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Il y a un pas entre connaître le bon choix et décider de le faire…
Pierce est à la recherche de Salem, un chien militaire K9 qui appartenait à Pete, vétéran à présent incapable de s’occuper de lui-même et encore moins du pauvre chien. L’animal est passé de main en main jusqu’à devenir trop difficile à gérer, et maintenant, la justice s’en mêle. Tout le monde se fiche éperdument du bien-être de Salem… pas plus que de son ancien maître. Pierce s’apprête à tout changer… au mépris de ses ennemis.
Hedi, jeune députée, a vécu toute sa vie à Arrowhead, dans le Colorado. Elle connaît bien Pete et Salem, mais c’est avec impuissance qu’elle a vu ses amis et sa famille céder à la cupidité. Elle reconnaît chez Pierce les mêmes qualités que chez le vétéran, et en le voyant passer à l’action, elle comprend que les choses vont changer. Malheureusement, elle sait aussi que les habitants du coin ne laisseront pas passer cette provocation aussi facilement. La guerre est déclarée…
Pierce a servi son pays à l’étranger pendant de nombreuses années, et face aux difficultés du vétéran, il prend conscience que même loin des champs de bataille, le combat est loin d’être terminé. D’ailleurs, il ne fait que commencer. Cette fois, Pierce compte bien aller jusqu’au bout. Et il a l’intention de gagner.
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Veröffentlichungsjahr: 2022
K9 Files : chiens de guerreTome 2
Dale Mayer
Première de Couverture
Page de Titre
À propos du livre
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Épilogue
Zane
Note de l’auteure
À propos de l’auteure
Tous droits réservés
Il y a un pas entre connaître le bon choix et décider de le faire…
Pierce est à la recherche de Salem, un chien militaire K9 qui appartenait à Pete, vétéran à présent incapable de s’occuper de lui-même et encore moins du pauvre chien. L’animal est passé de main en main jusqu’à devenir trop difficile à gérer, et maintenant, la justice s’en mêle. Tout le monde se fiche éperdument du bien-être de Salem… pas plus que de son ancien maître. Pierce s’apprête à tout changer… au mépris de ses ennemis.
Hedi, jeune députée, a vécu toute sa vie à Arrowhead, dans le Colorado. Elle connaît bien Pete et Salem, mais c’est avec impuissance qu’elle a vu ses amis et sa famille céder à la cupidité. Elle reconnaît chez Pierce les mêmes qualités que chez le vétéran, et en le voyant passer à l’action, elle comprend que les choses vont changer. Malheureusement, elle sait aussi que les habitants du coin ne laisseront pas passer cette provocation aussi facilement. La guerre est déclarée…
Pierce a servi son pays à l’étranger pendant de nombreuses années, et face aux difficultés du vétéran, il prend conscience que même loin des champs de bataille, le combat est loin d’être terminé. D’ailleurs, il ne fait que commencer. Cette fois, Pierce compte bien aller jusqu’au bout. Et il a l’intention de gagner.
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PIERCE CARLTON S’ENGAGEA sur la sortie suivante, sur l’autoroute 14 en direction de Fort Collins. Il se demanda dans quoi il s’était embarqué en acceptant de rechercher Salem, un berger femelle noir qui pouvait être porté disparu. Dans tous les cas, il avait prévu de revenir dans le Colorado. En vérité, cela faisait bien longtemps qu’il aurait dû revenir. Il avait une bonne raison de le faire.
En théorie, les maîtres-chiens et les chiens n’étaient pas censés s’attacher. La première fois qu’il avait entendu ça, il avait ri. Comment faire autrement ?
Cette chienne avait été aperçue pour la dernière fois dans la communauté d’Arrowhead, près de Fort Collins. D’où la raison de son escale ici. Si ses souvenirs étaient bons, il y avait un petit café le long du boulevard principal, qui servait la meilleure tarte aux pommes au monde. Il s’arrêta devant « Chez Marge », et entra. S’il y avait bien un nom pour évoquer la tarte aux pommes, c’était celui-ci. Il entra, s’arrêta et se fendit d’un sourire. Juste devant lui, il y avait une grande vitrine remplie de ce qui ressemblait à des desserts faits maison.
Son estomac gronda.
Une femme corpulente vint vers lui.
— Ah, ça, c’est un son que j’aime.
— S’il vous plaît, ne me dites pas que vous pouvez entendre mon estomac de là-bas !
— Mes oreilles sont entraînées pour cela. Entrez et prenez un siège. Nous allons mettre de la nourriture dans ce gosier.
Pierce n’avait pas envie de quitter la vitrine devant lui.
— C’est quoi le truc avec toutes ces gourmandises ?
— Eh bien, elles sont à vendre. C’est ce que vous vouliez savoir ?
— Est-ce qu’elles sont fraîches ? Faites maison ? Ou achetées quelque part en ville ?
— Je fais toutes mes tartes ici, dit-elle fièrement. Je suis tante Marge. Elle lui tendit un gros bras et une main musclée.
Il la serra fermement, et à juger par la force de ses bras, il sut sans le moindre doute qu’elle faisait effectivement ses pâtisseries.
— Est-ce que vous avez aussi de la vraie nourriture, ou dois-je me nourrir de tarte aux pommes pendant tout le repas ?
— Vous allez vous asseoir et prendre un bon hamburger et des frites, et ensuite on vous donnera un morceau de tarte pour couronner le tout.
Quand il était entré, il n’avait pas forcément très faim, mais rien que la phrase lui mettait l’eau à la bouche. Avec obligeance, il se dirigea vers la table qu’il lui indiquait et s’assit. Quelques secondes plus tard, il avait une tasse de café chaud devant lui.
— Qu’est-ce qui vous amène en ville ? lui demanda-t-elle.
— Qu’est-ce qui vous fait croire que je suis nouveau ? Je passais souvent par ici, et je m’étais promis de m’arrêter pour voir si les rumeurs qui couraient sur les meilleures tartes du monde étaient justifiées, mais je ne l’ai jamais fait. Ça fait un certain nombre d’années que je ne suis pas revenu dans cette ville.
— C’est une petite communauté. Je connais chaque personne qui vit ici. Les autres sont surtout de passage.
— Eh bien, s’ils ont connaissance de l’existence de toutes ces pâtisseries derrière cette vitrine, je ne serais pas du tout surpris que tout le monde fasse des pieds et des mains pour venir ici.
— Suffisamment en tout cas pour que je gagne bien ma vie, reconnut-elle avec un sourire en coin, et elle disparut dans l’arrière-cuisine. Il l’entendit parler à quelqu’un, et se demanda si c’était une entreprise familiale. Elle ressortit rapidement avec des couverts et un verre d’eau.
— Vous n’avez pas répondu à ma question.
— Je suis à la recherche d’un chien.
— Pure race ? Pour de l’élevage ?
— Non, c’est une chienne de guerre qui est rentrée chez elle avec son maître. Il a fini par aller en rééducation et a subi plusieurs opérations, puis sa femme l’a quitté. Comme il ne peut pas vivre seul, la chienne s’est retrouvée perdue dans tout ça.
— Pete Lowery !
— Pardon ?
— Vous cherchez le chien de Pete Lowery, Salem ?
Il vérifia dans ses notes sur son téléphone, et lui répondit :
— C’est exact.
— Savez-vous où est la chienne ?
— Elle a attaqué quelqu’un, déclara-t-elle sans ménagement.
Son cœur se serra.
— C’est vrai ?
— Je ne suis pas sûre de ce qui s’est passé, mais elle a mordu un homme à la jambe, lui expliqua-t-elle. Elle est peut-être encore enfermée dans la cour sécurisée de la police. Il a été question de la faire euthanasier, mais je ne sais pas ce qu’il est advenu d’elle.
— À qui pourrais-je poser la question ?
— Vous devrez parler au shérif, répondit-elle. Accordez-lui une demi-heure, et il passera sûrement prendre un café et une part de tarte.
Pierce resta assis là, remuant lentement son café noir pour le refroidir, à se demander ce qui pouvait pousser un chien comme ça à attaquer quelqu’un. Le scénario le plus probable était que le chien s’était senti acculé et menacé ou que quelqu’un à qui il tenait l’était. Pierce fronça les sourcils y songeant, jusqu’à ce que tante Marge revienne avec une grande assiette de hamburger et de frites. Curieux, il la questionna :
— Vous connaissez l’histoire derrière l’attaque du chien ?
— Je pense que c’est en rapport avec le frère de Pete. Rob a dit que le chien n’avait rien fait de mal, mais deux types lui parlaient, et apparemment le toutou n’a pas apprécié l’un des deux et l’a attaqué.
— Les chiens sont souvent capables de repérer une menace que nous ne voyons pas.
— Je ne connais pas tous les détails, dit-elle en haussant les épaules, avant de se diriger vers le comptoir pour y prendre de la moutarde et du ketchup pour lui.
Il lui fit un signe de tête en guise de remerciement, piocha une frite croustillante et la mordit. Il aimait les frites croustillantes. Celles-ci étaient chaudes et savoureuses. Il versa du ketchup dans son assiette et entreprit de toutes les manger. Quand il eut presque fini, il prit le hamburger et dégusta lentement le sandwich au bœuf.
Le repas fut excellent. Il reviendrait pour la nourriture. Tante Marge passa, le resservit en café et en eau, mais cette fois, elle ne s’arrêta pas pour parler. Quelques autres clients entraient et sortaient, donc ce n’était pas bondé. Pierce était sur le point de finir son hamburger, mettant le dernier morceau dans sa bouche, quand une voiture de shérif arriva. Apparemment, le shérif était un peu en avance aujourd’hui.
Tante Marge le salua lorsqu’il s’assit et lui versa une tasse de café, puis elle pointa Pierce du doigt et annonça :
— Il doit te parler de Salem.
Le shérif fit savoir :
— Si un chien a pu mériter une balle, c’est bien elle ! s’exclama-t-il. Il regarda Pierce :
— Si vous venez la chercher, c’est trop tard. Quelqu’un l’a déjà volée dans la cour.
Tante Marge eut un air horrifié.
— Quoi ? Mais qui ferait une chose pareille ?
— Une idée de qui ou de quand ?
— Il y a quelques mois. Et, non, nous ne savons pas qui. Ils ont coupé la clôture et l’ont libérée. J’espère qu’ils l’ont emmenée pour lui coller une balle entre les yeux. Elle ne mérite rien de mieux.
Tante Marge approuva.
— C’est tellement vrai. La dernière chose dont on a besoin ici, c’est de chiens qui attaquent des innocents.
Ou des gens qui attaquent des chiens, se dit Pierce. Mais pas besoin de prendre part à cette discussion ici et maintenant. Pas avant de connaître toute l’histoire. Il savait deux choses : les hommes attaquaient sans la moindre provocation, tandis que les chiens n’attaquaient que par nécessité.
Pierce doutait fortement que le chien ait bénéficié d’une écoute honnête de la part du shérif. Cet homme avait déjà pris sa décision.
Hedi Miller entra dans le diner, surprise par le silence étrange qui l’entourait. Elle croisa le regard de tante Marge, dont le visage était illuminé par un sourire radieux.
— Te voilà, dit-elle en se précipitant vers la jeune femme les bras ouverts.
Son étreinte semblait légèrement exagérée, son impatience un peu trop satisfaite de son arrivée soudaine. Seulement, ce n’était pas une arrivée soudaine. Elle suivait le shérif depuis ces dix dernières minutes sur la route principale. Toutefois, quand elle s’était garée derrière lui, elle avait pris quelques instants pour prendre des notes. Elle était dans une situation délicate. Elle était officière adjointe et adorait son travail, mais chaque jour, il était de plus en plus difficile de bosser avec ce shérif.
Elle avança jusqu’au comptoir et s’assit sur l’un des tabourets.
— Qu’est-ce que je peux te servir, Hedi ? s’enquit Marge en se précipitant derrière le bar.
— Pourquoi pas une part de cette tarte aux pommes ? répondit la jeune femme en souriant. S’il n’y avait pas ces pâtisseries tout droit sorties du four, je ne sais pas si je ferais le déplacement très souvent.
— Il y a beaucoup d’autres bonnes choses à manger, lui cria le shérif. Et si tu n’étais pas si arrogante, tu pourrais t’asseoir à ma table.
Ses épaules se raidirent quand elle entendit son commentaire. N’importe qui d’autre l’aurait laissé s’asseoir où elle le voulait. Mais avec le chef, tout était question de contrôle, d’alpha dominant. Visiblement, il n’avait pas lu les recherches scientifiques les plus récentes qui indiquaient qu’il n’y avait pas vraiment de mâles alpha dans les meutes. Pourtant, le shérif ne partageait pas son leadership. Il était le seul et l’unique.
Elle se retourna pour lui jeter un coup d’œil.
— J’allais juste manger une part de tarte, déclara-t-elle doucement, et retourner ensuite chez Johanson.
— Que se passe-t-il, là-bas ? demanda-t-il. Y a-t-il quelque chose dont tu ne m’as pas parlé ?
Elle secoua la tête.
— Non, dit-elle tout aussi bas. Non, je t’ai dit beaucoup de choses. Les mêmes conneries, jour après jour.
— Eh bien, on ne peut pas vraiment croire ce qu’une femme nous raconte.
— Cette fois-ci, ce sont les enfants qui ont appelé, cracha-t-elle.
Elle entendit la tante Marge prendre une brusque inspiration. Elle pivota pour la regarder.
— Tante Marge, tu sais dans quelle situation vivent ces petits ?
Les yeux de Marge s’emplirent de larmes et elle acquiesça.
— Et tu sais également que je ne peux pas faire grand-chose pour ça, ajouta doucement Hedi.
Derrière elle, le shérif se contenta de ricaner.
— Il n’y a aucun problème avec Jed, annonça-t-il. Il aime juste un peu trop la bouteille. S’il arrêtait, tout irait bien.
— Le truc, c’est qu’il n’arrête pas, répondit Hedi. Et on en arrive à un point où il va commettre un acte sérieux que personne ne pourra réparer.
Le shérif agita la main d’un air dédaigneux, comme pour lui intimer d’arrêter de fouiner là où ça ne la regardait pas.
Elle se contenta de lui jeter un regard noir.
Un bruit de l’autre côté du restaurant l’obligea à tourner la tête et elle vit un inconnu se lever. La tante Marge se précipita vers lui.
— Oh, mon Dieu, j’ai oublié de vous servir votre part de tarte.
— Non, dit-il. Vous me l’avez donnée. C’est juste que mon assiette est si propre que vous ne pouvez pas voir ce que j’ai mangé.
Il la leva et la lui redonna.
Hedi observa la scène, son regard rivé sur l’inconnu.
— Pardon, généralement on ne lave pas notre linge sale en public.
Il hocha la tête, mais demeura silencieux. Il récupéra son sac à dos, avança jusqu’à la caisse et laissa un billet de vingt dollars sur le comptoir. La tante Marge lui rendit sa monnaie, mais il se contenta d’agiter la main et de dire :
— Gardez-la. C’est le meilleur burger que j’ai mangé depuis un long moment.
Il se retourna pour regarder la part de tarte à la pomme devant la jeune femme et sourit.
— Je dois admettre que la tarte est sacrément bonne, aussi.
— Tante Marge est une excellente cuisinière, déclara Hedi avec un grand sourire. Elle a un grand cœur qui va avec, aussi.
Il ricana.
— Je vois ça.
Il avança jusqu’à la porte et la laissa claquer derrière lui.
Derrière elle, l’officière entendit le shérif jurer.
— Trouduc prétentieux.
— Qu’est-ce qu’il a fait ? l’interrogea Hedi par curiosité.
— Il a posé des questions sur le chien qui s’est échappé de l’enclos clôturé.
Elle se figea et scruta son visage.
— Pourquoi ?
— Il le cherche, se dépêcha de répondre tante Marge. Il n’a pas apprécié qu’il se soit échappé.
— Qu’il ait été relâché, kidnappé ou volé, la corrigea vivement le shérif. On ne l’a pas perdu et il ne s’est pas échappé. Quelqu’un l’a volé et bon débarras.
Hedi jeta un coup d’œil à tante Marge.
Elle se contenta de hausser les épaules d’un air philosophique.
— Je ne peux pas dire que je sois désolée que cet animal ait déguerpi. Il était évident que cette chienne était dangereuse.
La policière ne prononça pas un mot. Elle se contenta d’incliner la tête. Elle récupéra un morceau de tarte et le mit dans sa bouche. Manger était une bonne excuse pour ne pas parler. Elle termina sa part, puis se leva en gobant le reste de son café. Elle avança jusqu’au comptoir et laissa un billet de cinq dollars.
— Merci, tante Marge, comme d’habitude.
Sans dire un mot au shérif, elle partit vers la porte.
En sortant, elle entendit son patron renifler.
— Foutues bonnes femmes, marmonna-t-il.
— Chuut, lui lança tante Marge. Tu sais qu’elle peut t’entendre.
— Je me fiche totalement qu’elle m’entende ou non, cracha-t-il. On ne devrait pas avoir de femmes officières. Tu le sais.
— Hé, les temps changent, déclara la serveuse. Maintenant, les filles ont de meilleures opportunités que de gérer simplement de petits restaurants et cuisiner des tartes.
— C’est pourtant là qu’est leur place. Tu fais ce que tu fais, et tu es la meilleure dans ton domaine, déclara-t-il d’un ton admiratif.
— Et je fais ce que je fais parce que je suis la meilleure dans mon domaine. Mais ça ne veut pas dire que cette jeune femme ne peut pas être un bon officier, le contredit tante Marge. Tu sais qu’elle est toujours là si quelqu’un a besoin d’elle. Elle est l’une de tes employées les plus consciencieuses.
— Simplement parce que c’est une femme, déclara-t-il. Et c’est ce qui la rend consciencieuse. C’est un truc génétique. Elle devrait rester à la maison et élever des bébés. Mais elle n’a même plus de petit ami.
Hedi, qui était restée sur la première marche, entendit le shérif repousser sa chaise. Elle avança vers sa voiture pour qu’il ne sache pas qu’elle avait tout écouté. Sur son chemin, elle vit l’inconnu assis dans un gros pick-up, la portière ouverte.
Elle avança vers lui.
— Pourquoi recherchez-vous Salem ?
En entendant le son de sa voix, il se retourna pour l’observer. Ses yeux étaient d’une couleur chocolat noir intense et étaient entourés par des cils épais. Son visage était mince et hâlé, comme s’il travaillait en extérieur.
— Y a-t-il une raison pour que vous la recherchiez ? demanda-t-elle à nouveau.
— C’est une question professionnelle ?
— Officier Hedi Miller et…
Elle fronça les sourcils à cause de la réponse de l’homme.
— Devrais-je poser la question en tant que professionnelle ?
Il haussa les épaules d’un air nonchalant.
— Un ami s’inquiète à propos de la chienne. On m’a demandé de venir et de la rechercher. C’était un Chien de Guerre, et elle mérite bien mieux que d’être enfermée dans un enclos où quelqu’un a pu la voler.
À l’intérieur, la jeune femme sentit son cœur battre plus fort.
— Alors vous êtes ici pour la chienne ou contre elle ?
Il ouvrit un peu plus sa portière et se tordit sur son siège pour regarder la jeune femme.
— Je suis ici pour la sauver.
Parfait. Elle lui sourit.
— Dans ce cas, peut-être que nous devrions discuter.
Il jeta un coup d’œil vers le restaurant.
— Pas maintenant. Nous avons de la compagnie.
Elle ne se retourna pas, mais sut qu’il s’agissait du shérif.
— Exactement. Si vous me donnez votre numéro, je peux vous appeler plus tard et vous donner les détails de l’affaire.
— Nous ne dévoilons aucune information sur quoi que ce soit, annonça le shérif.
Hedi se contenta de sourire.
— Tout le monde est au courant. Nous avons récupéré le chien. Il pourrait demander à n’importe qui, mais au moins, avec nous, il aura la vérité.
— Tu n’as pas autre chose à faire ? Va voir ces gamins qui chialent tout le temps.
Il monta dans son véhicule, démarra le moteur et sortit du parking en marche arrière, s’engageant sur la route principale, pour retourner au commissariat. Ses roues firent voler des cailloux derrière lui.
La jeune femme se tourna vers l’inconnu, toujours dans son pick-up.
— Il n’est pas aussi horrible qu’il en a l’air.
— J’en ai rencontré beaucoup, des comme lui, déclara l’homme d’une voix sèche. Et ils sont bien pires qu’ils en ont l’air.
Hedi grimaça après cette déclaration, puisque le shérif était pire que ce qu’on pouvait croire. Elle essayait juste de minimiser un peu son comportement.
— Écoutez, je ne sais pas ce qui est arrivé au chien, mais elle a disparu il y a environ deux mois. Je suis arrivée un matin, et la clôture avait été coupée. Elle est partie depuis longtemps.
— Donc quelqu’un l’a aidée à sortir de là, hein ?
Elle acquiesça, mais garda tout de même un visage neutre.
— Il semblerait, en effet.
— J’ai cru comprendre que Salem avait mordu un habitant du coin.
Elle plongea ses mains dans ses poches et se balança sur ses talons.
— Oui, c’est vrai. Et s’il y avait un homme qui le méritait davantage, alors je ne l’ai pas encore rencontré.
Une lueur amusée emplit le regard de l’inconnu.
— C’est ce à quoi je m’attendais, déclara-t-il. Ce n’est pas la faute du chien, alors ?
— Dans ce cas-là, je ne pense pas que ce soit sa faute, admit-elle. Mais personne d’autre ne sera d’accord avec ça, ici.
— Et Ross, le frère de Pete ?
— Vous avez le droit d’aller lui parler. Ça ne veut pas dire qu’il sera assez sobre pour vous répondre de façon suffisamment lucide.
— Et si vous me donniez une carte pour que j’y aille ?
Elle avança jusqu’à son véhicule, sortit un carnet qu’elle gardait toujours avec elle, et l’inconnu bondit de son pick-up. Lorsque la portière fut claquée, elle se retourna vers lui.
— Nous sommes ici, expliqua-t-elle en dessinant des directions. Vous allez jusqu’au deuxième feu rouge, sur cette route, vous tournez à gauche, puis encore à gauche et enfin à droite. C’est une propriété de quatre hectares, sans chien, du moins maintenant, et vous le trouverez là.
— Ils y seront tous les deux ?
Elle secoua la tête.
— Je ne voulais pas parler de Pete. Je voulais juste dire son frère, Ross. D’après ce que j’ai entendu, Pete ne reviendra probablement pas à la maison.
Elle arrêta d’écrire et le regarda.
— J’aurais besoin de votre pièce d’identité.
Il haussa un sourcil, mit la main dans sa poche arrière et en sortit son portefeuille pour lui montrer son permis de conduire.
— Pierce Carlton, dit-elle avant d’acquiescer. Bienvenue dans notre comté, Pierce. Souvenez-vous, le shérif n’aime pas les chiens. La plupart des gens, ici, n’aiment pas ceux qui attaquent.
— Personne ne les aime, répondit-il d’une voix calme et neutre. J’entraîne des chiens pour qu’ils attaquent. Quand c’est au bon moment, ils vous sauvent souvent la vie.
— Vous êtes dresseur ? s’enquit-elle en fronçant les sourcils. Vous n’en avez pas l’air.
— Je suis un vétéran de la Navy, répondit-il doucement. J’ai entraîné des chiens pendant des années. Je ne sais plus quoi faire, dernièrement. Quelqu’un m’a demandé de passer pour voir si Salem allait bien et pour m’assurer qu’elle était dans un bon foyer.
— Elle l’a été, mais pas pendant longtemps, répondit simplement Hedi.
Elle tendit la main pour serrer la sienne.
— Je m’appelle Hedi. Voici ma carte. Si vous rencontrez de quelconques problèmes, prévenez-moi. Vous feriez mieux de me contacter, plutôt que le shérif. Il aurait aussi vite fait de vous mettre en garde à vue. Si vous n’êtes pas d’ici et que vous causez du souci, il vous traitera de vagabond et vous mettra en prison pour la nuit.
— C’est un comté sympa que vous avez là.
Alors qu’elle repartait du côté conducteur de sa voiture, elle lui sourit.
— Avant, c’en était un. Mais ce n’est plus le cas depuis des années, désormais.
— Quand était-ce le cas ?
Il l’étudia d’un regard intense.
— Quand mon père était shérif, répondit-elle avec un sourire mélancolique.
Elle remonta dans sa voiture de fonction, alluma le contact et avança sur la route. Suffisamment d’ennuis l’attendaient déjà ailleurs pour qu’elle reste ici à s’apitoyer sur le sort de la ville.
Si Jed avait retrouvé sa bouteille d’alcool, les enfants seraient encore en grand danger. La dernière chose dont elle avait envie, c’était de tirer sur le père devant eux, mais elle ne le laisserait pas leur faire du mal, pas tant qu’elle était là et capable de l’en empêcher.
Dans le rétroviseur, elle put voir la poussière quand le pick-up noir s’engagea sur la grande route et la suivit. Elle se rendit compte qu’ils rouleraient l’un derrière l’autre pendant au moins dix ou quinze minutes puisque les deux propriétés, bien qu’elles ne soient pas côte à côte, étaient assez proches pour qu’on puisse les rejoindre à pied. Lorsqu’elle arriva à la destination de Pierce, elle klaxonna et, avec un bras par la vitre, elle montra où il devait aller, puis elle accéléra. Ravie, elle le regarda ralentir et s’engager dans l’allée. Elle espérait sincèrement que Ross était sobre et qu’il pourrait discuter, aujourd’hui.
Curieusement, elle en doutait. Cet homme était tout sauf fiable. Et toute cette zone avait un problème avec les alcooliques. Avant, il y avait beaucoup de travail en ville, surtout à l’usine, jusqu’à ce qu’elle ferme. Les choses étaient devenues assez moches par la suite. Les économies des habitants avaient fondu, les derniers postes vacants avaient été pourvus. Désormais, la plupart des gens vivaient au jour le jour et ce n’était pas beau à voir.
Ce qu’elle ne comprenait pas, c’était comment ils arrivaient encore à trouver de l’argent pour l’alcool. Et ce n’était pas juste Jed et Ross. Deux autres hommes, des jumeaux, Billy et Bobby, n’étaient pas seulement des ivrognes, mais elle les soupçonnait de fabriquer de l’alcool de contrebande sur leur propriété. Elle les en croyait capables. C’était la façon la moins chère d’obtenir de la gnôle et visiblement, ils semblaient se moquer de boire de l’eau-de-vie à un degré d’alcool maximal. Leur estomac allait pourrir de l’intérieur, mais encore une fois, elle ne pensait pas qu’ils s’en inquiétaient.
Elle conduisit jusqu’à la maison de Jed Johanson et se gara devant les marches. Alors qu’elle ouvrait la portière de son véhicule, elle put entendre les enfants pleurer à l’intérieur. Elle bondit, monta les marches de la maison, frappa fort, puis ouvrit la porte. On aurait dit qu’elle était pile à l’heure.
En soupirant, elle ouvrit les bras et deux des jeunes enfants se précipitèrent vers elle. C’était une journée ordinaire dans ce poste, bon sang.
Pierce se gara à côté d’une vieille camionnette cabossée. Il vit ensuite une ferme délabrée avec une grange disproportionnée et un atelier ouvert avec quelques machines, ainsi que d’autres dépendances non identifiées éparpillées sur la même zone. Un vieux tracteur était garé sur la gauche et une voiture encore plus ancienne était à droite.
En parcourant l’endroit du regard, il n’entendit pas un seul bruit de chien ni aucun signe d’un autre animal. Il avança lentement jusqu’à la porte d’entrée où il s’arrêta et écouta. Il n’y avait aucun son, nulle part. Il tendit la main et frappa à la porte. Un bruit d’étonnement résonna à l’intérieur, comme une chaise qui se renversait totalement. Il attendit quelques secondes jusqu’à ce qu’on ouvre brutalement. Il observa le nez rouge et gonflé de l’homme, ainsi que ses yeux rouges.
— Seriez-vous Ross, par hasard ?
— Qui le demande ? s’enquit l’ivrogne d’un air agressif.
— Un ami de Salem, répondit-il calmement.
L’homme se contenta de cligner des yeux, encore et encore.
— De qui ?
— De la chienne dont vous vous êtes débarrassée.
— Cette pétasse, cracha-t-il. Elle a failli me mordre plusieurs fois. Et elle a mordu quelqu’un d’autre. Le frère d’un ami.
Pierce ne put s’empêcher de soutenir le chien.
— Eh bien, alliez-vous la frapper ou la cogner avec quelque chose ? Ils ont tendance à attaquer quand ils sont provoqués.
— Je ne lui ai rien fait, gronda l’homme. Elle a toujours été aigrie.
— Elle adorait Pete, répondit Pierce d’une voix calme. Évidemment, cela a été difficile pour elle quand il est parti dans ce centre.
— Peut-être. Ça ne veut pas dire qu’elle doit s’en prendre à moi.
Il lui lança un regard noir.
— La chienne n’est pas là, donc qu’est-ce que vous me voulez ?
— Je me demandais si vous saviez ce qui lui était arrivé, demanda le vétéran.
Ross secoua la tête, de la salive volant depuis le coin de sa bouche.
— Non. Quand elle a mordu Chester, les flics sont arrivés, ils ont emmené le chien et l’ont enfermé dans un enclos. La dernière fois que j’ai entendu parler d’elle, quelqu’un avait coupé le grillage et l’avait laissée sortir. J’espère qu’elle lui a mordu le cul pour ça.
— Intéressant. Et vous avez une idée de qui aurait pu aimer suffisamment la chienne pour la sauver ?
— Il n’y avait rien à aimer chez elle, râla-t-il. Elle a niqué toute ma maison. Elle ne faisait rien. On a eu un intrus ici, qui a volé plein de trucs de merde pour le chien, et elle n’a rien fait.
— Pardon, qu’est-ce que vous avez dit ? l’interrogea Pierce, confus. Vous dites que quelqu’un est venu ici et a volé les affaires de la chienne ? De quel genre d’objets s’agissait-il ?
— Le panier, les laisses, le collier, les couvertures, ce genre de choses.
— Vous êtes sûr que Pete n’a pas envoyé quelqu’un récupéré ses affaires, espérant que peut-être, il pouvait trouver une personne qui s’occuperait d’elle ?
— J’en sais rien.
Il essaya de s’appuyer contre le cadre de la porte, mais le manqua et tomba contre le mur. Il se redressa afin de pouvoir se pencher correctement vers son interlocuteur.
— Et Pete ne m’a rien dit à propos de ça.
Il regarda la pièce en fronçant les sourcils.
— Tout ce que je sais, c’est que ça a été volé.
Après avoir dit ça, Ross lança un regard en biais à Pierce, confirmant quelque chose que celui-ci avait déjà soupçonné.
— Alors, qu’est-ce que vous faisiez avec la chienne pour qu’elle ne soit pas là le jour où l’intrus est venu ?
Il haussa les épaules.
— Je ne vois pas de quoi vous parlez.
— Non, évidemment que non. Quelles sont les chances pour que vous soyez parti à la chasse et que vous ayez décidé, quand le chien a été emmené par le shérif, de simplement jeter le reste de ses affaires ? Ce n’était pas comme si vous alliez reprendre Salem, si ?
Ross se redressa.
— Hors de question que je le fasse. Mais j’ai une arme. Je peux tirer sur mes propres biches. Elle était inutile.
— Peut-être, mais un chien peut certainement les faire sortir de leur cachette pour vous donner un bon angle de tir, n’est-ce pas ?
Sur ces mots, Ross eut la grâce d’avoir l’air honteux. Il regarda autour de lui et déclara :
— Il faut bien manger. Les temps sont déjà assez durs par ici.
— Eh bien, vous allez mourir de faim, maintenant, sans la chienne, non ?
— J’aurai bientôt un boulot, répondit l’homme. Tout ira bien pour moi.
— Dommage que ce ne soit pas le cas de Salem.
Pierce recula et se retourna avant de dire :
— Est-ce que vous avez encore des affaires pour la chienne ?
Il secoua la tête.
— Non. La personne qui est venue a tout emporté. Absolument tout.
— D’accord. Merci pour votre aide.
Pierce repartit vers son pick-up.
Le mec avança sous son porche.
— Hé, qu’est-ce que vous voulez faire avec elle, de toute façon ? cria-t-il.
— C’est une chienne qui vaut très cher et qui a été entraînée, répondit Pierce. Je vous l’aurais bien achetée, je vous aurais donné pas mal d’argent. Mais, bien sûr, puisque vous avez laissé les flics l’emmener, et qu’ensuite, quelqu’un l’a enlevée, j’imagine que je ne peux pas le faire, si ?
Il démarra le moteur et sortit du jardin en marche arrière, le laissant planté là, la bouche ouverte, comme s’il venait juste de perdre une mine d’or.
S’il en était arrivé là, Pierce aurait payé pour que le chien ait une vie convenable. Cet endroit avait simplement dû être terrible pour elle. Les chiens de guerre n’avaient pas le droit de chasser des animaux, à moins que ceux-ci marchent sur deux jambes. Du moins, pas les chiens qu’il entraînait. Ce n’était pas juste pour la biche et ça ne l’était clairement pas pour le chien, non plus.
De retour sur la grande route, Pierce prit la même direction que l’officier, plus tôt. Il n’était pas vraiment sûr de savoir ce qu’il se passait, mais il en avait entendu assez pour se rendre compte que ce n’était pas beau. Mais, bien sûr, le shérif inutile n’allait pas aider.
Voyant la voiture de la jeune femme garée chez les voisins, il s’arrêta derrière elle et sortit de son véhicule. Il y avait un tel vacarme dans la maison qu’il ne pensait pas que quiconque l’avait entendu arriver.
Alors qu’il montait les marches et frappait, il se rendit compte qu’il avait raison. Des enfants criaient et l’adjoint Hedi était face à un homme qui tenait un fusil.
— Jed, pose cette arme ! hurla-t-elle.
— Tu n’emmènes pas mes putains de gamins, rugit-il en agitant le fusil.
