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Destiné aux enfants, parallèlement à leurs parents et leurs éducateurs, ce livre illustré constitue une initiation plaisante à la réflexion et la philosophie. Y sont abordés les problèmes posés à l'être humain tels le masculin, le féminin, la vie, l'esprit, et les soucis auxquels se confrontent les sociétés modernes : l'argent, la guerre, le pouvoir, la pollution etc. En plus de l'humour, de l’amour et de la confiance qui fleurissent dans ces pages, une foi sereine en l’avenir de l’homme, en sa faculté de répandre l’esprit dans la splendeur du monde.
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Seitenzahl: 59
Veröffentlichungsjahr: 2015
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Bonjour
Le maître de la Terre
L’esprit
La nourriture de l’esprit
La terre
Le fleuve du temps
Le ricanement du singe
Ce vieux Sapiens
La fraternité
Les semeurs de l’esprit
Par un beau matin de mai, je flânais dans les rues de Paris. C’était à l’heure du déjeuner, mon ventre criait famine, je me demandais si j’allais manger un sandwich ou entrer dans un restaurant. Soudain, il y eut un silence dans la ville, un silence magique, et vous m’êtes apparus. Alors je vous ai vus, vous, les enfants, et en un millième de seconde ce que vous allez lire m’a été donné.
Ce livre écrit quelques mois plus tard, en vacances, je vous le dédie donc aux enfants de la terre. Je le dédie aux enfants blancs, aux enfants noirs et jaunes, ou mêlés de noir, de jaune et de blanc ; aux enfants grassouillets et aux enfants maigres, aux enfants filles et aux enfants garçons, aux enfants sages mais aussi aux enfants barbouillés de confiture, à ceux qui tirent la langue, se cachent pour jouer avec les allumettes.
Mais je dédie aussi ces pages à quelques grandes personnes qui savent encore s’amuser, sourire au lever du soleil, pleurer au-dedans d’elles lorsque soudain, à la télévision ou dans la rue, apparaît le visage grimaçant de la bêtise, de l’égoïsme et de la guerre.
MC
Et une femme qui portait un enfant
dans les bras dit,
Parlez-nous des Enfants.
Et il dit :
Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles
de l'appel de la Vie à elle-même.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous,
ils ne vous appartiennent pas.
(…)
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière,
ni ne s'attarde avec hier.
Khalil Gibran. Le Prophète.
Editions Casterman
Sur la couverture, je vous ai dessinés tout nus. Un petit garçon et une petite fille. Parce que chez les vivants c’est ainsi : il y a les vivants garçons et les vivants filles. Même chez les oiseaux. Même chez les poissons. Même chez les fourmis, qui vont à la queue leu leu en portant des brindilles… Et même chez les plantes il y a des garçons et des filles. Mais on ne le voit pas.
Et je vous ai dessinés ainsi parce que, quand vous venez au monde, quand vous voyez le jour pour la première fois, vous n’avez pas d’habits. Vous êtes comme de petits animaux… Mais la plupart des animaux ont des poils, des plumes ou des coquilles d'escargots. Pas vous.
Vous, vous êtes des humains, et vous naissez sans rien.
Bien sûr, maintenant que vous êtes grands et que vous savez lire, j’aurais pu vous dessiner avec des habits. Mais lesquels vous donner ? Là, j’étais bien embêté. Vous êtes si nombreux ! Des centaines de millions, dans tous les pays.
Dans les pays chauds. Dans les pays froids. Dans les pays tempérés.
Alors… vous habiller en Esquimaux, avec de la fourrure ? C’était une première solution, mais les enfants des pays chauds n'auraient pas compris… Ou comme les enfants des tropiques, avec juste un chiffon pour cacher le zizi ? C’en était une seconde, mais les enfants des contrées de la neige auraient attrapé froid…
Je vous ai donc dessinés tels que nous venons au monde. Ainsi, chacun pourra se reconnaître.
Mais en réalité, ce n’est pas pour cette raison que je vous ai dessinés sans rien.
Je vous ai dessinés sans habits parce que je vous aime ainsi : beaux comme au temps de l’Éden, avec un grand sourire.
Un sourire de lumière.
S’il vous plaît, ne le dites à personne, que je vous aime tout nus. Et ne dites surtout pas que j'aime jouer avec vous : on me ferait les gros yeux, on ne me laisserait plus vous prendre dans mes bras, j’en serais attristé.
Dites-le seulement à vos amis, venez me voir avec eux et prenons-nous par la main. Nous nous amuserons, nous construirons des cabanes, nous plongerons dans les rivières et les mers, au milieu des poissons. Puis nous casserons des œufs, nous ajouterons de la confiture, nous ferons des gâteaux gigantesques.
Ensuite je vous emmènerai avec moi et nous irons très loin, très haut, là où personne n’est jamais allé. Bien plus loin que la lune.
La vie est une grande fête avec juste une larme de temps à autre, trois gouttes de pluie entre deux éclats de rire.
Avant de savoir lire, écrire et compter, vous saviez juste jouer, écouter et parler. Avant cela, vous saviez juste marcher et manger. Et avant de savoir marcher, vous saviez juste crier dès que vous aviez faim. Vous étiez des bébés, de petits nourrissons pareils à des oisillons dans un nid…
Et avant de venir au monde, de hurler comme des fous pour qu'on vous donne du lait, où étiez-vous ? Qu’étiez-vous ?
Vous le savez : vous étiez dans les ventres de vos mamans, tels les poussins dans un œuf. D’accord, mais avant cela ? Où étiez-vous avant l’œuf, mes poussins ?
Eh bien moi qui suis quelqu’un de très savant, je n’en sais rien du tout. Personne n’en sait rien. Personne ne sait non plus d’où vient l’espèce humaine, à laquelle nous appartenons.
Les animaux, on sait d’où ils viennent : ils se sont formés petit à petit à partir de l’eau, de l’air et de la lumière. La vie, nous enseigne-t-on dans les livres, a commencé dans les océans, puis elle a gagné la surface de la terre.
Bien sûr, les premiers animaux n’étaient guère évolués. C’étaient surtout des vers de terre et des vers d’eau, avec juste une bouche et un œil. Puis leur ont poussé des pattes, des nageoires ou des ailes, des poils ou des plumes, des oreilles, des nez ou des becs, parfois même des antennes. Ainsi sont apparus les animaux que vous connaissez bien : l’éléphant, le papillon et le chien, par exemple. Et le singe, qui est le plus malin de tous et nous ressemble un peu.
Enfin est apparu l’homme, il y a trois millions d'années.
On dit que l’homme descend du singe, c’est-àdire qu’il est une sorte de singe devenu intelligent.
Pouvons-nous croire cela ? Pouvons-nous croire que l’homme est un animal ?
Puisque l’homme vit et meurt, qu’il mange et boit, fait des enfants comme le chien, l’éléphant et le singe, on peut dire : l’homme est un animal.
Mais on ne le dit pas. On sait depuis toujours que l’espèce humaine, parmi tout ce qui vit sur terre, est une espèce à part.
Sur terre se côtoient le règne végétal, le règne animal et l’espèce humaine.
