Que soulève le vent ! - Solon Méprisé - E-Book

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Solon Méprisé

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Beschreibung

Comme le montre l'origine du mot médiévale du mot "débattre", qui signifiait "empêcher de se battre et de se confronter par d'autres moyens", je me propose, par le contenu de ce "Tract" d'apporter une contribution argumentée et réfléchie pour permettre le débat quant aux prochains choix politiques qui concerneront l'ensemble des citoyens de notre pays.

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Seitenzahl: 172

Veröffentlichungsjahr: 2023

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SOMMAIRE

BIOGRAPHIE DE L’AUTEUR

1. INTRODUCTION

2. LES « 

ILLUSIONNISTES »

DE LA DÉMOCRATIE

3. LES

« ILLUSIONNISTES »

DE LA LÉGITIMITÉ

4. LES

« ILLUSIONNISTES »

DE LA REPRÉSENTATIVITÉ DES ÉLECTIONS

5. LES

« ILLUSIONNISTES »

DE LA COMMUNICATION MÉDIATIQUE

6. LES

« ILLUSIONNISTES »

DE L’INFORMATION

7. LES

« ILLUSIONNISTES »

DE LA DESTRUCTION DES SYSTÈMES SOCIAUX

8. LES

« ILLUSIONNISTES »

CONTRE LES RÉSISTANCES

9. LES « 

ILLUSIONNISTES »

CONTRE LA PENSÉE D’UNE NOUVELLE CITOYENNETÉ

10. LES « 

ILLUSIONNISTES »

CONTRE LES LIBERTÉS

11. ÉPILOGUE

12. CONCLUSION

BIBLIOGRAPHIE

« Même si le gouvernement a été choisi par le peuple pour exercer sa volonté, le citoyen ne doit pas abandonner sa conscience au législateur, le respect de la loi vient après celui du droit. »

H. D. Thoreau1

« La liberté, c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement. »

Rosa Luxemburg2

1 - H.D. Thoreau – Désobéissance civile, 1849.

2 - Rosa Luxemburg - La Révolution russe 1918, publication posthume.

BIOGRAPHIE DE L’AUTEUR

Mon parcours biographique m’a progressivement amené sur la voie de la connaissance, de l’éducation et de la formation. Né dix ans après-guerre, ma soif d’apprendre et de curiosité n’a jamais été monolithique. Aujourd’hui comme hier, j’ai toujours eu la propension à comprendre les choses, les événements, et en toute modestie le genre humain, avec une loupe d’explication double : pratique mathématique financière et théorique sociologique des organisations.

Mes savoirs théoriques se sont consolidés avec mes différents sésames diplômants. Chronologiquement, j’ai d’abord obtenu un Master 2 en Achats et

Logistique de l’IAE (Institut d’Administration des Entreprises) de Grenoble-DESMA.

- Rédaction d’un mémoire : Management des achats et de la Supply Chain dans les PME Industrielles.

J’ai ensuite renforcé cette capacité acquise par un Master 2 en Audit Financier et Contrôle de Gestion de l’IAE de Paris 1 Sorbonne.

- Rédaction d’un mémoire : Audit Financier et Contrôle de Gestion des PME industrielles.

J’ai choisi par ailleurs de mieux comprendre les systèmes organisationnels du sport en obtenant un Exécutive MBA en Stratégie et Management des Organisations du Sport de l’ESG (École Supérieure de Gestion) de Paris.

- Rédaction de 3 dossiers d’analyse : I) Déconstruction de la chaîne de la valeur du football français – II) Déconstruction de la chaîne de la valeur du rugby français – III) Fragmentation des identités sociales dans les organisations du sport - Le sport et l’individu hypermoderne.

Enfin, je suis titulaire d’un Exécutive Master en Sociologie des Organisations et Stratégie du Changement de Sciences Po Paris.

- Rédaction de 2 mémoires : I) La désobéissance sociale dans les organisations économiques - Les micro-résistances face aux injonctions sociales – II) La stratégie de changement dans une PME-SCOP - Propositions de changement.

1. INTRODUCTION

Dans mes activités de formation, j'ai passé beaucoup de temps à tenter de vulgariser les connaissances, notamment celles qui concernent concrètement l’ensemble des citoyens, en particulier celles qui relèvent des dimensions économiques et financières. J'ai donc fait de la pédagogie applicative, de la vulgarisation qui assure à tous les individus la capacité d’accéder à la compréhension des connaissances nécessaires à mieux définir sa vie sociale.

Un doute radical pour accéder à la connaissance.

À la manière de René Descartes, dans ses « Méditations métaphysiques », la démarche d’une investigation sociale et politique pour produire une connaissance sûre et certaine constitue l’objectif d’un travail de recherche et pour y parvenir, un doute méthodique caractérise une méthodologie radicale. L’existence d’une connaissance qui résiste à tout doute, pourra être considérée comme véritable.

Pour Descartes, l’existence du monde est incertaine3.

« Il y a déjà quelque temps que je me suis aperçu que, dès mes premières années, j’avais reçu quantité de fausses opinions pour véritables, et que ce que j’ai depuis fondé sur des principes si mal assurés, ne pouvait être que fort douteux et incertain ; de façon qu’il me fallait entreprendre sérieusement une fois en ma vie, de me défaire de toutes les opinions que j’avais reçues jusqu’alors en ma créance, et commencer tout de nouveau dès les fondements, si je voulais établir quelque chose de ferme et de constant dans les sciences. Mais cette entreprise me semblant être fort grande, j’ai attendu que j’eusse atteint un âge qui fût si mûr, que je n’en pusse espérer d’autre après lui, auquel je fusse plus propre à l’exécuter ; ce qui m’a fait différer si longtemps, que désormais, je croirais commettre une faute, si j’employais encore à délibérer le temps qu’il me reste pour agir. Maintenant donc que mon esprit est libre de tout soin, et que je me suis procuré un repos assuré dans une paisible solitude, je m’appliquerai sérieusement et avec liberté à détruire généralement toutes mes anciennes opinions. Mais, encore que les sens nous trompent quelquefois, touchant les choses peu sensibles et fort éloignées, il s’en rencontre peut-être beaucoup d’autres, desquelles on ne peut pas raisonnablement douter, quoique nous les connaissions par leur moyen. »

Douter radicalement, à la manière de certains penseurs, implique un caractère affermi. C'est un comportement exigeant, qui nous éprouve, pour produire la condition d’une lucidité accrue sur l’entendement des circonstances qui nous entourent. Cette disposition ne va pas de soi et appelle un cheminement de questionnement sur la réalité de notre vie. La radicalisation de nos doutes conduit à une exigence de vérité, sans pour cela s’opposer à elle.

À la vue des conditions sociales imposées à la grande majorité des populations, à l'occasion des derniers événements sociaux, depuis plusieurs semaines, qui touchent la plupart d’entre nous, je me suis décidé, par le résultat d'une sorte d'exaspération, à m'engager un peu plus dans le débat politique et social, mais surtout dans la façon dont les propositions, les thèmes sociaux présentés par les gouvernants et les communicants, quelles qu'ils soient, s’agitent pour les déguiser et les travestir dans l’environnement social.

Et cela m’engage à écrire de façon très rapide, un texte que l’on désigne comme « un tract ». Un tract d’une centaine de pages, qui s'intitule « QUE SOULÈVE LE VENT ! » ou « « Les illusionnistes » de la légitimité, face au mépris des classes populaires ».

La genèse de ce texte prend son origine à la suite de l’article « Les demeurés de la légitimité4 ». Publié dans Le monde Diplomatique du 7 février 2023 par Frédéric Lordon, celui-ci revient en longueur sur la question décisive de la période actuelle, la question de la légitimité des gouvernants : celle de l’élection, celle de la représentativité et celle du mouvement social, qui m’amène à contribuer à la réflexion à partir des « illusions de la politique5 », écrit par Jacques Ellul en 1965.

« Car ce qui est essentiel, c’est d’obtenir une « impression », un « sentiment ». Pourvu que le peuple ait l’impression de vivre en démocratie, que le gouvernement « paraisse » démocratique aux yeux de l’opinion, c’est évidemment l’essentiel. On connaît parfaitement des gouvernements très démocratiques qui donnent l’impression d’être autoritaires, inversement des gouvernements dictatoriaux qui savent créer l’opinion dont ils ont besoin pour qu’ils soient ressentis comme démocratiques : ainsi les démocraties populaires » (p.178)

Définition du mot « illusion » :

Du latin « illudere » (« se jouer de », « se moquer »). Perception erronée du monde extérieur ou de ses propres états internes, l’illusion est une croyance fausse. Abstraitement, le mot « illusion » désigne une opinion fausse que forme l’esprit et qui abuse par son caractère séduisant, au sens de faire « illusion, de tromper ».

Définition du mot « illusionniste » :

« Dans le cas de l'illusionniste, il s'agit d'une jonglerie sensorielle et mentale qui, modifiant les perspectives intellectuelles, suspend l'intervention de la logique et impose un état de vertige, involontaire chez le spectateur, délibéré chez l'illusionniste. » Jeux et sports, p.1025, Caillois Roger, 19676.

3 - René Descartes - Première Méditation, Méditations métaphysiques, 1641.

4 - Frédéric Lordon : https://blog.mondediplo.net/les-demeures-de-la-legitimite

5 - Jacques Ellul - L'illusion Politique, 1965.

6 - Roger Caillois - Jeux et sports, 1967.

2. LES « ILLUSIONNISTES » DE LA DÉMOCRATIE

Le tumulte parlementaire, au sens de Machiavel, dans « Le Prince7 » constitue l’ambiance dans la nature des institutions, notamment dans l’esprit démocratique de celles-ci. Le Parlement n’est pas seulement un lieu on l’on débat, mais aussi un lieu qui se fait l’écho de ce qui peut exister comme contestations dans la société. Il ne faut pas oublier qu’au moment où apparaît le tumulte dans l’Assemblée, avait lieu, au-dehors de cette enceinte, dans de nombreuses villes en France, en même temps, un tumulte, lui aussi démocratique qui représentait le tumulte des classes populaires.

L’atmosphère surréaliste qui accompagne les manifestations, présentée par les commentateurs, est plutôt ce qui est inhabituel. Nous assistons dans tout le pays à des rassemblements populaires autorisés, calmes, pacifiques, voire spontanés, au choix d’avoir recours à l’article 49.3. De ce point de vue-là, il y a effectivement quelque chose qui vient rompre le jeu habituel des institutions, avec cette irruption populaire et ce tumulte, cette forme démocratique d’intervention du peuple. Mais le plus étonnant, le plus surréaliste, c’est la réponse des gouvernants. De dire que ce qui s’est passé à l’Assemblée, c’est le chaos, et donc que l’opposition veut le chaos, ce qui revient à dire que l’État considère qu’il n’a pas de parlementaires en face de lui, mais des représentants politiques irresponsables.

Et la réponse donnée aux manifestants est encore plus surréaliste dans une démocratie, ce sont des arrestations massives, plusieurs centaines d’arrestations, pour la participation à un groupement en vue de faire des violences, autrement dit, un délit qui ne vous demande même pas d’avoir fait quoi que ce soit, le seul fait d’être présent suffisait à être arrêté, être placé en garde à vue et encourir jusqu’à un an de prison !

Donc le décalage entre la situation des représentants du peuple et la protestation, ce qui est surréaliste, ce n’est pas la protestation elle-même, mais la réaction qui sort totalement du cadre démocratique par le recours à la force armée, le recours à des abus de droit, et surtout de considérer ceux qui ne sont pas d’accord avec vous, comme irrationnels et sont dans le chaos.

Depuis l’existence des assemblées parlementaires, il faut admettre que les assemblées législatives sont des lieux de débats virulents, conflictuels, passionnés, conditions de la construction d’une démocratie. Considérer que, lorsque les pratiques parlementaires s’enveniment, on est face à des comportements antagonistes, cela ne correspond pas à une tradition de conflictualité propre au parlement.

Au début de la Révolution, le 20 juin 1789, l'assemblée devient constituante et pour certains des pères fondateurs, Robespierre et les Jacobins, il va de soi que les assemblées sont des lieux de débats conflictuels, et il va de soi, surtout, qu’à l’extérieur, une part de la souveraineté du peuple ou de la nation peut continuer à s’exprimer. En aucun cas, les représentants du peuple ne s’imaginaient interdire une expression extérieure de la souveraineté qui prenait la forme le plus souvent d’une insurrection.

Donc, le fait que le tumulte prenne place à l’extérieur des assemblées, constitue une forme d’expression légitime des classes populaires souveraines.

Le prix à payer pour pacifier les débats parlementaires, pour établir une bonne délibération, selon Emmanuel Joseph Sieyès, dans « Qu'est-ce que le Tiers-État ?8 », pour faire cesser les tumultes à l’extérieur des assemblées, c’est la fin des conflits, la fin des passions politiques et, donc, la fin de la politique. Un idéal d’administration froide, neutre, sans tumulte et dépassionné des citoyens dans lequel se pose un vrai problème de démocratie, si l’on considère une démocratie comme des choix entre des options alternatives et conflictuelles.

Finalement, les représentants du peuple et les manifestants défendent une forme de démocratie délibérative contre l’utilisation abusive de l’article 49.3 de la Constitution, qui autorise l’adoption des projets de loi, sans aucun vote des députés.

La difficulté avec le 49.3, sous prétexte d’un parlementarisme rationalisé, caractérise une situation de subordination du pouvoir législatif face à l’autorité de l’exécutif. Le 49.3 est une arme qui sert à museler le débat parlementaire, à le terminer. Comme dans la Constitution, tout est fait pour le rendre très difficile ou inutilisable afin d’obtenir les motions de censure, donc, le 49.3 devient un instrument de gestion des majorités ténues au parlement, c’est une façon de passer outre la faiblesse des gouvernants. C’est une interruption choquante du fonctionnement représentatif de la démocratie. Cela est légal, mais est-ce légitime ?

La subordination du législatif à l’exécutif ne commence pas avec le 49.3, mais est inscrite dans les institutions, non seulement par le recours à cet article, mais parce que c’est le gouvernement qui contrôle en permanence la majorité parlementaire, rendant cette subordination structurelle, auquel s’ajoute l’autorité du président de la République.

Un président de la République dont le pouvoir ne repose même pas sur l’existence d’un parti organisé, de masse, avec des adhérentes et adhérents, qui pourrait exercer un contrôle discrétionnaire. Nous sommes dans une situation, dans laquelle le pouvoir du Président, passé par-delà le jeu des partis, dispose d’une majorité parlementaire qui dépend de manière personnelle du président de la République lui-même, puisque les sièges des députés majoritaires ne dépendent pas d’un ancrage populaire, mais du bon vouloir du « Prince », ce qui constitue une situation inédite.

Ce qui est autoritaire, ce n’est pas seulement le 49.3, qui rajoute une dimension autoritaire à une Constitution déjà autoritaire, mais surtout par les pratiques de cette Constitution, qui sont d’un type d’autorité inédit sous la Cinquième République, puisqu’il n’y a plus de compte à rendre à un parti politique, ancré dans la société.

Pendant la Révolution française, ni Robespierre9, ni Condorcet10, ni les radicaux, ni les modérés, ne concevaient qu’une loi importante soit votée au Parlement sans qu’une ratification populaire n’ait lieu par la suite. L’esprit de la Constitution de la Cinquième République, comme l’esprit des pères fondateurs des origines instaurait un mécanisme de ce type, comme le Référendum. Les constituants de 1958 ne concevaient pas les pouvoirs du Président, l’autorité du pouvoir exécutif et la subordination du législatif sans le recours régulier à un outil, certes que l’on peut critiquer, mais qui est la consultation référendaire. Sans l’utilisation de cet outil, la Cinquième République perd l’équilibre recherché, entre l’autorité de l’exécutif, la subordination législative et la consultation populaire. Toute cette dimension critiquable, plébiscitaire de la Cinquième République permettait, malgré tout, de vérifier régulièrement l’assentiment populaire du travail législatif et de l’exécutif.

Une fois le Référendum récusé, l’esprit de la Cinquième République est biaisé, il n’y a plus de mécanismes de vérification et de ratification populaire des lois. La philosophie des institutions, doit permettre de vérifier l’assentiment du peuple sur les lois.

2.1. Quelles sont les conditions d’un recours à l’article 49.3 de la Constitution ?

Depuis la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008, hors projets de loi de finances ou de financement de la sécurité sociale, l’article 49.3 ne peut être utilisé que sur un seul texte au cours d’une même session parlementaire.

2.2. Nombre de textes de lois avec le 49.3 depuis octobre 2022

1- Le 19 octobre 2022 pour la première partie du projet de loi de finances (première lecture).

2- Le 20 octobre pour la troisième partie du PLFSS (première lecture).

3- Le 27 octobre pour la quatrième partie du PLFSS et l'ensemble du texte (première lecture).

4- Le 2 novembre pour la seconde partie du PLF et l'ensemble du texte (première lecture).

5- Le 21 novembre pour la troisième partie du PLFSS (nouvelle lecture).

6- Le 25 novembre pour la quatrième partie du PLFSS et l'ensemble du texte (nouvelle lecture).

7- Le 30 novembre pour l'ensemble du PLFSS (lecture définitive).

8- Le 9 décembre pour la première partie du PLF (nouvelle lecture).

9- Le 11 décembre pour la seconde partie du PLF et l'ensemble du texte (nouvelle lecture).

10- Le 15 décembre pour l'ensemble du PLF (lecture définitive).

11- Le 16 mars 2023 sur le projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023.

Le véhicule législatif, soit la Loi de financement rectificative de la Sécurité Sociale pour 2023, retenu pour porter le projet de loi sur la réforme des retraites est un artifice législatif pour avoir recours à l’utilisation de l’article 49.3.

Il n’est pas concevable qu’un tel projet de loi qui concerne l’ensemble des classes populaires, soit restreint à une Loi de finance rectificative de la Sécurité Sociale. Il me semble que ce projet de loi, qui implique un nombre important d’acteurs sociaux, avec des incidences sociales, sociétales et économiques majeures pour les citoyens ne peut en aucun cas se limiter à un tel déni de démocratie.

2.3. Conditions du débat à l’Assemblée, puis au Sénat

- En vertu de l'article 47-1, brandi par le gouvernement, les débats sont limités à deux semaines et terminés.

- Ensuite, le texte ira désormais au Sénat où il sera débattu à son tour, pour deux semaines maximums.

- Recours à l’Article 38 pour accélérer les débats

Ce court rappel des conditions d’obstruction aux débats parlementaires lors du projet de Réforme des retraites traduit bien la restriction des pouvoirs des représentants du peuple, jusqu’à leur insignifiance et leur mépris des rôles des institutions démocratiques.

C’est quoi un bon représentant du peuple dans une démocratie ?

C’est un élu, qui tout au long de son mandat, se tient informé de ce qui se passe dans le pays, doit s’assurer de l’assentiment et dans le cas contraire, essaie de modifier ses propositions.

Et que voyons-nous ? La certitude qu’il y a un refus et une rupture totale d’assentiment avec le projet de la Réforme des retraites, porté par le plus gros mouvement d’opposition au gouvernement, durant plus de 2 mois, et ce, depuis le début de la Cinquième République. Le plus irréaliste, ce n’est pas que les gouvernants insistent, en utilisant le 49.3 ou la majorité parlementaire, c’est, surtout, qu’ils font comme s’il n’y avait aucune protestation, allant jusqu’à nier l’existence du mouvement de colère de plusieurs millions de personnes dans toute la France et leur refus d’un texte législatif mortifère pour les classes populaires.

Caricaturant les mouvements de protestations par les actions de désordre et de tumultes, alors que le fait qu’il y ait de la protestation massive, devrait, dans une démocratie, engager les représentants élus à se dire – puisque nous représentons le peuple et que de toute évidence, une part significative de celui-ci s’oppose à nous, il nous faut proposer autre chose. - Là, existe un déni de la contestation, un déni de démocratie, un déni du peuple, qui est nié dans sa capacité d’exister. Quel fossé entre la pratique du pouvoir et celle qui était considérée comme républicaine entre 1789 et 1792, qui continue en 1830 et en 1848, qui étaient ce que l’on ne peut pas ignorer quand celui-ci va dans la rue. Et cette manière de nier le peuple est extrêmement dangereuse, car nier le peuple, c’est nier la démocratie.

En 1762, Jean-Jacques Rousseau fait paraître « Du Contrat Social11 », qui exige que la souveraineté soit portée par le peuple directement, sans aucun représentant pour le pouvoir législatif. Pour Jean-Jacques Rousseau, les députés du peuple ne peuvent être ses représentants, mais seulement ses mandataires et ne peuvent rien conclure définitivement, faisant ainsi que, toute lois que le peuple n’a pas ratifiées, en personne, est nulle.

La critique rousseauiste, expose le danger permanent qu’un représentant trahisse le peuple. Tous les efforts seront déployés pour rechercher des moyens, des procédures, des idées qui permettent d’encadrer l’action des représentants.

Des mandats courts, pas plus d’un an, au-delà d’un an, les représentants commence à se faire un intérêt propre, commence à trahir l’intérêt général, devient un professionnel de la politique et donc il faut une réélection annuelle des députés.

Limiter la rééligibilité, éligible une fois, mais pas deux fois, sans attendre un an.

Chaque année, en même temps que l’on va élire les représentants, on va organiser un référendum pour la ratification des principales Lois qui ont été votées.

Ainsi, chaque année, on estime nécessaire de réélire les représentants du peuple pour vérifier s’ils avaient toujours l’assentiment des citoyens, et chaque année, en présence de projets législatifs les plus radicaux, on organisait un référendum pour ratifier les propositions de loi.

Les traditions démocratiques, qui veulent que les citoyens soient en permanence invités à participer au vote des lois, à participer à leurs exécutions et au pouvoir, réexaminent ce que les représentants proposent en leurs noms.

Nous devons se remémorer de l’idée du « Contrat Social », le caractère fondamental qui désigne les représentants du peuple comme les mandataires des citoyens. L’idée que les députés ne peuvent pas représenter, qu’ils ne sont que les mandataires, c’est-à-dire qu’ils doivent en permanence, et sous le contrôle et sous la subordination du peuple, rendre les comptes de leurs actions. Cette proposition constitue un élément démocratique majeur, qui garantit une place au peuple, pour qui ses représentants deviennent ses serviteurs, au nom de la parole portée par les classes populaires.

Nos institutions, bien que démocratiques, sont largement oligarchiques. Nous pourrions les redéfinir de manière à être plus proches de la démocratie. De ce fait, l’élection ne devient plus la seule solution pour désigner les représentants du peuple, et il peut être