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Petites pensées en passant – Tome II propose une suite de réflexions personnelles. nourries par les échanges avec des lecteurs intéressés par les précédents écrits de l’auteur. Ce dernier partage ses pensées dans l’espoir de susciter des réactions. qu’elles soient d’approbation. de nuance ou d’objection. L’ouvrage explore des thèmes variés liés à la condition humaine. la société et la spiritualité. tout en interrogeant la superficialité des discours modernes et l’éthique de la consommation. Son approche. à la fois ouverte et honnête. engage le lecteur dans un dialogue intellectuel et spirituel sur la nature humaine et ses défis.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Alphonse Royen fut professeur de grec et de latin. coopérant au Congo (RDC). ouvrier d’usine. éducateur social. travailleur forestier et sénateur écologiste avant d’entrer en littérature. Il est notamment l’auteur. aux éditions du Rocher. de "Je vais voir. papa". une ardente lettre de départ d’un fils à son père.
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Seitenzahl: 87
Veröffentlichungsjahr: 2026
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Alphonse Royen
Petites pensées en passant
Tome II
© Le Lys Bleu Éditions, Paris, 2026
www.lysbleueditions.com
ISBN : 979-10-422-9935-4
À Francine, mon épouse, déjà sur l’autre rive
1. Criera toujours en ce monde le besoin d’être aimé. Que n’y manquent jamais ceux qui savent aimer !
2. Elle est touchante la connivence des vieux. Avant de s’en aller, ils se serrent encore un peu.
3. Iras-tu nourrir le pauvre si tu ne nourris pas ton âme ?
4. Collez le mot éthique sur le mot morale et ça passera comme une fleur !
5. Notre civilisation a ceci de bon qu’on peut y vivre libre à condition souvent de résister à son esprit et de supporter son mépris.
6. Point de salut pour cette civilisation tant qu’elle sera sous le talon de Mammon.
7. Pauvre Haïti ! Mais quelle est cette force qui maintient si bas ce pays ?
8. C’est triste, non, que ceux qui veulent qu’on parle d’eux, sous couleur d’art ou de culture, souvent n’aient qu’à pisser au bénitier pour arriver à leurs fins ?
9. Je peine, lors de mes promenades villageoises, à reconnaître les conducteurs des voitures qui passent. Peut-être ferais-je bien de m’inspirer de mon vieux voisin qui me disait un jour : « Je salue tout le monde, ne reconnaissant personne ».
10. « Sub specie aeternitatis », je ne suis qu’une poussière de poussière. Se peut-il que cette poussière soit divinement aimée ?
11. Si l’homme révère Dieu, qu’il le fasse généreusement, et n’en fasse pas ce qu’en font les talibans et autres sacripants.
12. Mes forces déclinent, mais mon déclin se porte bien.
13. Je n’aime pas les chiens qui aboient couchés.
14. Qui n’a jamais crié au monde : « Moi aussi, j’existe » ?
15. Quand je vois la tête des fêtards, je me dis que la fête c’est pas ça.
16. Les fêtards effrénés et les jouisseurs à tout crin sont parmi les principaux agents de la défection humaine.
17. Si le monde se défait, c’est parce qu’il y a beaucoup de défaiseurs. En faisons-nous partie ou empêchons-nous qu’il se défasse ?
18. Il y a de nos jours de multiples façons de se poser en s’opposant. L’une des plus sottes est de faire la nique au dérèglement climatique. Comme ce monsieur qui criait haut et fort bêtement, qu’il prendrait l’avion encore plus souvent qu’avant.
19. Tout glébeux que je suis, comme me manque le ciel !
20. Ne jamais laisser les désirs seconds rogner sur notre désir profond. Toujours et d’abord être disponible pour l’essentiel.
21. Pourquoi serait-ce une faiblesse, voire une lâcheté pour certains, d’espérer encore et encore la victoire ultime de l’amour sur la mort ? La lâcheté, ne serait-ce pas peut-être de laisser la vie abandonner la partie ?
22. Je suspecte certaines coïncidences d’être des connivences.
23. Le hasard bouscule ceux qui ne laissent rien au hasard.
24. Pourquoi chantons-nous les feuilles mortes et pas les vivantes ?
25. Aux petits oignons pour la forme, au gros sel pour le fond : le ratage !
26. Bon vivant, mais mauvais frère : le ratage !
27. Sans doute est-il légitime de se faire valoir. Mais se faire valoir en aidant autrui a tout de même une autre allure qu’en le flattant. Quant à se faire mousser, du savon suffit.
28. Pourquoi la souffrance, le mal, l’horreur ? Immense mystère pour l’humanité. Mystère douloureux dont elle n’a jamais trouvé la clé, mais dont elle est complice. Sans doute une mauvaise chute dont elle ne s’est pas remise.
29. Crier contre sans oublier d’agir pour.
30. Auschwitz n’est pas tombé du ciel.
31. Ne me poussez pas vers la sortie, ne me mettez pas dehors, ne m’achevez pas. Voilà ce qu’on peut lire dans les yeux de beaucoup de vieilles et de vieux.
32. On ne sait pas qui on est si on ne fréquente que soi.
33. Huons les cons, mais veillons à ne pas en être.
34. Ma grand-mère était pauvre, elle n’avait pas de produits de beauté, mais elle avait la beauté, et en produisait.
35. Mon Dieu, toute cette poussière sur vous !
36. Trop de gnangnan, trop peu d’Artagnan.
37. Y eut-il jamais plus puissant extincteur d’âmes que la mousse culturelle de ce temps ?
38. Ne pas appuyer trop fort sur la pédale de l’impuissance.
39. Que penser de ces gens qui disent aimer la forêt et qui, lorsqu’ils y vont, y laissent leurs déchets ? Qu’ils représentent bien le commun des humains.
40. Pauvres semblables qui ne savent pas aimer au-delà des leurs, pas plus loin que leurs peurs !
41. Ceux qui achètent en se laissant acheter, où est leur pouvoir d’achat ?
42. Avoir de l’impudeur et de l’entregent, c’est souvent assez pour faire un « artiste » de ce temps.
43. Ce n’est pas en faisant le singe que l’on rénove son être.
44. Le mal, ça descend ; le bien, ça monte. Voilà qui explique l’état du monde.
45. Quand le facteur m’a lancé ce matin : « Finalement, il n’est peut-être pas inutile que j’existe », j’ai souri, mais je me suis senti tout chose.
46. Certes nous y buvons et souvent aimons y boire, mais ce monde nous fournit-il le breuvage qui sied à notre soif ?
47. Le pire traitement qu’un humain puisse s’infliger, c’est de se satisfaire de lui-même. Déjà qu’il ne risque pas l’irruption de la Grâce.
48. Il ne faudrait pas que le masque sanitaire nous fasse oublier un masque incomparablement plus pervers : le masque de l’hypocrisie.
49. Je ne dirais pas comme un des personnages de « La Cerisaie » de Tchekhov que le bonheur se réveille avec moi tous les matins, mais tout de même une joie, souvent discrète, parfois tremblante, mais indéfectible.
50. Cet après-midi en ville, un vieil homme seul sur un banc m’a offert un somptueux sourire sans dents. À vous donner des frissons de frère !
51. Je connais des personnes qui, lorsqu’il leur arrive quelque infortune, ont un absolu besoin de trouver un bouc émissaire. Parfois, l’envie me vient de leur dire : « Prenez-moi, je peux faire l’affaire ».
52. Cela me plairait de savoir comment notre chien ressent au juste la vie que nous lui offrons. Il a l’air heureux à en juger par son regard si amical à certains moments. Mais il aurait sûrement des choses à dire, et à redire.
53. Je sais que, pour beaucoup, j’ai tort de croire que le dernier mot ne reviendra pas à la mort, mais quelque chose en moi, qui n’est pas con, me souffle que j’ai raison.
54. Combien sommes-nous, quand la camelote nous court après, à chercher le Royaume où règne le vrai ?
55. Qu’est-ce qu’un cœur qui ne prend jamais feu ? Qu’est-ce qu’un cœur d’homme qui ne brûle pas lorsque les yeux d’un enfant demandent ses bras ?
56. À perdre le sens du progrès, on perd le progrès.
57. Vous avez des gens dont les actions ont peu de souffle, mais dont les paroles font beaucoup de vent.
58. Pour être un vrai athée, il faut être un peu comme Dieu : tout savoir, tout connaître. Ce qui est quand même beaucoup lui demander.
59. Si le monde ne va pas trop bien, c’est que l’homme s’est trompé de cible en matière de domination. Au lieu de se dominer lui-même, il s’est mis à dominer ce qui l’entourait.
60. Comment des hommes ont-ils pu se servir de Dieu qui est Amour et libération, pour semer la haine et l’oppression ?
61. Aujourd’hui nous sommes ici, demain nous ne serons plus là. Que faire ? Miser sur l’Amour, n’y a plus que ça.
62. Qui n’a pas son petit despote tapi au fond de lui à qui, de temps à autre, il faut rabattre le caquet ?
63. Nous vivons tous en zone d’occupation techno-marchande. Seuls les résistants peuvent y vivre libres.
64. D’où vient ce fait que j’aspire à plus haut que moi. N’y aurait-il qu’illusion en cela ? Ne comptez pas sur moi pour le croire.
65. Je préfère être averti que diverti.
66. Voyeur de soi, oh la bassesse !
67. Une civilisation aussi féconde en excréments que la nôtre ne peut être une bonne civilisation.
68. Comme validation de soi, mille « like » d’un réseau ne valent pas le clin d’œil d’un enfant.
69. Comment ne pas craindre cet instant sans cœur où s’éteignent mortellement les feux de cette vie ? Comment ne pas espérer contre toute espérance que d’autres feux s’allument, de la vraie vie, enfin ?
70. Que serions-nous sans nos malheurs ?
71. Les mains jointes plutôt que les mains liées.
72. Une société où le mot le plus employé est le verbe profiter n’est pas sortie de l’auberge.
73. L’encourageant avec l’humanité, c’est que le pire n’y triomphera jamais du meilleur. Le décourageant, que le meilleur n’y viendra jamais à bout du pire. De quoi sans cesse s’employer à la révolution des consciences.
74. « On vous prend comme vous êtes. C’est pas plus mal si vous êtes bêtes », Slogan publicitaire refusé à l’unanimité des annonceurs.
75. Grâce à la science, nous pourrons peut-être réparer les dégâts de la science. Ce dont ne doutent pas les ravis de la science.
76. Pour relever leur niveau d’humanité, les hommes, trois fois hélas, n’ont pas encore été suffisamment secoués.
77. Pourquoi grandir en humanité n’est-il pas le but de chaque homme ? Parce que la bête résiste. Parce qu’elle est avide et que le plaisir immédiat court plus vite que la joie.
78. S’il est un reproche à faire aux chrétiens, ce n’est pas d’être chrétiens, c’est de ne l’être pas. Ou pas vraiment.
79. Espérer, ce n’est pas se réfugier dans l’avenir, mais se battre au présent avec l’avenir en point de mire.
80. Il est très difficile, lorsqu’on se croit dans la vérité, de ne pas se sentir supérieur à ceux dont on croit qu’ils n’y sont pas. Du moins s’il vous manque la fraternelle humilité.
81. Comment voulez-vous que progresse une humanité où tout le monde s’estime exempt de toute culpabilité, la réservant généreusement à autrui ?
82. Un livre n’est excusable que s’il nous livre en vérité un bout d’humanité.
83. Un livre n’est excusable que s’il vous accueille simplement, mais, en vérité, dans un coin du mystère humain – encore que, là-dessus, j’en sache assez pour savoir que je n’en saurai pas beaucoup plus.
84. Interdire la publicité nuirait gravement à l’abêtissement humain. Le capitalisme s’y opposerait de toute sa puissance, qu’il doit précisément à l’immaturité de tant de gens si faciles à accrocher et à tournebrocher.
85. La peine qu’on se donne ne nous dispense pas de la peine de se donner.
86. Le courage, hélas, ne sera jamais à la mode.
