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Le texte anonyme "Peines, tortures et supplices" explore les mécanismes de la souffrance au sein des sociétés, en examinant les pratiques de châtiments physiques et psychologiques. Avec un style direct et parfois choquant, l'ouvrage s'inscrit dans le contexte des débats sur la justice et la moralité du XVe au XVIIe siècle, période marquée par des tensions sociales et des réformes légales. L'auteur, empreint d'une profonde réflexion éthique, présente des éléments historiques et sociologiques qui permettent de comprendre l'usage de la torture, offrant à la fois un récit documentaire et une critique des inégalités de pouvoir. L'absence de nom d'auteur pour ce texte renforce son impact, permettant au lecteur de saisir le poids collectif de cette expérience humaine tragique. L'auteur, peut-être influencé par les abus de pouvoir dans son époque, semble vouloir dénoncer l'inhumanité des systèmes judiciaires. Cet anonymat laisse penser que l'auteur souhaite mettre en avant le message plutôt que sa propre identité, ce qui rend le propos accessible et universel. "Peines, tortures et supplices" est un ouvrage incontournable pour ceux qui s'intéressent à l'histoire des châtiments et à la psychopathologie de la violence institutionnelle. Il offre des perspectives éclairantes sur la condition humaine, questionnant la moralité des systèmes de justice et invitant à une réflexion critique sur notre rapport à la souffrance.
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Veröffentlichungsjahr: 2020
Il est bien entendu que, dans cette collection, il n'est en aucune façon question de systèmes ni de théories. Dans chaque branche physiologique, sociale ou naturelle, ont été relevés avec soin les faits curieux qui se recommandent à l'attention par leur étrangeté. Le présent volume traite des peines corporelles: nous avons dû commencer par les prisons, et nous n'avons pas jugé nécessaire de remonter dans l'antiquité, attendu que cachots, caveaux ou cellules ne présentent pas de différences assez notables pour donner lieu à une description spéciale. Nous ne nous sommes donc attachés qu'à donner les détails les plus minutieux sur la prison qui réalise le plus complètement le type des établissements pénitentiaires actuels. Nous voulons parler de Mazas.
Passant ensuite à une pénalité d'un degré supérieur, nous avons décrit les Bagnes.
Il nous était impossible de passer sous silence les effroyables tortures usitées dans les temps anciens, au moyen âge et même aujourd'hui encore, dans quelques pays civilisés.
Enfin, nous nous sommes attachés à une étude aussi complète que possible des différents supplices, tant anciens que modernes, qui ont ou avaient la mort pour résultat.
Ce petit volume est donc divisé en quatre parties:
Première partie: Les Prisons.
Deuxième partie: Les Bagnes.
Troisième partie: La Torture.
Quatrième partie: La Peine de Mort.
Pour les détails de l'index, voir la table à la fin du volume.
Les prisons de la Seine sont au nombre de huit; plus quatre dépôts de sûreté. Elles renfermaient l'année dernière, au jour où a été fait le relevé des écrous, 4520 détenus, dont 3219 hommes et 1301 femmes.
Cette population se divisait ainsi:
Mazas, 1050 hommes; la Roquette (dépôt des condamnés), 384 hommes; la Conciergerie (maison de justice), 82 hommes; Saint-Lazare (maison d'arrêt et de correction), 2 hommes et 992 femmes; Madelonnettes (idem), 440 hommes; Sainte-Pélagie (idem), 526 hommes; Saint-Denis (maison de répression), 618 hommes et 298 femmes; Clichy (prison pour dettes), 117 hommes et 11 femmes.
Voici comment le travail est divisé dans ces maisons:
À la Roquette, il y a surtout des cordonniers, des corroyeurs, des natteurs, des papetiers, de la sparterie et des tailleurs.
À la Conciergerie, il n'existe pas d'ateliers; tout le travail se réduit au service intérieur.
À Saint-Lazare, les spécialités de travail sont la couture, le raccommodage, le service intérieur.
À Sainte-Pélagie, nous trouvons de grands ateliers: agrafes, boutons, chaînes, chapelets, chaussonnerie, cordonnerie, cuirs, éventails, menuiserie, joncs, plaques en cuir, sparterie, semelles, tailleurs et service intérieur.
À Mazas, les industries sont moins nombreuses: les agrafes, les chaînes, les chaussons, le cuir, les copistes, les épinglettes, les tailleurs, la papeterie.
Aux Madelonnettes, mêmes ateliers, et, en plus, plumassiers, vieux linge.
À Saint-Denis, mêmes industries.
La moyenne de la journée de travail est de 47 centimes.
Le travail a produit net: 420946 fr. 82 c., qui ont été répartis: 157315f. aux hommes, 57567f. aux femmes et 205973f. à l'entrepreneur.
Aux dépôts de sûreté, le travail est nul.
Nous donnons plus loin une très-minutieuse description de Mazas, la prison la plus curieuse de Paris. Nous allons seulement passer en revue quelques établissements pénitentiaires de la capitale, en indiquant leurs caractères principaux.
Est ainsi nommée parce qu'au temps où les rois de France habitaient le palais de la Cité, c'était dans ce bâtiment que demeurait le concierge de la résidence royale.
C'est là que furent enfermés Ravaillac, l'assassin de Henri IV, et Damiens, qui avait frappé Louis XV.
La tour de Montgomery doit son nom au séjour forcé qu'y fit le comte de Montgomery, après avoir frappé Henri II de sa lance dans un tournoi.
Ont été enfermés à la Conciergerie Marie-Antoinette, madame Élisabeth, les Girondins, madame Roland, le duc d'Orléans, Danton, Camille Desmoulins, les Hébertistes, Robespierre, Saint-Just; sous l'Empire, Georges Cadoudal; sous la Restauration, le comte de La Vallette, les quatre sergents de La Rochelle, Béranger; sous Louis-Philippe, Godefroy Cavaignac, Marrast, Lamennais, et enfin, à une époque récente, MM. Nefftzer, actuellement rédacteur en chef du Temps, Ch. et F. Hugo, Vacquerie, Paul Meurice, Pianori et Orsini.
Cette prison fut d'abord un monastère, et saint Vincent de Paule l'habita avec la congrégation des Prêtres de la mission. Il y mourut en 1660.
C'est là que sont enfermées les femmes coupables et notamment toutes celles qui se livrant à la prostitution ont contrevenu aux règlements de police.
Saint-Lazare contient une pistole, où habitent les détenues qui peuvent payer les frais de leur séjour. Ces cellules ne sont fermées que pendant la nuit.
Les femmes qui sont condamnées pendant qu'elles nourrissent conservent leur enfant dans la prison.
La garde des détenues est confiée à cinquante sœurs.
Les femmes travaillent dans un atelier et sont particulièrement occupées à des ouvrages de couture. La journée rapporte en moyenne deux francs.
Le nombre des détenues est de 900 à 1000.
Enfin, c'est à Saint-Lazare que se trouve la manutention du pain pour toutes les prisons de Paris.
Les renseignements les plus complets et les plus intéressants ont été donnés par M. Alfred Sirven dans un volume publié: Les Prisons politiques1.
Sainte-Pélagie est particulièrement affecté aux détenus pour dettes (la contrainte par corps subsistant pour les dettes envers l'État) et les condamnés politiques. Un pavillon particulier, dit des Princes, est réservé aux condamnés pour délits de presse.
Bien des illustrations ont passé à Sainte-Pélagie; contentons-nous de citer Béranger, P.-L. Courier, Armand Carrel, Lamennais, Proudhon, M. de Girardin, Laurent Pichat, Vermorel, Eug. Pelletan.
[1] Chez Lebigre-Duquesne. 1 vol., 3 fr.
Cette prison se trouve rue de la Clé, non loin de l'hôpital de la Pitié.
Sans nous arrêter à
qui n'a d'intérêt que par la cellule des condamnés à mort, décrite dans notre chapitre consacré aux exécutions, arrivons enfin à la prison la plus importante de Paris.
Nous empruntons nos détails à un très-curieux travail d'un journaliste, M. Jules Lermina, qui, sous ce titre, Soixante-douze heures à Mazas, publia dans le Corsaire, journal qui n'eut que trois mois d'une existence très-agitée, une relation minutieuse de ce qu'il avait vu et remarqué pendant son séjour dans cette prison.
Nous avertissons seulement le lecteur qu'il remarquera beaucoup d'optimisme dans cette description: le prisonnier était sans doute d'une dose remarquable de philosophie; mais nous avons été en général habitués à une telle exagération en sens contraire dans les descriptions publiées par les détenus, que nous ne regrettons pas de devoir à la liberté d'esprit du prisonnier des détails que d'autres plus émus eussent passés sous silence.
C'est le détenu qui parle:
Il faisait presque nuit: quelques minutes après, et sans que je puisse trop me rappeler comment, j'étais dans la voiture. Elle m'a paru contenir dix cellules. Celle où je me trouvais avait exactement la forme d'une boîte longue, dressée dans le sens de sa hauteur. J'étais assis sur un petit banc, soutenu par une tige de fer mobile, à la façon des strapontins de nos victorias à deux places. La largeur de la boîte ne dépassait pas de plus de trois ou quatre centimètres celle de mes épaules. J'étais emboîté, le mot est parfaitement exact. Je n'avais pas le loisir d'étendre mes jambes, mais du moins mes genoux ne touchaient pas à la paroi qui me faisait face et qui formait une partie de la cloison extérieure de la voiture. Victor Noir était dans la boîte adossée à la mienne, et nous pûmes échanger quelques mots.
En face de moi, se trouvait une ouverture fermée d'abord à l'intérieur par des feuillets de persiennes, fixés et serrés, puis à l'extérieur par une sorte de cloison qui empêchait absolument de voir au dehors. Cependant, tout à fait à sa partie supérieure, et en se dressant à demi sur ses pieds, on apercevait le ciel et souvent le haut des maisons.
Je me trouvai dans un premier greffe, où l'on prit mon état civil, complet, qui fut inscrit sur un livre, et mon signalement; je dus retourner mes manches afin qu'on pût vérifier si j'avais quelque tatouage. Puis on m'ouvrit une autre porte, et je me trouvai dans un couloir garni latéralement de cellules de bains. Quelques instants après, on me fit entrer dans une de ces cellules. Le surveillant me demanda où j'avais passé la nuit à la Préfecture de police, si c'était dans la salle commune du dépôt, ou à la pistole. Je lui répondis que j'avais couché à la pistole. Il m'expliqua alors, que le dépôt, étant trop souvent un réceptacle de vermine, cette question avait pour but de s'assurer s'il était nécessaire que mes vêtements fussent passés au soufre; auquel cas j'aurais dû revêtir le costume de la prison. Tel n'était pas mon cas. Le surveillant se retira et fut remplacé par le préposé à la fouille. Je vidai mes poches. Cet employé vérifia, mais avec égard et discrétion, si je ne dissimulais rien (il ne fut nullement question, bien entendu, de certaines investigations réservées aux criminels et aux forçats); puis il me laissa mes papiers, mon argent, et me souhaita bonne chance.
C'était une dernière étape. On me remit un petit carré de tôle sur lequel je lus: 1re division, no 109; on me fit passer dans une grande salle à l'entrée de laquelle on me remit une paire de draps. Puis on cria: Recevez le 109. Une autre voix répondit: Envoyez le 109, et je montai un petit escalier de pierre qui me fit parvenir au premier étage de la salle.
Cette salle, qui a la forme d'un carré très-long, se compose d'un rez-de-chaussée, garni de portes de cellules, puis, au premier, une galerie à balustrade faisant tout le tour de la salle, coupée en diverses places par des ponts qui font communiquer les deux côtés. Je suivis la galerie de gauche, un surveillant me demanda ma petite plaque de tôle, une porte me fut ouverte et... j'entrai dans ma cellule.
