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Dans 'Physique de l'Amour: Essai sur l'instinct sexuel', Rémy de Gourmont explore les profondeurs de l'instinct sexuel à travers une analyse à la fois philosophique et psychologique. L'ouvrage se distingue par son style érudit et poétique, où l'auteur s'appuie sur des références variées, alliant science et littérature pour dépeindre la complexité des émotions humaines liées à l'amour et à la sexualité. Publié en 1899, le livre s'inscrit dans un contexte littéraire marqué par une libération des mœurs et un intérêt croissant pour les questions de sexualité, anticipant ainsi de nombreux débats à venir dans la société moderne. Rémy de Gourmont, écrivain et critique français, est profondément influencé par son époque, durant laquelle la sexualité est encore entourée de tabous. Grand adepte du symbolisme, il utilise son expérience en tant qu'observateur attentif des relations humaines pour enrichir son analyse. Son parcours intellectuel, rythmé par des rencontres avec des figures littéraires et philosophiques, l'a amené à questionner la nature même des instincts humains, ce qui transparait dans cet essai. 'Physique de l'Amour' est une œuvre captivante qui incite à la réflexion et à l'introspection. Loin d'être un simple traité sur la sexualité, cet essai offre une vision nuancée des relations humaines, invitant le lecteur à interroger ses propres perceptions. Un indispensable pour quiconque s'intéresse à la nature humaine et au rapport complexe entre amour et sexualité. Dans cette édition enrichie, nous avons soigneusement créé une valeur ajoutée pour votre expérience de lecture : - Une Introduction succincte situe l'attrait intemporel de l'œuvre et en expose les thèmes. - Le Synopsis présente l'intrigue centrale, en soulignant les développements clés sans révéler les rebondissements critiques. - Un Contexte historique détaillé vous plonge dans les événements et les influences de l'époque qui ont façonné l'écriture. - Une Analyse approfondie examine symboles, motifs et arcs des personnages afin de révéler les significations sous-jacentes. - Des questions de réflexion vous invitent à vous engager personnellement dans les messages de l'œuvre, en les reliant à la vie moderne. - Des Citations mémorables soigneusement sélectionnées soulignent des moments de pure virtuosité littéraire. - Des notes de bas de page interactives clarifient les références inhabituelles, les allusions historiques et les expressions archaïques pour une lecture plus aisée et mieux informée.
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Veröffentlichungsjahr: 2020
Entre l’élan irrépressible des corps et la discipline des idées, Physique de l’Amour: Essai sur l’instinct sexuel expose la tension fondatrice qui travaille le désir humain, en montrant comment l’amour, loin des fictions consolatrices, s’enracine dans une dynamique vitale que la culture tente d’éclairer, d’ordonner et parfois de contredire, tandis que la science, sûre d’elle-même ou hésitante, avance entre hypothèses, nomenclatures et étonnements, et que l’expérience intime, irréductible à toute doctrine, continue d’irradier ses paradoxes dans la durée, au point d’obliger le lecteur à confronter ses représentations, ses habitudes morales et son propre vocabulaire pour nommer ce qui le meut.
Écrivain et essayiste français, Remy de Gourmont inscrit cet ouvrage au carrefour des lettres et des savoirs du tournant du XXe siècle. Physique de l’Amour est un essai, non un traité fermé, où la réflexion se déploie librement tout en restant attentive à la précision des notions. Publiée au début du XXe siècle, l’œuvre surgit dans un contexte de curiosité scientifique et de débats sur le corps, la morale et les mœurs. Sans renoncer à la nuance, elle s’adresse à un lectorat cultivé, désireux de comprendre l’instinct sexuel non comme scandale, mais comme phénomène humain à considérer avec méthode.
Le livre part d’une proposition simple et exigeante: interroger l’amour à partir de l’instinct, c’est-à-dire depuis ce qui, dans le vivant, oriente les attirances, les unions, les conduites. La lecture est celle d’un essai d’idées, où l’argument avance par définitions, distinctions, retours et rectifications. La voix se veut claire, parfois ironique, toujours précise, cherchant la netteté plutôt que l’emphase. Le ton reste analytique sans se déshumaniser, laissant place à l’étonnement devant la variété des formes du désir. Le style, compact et élégant, favorise une progression continue, de sorte que chaque chapitre élargit l’horizon sans rompre le fil démonstratif.
Parmi les thèmes majeurs, l’ouvrage met en balance l’instinct et la culture, la constance biologique et la diversité des mœurs, la norme et la variation. Il examine comment les sociétés tentent d’encadrer la puissance vitale, en lui imposant des mots, des catégories, des finalités, tandis que les individus composent avec leurs inclinations. Le livre interroge ainsi la notion de normalité, la relation entre corps et volonté, et la manière dont le langage façonne l’expérience. Cette exploration n’a rien de sensationnel: elle propose une éthique de l’attention, où comprendre vaut mieux que condamner, et où l’observation précède toute conclusion doctrinale.
Ce qui frappe est la méthode, souple et informée, qui croise les ressources de la littérature, de l’histoire et des savoirs disponibles à l’époque. L’auteur avance par rapprochements, exemples, mises au point, sans sacraliser l’autorité de la science ni céder au moralisme. Les références servent à préciser une idée, à délimiter un concept, à vérifier une intuition. L’écriture ne se contente pas d’illustrer; elle questionne les catégories mêmes qu’elle utilise. Ainsi, l’essai assume l’incertitude quand elle s’impose et préfère la clarté à la conclamation, donnant au lecteur la place active d’un partenaire critique plutôt que d’un disciple.
Pour les lecteurs d’aujourd’hui, l’intérêt tient à la lucidité et à la patience d’analyse qu’exige un sujet souvent saturé d’opinions. L’ouvrage offre un repère historique utile pour mesurer l’évolution des discours sur la sexualité et pour distinguer faits, normes et fictions collectives. Certaines formulations portent la marque de leur époque et appellent un regard critique, mais c’est précisément en les recontextualisant que l’essai stimule la pensée contemporaine. Il invite à considérer la complexité du désir, à relativiser les dogmes, et à reconnaître que la connaissance de l’humain suppose nuance, pluralité des perspectives et vigilance envers nos biais.
Lire Physique de l’Amour, c’est entrer dans une enquête qui ne se paie pas de mots, où la clarté sert d’aiguillon et la sobriété d’éthique. On y trouve une invitation à penser l’instinct sexuel comme un fait humain complexe, inséparable du langage, des institutions et des singularités individuelles. L’essai s’inscrit ainsi dans la tradition française du raisonnement serré, tout en restant ouvert aux surprises de l’expérience. S’il ne ferme pas le débat, il en fixe les conditions: précision des termes, attention aux phénomènes, prudence dans les conclusions. Ce qui en fait, aujourd’hui encore, un compagnon de lecture durable.
Remy de Gourmont propose, au début du XXe siècle, une enquête sur l’instinct sexuel qui entend défaire les voiles métaphysiques entourant la notion d’amour. Dans cet essai, il revendique une méthode comparatiste, puisant à la zoologie, à l’anthropologie et à l’histoire des mœurs pour replacer les conduites amoureuses dans l’ordre du vivant. L’objectif n’est pas de nier le sentiment, mais d’examiner ce que la physiologie et l’observation permettent d’en dire, afin de distinguer besoins organiques, usages sociaux et élaborations imaginaires. Le livre avance ainsi à partir de constats descriptifs, cherchant une intelligibilité sans moralisme ni psychologisme systématique.
Le propos s’ouvre par des définitions qui séparent reproduction et amour, instinct et idéal. Gourmont insiste sur la puissance de l’instinct de propagation, qui précède et module les représentations sentimentales, tout en reconnaissant l’épaisseur symbolique que les sociétés accolent au désir. Il souligne la variabilité individuelle, plus décisive que des oppositions figées entre sexes, et invite à traiter les cas singuliers comme des nuances d’une même fonction vitale. Cette perspective naturaliste n’entend pas tout réduire à la biologie, mais rappeler que les affects s’enracinent dans des mécanismes organiques, dont la compréhension évite d’ériger en absolus des normes circonstancielles.
L’argumentation passe par un vaste détour comparatif: comportements de parade, rivalité, attraits et répulsions observés chez de nombreuses espèces servent de repères pour penser l’humain. Les caractères sexuels secondaires, l’ornementation, la sélection par choix ou compétition y apparaissent comme des réponses évolutives, non comme des curiosités morales. Les exemples montrent des variations d’investissement parental et de répartition des rôles, loin de toute hiérarchie unique. Gourmont en tire l’idée d’une continuité des formes de l’instinct, dont l’expression dépend des milieux et des contraintes. L’humain se comprend alors comme un cas particulier d’un phénomène plus général, complexifié par la culture.
Lorsque l’analyse revient à l’espèce humaine, elle insiste sur le surcroît de médiations: langage, imaginaire, habitudes, interdits. La pudeur, la jalousie, la coquetterie et l’attrait de la nouveauté y sont décrits comme des stylisations sociales d’un fond instinctif. Gourmont met en avant les rythmes corporels, les seuils d’excitation et le rôle des stimulants sensoriels, sans en faire des lois universelles. Il insiste surtout sur l’hétérogénéité des tempéraments, qui rend illusoire toute psychologie unique de « l’homme » ou de « la femme ». À ses yeux, l’expérience amoureuse procède d’ajustements concrets plutôt que d’essences immuables.
Le livre examine ensuite les institutions qui cadrent l’instinct: mariage, monogamie, polygamie, continence, prostitution. Par des exemples historiques et ethnographiques, il montre leur diversité et leur fonction pragmatique de régulation, plus que leur prétention à incarner une vérité morale. L’accent est mis sur l’écart entre prescriptions et pratiques, sur la plasticité des arrangements et sur le coût des interdits absolus. Sans prêcher de modèle, Gourmont propose de lire ces systèmes comme des techniques sociales de gestion du désir, dont l’efficacité et les effets varient selon les milieux, les époques et les objectifs poursuivis.
Une large place est accordée aux critères de beauté, aux préférences et à l’imagination érotique. L’essai décrit comment l’art, la littérature, la mode et l’éducation du regard façonnent les appétits autant qu’ils les expriment. Les attraits dits normaux et les goûts singuliers sont rapportés à des associations d’images, à des apprentissages et à des circonstances, non à des déviations métaphysiques. Gourmont s’attache à dissiper les mythes qui absolutisent la passion ou la fidélité, sans nier leur force vécue. Il plaide pour une compréhension patiente des différences, compatible avec la responsabilité et le respect des personnes.
Au terme de cette exploration, Physique de l’Amour se présente comme une tentative de replacer l’amour dans la nature, sans l’y enfermer. En privilégiant l’observation, la comparaison et la prudence conceptuelle, l’ouvrage propose un cadre sobre pour discuter du sexe et des mœurs, à distance des dogmes. Sa portée excède le simple traité: il participe à l’émergence d’une réflexion moderne sur la sexualité, attentive aux faits et aux variations individuelles. Cette ambition lui confère une résonance durable, en invitant à conjuguer liberté et lucidité, et à réviser les jugements à la lumière d’une connaissance mieux informée.
Publié en 1903 au Mercure de France, Physique de l’Amour de Remy de Gourmont s’inscrit dans la Belle Époque de la Troisième République, marquée par la concentration des élites intellectuelles à Paris. Revues, librairies et salons littéraires structurent la vie des idées, des cours de la Sorbonne aux tables du Quartier Latin. Le Mercure de France, fondé en 1890 par Alfred Vallette, sert de carrefour symboliste et critique, où Gourmont tient une place majeure. Dans ce cadre de presse foisonnante, l’essai adopte un ton d’enquête et d’observation, nourri par la circulation rapide des savoirs entre littérature, sciences et débats publics.
Le livre paraît dans un moment où l’évolutionnisme domine l’horizon scientifique. Depuis La Filiation de l’homme (1871), Charles Darwin a popularisé la sélection sexuelle comme moteur de la diversité des comportements. Herbert Spencer et Ernst Haeckel diffusent un naturalisme ambitieux, tandis que la physiologie expérimentale, héritière de Claude Bernard, impose ses méthodes. En 1900, la redécouverte des lois de Mendel par de Vries, Correns et Tschermak relance les discussions sur l’hérédité. Cette conjoncture valorise l’explication biologique des conduites, y compris amoureuses, et légitime l’usage, par un écrivain-critique comme Gourmont, d’exemples tirés de l’histoire naturelle pour éclairer les pratiques humaines.
La fin du XIXe siècle voit s’institutionnaliser la sexologie. Richard von Krafft-Ebing publie Psychopathia Sexualis en 1886, Albert Moll examine la libido en 1897, et Havelock Ellis entreprend ses Studies in the Psychology of Sex à partir de 1897. À Berlin, Magnus Hirschfeld fonde en 1897 le Comité scientifique humanitaire pour défendre les minorités sexuelles. À Paris, la clinique de la Salpêtrière de Jean-Martin Charcot a popularisé l’étude médico-psychologique des troubles nerveux. Dans ce climat de médicalisation, où coexistent typologies, cas cliniques et anxiété morale, l’essai de Gourmont s’empare de l’instinct sexuel en privilégiant un regard naturaliste plutôt que répressif.
Les sciences humaines françaises offrent alors des outils comparatifs. La Société d’anthropologie de Paris, fondée par Paul Broca en 1859, collecte depuis des décennies des données sur les populations. L’Année sociologique, lancée par Émile Durkheim en 1898, développe des enquêtes sur les formes de parenté et les règles sociales. L’essor de l’Empire colonial français fournit une masse de récits ethnographiques sur mariages, filiations et interdits. Ces ressources, largement diffusées par les revues, nourrissent l’ambition d’expliquer les normes affectives par leur histoire et leur diversité. Gourmont s’inscrit dans ce moment comparatiste en confrontant mœurs européennes et observations venues d’ailleurs.
Sur le plan littéraire, l’essai émane d’un milieu façonné par le symbolisme et l’héritage décadent, en dialogue critique avec le naturalisme de Zola. Le Mercure de France devient, dès 1890, une plate-forme pour expérimenter formes et idées, et Gourmont y exerce une influence déterminante comme essayiste. Les polémiques de l’Affaire Dreyfus (1894–1906) ont profondément clivé la République et accru la méfiance envers les dogmes institutionnels. Dans ce contexte, l’écriture de Gourmont, érudite et analytique, privilégie l’argument et la référence documentée. Physique de l’Amour s’insère ainsi dans une culture de revue qui valorise la discussion rationnelle des croyances communes.
Au tournant du siècle, la France débat avec âpreté de la morale sexuelle. La loi de 1905 consacre la séparation des Églises et de l’État, tandis que la liberté de la presse de 1881 coexiste avec des poursuites pour atteinte aux bonnes mœurs. Le divorce, rétabli en 1884, reconfigure les cadres juridiques du couple. La baisse de la natalité suscite l’Alliance nationale pour l’accroissement de la population française (1896), face aux campagnes néo-malthusiennes de Paul Robin et aux conférences de Nelly Roussel. L’essai de Gourmont dialogue avec ces controverses en opposant aux morales officielles une lecture biologico-historique des comportements.
Les transformations du statut des femmes fournissent un autre arrière-plan. Hubertine Auclert milite pour le suffrage depuis les années 1880, et Marguerite Durand fonde le quotidien La Fronde en 1897, entièrement rédigé par des femmes. La loi de 1900 ouvre la profession d’avocat aux femmes, et Jeanne Chauvin plaide dès 1901. En 1907, les épouses obtiennent la libre disposition de leur salaire. Dans les salons, notamment celui de Natalie Clifford Barney à Paris, s’échangent des idées sur amour, liberté et normes sexuelles. Le livre de Gourmont résonne avec ces débats en décrivant rapports de sexes et désirs hors des idéalisations romantiques.
Physique de l’Amour paraît en 1903 dans une France confiante en la science mais traversée par des inquiétudes morales et démographiques. Lu dans les milieux d’avant-garde, l’ouvrage assemble observations de biologie, exemples ethnographiques et critique littéraire pour interroger le sentiment amoureux et l’instinct. Il reflète les tensions de la Belle Époque entre savoir positif et héritages religieux, entre liberté individuelle et discipline sociale. Sans décrire une intrigue, il met à l’épreuve les lieux communs de son temps, en privilégiant explication et comparaison. Par là, l’essai offre un miroir incisif de son époque et une critique des certitudes moralisatrices.
