Petite Europe Grande Nature - Catherine Hebert - E-Book

Petite Europe Grande Nature E-Book

Catherine Hebert

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Beschreibung

Le minuscule virus qui frappe le monde nous oblige à une remise en question. Comment vivre mieux ? Dans quel type de société ? Le capitalisme mondialisé a montré ses excès entre réchauffement climatique, perte de biodiversité, explosion des inégalités sociales dans les pays riches, précarité... ça ne tourne plus rond sur notre Terre. Cet ouvrage propose un futur au sein d'une Europe plus petite, plus humble, plus unie, l'Alliance Europe Resserrée (AER). Il décrit aussi une vision stratégique, l'Équilibre environnemental, qui préserve la planète et respecte l'humain pour une vie durable, sobre, où le temps n'est plus un luxe mais une valeur.

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Seitenzahl: 185

Veröffentlichungsjahr: 2020

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SOMMAIRE

INTRODUCTION

PARTIE I : CONSTAT

CHAPITRE 1 : Gauche, droite, des concepts archaïques

Genèse des idéologies politiques

Le capital gagnant

A bout de souffle dans un monde sans croissance

Signaux d’alerte

CHAPITRE 2. L’alternative durable

Retour en force de la nature

L’environnement, clé du bien-être

Le projet avec l’Europe

CHAPITRE 3. Les freins français

Le système politique

Le modèle social

La résistance au changement

PARTIE II : ALLIANCE EUROPE RESSERREE (AER)

Préambule

CHAPITRE 1. Le bon niveau à 8 pays

Le ciment géographique

Le ciment historique

Le ciment religieux

Le ciment culturel

Des nations fédérées autour de l’équilibre environnemental

CHAPITRE 2. Impacts sur l’UE

Avancer coûte que coûte, avec ou sans UE

Bref flashback sur l’échec de l’UE

CHAPITRE 3. Une finance mutualisée

Harmonisation fiscale

Baisse de la dette publique

Spéculation financière et équité

Monnaie unique

Le PIBENV : Produit Intérieur Brut ENVironnemental, nouvel indicateur

CHAPITRE 4. Conclusion

PARTIE III : EQUILIBRE ENVIRONNEMENTAL

CHAPITRE 1 : Vision

CHAPITRE 2 : Indépendance énergétique

Énergies, un mix subtil

Objectifs chiffrés

Plan d’économie d’énergie

CHAPITRE 3 : Agriculture, l’élevage et la pêche responsable

OUI franc au progrès… avec le principe de précaution

Production durable et étiquetage

La complémentarité alimentaire : la PACAER

L’autoproduction agricole

De l’art de bien-manger

L’exigence du consommateur

Diversité contre hégémonie des marques distributeurs

CHAPITRE 4. Emploi à haute teneur technologique et industrie

Les hautes techno dans l’énergie

Les hautes techno dans la santé

L’appareil productif industriel

Les hautes techno dans le secteur de l’information

La place des low-tech

CHAPITRE 5. Transports

Marchandises

Personnes

CHAPITRE 6 : Biodiversité, urbanisme & écotourisme

Urbanisme des villes durables

Des parcs nationaux gargantuesques

Éco-tourisme

CHAPITRE 7. Conquête de l’espace pour ré-enchanter nos rêves

CONCLUSION

PARTIE IV : L’AVENIR DU PIRE AU MEILLEUR

CHAPITRE 1 : le pireL’Homme et la planète, variations autour d’un futur imaginaire

Le monde violent, la guerre totale

La fin de l’espèce humaine décimée par la nature

Une population mondiale décérébrée conduite par des conglomérats financiers

La société du cool, photo figée couleur sépia

CHAPITRE 2 : Le meilleur

François Gabart, jeune marin de 30 ans

Le peuple américain élit un président noir

Les révolutions arabes

Japon : les vétérans du nucléaire

CONCLUSION GENERALE

Pour ma fille Anna.

Pour François.

Pour l’avenir.

INTRODUCTION

Il faisait gris sur Aix-en-Provence. Nous marchions en direction de la voiture, un cartable à la main pour ma fille et un sac en cuir trop chargé pour moi, la ville était encore calme, lorsque nous aperçûmes des flocons tomber délicatement du ciel. Ils flottaient autour de nous en masse décousue, voltigeaient en effleurant nos joues comme des caresses, un spectacle rare en Provence.

Ce n’est qu’une fois installées dans la voiture que nous avons cherché les mots justes pour exprimer l’émotion ressentie : féérique, magique, attendrissant ? En réalité, cette douceur cotonneuse nous avait envoutées. Notre esprit s’était empli de félicité.

Cette nature qui se rappelle à nous en permanence quand on y porte attention m’émerveille chaque jour.

Elle m’a insufflée l’énergie de proposer une nouvelle société européenne. Un vivre ensemble plus révérencieux envers la planète - l’Équilibre environnemental - dont découlerait un mode de vie plus respectueux envers nous-mêmes ; le tout au sein d’une Europe plus petite, soudée, l’Alliance Europe Resserrée (AER) qui pourrait un jour s’agrandir à partir de ces fondations.

Cet ouvrage est ma contribution pour rassembler les européens autour d’un avenir responsable et durable, lutter contre les excès du capitalisme mondialisé, contre la surconsommation, revenir à ce qui compte vraiment dans nos existences.

Libre à chaque lecteur de se l’approprier, s’en inspirer, l’enrichir, pour construire le monde d’après.

PARTIE I : CONSTAT

CHAPITRE 1 : Gauche, droite, des concepts archaïques

1. Genèse des idéologies politiques

Introduction des grands courants

Les idéologies de gauche (socialisme, communisme) et de droite (capitalisme, libéralisme) se formalisent réellement au cours du XIXème siècle, même si certaines trouvent leur source intellectuelle bien plus tôt, dès l’antiquité. Ces idéologies dessinent les contours des sociétés que l’on imagine construire grâce à l’avènement de l’ère industrielle autour de 1840.

Le monde occidental est alors à l’aube d’une métamorphose technologique qui va bouleverser les sociétés en place. La racine de ce bouleversement est la production de masse, presque sans limite, et la capacité à acheminer des marchandises au plus proche des foyers. Il en découle une capacité décuplée à vendre des produits, gagner de l’argent, fructifier.

Ainsi, grâce à l’industrie et au transport, l’essor économique est brusquement immense. Davantage de biens sont produits, la consommation devient progressivement accessible à toute la population, le pouvoir d’achat augmente. La société de consommation est née. Cent cinquante ans plus tard, nous sommes empêtrés dedans… prisonniers d’une surenchère permanente.

De nombreuses interrogations ont émergé à cette époque. Comment partager ces nouvelles richesses ? Quel modèle du vivre ensemble dans un monde orienté autour de l’enrichissement personnel ? Sur quel équilibre baser les relations entre salariés et patrons ?

C’est en cherchant des réponses à ces questions que les idéologies de gauche et de droite se sont forgées :

- Le communisme s’inspire de l’idée que l’on a tous les mêmes besoins, étant tous « du genre humain ». Au fond, nous serions tous parfaitement identiques. Le principe consiste dès lors à confier les richesses produites à un état souverain qui se charge de tout régenter au mieux, pour le bien commun de tous, de façon homogène.

- Le socialisme défend lui aussi une gestion centralisée des richesses mais concède une part de moyens à chacun, reconnaissant ainsi une part d’individualisme. La société est conduite par un état puissant qui gère les besoins collectifs grâce aux richesses produites et concède aussi une part restante à chacun.

- Le capitalisme promet à tout individu d’acquérir du capital, du patrimoine, grâce à son travail, pour progresser et s’enrichir personnellement. La collectivité est reléguée au second plan.

- Le libéralisme prône un monde basé sur le commerce des biens et produits, avec peu de contraintes. Le marché s’autorégule, s’autonourrit, s’auto-équilibre. L’idée phare est la liberté de commercer sans entrave. L’état n’existe plus.

Ces idéologies ont structuré les réflexions, dessiné les contours des civilisations modernes et apporté du sens au progrès technique. Ce sont ces visions qui ont nourri le XXème siècle.

Toutefois ces idéologies expriment les solutions du « comment vivre ensemble et répartir les richesses de l’époque ». Au XXIème siècle, en Europe particulièrement, ces notions de gauche et droite sont devenues obsolètes :

- Le communisme a fait 65 millions de morts.

- Le socialisme a eu la vertu de créer des services communs comme l’école pour tous, l’accès à la santé, le revenu de solidarité active, mais le système est devenu irresponsable : les dettes se sont accumulées créant de plus en plus de services sociaux que nous ne pouvons plus payer. Nous empruntons quotidiennement. Nous vivons au-dessus de nos moyens. Si nos créanciers cessent de croire un jour en notre capacité à rembourser, les taux d’intérêt flamberont comme ce fut le cas en Grèce… menant la France et l’Europe au bord de la ruine.

- Le capitalisme et le libéralisme ont permis la croissance, l’innovation, l’avènement de grands entrepreneurs, la progression dans l’échelle sociale. Mais ils se sont emballés. Ils ont créé des bulles financières, des paradis fiscaux, de l’argent virtuel qui vaut plus que le travail des femmes et des hommes. Cela a conduit à la crise des subprimes en 2011, c’est-à-dire un chômage de masse, des dettes, des logements vacants, la déstabilisation des banques. Une crise mondiale.

Il est temps de proposer autre chose, innovant, hors de ces grands courants de droite et de gauche. Outre leur obsolescence, ces idéologies sont devenues clivantes. Elles alimentent des débats anachroniques où certains font encore référence à Jaurès pour illustrer l’engagement social, alors que d’autres se réclament de De Gaulle pour son courage républicain.

Mais les enjeux ont changé !

Le capital a gagné, qu’on le veuille ou non. La mondialisation est en place. La planète est en souffrance (pollution, climat déréglé, biodiversité en berne, etc.). Il est temps d’inventer de nouvelles idéologies, dépasser ces concepts archaïques pour inventer le « vivre ensemble » du XXIème siècle.

2. Le capital gagnant

Le capitalisme a gagné presque partout sur la planète. Il suffit de regarder hors des frontières françaises, les taux de croissance soutenus attestent de l’essor :

- du Brésil : 7,5% de croissance en 2010 puis redescendant autour de 2%,

- de la Chine : 10% entre 1990 et 2012 puis environ 7,5%,

- de l’Inde : 8% entre 2003 et 2011, puis 5,4% en 2014.

Tous les pays de la planète veulent plus de croissance, de pouvoir d’achat, de consommation, de confort de vie. Tous s’imaginent vivre comme les « Desperate Housewives », installés dans de grandes maisons, dialoguant sur ordinateur par-delà les continents, achetant des biens de consommation (voitures, vêtements, bijoux, parfums, etc.), échangeant une villa au bout du monde pour leurs vacances idylliques. C’est ainsi, tout le monde veut plus de capital « pour soi ». Une habitation, un véhicule, une tablette, des tenues nouvelles chaque saison, une nourriture variée, un téléphone dernier cri, etc.

Peu importe si c’est bien ou pas, si c’est ce que l’on attendait de l’espèce humaine ou pas. La réalité ne peut pas se draper derrière un jugement moral. Le monde a choisi le capitalisme.

On peut bien sûr s’interroger sur l’essence intrinsèque de l’Homme. Cette idéologie capitaliste le reflète-t-il ? Un besoin de progresser, une volonté de possession, un désir insatiable d’avoir plus, de repousser les limites. D’une certaine façon, la victoire capitaliste pourrait être perçue comme une victoire humaniste : celle de l’Homme qui avance.

L’être humain ne serait pas un mouton. Chacun à titre individuel, avec sa propre réflexion, essayant de créer sa propre vie, avec sa liberté en toute autonomie, avec sa volonté et son travail. Nous serions acteurs de nos destins.

Sauf qu’au final, choisissant tous la voie de l’individualisme et de la consommation, nous nous retrouvons tous - peu ou prou - à faire les mêmes choses au même moment. C’est le paradoxe implacable ! Ces individualismes, mis bout à bout, génèrent une société d’individus qui se vêtissent de la même manière dans des chaînes internationales à bas prix, regardent les même programmes TV, mangent les mêmes plateaux de sushis. L’interaction des uns avec les autres tisse avec nos individualismes un monde qui nous permet de vivre notre idéologie du capital.

Le capitalisme domine le monde et il a émergé des hommes. Il répond, au moins partiellement, à leurs attentes. Que ce soit la partie occidentale du monde qui a sauté dedans à pieds joints il y a plus d’un siècle ou le reste des continents en voie de développement : Asie, Amérique du Sud, Moyen Orient. Ils s’enrichissent à grande vitesse, ont soif de croissance et de confort matériel.

Or ce modèle devenu mondial s’essouffle… Il était bancal dès sa genèse. Il possède des limites que personne n’a voulu voir, ou plutôt des limites qui ont été gommées volontairement.

3. A bout de souffle dans un monde sans croissance

L’économie mondiale s’appuie sur l’exploitation massive des ressources naturelles. Si l’on admet que la Terre est un espace géographique fini, dont les frontières et les continents sont tracés strictement entre les peuples, on admet aussi que les ressources disponibles pour chaque pays sont finies – au sens où leur périmètre n’est pas extensible ad vitam. La quantité de matière première disponible par pays est restreinte à son propre territoire.

Prenons la croissance occidentale. Elle s’est d’abord appuyée sur ses richesses internes, celles de ses régions. Ayant atteint les limites de l’exploitation localement, l’Europe est allée puiser des ressources à l’extérieur, moins chères, dans les colonies d’abord, puis dans les pays plus pauvres avec la délocalisation d’entreprises, en Asie notamment. Cela a permis une croissance économique régulière – avec des effets contrastés d’un point de vue éthique : impérialisme, asservissement de populations, etc. Mais la croissance prédominait.

Cette croissance infinie était une illusion dès le départ. Cette époque transitoire où des ressources inutilisées existaient « ailleurs » est aussi révolue. Les pays émergeants utilisent désormais leurs propres ressources, ils n’ont plus besoin de notre présence, créent leurs entreprises, gardent leurs profits. La croissance occidentale est à l’arrêt. Les pays anciennement pauvres accèdent à la consommation de masse… et les impacts sur le modèle économique occidental vont durer.

Avec le progrès technique, on pourrait en théorie puiser des ressources n’importe où et les acheminer facilement chez soi, comme une nouvelle aubaine technologique. Sauf que l’on est restreint à son espace géographique… sauf à remettre en cause la paix mondiale.

Dès lors, la croissance infinie n’existe plus. Y avoir cru était un leurre. Les délocalisations une course en avant pour ne pas affronter la réalité : la croissance infinie n’existe pas. Et n’existera jamais.

C’est pourquoi les entêtants « il faut retrouver la croissance » assénés par les politiques sont au mieux des incantations - sans croissance, nous serons un jour la proie des financiers - au pire des mensonges.

Ce n’est pas la solution à nos problèmes, c’est encore un aveuglement. Les ressources sont limitées, la croissance européenne est bloquée, la croissance mondiale le sera aussi tôt ou tard.

En faisant sauter toutes les frontières commerciales, la mondialisation nous a rappelée ironiquement notre propre limite géographique. La croissance en France évolue peu :

0,2% en 2012,

0,6% en 2013,

0,4% en 2014.

Elle n’augmentera plus tellement à l’avenir.

Elle a atteint 1,1% en 2016, son plus haut niveau depuis 4 ans, mais ne reviendra pas aux années prospères 1950-2000 où la croissance s’envolait à 4, 5, 6, 8% ! Entre 1960 et 1974, la France était à 5,6% par an ! Mathématiquement cela a créé beaucoup de richesses. Le dernier « record », proche des 4%, date de 2000 avec 3,9%... il y a 20 ans !

Il est temps de changer de paradigme.

« Faire face » comme disait Guynemer, pilote de la première guerre mondiale. La croissance perpétuelle est impossible, ce modèle économique est arrivé à son paroxysme. Alors comment vivre dans un monde à faible croissance ?

Le recentrage de l’économie autour de notre espace environnemental ne rend pas la situation économique dramatique, à condition d’y poser un regard neuf. En France comme en Europe, nous bénéficions d’un territoire exceptionnel. Composé de fleuves, montagnes, champs, prairies, mers, le climat y est tempéré. Les capacités y sont réelles, clémentes et belles. L’Europe est une enfant gâtée qui a pillé les autres pour nier les réalités. C’est terminé.

L’environnement est son atout de demain.

4. Signaux d’alerte

Il y a 12 ans déjà, en 2005, un film intitulé « Le cauchemar de Darwin » illustrait l’engrenage terrible du capitalisme mondialisé.

Il racontait l’introduction d’un nouveau poisson en Afrique, la perche du Nil, pour maximiser les profits. Ce poisson grossit très vite, s’alimente de tout, il devient immédiatement rentable.

La perche est donc introduite dans un lac d’Afrique, s’y développe abondamment et extermine petit à petit tous les poissons endémiques… Résultat : les populations locales sont affamées, ne bénéficiant plus de leur pêche locale. Des avions étrangers affluent pour exporter ces perches vers les marchés extérieurs riches. Les exploitants perdent cependant un peu de marge durant le trajet aller car leurs avions arrivent vides. Une solution économique est trouvée : les avions seront remplis d’armes à l’aller pour approvisionner les guerres régionales et accroitre le profit financier des exploitants. Les pilotes recrutés ressemblent davantage à des mercenaires qu’à des pilotes, il faut les distraire entre deux vols. Une solution là encore est trouvée : les femmes africaines des alentours vont se livrer à la prostitution pour survivre. Le virus du sida étant présent, il va se diffuser rapidement et semer la mort autour de lui.

Toute une région s’est ainsi retrouvée pillée, malade, à feu et à sang pour dégager du profit financier à un petit nombre de personnes. C’est le pire du pire du capitalisme.

Il détruit l’écosystème, appauvrit les populations locales, ne recule devant rien moralement pour maximiser le gain. L’horreur économique.

En Europe aussi, nous avons reçu moult signaux qu’il était temps de réinventer le modèle économique en introduisant la finitude des ressources :

97,6% de dette publique en France à la fin du troisième trimestre 2016.

Crise mondiale des subprimes : née aux États-Unis, elle touche l’Europe en 2008. La BCE est impactée, la banque d’investissements Lehman Brothers fait faillite, l’Irlande entre en récession, l’Islande est en crise, la Grèce sollicite une aide du FMI, les plans d’austérité se multiplient comme en Italie. L’interdépendance des pays endettés est criante.

Ruine grecque : la dette publique atteint 180% du PIB en 2015

1

, soit 312 milliards après un premier effacement de 107 milliards en 2012 via le plan de restructuration européen ! Les retraites diminuent de 15% depuis 2010 pour les plus faibles et de 44% pour les autres. Les effectifs de la fonction publique baissent de 25%. Le pays est exsangue.

Afflux de migrants :

850.000 personnes arrivent par la mer en Europe en 2015, alors qu’il y en avait 123.500 en 2014

2

.

30.816 personnes sont mortes depuis 2000 en voulant atteindre l’Europe

3

 !

3.800 ont péri noyés en Méditerranée en 2016 selon l’ONU. Le déséquilibre est mondial.

Croissance plate en Europe :

1,7% en 2011,

 -0,5% en 2012,

0,0% en 2013,

1,3% en 2014,

1,5% en 2015.

Chômage des jeunes excessivement élevé en Europe : 20,4% en août 2015. Ils sont l’avenir, pourtant ils sont sans perspectives.

Ces signaux d’alerte doivent être pris au sérieux. Voici un focus sur les 4 maux qu’ils révèlent.

1. Augmentation des dettes

Tout est fait « pour » l’économie, et pourtant l’économie disjoncte !

L’Europe et la France vont mal. Avec plus de 2.000 milliards d’euros de dette publique, la France doit à ses créanciers près de 100% de sa richesse annuelle, 100% de son PIB.

Cette dette publique, répartie sur les adultes, pèse 40.000€ par personne4. C’est pire si on la répartit sur les seuls actifs, hors retraités5, elle pèse alors 71.000€ par personne.

Quid de l’endettement des collectivités, qui est comptabilisé à part mais devrait en toute logique s’ajouter à la dette publique pour consolider un montant global ? Difficile d’obtenir une vision complète du gouffre financier public qui pèse sur nos épaules.

L’élite nous a endettés, sans résoudre les problématiques.

1971 est la première crise économique issue de la limitation des ressources naturelles. Le pétrole vient à manquer parce que les pays du golfe persique décrètent un embargo contre les pays amis d’Israël6. Les prix flambent brusquement de 3 à 12 dollars, 4 fois plus cher. Au lieu de mettre sur la table la question de la dépendance énergétique, diversifier les sources d’énergie, réduire les consommations individuelles, les élites ont choisi de détourner les yeux. Ils ont emprunté pour masquer la réalité et rassurer leur électorat, acheté plus cher et construit un décor en carton-pâte faisant croire que la société pouvait continuer à se développer sans rien changer.

C’est oublier l’effet papillon.

La pénurie de pétrole a créé le réflexe politique de s’endetter pour maintenir un modèle économique basé sur la croissance, et pour endormir le peuple plutôt que de l’accompagner dans une remise en question. Ce réflexe d’endettement ne s’est plus jamais arrêté… car il convenait aussi à la population, contente de voir son niveau de vie augmenter.

L’aveuglement conduit par les élites a été accepté par les citoyens.

Il aurait fallu introduire à ce moment-là la notion de raréfaction des ressources et de partage nécessaire, introduire la consommation énergétique responsable, développer les transports en commun. C’était possible. Valéry Giscard d’Estaing a failli aller dans ce sens lorsqu’il a adopté en 1975 le changement d’heure pour réduire les besoins d’éclairages le soir. Mais ce n’est pas allé plus loin.

La maîtrise des finances publiques s’est arrêtée.

L’état - hors comptes sociaux et fonction territoriale (ce qui n’est pas simple à comprendre car on saucissonne l’argent public7) - perçoit environ 300 milliards d’euros de recettes chaque année8 et en dépense 400 milliards !

C’est insoutenable.

Et c’est bien pire si on cumule le budget de l’état avec les comptes sociaux et les dettes territoriales …

Les politiques nous conduisent dans le mur de la dette, une bulle financière européenne prête à éclater, qui peut conduire à des destructions brutales de valeur, l’appauvrissement de la population, et des conditions de vie brusquement beaucoup moins favorables.

2. L’environnement en souffrance

Durant cette période de croissance, nous avons écarté la défense de l’environnement comme élément clé de la chaîne de production. En autorisant le rejet de substances toxiques dans l’air, les rivières, la mer, nous avons fermé les yeux sur les risques et les dégâts sur la nature. Dans l’industrie, nous avons consommé des ressources abondamment, saccageant pour « tout de suite », sans replanter, sans préserver. Nous avons produit des tonnes de déchets sans les réutiliser. En enfouissant. En les brûlant. Rapide et pas cher.

Nous avons créé un monde où seule la valeur immédiate créée comptait, qu’importait ce que l’on détruisait au passage dans notre environnement.

Cet environnement qui nous fournit à manger, à boire, a été piétiné.

Pourtant l’impact négatif de la croissance effrénée sur l’environnement est connu depuis 25 ans, comme le montre par exemple le nucléaire.

En 2011, un puissant séisme secoue le Japon, suivi d’un tsunami. La centrale nucléaire de Fukushima est endommagée, de graves fuites radioactives sont détectées. Cet accident est classé niveau sept, le niveau maximal. Les conséquences sanitaires exactes sur la population, la contamination des terres et des écosystèmes marins ne seront connues que dans plusieurs années.

En 2013, deux ans plus tard, on apprend l’inéluctable : il persiste des fuites radioactives qui s’écoulent inlassablement et souillent les océans de la planète…

Suffit-il de jouer les vierges effarouchées pour ne pas approfondir la question des déchets et des risques de pollution ?

L’incident nucléaire de Fukushima est intervenu 25 ans après Tchernobi en 1986.

Il rappelle ce que l’on s’acharne à oublier : l’homme ne maîtrise pas cette puissance. Le nucléaire le dépasse. C’est un « Frankenstein », un monstre ingérable qui certes produit une énergie dé-carbonée. Mais lorsque le nucléaire s’emballe, nous sommes incapables de le contenir. Les dégâts environnementaux sont irrémédiables.

Alors pourquoi utiliser encore aujourd’hui des centrales nucléaires ?

Cette technologie est actuellement présente dans des sous-marins nucléaires russes issus de la guerre froide qui pourrissent en mer Baltique, ou dans des déchets américains abandonnés sous la glace du Groenland. Ils menacent de polluer l’océan. Les centrales françaises contiennent des matières nocives, ont des structures vieillissantes qui risquent d’être moins étanches un jour, cependant rien n’est prévu financièrement pour les démanteler ni les consolider.