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Des rêves érotiques incessants... Mais d’où peuvent-ils venir ? Quelle est leur signification ? Pourquoi sont-ils si persistants, même une fois éveillée ? Erica, pourtant comblée par une vie apparemment heureuse, ne pense qu’à ces rêves toute la journée. La nuit, elle est transportée dans une magie sensuelle, une passion qu’elle ne comprend pas. Est-ce simplement le fruit de son imagination ou y a-t-il une explication plus profonde ?
Pour découvrir la vérité, Erica doit explorer un passé enfoui derrière une amnésie. Ce voyage intérieur pourrait bien bouleverser sa vie entière.
À propos de l'autrice :
Aurore Ferrara est née à Guingamp, dans les Côtes d'Armor. Ayant beaucoup déménagé durant son enfance et exercé divers métiers sans lien avec l'écriture, elle a découvert sa passion pour l’écriture il y a plusieurs années. C’est sur l’encouragement de ses proches, après avoir lu ses premiers textes, qu’elle a décidé de ne pas laisser ses romans dans un tiroir. À 37 ans, Aurore s’est lancée dans l’aventure de l'écriture et continue de faire vibrer les lecteurs avec ses récits captivants.
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Seitenzahl: 651
Veröffentlichungsjahr: 2024
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Rêves
Aurore Ferrara
Policier érotique
Images: Adobe Stock
Illustration graphique: Graph’L
Editions Art en Mots
— Léon, nous ne pouvons pas, le salon est plein d’invités. On va nous entendre ou nous surprendre. Imagine si Arthur savait… Nous serions tous les deux dans de beaux draps !
— Chut !!! Je ne peux pas résister. Tu en as autant envie que moi, ne me mens pas je sens les pulsations de ton cœur parler pour toi.
Dans cet étroit cellier mal éclairé où Erica est descendue chercher des bières, Léon l’a rejointe discrètement, l’a attrapée par les bras et plaquée contre ce mur. Ils s’embrassent fougueusement, et là commence ce qu’ils désirent le plus l’un et l’autre. Un moment aussi fougueux, dangereux et plein de désirs. Erica se laisse aller au désir et laisse le côté sauvage de Léon aller comme bon lui semble. Il déboutonne le chemisier rouge foncé d’Erica, bouton après bouton, elle sent le désir monter en elle, de plus en plus intense.
Ne tenant pas à relâcher son emprise sur Erica, il accroche l’un des boutons de la chemise, le bouton en forme d’étoile saute et se retrouve au sol avec un léger bruit sourd, comme si le bouton lui-même voulait se faire discret.
Léon plaque de nouveau Erica contre le mur coloré du cellier, en faisant glisser rapidement et sauvagement sa jupe noire et évasée. Erica très excitée par cette semi-violence passionnée enlève le tee-shirt blanc avec le logo d’une équipe de football que porte Léon. Elle redécouvre ce torse puissant, très bien sculpté comme un sportif de haut niveau, ce que Léon n’est pourtant pas.
Ensuite vient la main puissante et si douce de Léon qui passe sur les fesses d’Erica et remonte jusqu’à la fermeture de son soutien-gorge. En une seconde la pression de son sous-vêtement lâche, la main de Léon se déplace sur les seins bien fermes en forme de poires, puis vient son souffle chaud et la légère griffe d’une barbe de quelques jours dans son cou, descendant lentement vers ses seins. Erica détache la braguette du short en jean moulant de Léon, le descend juste suffisamment pour pouvoir passer la main dans le caleçon et sentir la puissance des fesses musclées de Léon. Visiblement cette action réveille les pulsions de Léon qui la soulève et la renverse sur l’établi à gauche. Il lui arrache avec les dents le string rouge assorti à son chemisier.
Elle se débat, elle sait que c’est ce qui plaît à Léon, il faut qu’il ait le dessus, c’est lui qui mène la danse et ça convient très bien à Erica. Elle lui descend son caleçon, découvre un sexe bien droit et fort. Il lui met les mains sur son sexe qu’elle caresse avec frénésie, elle descend de l’établi et suce avec une grande agilité ce qui sera pour elle l’objet d’un désir fou. Quelques instants plus tard, il la fait se relever, lui attrape les mains, puis met son bras presque en dessous de son cou de façon qu’elle reste sous son emprise, puis il lui enfonce la langue dans sa bouche, descend jusqu’à son entrejambe avec sa bouche et lèche son clitoris jusqu’à ce qu’elle en frissonne de plaisir. Il attrape et remonte la jambe droite d’Erica jusqu’à sa taille et enfonce son pénis en elle. Le désir partagé entre eux est là.
Elle se force à prendre ce plaisir dans le silence, seul son souffle la trahit. On pourrait les entendre, la fête bat son plein, on entend les discussions des invités jusqu’ici, mais rien n’arrêtera ce moment de bonheur partagé. Elle sent ses joues prendre des couleurs pendant qu’il la pénètre encore et encore et c’est tellement bon, elle voudrait que ce moment ne s’arrête pas. Contre l’armoire, contre le mur, sur l’établi, tous les meubles du cellier sont aux premières loges pour profiter du spectacle. Les va-et-vient si passionnés, si sauvages et si fougueux. Plus rien ne compte, ils se donnent entièrement à l’autre.
Des gémissements se font entendre, des aiguës pour elle, des plus roques pour lui. Erica entend quelqu’un qui l’appelle. Elle sursaute, mais visiblement Léon n’entend pas, il continue à lui donner du plaisir en la pénétrant de plus en plus fort.
— Erica !!!
Cette fois-ci elle n’est pas folle, on quelqu’un l’appelle. Oh mon dieu ! Mais c’est la voix d’Arthur. Non ! Il ne faut pas qu’il descende dans le cellier !
— Erica, ma chérie ?
Non, Léon, il faut arrêter ! Pourquoi Léon ne réagit-il pas à la voix d’Arthur ?
— Erica, ma chérie. Réveille-toi ! Tu n’entends pas ton réveil qui sonne ?
Erica ouvre les yeux et découvre un Arthur entre amusement et inquiétude qui lui sourit. Ouf ! Ce n’était qu’un rêve !
— Arthur ?
— Eh oui ! Qui pourrait bien te sortir de tes rêves à part moi voyons, chérie ?
Un sourire apparaît sur le visage d’Erica.
— Laisse-moi une minute, et j’arrive. Je viens préparer le petit déjeuner pour les petits monstres qui vont avoir faim en se levant.
— Ça marche, je descends.
Il part en direction de la porte de la chambre, fait volte-face :
— S’il te plaît, ne retourne pas dans tes rêves charnels.
Elle a comme une envie de demander si elle n’a pas parlé pendant son sommeil, mais elle n’eut pas le temps de le faire, il se tourne avec un sourire et un clin d’œil et sort de la pièce sans dire un mot de plus, il referme la porte délicatement derrière lui.
Erica se frotte les yeux puis regarde la chambre qu’elle partage depuis huit ans maintenant avec Arthur son mari. Une belle chambre vaste dans des tons pastel, avec cette immense baie vitrée qui donne accès à une belle terrasse. Il fait beau ce matin, le soleil éclaire la pièce, le velux au centre de la chambre est encore fermé. Elle se lève, enfile son peignoir satiné bleu pâle posé sur le siège à côté de son lit, puis ses pantoufles noires en fausses plumes. Elle ouvre ensuite la baie vitrée et passe sur la terrasse ensoleillée. Elle admire la vue sur cet immense parc en face, c’est magnifique. On peut entendre le gazouillis des oiseaux. Si c’est si magnifique pourquoi continue-t-elle à penser à Léon ? Pourquoi ce rêve semble-t-il ne pas vouloir sortir de sa tête ?
Bon. Ce n’est pas le moment de rêvasser, il faut préparer le petit déjeuner et organiser le week-end avec Arthur et les enfants. Erica prend son téléphone posé sur sa table de nuit et descend rejoindre Arthur.
Dans la cuisine, pas de temps à perdre, Erica entend déjà Enzo et Alizéa qui discutent là-haut d’une chambre à l’autre et qui ne vont pas tarder à descendre demander leurs céréales préférées. Tartines, beurre, confitures, lait, cuillères, bols, tasses, en moins de temps qu’il faut pour le dire, tout est sur la table de la cuisine où la famille a l’habitude de se réunir pour le petit déjeuner du week-end. En semaine, c’est bien différent. Arthur a bien souvent des rendez-vous pour son travail, il ne part jamais à la même heure et ne partage que très rarement la table familiale. Erica, quant à elle, ne prend pas souvent le temps de s’asseoir avec ses enfants, ne prenant qu’un café au lait sur le pouce.
Elle a beaucoup trop de choses à faire dès le matin : vider le lave-vaisselle, s’occuper d’étendre le linge, préparer les goûters des enfants, vérifier leurs sacs pour qu’ils n’oublient rien en partant pour l’école, les aider à se préparer, gérer les chamailleries entre frère et sœur, et enfin de se préparer elle-même en essayant de laisser la maison propre et rangée avant de partir pour retrouver un semblant d’ordre et de propreté en rentrant le soir.
En résumé le matin, en semaine, c’est pire que le parcours du combattant. Malgré tout, Erica aime sa vie, sa famille, son mari.
Elle ne se souvient de rien concernant son passé. Elle a eu un accident étant plus jeune qui lui a fait perdre tout souvenir, et comme personne n’est venu la voir ou demander des nouvelles, Erica a dû se reconstruire seule. Heureusement pour elle, le médecin qui l’a suivie durant sa convalescence l’a également épousée quelques années plus tard.
Eh oui ! Arthur, ce médecin si séduisant était tombé sous le charme et la fragilité d’Erica et cela avait été réciproque. Elle n’a jamais compris pourquoi un éminent médecin tel que lui, avec un physique comme le sien, à en faire tourner toutes les têtes, grand, brun, les yeux marron clair avec de très beaux reflets verts ; des petites fossettes qui font que la confiance est écrite sur son visage.
Comment un homme tel que lui pouvait s’intéresser à quelqu’un comme Erica ? Quelqu’un de perdu, simple, mais fragile à cause de ses antécédents médicaux, bien que jamais malade, mais toujours psychologiquement suspendue à un fil invisible au-dessus d’un gouffre presque prêt à basculer vers la folie la plus profonde.
Erica a comme seul souvenir ce qu’on lui a raconté. C’est-à-dire qu’un homme d’environ son âge à l’époque l’a portée jusqu’à l’entrée de l’hôpital, alors qu’elle était inconsciente et en détresse cardiaque. Il a fallu de longues heures aux médecins pour la stabiliser, et elle est restée plusieurs semaines dans le coma. Il y avait peu de chances qu’elle s’en sorte, mais un jour elle avait ouvert les yeux telle la belle au bois dormant, et elle était sortie de son coma. Malheureusement, sans aucun souvenir, ni de sa situation, ni de son entourage, ni même de son propre nom. Il y avait une carte dans la poche de la veste qu’elle portait le jour de son arrivée à l’hôpital. Dessus était écrit :
« JE T’AIME ERICA ».
Le personnel soignant en avait donc déduit que c’était son nom, en espérant que sa mémoire refasse surface, mais en vain. Quant à l’homme qui l’avait déposée, personne n’avait vraiment de souvenirs de lui. De taille moyenne, apparemment suffisamment costaud pour porter une femme dans ses bras sur une bonne distance, il n’était visiblement pas venu en voiture, même si personne ne l’avait vraiment vu apparaître. Il portait une veste de cuir sombre, un pantalon sombre également, il était brun, avait l’air en même temps secoué et à bout de forces. Tout le monde étant concentré sur Erica, personne n’avait revu l’homme en question, à croire qu’il s’était envolé en l’espace de très peu de temps.
Ce qui était plutôt étonnant, c’est que s’il avait emmené Erica aux urgences ce jour-là, c’est qu’il voulait qu’on la sauve, du coup, pourquoi avoir disparu ? Erica, toute seule dans sa chambre d’hôpital, aurait tellement voulu que sa mémoire revienne, que cet inconnu fasse irruption dans cette petite chambre sans vie. Mais plus les jours passaient, plus Erica devait se résoudre à accepter que ces moments ne viennent pas et qu’il fallût réapprendre à vivre même si ça n’allait pas être facile tous les jours. Même si aujourd’hui elle a sa famille à elle, avec les souvenirs qu’elle s’est construits depuis, malgré tout, des questions reviennent parfois à son esprit. La plus persistante de toutes c’est : pourquoi cet homme qui a voulu la sauver en l’emmenant à l’hôpital n’est-il jamais revenu ? Pourquoi n’a-t-il donné aucun de signe vie ?
— Bonjour Maman ! disent en cœur Alizéa et Enzo.
— Bonjour les enfants, un bisou, après on va chercher Papa dans le salon, on se les mains et ensuite petit-déj tous ensemble !
Après avoir embrassé Erica, les enfants partent en courant vers le salon où leur père est installé dans le canapé devant le journal télévisé du matin.
— Papa, Papa ! Maman a dit que le petit-déj est prêt !
— Mais ce sont mes deux petits monstres ! Je vais vous attraper et vous manger tout cru, j’ai très faim, je n’ai pas encore mangé ce matin !
Il fait une tête digne d’un mauvais film d’horreur, prend l’air le plus menaçant qu’il a en stock et grogne comme il peut tout en se levant du canapé se sert de ses doigts pour imiter des griffes. L’effet ne se fait pas attendre :
— HAAAAA !
Les enfants partent en courant et en hurlant vers la cuisine.
— Maman ! Papa veut nous manger, il s’est transformé en monstre !
— Ouh là ! C’est grave ça ! Vite, vite ! Lavez-vous les mains et on va lui proposer des tartines, je suis sûre qu’il préférera la confiture aux p’tits monstres que vous êtes !
Les enfants obéissent sans se faire prier. Le petit déjeuner se déroule dans la bonne humeur, entre blagues et discussions autour de l’école et amis des enfants. Tout contents d’avoir Papa et Maman pour raconter les histoires des copains, les enfants discutent de bon cœur.
— Bien, les enfants, il y a du soleil de prévu pour tout le week-end, qu’avez-vous envie de faire ?
— De la balançoire, aller au parc, faire du manège !
— Une partie de basket avec Mike et Fred !
— Alors je vous propose une balade en forêt pour aujourd’hui, et demain nous pourrions nous lever de bonne heure et aller au manège ? Est-ce que ça vous va ? demande Erica.
— Oh oui ! Chouette, les manèges !
— Bien. Alors c’est parti, montez-vous brosser les dents et sortez les vêtements que vous voulez mettre, quelque chose d’agréable pour marcher. Je viens dans un moment.
Sur ces paroles, les enfants quittent la table en trombe et montent les escaliers en courant. Arthur, tout en regardant ce spectacle de sa chaise, rappelle à l’ordre ses enfants :
— On ne court pas dans la maison !
Une fois les enfants hors de portée de voix, pendant qu’Erica commence à ranger toutes les denrées laissées sur la table, Arthur reprend la parole.
— Chérie, si nous faisions un barbecue ce soir ?
— Il faudra aller faire quelques courses dans ce cas, parce nous n’avons presque pas de viande à faire en grillades.
— OK. En revenant de la forêt, on s’arrêtera.
— Tu veux inviter qui ?
— Je pensais à Sylviane et Nathan avec leurs filles. Ce sera sympa pour Enzo et Alizéa, et Pierre et Lucie.
— Oui, pourquoi pas
— Je pensais également à Léon
— Léon ?
— Oui. Je sais que tu ne l’aimes pas particulièrement, mais il ne va pas bien en ce moment.
— Parce qu’il y a des moments où il va bien ? Vu sa façon de se conduire, permets-moi d’en douter.
— Allez chérie, s’il te plaît, c’est quand même mon ami !
— Attention, je fais un effort, mais qu’il se tienne correctement
— Merci, tu es vraiment la meilleure.
Sur ses mots, il se lève et embrasse Erica :
— Je te laisse finir de ranger ici, je monte voir où en sont les enfants, ça te va ?
— Oui, très bien, je ne vais pas tarder.
Arthur monte l’escalier d’un pas décidé. Erica se retrouve seule dans la cuisine et laisse ses pensées vagabonder.
Léon. J’ai bien besoin qu’il soit là ce soir, mais bien sûr comment expliquer ça à Arthur ? Pour lui, Léon n’est autre que l’ami fidèle avec qui il peut être lui-même et partager de bons moments. Même si Léon n’est pas exactement un modèle, abusant volontiers d’une bonne bouteille voire de plusieurs, pour finir la journée ou la soirée à rouler par terre. Pourquoi est-ce que mes rêves m’emmènent dans les bras de cet homme si détestable ? Je ne comprends pas ce que ça peut bien vouloir dire et c’est vraiment très gênant que ces rêves persistent de manière aussi présente lorsque je suis réveillée. Espérons que d’ici ce soir mes rêves soient partis de mon esprit.
Même si elle sait très bien au fond d’elle que ses rêves ne s’estompent pas, ils persistent à la hanter encore et toujours depuis sa sortie de l’hôpital, ils sont extrêmement présents dans sa tête toute la journée et de plus en plus torrides chaque nuit. Elle n’a jamais voulu en parler ni à Arthur ni à qui que ce soit d’autre. C’est vrai : comment avouer qu’on fait des rêves érotiques chaque nuit et que ces rêves ne se déroulent jamais avec l’homme avec lequel on est mariée ? C’est juste le meilleur moyen de blesser Arthur… Non ! Il est hors de question que ses rêves sortent de sa propre tête ! Erica espère juste ne pas trahir son subconscient en présence de Léon.
— Erica ? Tu peux monter ?
— J’arrive !
À peine l’éponge passée sur la table, elle rejoint sa famille à l’étage. Les enfants ont mis une sacrée pagaille. De l’eau tout autour du lavabo et près les toilettes. Erica passe soigneusement derrière chaque goutte laissée, en profite pour ramasser çà et là du linge à mettre dans la panière de linge sale. Puis, tout en attachant grossièrement ses cheveux à l’aide d’une pince qu’elle a récupérée dans la salle de bain, elle se dirige vers la chambre d’Alizéa. Arthur est en train d’enfiler un tee-shirt rose à sa fille.
— T’as vu, Maman ? C’est Papa qui m’aide à m’habiller aujourd’hui !
— Super, ma puce.
— Tu peux t’occuper d’Enzo s’il te plaît ? Je crois qu’il veut mettre les baskets toutes neuves et je ne suis pas sûr que ce soit le meilleur des choix pour aller en forêt.
— OK, j’y vais.
Se dirigeant vers la chambre de son fils, elle a comme une absence de quelques secondes à peine.
Étrange pour quelqu’un qui n’a jamais le rhume, ni un mal de tête ou la moindre petite douleur, c’est simple : si elle habitait seule, son placard à pharmacie serait simplement vide. Encore plus bizarre pour quelqu’un qui s’est accroché à la vie comme elle, après plusieurs semaines de coma ; rien de bien méchant, sans doute un peu de surmenage.
Ces derniers temps, Erica ne compte pas ses heures, ni à la maison ni dans son travail, elle est la propriétaire de trois grands restaurants gastronomiques, extrêmement réputés pour la qualité des plats, du service et surtout pour la plus grande des discrétions dont fait preuve le personnel. En effet, de très grandes célébrités sont venues manger dans ses établissements, et personne n’en a dit un mot. Pas un mot, pas une photo dans la presse. À la table d’Erica, on est « comme dans une bulle et on en sort que si l’on en a envie », avait-elle plaisanté avec l’une des stars du moment, qui l’avait chaleureusement remerciée en partant.
Mais tout ceci à un prix, il faut tout prévoir : les moindres caprices, les moindres fuites sur les noms des gens oh combien célèbres qui fréquentent ces lieux, jusqu’à isoler une partie de la salle pour certains en un temps record ou bien changer entièrement la décoration de toute la salle pour faire plaisir à telle ou telle célébrité et bien sûr tout ça en un temps record. Les chefs reçoivent des consignes de dernière minute quasiment chaque jour pour adapter les menus à la volonté de la célébrité présente. Chacun repart satisfait, mais derrière il y a un travail de titan et un très gros investissement de départ qu’Arthur s’est chargé de verser. Erica lâche le mur sur lequel elle a posé la main quelques secondes et repart vers la chambre d’Enzo.
— Tu es prêt ?
— Non, pas encore, j’ai du mal à passer mes chaussures
— Pas celles-ci, on les a achetées hier tu vas les salir, tu ne les auras pas pour aller à l’école lundi, en plus tu risques de les abîmer en forêt.
À contrecœur et en grimaçant, il part chercher dans le bas de son placard une paire de chaussures plus vieilles et plus adaptées pour marcher en forêt.
— Tu veux que je t’aide pour les enfiler ?
— Non.
Erica sort de la pièce et se dirige vers la salle de bain pour pouvoir se préparer à son tour. Avant de partir, préparation des sandwichs pour toute la famille, boissons fraîches, puis départ.
Après une bonne demi-heure de voiture, les enfants sont excités comme des puces. Arthur s’arrête sur le bas-côté de la chaussée, sur un petit terre-plein qu’on dirait presque fait pour stationner. Tout le monde sort de la voiture, chacun prend son sac à dos et c’est parti pour un moment de détente en famille. Les filles à la recherche de fleurs et plantes à mettre à sécher à la maison pour compléter la belle collection de l’herbier de saison. Chaque saison, les plantes et fleurs trouvées dans la nature sont rassemblées puis séchées et ensuite Alizéa et sa mère partagent un moment à la maison pour classer et étiqueter leurs trouvailles. Les garçons, de leur côté, cherchent des champignons, asperges sauvages et autres plantes, comme des plantes aromatiques destinées à être ajoutées dans les bons petits plats qu’Erica prépare souvent. À midi, ils trouvent une petite clairière et décident de s’y installer pour déjeuner. À regarder l’endroit ainsi que la faille on pourrait se croire dans le plus parfait des tableaux de famille. La toile au sol, tous les quatre installés dessus, dégustant leur sandwich, buvant leur boisson et tout ça au milieu d’une clairière bien verte entourée d’arbres à trois cent soixante degrés. Seuls au monde et pourtant en famille, un moment idyllique pour tous, mais Erica n’est pourtant toujours qu’à moitié satisfaite, non pas qu’elle n’apprécie pas ce moment si tranquille, bien au contraire, mais ses rêves restent toujours plus présents dans son esprit. Assise sur la toile posée au sol, elle sent son esprit s’évader sans pouvoir le contrôler. Léon est bien présent dans sa tête.
« Pourquoi ne me laisses-tu pas tranquille ? Je te déteste et pourtant tu hantes mes nuits et déranges mes journées sans cesse. Pourquoi tu restes à mes côtés quoi que je fasse ? Qu’est-ce que ça veut dire ? ».
— Chérie, ça va ?
La voix d’Arthur la ramène au présent en une fraction de seconde.
— Oui, ça va, je profite du soleil ça fait du bien
Comment faire pour se débarrasser de ses rêves sans en parler à Arthur, sans lui avouer qu’elle rêve de son meilleur ami en train de la déshabiller et de lui faire l’amour chaque nuit ? Le pire, c’est que pas une seule fois elle n’a rêvé d’Arthur ou d’un autre homme lui donnant du plaisir, c’est plutôt étrange.
Après une heure de pause, ils rangent leurs affaires, puis repartent tranquillement jusqu’à la voiture. À un quart d’heure de l’arrivée, les jambes d’Alizéa n’en peuvent plus. Arthur a pitié de sa fille et la prend sur son dos pour finir la route jusqu’à la voiture. Erica prend en charge le sac à dos bien allégé sans le casse-croûte au retour. Enzo se moque de sa sœur :
— Pff, Alizéa tu es un gros bébé…
Arthur reprend gentiment son fils :
— Enzo, n’oublie pas que tu es plus grand et donc plus fort que ta sœur et surtout n’oublie pas qu’un jour ça peut être toi aussi qui seras fatigué. Je ne veux plus que tu embêtes ta sœur. Tu as compris ?
— Oui, Papa.
Le retour jusqu’à la voiture se déroule dans le silence et le calme. Une fois les enfants installés dans la voiture, ils reprennent la route. Erica rappelle qu’il faut s’arrêter faire des courses pour recevoir les invités ce soir. Ils s’arrêtent au magasin le plus proche de chez eux afin de gagner du temps et pouvoir ainsi préparer le repas de ce soir. Les enfants se sont endormis dans la voiture. Arthur, qui n’a pas vraiment quitté la route des yeux s’en rend compte en se retournant vers le siège arrière :
— Qu’est-ce qu’on fait ? On les réveille ?
— Non va chercher ce qu’il faut, j’attends dans la voiture avec eux. Ils vont avoir besoin d’énergie pour jouer avec les filles de Sylviane et Nathan.
— OK, je fais vite.
Il ouvre sa portière, descend puis ouvre le coffre pour y prendre un sac, referme délicatement pour ne pas réveiller les enfants, et enfin se dirige vers l’entrée du magasin pour disparaître quelques instants après, comme englouti par les rayonnages de la grande surface. La chaleur dans la voiture est tout à fait supportable, il fait bon, Erica finit par s’assoupir au bout de dix minutes, les journées sont longues et les enfants ne laissent que très peu de répit à leurs parents. Quelqu’un monte dans le véhicule à la place du chauffeur. Arthur ? Non, c’est Léon ! Erica sursaute.
— Qu’est-ce que tu fais ici ?
— Je suis venu pour toi, ma belle
— Non, ce n’est pas possible ! En plus, les enfants sont à l’arrière.
— Quels enfants ?
Erica, affolée, se retourne et ne voit que la banquette arrière vide sans enfants, sans sièges auto, rien !
— Mais… Mais où sont-ils ?
Léon commence à caresser les jambes d’Erica.
— Qui ça ? Tu vois bien qu’il n’y a personne.
— Les enfants, où sont-ils passés ?
— Quels enfants ? Tu n’as pas d’enfants… Allons, détends-toi, il n’y a que toi et moi, ici. Sur ce parking désert.
Désert ? Erica regarde par la fenêtre et là… Stupéfaction ! Un grand parking qui semble abandonné, rien, à part une vieille cabane à l’extrémité gauche.
— Mais…
— Que toi et moi, je te l’ai dit !
Erica ne peut s’empêcher de sentir le désir monter en elle, comme une force puissante incontrôlable, sans qu’elle puisse la combattre. Léon caresse l’entre-jambes d’Erica tout en lui mordillant l’oreille. Sa main remonte dans le décolleté d’Erica, se glisse sous les vêtements pour venir se positionner sur un de ses seins. Il lui pince le téton, l’embrasse avec fougue. Il bascule le siège passager, et entraîne Erica à l’arrière. Elle résiste malgré un désir fou qui monte en elle et qui la pousse finalement à se glisser sur le siège arrière. Il descend les bretelles du débardeur et du soutien-gorge afin de laisser s’échapper la poitrine d’Erica. Il lui mord le bout des seins. Oh mon dieu ! Que c’est bon ! pense Erica. Elle passe sa main sous le tee-shirt de Léon, la laissant glisser le long de son torse, et, en arrivant à la hauteur du pantalon, elle dégrafe les deux boutons et descend la fermeture, puis glisse la main à l’intérieur de son caleçon. Il lui aspire le ventre en descendant vers son sexe en laissant des suçons sur son passage.
— Tu es à moi maintenant, j’ai mis mon empreinte sur toi !
Il défait le short en toile beige qu’elle porte, il sent ce désir si puissant qui monte en elle. La tête entre ses cuisses, il lui aspire le clitoris jusqu’à ce qu’elle pousse un cri de plaisir. Il la positionne à genoux sur le siège, lui attache les mains avec la ceinture de sécurité, la laissant complètement à sa merci. Après avoir admiré le spectacle que laisse entrevoir la courbe des fesses d’Erica, il lui administre une fessée, lui fait encore des suçons sur ses fesses déjà rougies, elle jouit de plaisir, il la pénètre tout en lui pinçant les seins pour augmenter le plaisir d’Erica. Ça fonctionne, car elle émet des sons de plaisir et en demande encore et encore. Il la pénètre avec une telle passion qu’elle s’en cogne la tête contre la portière. Puis, comme un chuchotement, elle entend :
— Chérie ?
Comment ça, chérie ? Léon ne l’appelle jamais par ce surnom.
— La sieste est finie ! Debout, il faut tout préparer pour ce soir.
La voix rassurante d’Arthur est arrivée à ses oreilles, elle ouvre les yeux et comprend immédiatement qu’elle a encore rêvé. D’un seul coup, elle se retourne :
— Les enfants ?
— Ils sont là. Justement, je ne voulais pas les réveiller avant d’arriver à la maison.
Il la regarde quelques instants puis :
— À voir ta pâleur et ton visage angoissé, on dirait bien que tu étais en plein cauchemar.
Il s’arrête pour regarder Erica dans les yeux et reprend :
— Heureusement que je suis arrivé à temps pour te sortir de là.
Un sourire s’affiche sur le visage d’Arthur. Elle lui rend son sourire puis il tourne la clé et démarre. En arrivant à la maison, pendant qu’Arthur décharge les courses, Erica se charge de réveiller les enfants en douceur et de les faire rentrer. À l’intérieur, elle les fait installer sur le canapé, où elle sait qu’ils ne vont pas rester longtemps. Elle se dirige ensuite dans la cuisine où Arthur a déposé les sacs qu’il commence à ranger. Elle l’aide puis s’affaire à préparer des salades pour déguster le soir avec la viande grillée. Arthur sort dans le jardin et enlève la bâche posée sur le barbecue, prend la brosse en fer pour frotter les grilles, puis installe le charbon dans le fond sur lequel il rajoute du papier journal et des allume-feux. Les enfants le rejoignent :
— Papa qui c’est qui vient se soir ?
— Mia et Suzi avec leurs parents et des amis à Papa et Maman.
— Ouais ! Trop bien ! s’exclame Alizéa.
— Mais il va y avoir que des filles ! répond Enzo avec une moue.
— Oui, mais vous allez pouvoir jouer dans le jardin.
— Les filles c’est bête et puis ça pleure tout le temps.
— En grandissant, tu ne diras plus ça, mon fils, ajoute Arthur avec un large sourire moqueur.
Enzo lève les épaules et les yeux au ciel, soupire, puis part rejoindre sa sœur qui est déjà partie en direction de la balançoire. Après des « C’est moi d’abord, non, c’est moi, c’est moi qui fais, etc. ». La discussion finit par se calmer entre eux et ils finissent par jouer ensemble sans se disputer.
Pendant ce temps, Erica arrive avec de quoi nettoyer la table et les chaises de jardin, ils installent à deux la toile pour la tonnelle qui les protègera un peu du vent frais du soir et à laquelle ils ajouteront tout à l’heure les côtés en tulle pour les moustiques. Ils installent des lumières suspendues à la tonnelle et Arthur allume les spirales pour éloigner les moustiques dans un premier temps.
Une fois tout terminé, Erica part en cuisine et prépare un tiramisu pour le dessert. Arthur prépare un punch pour ceux qui en voudront, pour les autres il y a de la bière dont il a mis une partie au frais et le reste est descendu dans le cellier où il fait toujours frais. Il n’est pas loin de dix-huit heures, il faut doucher les enfants et finir de se préparer avant que les invités ne commencent à arriver. Juste à temps, Erica finit de se coiffer en mettant la dernière épingle dans ses cheveux blonds souples, qu’elle a simplement ramassés sur le côté droit de sa tête, laissant quelques boucles retomber sur le côté de son visage fin. Arthur aime beaucoup quand elle se prépare ainsi. « Tu ressembles à une princesse » lui dit-il souvent. Elle porte une robe longue bleu clair avec des bijoux assortis, bracelet et boucles d’oreilles pendantes. En y pensant, c’est vrai, elle ressemble à une de ces princesses absolument parfaites des dessins animés que peut regarder sa fille. La dernière épingle à peine fixée, la sonnerie de la porte retentit.
— Arthur, tu y vas ?
— Oui, c’est bon !
Erica enfile des ballerines également assorties à sa robe, puis descend l’escalier et tombe nez à nez avec Sylviane et Nathan. Toujours pile à l’heure malgré leurs deux filles ; allez savoir comment ils peuvent tout gérer à ce point.
— Waouh ! Erica toujours sublime, s’exclame Sylviane.
— Merci, tu es superbe aussi. Ça me fait plaisir de vous voir tous les deux. Où sont les filles ?
Après les embrassades habituelles, Nathan répond :
— Je crois qu’elles sont tombées dans un guet-apens tendu par les tiens. Elles sont dehors, déjà en train de jouer.
— Ah OK, ben tant mieux qu’elles en profitent, en plus il fait très doux, c’est une soirée idéale pour se défouler dehors.
La sonnette retentit de nouveau, Erica se dirige vers la porte et accueille avec plaisir Pierre et Lucie, les seconds à arriver. En attendant que Léon vienne se joindre à eux, ils sortent tous et commencent à mettre en place l’apéritif : punch, bière, toast, olives, chips et tomates avec fromage, tout ce qu’il faut pour un apéritif avant barbecue réussi. Une fois tout le monde servi, Erica demande :
— Arthur, tu as dit quelle heure à Léon ?
— Dix-neuf heures. Mais il ne savait pas s’il serait à l’heure, car il est parti passer la journée au lac avec son cousin.
— D’accord.
Erica pense discrètement tant mieux, et s’il ne vient pas du tout, c’est encore mieux.
Arthur, les yeux fixés sur sa femme, sait exactement quelles pensées lui viennent et lui fait comprendre d’un simple froncement de sourcils, sans dire un mot de plus. Les discussions vont bon train, boulot, enfants, école, ménage et organisation pour les filles, mécanique et bricolage pour les hommes. Même si certains ne sont pas très adroits de leurs mains, mais ils aiment en parler. Les enfants jouent autour d’eux dans le jardin, ne semblant pas être plus dérangés que ça par l’attaque des moustiques.
Trois quarts d’heure plus tard, on entend la sonnette. Arthur se lève et va ouvrir à Léon. Après quelques instants, ils rejoignent le groupe à l’extérieur. Léon dit bonjour à tout le monde en faisant le tour de la table pour enfin trouver sa place à côté d’Arthur. On lui sert de la bière et les discussions reprennent un peu plus fortes en volume sonore, l’alcool aidant, et à voir l’attitude de Léon, ce n’est pas le premier verre de la journée.
La soirée se déroule sur le même ton, chacun passe un bon moment autour d’un bon repas avec des amis. Dans la soirée, Léon demande une énième bière. Erica s’occupe d’aller à la cuisine chercher la boisson en question, en profitant pour débarrasser en même temps un peu la table. Sylviane se lève immédiatement pour aider Erica, et la suit dans la cuisine. Tout en discutant, les deux femmes arrivent à la cuisine et rangent ce qu’elles ont dans les mains. Erica ouvre le réfrigérateur à la recherche de la bière, il n’en reste pas. Elle descend en chercher dans le cellier en laissant Sylviane rejoindre les autres à l’extérieur. Arrivée dans le cellier elle se dirige vers le meuble dans l’angle de la pièce où sont habituellement rangées les boissons telles que les bières. Apparemment, Arthur avait dû les déposer dans un autre endroit. Elle cherche, et son regard est attiré par quelque chose qui brille par terre, elle se baisse, le ramasse et là… Un bouton en forme d’étoile ! Son rêve lui revient immédiatement en tête, le bouton de la chemise rouge qu’elle portait dans son rêve, Léon qui la déshabille et fait sauter le bouton, elle n’en revient pas. Mais alors…
— Erica, tu t’en sors ?
C’est la voix de Nathan à l’étage.
— Oui, oui, j’arrive.
Non ce n’est pas possible ! Ce rêve, ce bouton… Mais alors, c’est réel ? Non… C’est impossible ! Perplexe et très secouée par cette découverte Erica continue à chercher du regard les bières ; quelques secondes plus tard, elle trouve enfin ce qu’elle cherche, deux packs de bières laissées au bas de l’escalier. Sans attendre, elle remonte avec un pack et toujours le bouton dans l’autre main. Arrivée à la cuisine, elle met cinq bières au frais, dépose le bouton sur un coin du plan de travail, prend la dernière bière et sort la servir à Léon. Arthur semble inquiet en apercevant sa femme :
— Chérie ça va ? Tu es toute pâle, on dirait que tu as vu un fantôme.
— Non, ça va, ne t’inquiète pas
Elle lui sourit comme pour le rassurer, mais sa découverte ne quitte pas son esprit. Les invités commencent à partir vers trois heures du matin. Sylviane et Nathan avec les enfants endormis dans les bras, puis Pierre et Lucie, ne reste alors que Léon. Erica finit de débarrasser la table pour faire comprendre délicatement à Léon qu’il est l’heure de partir, sans succès. Arthur regarde tendrement sa femme et lui dit :
— Tu peux installer le canapé ? Léon va dormir ici cette nuit.
— Tu plaisantes ?
— Regarde dans quel état il s’est mis, il ne tient plus debout, on ne peut pas le laisser partir comme ça.
Il est vrai qu’Arthur a raison, Léon n’aurait pas été bien loin sauf peut-être dans un arbre, mais bon, de là à l’avoir sous son toit toute la nuit et le voir émerger demain avec la tête de lendemain de fêtes, avec les enfants en plus, bref, la situation ne plaît vraiment pas à Erica. D’un autre côté, elle ne peut pas le mettre dehors dans cet état à cette heure tardive, s’il lui arrivait quelque chose, elle s’en voudrait toute sa vie, sans parler d’Arthur qui lui en voudrait encore plus, vu que c’est son ami depuis longtemps.
À contrecœur, elle part chercher dans leur chambre des draps et oreillers pour installer le canapé en lit d’appoint. Elle redescend, prépare le lit, puis va chercher Arthur resté dehors avec Léon. Léon fait une tentative vaine pour se lever de sa chaise. Erica regarde Arthur entre stupéfaction et colère, puis son mari lui dit :
— Je vais l’aider à aller sur le canapé.
Erica très irritée par la situation :
— Pff ! Lamentable !
Erica regarde son mari aider tant bien que mal Léon à rejoindre son lit pour la nuit. Ses pensées se fixent alors sur ses rêves récurrents, cet homme si puissant qui lui donne tant de plaisir et là son regard se pose sur… cette épave, même plus capable de se mettre debout tout seul. Léon accroché au cou d’Arthur :
— Toi je t’aime mon pote, t’es vraiment un mec en or… euh…
Délire d’ivrogne, quel triste spectacle ! Et c’est pourtant bien de lui qu’elle rêve chaque nuit, mais pourquoi ? Il faut absolument qu’elle comprenne pourquoi l’homme qu’elle déteste tant dans la réalité apparaît comme le désir suprême dans ses rêves. Peut-être qu’elle demandera conseil à Sylviane qui connaît quelqu’un qui analyse les rêves et les chasse quand ils sont trop durs à supporter. Elle ne dira bien sûr pas à Sylviane de quoi il s’agit en détail et lui demandera d’être discrète surtout par rapport à Arthur. On verra dans les jours qui viennent, pense Erica. Pour le moment, il est l’heure d’aller se coucher, car demain les enfants ne feront sûrement pas de grasse matinée, on leur a promis de les emmener faire du manège et elle doute fort qu’ils aient oublié en se levant demain matin.
Elle remonte vers sa chambre suivie de près par Arthur, il est très taquin ce soir, lui met la main aux fesses dans les escaliers, la colle jusqu’à la chambre et une fois la porte refermée, il l’embrasse, l’attrape d’une étreinte puissante, la pousse sur le lit, lui retire sa robe en un rien de temps, la caresse tendrement, dégrafe son soutien-gorge puis retire très agilement la petite culotte en dentelle assortie à la couleur de sa robe. Il retire d’un geste son tee-shirt, puis son pantalon très rapidement aussi, il se jette sur elle, lèche son corps de haut en bas, pourtant très doué, mais Erica ne sent pas le désir qu’elle ressent dans ses rêves avec Léon. Voilà qu’elle s’imagine dans cette même position avec lui, elle ferme les yeux et voit Léon lécher tout son corps puis la pénétrer pendant qui lui attrape les seins de sa bouche puissante. Humm… Elle se laisse aller au délice de cet instant. Il ne faut surtout pas qu’elle parle, il ne manquerait plus qu’elle l’appelle par le mauvais prénom, et là se serait le drame ! Qu’irait s’imaginer Arthur ? Qu’elle l’a trompé avec son meilleur ami ? Ou pire encore. Mais tout risque de changer, Arthur tient à entendre sa femme lui dire que c’est bon ce qu’il lui fait.
— Dis-moi que tu aimes, que tu en veux encore.
— Oh oui, j’aime, continue ce que tu fais
— Oui, c’est ça ! Ça m’excite ! Parle-moi encore !
— Oui ! Oui ! Encore, vas-y ! Plus fort ! Encore !
Il l’attrape par les cheveux, la plaque, le dos sur le lit et lui relève les jambes jusqu’à sa tête. Jambes en l’air et souffle légèrement court, Erica continue de fermer les yeux et d’imaginer Léon lui donnant ce plaisir. Tout en maintenant l’une des jambes d’Erica en l’air presque plaquée contre sa tête, il enfonce trois de ses doigts en elle tout en caressant avec son pouce son clitoris, ce qui semble lui donner du plaisir, elle frissonne, il enlève sa main et la pénètre de nouveau en posant la deuxième main sur le ventre d’Erica pour retenir la respiration, ils ont essayé ça un jour et ont trouvé un côté très érotique à ce geste.
— Parle !
Erica se laissant porter par le côté érotique et sensuel de leur rapport :
— Ohhhhh ouuiii ! Fais-moi hurler, Léon !
Elle comprend immédiatement le lapsus révélateur, Arthur continue de la satisfaire malgré tout, mais :
— Quoi ?
— J’ai dit, continue encore, c’est bon !
— Oui, c’est bon !
Pénétrant Erica pendant plusieurs minutes encore, à bout de souffle, il finit par éjaculer en elle. Il se retire en douceur et s’affale de tout son long dans le lit à côté d’elle.
Comme si un tourbillon flottait autour d’elle, Erica se lève, enfile ses pantoufles en fausses plumes noires, traverse la chambre à coucher, le couloir, descend l’escalier lentement, se dirige dans le salon où dort Léon, comme attirée par une force invisible et si puissante, qu’elle ne peut réprimer. Il est là, sur le sofa, qui la regarde et lui sourit avec un air malicieux.
— Tu es venue, je le savais, fanfaronne Léon.
— Je ne sais pas ce que je fais là. Je ne sais même pas comment je suis arrivée.
— Allez viens, rapproche-toi !
— Non il ne faut pas, Arthur est là-haut, et si je ne remonte pas très rapidement il va descendre me chercher, c’est sûr.
D’un seul bond, Léon se met debout et se rapproche, réduisant ainsi presque totalement l’espace qui les séparait il y a encore quelques secondes.
— Pourquoi toujours vouloir me résister ?
Il attrape Erica à bras le corps, à tel point que celle-ci en vient presque à manquer d’air. Erica sent ses forces l’abandonner, elle veut se débattre, le repousser, mais rien n’y fait. Elle n’a aucune force.
— S’il te plaît, Léon… Non
— Mais si, tu vas voir, ce sera rapide, personne n’en saura rien
Il agrippe la chemise de nuit courte que porte Erica, la remonte, cherche sa culotte pour la lui retirer… Mais rien, pas de sous-vêtement :
— Tu t’es préparée juste pour moi, je le savais, dit-il d’un air triomphant
La main puissante et si douce de Léon caresse le clitoris d’Erica. Le souffle d’Erica trahit le désir fou qui naît en elle, Léon le sent, il faut être rapide, ils ne sont pas seuls et quelqu’un pourrait débarquer sans prévenir dans le salon. Il baisse le maillot de bain qu’il a gardé sur lui pour passer la nuit, puis la pénètre brusquement avec une puissance digne d’un dieu en colère. Comme deux êtres collés par la puissance divine, ils se déchaînent et prennent un plaisir fou, lui en elle et elle, folle qu’il soit en elle. Le fruit défendu est bien le meilleur de tous !
— Léon ! Léon !
Les voix des enfants qui se font entendre jusqu’au salon.
Pourquoi les enfants rigolent ? Pourquoi leurs voix sont-elles si lointaines ?
Erica comprend à l’instant même où elle entrouvre les yeux, encore ses fichus rêves ! Ce n’est vraiment plus possible, il faut qu’elle arrange ça au plus vite, il ne faut plus que le lapsus de la veille se reproduise, même si pour cette fois elle s’en est bien sortie, qu’en sera-t-il la prochaine fois ? Si Arthur, qui aime tant l’entendre parler pendant leurs ébats, entend correctement ce qu’elle dit ? Mon Dieu ! Ce serait terrible ! Si Arthur… Arthur ? Sortie de ses pensées quelques instants, elle se rend compte qu’elle est seule dans le lit. Bien sûr, les enfants sont en bas avec Léon, donc Arthur a dû descendre avec eux.
Elle s’assied dans le lit pendant quelques minutes en écoutant les enfants chahuter en bas, elle essaie de reprendre ses esprits avant de descendre. Au bout d’un certain temps, elle décide de rejoindre le reste de sa famille. Elle prend son soutien-gorge posé sur le siège à côté d’elle puis enfile un survêtement et un tee-shirt trouvés dans le placard. Il y a du monde à la maison, elle ne descend pas en nuisette, Arthur ne supporterait sûrement pas ce genre de comportement qu’il jugerait « Très provocant et déplacé ». Une femme mariée et mère de deux enfants doit savoir garder ses distances avec tout autre homme que son mari et pour cela doit faire preuve de classe, de dignité et de beaucoup de sagesse de façon qu’en face on ne puisse pas l’interpréter comme de la provocation.
En descendant, elle se retrouve face à face avec Léon, décoiffé, vêtu de son short de bain fleuri bleu et noir et… Mais alors ce short, celui qu’elle a vu dans son rêve, celui qu’il avait descendu jusqu’à ses chevilles, est-ce qu’elle serait encore dans les bras de Morphée ? Non, ce n’est pas possible ! Elle se pince discrètement le bras pour en être bien sûre. Non, ça va, elle ressent bien la douleur. Léon, complètement marqué par la nuit probablement agitée qu’il a dû passer, exhale une haleine pestilentielle due à la journée et à la soirée trop arrosée de la veille.
— Salut.
— Salut.
Ils se frôlent dans l’escalier, un coup d’électricité statique passe entre eux au moment où leurs bras se touchent. Ils se regardent sans dire un mot de plus, puis continuent leur chemin : lui vers la salle de bain du haut, et elle vers le salon en bas.
Ce n’est vraiment pas possible… Comment un australopithèque dans son genre peut-il être à l’origine de ses rêves ? Ou de quoi que soit d’autres d’ailleurs, il n’est ni désirable, ni même un tant soit peu attirant. Arrivée en bas, Erica est surprise par le calme de la maison, elle cherche du regard, va voir à la cuisine. Personne… Là, sur le plan de travail, est posé le bouton en forme d’étoile qu’elle avait laissé hier soir. Elle se dirige ensuite vers le jardin. Son mari et ses enfants sont là, attablés devant un petit déjeuner de roi. Petits pains, baguette, brioche, beurre, confiture, lait, chocolat, jus de fruits, café qui fume encore.
— Tiens, voilà Maman !
— Coucou tout le monde ! Ça va ?
— Bonjour Maman. Papa est allé chercher des croissants, t’as vu ?
— Oui, je vois ça, c’est bien ! Est-ce que c’est bon au moins ?
— Oh oui ! Trop bon !
Erica s’approche de son mari l’embrasse et s’assied à côté de lui. Il lui sert du café et lui tend du lait pour qu’elle fasse son propre mélange.
— Merci.
Les enfants sont impatients, Enzo commence :
— Maman ?
— Oui
— On va aux manèges ?
Erica est fatiguée, mais si ça peut faire plaisir à ses enfants, alors elle fera en sorte que la journée soit agréable pour eux :
— Oui, c’est ce qu’on a dit hier, mais il faut aller vite se préparer parce qu’on n’est pas en avance, et si on veut profiter un maximum, il ne faut pas traîner.
— Ouais ! Trop cool !
— Finissez vos croissants et montez vous préparer en vitesse.
Léon les rejoint, Arthur entreprend la conversation :
— Alors, tu as bien dormi ? Tu as prévu quelque chose aujourd’hui ?
— J’ai dormi comme un bébé. Je vais traîner un peu puis j’irai retrouver une bande de potes dans un bar, où on va sûrement passer la soirée à la recherche de petites poulettes.
Erica le sermonne :
— Doucement sur le langage, je te rappelle qu’il y a des enfants ici.
— Oh ! Ça va…
— Non, ça ne va pas, tu es chez nous et s’il te plaît tu fais attention à ta manière de parler en présence de mes enfants.
— Les enfants, vous avez fini ? demande Arthur
— Oui.
— Oui.
— Bien, alors montez-vous préparer, et frottez bien vos dents, je viendrai vérifier.
Sur ces mots, les enfants obéissent sans mot dire, ils sortent de table et montent les escaliers à toute vitesse. Arthur, voulant apaiser la tension palpable entre son ami et son épouse se lève et annonce :
— Bien. Nous allons nous préparer aussi, chérie, si tu veux, monte te préparer et surveiller les enfants, on va débarrasser et ranger avec Léon.
— OK.
Arthur déteste se retrouver entre deux personnes qu’il aime, malheureusement, vu l’attitude de Léon et le caractère d’Erica, c’est presque à chaque fois qu’il doit s’interposer pour que ça ne finisse pas en pugilat. Il aimerait tellement que ces disputes et tensions disparaissent, mais il sait très bien que ce sera impossible. Léon et lui finissent de débarrasser, enlèvent la toile de la tonnelle, les tulles du tour ont été retirés la veille, plient les draps et la couverture et referment le canapé, rangent les jouets laissés par les enfants dans le jardin et dans la maison. Une fois la maison remise en état, Léon décide que c’est l’heure pour lui de partir. Il monte dire au revoir aux enfants et à Erica toujours un peu renfrognée. Il essaie de partir sur une bonne impression et s’excuse auprès d’elle :
— Allez, je me sauve, désolé pour tout à l’heure.
— OK, ça va t’inquiète, tu sais bien comment je suis aussi.
Ils se font la bise.
— Allez, ciao !
— Ciao, ciao !
Les enfants sont presque prêts, Erica part se préparer, Arthur la suit presque immédiatement dans la salle de bain. Il la prend dans ses bras, l’embrasse tendrement.
— Merci chérie !
— À quoi dois-je cet honneur ?
— Tu es patiente avec lui, même si tu ne l’aimes pas, et ça, tu sais peu de femmes le supporteraient sous son toit.
— Oui. En attendant, il s’est, comme à son habitude, très mal conduit et ce qui me dérange encore davantage c’est qu’il le fasse sous mon toit et devant mes enfants. Tu te rends compte de l’image de certains adultes que vont avoir les enfants ? Et mieux, l’image qu’ils auront des amis de leurs propres parents ? J’ai peur que nos enfants grandissent avec ce genre d’images et que par la suite ils se disent qu’être bourré ou vulgaire est tout à fait normal puisque ça se passe à la maison. Je n’ai pas envie que mes enfants grandissent en trouvant ça normal, et malheureusement Léon, qui lui n’a pas d’enfant, n’a pas l’air de le voir de cette façon-là.
— Chut, je sais chérie tu as raison, je suis désolé.
— Tu n’as pas à l’être c’est lui qui se conduit mal, pas toi.
— Oui, mais c’est moi qui ai insisté pour qu’il vienne.
— Ce n’est pas faux ! Bon allez, n’en parlons plus. Un point partout, balle au centre ! Il faut se préparer, les enfants attendent. Et puis si on veut profiter au maximum de la journée, il ne faut pas traîner.
— OK.
Il lui sourit, lui fait un clin d’œil charmeur et lui met une claque sur les fesses. Ils se préparent et rejoignent les enfants tout excités d’aller au parc d’attractions. Ils décident de ne pas se casser la tête pour manger, ils mangeront sur place, snack ou autre. Tout heureux de la belle journée qu’ils allaient passer, ils grimpent dans la voiture. Il faut une heure et demie de route pour arriver jusqu’à « Funny Parc Land ». Juste avant d’arriver, la route passe d’abord par des zigzags en forêt, puis par une étendue plutôt désertique. On voit ça et là des restes de bâtiments, qui aujourd’hui ressemblent plus à de gros amas de pierres qu’à l’ensemble immobilier qu’ils devaient être avant.
Erica n’a jamais connu ces bâtiments, quand elle réapprit à vivre après son accident, le coin était lugubre, on aurait presque pu imaginer des fantômes rôdant entre les blocs de béton poussiéreux. Arthur lui avait parlé de cet endroit, enfin de ce qu’il était avant le drame. Il lui avait raconté comment les immeubles se dressaient fièrement au milieu de petits commerces et quelques habitations çà et là, splendides, avec jardins et piscines, un quartier rêvé pour une famille avec tous les commerces et boulots à proximité, et tout ça en rentrant le soir à la campagne avoisinante. Visiblement, Arthur affectionnait beaucoup ce quartier. Ville et campagne en même temps, riche sans être trop tape-à-l’œil. En bref, tout ce qu’Arthur apprécie. Peut-être qu’ils auraient acheté une belle maison dans ce quartier, et auraient tout perdu comme beaucoup d’autres quand la tornade a pris pour cible toute cette zone. Apparemment, un beau matin de bonne heure, une tornade gigantesque a traversé la petite ville, et comme si ça ne suffisait pas, elle a fait demi-tour et est repassée sur le peu de choses laissées lors de son premier passage, presque comme si la nature elle-même avait décidé de ruiner l’endroit et uniquement cet endroit. Les phénomènes de ce style sont extrêmement rares dans la région, on peut même dire que cette fois fut la seule référencée comme meurtrière. Comme quoi, la vie nous réserve parfois de drôles de tours, et pas forcément les meilleurs.
Erica s’imagine les gens en train de se réveiller, ou les commerçants déjà en train de préparer leurs boutiques pour accueillir leurs premiers clients. Qui à ce moment-là pouvait se douter de ce qui allait se passer dans les instants suivants ? Le boulanger devant son fournil en train de préparer son pain ? La buraliste en train d’installer ses rayons de journaux ? La mère de famille déjà debout allant préparer le petit déjeuner de ses enfants ? Non. Personne ne se doutait à ce moment que sa vie allait changer, et même pire pour certains, que leurs vies allaient s’arrêter tragiquement. Plongée dans ses pensées, Erica ne voit pas le temps passer, ils arrivent enfin au parc. La petite famille descend avec entrain de la voiture et se dirige gaiement vers l’entrée du parc.
L’entrée est sous un porche où trône une superbe pancarte colorée avec des lettres en caractères gras penchés où est écrit « Entrez dans Funny Parc Land et amusez-vous ! » suivi d’une flèche vers le bas pour annoncer où se trouve l’entrée. Arthur prend les entrées pour deux adultes et deux enfants. Une fois à l’intérieur, les enfants traînent leurs parents d’un bout à l’autre du parc pour faire et refaire tous les manèges, ceux qui tournent, ceux qui balancent, ceux qui font peur, sans oublier ceux qu’on peut faire en famille comme le petit train pour ne citer que celui-ci.
Ils s’arrêtent un moment pour manger au snack, mais la pause est de courte durée, les enfants ont trop envie de continuer leur tournée des manèges et de refaire ceux qui leur ont le plus plu. Arthur et Erica, bien que fatigués par la courte nuit de la veille, cèdent aux caprices de leurs enfants ; après tout, c’est leur journée, ils ont le droit d’en profiter, c’est pour ça qu’on les a emmenés ici, et quoi de plus naturel pour des enfants que d’être hyper excités dans un parc d’attractions ?
Vers dix-sept heures, Arthur et Erica décident qu’il est temps de rentrer, demain il y a école pour les enfants et pour eux c’est travail. C’est alors que commencent les protestations des enfants :
— Oh non, pas déjà !
— Dis, je peux refaire la pieuvre une dernière fois s’il te plaît ? Allez, dis oui s’il te plaît ?
Arthur prend les choses en main :
— Bon, ça suffit maintenant, on a passé un bon moment, on reviendra, mais aujourd’hui il est tard, on rentre. Et je ne veux plus rien entendre, c’est compris ?
Les enfants, vexés de s’être fait gronder en public opinent chacun tête baissée pour montrer à leur père qu’ils ont bien compris le message.
Une fois tout le monde en voiture, ils reprennent la route, qui sur le retour, la fatigue aidant, semble toujours beaucoup plus longue qu’à l’aller. Les enfants s’endorment à l’arrière de la voiture, les zigzags semblent les bercer. Arthur et Erica n’échangent pas grand-chose sur le retour, quelques mots à peine.
Arrivés à la maison, les parents réveillent les enfants, puis les envoient se doucher. Pendant qu’Arthur finit d’aider les enfants, Erica descend en cuisine préparer un dîner rapide. Elle ouvre le frigo, en sort du jambon, des toastinettes de fromage, du fromage râpé et de la sauce blanche toute prête. Ensuite elle sort du placard le paquet de pain de mie, commence à déballer les ingrédients pour la préparation de ses croque-monsieur, et là, en regardant l’angle du plan de travail, elle se rend compte que le bouton en forme d’étoile ne s’y trouve plus. Peut-être qu’Arthur l’a déplacé ou que les enfants ont joué avec. Sans plus de réflexion, elle s’affaire pour finir ses croque-monsieur au plus vite. Le temps qu’ils passent au four, Erica prépare les goûters des enfants pour le lendemain, elle les met ensuite dans leurs sacs respectifs, puis vérifie qu’ils aient bien tout ce qui leur faut : livres, cahiers, tenues de rechange pour le sport. Elle entend le four sonner pour signaler la fin de la cuisson. Elle redescend, met le couvert dans la cuisine, sort ses croque-monsieur du four qui diffusent une excellente odeur dans la pièce, et appelle tout le monde pour le repas.
Une fois tous réunis autour de la table, elle demande :
— Est-ce que quelqu’un aurait vu un bouton en forme d’étoile ?
Sans attendre, Arthur, qui paraît surpris par la question, répond en montrant l’endroit d’un hochement de tête :
— Oui, j’en ai vu un ce matin sur le plan de travail.
— Tu l’as déplacé ?
— Non, pourquoi ?
— Il n’y est plus.
— Peut-être qu’il est tombé, ou qu’on l’a jeté sans faire exprès.
— Oui peut-être.
— Ça a l’air de te perturber ? Ce n’est qu’un bouton, c’est pas grave.
— Non, c’est sûr, ce n’est qu’un bouton, mais j’aurais aimé le retrouver et le recoudre, il s’est détaché d’un de mes chemisiers préférés. C’est pour ça que je me demandais si l’un d’entre vous ne l’avait pas vu. Mais n’en parlons plus, mangeons maintenant.
Le reste du repas se déroule dans le calme, les enfants sont fatigués. Après le repas, Erica couche les enfants assez rapidement en prétextant l’école le lendemain. Vu leur état de fatigue, il ne lui a pas fallu longtemps pour les convaincre qu’il valait mieux aller au lit très vite. Après l’histoire du soir racontée, le dernier bisou et la mise en route de la veilleuse, elle peut enfin aller prendre sa douche. Elle prend son temps sous l’eau chaude qui coule sur sa peau, l’odeur du bain-douche qui envahit la cabine de douche. Elle sort au bout d’un bon moment et entre dans la chambre conjugale. Son mari est assis dans le lit avec son ordinateur portable posé sur les jambes, il tape quelque chose. Elle demande :
— Tu es déjà en train de travailler ? Un dimanche soir ?
—
