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Le décryptage d'un véritable phénomène politique...
Il existe en France un courant pro russe qui transcende les partis politiques, allant de l’extrême-droite à l’extrême-gauche, en passant par la droite souverainiste et la gauche jacobine : tous souhaitent un rapprochement avec Moscou, et un éloignement de l’Union Européenne et de l’OTAN. Quatre justifications sont régulièrement avancées : Poutine serait un « vrai » et « grand » dirigeant par rapport à la classe politique européenne actuelle ; les « valeurs » russes seraient proches des valeurs françaises et justifieraient un rapprochement ; il serait ainsi dans « l’intérêt » de la France de se rapprocher de la Russie ; et enfin, les Russes ne seraient pas pires (et même certainement mieux) que les Américains.
Ce livre étudie chacun de ces motifs en les remettant en contexte dans une perspective historique et politique. Il offre ainsi au lecteur intéressé une grille d’analyse intellectuelle permettant de se faire sa propre opinion sur la validité et l’intérêt de ces arguments.
Un ouvrage didactique et efficace pour comprendre l'engouement pro-russe en France !
EXTRAIT
Cette fascination pour l’exercice du pouvoir par Vladimir Poutine ne se limite pas à un militaire exalté dans un amphithéâtre un peu surchauffé : « Je ne cache pas que, dans une certaine mesure, j’admire Vladimir Poutine » déclarait ainsi Marine le Pen au journal russe
Kommersant en 2011. La droite dite républicaine n’est pas épargnée par l’admiration pour le personnage, des personnalités telles que Thierry Mariani, Jacques Myard, Yves Pozzo di Borgo étant connues pour le défendre quasi systématiquement. Christian Vanneste assure sur son blog que « c’est avec nostalgie mais non sans espoir que les Français doivent regarder Vladimir Poutine. C’est un homme de cette trempe qu’il faudrait à notre pays pour qu’à nouveau il se redresse ».
CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
Dans cet ouvrage très clair et pédagogique, il décrypte quatre arguments souvent avancés pour justifier un rapprochement : le fait que Poutine serait un « vrai dirigeant », l'existence de valeurs communes entre la France et la Russie ou d'un intérêt de la France à un rapprochement, et enfin l'argument selon lequel l'alliance avec la Russie vaudrait bien celle avec les États-Unis. -
Slate
Les excellentes éditions Hikari ont demandé à l'auteur, un professeur de sciences politiques et secrétaire général de l'Association pour les études sur la guerre et la stratégie, de nous faire comprendre très clairement et en format pratique le mouvement pro-russe français. Autant avoir tous les arguments pour se forger sa propre opinion. -
La Voix du Nord
À PROPOS DE L'AUTEUR
Olivier Schmitt est professeur de science politique au centre d’études sur la guerre de l’université du Sud-Danemark, et secrétaire général de l’Association pour les Études sur la Guerre et la Stratégie (AEGES). Ses travaux portent sur les conflits armés contemporains, les théories des relations internationales et les politiques de défense en Europe. Il a reçu plusieurs prix nationaux et internationaux pour ses travaux de recherche (prix Alexander George, prix Patricia Weitsman, prix du Conseil Supérieur pour la Formation et la Recherche Stratégique) et a récemment codirigé avec Joseph Henrotin et Stéphane Taillat l’ouvrage
Guerre et Stratégie. Approches, Concepts, publié aux Presses Universitaires de France en 2015.
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Seitenzahl: 124
Veröffentlichungsjahr: 2017
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ENQUÊTE
D’AILLEURS
HikariÉditions
ENQUÊTED’AILLEURS
Une collection dirigée par Olivier Chopin
Enquête d’ailleurs, ce sont des documents pour percer les réalités internationales et les mettre en perspective ; pour entraîner le lecteur sur le terrain ; pour l’emmener dans les coulisses de l’actualité ; pour lui faire entrevoir l’envers des phénomènes internationaux qui souvent demeurent obscurs. Derrière chaque révélation se cache un chemin, un parcours ; derrière chaque situation inextricable, se tissent des histoires. Les raconter permet de comprendre. Enquête d’ailleurs, ce sont des textes courts, enlevés, engagés, iconoclastes, qui ne s’interdisent ni la gravité ni l’humour mais qui, toujours, ambitionnent d’éclairer. Grands reporters, correspondants, experts, universitaires, grands témoins, hommes et femmes de l’art, dans Enquête d’ailleurs, ils écrivent pour remettre les faits dans leur contexte, montrer ce qui reste souvent ignoré, ouvrir des portes closes.
Face au spectaculaire, à l’urgent, à l’intriguant, à l’intolérable, bien souvent le « pourquoi » est évacué.
C’est ce à quoi Enquête d’ailleurs répond.
Olivier Chopin, qui dirige la collection, est docteur en science politique, enseignant à Sciences Po et chercheur associé à l’École des hautes études en sciences sociales.
POURQUOI
POUTINE EST NOTRE ALLIÉ ?
ANATOMIE D’UNE PASSION FRANÇAISE
OLIVIER SCHMITT
Cet ouvrage est dédié à mon grand-père, Claude. Si nous ne partageons pas les mêmes opinions politiques ni la même appréciation des mérites de M. Poutine, je lui dois de m’avoir enseigné que l’intégrité personnelle, le courage de ses convictions et le respect des autres sont les guides moraux les plus fiables qu’un individu puisse détenir. Je l’admire pour ses immenses qualités humaines, et j’espère un jour être à la hauteur de son courage et de sa noblesse.
DANS LA MÊME COLLECTION
Pourquoi l’Amérique nous espionne ?
Pourquoi les Brésiliens gagnent toujours au football ?
Pourquoi Bruxelles brade l’Europe ?
Pourquoi n’est-on plus accro à la Colombie ?
Pourquoi Pékin nous enfume ?
Ces livres sont également disponibles en version numérique. Retrouvez et suivez les ouvrages Enquête d’ailleurs sur les réseaux sociaux.
Pourquoi Poutine est notre allié ?
Pourquoi Poutine est notre allié ?
Olivier Schmitt
Directeur de la publication : Anthony Dufour
Directeur de la collection : Olivier Chopin
Édition : Sandrine Harbonnier
Conception graphique et mise en page : Katarina Cendak
Corrections : Yannick Dufour
ISBN 978-2-36774-084-3
ISSN 2274-4673
Dépôt légal : janvier 2017.
© Hikari Éditions, 2017.
Toutes reproductions ou adaptations d’un extrait quelconque de ce livre réservées pour tous pays.
Hikari Éditions
4 avenue Foch, 59000 Lille, France.
hikari-editions.com
Achevé d’imprimer en Europe en octobre 2016.
TABLE DES MATIÈRES
INTRODUCTION
1. PARCE QUE POUTINE SERAIT UN VRAI DIRIGEANT
LE MYTHE DU SAUVEUR
POUR L’HONNEUR DE LA RUSSIE : POUTINE CONTRE ELTSINE ?
LA LUTTE CONTRE LES OLIGARQUES
2. PARCE QUE NOUS PARTAGERIONS DES VALEURS COMMUNES
VALEURS PARTAGÉES, VALEURS OPPOSÉES
LA RÉVOLUTION CONSERVATRICE RUSSE
UNE LECTURE DIVERGENTE DE L’HISTOIRE
POLITIQUE DE L’HUMILIATION
3. PARCE QUE CE SERAIT DANS NOTRE INTÉRÊT
QU’EST-CE QUE L’INTÉRÊT NATIONAL ?
LA GÉOPOLITIQUE DOIT-ELLE DICTER NOTRE POLITIQUE ÉTRANGÈRE ?
IMAGINAIRES ET PROPAGANDE
4. PARCE QUE LA RUSSIE VAUDRAIT BIEN LES ÉTATS-UNIS
L’ANTI-IMPÉRIALISME
L’ANTI-AMÉRICANISME
L’ÉQUIVALENCE MORALE
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
INTRODUCTION
Que l’on nous permette de commencer cet ouvrage par un petit jeu. Qui a déclaré :
1/ « Je dis à mes amis russes : ce n’est pas la France qui vous traite de cette façon, c’est l’amicale des anciens de la French-American Foundation qui dirige notre gouvernement. »
2/ « La plupart des députés européens représentent non les intérêts de leur peuple mais ceux des États-Unis. »
3/ « L’Union européenne, asservie par sa dette et par l’euro, est un instrument au service d’une idéologie ultralibérale mondialiste et des intérêts du secteur financier. »
4/ « La soumission au traité budgétaire, à l’austérité et à l’ordolibéralisme n’en finit pas de rabaisser la France. »
5/ « La France n’aura d’avenir qu’en s’extirpant de la logique euro-atlantique. »
6/ « Les États-Unis veulent créer un foyer de tension entre l’Europe et la Russie, et ont trouvé en l’Ukraine un terrain pour cela. »
7/ « Les États-Unis souhaitent la séparation de l’Europe et de la Russie. »
8/ « La Russie libérée de toute idéologie révolutionnaire assiste en pays libre à l’instrumentalisation de l’OTAN pour asservir le monde à l’Amérique. »
Si vous avez répondu dans l’ordre Jean-Luc Mélenchon, Aymeric Chauprade, le programme du Front national, Jean-Luc Mélenchon (encore), Marine Le Pen, Jean-Pierre Chevènement, Nicolas Sarkozy et Philippe de Villiers, vous avez gagné.
Ce florilège de citations est particulièrement révélateur, car il illustre la situation française contemporaine d’un axe pro-russe transpartisan, allant de l’extrême droite à l’extrême gauche, et incluant la droite souverainiste et la gauche néo-jacobine. Si ces courants peuvent s’opposer sur d’autres sujets, ils se retrouvent sur une ligne politique souhaitant privilégier un rapprochement avec Moscou, ainsi qu’un éloignement des institutions politiques et de sécurité qui ont structuré l’espace européen depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, notamment l’Union européenne et l’OTAN.
Le Front national se montre le plus avancé dans cette critique, puisque la sortie de l’OTAN et la création d’une nouvelle alliance avec la Russie font explicitement partie de son programme. De fait, le Front national est le plus visible des partis pro-russes en France. De nombreuses enquêtes ont démontré les multiples liens idéologiques et financiers entre le parti de Marine Le Pen et le gouvernement russe actuel, et on pourrait facilement, avec un brin d’ironie, adapter au FN la formule connue chez les communistes durant la guerre froide : « ni à droite, ni à gauche, mais à l’Est ». Il est clair que, pour le régime russe, le FN remplit un certain nombre de fonctions utiles : il participe à la déstabilisation des organisations actuelles (Union européenne, OTAN), ce qui est l’un des objectifs de Moscou ; il fournit une légitimation extérieure au Kremlin (notamment par le biais d’un soutien idéologique) ; et il contribue à diffuser la propagande et la vision du monde russe en France à travers une variété de médias (depuis les prises de positions officielles des responsables du parti jusqu’aux discussions sur les forums et médias sociaux).
Néanmoins, des discours pro-russes très similaires peuvent être tenus par des personnalités situées très différemment sur le spectre politique. La conception du Front de gauche est ainsi de dissoudre l’OTAN, et de rejoindre un bloc politique constitué des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) qui fonctionnerait dans le cadre de l’ONU. Évidemment, cette idée se heurte à un certain nombre de réalités gênantes, comme le fait que les BRICS sont un slogan créé par la banque Goldman Sachs pour désigner la catégorie économique de ces pays mais montrer qu’ils n’ont pas de position politique unifiée ; que ces préférences divergentes ne vont pas magiquement s’accorder dans le cadre de l’ONU (surprise : tous ces pays en sont déjà membres, et ne s’entendent pas entre eux) ; et que discuter avec des partenaires ne veut pas dire nécessairement arriver à un accord. Cependant, l’idée est toujours la même : s’éloigner de Washington pour constituer des partenariats avec d’autres pays, dont la Russie. Entre ces deux visions, qui sont les plus articulées (en ce sens qu’elles sont explicitement présentes dans les programmes des partis), se trouvent toute une série de prises de position à la tonalité similaire, émanant de membres de partis dont ce n’est pas la ligne politique officielle (comme Thierry Mariani ou Jacques Myard chez Les Républicains) ou de personnalités indépendantes (Nicolas Dupont-Aignan, Philippe de Villiers, Jean-Pierre Chevènement, etc.). Pour partie, ces discours pro-russes sont la conséquence de la structuration par Moscou de réseaux d’influence en France : les travaux de l’universitaire Cécile Vaissié (Les Réseaux du Kremlin en France) et du journaliste Nicolas Hénin (La France russe) ont décrit ces réseaux en détail, et cet ouvrage n’entend pas revenir dessus. Il n’entend pas non plus revenir sur la fascination française pour la Russie, qui a été particulièrement bien analysée par Alain Besançon dans Sainte Russie. L’auteur y montre comment tous les courants politiques ont à tour de rôle projeté sur la Russie leurs propres fantasmes, de la monarchie religieuse à la révolution prolétarienne. À cette fascination politique s’est ajoutée une pâmoison artistique conduisant à l’invention de clichés romantico-psychologisants comme l’« âme russe », la « mystique slave » ou la « Russie éternelle » qui structurent la perception de la majorité des Français.
En complément de ces travaux incontournables pour cerner la situation actuelle, il s’agira ici de restituer et de discuter la logique argumentative des discours politiques pro-russes contemporains, afin de comprendre pourquoi des personnalités aussi opposées que Jean-Luc Mélenchon et Marine le Pen peuvent tenir des propos quasiment identiques sur la Russie. Cet ouvrage analyse donc la structure interne des raisons d’un rapprochement avec Moscou et les motifs rhétoriques et argumentatifs qui reviennent régulièrement. Quatre justifications sont fréquemment avancées : Poutine serait un « vrai » et « grand » dirigeant par rapport à la classe politique actuelle ; les « valeurs » russes seraient proches des valeurs françaises et justifieraient un rapprochement ; il serait de toute façon dans notre « intérêt » de le faire ; enfin, les Russes ne seraient pas pires que les Américains. À chaque fois, une combinaison de ces différents éléments est présente dans les discours qui justifient un rapprochement avec la Russie. Ce texte étudie chacun de ces motifs rhétoriques, décrypte leurs arguments principaux en les remettant dans leurs contextes historique et politique et offre ainsi au lecteur intéressé une grille d’analyse intellectuelle qui lui permet de se faire sa propre opinion sur la validité et l’intérêt de ces arguments.
Le fil rouge de cette étude est que les partisans d’un rapprochement avec la Russie sont unis par un profond antilibéralisme, qu’il soit d’origine conservatrice et réactionnaire (droite et extrême droite) ou jacobine et communiste (gauche et extrême gauche). Nos sociétés contemporaines sont en effet en train d’abandonner une partition politique selon un axe droite/gauche pour se recomposer autour d’un clivage entre mouvements populistes autoritaires (avec divers degrés d’autoritarisme en fonction des tendances) et mouvements libéraux. Le discours pro-russe trouve ainsi ses sources dans une vision du monde antilibérale qui gagne du terrain dans nos sociétés. Le libéralisme politique, qui fonde les démocraties occidentales contemporaines, comporte de nombreuses variantes, mais toutes ont mis au cœur de l’analyse du fait politique le respect des droits et de la dignité de l’individu, la maximisation de ses libertés individuelles (dans le cadre des contraintes nécessaires à la vie en société), et la lutte contre les phénomènes autoritaires. C’est cette vision de l’individu, et du respect de ses droits, qui est aujourd’hui remise en cause par les mouvements populistes autoritaires (après l’avoir été par les monarchistes, les fascistes, les communistes ou les intégristes religieux) au nom de la prétendue nécessaire assignation de cet individu à une communauté déterminée (politique, ethnique ou religieuse) et la mystique du primat du « collectif » sur le particulier, qui correspond bien souvent à un fantasme totalitaire d’unification de la société.
Fondamentalement, le libéralisme politique constitue une tentative d’organiser de manière pacifique l’exercice du pouvoir dans une société. Partant du principe que les individus et leurs préférences sont multiples et donc impossibles à unifier (au grand dépit du fantasme totalitaire), le libéralisme politique pose la question de la légitimité de l’exercice du pouvoir : qui doit être en charge de diriger ses concitoyens, et sous quelles conditions ? Afin de respecter la pluralité des opinions et des préférences, la pensée politique libérale met l’accent sur la compétition équitable pour l’accès aux responsabilités (généralement sous la forme d’élections libres auxquelles plusieurs candidats peuvent concourir), et l’importance de la possibilité d’une alternance politique. Elle considère également que l’État doit être au service de la société et de ses multiples initiatives, et ne doit pas chercher à la diriger ou la façonner à son image. De ce fait, elle estime que le bien commun est atteint après un processus délibératif multipartite, ce qui rend nécessaire un échange et un dialogue avec l’adversaire politique, en reconnaissant que celui-ci peut avoir raison sur certains points. La politique libérale est donc exigeante, suppose d’être prêt au compromis, et certaines des plus grandes lois françaises ont été instaurées selon cet esprit. Le processus d’adoption de la fameuse loi de 1905 qui sépare l’Église de l’État a ainsi été éminemment libéral, trouvant un compromis parmi la multiplicité des opinions représentées au Parlement. Contrairement à la gauche communisante, la pensée libérale préfère l’équité à l’objectif d’une égalité illusoire et, contrairement à la droite traditionnelle, elle récuse l’idée d’inégalités « naturelles » qu’il s’agirait de maintenir. Malheureusement, dans un pays comme la France dont la culture politique adore les oppositions binaires (réactionnaires/progressistes, bourgeois/prolétaire, fasciste/antifasciste, souverainiste/mondialiste, peuple/élites), on considère que l’adversaire politique est un ennemi à éliminer. Et, avec une Constitution de la Ve République prévoyant l’adoption de la loi exclusivement par le parti majoritaire, la culture politique libérale, qui valorise l’échange raisonné d’arguments et s’efforce de trouver ce que chaque position recèle de vérité, peut passer pour de la « tiédeur », de la faiblesse ou de la lâcheté (comme si la pureté idéologique était plus importante que la recherche de la vérité et du bien commun).
De fait, le libéralisme n’a pas bonne presse en France : les libéraux français ont toujours été minoritaires au sein des partis politiques depuis le XIXe siècle (ce qui a privé la France de la présence d’une véritable culture libérale et explique probablement le poids surdimensionné de son exécutif et la méfiance de l’administration à l’égard de la société civile) ; et l’association fallacieuse qui est faite entre libéralisme politique et capitalisme débridé suffit en général à discréditer les individus qui se réclament de ce courant d’idées. En effet, deux principales critiques sont formulées à l’encontre du libéralisme comme mouvement politique. La première vient d’une certaine gauche, qui assimile libéralisme politique et capitalisme prédateur, particulièrement aujourd’hui en utilisant le vocable fourre-tout « néolibéralisme » pour décrire le capitalisme financier transnational, qui est la forme contemporaine de la globalisation économique, et les modes de gouvernance qui y sont associés. Pourtant, cette forme de capitalisme est historiquement contingente (d’autres formes de capitalisme ont existé et sont donc possibles) ; elle est indifférente aux types de gouvernements, comme le montre son développement dans des régimes autoritaires (Chine), et n’est donc pas intrinsèquement liée à un régime politique libéral ; et il ne faudrait pas chercher très longtemps dans les écrits d’Adam Smith et autres libéraux célèbres (Montesquieu, Tocqueville, Constant, Mill, etc.) pour y trouver des appels permanents au respect de la santé, de la stabilité économique et de la dignité des plus défavorisés. Ainsi, c’est le libéral Alain Madelin qui écrit en décembre 2014 dans Atlantico : « Les vraies solutions libérales sont aujourd’hui les plus sociales. Quand je vois certains, à droite, parler d’assistanat alors que des gens sont au RSA, que des gens galèrent au chômage, cela me déplaît profondément. C’est une honte. Parce que la vraie facture de l’assistanat en France, c’est celle de l’assistanat des entreprises. »
