules de ses amis et se gara à côté d’eux. Il savait dans quels quartiers ils logeaient et on lui en avait d’ailleurs attribué un. Il attrapa son paquetage, le mit en bandoulière et alla à leur rencontre.

Quand il entra, il découvrit le baraquement entièrement vide. Fronçant les sourcils, il se choisit un lit, y laissa tomber son paquetage, quitta le bâtiment et se dirigea vers le mess. Il pouvait toujours se contenter d’une tasse de café, à défaut d’autre chose.

C’était vide, ici aussi. Il fronça à nouveau les sourcils et se dirigea vers le gars posté derrière le comptoir pour savoir ce qu’il se passait.

— Tout le monde est parti tout d’un coup ou quoi ? demanda-t-il. J’espère que ce n’est pas parce que je suis de retour.

L’homme lui sourit.

— On est en état d’alerte, ce matin. Tout le monde est parti à la recherche d’insurgés qui auraient peut-être attaqué un petit groupe de villageois, expliqua-t-il.

Parker fit un geste compréhensif du menton.

— Je connais ça, répondit-il, l’air tout sauf surpris. J’imagine qu’ils ont débarqué par vagues successives ?

— Ils ont pris la place d’assaut, affirma-t-il. Tu sais quoi ? Si tu t’en vas et que tu reviens dans vingt minutes, tu tomberas sur deux cents hommes et femmes bien rangés en plusieurs files d’attente, prêts à se remplir la panse.

— Je venais juste prendre un café. Combien de temps avant le repas ? s’enquit Parker en regardant sa montre pour essayer de calculer mentalement l’heure qu’il était, avec le décalage horaire.

— Deux, répondit obligeamment son interlocuteur.

Parker acquiesça, prit une grande tasse de café et un muffin, puis retourna dans ses quartiers. Il aurait pu s’asseoir à une table, mais ça aurait été bizarre. Il était lui-même mal à l’aise. Il faisait toujours partie de leur groupe et pourtant, d’une certaine façon, il n’en faisait plus partie. Il avait déjà donné sa démission. Il était seulement là pour ramener son frère chez lui, et ensuite, il aurait presque fini sa période de congé.

Dix jours. Cinq d’entre eux dédiés à son frère, mais en même temps, comment pourrait-il expliquer ça à qui que ce soit ?

Il envoya un bref texto à Badger.

— Hey. Bien arrivé. Pas de signe du chien.

— Merci pour ces nouvelles.

Conversation terminée.

Qu’est-ce que Parker était censé dire d’autre ? Ses amis savaient tous pourquoi il était ici et qu’il commencerait à travailler pour Badger une fois que tout serait terminé ici. Heureusement qu’il lui avait dit qu’il pourrait lui donner un coup de main, si ce dernier avait besoin de quoi que ce soit, mais ils ne s’étaient mis d’accord sur aucune piste en particulier pour la suite. Selon Badger, il y aurait toujours de la place pour un autre gars à la Titanium Corp, mais ils se situaient au Nouveau-Mexique, alors que Parker était basé en Californie. Qui sait où il allait bien finir ?

Il termina son café et son muffin et jeta les déchets à la poubelle. L’une des choses que l’armée enseignait, c’était de garder son environnement propre. Il se dirigea vers le poste d’expédition et de réception. En entrant, il sourit à la responsable de l’approvisionnement.

— Je viens me renseigner sur le dernier endroit où on a vu le chien qui a disparu.

La femme arbora une expression crispée.

— Je ne peux pas vous en dire grand-chose, commença-t-elle prudemment. On m’a fait savoir que l’enquête était close.

— Pourtant, le chien n’a pas été retrouvé, non ?

— On m’a dit que l’affaire était close tant que l’on n’aurait pas de nouveaux éléments, récita-t-elle sèchement. Si on le retrouve, il sera renvoyé aux États-Unis. J’ai reçu un ordre permanent à ce sujet, mais jusqu’à ce que cet animal soit de retour…

— Alors, il a disparu ici ou à la base aérienne ?

— À la base aérienne, répondit-elle en lui lançant un regard bizarre. C’était un chien vraiment gentil.

— Vous pensez que quelqu’un aurait pu le voler ?

— Ce ne serait pas la première fois que des choses disparaissent ainsi, en tout cas, marmonna-t-elle.

Prenant la mesure de l’endroit où elle travaillait, il hocha la tête.

— Qui a emmené le chien à l’aéroport ?

Elle ouvrit un fichier sur son ordinateur, l’imprima et était sur le point de lui remettre le document quand elle se ravisa.

— J’ai besoin de voir une pièce d’identité, d’abord.

Il lui jeta un regard surpris, puis sortit ses papiers.

— Très bien, fit-elle en hochant la tête. Vous êtes la seule personne autorisée à recevoir cette information.

Il arqua un sourcil.

— Le capitaine Cross nous a appelés, reprit-elle avec un sourire en coin. La division de guerre K9 a été fermée, mais vous vous occupez toujours de certains dossiers, correct ?

Il acquiesça.

— Je peux au moins faire quelque chose d’utile durant mes derniers jours de service.

— Vous quittez l’armée ? s’enquit-elle avec étonnement, sur un ton presque envieux.

— En effet. Il me reste encore dix jours à tirer. En fait, je suis d’abord là pour le rapatriement du corps de mon frère, mais le temps que tout ça se mette en place, je vais enquêter sur la disparition de Samson.

Il se retourna en effectuant mollement un salut militaire, récupéra la feuille de papier et s’en fut.

Il lut le nom sur le document.

— Gorman Manga ? fit-il tout haut en fronçant les sourcils. C’est quoi, ce nom ? marmonna-t-il.

Puis il entendit quelqu’un marcher derrière lui.

— Te voilà !

Parker leva alors les yeux et découvrit son ami Cam. Ils se serrèrent la main et se tapèrent dans le dos dans une semi-étreinte.

Parker sourit de toutes ses dents et lança :

— Je suis allé te chercher au baraquement, mais tu n’y étais pas.

— Non. Je m’occupais des véhicules. Que veux-tu à Gorman ?

— J’enquête sur le chien qui s’est volatilisé.

— C’était bizarre, ça, avoua Cam. Je n’en ai pas beaucoup entendu parler, mais on m’a informé de la disparition. Pourquoi c’est toi qui t’y colles ?

— On me l’a demandé.

C’était l’un des trucs typiques de l’armée : il y avait beaucoup de secrets et personne n’attendait vraiment de vous que vous lui disiez la vérité sur quoi que ce soit, parce que le plus souvent, c’était impossible.

— Gorman Manga était sur la piste du chien. Et l’un de ses amis également, mais je ne me souviens pas de son nom. Gorman n’est plus là aujourd’hui, et son ami non plus. Je pense qu’ils sont en permission en Allemagne, lui expliqua Cam en fronçant les sourcils.

— Il s’appelle vraiment Gorman Manga ?

— Oui, s’esclaffa Cam. Il n’apprécie pas beaucoup son nom non plus. Alors, ne le taquine pas à ce sujet si tu veux éviter les embrouilles.

— Tu le connais assez bien pour lui demander des infos sur Samson ?

— Bien sûr. Que veux-tu savoir ? lui demanda Cam en sortant son téléphone.

— Comment le chien a disparu. Apparemment, il était dans une caisse. L’a-t-on enlevé avec la caisse ? Est-on sûrs qu’elle était vraiment bien verrouillée ? L’a-t-on vendu ou…

Cam haussa les sourcils.

— Très bien.

Il fit quelques pas en avant tout en passant son coup de fil. Quand il raccrocha, il se tourna vers Parker :

— Le chien était éveillé. En cage. L’équipe s’est retournée pour charger tout le reste. Samson devait faire le trajet à l’avant avec eux. Quand ils ont eu fini de s’occuper du matériel et qu’ils se sont avancés vers le chariot sur lequel il se trouvait, la porte avant de la caisse était ouverte et vide.

— Et personne n’a vu qui que ce soit traîner autour de la base dans ce coin-là ?

Cam secoua la tête.

— Il m’a dit que non. Ils étaient seulement trois à charger le matos, en plus de l’équipe au sol.

— Je me demande pourquoi on a volé ce chien en particulier.

— Ou un chien tout court, en réalité. Il a peut-être été chargé dans un autre avion. Tu connais, on a tellement de travail que notre attention finit par diminuer et on oublie certaines choses.

— Peut-être. J’imagine que ça aurait pu être une explication valable… si les manifestes avaient été en ordre.

— Si l’un des membres de l’équipe au sol était responsable de cette erreur et qu’ils récupéraient le chien ailleurs, je suis certain qu’ils le réexpédieront, signaleront le problème et s’occuperont de corriger les manifestes plus tard.

— C’est assez grotesque, quand même, répondit Parker. S’ils se font prendre, ils se feront copieusement réprimander pour avoir fait une telle erreur.

— C’est juste une livraison qui aura pris du retard. Ça ne pose de problème pour personne, excepté Samson lui-même.

— Dans cette affaire, ce chien avait une famille d’adoption. Je me demande si c’est lié à cette disparition.

— Je ne sais pas. Tout est possible. Tu repars quand ?

— Demain, tard dans la journée. Après la courte cérémonie qui sera tenue en mémoire de Jerry et Jeremy, on prendra l’avion avec eux dans la soirée.

Les épaules de Cam s’affaissèrent.

— C’est vraiment triste, tout ça. Je suis vraiment désolé pour toi.

— Merci, répondit Parker. Si ce n’était pas mon frère, ce serait sûrement celui d’un autre.

— Ils ont tous les deux vu bien trop d’horreurs pendant toutes les années qu’ils ont passées ici, fit son ami en opinant du chef avant de sourire. Mais toi, tu vas bientôt raccrocher les gants. Je ne peux pas le croire ! Aucun regret ?

Parker secoua la tête.

— Aucun. Le décès de Jerry et Jeremy a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Je suis fatigué de côtoyer la mort.

— Comme je te comprends ! Tu dois quand même avoir des projets d’avenir, non ?

— Non, du tout, avoua-t-il. Je n’en ai aucun, vraiment.

Ils discutèrent un peu plus tout en marchant. Parker regarda l’un des noms inscrits sur le manifeste qui concernait le chien et demanda :

— Et cet autre type ? Manfred ? Tobey Manfred.

— Tobey est un bon gars. Il est en Allemagne, lui aussi, avec Gorman.

— D’accord. Et Samson est le seul chien qui a disparu. Correct ?

— Je peux toujours demander à Gorman s’ils ont perdu autre chose sur ce vol, mais je pense qu’il n’y avait rien d’autre.

Il lui envoya un message, cette fois. Alors qu’ils avançaient ensemble, Cam reprit la parole :

— Il est presque l’heure du repas. On doit y aller tôt. Sinon tu sais ce qu’on risque.

— Évidemment. Allons-y. J’ai pris un café et un muffin là-bas, mais ça fait déjà une heure.

— Le temps qu’on arrive au mess, qu’on fasse la queue et que ce soit notre tour, il n’y aura plus que les restes, soupira Cam.

Ils firent demi-tour et retraversèrent la base pour se rendre au mess. Parker salua plusieurs hommes qu’il connaissait en remontant la file d’attente, mais à part Cam, il ne connaissait suffisamment personne d’autre avec qui déjeuner.

Alors qu’ils s’apprêtaient à finir leur repas, Parker leva les yeux, surpris de voir Sandy debout au milieu de la pièce, à chercher une table où s’asseoir. Il se leva et lui fit signe. Elle sourit et s’approcha.

— Hé, c’est sympa de te croiser ici ! Ça te dérange si je me joins à vous ?

— Non. Pas du tout.

Il la présenta alors à Cam et lui expliqua pourquoi elle se trouvait là. Ce dernier lui exprima ses condoléances.

— Je suis vraiment désolé pour toi.

— C’est difficile, acquiesça-t-elle. On n’a pas vraiment envie de dire à qui que ce soit pourquoi on est ici parce que personne ne sait quoi nous répondre.

Cam se leva, leur sourit et lança :

— Je reviendrai te voir plus tard. Je dois assister à quelques réunions.

Sur ces mots, il partit. Sandy adressa un sourire à Parker.

— Désolée, je ne voulais pas le faire fuir.

— Ce n’est pas ça. En fait, ça fait juste bizarre d’être ici. Comme si on était un invité, mais pas tout à fait.

— C’est ce que je ressens aussi. J’ai fait quelques opérations extérieures sur la base, mais maintenant que je suis de retour simplement pour une courte période, j’ai l’impression de ne pas être à ma place. Je n’ai pas d’endroit où me rendre ou de gens à rejoindre. Enfin, j’en ai quelques-uns, bien sûr, mais passé une heure ou deux, j’ai le sentiment d’avoir dit tout ce qu’il y avait à dire. Et ensuite, ça devient… gênant. Tout le monde essaie d’éviter d’aborder les raisons de ma présence ici et je ne souhaite pas être la première à aborder le sujet. Je n’ai pas envie d’en parler du tout, mais je ne veux pas non plus qu’on oublie mon frère.