Rythme cardiaque, rythme de vie - Christophe Scavée - E-Book

Rythme cardiaque, rythme de vie E-Book

Christophe Scavée

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Beschreibung

Le coeur et ses mystères...

Le cœur, organe de vie par excellence, rythme notre vie. S’il bat en moyenne 2,5 milliards de fois durant notre existence, dès qu’il montre ses premiers signes de faiblesse, c’est bien souvent la panique. Les questions sont nombreuses et nous ne savons pas si ce que nous avons ressenti est grave ou non. Il faut dire que le cœur reste pour nous mystérieux sous bien des aspects. Savons-nous seulement ce qu’est un rythme cardiaque normal ? Quelles sont les maladies les plus courantes et comment les traiter ? Ou tout simplement comment protéger cet organe vital autant que possible ? Voilà quelques-unes des questions posées par Pierre Guelff au Professeur Scavée. Tous deux nous invitent à découvrir le fonctionnement du coeur, l’influence de nos comportements sur celui-ci ainsi que les maladies cardiaques les plus courantes.

A travers des échanges entre Pierre Guelff et le Professeur Scavée, découvrez les réponses aux questions que l'on se pose couramment sur cet organe fascinant qu'est le coeur.

EXTRAIT

Le calcium (Ca2+) est indispensable à la vie. Les taux sériques (taux dans le sang) de calcium sont situés entre 2,1 et 2,6 mmol/L. Ce niveau est régulé par plusieurs médiateurs : la parathormone (PTH), la vitamine D et la calcitonine. Environ la moitié du calcium du sang est liée aux protéines (albumine). L’hypocalcémie est fréquente. Si elle est le plus souvent bénigne, elle peut également provoquer le décès. Elle se définit par un taux sérique de calcium inférieur à 2,1 mmol/L. Il s’agit généralement d’une conséquence d’une insuffisance en vitamine D ou d’un dysfonctionnement de la parathyroïde (hypoparathyroïdie). Les symptômes comprennent le plus souvent des sensations de picotements, des crampes, de la tétanie, des crises épileptiques. Sur le plan cardiaque, les conséquences sont néfastes. Le calcium est indispensable pour la contraction du muscle et pour la conduction électrique. L’hypocalcémie peut se manifester par un intervalle QT prolongé et de l’insuffisance cardiaque.

A PROPOS DES AUTEURS

Christophe Scavée est médecin depuis 1994, spécialiste en cardiologie. Il possède une formation supplémentaire en électrophysiologie à l’Hôpital cardiologique du Haut-Lévêque de Bordeaux. Il est également responsable de l’unité de Rythmologie, chargé de cours et chef de clinique aux Cliniques universitaires Saint-Luc (Belgique).
Pierre Guelff est auteur et chroniqueur. Il a remporté plusieurs prix, dont le Prix des Arts et Lettres de France.

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Veröffentlichungsjahr: 2018

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À mon épouse Arielle, qui m’a soutenu depuis le débutÀ mes petits champions, Charline et Edward.

LES AUTEURS

Professeur Christophe Scavée

Photo reproduite avec l’aimable autorisation de Saint-Luc Magazine.

Médecin depuis 1994, spécialiste en cardiologie avec formation supplémentaire en électrophysiologie à l’Hôpital Cardiologique du Haut-Lévêque de Bordeaux, le professeur Scavée est également responsable de l’Unité de Rythmologie depuis 2003, chargé de cours et chef de clinique aux Cliniques universitaires Saint-Luc à l’UCL (Université catholique de Louvain).

Pierre Guelff

Journaliste, auteur (Prix des Arts et Lettres de France, des Villes de Rouen et Versailles, des Auteurs de l’Année de la Communauté française), Pierre Guelff est également chroniqueur au Soir Mag, à POUR et en radio (Fréquence Terre en partenariat avec RFI, France Info et France Bleu).

Avant-propos

La collection « Santé en soi » évolue pour vous aider à devenir un acteur clé de votre santé.

Le temps est révolu où le patient n’avait que peu de ressources pour appréhender la maladie dont il souffrait. Même si les rapports entre le monde professionnel de la santé et le patient changent, le temps consacré à l’information manque régulièrement. De plus, sous la pression politique et dans un souci d’efficience économique, les institutions de soins développent des alternatives à l’hospitalisation et aux soins classiques. Il devient donc nécessaire pour toute personne d’acquérir plus d’informations pertinentes et d’autonomie face à la maladie.

Depuis sa création, dans chacun de ses ouvrages, la collection « Santé » des éditions Mardaga relève le défi d’apporter, sous une forme très accessible, une information médicale de grande qualité. Elle vise à offrir à tout lecteur des ouvrages qui traitent des questions qui animent aujourd’hui tant la communauté scientifique que la société autour de la santé dans sa définition la plus large.

Le livre que vous vous apprêtez à lire répond à un seul but : vous aider à devenir cet acteur bien informé et incontournable tant de votre santé que de vos soins médicaux. En effet, face à la multitude de sources d’informations consultables sous toutes les formes (réseaux sociaux, blogs, web, podcast, conférences, télévision, magazines), il est difficile de déterminer si les contenus sont fiables, validés par des experts ou douteux. Retrouver son chemin et un esprit critique dans cette infobésité qui nous pousse à appréhender beaucoup de données dans un temps de plus en plus court est parfois bien ardu.

Notre collection se veut être votre fil d’Ariane dans ce labyrinthe de surcharge informationnelle. Vous aider à apprendre et à comprendre tous les éléments utiles, sans pour autant les simplifier à outrance, est notre principale préoccupation.

Dans cet objectif, la collection évolue et évoluera encore avec la volonté d’offrir, si le sujet s’y prête, des approches plus dynamiques telles que des questions-réponses, des entretiens ou encore des controverses, tout en gardant un haut niveau de rigueur académique.

Au nom de toute la maison d’édition, je remercie les auteurs du présent ouvrage d’avoir répondu avec brio à cette approche dynamique de l’entretien avec un expert dans le domaine.

Je vous invite maintenant à lire ce livre, à le faire résonner dans votre quotidien et surtout à bien prendre soin de vous !

Professeur Frédéric Thys,Directeur de la collection

Avertissement

La prévention, l’information et la sensibilisation sont devenues incontournables dans notre société hyper médiatisée. Mais, trop d’information tue l’information, dit-on.

Dès lors, les autorités compétentes en la matière (scientifiques, organisations d’envergure comme les Nations unies, les Ligues de cardiologie, etc.), ont choisi de « célébrer » divers aspects du cœur et différents corollaires abordés dans son giron. Ainsi, on note la Journée internationale de sensibilisation aux cardiopathies congénitales (14 février), les Journées mondiales de l’hypertension (17 mai), de la thyroïde (25 mai), du cœur (29 septembre), des accidents vasculaires cérébraux (29 octobre), du diabète (14 novembre), la Semaine du Cœur en Belgique durant la deuxième quinzaine de septembre et la Semaine du rythme cardiaque en mai-juin avec, entre autres, des séances d’informations dans des écoles, les « Parcours du Cœur » dans près de mille villes françaises auxquels participent des centaines de milliers de participants…

Néanmoins, outre la lecture du présent ouvrage et d’autres sur le même thème, toutes ces célébrations internationales et mondiales, la consultation médicale reste avant tout la priorité à donner à toute prise en considération de sa santé.

P. Gf

PRÉFACE« RIEN NE VAUDRA JAMAIS UN LIVRE… »

« Docteur, je pense que quelque chose d’anormal se passe dans ma poitrine… », « Docteur, c’est ça des palpitations ? », « Docteur, je me sens tout drôle… », « Docteur, on m’a dit que j’avais un électro anormal… », « Docteur, on m’a dit que ce médicament pouvait avoir des effets secondaires… », « Docteur, est-ce que je peux participer à cette compétition sportive ? », « Docteur, est-ce que c’est grave ? Est-ce que je vais en mourir ? »…

Autant d’interrogations, autant de questions, que l’on n’a pas osé poser, que l’on n’a pas eu le temps de poser, ou auxquelles, dans le stress, on n’a pas bien compris la réponse et qui continueront donc éventuellement à nous traverser l’esprit, sans être bien certain si ce que l’on a ressenti peut être réellement grave ou non, s’il faut s’inquiéter, s’il y a quelque chose à faire…

L’éducation de la population aux questions de santé est un enjeu fondamental. Nos cours de sciences à l’école sont loin, oubliés, et n’ont probablement pas dépassé quelques notions anatomiques de base. Alors, certains demandent aux voisins, aux amis ou à leur coach sportif, et s’entendent répondre : « J’ai connu quelqu’un qui… ». D’autres s’aventurent sur Internet et découvrent les mésaventures vécues par quelques inconnus, peu avares de détails sensationnels, ou, au moins, découvrent la manière dont ces inconnus ont perçu ce qui leur était arrivé. Internet déborde d’informations, pas toujours vérifiées, pas toujours scientifiques, et le tri n’est pas facile à faire.

Pourtant, un symptôme bien dépisté par une personne bien informée sera diagnostiqué, à temps, par un professionnel de santé, et sera pris en charge, à temps, avant une complication éventuelle. Un professionnel de santé qui idéalement aura le temps d’expliquer le pourquoi et le comment, les avantages et les inconvénients des différentes options thérapeutiques, les risques, les bénéfices et tout ce que cela peut impliquer.

Quand il s’agit du cœur, un rythme cardiaque trop lent, trop rapide, parfois irrégulier, voire totalement irrégulier, peuvent être autant de signaux importants à détecter. Encore faut-il savoir ce qu’est un rythme cardiaque normal et comment le vérifier.

Depuis 2010, l’association belge des Cardiologues spécialisés dans la prise en charge des problèmes de rythme cardiaque, le BeHRA (Belgian Heart Rhythm Association), a mis en œuvre des campagnes d’information destinées à la population, sur les troubles du rythme cardiaque en général, sur la fibrillation auriculaire qui est l’arythmie la plus fréquente dans la population générale, et, plus récemment, sur la mort subite et les premiers gestes qui sauvent. Le BeHRA a aussi développé un site Internet, Mon rythme cardiaque (http://www.monrythmecardiaque.be), pour partager cette information au plus grand nombre. Il organise également des séances d’information. Mais rien ne vaudra jamais un livre que l’on peut laisser dans un coin de sa bibliothèque et auquel on pourra se référer quand une question nous vient à l’esprit.

Le BeHRA fait aussi partie de l’EHRA (European Heart Rhythm Association), l’association européenne des cardiologues spécialisés dans la prise en charge des problèmes de rythme cardiaque. L’EHRA a récemment pris plusieurs engagements forts concernant l’éducation de la population à reconnaître un symptôme, l’éducation des patients à prendre part à leur processus de prise en charge et de traitement, l’éducation aux gestes qui sauvent, et l’éducation à la santé plus générale en ce compris les mesures préventives, l’hygiène de vie, l’arrêt du tabac, les habitudes alimentaires et le maintien d’une activité physique raisonnable.

C’est dans cet esprit que s’inscrit le livre du Professeur Christophe Scavée. Celui-ci est reconnu en Belgique et au-delà de nos frontières pour son esprit pédagogue et sa manière d’exposer clairement des sujets compliqués. Il a fait une grande partie de sa formation au sein de la faculté de médecine de l’Université de Louvain à Bruxelles, avant de la poursuivre à l’Université de Bordeaux, qui est considérée en Europe comme pionnière en matière de description des mécanismes des arythmies cardiaques et de traitements innovants. Afin de partager et d’échanger les expériences et pratiques médicales, il garde des contacts fréquents avec de nombreux collègues en France, en Suisse, en Italie, aux États-Unis, au Canada ou encore en Australie.

Ce livre a également le mérite d’être présenté sous la forme d’un entretien avec un sujet naïf, rôle joué par le journaliste Pierre Guelff, qui n’hésite pas à poser toutes les questions nécessaires, à les remettre en perspective, à faire préciser ce qui semble plus compliqué, à démystifier la mort subite cardiaque et à dégager des messages concrets permettant à chacun de se prendre mieux en charge.

Pour beaucoup, le cœur est perçu comme le siège des sentiments, de l’amitié et de l’amour. C’est l’organe qui caractérise le mieux la vie. Le battement cardiaque de notre mère a bercé notre vie intra-utérine, et notre cœur donnera le rythme de chacune des minutes de notre vie. Quand ce rythme a des ratés, ce peut être l’équilibre de tout notre organisme qui est menacé. Notre dernier battement cardiaque sonnera l’heure de notre mort.

Ce livre a l’intelligence d’aborder non seulement les différentes arythmies selon les classifications médicales, mais aussi la pathologie par symptômes, les placer dans le contexte de la population générale, et d’en expliquer la prise en charge ainsi que les différentes options thérapeutiques. Il réexplique le fonctionnement normal du cœur et ose aborder toutes les interférences extérieures, le stress, le système nerveux, le yoga et la méditation, les insomnies, les drogues, le café, l’alcool ou encore les boissons énergisantes. Il soumet la pathologie cardiaque à une poussée de température, un emballement de la thyroïde ou une piqûre de tique. Enfin, il aborde également certaines circonstances particulières, événements heureux comme une grossesse, ou tragiques comme le 11 septembre 2001 à New York ou le 7 janvier 2015 à Paris avec l’attentat dans les bureaux de Charlie Hebdo.

Je vous souhaite une bonne lecture de cet excellent ouvrage et vous propose d’y revenir souvent pour compléter votre information en fonction de votre propre parcours de vie.

Docteur Georges H. MAIRESSEChef de service et maître de stage de Cardiologie,Cliniques du Sud Luxembourg à Arlon (Belgique)Ancien Président de la Belgian Heart Rhythm Association

LEXIQUE CARDIO1

Artère : vaisseau sanguin qui transporte le sang enrichi en oxygène. Toutefois, les artères pulmonaires transportent du sang appauvri en oxygène.

Cardiomyocyte : cellule cardiaque douée de contractilité.

Cardiovasculaire : qui a trait au système sanguin et/ou au cœur.

Cathéter : fin tube en plastique que l’on introduit dans un vaisseau sanguin afin de parvenir jusqu’au cœur et d’y pratiquer certaines interventions.

Diastole : phase de relâchement du cœur pendant laquelle il se remplit de sang.

Fréquence cardiaque : nombre de battements de cœur à la minute.

Insuffisance cardiaque : le cœur est fatigué et ne peut plus pomper suffisamment de sang pour apporter assez d’oxygène au corps.

Systole : phase de contraction du cœur pendant laquelle il éjecte le sang.

Valve : sorte de porte qui sépare les cavités du cœur. Elle laisse passer le sang uniquement dans un sens et l’empêche de refluer. Il y en a quatre dans le cœur : la valve tricuspide, la valve pulmonaire, la valve mitrale et la valve aortique.

Veine : vaisseau sanguin qui transporte le sang appauvri en oxygène. Toutefois, les veines pulmonaires transportent du sang enrichi en oxygène.

CAUSES DE DÉCÈS

La Direction générale Statistique a publié, en janvier 2018, un communiqué de presse reprenant les statistiques des causes de décès de 2015. Celle-ci permet de constater que les maladies de l’appareil circulatoire (28,4 % de l’ensemble des causes de décès) sont la première cause de décès devant les tumeurs (25,9 % de l’ensemble) et les maladies de l’appareil respiratoire (10,7 % de l’ensemble). Chez les hommes, ce sont les tumeurs qui occupent toujours la première place (29,6 %) devant les maladies de l’appareil circulatoire (26,4 %) et les maladies de l’appareil respiratoire (11,4 %), tandis que chez les femmes, le classement national est respecté.

En France, l’INSEE a récemment publié un rapport reprenant les sources de mortalité en 2016. Les principales sont :

le tabac qui concerne 60 000 personnes ;l’obésité, 55 000 personnes ;l’alcool, 50 000 personnes ;la pollution, 48 000 personnes ;les accidents domestiques, 15 000 personnes ;les drogues, 4 000 personnes.

Notons toutefois que les médecins mentionnent généralement plusieurs causes de décès lorsqu’ils remplissent les certificats de décès (2,4 en moyenne en 2011).

1. Extrait du numéro spécial « Cœur » du Magazine Saint-Luc, décembre 2013-janvier 2014.

1LE FONCTIONNEMENTDU CŒUR

Figure 1 – Fonctionnement du cœur.

Le système cardiovasculaire se compose de quatre éléments intimement liés entre eux : le cœur, le sang, les poumons et, bien entendu, les vaisseaux sanguins qui distribuent le sang à travers le corps. Le système circulatoire permet la vie de nombreux organismes.

Le cœur : sa genèse, sa localisation et sa taille

Le cœur est au centre du système cardiovasculaire. Ce système est anatomiquement et physiologiquement complexe. Cet organe est le tout premier organe à se développer durant la vie embryonnaire. À l’âge adulte, le cœur est composé d’environ 10 milliards de cellules. Et pourtant, à l’origine, il dérive d’un simple tube creux qui, au fur et à mesure de contorsions et de contractions, va se transformer en un système circulatoire double (sang bleu et sang rouge). On sait également que le système électrique intracardiaque se développe très tôt avant même que l’organe commence à fonctionner. Le cœur est un organe creux situé dans la cage thoracique entre les poumons et dont la grande partie se trouve du côté gauche du thorax.

- Quel aspect a-t-il ?

Il ressemble un peu à une pomme de pin : plutôt large au niveau de sa surface supérieure et postérieure, et plutôt convergent vers l’apex. Les dimensions moyennes du cœur d’un adulte sont de 12 cm de longueur et 8 cm de large. Le poids d’un cœur chez un adulte est d’environ 300 g, ce qui correspond grosso modo au volume d’un poing fermé. Il est de l’ordre de 240 g chez la femme. La masse cardiaque est directement proportionnelle à la surface corporelle de la personne : plus grand et plus gros on est, plus le cœur sera proportionné, mais il y a des limites.

La plus grande partie du cœur est composée de muscles qui contient des cellules appelées cardiomyocytes organisées en plusieurs couches musculaires.

- Un « gros » cœur est-il synonyme de maladie ?

L’organe gagne en volume lors de la pratique sportive régulière. En effet, lors de l’exercice physique, le cœur répond de la même manière que tous les muscles qui travaillent durant une activité physique d’endurance. L’augmentation de la taille du cœur correspond au concept d’hypertrophie. Des poids plus imposants peuvent être observés, parfois jusqu’à 500 g, sans pour autant que cela ne révèle une maladie particulière.

Cœur et circulation sanguine

Le cœur est creux et composé de quatre cavités à l’intérieur desquelles circule le sang. Il est composé des oreillettes (une droite et une gauche) et de deux ventricules (un droit et un gauche également). Les oreillettes droite et gauche sont séparées par une cloison appelée septum. Un autre septum sépare également le ventricule droit du ventricule gauche, ce qui permet aux deux circulations de ne pas se mélanger.

Figure 2 – Représentation schématique de la circulation sanguine et du cœur.

Le cycle cardiaque

Le cœur bat sans discontinuité quasiment depuis notre conception et durant tout le reste de notre vie. Cette fonction est assurée par les cardiomyocytes doués de propriétés de contraction. En gros, les cellules se contractent (systole) et se relâchent (diastole) sans cesse. Ces cellules sont disposées en réseaux distincts formant des faisceaux. La couche cellulaire la plus interne est appelée endocarde ; la couche la plus externe est l’épicarde. Ces contractions génèrent de la pression. La pression est l’élément moteur du système vasculaire. Le sang circule en effet en fonction des différences de pression : il s’écoule naturellement des cavités à haute pression vers des cavités à faible pression. C’est exactement ce qu’il se passe lorsqu’une oreillette se contracte : elle augmente sa pression et pousse le sang dans la cavité qui lui fait suite et qui est à plus basse pression. Le mouvement du sang des ventricules vers les artères obéit à la même règle.

Le cœur bat environ 90 000 à 100 000 fois par jour, soit 31 millions de fois par an, et des milliards de fois durant toute une vie. Il éjecte environ 6 litres de sang par minute. Chaque jour, ces battements cardiaques envoient l’équivalent de 8 000 litres de sang dans l’organisme, autrement dit une capacité équivalente au volume moyen d’une citerne à mazout !

Un sang désoxygéné noir ou bleu foncé (appauvri en oxygène) sort des muscles, des tissus et organes du corps humain, et est « aspiré » vers l’oreillette droite par deux gros vaisseaux appelés veines caves. L’oreillette droite éjecte ce sang vers le ventricule droit, qui l’envoie ensuite vers les poumons au travers des artères pulmonaires.

Le poumon est bien conçu et, avec ces trois cents millions d’alvéoles, il offre une surface d’échange avec l’air ambiant aussi importante que la moitié d’un terrain de tennis. Autant dire qu’en conditions normales, le sang est rapidement oxygéné et débarrassé de son gaz carbonique. Ce sang oxygéné revient vers l’oreillette gauche par quatre chenaux appelés veines pulmonaires, qui l’envoie vers le ventricule gauche. Le ventricule gauche éjecte le sang vers l’aorte qui, dans ses multiples ramifications et connexions artérielles, distribue le sang vers les différents organes qui composent notre organisme (ce circuit s’appelle le circuit systémique). Le réseau vasculaire est immense et, mis bout à bout, tous les vaisseaux pourraient faire deux fois et demi le tour de la terre !

Phases d’activité d’une cellule cardiaque

Cinq phases décrivent l’activité d’une cellule cardiaque : 4-0-1-2-3 (voir figure 3). La cellule est, tout d’abord, au repos ; c’est la phase 4. Elle s’active ensuite ; il s’agit de la phase 0. Au cours de celle-ci, la cellule cardiaque s’électrise (s’excite) et transmet cette activité électrique aux autres cellules. Ce phénomène que l’on peut apparenter à un interrupteur mis sur « On » s’appelle la dépolarisation. Le dispositif qui déclenche ce phénomène est astucieux et correspond à l’entrée de sodium dans la cellule à travers des canaux microscopiques qui font communiquer l’intérieur et l’extérieur de la cellule où se trouve ce sodium. Les phases qui suivent (1 très brève et 2 plus longue) permettent la contraction de la cellule. Durant la phase 2, il y a libération du calcium cellulaire indispensable à la contraction des myocytes. Pour que le phénomène puisse se perpétuer, la cellule doit donc revenir à son état initial, soit la phase 4. La phase de retour est la phase 3, aussi appelée phase de repolarisation. La durée de la repolarisation est un paramètre essentiel que l’on peut mesurer très précisément sur l’électrocardiogramme. Cette durée est appelée l’espace QT.

Figure 3 – Le potentiel d’action cellulaire cardiaque.

Les valves cardiaques

Les valves cardiaques sont de petits clapets qui peuvent s’ouvrir et se fermer sous l’effet des changements de pression observés dans le cœur. De petites dimensions, ces valves ont des tailles qui augmentent jusqu’à l’âge adulte. Elles sont composées de petits feuillets qui s’ouvrent et se ferment de manière hermétique. La fonction de ces petites portes est de permettre une circulation fluide et à sens unique à travers les cavités cardiaques. Ces valves empêchent le sang de faire demi-tour, de revenir en arrière. Le sang ne s’écoule que dans une direction, des oreillettes vers les ventricules, des ventricules vers les artères.

Le débit cardiaque

Le débit cardiaque correspond au volume de sang éjecté des ventricules vers les vaisseaux toutes les minutes. Lorsque l’on parle de débit cardiaque, on fait généralement référence au débit du ventricule gauche. Ce débit est exprimé en litres par minute : il correspond à une équation simple qui est le volume instantané éjecté par le ventricule multiplié par la fréquence des contractions (battements par minute). Si le ventricule gauche éjecte à chaque battement cardiaque un volume de 100 ml (0,1 litre), et si la fréquence cardiaque est de 80 battements par minute, alors le volume total éjecté chaque minute est de 8 litres. Lorsque la fréquence cardiaque s’accélère, le débit du cœur augmente. C’est ce qui se passe au cours de l’activité physique. Cette adaptation est aussi appelée la contractilité cardiaque. La contractilité exprime la force avec laquelle le cœur travaille. Le cœur s’adapte aux circonstances en variant son niveau de contractilité.

L’oxygénation du cœur

L’oxygène contenu dans l’air que nous respirons dans nos poumons passe dans les vaisseaux. Ces vaisseaux se ramifient en tuyaux de plus en plus petits jusqu’à ne former que des capillaires. Un capillaire est si fin (de la taille de votre cheveu, d’où son nom) que l’épaisseur de sa paroi tient au diamètre d’une cellule. Ils sont extrêmement nombreux dans le poumon où ils sont interconnectés et forment un véritable « lit vasculaire ».

Le poumon est un organe clé qui est composé d’alvéoles. Ces petits sacs se « gorgent » d’oxygène lors de nos inspirations. Ce précieux gaz indispensable à la vie est diffusé à travers la paroi très fine de l’alvéole vers les capillaires. Le sang qui circule dans ce lit vasculaire est composé de globules rouges chargés d’hémoglobine. Cette protéine capte l’oxygène diffusé et donne au sang « revitalisé » une couleur rouge vif.

Le réseau coronaire

Le cœur alimente le système vasculaire en pression. Tout travail mérite salaire, et ce fonctionnement indéfectible nécessite de l’oxygène et des nutriments. Cette fonction est assurée par des vaisseaux sanguins spécifiques appelés artères coronaires.

Les coronaires sont des artères qui courent à la surface extérieure du cœur et apportent à l’organe tout ce dont il a besoin ; les artères nourrissent le cœur. Elles naissent de l’aorte. La coronaire gauche distribue le sang vers le côté gauche du cœur (oreillette gauche, ventricule gauche et le septum qui sépare les deux ventricules). Du côté droit, c’est la coronaire droite qui se charge de ce travail.

La coronaire gauche se sépare rapidement après une première portion commune en deux artères : l’artère circonflexe et l’artère interventriculaire antérieure, chacune ayant un territoire à vasculariser propre.

Le système électrique du cœur

Le cœur est doué de propriétés d’automaticité (il se contracte seul et spontanément). Cela veut dire qu’il possède des cardiomyocytes autorythmiques, c’est-à-dire des cellules capables de générer elles-mêmes l’énergie électrique nécessaire à l’activation de l’organe, et ceci indépendamment de toute stimulation extérieure. Ces activités autogénérées sont appelées des potentiels d’action. Les cellules qui génèrent l’activité électrique sont des cellules dites « pacemaker ».

Le sang et sa constitution

Le sang est liquide, mais plus dense que l’eau compte tenu de tout ce qu’il transporte et le constitue. Le volume de sang d’un individu est de 5 à 6 litres s’il s’agit d’un homme, de 4 à 5 litres pour une femme. Il est constitué, entre autres, de globules rouges (4 à 6 millions par microlitre). La fonction principale du sang est de transporter l’oxygène des poumons jusqu’au niveau des cellules de l’organisme grâce à l’hémoglobine. Celle-ci est contenue à l’intérieur des globules rouges. La synthèse de l’hémoglobine nécessite la présence d’acide folique, de vitamine B12, de fer. Le sang se charge également de transporter les déchets produits du métabolisme cellulaire et de leur respiration (réaction chimique indispensable à la vie) dont le CO2, ou dioxyde de carbone, jusqu’aux poumons où il va être éliminé du corps.

- Quelles sont les autres fonctions du sang ?

Le sang est aussi capable d’acheminer tous les nutriments nécessaires au bon fonctionnement des cellules. Il contribue également à réguler la température corporelle. Il nous assure aussi une certaine protection grâce à d’autres cellules : les globules blancs, les plaquettes. Le sang « coagule » (se solidifie) lorsqu’une brèche sur un vaisseau sanguin cause un épanchement de sang (rôle des plaquettes). Les globules blancs combattent les maladies en produisant des anticorps ou en les ingurgitant (phénomène dénommé « phagocytose »).

- On parle parfois d’anémie. De quoi s’agit-il ?

Manquer de globules rouge cause l’anémie. Celle-ci provoque une augmentation du rythme cardiaque, car une baisse des globules rouges induit une diminution du transport d’oxygène vers les tissus. Une grande fatigue, de la pâleur sont des signes habituels de cette condition. Un manque de production de globules rouges, une hémorragie (blessures externes ou internes) causent de l’anémie.

VOYAGER EN AVION

Voyager en avion vous emmène à des altitudes bien supérieures à celle du niveau de la mer. Et pourtant pour ceux qui sont à bord, ces voyages se passent sans problème. Pourquoi ?

Parce que les avions commerciaux modernes sont « pressurisés » pour faire face aux variations de pression engendrées par la montée ou la descente de l’aéronef. L’air est amené de l’extérieur, comprimé, chauffé et livré dans la cabine à une température idéale pour le confort des passagers. De cette façon, la cabine reste à une altitude d’environ 2 500 mètres, alors qu’en réalité l’avion est à près de 10 km. Par ailleurs, l’air à l’intérieur d’une cabine d’avion est très faible en humidité. Sur un long vol, il est important de boire beaucoup d’eau pour rester hydraté.

Les variations de pression expliquent le phénomène des « oreilles bouchées » au décollage et à l’atterrissage, car l’air emprisonné dans l’oreille est bien entendu affecté par le changement de pression subit par ces modifications d’altitude. Pour rappel, au niveau du sol, la pression partielle de l’oxygène est d’environ 150 mmHg (20 % de la pression atmosphérique à 760 mmHg).

Cependant, en dehors de l’avion, elle est d’environ 25-30 mmHg, un environnement donc très hostile et non « viable » pour l’homme. À l’intérieur d’un avion qui effectue son vol de croisière, la pressurisation artificielle permet une pression partielle en oxygène de 125 mmHg, donc plus basse qu’au niveau du sol, mais cette petite différence est négligeable. En effet, l’affinité de l’hémoglobine pour l’O2 est plus grande et le sang restera complètement saturé en oxygène à cette altitude.

Quelques autres définitions importantes

L’arythmie

Au bout de 70 ans de vie, le nombre moyen de battements cardiaques équivaut à 2,5 milliards. Cette machinerie est donc solide mais, dans certains cas, la personne peut ressentir ce qui est communément appelé de l’arythmie. Ce terme désigne toute modification du rythme sinusal qui est remplacé par un rythme anormal. Le rythme peut devenir trop rapide, trop lent, irrégulier. Lorsque ce rythme cardiaque n’est plus normal, il existe éventuellement un risque pour le cœur de ne plus pomper de façon efficiente le sang. Lorsque c’est le cas, le débit du cœur baisse, et la circulation sanguine vers les organes principaux n’est plus correctement assurée. Les arythmies peuvent être très brèves (extrasystole) et sans conséquence. Mais si l’arythmie est plus longue, le débit du cœur peut être affaibli. Un rythme cardiaque rapide est appelé tachycardie ; un rythme lent est appelé bradycardie.

- Pouvez-vous nous donner quelques exemples d’arythmies ?

Les extrasystoles, la maladie de Bouveret, la fibrillation auriculaire, la tachycardie ventriculaire, la fibrillation ventriculaire, la maladie du sinus, etc.

Manifestations cliniques des arythmies (hors mort subite)

La syncope

Il s’agit d’un symptôme caractérisé par la perte de conscience, qui est totale et qui n’est pas secondaire à un traumatisme cérébral. La personne retrouve ses esprits de manière rapide et spontanée. La syncope fait suite à une diminution du débit sanguin au niveau du cerveau. Elle est parfois confondue avec la lipothymie (ou le malaise). C’est la sensation de ne pas se sentir bien sans pour autant perdre conscience. Une lipothymie peut précéder une syncope dans certains cas. On parlera dans ce cas de prodromes ou sensations qui sont interprétées comme les prémices de la perte de connaissance.

- Y a-t-il d’autres différences ?

La syncope n’est pas une hypoglycémie ou une épilepsie. Bien que ces deux affections engendrent une perte de conscience de l’individu, le mécanisme qui conduit à « débrancher » le cerveau est différent de la syncope dont la cause est cardiovasculaire. Ce symptôme peut être évocateur d’une maladie cardiaque sévère ; il demande donc une prise en charge médicale adéquate. Ceci dit, rappelons que la majorité des pertes de connaissance sont d’origine vagale (hypersympathicotomie2) dans des circonstances particulières (espace confiné, chaleur, anxiété, etc.). Cette syncope peut se dévoiler lors d’un test d’inclinaison ou Tilt Test.

Les palpitations

Les palpitations sont la perception qu’a l’individu de ses propres battements cardiaques et qui, selon lui, ne sont plus normaux. Ils sont ressentis ou perçus comme des sensations souvent désagréables ou dérangeantes. Parfois, le rythme ressenti par le patient est trop rapide, parfois il semble avoir des ratés. L’interrogatoire sera à nouveau très important. Il est toujours intéressant pour le médecin de savoir quand ont débuté les premières palpitations et quelles étaient les circonstances qui les ont déclenchées. Est-ce un repas trop lourd ? Est-ce lors d’une émotion, d’un effort physique intense ? Il est intéressant de considérer la présence d’autres symptômes au moment des palpitations.

- Quels symptômes ?

Par exemple, le patient présente-t-il des douleurs dans la poitrine ou des sueurs anormales au moment de ses battements anormaux ?

En général, les palpitations les plus souvent rencontrées sont secondaires à des extrasystoles. Il s’agit d’un rythme qui s’arrête subitement durant un instant et qui est suivi par un battement plus fort que le patient décrit comme un coup dans la poitrine. Isolé ou répétitif, ce phénomène est plus fréquent le soir. Dans d’autres cas, le patient rapportera de la tachycardie comme la maladie de Bouveret (démarrage brutal) ou la fibrillation auriculaire (rythme irrégulier). Le diagnostic formel ne peut être posé que par l’enregistrement d’un électrocardiogramme.

La tachycardie

Par définition, il s’agit d’un rythme rapide supérieur à 100 battements/minute. Le rythme peut être normal et sinusal, comme survenant dans le contexte d’une arythmie des oreillettes ou des ventricules.

La bradycardie

Dans la bradycardie, le rythme cardiaque descend en dessous de 60 battements par minute chez l’adulte. Certaines personnes peuvent présenter de manière physiologique ce type de rythme cardiaque. C’est particulièrement le cas des athlètes. Les personnes âgées peuvent également présenter un rythme trop lent. Chez la majorité d’entre nous, le rythme cardiaque descend la nuit en dessous de 60 battements par minute.

- Quelles sont les causes de la bradycardie ?

La bradycardie peut avoir des origines bien diverses et son pronostic en dépend fortement. La première cause vient d’une adaptation normale du rythme, telle qu’observée pendant la nuit ou chez les patients sportifs. Cela est normal et ne doit pas inquiéter. Toutefois, des maladies peuvent engendrer un affaiblissement de la conduction électrique qui secondairement se traduit par une diminution du rythme du cœur. Des problèmes du nœud sinusal, de la conduction entre les oreillettes et les ventricules (nœud auriculo-ventriculaire) sont des maladies fréquentes. Les atteintes des structures électriques du cœur peuvent être secondaires à la prise de médicaments (antiarythmiques), des anomalies du potassium, du calcium, à de l’hypoxie, des infections (maladie de Lyme), un infarctus, des troubles métaboliques comme l’hypothyroïdie… Tous ces éléments peuvent conduire à de la bradycardie. Dans certains cas, la correction de l’anomalie causale permet un retour à la normale du rythme ; dans d’autres cas, c’est irréversible.

- Quels sont les symptômes de la bradycardie ?

Il est possible que la personne ne ressente aucun symptôme. Cependant, lorsque le rythme devient très faible et que cela empêche les organes comme le cerveau de fonctionner normalement, la personne peut présenter les symptômes suivants : fatigue, impression de ne plus pouvoir avancer, tête qui tourne, perte de conscience, essoufflement au moindre effort, confusion chez la personne âgée, arrêt cardiaque dans les cas les plus graves.

- Quelles sont les complications de la bradycardie ?

Lorsque la bradycardie n’est pas prise en charge et qu’elle se perpétue pendant un certain temps, elle engendre une diminution de la circulation sanguine vers des organes clés tels que le cœur, le rein, le foie, le cerveau. La personne peut présenter de l’insuffisance cardiaque, de l’insuffisance rénale, des douleurs dans la poitrine, des chutes de tension importantes.

- Quel est le traitement de la bradycardie ?

Le traitement dépend, bien entendu, de la cause sous-jacente. Il est toutefois des situations où le rythme cardiaque ne se normalise pas malgré les procédures mises en place. Dans ce cas, l’implantation d’un stimulateur cardiaque peut être nécessaire.

Le pacemaker

On dénombre aujourd’hui sur la planète plus de quatre millions de patients implantés de divers systèmes de gestion des troubles du rythme (pacemakers, défibrillateurs, holters). Environ 1,25 million de pacemakers (PMK) sont implantés chaque année dans le monde. Le PMK, ou plus simplement « stimulateur cardiaque », est un petit appareil électronique qui lutte contre la bradycardie responsable de malaises, syncopes. Certains appareils augmentent la force de contraction du cœur.

Le système de stimulation est composé de deux parties : un boîtier et des électrodes de stimulation. Le boîtier est en métal (titane) et comprend une source d’énergie (batterie au Lithium-ion, dont la durée de vie est de 10 ans, voire plus), et de nombreux composants électroniques qui assurent les différentes programmations de l’appareil3. Le boîtier est positionné sous la peau près de la clavicule gauche et est connecté au cœur au moyen d’une ou de plusieurs sondes de stimulation. Les sondes sont composées d’un ou de plusieurs câbles électriques recouverts d’isolants et sont introduites dans les cavités cardiaques droites par la veine sous-clavière.

Figure 4 – Pacemaker.

Le stimulateur cardiaque sans sonde ou « leadless » pacemaker

La miniaturisation des pacemakers est telle que l’appareil ne pèse aujourd’hui plus que quelques grammes, et qu’il n’est plus nécessaire d’insérer une sonde dans le cœur. Le premier système qui fut implanté chez l’homme en 2013 est le NANOSTIM™. Sa taille est de 6 x 42 mm (de l’ordre d’une pile AAA). Par comparaison, un PMK conventionnel est 90 % plus gros. Un autre appareil, le MICRA™ a une taille plus faible de l’ordre de 8 x 24 mm. Le PMK est suffisamment fin et compact pour se loger dans le ventricule. Le dispositif est implanté dans la majorité des cas sous anesthésie locale, après réalisation d’une ponction de la veine fémorale droite. Le stimulateur est « conduit » sous radioscopie jusqu’au ventricule droit au moyen d’un introducteur où il sera ancré. Des milliers d’appareils de ce type sont aujourd’hui implantés à travers le monde.

Figure 5 – Maquette du cœur représentant le pacemaker « sans sonde », placé dans le ventricule droit.

2. Transpirations, étoiles devant les yeux, pâleur précèdent la perte de conscience. La personne se couche et se sent mieux. Toutefois, fatigue et nausées se prolongent pendant des heures. Ce phénomène est secondaire à une hyperstimulation vagale déclenchée par un coup de chaud, la vue du sang, un effort intense trop vite stoppé.

3. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à consulter la page « Qu’est-ce qu’un pacemaker ? » de la Belgian Heart Rhythm Association, http://www.behra.eu/espace-public/pacemaker/quest-ce-quun-pacemaker/.

2LE RYTHME CARDIAQUENORMAL

Le rythme normal est généré par le cœur lui-même. De fait, il est un muscle, mais il est parcouru par un réseau électrique dense, complexe aux innombrables ramifications. La première activité électrique qui lance la machine ne vient pas de l’extérieur, mais est générée par une « pile » naturelle ou pacemaker appelé « nœud sinusal » situé entre la veine cave supérieure et l’oreillette droite. Le rythme cardiaque qui dépend de ce pacemaker naturel est appelé rythme sinusal. L’activité électrique précède toujours la contraction qu’elle commande. Pas d’électricité, pas de contraction, pas de circulation, donc pas de vie.

Avoir un rythme normal, c’est donc avoir un rythme sinusal. Ce nœud sinusal est si petit qu’il n’est pas visible à l’œil nu, et son activité électrique ne peut être détectée sur un électrocardiogramme. Il est composé de petites cellules spécialisées qui apparaissent probablement vers le vingtième jour au cours du développement embryonnaire. Une fois activées, ces cellules transmettent l’influx électrique vers le reste des oreillettes (oreillette droite, puis gauche). La contraction des oreillettes qui pousse le sang vers les ventricules suit donc l’activité électrique. Dès l’instant où l’activation des oreillettes s’est produite, le courant électrique doit passer vers les ventricules. La connexion entre les oreillettes et les ventricules se fait en un seul endroit, une sorte de boîte de jonction appelée nœud auriculo-ventriculaire. À partir de cette jonction, la connexion se fait vers les ventricules au moyen d’un faisceau (faisceau de His) qui circule entre les ventricules (dans le septum) et qui présente des ramifications vers ces derniers. Lorsque les ventricules sont activés électriquement, ils peuvent se contracter.

Figure 6 - Vue antérieure du cœur.

Modulation du rythme cardiaque

Le cœur est richement parcouru par des fibres nerveuses qui sont en connexion directe avec le système nerveux. La régulation du rythme du cœur est secondaire à un dialogue, quasi permanent, entre le cœur lui-même et le système nerveux central et plus particulièrement la base du cerveau. La fréquence du cœur varie constamment selon les circonstances : le jour, la nuit, la position debout ou couchée, l’inspiration ou l’expiration, l’effort ou le repos. Cette variabilité du rythme est secondaire aux connexions neurologiques du cœur.

Système nerveux autonome

Les fibres nerveuses régulent le rythme cardiaque de façon réflexe, donc non volontaire. Le système nerveux autonome est divisé en deux grandes catégories de stimulations nerveuses qui agissent en opposition : on parle de système ortho et parasympathique. Il détermine la contraction ou le relâchement des muscles lisses, augmente ou diminue la fréquence cardiaque (FC) ainsi que la force des contractions, et stimule ou réduit la sécrétion de certaines glandes comme l’estomac ou encore les glandes salivaires. Ce système nerveux autonome est en grande partie régulé par l’hypothalamus qui se situe au niveau du cerveau.

Système orthosympathique