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Dans "Proses moroses", Remy de Gourmont propose un recueil de textes qui s'inscrit dans le mouvement symboliste, marqué par une exploration introspective de l'âme humaine et de ses émotions. L'œuvre, marquée par un style élégant et poétique, nous plonge dans les méandres de la mélancolie et de la souffrance, domaines consubstantiels à la condition humaine. Chaque prose, bien que distincte, se tisse autour de réflexions sur l'amour, la mort, et le désespoir, révélant la profondeur des pensées de l'auteur et son habileté à marier la langue française à des sensations nuancées et complexes. Ce recueil, publié à la fin du XIXe siècle, reflète les préoccupations d'une époque où la modernité s'opposait à des sentiments plus archaïques. Remy de Gourmont, intellectuel et critique littéraire influent, fut l'un des principaux penseurs du symbolisme. Imprégné par ses lectures des poètes et des philosophes européens, il s'intéressa à la psychologie et à l'art, développant une sensibilité particulière envers les facettes sombres de la nature humaine. Sa propre existence, jalonnée de conflits intérieurs et de réflexions sur la société, a nourri cette œuvre où il explore les zones d'ombre de l'existence, oscillant entre beauté et douleur. "Proses moroses" est une invitation à la contemplation et à l'introspection, un ouvrage qui résonne avec quiconque s'est déjà perdu dans les labyrinthes de ses pensées. La richesse stylistique, conjuguée à la profondeur des thèmes abordés, fait de ce recueil une lecture essentielle pour ceux qui souhaitent plonger dans les arcanes de la psyché humaine. Ce livre, à la fois pénétrant et éloquent, saura séduire les amateurs de littérature fin de siècle et ceux en quête de sens dans les méandres de la mélancolie. Dans cette édition enrichie, nous avons soigneusement créé une valeur ajoutée pour votre expérience de lecture : - Une Introduction approfondie décrit les caractéristiques unifiantes, les thèmes ou les évolutions stylistiques de ces œuvres sélectionnées. - Une section dédiée au Contexte historique situe les œuvres dans leur époque, évoquant courants sociaux, tendances culturelles и événements clés qui ont influencé leur création. - Un court Synopsis (Sélection) offre un aperçu accessible des textes inclus, aidant le lecteur à comprendre les intrigues et les idées principales sans révéler les retournements cruciaux. - Une Analyse unifiée étudie les motifs récurrents et les marques stylistiques à travers la collection, tout en soulignant les forces propres à chaque texte. - Des questions de réflexion vous invitent à approfondir le message global de l'auteur, à établir des liens entre les différentes œuvres et à les replacer dans des contextes modernes. - Enfin, nos Citations mémorables soigneusement choisies synthétisent les lignes et points critiques, servant de repères pour les thèmes centraux de la collection.
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Veröffentlichungsjahr: 2020
La présente collection, Proses moroses, réunit sous la signature unique de Remy de Gourmont un ensemble de pièces brèves ordonnées en trois Livres. Il ne s’agit ni d’une édition intégrale, ni d’un simple florilège, mais d’un corps cohérent de textes courts où se déploie une même tension lyrique et méditative. Les titres égrenés — de Distraction matinale à La Tour Saint-Jacques, de Les Cygnes à Un épisode du jugement dernier — annoncent un parcours qui va de la notation la plus intime à la vision allégorique. L’objectif est de restituer la diversité de ses formes tout en soulignant l’unité d’une voix.
Les pièces rassemblées appartiennent à des genres contigus: proses poétiques, contes, esquisses narratives, paraboles, visions, et fragments à teneur réflexive. Certaines accueillent la fable ou la scène urbaine; d’autres frôlent l’essai bref ou l’épure mythographique. La variété n’est pas dispersion: les textes partagent une même économie, une densité d’image et une prosodie discrète qui rapproche la phrase du vers. Le lecteur passera d’une rêverie descriptive à un récit minimal, d’une paraphrase inventive à un tableau moral, sans rupture de ton. Cette pluralité formelle illustre l’art de Gourmont pour les formes courtes, malléables et ouvertes à la suggestion.
Le Livre I s’ouvre sur des notations où le quotidien se trouble d’un halo de songerie. Distraction matinale et La Cloison observent des gestes, des portes, des séparations qui deviennent motifs d’examen intérieur. Les Petits Pauvres et Le Rêve annoncent la rencontre du regard social et de l’imaginaire. Le Rachat des Laides et La Chèvre blonde sondent la beauté en ses contrastes, entre rumeur de rue et fantaisie. Le Phonographe introduit l’objet moderne comme relais de mémoire. Les Xénioles, en trois volets, proposent de brefs cristaux d’esprit. La Tour Saint-Jacques érige enfin l’architecture en instrument d’élévation et de perspective.
Dans le Livre II, la courbe s’élargit vers la légende, la réécriture et le signe. Les Cygnes déploient un imaginaire de l’élan et du reflet; Paraphrases reconnaît la fécondité de la reprise; Sœur et Sœurette explore les nuances d’une proximité protégée. La Fille de Loth transpose une mémoire biblique au prisme d’une prose nuancée, tandis que Les Correspondances jouent des échos entre choses et idées. Le Crime de la rue du ciel ouvre un bref récit d’énigme urbaine. Ariane et Héroïde moderne font résonner l’héritage mythologique et ovidien dans un contexte contemporain, avec la pudeur d’une voix intériorisée.
Le Livre III accentue la portée visionnaire. Vision et Prose pour un poète affirment une poétique de la vision partagée. L’Opérateur des morts approche la frontière du silence; L’Enfer met en scène une dramaturgie morale sans schème dogmatique. Prescience observe l’ombre d’un pressentiment. Les Joies primitives interrogent l’archaïque au cœur du présent. Chambre de presbytère capte l’intimité d’un lieu; L’Entrée des hommes d’armes esquisse la pompe et ses inquiétudes. Une maison dans les dunes fait de l’espace littoral un refuge pensif. Nouvelles des îles infortunées et Un épisode du jugement dernier concluent sur des horizons lointains, historiques et eschatologiques.
L’ensemble trace les axes qui unifient cette prose: le rêve et l’éveil, la ville et le mythe, le visible et son double, la beauté et son envers. La tonalité promise par le titre n’est pas résignation, mais gravité lucide, souvent relevée d’un sourire ironique. L’écriture, souple et précise, joue d’images nettes, d’ellipses légères et de rythmes insinuants. La composition privilégie la coupe brève, l’éclat d’une scène, la métaphore qui prolonge la sensation en idée. Les objets modernes, la pierre des monuments, les figures bibliques ou antiques s’y répondent pour former une constellation de signes patiemment agencés.
Proses moroses occupe, dans l’œuvre de Remy de Gourmont, la place d’un laboratoire de la prose symboliste, où le récit et le poème s’interpénètrent. Par la division en trois Livres, la collection offre un chemin lisible dans la diversité des matières, sans renoncer à l’exigence de synthèse. Elle donne la mesure d’une voix qui sait accueillir la modernité sans perdre l’écho des traditions. Sa valeur durable tient à la précision de son regard, à la liberté de ses formes et à la continuité d’un chant discret. On y lit une manière d’habiter le monde par touches, éclaircies et correspondances.
Parues au cœur du Paris fin-de-siècle, les Proses moroses s’inscrivent dans le climat symboliste qui se cristallise autour du Mercure de France, fondé en 1890 par Alfred Vallette. Gourmont, critique et théoricien dans cette revue, compose des textes où l’allusion, le rêve et l’archaïsme s’allient à une observation aiguë de la ville moderne. L’atelier parisien des années 1890, des mardis de Mallarmé aux cénacles de la rive gauche, privilégie la musicalité de la prose et la liberté formelle. Cette sociabilité de revues façonne la réception: un lectorat étroit, exigeant, prompt à reconnaître les filiations avec Verlaine, Villiers ou Huysmans, nourrit l’écho des pièces réunies.
Dans ces années, la technique renouvelle la perception. L’invention du phonographe (Edison, 1877) et sa diffusion dans les salons parisiens au début des années 1890, comme l’Exposition universelle de 1889, installent un imaginaire de la voix enregistrée, du double et de l’absence. La presse quotidienne, affermie par la loi de 1881 sur la liberté de la presse et par le télégraphe, impose le rythme des nouvelles. Ces mutations irriguent des pièces telles que Le Phonographe, Les Correspondances ou Prose pour un poète, où la matérialité du son, la médiation de l’écriture et la circulation des signes transforment l’intimité en expérience publique, fragile et démultipliée.
À l’arrière-plan, la « question sociale » marque la décennie. La longue dépression (1873–1896), l’exode rural et la croissance des faubourgs creusent la pauvreté urbaine ; la loi de 1892 encadre enfin le travail des enfants, tandis que œuvres laïques et congrégations rivalisent de charité. Dans ce contexte, Les Petits pauvres évite le misérabilisme pour interroger les codes de la compassion. Parallèlement, les anarchistes (Ravachol, 1892 ; Vaillant, 1893) et les lois dites scélérates (1893–1894) durcissent l’espace public, attisant un journalisme de faits divers auquel renvoie Le Crime de la rue du Ciel, où l’ironie démonte les réflexes pénaux et médiatiques.
