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Vivons-nous pour la France et le monde les dernières décennies d’une « mondialisation dite heureuse » ? Difficile de répondre aujourd’hui à cette terrible interrogation… L’intensification des échanges internationaux de biens, de services et de flux financiers qui la caractérise très schématiquement, est avant tout l’apanage d’un néo-capitalisme totalement dérégulé, même s’il a favorisé à une large échelle la croissance économique et l’élévation des niveaux de vie dans de larges parties du monde, l’intégration des progrès scientifiques, et de nouvelles technologies innovantes l’abondance de l’épargne disponible pour des investissements diversifiés qui sont à l’origine du développement des richesses. Toutefois cette globalisation aux multiples facettes évolue rapidement sous nos yeux parfois incrédules et ses aspects négatifs nous interpellent sous toutes les latitudes : inégalités monstrueuses de revenus partout, mercantilisation forcenée des échanges et financiarisation omnipotente des marchés, « transhumanisme » robotisé et pillages des fameux « big data » personnels ou nationaux, ou enfin exploitation intensive des ressources naturelles. L’impérieux devoir de préparer les générations qui nous suivent à de meilleures perspectives exige d’arrêter ou de ralentir ces engrenages auto-entretenus porteurs de désolation. « L’homme est raisonnable mais les hommes le sont-ils ? » s’interrogeait R. Aron en 1960.
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Seitenzahl: 630
Veröffentlichungsjahr: 2018
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Pensées en désordre :
Avant-Propos
Nouveaux repères et des réponses
En « foi de quoi »
Chapitre II Espoirs et risques au XXI
e
siècle
Chapitre III Sur la situation de l’économie française et sa place en Europe et dans le monde
Chapitre IV Économie et sociétés : interdépendances et nouvelles donnes
Chapitre V Trois problèmes spécifiques de société
Chapitre VI Argent et pouvoirs
Chapitre VII La Responsabilité sociale de l’Entreprise, et l’éthique sociale etl’Economie face à l’économie de profit
Chapitre VIII Les mesures qui en France font consensus ou obstacles en 2018
Chapitre IX Le dérives coupables de la finance de marché comme fruits naturels de la globalisation en 2018
Chapitre X Libertés publiques et démocratie : un grand compromis libéral pour notre civilisation
Chapitre XI Les contraintes pressantes de nos environnements
Chapitre XII Médias, argent et jeux d’influences
Chapitre XIII La sphère économique « globale » : Que peut-on en espérer ?
Chapitre XIV Notre Europe et le Monde
Chapitre XV Projets de Traités de Libre -Echange en Occident
CHAPITRE XVI Regards vers le monde qui vient…
CONCLUSION
« Comme il n’y a pas de centre à la surface de la terre, chaque pays est fondé à se représenter au centre, et chaque individu aussi, hélas… Mais ceci est une autre histoire… ».
« Se reposer ou être libre, il faut choisir. »
Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse.
« Le seul crime de l’argent est son inégale répartition, la concentration extrême qui tue les flux alors qu’ il devrait rester une rivière ardente, une substance liquide qui sème ses prodiges à mesure qu’ il se répand. »
Pascal Bruckner, Essais, Grasset, 2016
« Nous avons une si grande idée de l’ âme de l’ homme que nous ne pouvons souffrir d’en être méprisé et de ne pas être dans l’estime d’une âme. La félicité des hommes réside dans cette estime. »
Blaise Pascal, Pensées
« Ne devons-nous pas dans les soins que nous donnons à la Cité et aux citoyens nous efforcer de rendre ces citoyens aussi parfaits que possible ? Sans cela tout autre service qu’on leur rendrait ne serait d’aucune utilité, si ceux qui doivent acquérir le pouvoir ou toute autre puissance n’avaient pas des sentiments honnêtes. »
Platon, Le Gorgias-LXIX, Socrate à Calliclès
« Si l’ histoire des sciences est discontinue, c’est-à-dire si on ne peut l’analyser que comme une série de corrections, une nouvelle distribution du vrai et du faux qui ne libère jamais enfin et pour toujours la vérité, c’est que là encore “l’erreur” constitue non pas l’oubli ou le retard d’une vérité, mais la dimension propre à la vie des hommes et au temps de l’espèce »
« …La vie c’est ce qui est capable d’erreur. »
M. Foucault, « Dits et écrits », 1978
« Le chercheur doit rappeler sans cesse que la démarche scientifique repose sur des règles incontournables et exigeantes, et bien faire comprendre que toute intervention dans le débat scientifique qui ne le suit pas a la même valeur qu’un micro-trottoir. »
P. Cahuc, A. Zilberberg, « Le négationnisme économique ou comment s’en débarrasser »
S’il est vrai que le passé peut-être « indestructible », l’avenir est-il un reflet plus ou moins fidèle du passé ? Je ne sais.
Ce que je crois, c’est que la vie se situe au point où parfois les deux se rencontrent ou se heurtent, et qu’elle avance bien sûr dans le futur et peut-être aussi dans un certain passé… Et même si des régressions culturelles ou autres, ne sont nullement impossibles, je ne crois pas qu’il existe aucune loi naturelle qui garantisse les progrès ininterrompus de l’humanité.
Il faut retenir les quelques leçons décisives à nos yeux que nous adresse l’histoire lointaine ou immédiate des hommes en société surtout lorsqu’elle devient de plus en plus difficile et hasardeuse à déchiffrer en ce XXIe siècle bouillonnant et ,, menaces après menaces multiformes de ceux que l’on nomme « grands » pour tout le genre humain vivant à l’étroit sur cette si petite planète qui continuera de nous donner le meilleur d’elle-même, mais jusqu’à quand ? Pour bientôt dix milliards de nos semblables aux si inégalitaires conditions de vie pour la majorité.
Le présent essai ne se veut surtout pas un travail d’agencement académique ni encore moins didactique et encore moins exhaustif dans ce modeste travail personnel documenté sur les réalités économiques et sociales globalisées et si fluides de notre temps.
Toutefois j’ai essayé de présenter concepts, mécanismes et effets des politiques économiques en France et dans le monde avec un minimum de pédagogie, c’est-à-dire de clarté pour le lecteur non initié tout en essayant de démystifier les apparences contextuelles et souvent précaires du monde qui est nôtre.
L’écueil à éviter entre autres, même si les « choses » passent mieux selon l’expérience à l’oral qu’à l’écrit, demeure au cours des analyses la présentation nécessaire de statistiques et d’« agrégats-grandeurs » qui s’y bousculent dans une sècheresse numérique à qui il faudra donner un sens celui du monde réel en lutte contre la rareté.
Il devient alors évident que les choix, les actes ou les accomplissements d’hommes responsables en politique, en entreprises, ou à la tête de collectivités, de groupements ou de syndicats, retracent souvent l’histoire de petites ou de grandes victoires, de tentations, de calculs stratégiques ou de ratages cinglants. Avec toujours l’objectif ultime de valoriser l’homme et la recherche du mieux-être commun.
J’ai donc estimé intéressant pour le lecteur de marquer quelques points de repères et des observations les plus documentées possibles sur les évolutions et les puissantes mutations des sociétés ouvertes dans lesquelles nous sommes plongés, ici et maintenant.
Mais tout cela en vrac avec un autre souhait, presqu’un pari : celui d’intéresser et de faire partager mes idées ou quelques-uns de mes choix, et quelques-unes de mes lectures choisies dans ce vaste champ d’études illustrant mes propos, avec l’espoir de susciter parmi mes lecteurs remarques ou critiques de bonne foi sur l’ensemble présenté.
Une « histoire » qui se continue, celle des peuples, nos contemporains, dont des pans entiers de leurs évolutions collectives avaient échappé à ma propre perception.
J’en ai fortement ressenti, ces dernières années la nécessité d’être revisitée avec plus de lucidité lors de déjà longues observations d’un environnement mouvant et toujours difficile pour les plus dépendants.
Dans les lignes qui vont suivre j’ai donc tenté de scruter ses réalités changeantes qui nous concernent tous déjà aujourd’hui et encore après demain.
Il n’est que de noter, d’emblée les difficultés géopolitiques d’un monde en effervescence des attentats aveugles sur fond de crise économique et sociale profonde que nous traversons en France et en Europe depuis plusieurs années et les migrations humaines massives du Sud vers l’Occident : un cocktail proche de l’explosion !
C’est au niveau désormais de l’ensemble des démocraties du monde et de l’Europe en particulier qu’une stratégie globale faite de fermeté et de mises en commun de tous les moyens disponibles devra être mise en place et accrue très vite, pour enrayer efficacement et éradiquer cette nouvelle « peste ». Il s’agit ni plus ni moins d’une nouvelle forme de guerre qui nous est imposée sournoise et fanatique.
Je ne vois pas qu’elle puisse s’interrompre d’elle-même dans sa logique de destruction. Et cela en tout aveuglement, et en dépit du fait que la Suède reste la société la plus accueillante d’Europe des demandeurs d’asile et autres immigrés par rapport à sa propre population !
Nous n’évoquons pas ici les nombreux attentats déjoués par les forces de police sur les dents sur notre territoire au stade de leurs préparatifs par d’anciens détenus radicalisés lors de leur séjour en prison.
Le modèle culturel anglais demeure – plus pour longtemps encore à mon avis – le contraire absolu du modèle français laïque et universaliste alors que l’on pourrait croire que ce modèle le mettrait à l’abri de ces violences d’un autre âge qui se perpétuent ici et Outre-Manche jour après jour, semaine après semaine comme en temps de guerre ouverte, tel ce dernier attentat cité plus haut du 4 juin 2017 aux alentours du London Bridge après celui des Champs-Élysées contre une voiture de police faisant morts et blessés !
L’objectif étant dans un premier temps de provoquer l’atterrement des citoyens et attentat après attentat, la paralysie de toute vie sociale.
La réponse du monde politique devra consister dans le sang-froid, et la résistance citoyenne solidaire calme et confiante faisant résolument face à la montée en puissance depuis des années de cette nouvelle barbarie parée des commandements obscurantistes, visant de préférence les démocraties avancées du globe, fondamentalement laïques, autant les individus désarmés que les forces de l’ordre qui continuent de payer un lourd tribut dans la protection de la population !
Pour autant le socle républicain de nos sociétés et ses prescriptions constitutionnelles généreuses et confiantes de liberté de culte et de laïcité issues des Lumières, fondements identitaires même de nos démocraties, resteront-elles encore longtemps gravées dans le marbre des chartes fondamentales de nos pays ?
Et seront-elles encore longtemps notre rempart contre ces nouvelles invasions pacifiques ou mortifères ?
En revanche, si par malheur ces digues républicaines chèrement conquises devaient céder pour faire face à ces dangers, alors prenons garde à ne pas nous mettre peu à peu et par la force des choses qui nous sont imposées au niveau moral de nos assassins et satisferions par là-mème leurs objectifs à long terme haine contre haine…
Nous savons par conséquent que ce combat titanesque contre l’obscurantisme devra être aussi et surtout en amont, idéologique et culturel autant que doté de moyens armés et d’échanges de renseignements à la dimension internationale.
« Cette laïcité, dont nous vivons régulièrement la ”chronique de sa querelle”, n’est pas un vivre à l’unisson, comme l’écrit en 2013, A. Finkielkraut… Sous la mince pellicule d’universalité, mais un vivre à distance, chacun selon ses convictions et ses habitudes, libres des autres et surtout en paix avec eux, dans l’indépendance – solitaire-privée. »
Et cependant nous ne pouvons ignorer que si la multiplicité des religions nuit à une nation et à sa cohésion, c’est seulement parce que loin de tolérer l’autre elle se propose de l’engloutir par toutes les voies possibles…
La justification, la seule, d’un dépassement de la neutralité de l’État laïque en ce domaine est d’être juste en présence d’éventuelles confrontations verbales diffamatoires ou violentes, et néanmoins toujours ferme dans ses décisions souveraines, avec les moyens les plus adéquats.
Thomas HOBBES philosophe anglais du début du XVIIIe siècle écrivait dans « Le Léviathan », avec grande lucidité ceci :
« Les humains n’éprouvent pas grand plaisir à demeurer en présence les uns des autres s’il n’y a pas de puissance capable de les tenir tous en respect, car chacun cherche à s’assurer qu’il est évalué par son voisin au même prix qu’il s’évalue lui-même, et chaque fois qu’on le sous-estime, chacun s’efforce naturellement, dans la mesure où il l’ose, d’obtenir par la force que ses contempteurs admettent qu’il a une plus grande valeur, et que les autres l’admettent par l’exemple. »
Cette pensée représente à mes yeux, l’un des fondements expérimentaux dans différents domaines de la psychologie sociale celui de la distanciation par différenciation.
Certes de nos jours la laïcité, c’est d’abord « faire la place aussi à l’altérité ».
Même si des causes apparentes comme le chômage de masse, la rancœur politique ou les angoisses économiques des défavorisés actuels, sont des facteurs aggravants de la volonté de certains groupes de sa disparition progressive de l’horizon social, ils ne sont certainement pas structurants, car entre-temps les fanatismes obsessionnels et qui se veulent exclusifs occupent une partie de l’espace social !
Le célèbre anthropologue C. Levi-Strauss prononçait à l’Unesco en 1952 une conférence célèbre intitulée : « Race et histoire » où il insistait sur la diversité culturelle du genre humain en combattant l’ethnocentrisme par cette affirmation :
« La vie de l’humanité ne se développe pas sous le régime d’une uniforme monotonie mais à travers des modes extraordinairement diversifiés de sociétés et de civilisations. »
En contrepoint de cette pensée Hannah Arendt n’avait-elle pas raison d’écrire dans une lettre personnelle ? :
« La transformation d’un peuple en horde raciale – elle pensait, je présume, à l’Allemagne nazie du passé – est un péril permanent de notre époque. »
Ces écrits sont confirmés par les convulsions sociales politiques et d’intolérances religieuses contemporaines, ces dernières d’une nouvelle et mortelle dangerosité à travers un monde lui-même en perte de repères essentiels.
Outre atlantique et au cœur de l’Europe les fusillades de fanatiques ont fait , des centaines de victimes innocentes qui se trouvaient là par hasard.
La liste funèbre n’est certainement pas close sur notre sol.
Révoltes contre des inégalités socio-économiques criantes inter-communautaires aux États-Unis et attentats organisés un peu partout sur le sol américain, inspirés et organisés de l’extérieur. Pour les États-Unis, la question est d’actualité sur fond de polémique politique sur la détention libre et massive d’armes par les particuliers et l’usage qui en est fait quotidiennement dans ce pays avec plus de 14 000 victimes annuellement !
Quoiqu’il en soit la démocratie de ce grand pays est à un tournant et des choix politiques nouveaux s’imposent rapidement tenu compte de l’état du monde, le « Républicain » D. Trump, et déjà des cartes politiques majeures pour l’Occident, le Proche-Orient et le monde sont rebattues !
Et il reste plus vrai que jamais que quelques crimes annoncent toujours de plus grands !
Se désoler ne suffit donc plus : le temps d’un ressaisissement et surtout d’une stricte coordination intra-européenne des services intérieurs de renseignements concernés, est plus impérative que jamais, de même que le dégagement de plus importants moyens dans cette lutte de long terme à l’échelle internationale…
Tant il est patent qu’une victoire – apparemment proche – sur le terrain en Irak/Syrie ne signifie pas la fin de la terreur ailleurs !
Des voix autorisées d’intellectuels et de journalistes arabes s’élèvent en Europe ailleurs, depuis quelques années déjà contre de tels aveuglements fanatiques.
Leurs actions salutaires devront être écoutées, comprises et enfin intégrées comme la seule solution humaine de sagesse qui vaille pour les temps inquiétants présents et encore à venir.
Pourtant devant la montée de tels actes une prise de conscience se fait jour dans les pays frappés, des solidarités nouvelles apparaissent qui devront s’affirmer avec plus de force, en rejetant toutes proclamations populistes extrémistes, violentes et attentatoires aux libertés.
Ce « vouloir être-ensemble » – nécessaire au bonheur de chacun dans la globalisation – que l’on est censé apprendre et pratiquer dès l’école a longtemps existé dans ces pays de liberté que nous aimons et qui nous ont montré alors, des siècles durant un visage de tolérance et aussi d’une culture citoyenne authentique et forte.
Mais cet évitement contemporain relevé par de nombreux observateurs – ce récent non-vouloir être-ensemble – signifie-t-il en France la perte du sentiment de bonheur ou à tout le moins du plaisir d’être ensemble ?
Les Français paraissent en effet plus pessimistes que les autres peuples quand il s’agit de faire confiance à autrui, qu’il s’agisse des partis politiques, des syndicats ou même de la justice.
Le sentiment de défiance est autodestructeur du modèle social français.
Selon Y. Algan et P. Cahuc ces auteurs écrivent dans un livre récent intitulé : « La société de défiance », Éditions Rue d’Ulm, 2007 :
« Le coût psychologique d’être traité injustement ou trahi dans une relation de confiance est au moins aussi important que le coût monétaire. »
Selon eux c’est la défiance qui est à la source du « malaise français » qui s’exprime entre autres par un grand pessimisme en matière de coopération sociale ou de défiance à l’égard des institutions.
C’est cela aussi que le sociologue Michel CROZIER avait qualifié dans les années 70 de « Société bloquée », Éditions du Seuil, 1970.
Sous de nouvelles apparences de la modernité interconnectée ,, les blocages de diverses natures, pouvoirs, ségrégations, et individualismes sont toujours présents dans notre société.
Le diagnostic ainsi acté est nécessaire mais non suffisant pour être opératoire via une volonté collective de restauration authentique des multiples canaux de fluidité interpersonnels. Les types de solutions ne passant pas forcément par des dispositions irréversibles verticales – « on ne gouverne pas par décret » – mais avant tout par la conscience du vouloir être partie prenante active d’une collectivité dotée d’un destin à forger en commun.
Selon des enquêtes internationales reprises par D. Cohen dans son livre : « Le monde est clos et le désir infini » – Albin Michel, 2015 –, qui ont noté et analysé le sentiment de bonheur sur une échelle de 1 à 10, le médian planétaire est à 5 ; en Europe à 7, les Danois à 8 – offrant le visage d’une société dynamique, les associations étant nombreuses et le volontariat bénévole très élevé plus la fameuse flexi-sécurité en matière d’emploi – ainsi qu’aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande et en Australie.
La France est classée 23e, entre l’Espagne et le Mexique mais juste devant l’Italie, l’Allemagne et le Japon !
Chacun pourra à partir de ces quelques données prolonger sa propre réflexion personnelle tirée aussi de l’expérience.
En résumé aujourd’hui l’absence évidente, que je continue d’espérer passagère de proximité collective, peut s’expliquer – en dehors des facteurs économique en période de crise de dérèglements et crises économiques et sociales – dès lors que les citoyens et les communautés qui la composent se vivent dans la séparation imaginaire surtout au cœur de nos grandes villes, alors que nous avons tant de raisons et aussi de moyens de nous unir contre tous les totalitarismes d’asservissement ou de dislocation sociale.
Dans l’École réputée l’un des fondements républicains, désormais:
« Le pouvoir est détenu par une sorte d’idéologie « poststructuraliste » faite de gauchisme chic, de magma de clichés sur les minorités, de compassion victimaire, de haine de la haute culture, et de repentance. Alors que l’École doit faire aimer la civilisation française. »
C’est ainsi que s’exprime l’universitaire R. REDEKER dans un livre sur la fonction éducative dans la République et ses « fameux territoires perdus ».
Je reviendrai sur l’évolution pour le moins curieuse et déformée de l’enseignement de l’histoire de France dispensé dès le niveau primaire dans l’École républicaine, à partir d’enquêtes actuelles menées sur le terrain et en particulier les travaux de Barbara Lefebvre de 2015/2016.
Dans le même temps, les potentialités prodigieuses pour l’homme mues par les avancées scientifiques de toutes natures imposent coopération permanente et confiance partagée dans la contribution de chacun aux progrès inéluctables de l’ensemble des sociétés démocratiques et républicaines modernes.
Nous étions tous des « Charlie-Hebdo », et devons-nous être « des sidérés passifs, des pétrifiés » depuis ces crimes ?
Et aujourd’hui ou demain des « quoi » ?
La solidarité, sinon un minimum d’altruisme, née d’une prise de conscience des périls à venir devra constituer longtemps encore le rempart infranchissable de nos sociétés contre ces aventurismes meurtriers.
Le « chacun pour soi » supposé protecteur des égoïsmes individuels ou nationaux s’il prévaut toujours en matière de concurrence économique en Europe et dans le monde n’a plus aucune justification dans des contextes sociaux et nationaux d’adversités « vectorisés » par une « culture » terroriste de la mort !
Cette situation évoque pour moi l’image anglaise bien connue du « canari dans la mine de charbon » dont la survie ou la mort dans la galerie est signal d’inocuité ou au contraire de mortelle toxicité pour la société.
C’est le grand philosophe Karl POPPER qui a su dire l’essentiel en peu de mots dans son livre :
« La société ouverte et ses ennemis », trad.fr. 1979, t.II, p. 68 :
La société ouverte, concept central dans l’œuvre de K. Popper, ne devrait pas être sans contrepartie, car ajoute-t-il :
« Elle doit revendiquer au nom de la tolérance le droit de ne pas tolérer l’intolérant. »
Or il faut bien admettre que l’Occident s’est fourvoyé en laissant l’Islam proliférer par compromission avec les pôles de l’Islamisme, actifs en son seing !
Il ajoute ceci :
« La théorie de la conspiration est la vue suivant laquelle tout ce qui se produit dans la société – y compris les choses qu’en règle générale les hommes n’aiment pas, telles la guerre, le chômage, la violence, la misère, la pénurie – sont les résultats directs des desseins de certains individus ou groupes puissants.
Cette vue est très répandue, bien qu’elle représente une superstition assez primitive
(….)
Dans sa forme moderne elle est un typique résultat de la laïcisation des superstitions religieuses… » Et plus brièvement encore ceci :
« Selon la théorie de la conspiration, tout ce qui arrive a été voulu par ceux à qui cela profite. »
Même si un « journal » d’écriture personnelle, n’est pas un travail de nature journalistique, il se trouve que les intrusions itératives d’une actualité omniprésente et souvent violente ne peuvent laisser personne dans l’indifférence.
Ces évolutions devront en revanche continuer de nous interpeller et nous amener à réfléchir de manière critique et active à ces grands courants d’évolution qui nous emportent et nous déstabilisent parfois.
Quant à des sentiments racistes ou même islamophobes prétendument répandus en France, sinon en Europe, ils n’ont jamais fait de morts ici !
Mais les « loups » de l’anti-culture « sont aussi entrés » en meutes, « dans Paris » au cœur des Champs-Élysées, en Europe, et dans l’espace de l’homme libre revêtus de leurs sinistres pelages de l’intolérance haineuse pour l’autre, celui qui ne leur ressemble pas et qui ne partage ni leurs croyances ni leurs visées totalitaires.
L’inquiétude citoyenne est grandissante du fait de la fragilisation de l’État-Nation, en tant qu’organisation démocratique centrale et aussi talon d’Achille des sociétés modernes, dès lors qu’il n’est pas fidèle à sa vocation universaliste de protection résolue de l’intérêt général dont il est l’ultime garant.
Ainsi, lorsque l’État est à la peine, nous le voyons jour après jour, – il ne faut plus en attendre grand chose – la Nation risque de se réduire à la fiction de sa pureté ethnique et l’imaginaire citoyen dit « de souche », avec des replis frileux sur soi, les exclusives et les rejets sociopolitiques, tendent à se généraliser à l’intérieur de nos sociétés !
Pourtant lors des attentats que nous venons de vivre à Paris, à Berlin, à Londres ou à Stockholm il n’était pas question de viser spécialement telle seule minorité mais des « Croisés », au sens du Coran « les apostats », entendez tous citoyens anonymes, musulmans ou non, êtres innocents, vivants et toujours debout.
Nous savons tous depuis Paul VALERY que :
« Tout commence en mystique, mais tout finit en politique »
Quoi de plus réaliste que cette observation intégralement vérifiée aujourd’hui ?
Évoquant l’avenir éphémère de toute civilisation depuis la plus haute antiquité, cet auteur écrit :
« (…) Ces naufrages après tout, n’étaient pas notre affaire : Sumer, Elam, Ninive, Babylone (…). Nous voyons maintenant que l’abîme de l’histoire est assez grand pour tout le monde. »
Quelle terrible prédiction !
Et dans le silence prolongé la civilisation peut mourir.
Elle ne produit pas une religion, car c’est la religion qui produit la civilisation : en l’occurrence celle d’une partie seulement de l’Islam celle déterritorialisée, expansionniste et liberticide.
En l’occurrence celle de l’Islam radical, selon le philosophe M. Onfray dans son dernier livre « Décadence », qui illustre différemment en la forme, mais en répondant avec lucidité dans une immense exploration historique et culturelle, au livre fort controversé « Soumission » de M. Houellebecq à travers la description de relations romanesques vraisemblables…
Nous y sommes depuis longtemps et sur de multiples scènes politiques internes ou internationales !
Mais je ne pensais pas à ce point de mépris cynique ou d’esquives de la part des partis politiques même démocratiques, eux-mêmes en perte de vitesse accélérée et animés par des hommes politiques de « carrière » pour qui l’affichage doctrinal et souvent idéologique tient lieu de pensée critique et de mot d’ordre imprescriptible alors que le monde change et bascule rendant caduques spécificités et soi-disant programmes personnels, souvent interchangeables.
Chez l’éditeur Flammarion vient de paraître une note très radicale écrite par la philosophe de l’action Simone WEIL en 1940, publiée pour la première fois en 1950 pour exprimer tout le mal qu’elle pense des partis politiques :
« Ces organismes constitués de manière à tuer dans les âmes le sens de la vérité et de la justice (…). Ces machines à fabriquer de la passion collective. »
Hannah ARENDT dans : « La politique a-t-elle encore un sens ? », Éditions Points essais, 2001, va plus loin et « prophétiquement » même à la lumière de notre actualité, quand elle écrit ceci :
« La participation des citoyens au gouvernement, quelle que soit sa forme, ne passe pour nécessaire à la liberté que parce qu’il faut que l’État, dans la mesure où il doit disposer des moyens de la violence soit contrôlé par les gouvernés dans l’exercice d’une telle violence. (…) Le privilège du politique a toujours consisté à exiger que les hommes qui y participent consentent, en certaines circonstances, au sacrifice de leur vie… (…) Toute action est une action de concert et il est donc impossible d’administrer correctement les affaires de la Cité sans partisans et amis fidèles et honnêtes. »
Précisant sa pensée elle ajoute :
« …Car la fin de toute violence est effectivement la paix, la fin mais non le but, c’est-à-dire ce à partir de quoi toutes les actions violentes singulières doivent être jugées-au sens où selon le mot de Kant, rien ne devrait arriver dans une guerre qui rendrait impossible la paix par la suite. »
Clairement ceci :
« Des hostilités, qui selon seraient de nature à rendre impossible la confiance réciproque, quand il sera question de la paix. »
Pour beaucoup, on ne peut nier que la violence même est entrée en politique, et je ne peux exclure pour ma part l’idée de « l’opération de prendre parti », violemment ou non, « de prendre position pour ou contre », s’est d’une manière certaine substituée à la pensée individuelle elle-même.
L’observation simple de la désaffection constante et toujours actuelle, des électeurs vis-à-vis des programmes illisibles car flous des partis politiques qui s’entredéchirent jusqu’à, toute perte de toute crédibilité, et plus généralement lors des consultations électorales en France, nous en fournit la démonstration vivante et décevante.
Une référence à ce propos : de grands écrivains comme A. Camus, qui refuse la « tiédeur des âmes », et de célèbres politologues comme R. Aron, n’ont jamais été parties prenantes à ces systèmes de fonctionnement globalisant donc réducteurs.
Tout ceci pose le problème de plus en plus actuel, du fonctionnement optimal de la représentativité populaire et donc de sa légitimité dans des démocraties au bord d’une certaine déliquescence et dont les dirigeants obsédés par l’impact à très court terme de leurs décisions, ne se confrontent plus au long terme et refusent obstinément d’être impopulaires, même pour un bref moment.
Or, chaque consultation électorale essentielle pour sa survie fait surgir à la surface des confrontations et informations rendues publiques, systèmes corruptifs et recels d’abus de biens publics fragilisant davantage la confiance déposée entre les mains « propres » de ceux censés mener à bien un projet collectif optimal.
Mais nous devrons continuer de nous y confronter avec le recul démystificateur et protecteur qui s’impose et surtout la vigilance critique indispensable en Europe à propos des mesures prises lors de la dernière Conférence de Bonn sur le climat portent notamment sur des dates horizon de à 5 années pour qu’elles produisent selon les pays leur plein effet.
Les agressions extérieures visant à massacrer ou à terroriser des civils, susciter le développement d’un climat d’insécurité et même de guerre civile dans notre pays en tentant « dans la foulée » de casser la fragile reprise de notre économie, ont pour objectif essentiel déclaré l’effondrement de l’activité sociale dans notre continent et au-delà de fracturer les fondements de notre civilisation ou ce qu’il reste du nécessaire et si fragile vivre-ensemble.
Mais cela n’a pas encore eu lieu et la menace est provisoirement repoussée bien heureusement du fait d’une protection régalienne renforcée tous azimuts et une forte et lucide prise de conscience citoyenne dans notre pays depuis le début de 2014. Alors que c’était là le tout d’une sinistre programmation sous-tendue par la volonté de compromettre ou de diminuer les forces de la France à tous égards et dans toutes les directions.
Sans évoquer dans le détail les grands évènements diplomatiques comme la négociation cruciale COP-21 sur l’abaissement des taux de CO2, les dérèglements climatiques et la lutte contre les effets de serre partout dans notre monde, dont l’organisation dans ses moindres détails a été parfaitement maîtrisée à Paris durant une quinzaine de jours en présence de plus de 190 chefs d’États et de gouvernements et dont des engagements ont été validés à ce jour par la majorité d’entre eux à l’horizon de 2024.
Mais ces Accords ne sont pas contraignants.
À noter, cependant avec tristesse ce 1er juin la déclaration du retrait de cet Accord par les États-Unis, pourtant 2e plus gros émetteur de gaz à effet de serre de la planète, qui se déclarent à horizon de plusieurs années non concernés par l’obligation de réduction de 1 à 2 degrés de ces émissions d’ici à 2024.
L’objectif défini par D. Trump étant essentiellement de relancer d’abord les industries de son pays, de mener une politique de grands travaux publics jugés nécessaires, de continuer de privilégier les énergies fossiles dont ils sont abondamment pourvus tout en imposant lors des négociations difficiles sur les éventuels Accords de libre-échange avec l’U.E – T.A.F.T.A. – aujourd’hui au point mort des conditions normatives et douanières drastiques, témoignant d’une forte volonté de protectionnisme américain.
En clair il s’agit de soutenir et de « booster » la croissance des échanges extérieurs et du PIB de l’Amérique sans autres entraves et ainsi ne pas se laisser distancier par la Chine pour leur maintien de leur première place mondiale, outre leur domination écrasante en matière technologique et de leur puissance militaro-industrielle.
Peut-être ce retrait est-il un moyen de pression politique sur les grands pays européens à qui les États-Unis ont réitéré leur demande, en vain pour l’instant d’augmenter substantiellement leurs contributions au budget de l’OTAN, dans lequel les États-Unis prennent leur part depuis plusieurs dizaines d’années à eux seuls, à hauteur de plus de 75 % et pour une proportion comparable à ceux de l’ONU, du FMI, de la BIRD, etc…
J’ose espérer que ces désaccords politico-financiers entre alliés de toujours seront résolus dans l’intérêt de notre civilisation occidentale qui aujourd’hui a plus que jamais besoin de cohésion et de force à opposer à ces nouveaux ennemis terroristes qui s’avancent à visage masqué pour tenter de déstabiliser notre civilisation par leurs attentats au cœur de nos capitales, et demain ailleurs à travers le monde.
Là l’union sacrée devient une nécessité,, sinon c’est le chemin très dangereux pour la planète de décisions protectionnistes généralisées préludes inéluctables à un glissement des concurrences commerciales vers les adversités armées.
J’insiste cependant pour affirmer que la Civilisation occidentale peut s’enorgueillir de ce qu’elle peut offrir de meilleur : les principes démocratiques, les droits de la femme, de l’homme et de l’enfant ainsi que la pensée critique, en un mot sa tradition humaniste.
Ces questions complexes sous tendent des enjeux considérables qu’il faudra donc prendre en compte dans la conduite politique de notre proche avenir.
Car nolens volens le bonheur en société existe et ne demande qu’à prospérer.
« Si l’individu a trouvé comme l’écrit l’économiste Daniel COHEN, …un sentiment de communauté partagée dans la société où il vit, travaille et désire. »
Pour les jeunes, le problème de la recherche de bonheur existe bien sûr dans notre société, et se décline sous divers aspects.
Il se trouve à cet égard qu’une enquête récente du CEVIPOF de décembre 2016 auprès d’un échantillon de 20 000 jeunes de 18 à 34 ans de notre pays, révèle leur fort pessimisme envers leur avenir, de même que leur défiance généralisée envers le monde politique !
Ils ne se sentent pas reconnus quant à leurs compétences et leur utilité sociale pour se voir confier des responsabilités autonomes significatives en matière d’environnement et d’écologie.
Quelques données statistiques parmi les plus parlantes sont ainsi relevées en a/ ainsi qu’ultérieurement les résultats d’un récent sondage en b/ publié par le Figaro du 12 avril 2016 courant suite à la question sur un départ de France suite aux résultats électoraux prochains :
a/ - 87 % jugent que le système éducatif ne donne pas sa chance pour tous et n’est pas efficace pour rentrer sur le marché du travail dans une société bloquée.
– 83 % sont d’accord pour un Service civil obligatoire.
– 64 % pensent que le soutien familial est important, même si leurs aînés sont angoissés par leur propre avenir.
– 90 % jugent l’amitié nécessaire pour vivre en société et 86 % d’entre eux jugent cette relation indispensable au bonheur personnel.
b/-À la question : « Personnellement dans quelle mesure envisageriez vous de déménager hors de France si le résultat électoral ne vous convenait pas ? »
8 % répondent envisager parfaitement le départ, et 12 % plutôt le départ. Parmi les déterminés les classes d’âge 25/40 ans et 45/54 ans. Les moins enclins à l’exil sont les plus de 55 ans.
Et si les réponses des sondés sont purement déclaratives, on enregistre bien 200 000 départs bien réels, chaque année ! Ce chiffre a tendance à augmenter depuis plus de 20 ans ; le nombre des expatriés français a connu une hausse de plus de 4 % entre 2013 et 2015 pour atteindre largement plus de 2,5 millions de personnes.
Une enquête gouvernementale réalisée en 2013 par le Ministère des Affaires étrangères révélait qu’un départ sur deux était motivé par de bien meilleures perspectives professionnelles à l’étranger…
Comment pour nous les aînés, parents et proches générationnels, ne pas percevoir ces appels clairs de la jeunesse de ce pays comme autant d’avertissements de désenchantement sur l’avenir de notre pays ?
Mais le contenu économique et professionnel des réponses n’explique pas le tout de ces motivations et des rébellions parfois violentes de ce printemps électoral de la jeunesse estudiantine – ou non – sur la place publique.
Il faut prendre en compte d’autres éléments de la perception de notre société par la jeunesse tels que par exemple : le faible dynamisme de l’économie – le désir de réussite financière ailleurs n’explique pas tout – la décrédibilisation de la sphère politique perçue comme affaiblie et impuissante à régler les problèmes des français, le manque de plus en plus criant des comportements de solidarité avec l’apparition de nouvelles fractures sociales ou culturelles, le sentiment aussi de ne plus se sentir entre soi dans une société occidentale – pas la seule – qui perd confiance en elle…
Alors, tant qu’à faire, autant jouer le jeu de la mondialisation même risquée ou aventureuse pour se réaliser librement et participer pleinement aux nouveaux défis de l’ailleurs ! Mais cette situation n’est pas spécifique à la jeunesse Française.
Tout cela est à prendre en compte très sérieusement car il s’agit aussi de fuites hors de chez nous de potentiels intellectuels et de talents personnels nombreux appauvrissant nos forces vives.
Il n’en demeure pas moins que le chômage des jeunes constitue le fléau économique et social majeur du Vieux Continent. Selon eurostat, le taux de chômage des actifs de moins de 25 ans (hors étudiants) s’élevait en février dernier à 18 % pour l’ensemble de l’UE, et reste bien supérieur au taux de chômage du total de la population active soit 9,5 %. Sans surprise les pays du Sud de la zone Euro où la récession et les politiques d’austérité furent les plus dures, sont bien plus affectés.
Exemples : en Grèce 45,2 %, en Espagne 41,5 %, en Italie 35,2 %, où dans ces trois pays les jeunes ont fait leurs valises pour New York, Londres ou Berlin. Et au Portugal 25,4 %, où durant la crise de nombreux jeunes sont partis au Brésil ou en Angola.
Avec 23,6 % de jeunes actifs au chômage, la France est au-dessus de la moyenne européenne et loin des niveaux affichés en Allemagne avec 6,6 % ou aux Pays-Bas avec 9,7 %.
Plus grave encore :
Les effets de la crise n’expliquent pas tout : le système éducatif est largement responsable dans la mesure où trop généralistes, pas assez professionnelles nos Universités comme celles d’Italie ou du Portugal offrent un taux d’insertion dans l’emploi nettement moins bon que celles du Nord de l’Europe.
En France la lutte contre le décrochage scolaire permettrait pourtant de traiter efficacement le problème à la source.
Une étude de la Croix-Rouge Française parue en juin dernier, nous alerte sur la situation sociale précaire des jeunes français de 18 à 25 ans et y relève une paupérisation progressive déjà visible dans nos villes.
Cette vulnérabilité accrue se manifeste par les faits suivants : de plus en plus de jeunes renoncent à des soins faute d’argent, de même un jeune sur 5 fréquente régulièrement les épiceries solidaires – quasi gratuites –pour se nourrir, et de plus il est devenu habituel que dans la même proportion au moins, et pour cette raison de manque de moyens, il leur arrive de sauter 3 à 4 repas sur 6 par semaine. Il s’agit d’une situation humiliante et inhumaine pour l’avenir de ces 13 000 étudiants qui se trouvent dans cette situation dans la région parisienne.
Pour subsister les étudiants précarisés acceptent des emplois précaires, souvent à la journée ou à l’heure et des dizaines de milliers d’entre eux font partie des 1,4 millions d’inactifs involontaires, ou en situation de mal-emplois non recensés par Pôle-Emploi…
Devant cette situation l’UE a aussi un rôle à jouer, en renforçant la mobilité des étudiants en cours d’études et des apprentis entre pays, de même que de nouvelles passerelles entre les différents cursus d’étude débouchant sur des offres de profession.
« L’initiative pour l’emploi des Jeunes » dotée d’un budget, insuffisant de 8,4 Mds d’euros lancée en 2013 par la Commission européenne, aide les États à financer les stages et formations qualifiantes sur la période 2014/2020, pour les non ou peu diplômés.
Mais nous n’avons pas de retours sur les résultats les plus récents de ces initiatives pourtant fort prometteuses.
Se reprendre collectivement dans le cadre national et européen hors de tous égoïsmes, devient dans ce contexte un impératif majeur de solidarité et même de fraternité pour mieux préparer l’avenir des jeunes générations nombreuses dans nos pays et de plus en plus impatientes d’entrer et de faire leurs premières preuves sur le marché du travail.
Toutes ces péripéties d’éclats de vie brièvement aperçues, et même parfois d’ombres et d’échecs ne peuvent être nimbées seulement d’amertume mélancolique ou de sentiment d’impuissance collective mais doivent être au contraire transformées en perspectives réalistes, pour les jeunes générations actuelles comme celles qui nous suivront, comme autant de balises d’espérances actives et de lumières. C’est ce qui s’appelle préparer avec audace et imagination, les moyens ne manquant pas, un avenir où chacun pourra exprimer le meilleur de ses potentialités.
Je présenterai ici, « conditionnement professionnel » m’y autorisant quelque peu et comme annoncé, un regard personnel forcément limité, sur les évolutions majeures de notre temps et certaines situations économiques et sociopolitiques que je crois marquantes pour le futur à court ou moyenne échéance m’amènent tout naturellement à des observations prospectives qui ne peuvent cependant dépasser l’horizon d’une génération…
Il me paraît important que les hommes et les femmes d’au-jourd’hui qui vivent dans leur majorité au jour le jour, ont intérêt à se projeter au minimum dans le moyen ou long terme, – ce que les gouvernants ne sont plus en mesure de réaliser :
– soit parce qu’ils font partie des générations passées, plus d’un tiers de l’humanité actuelle étant en effet déjà sur terre depuis plus de 50 ans.
– soit parce qu’ils font déjà partie des générations futures : plus des 2/3 de nos contemporains seront encore vivants dans plus d’une trentaine d’années.
Donc il n’y a aucun regret paralysant qui vaille, mais appréhender si peu que ce soit le futur proche ou lointain reste une « ardente obligation » pour chacun de nos contemporains, les choses autour de nous et les comportements humains aussi évoluant beaucoup plus vite que nous ne pouvons l’imaginer !
Il faut donc savoir anticiper des scénarii parfois improbables même si c’est un exercice très difficile dans la durée et regarder devant soi en sachant que des multitudes de jeunes nous suivent de près ou de plus loin avec leurs nouvelles espérances et des projets que nous n’imaginons encore pas. Avec aussi des obstacles peut-être plus rudes encore à surmonter que ceux que nous avons rencontrés nous-mêmes sachant que les générations qui nous suivent sont dotées d’atouts plus puissants encore, plus ou moins découverts déjà ou totalement inconnus, et de conceptions nouvelles sur la vie en société qu’ils auront à organiser.
Ayons aussi parfois le courage de nous mettre en question, de bousculer quand c’est possible, « l’ordre des choses », lequel n’est par essence, jamais immuable et prendre dès que cela est possible encore des initiatives personnelles fortes et même audacieuses !
Notre système sociopolitique libéral encadré le permet dans le respect des lois et de l’éthique sociale pour la recherche personnelle de son propre épanouissement dans celle aussi ce qu’il est conveu d’appeler du « bien commun ». L’utopie qui peut attirer a besoin d’être libérée des schémas conventionnels qui sont parfois paralysants. En revanche les projets de vie enthousiasmants sont toujours bienvenus même si leur réalisation paraît incertaine de prime abord.
Cela reste vrai pour toute trajectoire professionnelle pour laquelle « la remise patiente mais résolue sur l’ouvrage » ne s’arrête jamais, puisqu’il y a toujours à apprendre d’autrui et à perfectionner ce qui peut l’être pour être dans le peloton de tête.
Mais le temps long de l’expérience, de l’observation, et d’une certaine introspection m’autoriseraient à le faire dans le cadre d’une réflexion documentée sur le monde économique et politique comme il va et les évolutions globales déjà perceptibles.
Bref panorama sur les grandes évolutions de notre temps.
Nous avons retenu plusieurs évolutions contemporaines qui m’ont paru majeures, et en tout premier lieu la mondialisation des territoires de la planète, c’est-à-dire leur ouverture et l’intensification, globalisées, de leurs échanges internationaux.
Évolutions inédites dans leur ampleur et irréversibles dans leurs conséquences pour nous et ceux qui nous suivront. Elles feront l’objet d’exposés – dans la suite de ce texte, un peu long – plus circonstanciés et d’analyses plus complètes à partir des points suivantes.
Il s’agit essentiellement (hors présentation chronologique) de :
La fin du communisme et la disparition de l’Union soviétique évènements majeurs des années 80/90 sont à elles seules des évolutions majeures mais que les jeunes générations considèrent comme d’un âge antédiluvien de même que le passage au même moment de la puissante et hyperactive économie chinoise à l’économie de marché, tous azimuts, en l’absence du socle démocratique nécessaire.
En somme, pour faire court, la victoire pour le moment, définitive du capitalisme mûr ou en devenir, nomade dans ses moyens et finalités, et protéiforme à l’échelle de la planète toute entière.
La fin en 1989 du communisme ne signifie pas pour autant une garantie pour solde de tout compte d’une relance aujourd’hui de ce que l’on a appelé autrefois la Guerre froide entre la Russie et l’Occident à travers les luttes d’influence diplomatiques et militaires en Europe et bien entendu aux Moyen et Proche Orients depuis 2014.
Après la fin de l’hégémonie américano-soviétique en effet, nulle puissance n’a pris le relais et plus personne n’est le gendarme du monde alors que de nouveaux et redoutables dangers nous défient, entre États bien sûr, mais surtout du fait de groupes terroristes n’ayant rien à perdre et dont l’action « pseudo-politique » camoufle bien mal l’activité criminelle partout dans le monde profitant des connexions et des échanges informatiques pour s’internationaliser et manipuler toute conscience disponible.
Le capitalisme ou « économie de marché » globalisée n’ayant plus de rival doit inventer en permanence ses propres régulations de différentes natures, à différents niveaux et tant que les sociétés le réclameront.
L’un des prix Nobel d’économie Amartya Sen écrivait :
« On ne peut pas acheter le bien-être au prix de la liberté, mais l’efficacité économique ou la prospérité globale ne peuvent pas non plus justifier une détérioration de la position des plus défavorisés. »
Un slogan populaire qui ne connaît pas de frontières rappelle que « le monde n’est pas une marchandise » et la protection de notre environnement reste une priorité. L’économie, si elle nous concerne tous au quotidien, n’est pas le seul apanage des experts ou prétendus tels, elle est accessible à tous, pourvu que l’on observe au-delà des apparences, et son étude devient alors passionnante une fois les premiers repères notionnels identifiés et franchis.
Il y a ce que nous voyons, ce que nous voulons voir, et la réalité toute « nue », reste parfois déstabilisatrice, ou à l’inverse engageante et prometteuse pour le mieux-être du plus grand nombre…
L’extraordinaire construction au sortir de la WWII, 2e guerre mondiale, d’une Europe à 6 en 1957 puis à 27 états depuis le mois de juin 2016, l’UE, qui représente en 2016 la première puissance économique du monde, avec un produit intérieur brut annuel – PIB ou richesses produites en biens et services – de 15 800 milliards d’euros, contre 14 800 Mds. pour les seuls États-Unis, 9 400 Mds. pour la Chine 1 900 Mds pour la Russie et 3 700 Mds. pour l’Inde…
Le PIB, n’est pas à confondre avec le Patrimoine ou Actifs des ménages soit pour 2016 les États-Unis avec 60 000 Milliards de Dollars, patrimoine le plus riche du monde très concentré entre les mains des 10 % les plus aisés – Europe Occidentale (UE) avec 40 800 Mds de Dollars – Zone Asie-Pacifique avec 37 000 Mds de Dollars – Japon avec 13 000 Mds de Dollars.
Des montants colossaux qui au final dans leur abstraction apparrente même ne nous disent pas grand-chose. Cette Union Européenne avec comme moteur depuis les années 50, l’improbable alors « couple franco-allemand », depuis la C.E.C.A et le Marché Commun des années 50/60 jusqu’à la mise en place des traités de Maestritch et de Lisbonne puis de la si « prometteuse » Zone Euro en 2002.
J’écris improbable en 2016 dans la mesure où plus de 14 années après la mise en place de la zone Euro, je ne peux faire comme si l’Allemagne économie-leader, y assumait quelque peu sa « position naturelle » dans le concert de l’UE.
Ceci dans la double mesure où sa doctrine de rigueur monétaire et d’un Euro fort reste plus affirmée que jamais, créant de la sorte un grave différentiel de compétitivité externe avec ses autres partenaires notamment les pays du Sud et de plus en plus, depuis quelques années, avec la France. Même si l’Euro se rapproche de plus en plus en parité du Dollar sa compétitivité Prix/Produits et parts de marchés reste inentamée.
Ces déséquilibres peuvent être les prémisses d’un éclatement de cet espace et encore plus largement de l’UE, où la solidarité, monétaire et autres, entre les pays forts et les autres n’existe que très exceptionnellement, comme lors de la crise financière grecque ou l’accueil et la répartition des vagues migratoires entre pays-partenaires… Restons positifs et lucides.
L’Europe a eu pourtant pendant ce dernier siècle une élite politique exceptionnelle dont Helmut KOHL ,, décédé récemment ,, l’un des plus grands hommes politiques de ce temps qui, au moment de la chute du mur de Berlin s’est exclamé reprenant le mot de Bismarck : « Quand Dieu arpente les sentiers de l’histoire, il faut l’attraper par les bords de sa chemise ».
La commémoration du centenaire de la bataille de Verdun en présence d’Angela Merkel et de François Hollande ce 30 mai 2016 autour du Mémorial de la Grande Guerre est autant un symbole que l’affirmation d’une indéfectible relation politique, ainsi affichée, au cœur de notre continent. Ces manifestations d’affichage occultent des réalités plus dures, des retards et des esquives quant au devenir même de la zone Euro et plus tard de l’UE elle-même.
Pour ne retenir qu’un aspect des choses : pas de budget « fédéral » à l’horizon et encore moins de convergence fiscale en vue…
Seul un maigre 1,75 % du PIB total des nations la composant est mis à la disposition de l’UE, contre 25 % des 50 états fédéraux pour les États-Unis. Peut-on dès lors construire une politique économique commune, budgétaire et fiscale, et peut-être demain de défense, sur une base financière aussi fragile ?
Les sociétés de l’Union doivent impérativement progresser encore sous l’influence les unes des autres, et le partenariat franco-allemand de façade ou plus concret dans la solidarité doit maintenant dans cette conjoncture politico-économique hasardeuse s’incarner dans un projet de remise en question et de projets de long terme.
Les Européens savent, même s’ils peinent à l’admettre, où peut mener le chemin qu’ils ont eux-mêmes ouvert dans la mesure où l’Europe est la seule région du monde qui est « allée au bout de l’histoire civilisationnelle », la nôtre, dans laquelle s’est désormais engagé le reste de la planète.
Or, selon une étude du 7/06/2016 du Pew Research Center, l’euro-scepticisme fait de plus en plus recette surtout en France où seuls 38 % des Français ont un avis positif sur l’UE plaçant la France en 2e position des pays les plus eurosceptiques derrière la Grèce !
Triste et décourageant record puisqu’en un anle pourcentage de confiance envers l’Union a en effet baissé de 17 points et, depuis 2004 le nombre de Français la soutenant a été divisé par presque 2 en 2016, passant de 69 à 38 %, alors que dans le même temps 32 % des Français considèrent que le « Brexit » est « une bonne chose ».
En moyenne cependant, les Européens sont conscients des dangers de cette possible sortie puisque 65 % d’entre eux la considèrent comme mauvaise pour l’Union à 27… Selon un plus récent sondage de TNS/SOFRES/ Le FIGARO, du 28 juin, 45 % des personnes interrogées souhaitent rester dans l’UE et seuls 33 % optent pour la sortie !
Ce qui est déjà plus encourageant !
Le Brexit de ce 24 Juin 2017 – sortie du Royaume Uni de l’UE – est une grave perte de substance politique, économique et financière pour l’ensemble des pays de UE. Pourquoi, alors, cet éloignement de l’Europe à l’intérieur même de ses frontières ? Ethnocentrisme et/ou calculs pragmatiques ?
Peut-être les deux ? Mais je tenterai de répondre à cette interrogation plus complètement dans le Chapitre II de ce document à la lumière des contextes actuels économiques, sociaux et financiers.
Petit coup de projecteur historique : les sciences modernes et la philosophie des Lumières dans le cadre du triptyque Science-Économie et Politique, qui ont fait de notre monde ce qu’il est et ce qu’il pourrait encore devenir, s’affilient à la philosophie des Lumières : « En attendant, disait cruellement Max WEBER, que la dernière tonne de carburant fossile ait achevé de se consumer. »
Les figures de proue de la pensée européenne vont de Montesquieu et Voltaire à Max Weber et S. Freud – qui ne reconnaissait que des Anglais et des Écossais pour « vrais maîtres » –, et jusqu’à Karl Popper, qui se revendiquait hautement de cette affiliation-là.
Mais bien avant eux, en contemporain du XVIIe siècle, Jean de La Fontaine écrivait dans « Le renard anglais » :
« Les Anglais pensent profondément –
Leur esprit, en cela, suit leur tempérament,
Creusant dans les sujets, et forts d’expériences
Ils étendent partout l’empire des sciences. »
Désormais l’UE ne peut plus faire comme si l’Angleterre, en sortant de son espace, n’existerait plus que sur le devant de la seule scène politique : son génie devra nous accompagner dans la loyauté de sa souveraineté totale recouvrée, sur le long et difficile chemin du progrès de l’Occident tout entier. Manquons-nous, l’Angleterre comprise, à ce point de lucidité pour ne pas concevoir que dans ce monde globalisé il est impératif d’être partie active et prenante d’un vaste espace celui d’une Europe économiquement puissante et généreuse, politiquement démocratique et efficacement protectrice, partageant depuis des siècles les mêmes valeurs fondatrices mais au bord de l’implosion géopolitique ?
La Grande Bretagne en a-t-elle vraiment décidé autrement, en dépit de déboires économiques très probables attendus pour son économie ? Paradoxalement en France, la volonté d’approfondissement des relations avec l’UE existe même si près de 35 % seulement de nos concitoyens souhaitent que : « Les gouvernements nationaux devraient transférer plus de pouvoirs à L’U.E, zone puissante de démocraties libérales par excellence.»
Philip HIDEBRAND ancien patron de la Banque Centrale de Suisse et vice-Président du fonds d’investissement BlackRock, premier gestionnaire de capitaux au monde interrogé en mai dernier par l’Agence Bloomberg a estimé que la zone Euro était peut-être à l’aube d’une décennie dorée.
Regardons ce qui a été accompli.
Progressivement l’Union monétaire se redresse. L’Espagne au prix d’efforts considérables a remis sur pied son industrie et le Portugal reprend le chemin de la croissance, ainsi que la Finlande. Les indicateurs sont au beau fixe dans toute l’Europe et même le chômage recule.Il frappait en mai 9,2 % de la population, chiffre qui permet de retrouver le niveau de Mars 2009.
Ce regain de compétitivité fruit d’efforts sans précédent a été accompagné par un contexte général, favorable : baisse des cours du pétrole, recul de l’Euro sur le marché des changes et au plan intérieur fin de l’austérité budgétaire qui avait été décidée au pire de la crise en 2011/2012. Mais ce triple effet s’estompe un peu car il dure depuis déjà longtemps. Cela prouve aussi que la zone Euro commence à s’émanciper de ces « adjuvants » pour prendre un nouveau départ sur de bonnes bases.
Le contexte politique s’est retourné et l’euroscepticisme obsessionnel qui frappait le Vieux Continent et les Anglo-saxons, qui jouaient les Cassandre sur l’Euro n’est plus de mise, et le Brexit avec une majorité politique anglaise incertaine ne joue pas d’effet domino en 2017-18.
En France, E. MACRON bénéficie d’une très large majorité pour gouverner ce qui rassure fortement les milieux économiques dont le besoin de visibilité est aujourd’hui plus nécessaire que jamais dans les décisions d’investissements économiques et d’embauches par les entreprises.
Le point noir pour l’économie française reste le caractère excessif de nos déficits et les efforts d’assainissement n’ont manifestement pas été suffisants : les mises en garde de la Cour des Comptes en ont témoigné continûment. L’occasion est donc là de combler dès à présent notre retard de compétitivité avec l’Allemagne, qui s’était approfondi depuis 2004 ! Pour la France la « décennie dorée » annoncée est à ce prix et le défi ne peut être plus clair.
En cet été 2017, l’embellie économique française s’est confirmeéet selon les relevés de l’INSEE le PIB a progressé de 0,5 % au cours du deuxième trimestre 2017 jusqu’à 1,9 % de PIB à fin de l’année. L’important est que ce progrès encourageant induise un réveil net des offres d’emploi en CDI.
Ce serait le cas à court terme ,, si la tendance se confirmait, sachant qu’il s’agira certainement d’emplois qualifiés dont nos entreprises ont le plus grand besoin.
L’INSEE a fait état en mai dernier d’un net rebond de la production industrielle avec un bond de 2 % d’un mois sur l’autre et le déficit commercial talon d’Achille de notre économie s’est réduit de 5,4 Mds. en mars dernier par rapport au mois précédent. Cette éclaircie contraste avec la situation de 2012 où la croissance n’était pas éloignée de 0.
En cinq ans la conjoncture extérieure favorable et les mesures de politique économique du Président Hollande – CICE et dispositif fiscal de sur-amortissement – ont permis d’abaisser le coût du travail, de regonfler les marges des entreprises et de réenclencher une certaine dynamique d’investissement préalable à toute reprise des embauches, mais les faiblesses de notre économie demeurent et le taux de chômage devait atteindre 9,6 % en Mars dernier.
Toutefois dans ce contexte le Président E. Macron ne bénéficiera d’aucun état de grâce les résultats des dernières élections législatives partielles l’attestent et constituent une première mise en garde ,, en dépit de l’expression ferme d’aller au bout des réformes en cours et annoncées…
Par ailleurs l’attitude de Bruxelles par rapport à la mauvaise trajectoire de notre Budget ou les résistances sociales et les grèves de mars face aux réformes en cours, points cruciaux de jonction ou/et d’affrontements des politiques économiques et sociales, sont autant de facteurs prévisibles dans le champ des réformes dans les mois à venir.
L’économie ne résumant pas, tant s’en faut ,, le tout de l’évolution des sociétés politiques , il nous paraît intéressant d’envisager très schématiquement le fonctionnement comparatif des démocraties européennes – hors R.U – par rapport aux traditions constitutionnelles et de morale politique avec celui des États Unis, la plus importante démocratie occidentale.
Hormis ,, en effet ,, le premier amendement de leur Constitution sur la liberté d’expression – en difficulté en France avec le blocage répétitif des imprimeries du fait des grèves où d’autres parasitages médiatiques « psittacistes » sinon serviles ou malveillants –, l’Europe fait largement mieux dans les sept domaines sociétaux et politiques suivants :
La peine de mort, la politique répressive, les atteintes à « l’Habeas Corpus », la liberté des mœurs, la non-reconnaissance surtout en France et les pays du Sud-européen de toute revendication communautariste, la conception de la vie et de la mort ou encore la place de la religion dans la société où chez nous : « Ce qui est à Dieu est à Dieu, ce qui est à César appartient à César. »
La sphère religieuse ne pouvant en effet empiéter sur l’organisation et les exigences de la société civile, cette exigence incontournable devra être protégée « hic et nunc » devant de nouvelles menaces intégristes et totalitaires. Ce socle multiforme, solide et intangible pour nous Européens et sur lequel sont construites nos sociétés, dénote ainsi une large supériorité par rapport à l’Amérique et à certains pays de culture anglicane.
En outre, et plus prosaïquement établir une monnaie indépendante et souveraine par la seule volonté de 16 États était en soi une décision d’une grande portée, en son temps improbable et inattendue pour l’Amérique, et un camouflet aux défenseurs des politiques dévaluationnistes, protectionnistes et nationalistes ou populistes en Europe Centrale surtout.
Le discours d’investiture de D. Trump à la Maison Blanche du 20 janvier confirme bien les idées sur lesquelles les classes moyennes US l’ont élu : « America first », avec ce que ce slogan sans ambiguïté implique d’interventionnisme et de protectionniste nationaliste, quelque part, excluant a priori les mesures extérieures pour atténuer les situations de dépendance dans tant de pays.
Elles sont diamétralement opposées à ce qui fait l’esprit du Forum 2017 de Davos, royaume du libéralisme international, subitement transformé en camp retranché. Encore une fois « il y a loin de la coupe aux lèvres » et les exigences du réel seront les plus fortes.
Le Président Trump « fera certainement le job » : baisses d’impôts et plans de grands travaux urgents, mais d’abord pour son pays qui restera encore lors de son ou ses mandats la première puissance du monde.
Depuis que D. Trump est Président l’indice Dow-Jones de Wall-Street a grimpé de plus de 12 % en juin. En outre tenant une promesse électorale la Chambre des Représentants vient de voter la révision de la loi Dodd-Frank de 2010.
Grâce à cette Loi, l’ex-Président Obama avait apporté une forme de « régulation » aux spéculations des grandes banques américaines après la grande crise financière qu’elles avaient alors déclenchée. Nouveau cadeau à la finance ?
Cette Union Européenne, disons-le, est une construction encore fragile car non achevée, l’harmonisation des politiques budgétaires fiscales et sociales préludant à une intégration véritable dans la zone Euro à 16, n’est même pas à l’ordre du jour de ses instances en 2016/2017. Il n’est pas question pour notre pays de la quitter mais de rejeter les exhortations politicardes et très dangereuses des apprentis sorciers de l’isolationnisme et de l’exclusion haineuse !
L’Amérique le sait, mesure les conséquences de ces impérities, et ne considèrera plus notre continent comme son allié privilégié aux plans économique et de défense, l’Otan devant être, selon elle à refonder sur de nouveaux moyens contributifs et d’objectifs stratégiques.
Les crises se succédant depuis les années 2000, et « l’on pare au plus pressé » sous la houlette monétaire de la B.C.E, souveraine. Pour autant nos Banques Centrales dans l’UE ont de moins en moins de leviers d’action monétaire dans leur espace national respectif. Il faut s’en convaincre hors de toute idéologie souverainiste.
Sachons d’abord que « la panne » actuelle et provisoire du couple franco-allemand avec un fort différentiel économique entre les 2, et de surcroît sous les coups de boutoir financiers spéculatifs ou ceux du fanatisme meurtrier venant de l’extérieur, est de même nature que celle qui frappe l’Europe entière, confrontée de surcroit aux arrivées incessantes de demandeurs d’asile au cœur de l’Europe.
Courant juin 2017 on enregistre 25 % de demandeurs d’asiles ou de migrants économiques de plus qu’en 2016 sur un an soit 86 000 personnes.
Dans cette nouvelle perspective politique, après l’accès de près de 1 million de migrants sur son territoire en 2015/2016, Mme Merkel consciente de « l’appel d’air » périlleux ainsi provoqué, sans concertation préalable avec ses partenaires, modifie fortement en 2017 son approche du problème et décide de renforcer le contrôle de nouveaux arrivants à ses frontières et bien au-delà, en Méditerrannée même avec la création de centres d’accueil et d’orientation au large des côtes libyennes et turques.
À l’inverse lorsque ces 2 pays s’entendent l’Europe avance brillamment dans le concert mondial. En l’occurrence.nous attendons une position proche sinon commune à l’égard des politiques à adopter à l’occasion de cette déflagration politique que représente déjà ce « Brexit » afin d’éviter stagnation ou récession dans l’UE.
