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S'il inspira en partie les ouvrages auxquels il succède (en particulier "Capitalisme, la chute et ensuite), et s'il se situe dans la même veine, ce livre s'en démarque cependant. Constitué de billets tirés de "Chronique virgule", blog alimenté par l'auteur depuis plus de cinq ans, il mêle allègrement politique, actualité, digressions plaisantes, autodérision, poésie et humour. Chapitres cours, variés, portés sur le clin d'œil, qui peuvent soit s'engloutir d'un trait (auquel cas ils entraîneront le lecteur dans le survol effaré d'une époque qui semble tourner en rond), soit, selon le bon plaisir, se déguster dans le désordre le plus joyeux. Ainsi, qu'il soit de droite ou de gauche, du centre ou des extrêmes, chaque lecteur y trouvera du plaisir. AÀ condition bien entendu, d'où que provienne le vent, d'accepter à la fois la perte de son chapeau et la mise à mal d'idées mortes lui pesant sur l'esprit.
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Seitenzahl: 156
Veröffentlichungsjahr: 2015
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Pour Sarah, Romain et Raphaël, leur frère en allé.
Du même auteur :
• Chez BoD, aux formats papier et numérique :
Pour vous les enfants
Capitalisme, la chute et ensuite
Le Fiancée des parcs
Le Blog d’un effaré
• À paraître chez BoD en 2015 et 2016 :
Quand est-ce qu’on mange
L’Éden et après
• Aux éditions Les Points sur les i :
Lettre ouverte au peuple de gauche
Révolte, amertume, rebond
Les quatre-vingt-onze billets constituant cet ouvrage sont tirés de “chroniques virgule“, blog démarré par l’auteur en avril 2008, et dont s’est poursuivie la rédaction au gré des événements et de l’inspiration.
Littéraire au début, ce blog a peu à peu glissé vers le politique, certains diront vers le coupage des cheveux en quatre ou le délire philosophique — enfin vers un mélange des genres tel qu’il se forme dans un cerveau confronté à mille informations par jour. Ce qui permet certaines divagations tantôt humoristiques, tantôt poétiques ou terre à terre, voire tragiques lorsque les aléas de la vie bouleversent le bel ordre des choses.
Vous trouverez dans cet ouvrage les textes d’origine quant à leur contenu, mais remaniés de manière que l’ensemble soit cohérent. De surcroît fut introduit le personnage de Buster, qui ne faisait à l’origine que de furtives apparitions.
Deux remarques avant de passer à la lecture :
• La plupart des articles ont largement inspiré trois essais politiques de l’auteur, entre autres “Capitalisme, la chute et ensuite“, proposé par BoD.
• Les billets qui concernent Gaza à l’époque de la précédente intervention israélienne sont d’une telle actualité qu’on peut se demander si l’Histoire ne tourne pas en rond. Même chose pour les deux présidents dont il est question dans ces pages, ainsi que pour la politique en général.
Adresse du blog :
http://chroniquevirgule.canalblog.com/
1 • Anniversaire
-
Vive Sarko
•
Questions réponses
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Prions
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Planète fric
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Roule, roule
•
Notre richesse
8 • Babel et Boeing
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Confiture, déconfiture et mayonnaise
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Avenir
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Trahison
•
En passant
•
Vingt dieux !
14 • Miasmes et démocratie
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Cornuto
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Ensemble
•
Terre d’asile
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À bicyclette
19 • Retour à la tribune
•
Génie de l’ogre
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Stratégie de l’ogre
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Solution
•
Solution (suite
) •
Solution finale
25 • Horreur
•
Marianne
•
1984
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Danke, mein Führer
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Petite fille
•
Misérables
31 • À une amie blogueuse
•
Argent, pouvoir et virilité
•
Règlement des conflits
•
Thérapie au sommet
35 • Week-end à gauche
•
Dans le costume de Bonaparte
•
Bonheur
38/40 • Sans paroles
•
Oiseau de passage
42 • Le pire
•
Trahison
•
Manquent les flingues
•
Credo d’un chef indien
•
Credo européen
•
Le pendre
48 • Renouveau
•
Vains combats
•
M le brigadier
•
Dans le rêve des chevaux
•
Loin, si loin
•
Laisser hurler la bête
54 • Tout est en ordre
•
Serge
•
Rassemblement
•
Nuit de Varennes
•
Burka
59 • Sans l’ombre d’un doute
•
La France qui gagne
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Merci
•
À l’ouvrage
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Comme si
•
Nous y sommes
•
Eva jolie
66 • Scoop
•
Cocos jusqu’à l’omelette
•
Camarades
•
Face à face
•
Modernité
71 • Détail
•
À propos de Ben Laden
•
Au top
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Panique à bord
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Admiration
•
Dans la salle des machines
77
•
Néocolonialisme & C°
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Opium des peuples
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Enrubannés
•
Nelson
81 • Laisser faire
•
TAFTA
•
À Jean-Luc, Martine, Pierre et autres
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Comiques
85 • Big Brother étranglé
•
Dernière allocution
•
Meilleur des mondes
•
Dictature
89 • Appel au Grand Esprit
Nous sommes en 2008. Si nous savons compter, il y a cent soixante ans nous étions en 1848. Et si notre mémoire est bonne, en 1848, survint une révolution qui fut écrasée par les troupes de la bourgeoisie, laquelle porta au pouvoir… non le démiurge de la république démocratique et sociale réclamée par le peuple, mais le promoteur du grand capitalisme et de la fortune des banques : Napoléon III, de son surnom Badinguet.
Eh bien pourquoi, à défaut de celui de Badinguet, ne pas fêter l’anniversaire de cette révolution? Pour cette simple raison : notre cher Nicolas Sarkozy, en son respect des luttes ouvrières, citoyennes et estudiantines qui ont façonné notre histoire, s’est juré d’enterrer l’héritage d’un certain mois de mai. Quant à fêter 1848, n’y comptons pas. Ne comptons pas non plus sur la célébration de…
Eh bien si, il va oser ! Effaré, Buster vient de découvrir qu’en ce joli printemps sonnent les cloches, du moins à Vichy, du deux centième anniversaire de la naissance de Louis-Napoléon, et que son illustre disciple dans la lutte contre le paupérisme, l’actuel président de la République, va demander à la reine d’Angleterre, sa copine, l’autorisation de ramener à Paris le corps de notre dernier empereur, de notre dernière gloire, en terre d’Albion parmi les siens pour l’instant reposant.
L’Occident, frères et sœurs, vit ses derniers beaux jours. Alors qu’il ne progresse qu’en terme de profits (et encore), le voici concurrencé par deux milliards et demi de Chinois et d’Indiens hautement productifs, qui plus est menacé d’invasion par 800 millions d’Africains qui n’ont trouvé, en réponse au Sida et aux guerres fratricides, que le rempart de copulations prometteuses.
— Où allons-nous comme ça ? s’épouvante la concierge.
Eh bien je vais vous le dire, moi, Buster. Sous la conduite éclairée de nos présidents, et par la volonté des godillots qu’ils traînent dans leur sillage, nous allons droit dans le mur. Et inutile de se bercer d’illusions. Dans l’espoir que Chinois et Indiens aligneront leurs salaires sur les nôtres (notre pouvoir d’achat baissant chaque jour tandis que grandit le leur, cela ne saurait tarder), au mieux parviendrons-nous à résister.
— Dans ce cas, nous…
— Eh bien non, frères et sœurs, nous ne sommes pas encore cuits. Nous reste une carte, que personne à ce jour n’a osé abattre : celle de la liberté, de la solidarité, des droits de la personne humaine. Du droit de l’enfant noir au pain blanc, du gosse indien à préférer l’école aux poisons de l’Union Carbide. Et c’est cette carte-là que nous opposerons aux dictatures chinoise, birmane et africaines. Du coup, nous retrouverons notre rôle.
— Bien beau. Mais où puiser l’énergie nécessaire ?
— Nulle part ailleurs qu’en nous, répond Buster. Voyez d’ailleurs notre Président et ses conseillers s’apprêtant à se rendre aux Jeux Olympiques de l’amitié, de la solidarité et du partage. Par leur abnégation, ces importants travaillent à la révolution mondiale.
— Alors, vive Sarkozy ?
— Et vive W. Bush !
En permettant aux dirigeants communistes chinois, avec l’accord du Comité Olympique International, de contrôler les flux et contenus de la “toile“, Google nous pose deux questions à 100 yuans :
1 / Combien le C.I.O. (comme la FIFA et autres promoteurs du sport), a-t-ils palpé pour la boucler ? Rappelons que ses dirigeants, bien qu’ils ne touchent aucun salaire (le C.I.O. est une association à but non lucratif), ont cependant des trains de vie de chef d’état, se déplacent en limousines blindées et ne fréquentent que les palaces.
2 / Les menaces terroristes pesant sur les Jeux de Pékin ne seraient-elles pas une fable montée par des dirigeants cacochymes pour déployer partout leurs centuries de robo-cops, mener leur petit monde à la baguette, viser le même but à l’échelle planétaire ?
En guise de réponse, glissée à votre oreille, cette interrogation : Nicolas Sarkozy ne ferait-il pas mieux, en vue d’acquérir la stature internationale (cf. le général de Gaulle) qui lui fait cruellement défaut, de s’écrier à la tribune officielle, le jour de l’ouverture des joutes, devant des milliers de figurants et des milliards de téléspectateurs d’abord sidérés, puis hurlant d’enthousiasme :
VIVE LE TIBET LIBRE !
Impossible. Si le grand Charles était un visionnaire, les gorilles de la World Company ont entre temps imposé leurs manières de voyous.
Buster avait oublié. Oublié le 15 août, journée dédiée à la Vierge Marie, génitrice de Marianne.
Si nous sommes croyants, délaissons donc nos jeux pour nous recueillir et prier pour elle. Et si nous ne le sommes pas, mettons malgré tout un genou en terre devant la femme qui nous a mis au monde et qui nous a guidés, la mère de celles qui nous ont tant donné et continuent d’offrir. Et tous ensemble, demandons au Grand Esprit des Cherokees1, demandons à l’esprit grand ouvert de l’Homme que nous allons devenir de modérer les ardeurs pétrolières, gazières, et financières des Bush, des Poutine, des Sarko-Berlusco et de la kyrielle de ceux qui en appellent au dollar pour fomenter leurs mauvais coups. Et que la Terre se remette à fleurir, et que nous nous enlacions à l’ombre de ses arbres, et que nous croquions dans le fruit défendu de la conscience et de la liberté !
1 Cf Capitalisme, la chute et ensuite (page 122)
La maison brûle, s’exclama Jacques Chirac à la veille d’abandonner à son successeur sa panoplie de président de la République. Défroque endossée aussitôt par un Nicolas qui s’empressa de baisser son pantalon (celui de Marianne en vérité) devant les potentats de l’univers. Lesquels n’en continuent pas moins leurs déforestations, leurs pompages de pétrole, leurs lâchers de gaz et leurs guerres de cent ans pour toujours plus d’oseille, toujours plus de pouvoir. Le monde serait donc fichu, ou peu s’en faut. Chacun cependant de prendre le taureau par les cornes, chacun de bander ses muscles et d’engager, derrière Jean-Louis Borloo, une lutte sans merci dans les Grenelles d’un environnement illuminé des feux du développement durable. Et les camions de se croiser de plus nombreux sur les routes buissonnières, les pubs d’envahir les esprits tandis que les Américains, pressés par les Brésiliens, les Indiens et Chinois qui n’ont de cesse de les rattraper, de consommer quotidiennement leurs six cents litres d’eau, soit dix fois les besoins d’une vache occidentale en état de lactation. On croît rêver mais pas du tout, et Benoît XVI de se dresser contre le préservatif, d’encourager les peuples à croître et à multiplier.
Si nous nous sentons mal partis, et avec nous nos chats, nos hamsters et leurs puces, la faute en revient donc… non pas au souverain pontife, de tout temps affairé au bien, mais à Sapiens, plus précisément à Sapiens sapiens, summum terrestre de l’évolution. Lequel Sapiens sapiens, dans le prolongement de son exploit lunaire, compte bien aller puiser sur Mars l’eau qui va lui manquer.
Mais ce pauvre bougre, à y regarder de près, est-il le véritable responsable de la catastrophe annoncée ?
L’appât du gain n’y serait-il pour rien ?
Et le fric ne…
Mais bon sang, qui donc l’a mise au point, la planche à billets ?!
Nous autres Français refusons les vérités qui font mal. Les Américains de même, et pareillement les Espagnols, les Italiens, les Austro-Hongrois. Mais les autres, les Afghans, les Pékinois, les Bantous, vont-ils continuer à nous imiter ? En bref, l’humanité parviendra-t-elle à écrire son histoire sans plus la falsifier ? Pourra-t-elle transmettre à ses enfants des vérités qui ne soient occultées par les secrets défense, les secrets de famille, les regards par en-dessous ? Tant que nous mettrons à notre tête des Duce et des Pinochet, nous n’y parviendrons pas.
Maintenant, imaginons que nous portions au pouvoir des gens intègres ayant pour unique objectif l’évolution de leurs semblables… Imaginons qu’ils se réunissent, prennent place au milieu des coussins d’une thérapie mondiale, et que chacun avoue ce qui le chiffonne, pour quelle raison il a tant de mal à supporter son semblable, et que soient déterminées les causes de sa colère sitôt qu’on le chatouille, et pourquoi il s’en prend au voisin.
Imaginons que nous tombions le masque et que nous parlions vrai. Que nous prenions dans nos bras le plus âgé, le plus ridé, le plus bancal, que nous l’aidions à s’extraire de sa solitude, que nous l’invitions à rejoindre le groupe…
Au démarrage de la première séance de thérapie, nous prévient Buster, ce sera un beau bordel. Succession de cris, injures, coups de boule, santa Madre, regardez-moi ce con ! mais en finale retour des jours heureux.
Nations, royaumes, empires, reflètent l’état de leurs sujets. Si on méprise le citoyen, si on le rejette, si on lui refuse une relation autre que néandertalienne, eh bien roule, se désole Buster, roule dans la plaine assombrie, roule, roule, train du malheur !
Et d’imaginer une humanité lavée de ses scories.
Justice et morale, affirme avec raison Vava de Nantes, appartiennent aux archives. Et elle a raison. Si on observe la société, si on mesure sa modernité par le petit bout de la lorgnette, force est de constater que ces notions, ridiculisées par le rejet de l’éthique, autrement dit par la satisfaction des appétits les plus grossiers, sont cul par-dessus tête. Quelques hauts personnages malgré tout, œuvrant en douce, se réunissent et rafistolent. Cela sous le regard indifférent de citoyens inquiets pour leur épargne, mais qu’on rassure par ce bon mot : la crise est sous contrôle !… Marcel alors de retrouver sa lime, Ginette son fer à repasser.
Caricature ? Le monde est un bouillon où se comptent par milliards les Marcel et Ginette.
Si les parents de Marcel et Ginette ont autrefois lutté pour de meilleures conditions de vie, s’ils ont en 1936 enfourché leurs vélos pour pédaler sur les chemins de la liberté, gagner la mer et envahir les plages réservées jusque là à la “haute“, leurs descendants se sont quant à eux détournés du grand large pour s’en aller s’acheter une glace, la consommer en feuilletant Gala. Et si la vision de l’océan permit à leurs parents d’acquérir les notions de vastitude, de générosité et d’ouverture au monde, Gala et sa mélasse ont au contraire ramené les objectifs de Marcel et Ginette à l’acquisition du pavillon clé en main et de la télé plasma, témoins leur grimpette sociale.
Maintenant, frères et sœurs, permettez à Buster de nous l’affirmer : l’effondrement de la finance est une chance pour nous autres, qui conservons en nos pupilles l’éclat des horizons iodés. Que nous chaut que la gauche, aussi pitoyable que le DSK d’hier nous enjoignant de voter Chirac, ne nous apporte d’autre réconfort que l’acceptation du désastre.
Tout s’écroule ? Eh bien soit ! Acceptons le breuvage concocté par Marine Le Pen, portons-le à nos lèvres, recrachons-le avec dégoût et reprenons conscience.
Hier, cherchant un visuel pour illustrer son billet sur l’effondrement de la finance, Buster s’en fut se promener du côté du Veau d’Or. Lui vint ainsi l’idée de substituer au symbole religieux les tours du WTC.
À ce propos, permettez-lui de vous assurer : il n’est ni juif, ni chrétien, ni musulman ni rien. Pas même baptisé. Autrement dit ne croit pas en Dieu, mais plutôt en la réunion des trois éléments constitutifs de l’univers : la matière, l’énergie et l’esprit. Mais qu’on nomme cela Dieu ne le gêne pas, il a l’esprit ouvert.
Donc, le World Trade Center, en pleine bataille navale entre Ben Laden et Bush…
Une tour touchée, un point pour Ben Laden. Une seconde, second point… Et le jackpot lorsque l’une et l’autre s’effondrent, magnifiquement suivies par une troisième, la WT7, placard du FBI. Buster termine aussitôt mon billet.
Il va le mettre en ligne lorsque lui vient le désir de noter sous le cliché des twin towers en flammes le nom du photographe, qu’il ne parvient bien sûr à retrouver. Ce qui lui permet de passer de la création à la recherche. Mis dans un état second par l’écrasement spectaculaire des Boeing sur les deux édifices, et touché par la grâce, d’inscrire alors sous la photo : Babel towers collapse.
Dézinguées, les tours de la Finance !… Foutu bas, le symbole du Pouvoir !… Pulvérisé, l’impérialisme US !
Les deux Boeing pilotés par le terrorisme représentaient la main de Dieu foutant aux chantres du Veau d’Or la torgnole des torgnoles.
— Dieu soit loué ! jubilait-il devant les vidéos tournant en boucle.
— Allahou akbar ! lui répondit la Palestine.
La crise… Comme si cette crise avait été imprévisible. Comme si le capitalisme financier, ne prospérant que sur les déséquilibres qu’il entretient, pouvait apporter autre chose que suffisance et fortune d’un côté, misère et frustration de l’autre. Aveuglés qu’ils étaient par les carottes promenées sous leur nez, les salariés avaient hélas perdu de vue cette vérité. Pas les maîtres du monde, bien entendu, qui s’en amusaient et prenaient du bon temps, et qui auraient continué si les plus rapaces n’avaient jugé que leurs poches s’emplissaient trop lentement. D’où le jeu de dupes que l’on découvre enfin : tu n’as pas de fric on t’en prête, tu ne pourras rembourser on s’en fout, primes, subprimes et sub-subprimes, ne poussez pas y’en aura pour tout le monde.… Au bout du compte on te flanque sur le trottoir, ta femme sur la poubelle, tes gosses en larmes sur ses genoux, ton écran plat fêlé, ton canapé occupé par les chiens.
Et crac, lever du rideau sur une bauge dissimulée sous le clinquant, pleins feux sur des malfrats pendus à la mamelle de l’abondance. Avec une main dans le pot de confiture, un pied dans la mélasse…
— Putain c’était pas prévu !
Bien sûr que si, que c’était prévu, et de longue date ! Voici d’ailleurs des consultants, missionnés par l’Olympe, venus souffler à Christine Lagarde de rassurer le peuple : ses économies sont en de bonnes mains, le Président va profiter de la mauvaise conjoncture pour remettre de l’ordre dans le foutoir capitaliste, bétonner son pouvoir et augmenter les retraites, verser une prime de noël aux chômeurs, chouchouter les malades, construire des pavillons à 3 € par jour, venir en aide aux handicapés, tapoter la joue des enfants et sourire aux mamans avant d’aller s’empiffrer aux G7, G8 et G tout faux mais je m’en fous, je suis l’ami des ouvriers de Renault, je dépose une gerbe au Mur des Fédérés, je tutoie Jean Jaurès.
Et nos socialistes, pendant ce temps ? Eh bien nos socialistes courroucés font semblant de protester, et leurs godillots cravatés de caresser les foules en portant au Zénith une Ségolène en costume de hippie.
« La luttes des classes est sur le point de s’achever », déclare alors le richissime Warren Picsou, papy zinzin le plus sensé de l’univers. « Et c’est nous, les milliardaires, qui allons la gagner ».
