Présages - Benjamin Van-Hyfte - E-Book

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Benjamin Van-Hyfte

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Beschreibung

Perdu dans une tempête, un gardien de phare entend des voix...

Bretagne, début du vingtième siècle. Auguste est le gardien du Cap Noir, un phare bâti sur un éperon rocheux en pleine mer. Alors que la tempête fait rage, et que le phare est coupé du monde pendant plusieurs jours, Auguste se met à entendre des voix. Simple hallucination, ou présage d’un drame à venir ?
« Le père d’Auguste, fervent catholique, n’aimait pas les croyances qui prenaient leur source ailleurs que dans la Bible, et n’avait que dédain pour les histoires de bonnes femmes, comme il les appelait. Sa mère, au contraire, était superstitieuse : elle voyait le monde comme un réseau de signes, qui annonçaient soit la bonne fortune, soit un destin funeste. Auguste avait hérité de ces deux influences : il refusait de croire qu’un esprit lui rendait visite chaque nuit, mais il récitait, par précaution, des couplets occultes destinés à conjurer l’influence des morts. »

Découvrez sans plus attendre ce roman, court et intense, sur les traces de phénomènes mystérieux au large des côtes bretonnes.

EXTRAIT

Une bourrasque le tira du sommeil en pleine nuit. Il alluma son bougeoir à tâtons et se redressa, trempé de sueur. Une peur sans cause le tenaillait. La brutalité du changement lui causait peut-être des insomnies. Il fallait encore qu’il s’habitue à l’impression de solitude exceptionnelle que l’on éprouvait au Cap Noir.
En attendant de retrouver son calme, il feuilleta son livre de chevet. Il avait commencé les « Aventures de Tom Sawyer ». Le jeune héros devait repeindre la barrière de sa tante, mais par un étonnant stratagème, il parvenait à s’acquitter de cette corvée sans faire le moindre effort, tout en gagnant plus d’argent que prévu. En quelques pages, Auguste sentit la fatigue revenir.
Au moment d’éteindre le bougeoir, il entendit des craquements répétés. Il crut d’abord au vent qui frappait au carreau, mais en écoutant plus attentivement, il s’aperçut que c’étaient des coups, faibles et réguliers, qui venaient du plancher, comme si l’on marchait dans une pièce en dessous de sa chambre.
Les coups s’atténuèrent, mais il entendit quelque chose d’autre. Une voix. Un soupir… Quelqu’un pleurait, là-dessous. Des sanglots étouffés. Il fallait tendre l’oreille pour les saisir. Cela ressemblait aux pleurs d’une femme ou d’un enfant qu’on aurait bâillonné.
Auguste savait que c’était impossible. Il n’y avait rien sous la chambre. Rien du tout. Rien que les fondations. Quand bien même il y eût une cachette secrète, personne n’aurait pu s’y trouver. Le Cap Noir était à deux milles de la côte : seuls les gardiens du phare y posaient le pied.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Né en 1995 à Villeneuve D’Ascq, Benjamin Van-Hyfte est étudiant en commerce à Lille. Il se consacre en parallèle à sa passion pour l’écriture. Il s’inspire des légendes bretonnes pour son nouveau roman Présages.

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Seitenzahl: 34

Veröffentlichungsjahr: 2018

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Table des matières

Résumé

Présages

Du même auteur

Résumé

Bretagne, début du vingtième siècle. Auguste est le gardien du Cap Noir, un phare bâti sur un éperon rocheux en pleine mer. Alors que la tempête fait rage, et que le phare est coupé du monde pendant plusieurs jours, Auguste se met à entendre des voix. Simple hallucination, ou présage d’un drame à venir ?

« Le père d’Auguste, fervent catholique, n’aimait pas les croyances qui prenaient leur source ailleurs que dans la Bible, et n’avait que dédain pour les histoires de bonnes femmes, comme il les appelait. Sa mère, au contraire, était superstitieuse : elle voyait le monde comme un réseau de signes, qui annonçaient soit la bonne fortune, soit un destin funeste. Auguste avait hérité de ces deux influences : il refusait de croire qu’un esprit lui rendait visite chaque nuit, mais il récitait, par précaution, des couplets occultes destinés à conjurer l’influence des morts. »

Né en 1995 à Villeneuve D’Ascq, Benjamin Van-Hyfte est étudiant en commerce à Lille. Il se consacre en parallèle à sa passion pour l’écriture. Il s’inspire des légendes bretonnes pour son nouveau roman Présages.

Benjamin Van-Hyfte

Présages

récit fantastique

Mini-roman

ISBN : 9782378735203

Collection Atlantéïs : 2265-2728

Dépôt légal : novembre 2018

© couverture Ex Æquo

© 2017 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de

traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays

Toute modification interdite

Éditions Ex Æquo

6 rue des Sybilles

***

1

Au milieu du dix-neuvième siècle, sur les côtes du Cap Noir, une industrie prospère se développa autour de la pêche au thon. Ce qui n’était qu’un raz tempêtueux devint un haut lieu de la navigation marchande. À Trégan, petit village bâti sur la pointe, les quelques entrepôts vétustes se modernisèrent, et côtoyèrent de nouvelles usines. Les commerces fleurirent : Chez Perrussel, la seule boutique du village, connut bientôt la concurrence de trois autres magasins. En quelques années, le petit bourg tranquille se métamorphosa en un port animé, où se croisaient des marchands de toutes sortes ; certains long-courriers revenaient même des colonies.

Le Cap Noir portait bien son nom : les nombreux écueils qui le parsemaient rendaient la navigation périlleuse. Les naufrages se multiplièrent. On invoqua la nécessité de bâtir un phare de mer, entre la pointe de Trégan et la petite île de Noue, à sept milles au large. Des ingénieurs de l’administration dessinèrent les plans ; la construction dura plusieurs années. Et c’est ainsi qu’un soir de juin, tandis qu’on allumait les réverbères autour de la rade, une autre lueur apparut au lointain.

Bien des années plus tard, le Cap Noir avait perdu de sa superbe, les industries l’avaient déserté, et les vastes entrepôts tombaient en décrépitude. Mais le phare du même nom éclairait encore ce détroit oublié qui, par le passé, avait englouti tant d’équipages, dans les nuits de brouillard.

Le phare était autant apprécié par les pêcheurs que redouté par les gardiens. Il était bâti sur un maigre îlot battu par le vent, et que les déferlantes ensevelissaient parfois tout entier. Au nord, la roche formait une arête aux parois abruptes où la mer s’engouffrait comme dans une crique. On trouvait au sud un écueil sombre et pointu, que l’assaut perpétuel de la marée n’avait pas encore émoussé.

Garder le Cap Noir, c’était vivre, trois semaines par mois, sur un minuscule caillou, loin de tout rivage, et si bien exposé aux caprices de la mer qu’il fallait parfois calfeutrer les fenêtres pour éviter qu’un carreau se brise et que les vagues inondent la tour.

Auguste, vingt-deux ans à peine, ne craignait pas la solitude. Il avait auparavant travaillé au Phare des Hivers, une tourelle perdue sur une île sauvage. Le Cap Noir n’était donc pas sa première affectation, mais il la considérait comme un examen de passage ; s’il réussissait ici, il pourrait exercer n’importe où par la suite.

Il arriva un jour d’octobre. Il n’avait dans son bagage que le strict minimum : du tabac, deux livres, une montre en nickel, un briquet d’amadou, quelques vêtements, et un nécessaire de toilette.