Gilets Jaunes - Michel Cornillon - E-Book

Gilets Jaunes E-Book

Michel Cornillon

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Beschreibung

Alors que l'humanité vient de se doter d'un nouvel outil (l'ordinateur couplé à l'internet) et qu'elle est sur le point de passer de 'adolescence à la maturité, il serait temps quelle change de civilisation. D'autant que la menacent deux dangers : d'une part le réchauffement climatique, d'autre part le capitalisme, système qui fonctionnait à merveille du temps de la machine à vapeur, mais qui est aujourd'hui devenu totalement obsolète, voire dangereux. L'espèce humaine se trouve donc à un moment périlleux de son histoire : il faut à la fois grandir mentalement, passer outre au néolibéralisme, réparer la planète. Formidable défi, qu'aucun gouvernement actuel n'est en capacité de relever. C'est alors qu'apparaissent les Gilets Jaunes, porteurs des revendications et des espérances de toutes les révolutions françaises réunies. Ce livre, écrit par un gilet jaune, est un encouragement à poursuivre la lutte vers l'émancipation.

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Seitenzahl: 105

Veröffentlichungsjahr: 2019

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Contact : [email protected]

Site : https://ouvragesmichelcornillon.jimdo.com

L'homme blanc ne comprend pas nos mœurs. Une parcelle de terre ressemble pour lui à la suivante, car c'est un étranger qui arrive dans la nuit et prend à la terre ce dont il a besoin. La terre est son ennemie, et lorsqu'il l'a conquise, il va plus loin. Il abandonne la tombe de ses aïeux et cela ne le tracasse pas. Il enlève la terre à ses enfants et cela ne le tracasse pas. Il traite sa mère, la terre, et son frère, le ciel, comme des choses à acheter, piller, vendre comme les moutons ou les perles. Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui qu'un désert.

Sitting Bull

Lettre au président des Etats-Unis

Le gouvernement de la révolution qui se prépare sera la dictature de la liberté et de l’égalité contre la tyrannie de l’argent.

Maximilien Robespierre

Table des matières

Pour commencer

Le germe

Le nœud gordien

Terminator

L’enfant racine

Esclavage et Empire

Boycott

R2D2 & Z-6PO

Changement

Les écuries d’Augias

Lessive de printemps

L’enfant moisson

Capitalisme et Niagara

Le vote utile

Démocratie

Grande palabre

L’enfant cosmos

Étroit passage

Venezuela

NEOM

Paradigme

Insurrection

De la racine au firmament

Héritage

Abolition des privilèges

Pour commencer

L’humanité en général, la France parmi elle, se trouvent aujourd’hui au moment le plus inconfortable, mais en même temps le plus enthousiasmant de leur évolution et de leur histoire. D’un côté un hiver qui s’éloigne, de l’autre l’aperçu d’un possible printemps.

Pour l’heure, le vaste horizon vers lequel nous tendions au lendemain de la seconde guerre mondiale s’est à ce point rétréci qu’en fait de perspectives nous ne parlons que de mur dans lequel nous fonçons, de précipice vers lequel nous entraînent des forces dont nous avons à peine conscience.

Nous nous contentions jusqu’à présent de bougonner, de grogner, de déployer des banderoles au long de boulevards sécurisés, sous le regard de téléspectateurs qui n’en avaient que faire. Et voici qu’un gouvernement de malvoyants s’ingénie à augmenter le prix du gasoil indispensable aux travailleurs.

Colère aux carrefours, apparition et multiplication de gilets jaunes, occupation de ronds-points et de péages d’autoroutes. Une première manifestation à Paris, une seconde le samedi suivant, avec intervention de casseurs sortis de sous les boucliers des forces de l’ordre… Grenades lacrymogènes, bris de vitrines, pillage de magasins sous l’œil épouvanté de la bien-pensance.

Effarement des Français, comme espéré par le Pouvoir ? Que non ! Le téléspectateur moyen, s’il se détournait des voyous venus faire à bon compte leurs achats de noël, endossait lui aussi les revendications de la France d’en bas, de la France des campagnes, de la France des sans-dents, des sans rien que leurs yeux pour pleurer. Et l’on s’apercevait, malgré les cris d’orfraies des principaux médias, que c’est une grande partie de notre pays qui se soulevait avec les Gilets jaunes.

Les Gilets Jaunes représentent le peuple, ils ont repris le flambeau des sans-culottes de la Révolution, la France s’apprête à revivre…

La France, la belle, la rebelle.

Le germe

Frères et sœurs, amis, nos semblables, nous sommes comme vous de cette nation chantée par Jean Ferrat. De cette nation qui refusa ses chaînes et éclaira le monde, et vers laquelle se tournent ses voisines pour peu que l’actualité, cherchant comme aujourd’hui à la couler dans un moule qui ne sera jamais le sien, la fait serrer les poings avant de l’acculer à la révolte. Et si l’on regarde de près, on s’aperçoit que toutes les nations ressentent un malaise identique, que toutes sont prêtes à lui emboiter le pas. Et si l’on observe de plus près encore, on s’aperçoit que le sentiment d’injustice qui rassembla chez nous une poignée de mécontents rassemblera demain une poignée d’Allemands, puis deux, trois, quatre poignées de Hollandais, d’Italiens, de Belges et d’Espagnols. Notre mouvement unira en une Europe des citoyens, et non plus de l’oligarchie, l’ensemble des nations de notre continent

Toutes ne parlent pas la même langue, toutes n’affichent pas des idées identiques. Mais si la culture les sépare, si leur éducation les a menées sur des voies divergentes, elles ont en commun l’ADN de l’espèce humaine, ses chromosomes et ses espérances. Les unit la similitude des vies de chaque homme et de chaque femme. Et la vie de l’individu, comme celle de toute l’humanité, suivent deux chemins parallèles, deux voies superposables dont le départ s’est perdu dans notre préhistoire, mais dont nous percevons l’aboutissement. Car nous portons en nous, enfouis dans nos cellules, tant le souvenir de notre naissance que la prémonition de notre devenir. Raison pour laquelle quiconque cherche à contrer notre évolution est immanquablement rejeté. A contrario, celui qui en prendra la tête ne serait-ce qu’un instant deviendra un symbole que brandiront les siècles.

Lesquels, parmi les concitoyens de nos parents et de nos grands-parents, continuent-ils de nous guider ? Nous ne remarquerons d’abord que les plus visibles, les plus grands, les plus inoubliables, et nous ressentirons un pincement au cœur à l’idée qu’aucun d’eux n’est plus là pour nous éclairer, nous qui ne sommes que des invisibles, des orphelins qu’on ne remarque pas. Constatons cependant que c’est de notre multitude que sont nés nos grands hommes, des productions de nos semblables qu’ils se sont nourris. Et que c’est notre foule qui a déposé, tout au long de notre devenir, le fil conducteur qui nous permet de ne pas nous égarer. Le fil en lequel, plus tard, nous verrons le destin des français.

Gilets jaunes, surtout, ne lâchez pas ce fil. Vous l’avez hérité de la lente progression de nos ancêtres, Vous en êtes les dépositaires, les messagers chargés de veiller sur lui, de le transmettre aux générations futures.

Avant de passer au chapitre suivant, nous voudrions vous rapporter les propos que voici, tirés de l’interview de l’un de nos concitoyens, Jacques Blamont, 92 ans, père du programme spatial français.

Nous nous trouvons présentement, tous pays confondus, chacun d’eux pagayant de son côté et dans le sens qui lui convient, sur un radeau qu’un courant de plus en plus puissant entraîne en direction du Niagara. Nous aurions pu quelques instants plus tôt tenter de gagner la terre ferme et d’y trouver refuge, mais nous avons si bien attendu que le coche est passé. Un dernier espoir malgré tout : avant que nos étourderies ne nous précipitent dans le fracas de la cascade apparaît devant nous, planté au bord du gouffre, le rocher d’une possible survie.…

Ce qu’exprime Jacques Blamont, nous ne l’avions sans doute pas formulé de cette façon, mais nous le comprenons. C’est désormais à nous, et à nous tous, dans l’actuelle cacophonie des nations, de prendre une décision.

Ou bien nous fermons les yeux, auquel cas nous serons emportés et détruits… Ou bien sans plus attendre, en êtres humains solidaires, nous conjuguons nos volontés et nos talents, nous unissons nos forces en cette solidarité qui nous permit, à l’aube de notre existence, de nous extraire de l’obscurité, de nous garder de la vipère et du tigre, d’aller cueillir les fruits que nous offrait Gaïa, notre Terre, notre Terre-Mère, la seule que nous ayons.

Pour nous qui n’avons que nos mains à opposer à la scélératesse et la lâcheté, seule une solidarité sans faille nous permettra de ne pas lâcher le fil.

Le nœud gordien

…Un courant de plus en plus puissant nous emporte… nous prévenait notre vieux frère.

Et nous qui pensions de notre côté, chaque fois que nous branchions la radio :

— Ça n’est plus possible, ça va péter, ça ne peut que péter ! À croire que les petits ruisseaux font les grands, pareillement les esprits.

Toutefois, en ce qui concerne le Niagara, une question se pose : de quelle nature est ce courant, cette force qui nous emporte vers l’abîme ?

Peut-être s’agit du changement climatique dont les effets, multipliés d’année en année, vont aller grandissant pour la raison que chaque nation, dans le je-m’en-foutisme actuel, rame en fonction de ses seuls objectifs, tire la couverture à soi sans s’occuper de ses voisines. Preuve en est le retrait des États-Unis des accords de Paris, lesquels ne seront suivis d’aucun effet étant donné que personne, tant que des sanctions ne seront pas appliquées à l’encontre des tire-au-flanc, n’entend se plier à ce qui fut décidé à la majorité. À la veille d’une catastrophe qui peut encore être évitée, l’humanité se trouve ainsi piégée dans l’antichambre d’un tombeau où chaque puissance, n’ayant d’autre souci que son propre salut, n’hésite en rien à piétiner ses voisines.

La question du réchauffement climatique devient donc celle de l’absence de coopération entre les occupants d’un même radeau ou, si l’on préfère cette image plus parlante, entre les survivants d’une même barcasse. Laquelle barcasse désigne, aux yeux de nos politiciens et de nos élites, tant la dégradation de notre planète que le mépris dans lequel ils nous tiennent. Le laisser-aller actuel proviendrait donc de notre incapacité d’assumer le pouvoir, de l’erreur que nous répétons à chaque élection en délégant à de prétendus experts une souveraineté qui n’appartient qu’à nous.

Ainsi, nous serions aussi responsables que notre actuel président, ses laudateurs et sa cour. Du moins certains le prétendent-ils afin de continuer de jouir, après avoir dissimulé leurs fautes, des avantages que leur procurent leurs attributions de secrétaires d’État, de ministres tout court, de chefs de cabinets et même de coiffeurs, de cireurs de bottes, de chauffeurs et de valets.

De fil en aiguille, partis du problème du climat, nous en arrivons à pointer du doigt nos gouvernants successifs, à désigner l’incompétence élites portées au pouvoir par la démocratie avec, au départ, le manque de jugeote de l’électeur lambda. Et si nous creusons du côté du système, nous comprenons que les véritables responsables ne sont pas les hommes politiques mais, en premier lieu, l’Économie et la Finance dont ils ne sont que les vassaux, si ce n’est les mercenaires. Pour s’en convaincre, il n’est que de juxtaposer les magazines d’avant le couronnement de notre magnifique chef de l’État, de voir y resplendir sa dame. Laquelle était chargée de rallier à son mari les élégantes qui se reconnaissaient en son standing, ainsi que le menu peuple, admiratif de son talent de séductrice.

Eh bien, frères et sœurs, nous qui nous contentions au début de protester contre l’augmentation des carburants, nous voici à présent devant un sac de nœuds qui se resserrent sitôt qu’on veut s’en dépêtrer. Trop de questions se posent, trop de liens s’entremêlent, si bien que nous tournons en rond autour d’une énormité n’offrant aucun angle d’attaque.

Ne surtout pas s’arracher les cheveux, ne plus tenter de démêler le vrai du faux. L’ensemble est d’une telle complexité qu’on le croirait jeté par le démon en travers de nos pas. Nous le verrons d’ailleurs plus loin, Satan n’est pas étranger à ce qui nous accable — et en accable d’autres. Partout en Europe, partout aux Etats-Unis, au Brésil, en Italie, à Gaza, au Zimbabwe et partout, c’est partout la même chose.

Seule décision possible, celle que prit Alexandre-le-Grand voici deux millénaires : plutôt que de perdre son temps à étudier le nœud et s’arracher les cheveux, saisir le glaive, l’abattre sur lui, le trancher, et qu’on n’en parle plus.

Sans doute serait là la solution la plus rapide, la plus sûre et la moins onéreuse. Hélas nous ne sommes pas sur le terrain, nous nous trouvons dans la virtualité, le nœud n’est qu’une image.

Il nous faut revenir à l’image, l’examiner à la loupe et en prendre la mesure, puis en déterminer les tenants et aboutissants.

Ne traînons pas en route. Le thermomètre grimpe. Aucun droit à l’erreur.

Terminator

Jupiter, notre divin président, sait de quoi il retourne mais ne l’avouera jamais. Ce serait lever le voile sur le mystère de sa réussite, trahir ceux qui lui ont ouvert en grand les allées du pouvoir. Ceux justement qui, depuis l’arrière-cuisine de l’Élysée, tirent les ficelles qui le feront s’agiter, réformer à tout-va, pousser le cri du coq pour peu que l’équipe de France, à l’issue du championnat du monde de football, se soit hissée sur la haute marche du podium.