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«Poétiquement incorrect» est un recueil dans lequel on trouvera l'intégralité des chansons et textes de H.Robert, écrits entre 2008 et 2018. La lecture de ces "poévies" permet de redécouvrir l'univers de l'artiste sous un autre jour, pour ceux qui ont apprécié ses chansons. Les autres pourront percevoir l'humanisme et le vécu qui se dégagent de ses écrits, avec force, tendresse, humour ou dérision, sans jamais s'ériger en donneur de leçons.
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Seitenzahl: 106
Veröffentlichungsjahr: 2021
Album « Aimer »
La rivière
L’écu d’or
Aime
La photo
La ronde d’amour
Le crapaud
Le retour du crapaud
Accroche-toi petit
Je ne suis pas venu
Le froid
Vingt ans aujourd’hui
Quand ce train partira
Album « Fait divers »
Fait divers
Marina sur la plage
Si un jour
Le blues de l’intuition
Entre l’espoir et le chagrin
L’étrangère
Je ne veux pas vivre avec toi
Hommage à Madame
À toi l’amie du vent d’hiver
On a tous besoin de gestes d’amour
Album « Les mots »
Je sais que tu m’attends
Jeux de mains
Dans les yeux des enfants
L’endroit
Les mots
Le fil à linge
À Mémère
Femme idéale
Les murs de silence
Entre cœur et raison
Album « Vous parler d'amour »
Les chansons d’amour
Juste, une histoire
Je suis un enfant de la terre
Il venait s'assoir sur le banc
La valse du destin
Loup solitaire
Petit bonhomme
L’amour qu’on a donné
La vieille
Ce soir j'étais venu
« Poévies »
Dans le couloir du train
Et après, je ferai quoi ?
Juste entendre ta voix
L’extraterrestre
La maison de retraite
La belle et le prince
Les clichés
Ta présence
Super héros
Homo Erectus
À la vie, à la mort
Le silence de Marie
Voilà ton héritage fiston
Le respect
Je n’étais qu’un p’tit bonhomme
L'amour, l'amour, l'amour
Les rumeurs de la ville
« Bonus »
J.S.B
Liberté, liberté chérie
La seconde qui précède
Théophile
La p'tite fille qu'a des nattes
Ma profonde reconnaissance à Marina Panneels, agent d’artiste fidèle et efficace, qui m’a accompagné durant ces dix années de tournées, en collaborant sans failles à l’organisation et à la technique des centaines de concerts que nous avons présentés ensemble et sans qui, rien n’aurait été possible.
Valent mieux qu’un long discours
H.Robert : De la belle écriture à la chanson Un grand partage musical avec H.Robert De belles émotions avec H.Robert H.Robert : la chanson française qui a du sens H.Robert : Un artiste généreux H.Robert l’humaniste a séduit son auditoire
Album « Aimer »
Il était assis sur la pierre
Ses doigts dénouaient un cordeau
À ses pieds coulait la rivière
Comme ses pensées au fil de l’eau
Se reflétaient dans l’onde claire
Semblables à des éclats de vie
Tout le bien qu’il aurait pu faire
Tous les mots qu’il n’avait pas dits
Il avait connu bien des belles
Pénétré les présents du corps
Mais quand se soufflait la chandelle
Le cœur était resté dehors
Il avait dû être le père
D’enfants qu’il n’avait pas connus
S’il aurait pu s’en montrer fier
Il n’en avait jamais rien su
Au cabaret, les camarades
Chantaient le vin de l’amitié
Mais aux lueurs de l’aube froide
N’étaient que vapeurs dissipées
S’il n’avait été mauvais homme
N’avait fait de tort à autrui
Néanmoins il se sentait comme
Le fruit qui n’aurait pas muri
Quand il entra dans la rivière
L’eau fit se gonfler son manteau
Il avait attaché la pierre
Qu’elle pèse bien fort sur son dos
On dit depuis que la rivière
Saurait apaiser les sanglots
Murmure à qui se désespère
Des mots d’amour au fil de l’eau
Une chanson inspirée par « Le portefaix » de Rabelais
Il était apparu du fond de l'horizon
Par la grand-route des ajoncs
Il avait tant marché, parcouru de régions,
Des pays qui n'ont pas de noms
Son habit n’était pas de haute condition
Et son vieux chapeau sans galons
Le vent avait fardé, son visage et ses mains
De la poussière des chemins (bis)
Passant les portes de la ville
Ses pas sonnaient sur les pavés
Il cherchait du regard un lieu qui fut tranquille
Un endroit pour se reposer
Au bout de la grand-rue que bordent les maisons
Il aperçut pour l’occasion
Une échoppe éclairée, la lanterne au fronton
Et s’y assit sur le perron
Des effluves de pain chaud s’échappaient du fournil
Et se répandaient dans la ville
Comme il avait grand-faim, que ce pain sentait bon
Il inspira à pleins poumons (bis)
Le boulanger qui devait être
De la famille d’Harpagon
Déversa son ressentiment par la fenêtre
En s’adressant au vagabond
Vous respirez monsieur, les odeurs de mon pain
Et je ne travaille pas pour rien
Alors pour ces senteurs dont vous êtes repu
Vous devrez payer un écu (bis)
L’homme, sans paraitre étonné
De l’impensable avidité
Sortit un écu d’or de sa bourse déliée
Puis le lâcha sur le pavé
Quand il l’eut ramassé, il dit au boulanger
Vous l’avez entendu sonner
Hé bien monsieur prenez, le son pour vous payer
Des odeurs que j’ai respirées (bis)
À présent cette histoire s’est perdue dans le temps
Et l’homme est sous terre maintenant
Mais autant d’élégance, autant de répartie
Valaient qu’on les chante aujourd’hui
Quant au hasard des rues, je croise un de ces gueux
Qui pourrait être de ses neveux
Je ne peux m’empêcher de laisser en dépôt
Quelques monnaies dans son chapeau (bis)
Aimer
À ne plus rien comprendre
Devoir tout réapprendre
Ne pas avoir vécu
Aimer
Recouvrer l’innocence
Des impressions d’enfance
Que l’on croyait perdues
Aimer
À ne plus rien se dire
À ne plus rien s’écrire
Être au-delà des mots
Aimer
N’être plus que tendresse
N’être plus que caresses
Qu’un voile sur la peau
Aimer
Aimer de toute urgence
Être dans l’impatience
En vivre l’imprudence
Mais aimer
Ne serait-ce qu’un instant
Aimer
Aimer
Entremêler ses rêves
Au matin qui se lève
La regarder dormir
Aimer
Souffrir de son absence
Sentir dans ses silences
Ce qu’elle ne peut pas dire
Aimer
Ses bras qui vous entourent
Faire l’amour par amour
Se nourrir de plaisir
Aimer
Se fondre dans un être
Disparaitre et renaitre
Jusqu’au prochain désir
Aimer
À se sentir partir
Jusqu'à s’en étourdir
Et puis pouvoir mourir
Mais avant
Pouvoir juste te dire
Je t’ai aimé
Je ne me doutais pas
En ouvrant ce tiroir
Je ne sais plus pour quelle raison
Que j’allais faire surgir
Du fond de ma mémoire
Ce garçon
Une photo de classe
Vieillie par les années
Que je tournai entre mes mains
Témoin du temps qui passe
Sur ce bout de papier
Ce gamin
Sur la photo jaunie
Réunis dans la cour
Alignés comme en rang d’ognons
Les tabliers sont gris
Et les pantalons courts
Des garçons
Évoquent un passé
Aujourd’hui révolu
Qui n’est pourtant pas si lointain
Mais les temps évoluent
Et j’avais oublié
Ce gamin
Et pourtant
Cet enfant
Était là
Tout au fond de moi
J’aurais voulu te dire
Tant de choses à la fois
T’éviter quelques déceptions
J’aurai pu t’avertir
Des chagrins et des joies
Des garçons
Prévoir ton avenir
Te guider dans tes choix
T’indiquer les meilleurs chemins
Te protéger du poids
Du mépris et des rires
Des gamins
J’aurai dit à ton cœur
De ranger tes mouchoirs
Quand tu vivras le désamour
Que nos désespoirs sont
Des plaisirs de l’amour,
La rançon
Te prévenir enfin
Qu’il y a chez l’être humain
La confusion des sentiments
Le départ d’un parent
L’arrivée d’un enfant
D’un gamin
Et pourtant
Cet enfant
Était là
Tout au fond de moi
Je n’ai rien pu lui dire
Qui l’aurait éclairé
Il n’acceptait pas les leçons
Qu’avais-je à lui offrir
Qu’en aurait-il pensé
Ce garçon
On me reconnait bien
Sur la photo jaunie
Que je tournai entre mes mains
Mes cheveux ont blanchi
Et pourtant c’était moi
Ce gamin
De ces propos tenus
Prétendus pour mon bien
Je n’en ai rien tiré de bon
S’ils ne sont pas vécus
Ils ne servent à rien
Aux garçons
Resurgis de l’enfance
C’est à toi à présent
De prendre ma main dans ta main
Repousser un moment
Ce temps qui fait offense
Aux anciens
Et pourtant
Cet enfant
C’était moi...
Il y a longtemps déjà
Le sourire ravageur
Le regard enjôleur
Et la main sur le cœur
Il lui offre des fleurs
Elle adore
Dans le bar de l’hôtel
Il l’écoute parler d’elle
Il lui dit qu’elle est belle
Qu’il ne rêve que d’elle
Elle adore
Mais la chambre d’hôtel
Est déjà réservée
Il a juste envie d’elle
Pour passer la soirée
Comédie, comédie
C’est la ronde d’amour
La fille est au milieu
Et les gars tout autour
Tournent autour
Elle la joue amicale
Le regard animal
Le parfum qui s’exhale
Les soupirs en rafales
La totale
Elle lui dit qu’il est grand
Qu’il est intelligent
Qu’il est beau, qu’il est fort
Qu’il est très rassurant
Il adore
Elle dit que pour l’hôtel
Il devra patienter
Jamais rien de sexuel
Dès la première soirée
Comédie, comédie
C’est la ronde d’amour
La fille est au milieu
Et les gars tout autour
Tournent autour
Mais au-dedans
Le ballet des hormones
Les endorphines
Et la testostérone
Ça ne demande jamais
L’avis des gens
Mais au-dedans
Ça s’agite, ça bouillonne
La dopamine
Et la progestérone
Ça se moque bien de nos
Sentiments
La lumière tamisée
Tous les habits tombés
Enlacés, emmêlés
Désir à l’apogée
De leurs corps
Embrasser, caresser
Mouvements cadencés
Les soupirs étouffés
Alanguis, fatigués
Encore, encore
Mais il faut qu’à l’hôtel
La chambre soit libérée
Il lui dit qu’il l’appelle
Demain, promis, juré
Comédie, comédie
C’est la ronde d’amour
La fille est au milieu
Et les gars tout autour
Tournent autour
Dans son rêve d’enfant
Le prince était charmant
Prévenant, élégant
Les alliances en diamant
Le voile blanc
Elle voyait grand l’amour
La passion, les toujours
Elle attend son retour
Elle l’appelle tous les jours
Il est sourd
Mais déjà de l’hôtel
La chambre est oubliée
Elle n’a plus de nouvelles
Depuis deux mois passés
Comédie, comédie
C’est la ronde d’amour
La fille est au milieu
Et les gars tout autour
Tournent autour
Mais au-dedans
Le ballet des hormones
Les endorphines
Et la testostérone
Ça ne demande jamais
l’avis des gens
Mais au-dedans
Ça s’agite, ça bouillonne
La dopamine
Et la progestérone
Ça se moque bien de nos
Sentiments
Elle n’était pas du tout bergère
N’avait ni moutons ni troupeau
Elle travaillait comme ouvrière
Chez Renault
Comme elle rentrait dans ses pénates
Après l’boulot, sur son vélo,
Voilà qu’elle roula sur les pattes
D’un crapaud
Inquiète à l’idée qu’il ne meure
Étant par nature écolo
Elle emporta vers sa demeure
Le batracien sous son manteau
Arrivant à son domicile
La bête était un peu KO
L’espèce est beaucoup plus fragile
Passée sous la roue d’un vélo
Il faut faire vite se dit-elle
Comme aux urgences des hôpitaux
Elle confectionna des attelles
Au crapaud
Puis elle l’étendit sur sa couche
Comme l’amphibien respirait mal
Elle pratiqua le bouche-à-bouche
Médical
La conséquence fut classique
Il se changea en un instant
Dans un éclair schizophrénique
En jeune et beau prince charmant
Le voyant nu comme un poussin
Elle redouta qu’il ne prenne froid
Le couvrant d’un habit de bain
Elle le glissa entre les draps
C’est précisément cette histoire
Qu’elle raconta à son mari
Quand il trouva l’homme en peignoir
Dans son lit
Elle eut beau prétendre avec force
Que sa vertu était entière
Il invoqua pour le divorce
L’adultère
S’il est admis qu’une bergère
Fut anoblie par le passé
Il est plus rare que l’ouvrière
Figure dans un conte de fées
Madame si vous croisez la route
D’un crapaud qui veut traverser
Évitez quoiqu’il vous en coute
De l’amener dans vos foyers
S’il fallait tirer une sentence
De mon histoire de crapaud
Elle montrerait la différence
Des cerveaux
Si la femme est plus romantique
Prompte à trouver des solutions
L’homme qui semble plus logique
N’a aucune imagination (Bis)
J’étais parti pour t’acheter des fleurs
Te démontrer mon amour infini
Te dire combien tu as fait mon bonheur
Quand tu es entrée dans ma vie
Bien sûr je voulais trouver les plus belles
Des camélias, des lis, des orchidées
Des roses, dont les émanations sensuelles
T’auraient dit combien je t’aimais
Dans la boutique en, choisissant tes fleurs
Reculant par inadvertance
J’écrasais le pied d’un homme de couleur
Qui venait d’entrer en silence
En me tournant vers lui, pour m’excuser
Voilà que je dérapais tout à coup
M’accrochant à lui pour ne pas tomber
Je lui déchirai son boubou
Ce devait être un marabout d’Afrique
Qui me dévisagea sans dire un mot
En me jetant un regard maléfique
Il me transforma en crapaud
Je m’échappais alors, en sautillant
Et me retrouvais dans la rue
