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L'Auvergne a toujours fasciné, et c'est encore le cas aujourd'hui. Le Pays de Paulhaguet est composé de magnifiques paysages, très variés, allant de la plaine du Chaliergue aux bois touffus de Montclard qui abritent des lieux mystiques comme la chapelle de la Trinité, fantastiques comme le château des fées et bien d'autres qui ont gardé tous leurs mystères. Paulhauguet - Au coeur de l'Auvergne retrace l'Histoire depuis la nuit des temps de ce territoire. Des légendes comme celle des trois chapelles, des traditions locales comme les pèlerinages, des histoires de loups à l'image de la bête du Gévaudan qui est à deux pas, et la richesse du patrimoine y sont évoquées au fil de ces pages. L'Histoire locale, celle des châteaux et de leurs seigneurs, mêlée à la grande Histoire de France permet de voyager dans le temps en traversant la Révolution, en accompagnant Lafayette dans ses aventures, en plongeant dans les deux grandes guerres avec Louis de Cazenave, un des derniers poilus, Joseph Lhomenède, héros de la Résistance, Maurice Boyer, pilote de la RAF et bien d'autres qui sont tous issus du Pays de Paulhaguet. La vie de tous les jours de ses habitants et l'évolution de tout temps du pays constitue la trame de cet ouvrage et permet de pérenniser la mémoire de ses anciens.
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Seitenzahl: 542
Veröffentlichungsjahr: 2024
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Pour toi Marie-Thérèse, ma tendre épouse, sans qui rien ne se serait fait.
A ma mère Micheline Crohas qui m’a légué un trésor que nul ne me dérobera et qui est au plus chaud de mon cœur.
À mon père Joseph Laporte qui m’a enseigné les vraies valeurs de la vie et m’a tracé la voie à suivre par son engagement dans la Résistance au nom de la liberté contre toutes formes de totalitarisme.
Parce qu’un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir.
Ferdinand Foch.
On ne transige pas avec la vérité historique.
Avant-propos
La Préhistoire et l’époque gallo-romaine
Le canton de Paulhaguet
PAULHAGUET
Les origines de Paulhaguet
Les rues de Paulhaguet
Paulhaguet les Deux Églises
La singulière histoire du pont de Paulhaguet
Paulhaguet sous la Révolution
Le Général Pissis, glorieux enfant de Paulhaguet
Paulhaguet pendant la guerre 1914-1918
Une famille paulhaguétoise dans la tourmente de 1914-1918
L’appel du 18 juin 1940, reçu 5 sur 5 à Paulhaguet
Gisèle Feldman, enfant cachée à Paulhaguet
La Gaule Paulhaguétoise, ange gardien de la Senouire
Eveil d’un enfant de Paulhaguet dans les années 1950
« Jaune et noir » du Football Club Paulhaguétois
Chassagnes,
la chaleureuse
Chavaniac-Lafayette
Collat
, c’est bien le « Pérou »
Couteuges,
la vaillante
Domeyrat,
la romantique
Frugières-le-Pin,
le patriotique
Joseph Lhomenède, héros de la Résistance
Jax,
à Dieu vat
Josat,
la champêtre
La Chomette,
la bienveillante
Mazerat-Aurouze,
la fraternelle
La bataille de Paulhaguet
Bacou, haut lieu de la Résistance
Montclard,
le mystique
Saint-Didier-sur-Doulon,
le bien nommé
Saint-Georges-d’Aurac,
la hardie
Saint-Préjet-Armandon,
l’hospitalière
Sainte-Eugénie-de-Villeneuve,
l’impériale
Sainte-Marguerite,
la lumière vint de Sainte-Marguerite
Salzuit,
la gaillarde
Maurice Boyer, pilote de la RAF
Vals-le-Chastel,
l’Occitan
REMERCIEMENTS
Le cours de la vie est ainsi fait que la Providence m’avait certainement prédestiné d’écrire à un moment donné l’Histoire du Pays de Paulhaguet. Ce livre a été rédigé pour préserver la mémoire de ce territoire et révéler la richesse de son patrimoine. J’ai été encouragé dans ma démarche par les personnes que j’ai interrogées et par celles qui ont participé plus concrètement à la réalisation de ce livre. Elles ne m’ont pas boudé leur satisfaction de savoir que le passé de leurs ancêtres ne serait pas oublié. J’ai aussi vu dans leurs regards briller l’étincelle d’être fiers d’habiter une région plus riche en événements qu’ils ne l’avaient imaginée.
A ces contacts, j’ai fini d’acquérir la conviction que nombre des habitants du Pays de Paulhaguet ont hérité de certaines valeurs si chères à notre illustre compatriote Lafayette : l’attachement à la liberté individuelle, l’indépendance d’esprit et le respect des autres.
Ce livre retrace donc l’Histoire des 19 communes qui ont constitué de 1790 à 2014 le canton de Paulhaguet. L’Histoire de chaque commune constitue un ensemble autonome qui a été remis à la Mairie de chacune d’elle pour pérenniser les traces de son passé. Bien que j’aie approfondi de nombreux évènements, d’autres ont simplement été mentionnés pour ne pas tomber dans l’oubli et mériteront certainement, par la suite, d’être étudiés plus en détail. Après l’Histoire de chaque commune des paragraphes ont été rajoutés pour y développer plus longuement certains sujets qui en valaient la peine.
J’espère que vous, lectrice ou lecteur de ce livre, prendrez autant de plaisir à le parcourir que j’en ai eu à le concevoir.
FIG2. - Croquis de situation des principaux lieux citéset du cours villafranchien de la Sénouire de Pierre Grangeon.
I : pointements du socle cristallin qui marquent les versants de l’ancienne vallée, aux endroits non recouverts par les dépôts oligocènes ou par les coulées de basalte.
Les historiens appellent « préhistoire » la période pour laquelle ils ne possèdent pas de documents écrits et qui est donc située avant « l’Histoire ». L’archéologie fournit pour cette période des éléments non négligeables.
- 35 à -25 millions d’années :
Naissance du bassin sédimentaire de Paulhaguet.
- 3,2 à -2,3 millions d’années :
Dans le département de la Haute-Loire qui, avec plus de 500 volcans, est le département qui compte le plus de volcans en France, la coulée de lave du volcan strombolien du Pié du Roy (ou Pie du Roi), près de Cerzat, a barré l’ancien lit de l’Allier qui passait par Truchon, la gare de Saint‑Georges‑d’Aurac, Bannat, Couteuges et ensuite suivait le cours actuel de la Senouire.12
- 2,3 millions d’années : présence de l’homme dans le bassin de Paulhaguet.3
- 1,8 à -1,5 million d’années :
Les sédiments villafranchiens du bassin de Paulhaguet se sont déposés dans un lac formé à la suite du barrage de la Senouire villafranchienne par des coulées de lave émises par le Pié du Roy et par un autre volcan de la région de Saint‑Privas-du-Dragon. La Senouire qui se jetait dans l’allier à 7 km en aval de Langeac fut déviée : elle rejoignit le Doulon à Domeyrat en empruntant l’étroit goulet de Domarget pour atteindre l’Allier à la Bageasse à 29 km en aval de son ancien confluent.4 (voir carte ci-contre)
Le cratère du « Maar » de Senèze était jadis occupé par un lac (aujourd’hui comblé) sur les rives duquel de nombreux fossiles d’animaux préhistoriques qui venaient s’y désaltérer ont été découverts. Pour les paléontologues, Senèze deviendra le site de référence mondial pour la période du Villafranchien supérieur. Le dépôt de ces ossements fossiles s’est en effet opéré voici environ 1,8 à 1,5 million d’années avant Jésus-Christ, c’est-à-dire à la charnière tertiaire‑quaternaire. C’est également aux environs de cette époque que nos ancêtres africains vont quitter leur berceau d’origine et commencer à peupler le continent Euro-Asiatique. Le Villafranchien n’est pas un étage géologique, mais forme une période de transition climatique et faunistique, les biotopes se modifiant avec les climats, les animaux vont devoir ou s’adapter ou disparaître et alors être remplacés par des faunes nouvelles en provenance d’Asie ou du Moyen-Orient, ainsi vont disparaître les faunes tertiaires.
Depuis 1892, de nombreuses fouilles furent réalisées à Senèze. Les fossiles trouvés représentent des éléphants, des rhinocéros, des antilopes, des cervidés, des bovidés, un hippopotame, un élan, le cheval de Stenon, des félins, des hyènes et même des singes du type Dolicopithèque et Macaque. À ressortir le célèbre « éléphanteau de Senèze », découvert au XIXe siècle, dont on trouva le squelette entier debout sur ses quatre pattes : la bête, saisie par des dégagements de gaz, avait dû être asphyxiée sur place.5
- 1,5 million d’années environ
- Au Paléolithique (âge de la pierre taillée), apparition des cueilleurs, des pêcheurs et des chasseurs.
- 5000 ans :
- Les conditions climatiques sont proches d’aujourd’hui.
- Les hommes quittent les abris basaltiques pour devenir agriculteurs et éleveurs du Néolithique (âge de la pierre polie).
- Premières utilisations des argiles du bassin pour confectionner des poteries et de la céramique.
- 1800 ans :
Production d’objets en cuivre, en bronze, puis en fer faisant l’objet d’échanges entre la région, le midi de la France, le massif alpin et le sillon rhodanien.6
- 500 ans :
Les gaulois s’installent en Auvergne.
- 200 ans :
Le peuple gaulois des Arvernes établit son empire qui englobe la contrée de Paulhaguet.
- Ier siècle avant J.-C au Ve siècle :
Les Romains colonisent l’Auvergne.7
Photomontage de Alain Laporte
Le canton de Paulhaguet
1 Bulletin « Échos Écoles et Farandoles » de l’ADEP (Association pour le Développement de l’École Publique du secteur de Paulhaguet), 1992.
2 « Le Pié du Roy. Un site préhistorique dans un volcan » de la Revue archéologique du Centre de la France, d’Olivier Le Gall et Jean-Paul Raynal, 1986.
3 Cours « Le peuplement humain de l’Eurasie. Paloanthropologie et préhistoire » d’Yves Coppens, 2003.
4 « Le cours villafranchien de la Senouire dans le bassin de Paulhaguet » de Pierre Grangeon, paru dans le Bulletin de l’Association française pour l’étude du Quatemaire, 1967.
5 Voir le chapitre « Domeyrat la romantique ».
6 Magazine de la Communauté de Communes du Pays de Paulhaguet, mai 2000.
7Histoire de l’Auvergne des origines à nos jours de Pierre Charbonnier, éd. de Borée, 1999.
Le canton de Paulhaguet (voir carte ci-contre) fut créé sous la Révolution par le décret du 22 décembre 1789.
La période de la Révolution amena de nombreux changements dans notre pays et permit à plusieurs citoyens de Paulhaguet de s’illustrer.8
Après la chute du Premier Empire, la classe paysanne continue de s’émanciper de la domination féodale et connaît une certaine prospérité avec l’accroissement et la vente de sa propre production.
Au milieu du XIXe siècle, le canton atteindra son pic de population avant de péricliter avec un exode rural dû principalement à l’exploitation d’un terroir difficile, exode qui s’est poursuivi jusqu’à nos jours avec l’industrialisation de notre société.
Le canton de Paulhaguet a vu ses agriculteurs passer d’une agriculture paysanne à une agriculture productive qualifiée de moderne, maillon d’une chaîne agro-alimentaire industrialisée et mondialisée. La modernisation de l’agriculture a commencé avant la guerre de 1914-1918 chez les gros propriétaires fonciers (les hobereaux). Mais demeurait la multitude des petits propriétaires pratiquant une agriculture autarcique qui ne leur permettait pas de disposer de l’argent nécessaire pour acheter des engrais et du matériel agricole.
La diminution de la main-d’œuvre agricole, commencée dans la deuxième moitié du XIXe siècle, induit un début de mécanisation de l’agriculture et de l’amélioration des techniques de production. Ce début de la mécanisation dans nos campagnes se caractérise par l’arrivée, avant la Première Guerre mondiale, de la batteuse, de la faucheuse mécanique et de la moissonneuse-lieuse. Entre les deux guerres, les postes de radio TSF vont s’inviter dans tous les foyers, accentuant l’évolution du monde rural vers la modernité.
Après 1945, les tracteurs, qui avaient fait leur apparition entre les deux guerres, prendront leur essor (comme les moissonneuses-batteuses) avec l’instauration du plan Marshall. C’est le début de la période nommée les « Trente Glorieuses » : les adultes travaillent dur pour relever la France de la guerre et le canton de Paulhaguet connaît alors une croissance économique exceptionnelle due à l’activité et au développement de nombreux commerces, artisanats et entreprises et par le fait que la France devient de plus en plus excédentaire en produits agricoles. Le pays s’étant redressé, les ménages désirent maintenant profiter de leurs nouveaux revenus et aspirent à un certain confort en s’équipant d’une machine à laver, d’un frigidaire, d’une télévision, d’une automobile… ce qui crée une réelle transformation de notre monde rural. À partir de 1973, la crise énergétique frappera de plein fouet l’économie française et mettra fin à cette période de prospérité, voyant le canton perdre régulièrement de sa vitalité jusqu’à nos jours.
Les prix élevés des produits de consommation ont favorisé l’entrée de nouvelles formes de distribution avec les supermarchés. Ceux-ci ont été encouragés par les pouvoirs publics, car ils augmentaient le pouvoir d’achat des ménages sans avoir à augmenter les salaires. La recherche de prix des produits alimentaires toujours plus faibles s’est traduite par une pression sur les exploitations agricoles, d’où des produits payés toujours plus bas aux agriculteurs. Dans les années 1960, 1970 et 1980, afin de rendre l’agriculture encore plus compétitive, les pouvoirs publics encouragent l’agrandissement des exploitations agricoles en développant un remembrement rural intensif.
Les adolescents des années 1960 sont très nombreux et aspirent à plus de liberté et de distractions. Les plus extrêmes se regroupent en communautés hippies qui s’installent dans certains villages, comme Faveyrolles sur la commune de Chassagnes ou Clergeat sur celle de Josat, mais les hivers rudes de notre région auront vite raison de leur résistance. Les autres représentent cette génération yéyé qui impose un nouveau style musical et voit l’épanouissement du rock au grand dam de leurs parents. Cela se traduit, lors des fêtes foraines et dans les bals campagnards, par l’apparition de nouveaux styles de danse et de chansons très prisées par cette jeunesse effervescente.
Le canton de Paulhaguet était devenu, au fil du temps, un bassin de vie pour les autochtones. Il était le ciment de la vie économique, sociale, politique, culturelle… de ce territoire : les gens avaient adopté la même façon de vivre et se reconnaissaient une même identité. Les nombreux commerces de Paulhaguet, les notaires, les médecins, les diverses entreprises, les services publics, les associations… constituaient un ensemble autonome qui s’était petit à petit développé pendant environ deux siècles pour le bien-être de tous.
Cette belle harmonie fut détruite le 17 février 2014 par la création du nouveau canton du Pays de Lafayette regroupant les communes des anciens cantons de Paulhaguet, de Lavoûte-Chilhac et neuf autres communes. Les effets de ce regroupement furent tempérés durant environ trois ans par la continuité de la Communauté de Communes du Pays de Paulhaguet qui regroupait les 19 communes de l’ancien canton. Mais le 1er janvier 2017, la Communauté de Communes du Pays de Paulhaguet fut absorbée par celle des Rives du Haut‑Allier regroupant le Pays de Saugues, le Langeadois, la Ribeyre, le Chaliergue, la Margeride, le Pays de Paulhaguet, les communes de Berbezit et Varennes-Saint-Honorat soient 59 communes pour une population de 18 000 personnes. Ce fut la fin d’une époque.9
L’apparition d’Internet, du téléphone portable et des réseaux sociaux contribue au désenclavement de nos campagnes. En 2020, le canton du Pays de Lafayette n’échappa pas à la maladie infectieuse mondiale nommée « pandémie de coronavirus » (Covid-19) qui se traduisit par l’obligation de périodes de confinement des personnes, l’interdiction de certaines activités et par un nombre toujours trop élevé de décès.
8 Voir le chapitre « Paulhaguet sous la Révolution ».
9 Almanach de Brioude, 2020, « L’agriculture à Saint-Beauzire : de l’autarcie à la modernité 1900‑2020 » et Louis Lagrange.
- Nombre d’habitants en 2021 : 886 (Paulhaguétoises, Paulhaguétois)
- Superficie : 11,23 km²
- Altitude : 551 m
- Traversée par la Senouire
- Ruisseaux : d’Armandon, de la Chape, de Combechave, de Faveyrolles, le Lidenne, le Verdier
- Située à 44 km du Puy-en-Velay
- Blason : d’or, à une porte fortifiée d’argent, maçonnée et crénelée de sable, accostée à dextre et à senestre d’une clef de même, les pannetons en haut tournés, en dedans ; au chef d’azur chargé de deux fleurs de lys d’or.1011
Hameaux :
- Censac : anciens noms12 : Villa de Sansiaco, 1379 : Censsac, 1444 :
Mansus de Censat, 1464 : Sansaco, 1669 : Censsat, 1820 : Censac-Lavaux.
- Esbelin : 1543 : Les Bellins, 1612 : Esbellin
- Lavaux : 1543 : Lavaur
- Lavaux Basse
- Le Brenoncel
- Le Jaroussier : 1543 : Jarrosier, 1612 : Jarrossier
- Le Mèze
- Montorgue : 1078 : Montorgus, 1464 : Mansus de Montorgue.
- Promeyrat
- Rodier
- Iersiècle avant J.-C au Vesiècle (époque gallo-romaine en Auvergne) :
- Édification probable de Paulhaguet alors que les Romains colonisent l’Auvergne. Pauliacum rappelle le nom du premier propriétaire de l’endroit, un Gallo-Romain du nom de Paulus.13
- Ve siècle :
- 481 : À l’avènement du roi des francs Clovis, la région est sous la domination des barbares wisigoths d’Alaric.14
- VIe au XIIe siècle :
- Refusant de reconnaître la souveraineté du roi de France, les barons d’Auvergne construisent des forteresses dont probablement les fortifications de la ville de Paulhaguet.
- IXe siècle :
- vers 888 : première trace écrite connue à ce jour de Paulhaguet qui se nomme Pauliacum.
- XIe siècle :
- Construction du prieuré de Censac dans la 2ème partie de ce siècle.
- 1077 : suite à des donations du comte d’Auvergne et de Rouergue Robert II, les prieurés de Censac, de Paulhaguet, de Chassignoles et d’Entremont sont rattachés à l’abbaye de Lavaudieu.
- XIIe siècle :
- Construction de l’église de Censac dédiée à Sainte-Croix au début de ce siècle.
- XIIIe siècle :
- 1255 : Mention de Pauliaguetum.
- 26 octobre 1266 : Guillaume de Sailhans, alias de Mauriac, chanoine du chapitre de Saint-Julien de Brioude, est témoin d’un engagement d’Isabelle de Cayres, prieure de Paulhaguet, envers Marguerite de Rochesavine prieure de Comps-Lavaudieu.15
- vers 1280 : mention de Pauliaguet.
- XIVe siècle :
- 4 décembre 1316 : une charte de paréage entre Béatrice de Grisolles, abbesse de Lavaudieu et le roi de France Philippe V le Long, fit passer au roi une partie de la juridiction temporelle de Paulhaguet sous la promesse que le souverain y établirait une prévôté, un marché hebdomadaire et deux foires. Paulhaguet devenait ainsi une des rares possessions du Roi de France en Auvergne.16
- 1347 – 1349 : la Grande Peste qui a décimé environ un tiers de la population de la France a probablement touché celle de Paulhaguet.
- 1364 : Après avoir occupé et rançonné Brioude, Seguin de Badefol et sa Compagnie La Margot pillent Paulhaguet.17
- 1365 : Armand IX le Grand et son frère Armand X dit « le Taureau de Salzuit » associés à Jean Bonnelance pulvérisent les Anglais et les Routiers à la bataille de Paulhaguet.18
- fin du siècle : construction de l’ancienne église Saint-Étienne de Paulhaguet achevée au XVe siècle.19
- XVe siècle :
- 1401 : Paulhaguet se nomme Pauleiguet20.
- XVIe siècle :
- 1511 : Mention de Polhaguet.21
- 1529 : écrit mentionnant le nom actuel de Paulhaguet22.
- Octobre 1529 : suite à la promesse du roi de France Philippe V le Long en 1316 et sur les instances de sa mère Louise de Savoie, le roi de France François 1er instaure les marchés du lundi et les deux foires de Saint Nicolas et des Rois de Paulhaguet.23
Vers 1909 : foire de Paulhaguet
- 1543 : La « terre et seigneurie de Paulhaguet » appartient en toute propriété aux abbesses de Lavaudieu.24
- 3 septembre 1587 : installation dans l’église de Paulhaguet de la confrérie générale Notre-Dame-des-Sept-Douleurs composée de 100 membres, dont 50 prêtres.
- 23 décembre 1588 : après l’assassinat du Duc de Guise, la ville de Paulhaguet se joint à La Ligue (parti de catholiques).25
- XVIIe siècle :
- 1629 : nouvelle épidémie de peste.
- fin du siècle : réquisition du Château de Flaghac par les dragons de la garnison de Paulhaguet.26
- XVIIIe siècle :
- Création du chemin royal du Languedoc qui relie Clermont au Puy et qui passe à Saint-Georges d’Aurac au lieu de La Brequeuille.27
- 1779 : première construction du pont en pierre de Paulhaguet.28
- 1789 :
- Paulhaguet dépendait de la province d’Auvergne, de l’élection (arrondissement) et subdélégation de Brioude et du ressort de Riom. Son église paroissiale, diocèse de Saint-Flour et archiprêtré de Brioude, était dédiée à Saint‑Étienne ; la prieure de Lavaudieu présentait à la cure.29
- Maurice Branche, Guillaume de La Bastide et Lafayette élus respectivement députés du tiers état, du clergé et de la noblesse.30
- Février 1790 : Le curé Guillaume de La Bastide devient le 1er Maire de Paulhaguet.31
- 1791 : création du canton de Paulhaguet.
- 1793 : Pendant la Terreur, l’église fut amputée d’une partie de son clocher, dépouillée de ses cloches ainsi que de tout son mobilier.
- XIXe siècle :
- 18 juillet 1806 : Naissance du futur général Charles Victor Pissis.32
- 14 octobre 1806 : Gabriel Bayolle de Censac du 21e Régiment d’Infanterie légère décède en Prusse lors de la célèbre victoire de Napoléon à Iéna.33
- 1807 : construction du cimetière actuel pour remplacer celui qui était situé à côté de l’ancienne église.34
- 1812 : construction de la halle aux blés à l’emplacement de l’actuelle Mairie.
- 1833 : Michel François Branche est élu Conseiller général du canton de Paulhaguet, mandat qu’il conservera jusqu’à son décès le 31 mai 1841.
- 9 avril 1835 : le Maire Guillaume Fornier forme une compagnie de pompiers de 30 hommes à partir de la Garde nationale.35
- 1841 : Jules Branche succède à son père en tant que Conseiller général du canton de Paulhaguet, mandat qu’il conservera jusqu’en 1852.
- 11 décembre 1842 : la commune de Censac-Lavaux est rattachée à celle de Paulhaguet.36
- 1848 : Antoine Avond (09/11/1819 à Paulhaguet – 22/04/1866), intime de l’écrivain Théophile Gautier, est élu député. Son mandat s’achèvera en 1849.
- 1852 : Charles Victor Pissis, qui deviendra plus tard général, est élu conseiller général du canton de Paulhaguet, mandat qu’il exercera jusqu’en 1870.
- 1858 : existence de l’école privée « l’Institut des Frères de Paradis » à côté de la chapelle de l’Hospice « Notre-Dame de la Providence ». Plus tard cette école s’appellera « l’école du Sacré-Cœur » et s’installera dans une nouvelle construction à côté de l’église actuelle.37
- 1859 :
* 1re pompe à bras achetée pour les sapeurs-pompiers.38
* reconstruction du pont de pierre de Paulhaguet.39
- 24 juin 1859 : La brillante conduite de Charles Victor Pissis à la célèbre bataille de Solférino lui vaut de recevoir la cravate de commandeur de la Légion d’honneur.
- 3 octobre 1860 : Charles Victor Pissis est nommé chef d’état-major du Corps d’armée d’occupation à Rome.40
- 1865 : 5 religieuses s’installent à l’hospice de Paulhaguet en tant que garde-malades.41
- 1867 : construction du pont dit « de la gare ».42
- 1867 - 1868 : construction de la gare de Paulhaguet située sur la commune de Salzuit.
- 1875 - 1878 : construction de la nouvelle église de Paulhaguet.43
- 1882 : création de la Fanfare de Paulhaguet par M. Francisquini.
- 1884 : construction de la Mairie de Paulhaguet.44
- 1886 : construction du groupe scolaire laïque regroupant les écoles de garçons et de filles et la maison de l’horloge.45
- 1890 : Alfred Vidal, Maire de Paulhaguet, est élu Conseiller général du canton de Paulhaguet, mandat qu’il conservera jusqu’à son décès le 25 août 1910. Il sera Président du Conseil Général de la Haute-Loire de 1906 à 1910.
- 1892 : Tremblement de terre à Paulhaguet. Le sol a été fortement secoué, les vitres tremblèrent violemment, le bruit était semblable au roulement prolongé du tonnerre.4647
- 1896 : création de la société l’Union Cycliste par Pierre Mallet.
- XXe siècle :
- 1901 : la commune atteint son pic de population avec 1641 habitants.
- Avant 1903 : existence d’une école libre de filles qui, vers 1911, prit le nom d’école Sainte-Marie dont l’internat se trouvait 15 rue du Général Pissis.
- 1910 : une usine hydroélectrique, située à Sainte-Marguerite alimente en électricité la ville de Paulhaguet.
- 1913 : démolition de l’ancienne église de Paulhaguet.48
- 16 janvier 1913 : création de l’Union Sportive de Paulhaguet avec sa section Rugby.
- Mai 1913 : Construction au milieu de la place Lafayette d’un monument à la mémoire des enfants du canton de Paulhaguet morts pour la patrie avec la statue du Général Pissis le surplombant.
- Après-midi du 1er août 1914 : le tocsin se met à sonner à l’église paroissiale Saint-Étienne : c’est la mobilisation générale, prélude de la Grande Guerre.49
- 16 juillet 1922 : inauguration du monument aux morts de la guerre 1914 ‑ 1918.
- 17 octobre 1927 : création du Football Club Paulhaguétois.50
- 1934 : - Mise en service du réseau d’eau potable de la commune.51
- Eugène Missonnier est le premier curé de la paroisse de Paulhaguet chargé d’organiser le pèlerinage de la Trinité.52
- 1936 : - Congrès des anciens combattants. (voir page suivante)
- Louis Bénier prend la direction de la Fanfare de Paulhaguet qu’il dirigera avec quelques interruptions jusqu’à son décès le 27 novembre 1984.
- Nouvelles sources captées à Chabestrat pour alimenter le réseau d’eau potable de la commune.53
- 1940 : acte de résistance de Mme Ernestine Badel qui diffuse l’appel du 18 juin du général de Gaulle.54
- Janvier 1941 : un premier groupe de résistance se forme à Paulhaguet. 55
- 23 février 1943 : Alfred Salvatelli (alias Elmer, Charles), chef départemental de la Haute-Loire du groupe de résistance Combat, est hébergé, après sa spectaculaire évasion du siège de la Gestapo de Vichy, à Paulhaguet par Ernest Garnier et Maurice Badel.56
- 28 août 1943 : création de la société de pêche « La Gaule Paulhaguétoise ».57
- Décembre 1943 : Émile Coulaudon (alias Gaspard) chef régional d’Auvergne de l’A.S. (Armée Secrète) et des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) établit son deuxième PC (après celui de Lespinasse dans le Puy-de-Dôme) à l’hôtel-restaurant tenu par Marius Lagrange.58
- 18 mai 1944 : arrestation à Paulhaguet de la famille Badel par la Milice du régime de Vichy.59
- 14 juillet 1944 : Les résistants de Paulhaguet dont le chef était Jean Perrot (alias Claude) défilent à Paulhaguet alors que les Allemands sont toujours présents dans la Haute-Loire.60
- 1945 : Camille Perrin, Maire de Paulhaguet, est élu Conseiller général du canton de Paulhaguet, et le restera jusqu’en 1958.
- 23 octobre 1949 : en rendant service au FCP, Eugène Sabatier perd la vie dans un tragique accident. Pour l’honorer, son nom sera donné à l’actuel stade de football créé après la guerre.61
- 1954 : début de la guerre d’Algérie qui va mobiliser plusieurs classes de soldats français jusqu’à sa fin en 1962.
- 1957 : congrès départemental des A.C.P.G. (Anciens Combattants et Prisonniers de Guerre)
- 1958 : Jean Bernard est élu Conseiller général du canton de Paulhaguet, mandat qui prendra fin en 1964.
- env. 1960 : création du collège du Val de Senouire et réalisation du réseau d’assainissement du bourg.
- 7 juillet 1963 : passage à Paulhaguet de la 14e étape du 50e Tour de France Aurillac-Saint-Etienne remportée par le français Guy Ignolin.
- 16 juillet 1968 : passage à Paulhaguet de la 17e étape du Tour de France Aurillac - Saint-Étienne remportée par le français Jean-Pierre Genet.
- 1971 : construction du collège de Paulhaguet.
- 1972 : fait partie de la région Auvergne officialisée.
- 26 septembre 1975 : importante pollution de la Senouire.62
- 22 mai 1977 : congrès départemental des A.C.P.G.-C.A.T.M : Louis (dit François) Évêque reçoit la croix de guerre 14-18 et Jules Craissandon la médaille de Verdun.
- 1977 : fin de la gestion de l’hospice par les religieuses de Saint-François.
- 25 mai 1980 : grand festival de musique organisé par la Fanfare de Paulhaguet.
- 1982 : - création de la nouvelle région Auvergne qui regroupe les départements de l’Allier, du Cantal, de la Haute-Loire et du Puy-de-Dôme.
- 29 et 30 mai 1982 : célébration du centenaire de la Fanfare et début de l’amitié franco-allemande entre la Fanfare de Paulhaguet et la société de musique d’Amendigen.
- 11 mai 1986 : Congrès départemental de la Fédération de pêche63.
- 1994 : construction de la maison de retraite Les Pireilles à l’initiative du Maire Claude Vidal.
- Décembre 1994 : création de la Communauté de Communes du Pays de Paulhaguet par son premier président Nicolas Di Giambattista qui le restera jusqu’en 2008. Elle regroupe les 19 communes du canton de Paulhaguet.
- 1er janvier 1995 : fait partie de la Communauté de Communes du Pays de Paulhaguet.
- 1995 : création par Alain Robert de l’association « Les collectionneurs du Val de Senouire » ayant pour but l’animation du bourg, l’organisation de manifestations et de réunions ayant trait à la brocante et aux collections.
- 1996 : - construction de la nouvelle gendarmerie.
- la Fanfare devient l’Harmonie de Paulhaguet.
- 19 avril 1998 : Congrès départemental de la Fédération de pêche.64
- 1999 : Congrès départemental des sapeurs-pompiers.65
- 2000 : construction du Centre de Secours de Paulhaguet.
- XXIe siècle :
- 2005 : construction du Centre de Formation Cynégétique de Lavaux sur les communes de Paulhaguet et Domeyrat.
- 22 juillet 2012 : randonnée annuelle de l’association paulhaguétoise « Mémoire et Traditions Rurales » sur la commune et sur celle de Chassagnes.
- 2013 : Martial Kaya, âgé de 22 ans, devient chef de musique de l’Harmonie de Paulhaguet. Il permettra à l’Harmonie de conserver un bon niveau musical, avant d’être nommé en 2017 directeur de l’École de musique du Brivadois.
- 17 février 2014 : création du nouveau canton du pays de Lafayette regroupant les communes des anciens cantons de Paulhaguet et Lavoute Chilhac et neuf autres communes.
- Mars 2015 : fait partie du canton du Pays de Lafayette.
- 2016 : Installation de deux médecins, d’un ostéopathe et d’une podologue, suite à l’action très volontaire du Maire Émile Roussel dans le cadre de la lutte contre la désertification médicale rurale affectant le pays.
- 1er janvier 2016 : fait partie de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
- 1er janvier 2017 : fait partie de la Communauté de Communes des Rives du Haut-Allier regroupant le Pays de Saugues, le Langeadois, la Ribeyre, le Chaliergue, la Margeride, le Pays de Paulhaguet, les communes de Berbezit et Varennes Saint-Honorat, soit 59 communes pour une population de 18 000 personnes.
- Novembre 2019 : exposition « Raconte-moi 14-18 » organisée par « Les Greniers de nos Soldats » et « Les Collectionneurs du Val de Senouire ».
- 2019 : inauguration d’un local de l’association caritative « la Banque alimentaire » de la Haute-Loire.
- 18 février 2021 : décès à l’âge de 96 ans de l’avant-dernier Résistant du Brivadois René Froment (alias « L’avoine ») qui a vécu les dernières années de sa vie à Paulhaguet.
Les rois de France Robert II le Pieux, Louis VII le Jeune, Philippe Auguste, Saint-Louis, Philippe III le Hardi, Philippe le Bel, Charles VI le victorieux, François 1er, le pape Alexandre III, Isabelle Romée mère de Jeanne d’Arc accompagnée de ses 2 fils, ont tous emprunté à diverses époques le chemin du Chausse.
Après avoir fondé l’abbaye de Comps (actuellement Lavaudieu) en 1057, Saint Robert de Turlande (1001 – 17/04/1067) nomme abbesse la belle Judith d’Auvergne, fille de Robert II, comte d’Auvergne et de Rouergue. En 1077, celui-ci fait don à l’abbaye de Lavaudieu des prieurés de Censac, de Paulhaguet, de Chassignoles et d’Entremont.67
Au XIIe siècle, Paulhaguet était un gros bourg fortifié et peut être considéré comme un fort villageois d’Auvergne à l’image de ceux du Puy-de-Dôme. Les murs d’enceinte étaient crénelés et bordés de fossés. Ils étaient à l’intérieur du quadrilatère formé par la façade de la Mairie et son prolongement, la rue de la Tour, la place du Vallat, la place de la liberté, la place Saint-Étienne et la rue Charles Bonhoure. Lorsqu’on se trouve Rue de la Tour ou rue Charles Bonhoure, on peut observer ces anciennes murailles : ce sont celles de toutes les maisons d’au moins deux étages qui ont été construites par la suite contre celles‑ci. Ce bourg fortifié avait deux portes d’entrée : une située entre la place de la liberté et la place Saint-Étienne, l’autre à l’intersection de la rue du Général Pissis et de la place Lafayette.
Paulhaguet n’était pas grand, mais il renfermait la maison de la Mère Abbesse, 14, rue de l’Hôtel de Ville, l’habitation de gens d’armes, une prison et une église adossée au cimetière.68
Mentionnons quelques éléments qui ont ponctué l’Histoire de la paroisse. Une nouvelle église appelée « Église Saint-Étienne » fut construite à la fin du
XIVe siècle, terminée au XVe siècle, puis agrandie au début du XVIIe siècle.
En 1698, une troupe de cavalerie formée d’un escadron de dragons se tenait probablement rue du Quartier Général.
Pendant la Révolution, sous la Terreur, un décret du 18 septembre 1793 oblige à descendre toutes les cloches du canton. Dans la foulée, un inventaire de l’église est fait suivi de la vente de son mobilier. Une partie de l’argent récolté servira à faire abattre le clocher qui sera reconstruit par la suite.
Après 1860, plusieurs projets de restauration d’agrandissement de l’ancienne église, nécessitant la construction de deux nefs latérales et laissant le clocher intact ne furent pas agréés par l’évêque Mgr Le Breton. En fait, il voulait une construction neuve, sur un autre emplacement. Vives résistances de la fabrique, du curé Favier et de la plupart des habitants. Battu sur ce terrain, le curé Favier garda le silence, mais ne resta pas inactif et étudia la question des finances. En visite au château de Chassagnes chez le baron Julien-Alexandre de Croze, il y rencontra Mgr Nardi, camérier secret du pape Pie IX. Mgr Nardi lui suggéra alors l’idée de demander au souverain pontife la permission de solliciter les prêtres du diocèse du Puy : ceux-ci devraient dire gratuitement pour leur paroisse un certain nombre de messes, obtenir de célébrer ces messes à l’intention des personnes qui les payeraient et de verser les fonds réceptionnés dans une caisse commune. Demande couronnée de succès. Pie IX, par indult du 22 juin 1867, accorda cette permission pour cinq ans qui permit de récolter 60 000 francs. Pendant ce temps l’évêque du Puy avait remplacé le curé Favier par le curé Touzet, acquis à ses idées. En deux années, celui-ci sut convaincre la fabrique et la plupart des habitants de la construction d’une nouvelle église. Pour 90 000 francs, l’adjudication des travaux fut signée le 25 avril 1875. 1878 est l’année qui vit la fin de construction de la nouvelle église sur l’actuelle place Lafayette. L’ancienne église devait être détruite quelques années plus tard en 1913.
En 1997, l’église Saint-Étienne fut restaurée par l’architecte Jacques Porte. Cette église de style néo-gothique fait partie du « Réseau Européen des Sites Casadéens ».6970
En février 1790, le curé Guillaume de La Bastide, qui habitait 9 rue de la Tour, devint Maire de la toute nouvelle commune de Paulhaguet.
Les temps agités de la Révolution se ressentirent dans la localité en voyant plusieurs Maires se succéder en peu de temps à la tête de Paulhaguet. Côté église, Guillaume de La Bastide, considéré comme chef du parti contre‑révolutionnaire, fut remplacé par le curé constitutionnel Jean-Baptiste Fabre, et dut s’exiler en Suisse. L’église Saint-Étienne fut dédiée au nouveau culte de la Raison. Pendant un certain temps, il fut toléré que la messe traditionnelle puisse avoir lieu à Notre-Dame de la Providence, chapelle de l’Hospice, mais, sous la Terreur, elle dut être célébrée clandestinement, la nuit, dans des granges et des étables aux alentours de Paulhaguet.71
Le 11 décembre 1842 : la commune de Censac-Lavaux est rattachée à celle de Paulhaguet.
Au XIXe siècle, Paulhaguet devint un centre intellectuel et culturel qui permit à plusieurs de ses enfants de s’épanouir et de s’illustrer. Les notables de la commune, issus surtout des familles Branche, Fabre, Pissis se succédèrent en tant que Maires et plusieurs de leurs membres se distinguèrent dans leurs fonctions à l’image du général Pissis72 et d’Emmanuel Branche.
Ce fut pendant cette période que la commune connut l’implantation de l’école communale, la construction de la halle aux grains, l’édification de la nouvelle église73, la création d’un corps de sapeurs-pompiers, la fondation de la fanfare, la construction de la gare de Paulhaguet sur la commune voisine de Salzuit… A cette même époque, Alfred Vidal Maire de Paulhaguet, fils de Vital qui l’avait construite, développa la tuilerie pour lui donner une dimension industrielle.
Ce développement de la commune se poursuivit au début du XXe siècle, mais devait être brutalement stoppé par la guerre 1914-1918 qui décima toute une génération de jeunes Français.
La vie reprit malgré tout avec les années folles qui redonnèrent aux gens le goût de vivre. Le développement des sociétés de sport, de musique, de la danse dans les fêtes locales et un meilleur confort de vie avec l’arrivée de la fée électricité, de la radio, l’installation de l’eau potable à domicile… créèrent une nouvelle dynamique dans nos villages. De plus, la tuilerie attira de nombreux Italiens qui s’installèrent pour la plupart d’entre eux sur la commune de Couteuges.
La crise économique qui affecta la France en 1931 tempéra cette allégresse collective.
La guerre d’Espagne permit à Paulhaguet de justifier encore une fois sa réputation d’hospitalité en accueillant à partir de 1936 de nombreuses familles espagnoles fuyant la dictature franquiste.
La débâcle de 1940 face aux troupes allemandes est synonyme du début d’une autre période sombre de l’Histoire de la France. Dès 1941, par l’intermédiaire de Marcel Gauthier, un premier groupe de Résistance se forme à Paulhaguet avec Jean Perrot (alias Claude), Maurice Badel, son épouse Ernestine Badel (alias Ernestine), leur fils Henri Badel (alias Ritou), Ernest Garnier (alias Gallus), Jean Villejoubert (alias Bert), Marius Lagrange (alias Marius), groupe qui sera bientôt intégré à celui de Combat dirigé par Joseph Lhomenède.
De nombreuses familles venant surtout des grandes villes se réfugient à Paulhaguet pour tout simplement manger à leur faim, sans oublier les familles juives persécutées par le régime de Pétain qui furent cachées dans le bourg ainsi que dans les fermes et communes environnantes.
En août 1944, la Haute-Loire se libère par elle-même avec la Résistance locale. Une colonne allemande composée d’environ 800 hommes et de nombreux miliciens quittent Le-Puy-en-Velay pour rejoindre la vallée du Rhône. Ils sont harcelés tout au long de leur parcours. Le groupe de résistants de Paulhaguet les attaque à Chomelix et Jean Perrot son chef est blessé dans l’accrochage. La colonne allemande n’ira guère plus loin puisqu’elle capitulera quelques kilomètres plus loin, et se rendra à la Résistance le 22 août 1944 à Estivareilles dans la Loire.
Commémoration de l’armistice du 8 mai 1945 à Paulhaguet
Après la Seconde Guerre mondiale, la période nommée les « Trente Glorieuses » débuta jusqu’en 1953 environ par un baby-boom : il n’y eut jamais autant d’enfants dans les rues de Paulhaguet qu’à cette époque.74 Les adultes travaillent dur pour relever la France de la guerre. Paulhaguet connaît alors une croissance économique exceptionnelle due à l’activité et au développement de ses nombreux commerces, artisanats et entreprises. À titre d’exemple, en 1960, dans le bourg, il y avait 4 boulangers, 4 bouchers, 2 charcutiers, 6 épiciers, plus d’une vingtaine de cafés, plusieurs scieries…
À partir de 1973, la crise énergétique frappera de plein fouet l’économie française et mettra fin à cette période de prospérité, voyant Paulhaguet péricliter et perdre jusqu’à nos jours l’essentiel de sa population.
Cela n’empêcha pas la commune de continuer à se développer avec la construction de la salle polyvalente, la réalisation du lotissement du Mignal, la construction du collège de Paulhaguet en 1971, l’aménagement du plan d’eau et du camping sous le mandat de Jean Dessauce, Maire de 1971 à 1975.
Sous celui de Claude Vidal qui fut Maire de 1975 à 2001, des réalisations importantes virent le jour : la reconstruction de l’école primaire en 1985, l’établissement des lotissements des Rivaux et des Pireilles I, la rénovation complète de la place Lafayette, la construction de la maison de retraite des Pireilles en 1994 et de la nouvelle gendarmerie en 1996 ainsi que celle du Centre de Secours du Pays de Paulhaguet en l’an 2000.
Ensuite, le lotissement des Pireilles II fut réalisé par Jean-Philippe Delmas (Maire de 2001 à 2008) et celui des Pireilles III matérialisé sous l’égide d’Émile Roussel (Maire de 2014 à 2020).
À la fin du XIe siècle, le prieuré de Censac fut construit pour y loger une Mère prieure et deux ou trois moniales. En 1077, suite à des donations de Robert II à sa fille la belle Judith d’Auvergne, abbesse de Lavaudieu, le prieuré de Censac, est rattaché à l’abbaye de Lavaudieu.
Le début du XIIe siècle voit la construction de l’église romane de Censac dédiée à Sainte-Croix. Elle est, à quelques décimètres près, de dimensions tout à fait analogues à l’église de Domeyrat construite elle aussi au XIIe siècle. Elle est demeurée église paroissiale de Censac, Lavaux, Promeyrat, Le Brenoncel, Le Jaroussier, Montorgue et Rodier jusqu’à la Révolution.
Lors des guerres de religion, à la fin du XVIe siècle, le couvent de Lavaudieu fut pillé par les huguenots. La nuit, les religieuses s’échappèrent par une porte dérobée donnant sur la Senouire afin de gagner Paulhaguet par les bois avec une petite escorte. Les bénédictines de Censac, elles aussi, se réfugièrent à Paulhaguet. La ville et ses faubourgs, situés sur un promontoire, bien défendus par une garnison et protégés par des tours et des murs crénelés résistèrent aux assauts des huguenots.
Le 18 avril 1582, quelques années après la Saint-Barthélemy, Anthoine Hugon, chirurgien à Paulhaguet, deviendra propriétaire du domaine de Censac. Son arrière- petite-fille Isabeau Hugon épousera en l’église de Paulhaguet le 9 juillet 1673 le sieur Pierre Le Poupet et lui apportera en dot Censac. Le dernier descendant Le Poupet prénommé aussi Pierre, décèdera le 5 avril 1768 et sera inhumé en l’église de Censac, laissant son épouse Jeanne Claudine de Champier sans postérité.
En 1791, fut créée la commune de Censac-Lavaux qui fusionnera le 11 décembre 1842 avec celle de Paulhaguet.75
Après la Révolution, l’église fut désaffectée, vendue comme biens nationaux, ce qui entraîna le début de sa ruine dont il ne reste aujourd’hui que le mur nord et le chœur avec quelques fresques.
Jeanne Claudine de Champier vendra Censac en viager par acte du 18 Messidor an 10 (7 juillet 1802) à Jean Grenier (1755 – 1833). Cette propriété restera sans discontinuer, de père en fils, dans la famille Grenier jusqu’à Jean Grenier Choriol de Ruère (30/08/1921 – 27/01/1998), mort sans postérité, dont le grand-père, qui avait épousé Julia Choriol de Ruère le 21 juin 1881, fut cofondateur et premier président de l’Almanach de Brioude.
L’actuel propriétaire du domaine de Censac est Arnaud de Bronac, arrière-petit- fils du colonel Fernand Grenier Choriol de Ruère, qui fut propriétaire de Censac jusqu’en 1977 et père de Jean précédemment cité.
À noter qu’un souterrain aurait relié le château de Censac à celui de Chassagnes.76
-Jacques Branche (1590 à Paulhaguet – 29/09/1662) : hagiographe de Notre-Dame du Puy. Ce prédicateur, prieur de Pébrac, célèbre pour ses sermons et historien distingué a également publié de nombreux ouvrages dont « Vie des Saints et Saintes d’Auvergne et du Velay » en 1652.77
-Dominique Branche (31/03/1815 à Paulhaguet – 25/09/1887 à Paulhaguet) : personnage remarquable par sa production poétique, son activité archéologique et son œuvre historique, devint Inspecteur-Conservateur des Monuments Historiques de la Haute-Loire.78
-Maurice Branche (22/06/1746 – 03/04/1822) : avocat et membre de l’Assemblée provinciale d’Auvergne, député du tiers état aux États généraux de 1789 à 1791.79
-Guillaume de La Bastide (22/09/1743 – 05/05/1827 à Paulhaguet) : curé de la paroisse, il devint le premier Maire de Paulhaguet et fut député du clergé aux États généraux de 1789.80
-Charles Victor Pissis (10/07/1806 à Paulhaguet – 01/12/1872) : général dont la statue surplombe le monument aux morts de la place Lafayette. Il a fait les campagnes d’Afrique, d’Italie et a été chef d’état-major du Corps d’armée d’occupation à Rome.81
-Paul Boulagnon (1920 à Paulhaguet - 2007) : un des pionniers du cinéma sous- marin en France dont la mémoire est honorée au musée Frédéric Dumas à Sanary dans le Var ; auteur du livre « Emmanuel Rougier - Des Isles d’Auvergne à l’Océanie ».82
-Roch-Etienne de Vichy (07/07/1753 à Paulhaguet – 03/04/1829) : aumônier de la reine de France Marie-Antoinette, évêque d’Autun, pair de France et conseiller d’État.83
La Gaule à l’avènement de Clovis (481)
10 « Armorial Général du Velay et des enclaves de l’Auvergne, du Gévaudan, du Vivarais et du Forez » de Georges Paul, Presses de MM. Peyriller, Rouchon et Gamon, 1912.
11 Blason de Paulhaguet dessiné par Daniel Juric, créateur du site internet de l’ARMORIAL des villes et des villages de France : https://armorialdefrance.fr
12Dictionnaire topographique du département de la Haute-Loire de A. Chassaing et A. Jacotin, Imprimerie Nationale, 1907.
13 Voir le chapitre « Les origines de Paulhaguet ».
14Le rayonnement de La Chaise-Dieu de Pierre Roger Gaussin, éd. Watel Brioude, 1981.
15 Chapitre de Saint-Julien de Brioude, Catalogue personnel canonial du XIIIe au XVe siècles, de Claude Astor, éd. Almanach de Brioude, 2017.
16 « Spicilegium Brivatense », Recueil de documents relatifs au brivadois et à l’Auvergne d’Augustin Chassaing, éd. Alphonse Picard, Paris, 1886.
17Brioude occupée, rançonnée, Seguin de Badefol de Philippe Bergot, Almanach de Brioude, 2001.
18 Voir le chapitre « La bataille de Paulhaguet ».
19 Voir le chapitre « Paulhaguet les deux églises ».
20 Voir le chapitre « Les origines de Paulhaguet ».
21 Voir le chapitre « Les origines de Paulhaguet ».
22 Ibid.
23 Voir le chapitre « L’histoire singulière du pont de Paulhaguet ».
24 Ibid.
25 Article Le noble Chapitre de Saint-Julien de Brioude de Pierre Cubizolles, éd. Pierre Cubizolles, 1978.
26La réquisition du château de Flagheac d’Antoine Branche, éd. Almanach de Brioude, 1939.
27 Voir le chapitre « L’histoire singulière du pont de Paulhaguet ».
28 Ibid.
29Dictionnaire topographique du département de la Haute-Loire de A. Chassaing et A. Jacotin, Imprimerie Nationale, 1907.
30 Voir le chapitre « Paulhaguet sous la Révolution ».
31 Ibid.
32 Voir le chapitre « Le Général Pissis glorieux enfant de Paulhaguet ».
33Soldats brivadois dans les armées de Napoléon de Roger Richard, Imprimerie Jeanne-d’Arc, Le Puy-en-Velay, 2003.
34 Archives départementales de la Haute-Loire.
35 Archives départementales de la Haute-Loire, réf : br 1237, « Paulhaguet et son passé ».
36 Ibid.
37 Ibid.
38 Magazine de la Communauté de Communes du Pays de Paulhaguet, mai 2000.
39 Voir le chapitre « L’histoire singulière du pont de Paulhaguet ».
40 Voir le chapitre « Le Général Pissis glorieux enfant de Paulhaguet ».
41 Magazine de la Communauté de Communes du Pays de Paulhaguet, mai 2000.
42 Archives Départementales de la Haute-Loire.
43 Voir le chapitre « Paulhaguet les deux églises ».
44 Archives départementales de la Haute-Loire.
45 Ibid.
46 Extrait du journal La Haute-Loire, 26 août 1892.
47 Article « Les tremblements de terre dans le brivadois et les régions circonvoisines » de Guy Pegère, Almanach de Brioude, 1998.
48 Voir le chapitre « Paulhaguet les deux églises ».
49 Voir le chapitre « Paulhaguet pendant la guerre 1914-1918 ».
50 Voir le chapitre « Jaune et noir » du Football Club Paulhaguétois.
51 Archives Départementales de la Haute-Loire.
52 Voir le chapitre « Montclard le mystique ».
53 Magazine de la Communauté de Communes du Pays de Paulhaguet, mai 2000.
54 Voir le chapitre « L’appel du 18 juin 1940 reçu 5 sur 5 à Paulhaguet ».
55 Voir le chapitre « Joseph Lhomenède héros de la Résistance ».
56 « A nous Auvergne ! » par G. Lévy et F. Cordet, éd. Presses de la Cité, 1974.
57 Voir le chapitre « La Gaule Paulhaguétoise ange gardien de la Senouire ».
58 « La Résistance à Brioude et dans sa région », de P. Gervais et R. Chany, éd. Impr. Robert, 1986.
59 Ibid.
60 Ibid.
61 Voir le chapitre « Jaune et noir » du Football Club Paulhaguétois.
62 Voir le chapitre « La Gaule Paulhaguétoise ange gardien de la Senouire ».
63 Voir le chapitre « La Gaule Paulhaguétoise ange gardien de la Senouire ».
64 Ibid.
65 Information de Gérard Belin, Maire de Paulhaguet.
66 Voir le chapitre « Les origines de Paulhaguet ».
67Dictionnaire biographique de la Haute-Loire, éd. Per Lous Chaarnis, Yssingeaux, 1982.
68 Archives départementales de la Haute-Loire, réf : br 1237, « Paulhaguet et son passé ».
69 Voir le chapitre « Paulhaguet les deux églises ».
70Églises de Haute-Loire de Régis Thomas, Martin de Framond et Bernard Galland, article sur Paulhaguet de Mme Jean Grenier Choriol de Ruère, éd. Phil’Print, 2015.
71 Voir le chapitre « Paulhaguet sous la Révolution ».
72 Voir le chapitre « Le Général Pissis glorieux enfant de Paulhaguet ».
73 Voir le chapitre « Paulhaguet les deux églises ».
74 Voir le chapitre « Éveil d’un enfant de Paulhaguet dans les années 1950 ».
75 Article « Historique du domaine de Censac » de Jean Grenier Choriol de Ruère, Almanach de Brioude, 1999.
76 Information de Régine Pagès, chassagnoise, communiquée le 13 juin 2019.
77Dictionnaire biographique de la Haute-Loire, op. cit.
78 Voir le chapitre « Paulhaguet sous la Révolution ».
79 Ibid.
80 Ibid.
81 Voir le chapitre « Le Général Pissis glorieux enfant de Paulhaguet ».
82 Voir le chapitre « La Chomette la bienveillante ».
83 Voir le chapitre « Paulhaguet sous la Révolution ».
Pauliacum, le premier nom connu à ce jour de Paulhaguet, est à consonance latine et semble révéler que le bourg de Paulhaguet existait déjà pendant la période gallo-romaine (-121 à 476 apr. J.-C.) durant laquelle la Gaule faisait partie intégrante de l’Empire romain.
« Ce toponyme vient du prénom latin Paulus, cognomen signifiant petit. L’apôtre Paul avait pris ce nom latin à cause de sa petite taille. Avec son suffixe de localisation et d’appartenance -ac, issu du latin -acum, Pauliacum rappelle le nom du premier propriétaire de l’endroit, un Gallo-Romain du nom de Paulus. »84 Les barbares wisigoths d’Alaric envahirent notre région (voir carte)85 mettant un terme à la domination romaine, mais peu d’informations de cette période ont transité jusqu’à nos jours.
Chassés par les francs, l’avènement de Clovis et surtout sa conversion au christianisme firent que de nombreuses villes ou villages décidèrent de se débarrasser des noms latins imposés par l’ancien occupant romain en reprenant des noms plus gaulois à l’image de Lutetia qui devint Paris du nom des Gaulois Parisiis. Ce ne fut pas le cas de Paulhaguet qui portait encore le nom de Pauliacum vers 88886 juste avant le couronnement du roi de France Charles III le simple.
Ensuite, sous Saint-Louis, en l’an 1255, Paulhaguet porta le nom de Pauliaguetum87 « guet » qui désigne un diminutif des noms en ac88 aurait été ajouté, le nom de Pauliacum devenant Pauliaguetum.
« La tendance générale est d’abord, notons-le, à la simplification. Les sons qui suivent une syllabe accentuée par exemple sont appelés à disparaître, de même que certaines consonnes finales. Les mots ont donc une certaine propension à raccourcir »90. D’où la disparition de um de Pauliaguetum.
Ce fut dans cette période qu’il gagna le « h » si caractéristique de son nom actuel puisqu’en 1511, avant l’avènement de François 1er, il se nommait alors Polhaguet91. « Mais au-delà de ces évolutions normales, les toponymes ont subi pas mal d’altérations à la fois dans le langage oral et dans les documents écrits, à cause de fréquentes erreurs de copie ou parfois du caprice ou de l’ignorance d’un scribe »92. Ce qui pourrait expliquer les différentes orthographes : Polhaguet, Paulhaguet.
Enfin, le document officiel du roi François 1er, publié en 1529, instaurant les foires et marchés de la localité mentionne une « ville de Paulhaguet » orthographiée exactement comme de nos jours en ce début de XXIe siècle.
Dans les périodes récentes, le qualificatif de « ville » attribué à Paulhaguet fut contesté bien que Paulhaguet fut qualifié de ville dans le texte d’institution des marchés et foires par François 1er. Beaucoup de villes, parfois modestes, possédaient des murs de protection, murs qui au-delà de leur vertu défensive, avaient un fort pouvoir symbolique au point même que, jusqu’à la révolution, on considérait que ce sont les murs qui définissaient une ville comme telle.
Jadis, Paulhaguet était fortifiée d’où sa qualification de ville.
En occitan, ou mieux en patois local, « lh » se prononce « y » à l’image de Paulhac, Chilhac, Reilhac… Ce n’est pas le cas de Paulhaguet dont « lh » se dit « l ». Depuis ma naissance à Paulhaguet même, j’ai toujours entendu les habitants des 19 communes de l’ancien canton de Paulhaguet dire « Paulaguet ». Personnellement, j’estime que la langue appartient à ceux qui la pratiquent donc : Vive Paulaguet ! Oups ! Pour ma coquille !... « Vive Paulhaguet » avec un h muet, bien entendu !
Paulhaguet est le bourg le plus important du Chaliergue. Le toponyme « Chaliergue » serait né du radical « caillou » qui, comme « clapier », avait une origine pré-indo-européenne. De formation gallo-romaine, « Chaliergue » fut auparavant identifié par « Callianicum » (le domaine des pierres)93.
84Dictionnaire des noms de lieux de la Haute-Loire de Jeanne-Marie Emond, éd. Archives et Culture, 2011.
85La Hache et la croix de François Cavanna, éd. Albin Michel, 1999.
86La Haute-Loire, les 260 communes de Daniel Delattre, éd. Delattre, 2007.
87 Ibid.
88 Almanach de Brioude, 1933, « Notes sur Paulhaguet » d’Antoine Branche.
89 Archives départementales de la Haute-Loire, réf : br 1237, « Paulhaguet et son passé ».
90Dictionnaire des noms de lieux de la Haute-Loire, op. cit.
91La Haute-Loire, les 260 communes, op. cit.
92Dictionnaire des noms de lieux de la Haute-Loire, op. cit.
93 Édition Chamina sur Paulhauguet de 2015.
Rue du 4 Septembre
Rue du 152e Régiment d’Infanterie
Place des Anciens Combattants
Impasse Aristide Briand
Place Aristide Briand
Chemin de Bellemont-Nord
Allée du Bon Temps
Chemin du Breuil
Rue de la Buge
Impasse Carnot
Rue Charles Bonhoure
Route de Chassagnes
Chemin du Chausse
Rue de la Chèvrerie
Rue du Collège
Rue du Coudert
Rue du Docteur Jacques Boulagnon
Rue du Docteur Vidal
Route de Domeyrat
Rue de l’Égalité
Route d’Esfacy
Rue de l’Espirille
Chemin d’Esvissac
Avenue de la Gare
Rue du Général Pissis
Rue de l’Hôtel de Ville
Impasse Jean Jaurès
Rue Jeanne d’Arc
Rue Jeanne Michel
Rue Joseph Lhomenède
Place Jules Maigne
Place Julien Fayolle
Rue de La Chaumasse
La Fridière
La Garde
Chemin de la Ravelle
Chemin de Lachaud
Place Lafayette
Rue Lafayette
Route de Langeac
La Breuil Sud
Le Gray
Place la Liberté
Place Louise Fedon
Chemin de Madame
Allée du Mignal
Rue du Moulin
Rue Neuve
Rue Notre‑Dame
Impasse des Pireilles
Passage des Pireilles
Plaisance
Impasse de la Poterie
Rue du Quartier Général
Rue des Remises
Rue de la République
Rue de la Ribeyrette
Allée des Rivaux
Chemin des Rivaux
Place des Rivaux
Place Saint‑Étienne
Rue de la Senouire
Allée des Sorbiers
Rue de la Tour
Impasse du Vallat
Place du Vallat
Place aux Veaux
Rue des Versonnes
Rue du 4 septembre
Le 4 septembre est le jour de proclamation de la IIIe République en France.
Rue du 152e Régiment d’Infanterie
Le 152e Régiment d’Infanterie, créé sous la Révolution, surnommé « le régiment des Diables Rouges » s’est illustré notamment lors de la 1re Guerre mondiale et en 1944-1945 lors des campagnes d’Alsace et d’Allemagne, ayant intégré dans ses rangs des résistants d’Auvergne (volontaires du 15/2). Roger Lyon est un de ces résistants volontaires de Paulhaguet qui a sacrifié sa vie le 26 novembre 1944 en Alsace pour libérer son pays.
Place des Anciens Combattants
En mémoire des anciens combattants de la guerre 1914-1918 voire des combattants pour la France de toutes les guerres.
Impasse Aristide Briand
Aristide Briand (28/03/1862 – 07/03/1932) était un homme politique français qui a été plusieurs fois président du Conseil et plusieurs fois ministre sous la IIIe République. Il a été rapporteur de la séparation des Églises et de l’État en 1905 et il reçut en 1926 le prix Nobel de la Paix pour son action en faveur de la réconciliation entre la France et l’Allemagne.
Place Aristide Briand
Idem à impasse. Ancien nom probable : place de la Terraille où s’y négociait des poteries les jours de foires et de marchés94.
Chemin de Bellemont-Nord
Chemin prolongé au sud de l’autre côté de l’Avenue de la gare par celui de Bellemont-Sud95.
Allée du Bon Temps
Que soient à jamais heureux les Paulhaguétois qui habitent Allée du Bon Temps !
Chemin du Breuil
Chemin menant au lieu-dit « Le Breuil ».
Rue de la Buge
Une buge était un pacage, lieu de pâture pour les troupeaux que l’on ne fauchait pas96.
Les abattoirs de Paulhaguet se tenaient encore dans les années 1960 au fond de la rue de la Buge.
Impasse Carnot
Sadi Carnot (11/08/1837 – 25/06/1894) fut président de la IIIe République à partir de 1887 jusqu’au 25 juin 1894, date de son assassinat par un anarchiste.
Rue Charles Bonhoure
Aucune trace recensée à ce jour de Charles Bonhoure.
Route de Chassagnes
Route en direction de Chassagnes, une des 19 communes de l’ancien canton de Paulhaguet.
Chemin du Chausse
Chemin en direction du Chausse, lieu-dit situé sur la commune de Saint‑Georges - d’Aurac entre Azinières et La Brequeuille. Le chemin du Chausse faisait partie de la voie celtique reliant le Velay à l’Auvergne et était un tronçon de la Régordane.9798
Rue de la Chèvrerie
Endroit abritant un élevage de chèvres.
Rue du Collège
Rue longeant le collège de Paulhaguet.
Rue du Coudert
Le coudert était une étendue de terrains dont pouvaient disposer les villageois. Autrefois, à Paulhaguet, il se situait de l’actuelle place Lafayette à La Garde.
Rue du Docteur Jacques Boulagnon
Le Docteur Jacques Boulagnon (28/12/1887 – 20/06/1976) appelé « le médecin des pauvres » a été honoré du nom d’une rue inaugurée en 2010 par le Maire de Paulhaguet Jean-Marc Bony.
Rue du Docteur Vidal
Le Docteur Alfred Vidal (07/06/1846 – 25/08/1910) fut Maire de Paulhaguet de 1881 à 1910, conseiller général de 1890 à 1910 et Président du Conseil Général de la Haute-Loire de 1906 à 1910. Il succéda à son père Vital Vidal à la tête de la Tuilerie que celui-ci avait fondée en 185399.
Route de Domeyrat
Route en direction de Domeyrat, une des 19 communes de l’ancien canton de Paulhaguet.
Route de l’Égalité
Allusion à la devise de la République française « Liberté, Égalité, Fraternité ».
Route d’Esfacy
Route en direction d’Esfacy, village de Mazerat-Aurouze, commune de l’ancien canton de Paulhaguet.
Rue de l’Espirille
Rue du lieu-dit « L’espirille ».
Chemin d’Esvissac
Chemin en direction d’Esvissac, hameau de Chassagnes, commune de l’ancien canton de Paulhaguet.
Avenue de la Gare
Avenue menant à la gare de Paulhaguet située à Salzuit, commune de l’ancien canton de Paulhaguet.
Rue du Général Pissis
Charles Victor Pissis (10/07/1806 à Paulhaguet – 01/12/1872) est le général dont la statue est sur le monument aux morts de la place Lafayette. Il a fait les campagnes d’Afrique, d’Italie et a été chef d’état-major du Corps d’armée d’occupation à Rome. Il passa son enfance dans la maison située au n° 15 de cette rue, portant maintenant son nom, située à l’emplacement de La Poste actuelle 100.
Rue de l’Hôtel de Ville
Rue jouxtant la Mairie.
Impasse Jean Jaurès
Jean Jaurès (03/09/1859 – 31/07/1914) homme politique français fondateur du journal l’Humanité. Partisan de la paix, il fut assassiné le 31 juillet 1914 par un nationaliste à la veille de la Première Guerre mondiale.
Rue Jeanne d’Arc
