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Le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) peut dérouter, épuiser, inquiéter. Mais il révèle aussi des enfants débordants de créativité, de curiosité et d'énergie. Dans ce guide bienveillant et pratique, Pascale De Coster, mère de deux enfants concernés par ce trouble, partage son expérience de terrain et propose des solutions concrètes pour mieux comprendre et accompagner son enfant au quotidien.
Grâce à ce livre, vous apprendrez à :
- Comprendre ce qu’est réellement le TDAH et ses manifestations chez l’enfant ;
- Adopter des outils concrets pour canaliser l’énergie et développer l’autonomie ;
- Mieux communiquer avec votre enfant et apaiser les tensions ;
- Offrir un cadre clair, bienveillant et rassurant ;
- Aider votre enfant à s’épanouir à l’école et dans ses relations ;
- Renforcer sa confiance en lui et valoriser ses talents.
Émaillé de témoignages de parents, ce livre donne des clés simples, applicables et personnalisables pour transformer le quotidien et aider chaque enfant à déployer tout son potentiel.
Un livre-ressource essentiel pour les parents, les enseignants et tous ceux qui accompagnent un enfant TDAH.
Pascale De Coster est autrice de livres pour enfants et d’ouvrages consacrés au TDAH. Fondatrice de l’association « TDAH Belgique », elle s’implique depuis de nombreuses années dans l’aide aux personnes qui y sont confrontées. Elle a également publié chez Mardaga Le TDAH chez la femme et Le TDAH chez l'adulte.
À PROPOS DE L'AUTRICE
Pascale de Coster est une spécialiste du TDA/H. Touchée directement par ce trouble et fondatrice de l’association TDA/H en Belgique, Chez Mardaga, elle a également publié d'autres ouvrages sur le TDAH.
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Seitenzahl: 254
Veröffentlichungsjahr: 2025
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Aux enfants qui font tant d’efforts pour répondre aux attentes de ceux qu’ils aiment. Aux parents qui doutent de leurs compétences.
À Adrien, André, Isabelle, Rose et Sabine qui savent si bien ce que vivre avec le TDAH veut dire. À Iris, mon incroyable amie.
À mes fils et à mes adorables petites-filles Aurore et Fanny.
À mon Marichéri qui me soutient jour après jour par son amour inconditionnel et son inébranlable confiance en moi.
Dans cet ouvrage, l’usage du masculin est utilisé comme représentant des deux sexes, sans discrimination à l’égard des hommes et des femmes, dans le seul but d’alléger le texte.
Cet ouvrage traite du TDAH tant chez les filles que chez les garçons !
J’ai souvent l’habitude d’utiliser la phrase suivante pour commenter des petits instants de ma vie liés à mon trouble : « Bienvenue dans le monde merveilleux des TDAH ».
Même si dans la plupart des cas, cet univers est rempli de couleurs, de joie, de bruits et d’agitation créative qui rendent heureux, il peut aussi grignoter toute la patience et l’indulgence de nos proches. Et c’est dans ces moments-là que l’ouvrage que vous avez dans vos mains va prendre tout son sens.
Tout au long de ce livre, Pascale De Coster va enfiler sa combinaison de meilleure bricoleuse du monde. Elle va partager avec vous tous les outils qu’elle a collectionnés depuis de nombreuses années dans son atelier. Ceux-là même qui vont vous permettre d’améliorer vos relations avec l’enfant atteint de TDAH qui fait partie de votre vie, dans votre famille, à l’école, au sport ou aux mouvements de jeunesse. Vous aurez par exemple l’occasion de (re) découvrir les 5 règles de base du TDAH, portes d’entrée indispensables pour approcher le mieux possible ce trouble.
À travers ces lignes, vous allez très vite vous rendre compte que l’essentiel réside dans la communication avec ces enfants munis de supers pouvoirs. Vous allez apprendre à détecter les signaux qui ne trompent pas, à décoder les messages qui vous sont envoyés par les petites têtes blondes qui vous entourent et à vous-même utiliser les formules qui font mouche pour optimaliser l’interaction.
Comment établir des systèmes de routine qui stabilisent si bien l’enfant ? Comment maintenir votre enfant sur les rails quand le chemin devient sinueux ? Quelles sont les astuces pour stimuler la mémoire et l’attention ? Voici toute une série de questions auxquelles vous allez pouvoir trouver des réponses.
Une des grandes forces de ce livre réside dans les tranches de vie proposées par l’autrice. Elles mettent en lumière des situations qui ressemblent très fort à celles que vous avez certainement vécues un jour ou l’autre puisque vous avez la chance de côtoyer un enfant atteint de TDAH. Souvent, ces petites anecdotes vous feront sourire, parfois elles mettront le doigt sur une zone sensible. Mais ces instants vous prouveront, surtout, à quel point vous n’êtes pas « seul au monde ».
Vous l’avez compris, ce livre est rempli d’une tonne de bonnes ondes inspirantes pour améliorer la vie de l’enfant atteint de TDAH et de son entourage. La magie de ce récit, c’est qu’il offre la possibilité de le commencer par la fin, d’aller faire un petit tour au cinquième chapitre puis d’entamer directement le neuvième. Et ça, nous, les TDAH, on adore !
Adrien DevyverTornade et auteur(On m’appelle la Tornade, 2020)
Lundi, 6 heures 30. Une nouvelle semaine commence.
Pendant que Laurent, mon mari, s’affaire dans la cuisine pour confectionner les pique-niques de toute la famille, je termine de me préparer tout en vérifiant, une dernière fois, que les affaires scolaires et les vêtements des enfants sont prêts avant le gros rush du matin.
7 heures. Comme souvent quand il faut se lever, personne n’est au rendez-vous. Pourtant, chaque week-end, ils font la java dès l’aube.
7 heures 15. Aurore, 10 ans, et Fanny, 5 ans, descendent et s’installent à table.
7 heures 30. Après plusieurs rappels, Jules, 8 ans, déboule dans l’escalier (le mot est faible) et se pend à mon cou pour me faire un énorme câlin. J’y retrouve la même intensité que celle avec laquelle il pose chacun de ses gestes, qu’ils soient guidés par la joie, la tristesse, la colère, l’affection, la frustration, l’impatience, etc. J’ai envie de lui dire qu’il m’étouffe, mais je ravale mes mots pour ne pas déclencher un drame matinal. Trouble du Déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), disent les spécialistes…
Aujourd’hui, il est descendu assez rapidement pour avoir le temps de prendre son petit-déjeuner avec nous. Chaque étape du début de journée pouvant perturber son programme. Au cas où, ses tartines du matin et son berlingot de lait sont toujours prêts à être emportés et consommés dans la voiture. Ce matin, ils sont tous les trois de bonne humeur et s’habillent et se brossent les dents sans trop se faire prier. Voilà une semaine qui commence bien ! Je ne crie pourtant pas trop vite victoire. Parfois, il suffit d’un mot ou même d’un regard pour déclencher un tsunami émotionnel chez mon hypersensible.
Il ne reste plus que l’étape clé des chaussures avant le départ de la maison. Combien de fois vais-je devoir lui demander de les mettre ? Est-ce que je vais finir par m’en occuper moi-même ? Sans perdre patience, de préférence…
8 heures. On démarre enfin, avec quinze minutes de retard sur le programme. J’essaie de ne pas trop me mettre la pression, de ne pas m’énerver et de leur épargner un mauvais départ. Après tout, je n’avais qu’à mieux m’organiser ou me lever plus tôt. Heureusement, aucun embouteillage ce matin. Nous arrivons juste à l’heure à l’école, cette école que nous avons choisie avec tant de soin, d’attentes et de convictions.
8 heures 40. La cloche sonne. Un bisou, un « bonne journée », et Aurore est déjà partie. L’enseignante de Jules est absente aujourd’hui. J’ai toute confiance en sa remplaçante, mais je suspecte tout de même une journée plus difficile que d’habitude pour mon petit homme. Jules réclame son câlin avant d’entrer en classe. Passer à côté de ce moment de tendresse, c’est prendre le risque d’une crise d’angoisse. J’ai appris à vivre avec la grande sensibilité de mon fils, et j’aimerais que, contrairement à moi, il arrive à la dépasser. Je prends donc le temps de le rassurer et d’être à l’écoute de ses émotions. Il s’éloigne, satisfait de notre embrassade, le sourire aux lèvres. Chouette, aucune larme ne perle à la base de ses yeux. Décidément, cette nouvelle école lui convient parfaitement. Il semble enfin épanoui.
8 heures 50. La cloche des maternelles sonne. « Maman, tu viens un petit peu dans ma classe ? ». Je me joins à Fanny pour une histoire, un petit puzzle. Dix minutes pour mieux se séparer. Un bisou, un câlin. Elle ressemble tellement à son frère. J’avoue que cela m’angoisse. Et si elle aussi souffrait de trouble de l’attention ?
9 heures 10. J’arrive au bureau. Malgré tout le travail qui m’attend, je prends quand même un café avec mes collègues avant d’entamer ma journée professionnelle. Ce petit moment de détente entre mes deux « métiers » me permet de respirer pour mieux repartir. J’ai la chance d’avoir de chouettes collègues de travail, humains et compétents, et d’être employée par des personnes flexibles qui me portent la confiance que je pense mériter. Je ne sais pas comment je gèrerais ma vie tellement remplie sans ça.
La journée se déroule comme elle se doit. Je suis détendue, je gère mon temps. Les dossiers, c’est bien plus facile à manager que les humains. Pourtant, je jongle avec des piles de contrats, des délais auxquels je ne peux déroger, mais au boulot, le stress reste, en général, en sourdine.
16 heures. Je surveille l’horloge, il va bientôt falloir me déconnecter pour replonger dans l’autre partie de ma vie.
Il y a quelques semaines, après avoir craqué, j’ai pris la résolution de ne plus m’inquiéter de savoir comment se passaient les journées de Jules. Après tout, dans cette nouvelle école, quand un évènement marquant ou un incident a lieu, son institutrice s’en occupe, puis prend le temps de me l’expliquer avec énormément de bienveillance.
J’ai pourtant encore du mal à garder mes distances lorsqu’il s’agit des difficultés de mon fiston. Même maintenant que j’en connais la cause et que sa nouvelle école met tout en place pour l’aider, ma nature empathique et hypersensible me submerge encore parfois, et je ressens alors chaque difficulté qu’il rencontre comme un échec éducatif. Je sais, c’est une erreur, mais c’est ainsi.
Il faut que je file, je vais être en retard.
16 heures 30. J’arrive à l’école. Je récupère les enfants sans trop de difficultés. D’habitude, il y en a au moins un ou l’autre qui fait de la résistance ou qui est introuvable. Aujourd’hui, tout roule.
Quel bonheur !
Nous sommes en avance pour le rendez-vous chez la neuropsychologue. Hélas, ce matin, j’ai oublié le goûter sur la table de la cuisine. Je rassemble donc mes forces et annonce aux enfants que je vais aller leur chercher quelque chose au magasin à côté de l’école. Bien sûr, ils veulent m’accompagner. Je mets les choses au point : on se comporte calmement dans le magasin, on ne touche à rien, et on reste à mes côtés. Je me lance dans un périple que j’essaie, en général, d’éviter à tout prix. Heureusement, trois boissons et trois en-cas plus tard, nous sommes à la caisse. La file n’est pas trop longue. Quelle chance ! Car Jules et Fanny n’arrivent déjà plus à se contenir.
17 heures. Nous voilà prêts à nous rendre chez la neuropsychologue. Jules y va deux fois par semaine en plus de sa séance de psychomotricité du mercredi après-midi, de la visite chez le psychologue (ouf, seulement deux fois par mois) et de la visite trimestrielle chez la pédopsychiatre. C’est beaucoup de rendez-vous pour un enfant de 8 ans ! Mais c’est, en grande partie, grâce à toute cette prise en charge qu’il a retrouvé sa joie de vivre.
Les enfants se désaltèrent et mangent leur goûter. Je distribue des lingettes pour essuyer les bouches et les mains afin de les rendre un minimum présentables. « Jules, retire ton gilet mon chéri, il est noir de crasse ! ».
17 heures 10. On entre dans la salle d’attente avec cinq minutes d’avance. Fanny et Jules se disputent. La psychologue du bureau d’à côté manifeste son mécontentement en venant fermer, énergiquement, la porte de la salle d’attente. Désolée, j’habite loin, je n’ai pas d’autre choix que de conduire Jules ici accompagné de ses deux sœurs.
17 heures 15. La neuropsychologue est à l’heure, quel soulagement ! Jules et moi entrons dans son bureau. Pendant quelques minutes, nous faisons le point et échangeons des documents. Cela suffit pour que la voisine se manifeste à nouveau et confirme mon sentiment qu’elle trouve mes enfants trop bruyants. Ah, ces éléments perturbateurs ! Mieux vaut le prendre sur le ton de l’humour, cela détend. Je dis cela, mais en fait, je suis rongée par la culpabilité.
Il fait trop mauvais pour que j’emmène Aurore et Fanny faire une balade dehors. Nous passerons donc les quarante-cinq minutes de la séance dans la salle d’attente. Heureusement, aujourd’hui, la télé qui passe des dessins animés est allumée. Les filles se posent, et je ne les entends plus.
J’en profite pour lire les documents qui se trouvent dans la bibliothèque, des brochures pour m’informer sur les troubles de mon Jules. Finalement, je n’y lis que des choses déjà découvertes dans d’autres fascicules. Dommage, j’aurais aimé découvrir davantage de réponses, plus de propositions pour le soutenir et rendre notre quotidien plus facile. Être parent d’un enfant différent, c’est chercher continuellement des solutions pour lui faciliter la vie et, aussi, des astuces pour améliorer le fonctionnement de toute la famille.
18 heures. Fin de la séance. De toute évidence, il était temps que ça se termine. Jules se montre en effet bien excité. À peine sorti du bureau, en même pas deux secondes, il arrive à faire la java sur la table de la salle d’attente. Résultat, il laisse s’y échapper tout le sable de ses chaussures, poches et rebords de pantalon. Je présente mes excuses, tente un nettoyage succinct, lance un rapide « à jeudi », et on file. Le temps de fermer la porte, Jules a déjà appuyé deux fois sur le bouton de la sonnette à l’entrée. La « voisine » va encore apprécier.
C’est parti pour quarante-cinq minutes de route. Ouf, ils sont fatigués, pas trop de papotes bruyantes et de disputes dans la voiture. Direction l’école de musique pour le cours de clarinette d’Aurore. Laurent m’attend devant le bâtiment. Je lui laisse les deux petits puis monte avec ma grande. Je profite de son cours de musique pour allumer mon ordinateur et répondre à quelques mails professionnels.
19 heures 50. Je rentre à la maison. On s’installe pour manger. Les jours de neuropsychologue, c’est mon mari qui cuisine. Ouf ! Aujourd’hui, ce sera du riz avec un plat préparé. Qu’importe, c’est bon quand même.
Les autres jours, il travaille plus tard, et donc c’est à moi de gérer le repas, les courses, les devoirs, les leçons, les disputes, les bains, etc. Il reste peu d’espace dans cet emploi du temps surchargé pour les câlins et ça me désole.
20 heures 30. Le lundi, l’heure du coucher est décalée, on ne peut pas faire autrement. L’excitation est à son comble, mais je parviens malgré tout à envoyer tout le monde au lit. C’est papa qui raconte les histoires, ce soir. Aujourd’hui, je passe mon tour.
Tout en débarrassant la table, je regarde en arrière et je vois tout le chemin parcouru. Tant de moments difficiles !
Maintenant qu’on a une explication, je devrais être heureuse d’avoir commencé à mettre en place les bonnes réactions et de m’être détachée du regard accusateur des personnes qui jugent sans savoir. Je devrais me féliciter pour ce choix d’école qui permet à Jules, petit à petit, de retrouver une meilleure image de lui, cette image positive qui tend à lui faire défaut, comme pour à peu près tous les enfants qui présentent les mêmes troubles que lui.
Pourtant je me sens encore douloureusement blessée. Nous entendons encore trop souvent des réflexions désobligeantes et stigmatisantes. Et puis, il y a cet épuisement… Il fait partie intégrante de notre vie, à force de devoir faire face à autant de vivacité et d’impulsivité, de redoubler sans cesse d’imagination pour maintenir des balises fermes (mais avec suffisamment de douceur), d’arriver à nous maîtriser quand nos limites sont atteintes, voire largement dépassées. Ce sentiment de devoir encore, trop souvent, affronter cela sans répit, avec si peu de soutien… Ce trouble, que la plupart des gens ne comprennent pas, est tellement injuste pour le cœur d’une maman !
Voilà pourquoi, malgré tout l’amour que je porte à chacun de mes enfants, malgré mon instinct de les protéger de tous les maux, il m’arrive, surtout quand la fatigue tant physique que mentale me submerge, d’avoir des pensées horriblement culpabilisantes. Il m’arrive d’en vouloir à mon fils d’être tel qu’il est, alors que je le chéris plus que tout… Il m’arrive de me dire que ma vie aurait été plus simple et plus agréable si nous avions choisi de n’avoir qu’un enfant… Et même si ces pensées ne font que traverser mon esprit, quand cela arrive, c’est alors à moi que j’en veux le plus…
22 heures 30. Comme chaque soir, je vais regarder Aurore, Jules et Fanny dormir. Je les embrasse et leur glisse un dernier « Je t’aime ! » au creux de l’oreille.
Ce petit moment hors du temps me permet d’alléger un peu la tristesse qui campe au fond de mon cœur et me donne la force de mieux repartir. À demain, mes amours…
Une maman
Il y a vingt-cinq ans, j’entendais pour la toute première fois parler de TDAH.
Le diagnostic venait de tomber, le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité était responsable des multiples soucis que rencontrait Guillaume, 6 ans, mon fils.
Même si nous pouvions, enfin, mettre un nom sur les raisons de ses difficultés et qu’une prise en charge médicale allait être mise en place, cela ne me suffisait pas. Comment moi, sa maman, allais-je pouvoir l’aider à dompter ce trouble au nom barbare ? Lui donner le cadre et les limites nécessaires tout en restant aimante et bienveillante ? Favoriser sa motivation ? Renforcer son estime personnelle ? L’aider à s’organiser, à réguler son impulsivité, à canaliser son agitation ? Tenir bon sans m’énerver, sans crier, sans m’épuiser ?
J’aurais tant aimé que quelqu’un me guide tout au long du chemin tortueux que constitue l’éducation d’un enfant atteint de TDAH. Quelqu’un qui serait passé par là, qui comprendrait ce que je traverse, qui me proposerait des techniques, des trucs, des astuces, sans pour autant me culpabiliser ou me juger. Quelqu’un qui me prendrait la main et qui ne la lâcherait plus.
Je n’ai trouvé personne. J’ai dû apprendre sur le tas en tâtonnant vaille que vaille.
Avec ce livre je voudrais vous tendre la main.
Pour y arriver j’ai choisi de vous parler du TDAH de différentes manières.
D’abord de façon théorique, en vulgarisant des données scientifiques souvent indigestes.
En effet, soutenir efficacement votre enfant passe par une meilleure compréhension du trouble complexe qui le touche. Cela vous permettra de décoder son mode de fonctionnement et de mieux appréhender pourquoi, malgré tous ses efforts, il lui est parfois si difficile d’ajuster ses comportements à ses différents milieux de vie.
Je vous parlerai des conséquences d’un TDAH non pris en charge. Il est essentiel que vous sachiez que, si vous ne faites rien, les choses ne s’amélioreront pas au fil des années, bien au contraire.
Je vous renseignerai sur le diagnostic et les différentes prises en charge existantes.
Ensuite nous verrons, ensemble, que votre travail de parent est une part essentielle de la prise en charge du TDAH de votre enfant.
Et pour le mener efficacement, vous aurez besoin d’une boîte à outils bien remplie.
Je vous expliquerai donc, en essayant d’être la plus structurée, claire et pédagogue possible comment épauler et soutenir votre enfant, tant à la maison qu’en milieu scolaire.
Pas toujours facile quand on est une adulte atteinte de TDAH !
Vous apprendrez ainsi les cinq règles de base pour faire face au TDAH, comment communiquer clairement avec votre enfant, comment l’aider à s’organiser, à développer sa mémoire, son attention, sa concentration, à réguler son impulsivité, à canaliser son énergie, à trouver, retrouver ou maintenir sa motivation et son estime personnelle, comment contrecarrer ses comportements indésirables, comment le soutenir par rapport à sa scolarité…
Je vous partagerai des outils concrets, des procédures et des stratégies ayant prouvé leur efficacité. Vous constaterez qu’en les appliquant avec logique et persévérance tout en les adaptant à votre situation, à votre degré de tolérance et à votre capacité personnelle à agir plus facilement d’une manière ou d’une autre, vous augmenterez vos chances d’obtenir des résultats encourageants.
Les nombreux témoignages qui ponctuent ce livre vous feront pénétrer dans le quotidien d’autres familles confrontées au TDAH. Comme vous, ils font face à des situations diverses et multiples, ils s’interrogent, ils s’inquiètent, ils ont parfois envie de baisser les bras, ils évoluent, ils se réjouissent…
Vous constaterez que vous n’êtes pas seul.
Je ne vais pas vous mentir, le chemin sera long. Contrairement à ce que j’imaginais il y a vingt-cinq ans, le TDAH ne se dompte pas, il s’apprivoise tout au long de la vie. Il vous faudra apprendre à lâcher prise tout en tenant bon.
Ce travail de longue haleine vous demandera énormément de patience, de persévérance, et surtout, de bienveillance, tant envers votre enfant qu’envers vous-même.
Je sais mieux que quiconque ce que vous vivez, ce que vous ressentez, les épreuves que vous traversez au quotidien. J’espère donc, du fond du cœur, que vous accepterez ma main tendue et que nous pourrons avancer, ensemble, sur ce chemin parfois si difficile.
Amitié et chocolat belge
Pascale
TDAH est l’acronyme de « Troubleadu Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité ». Le TDAH est un trouble polygénique, dû à une constellation de défectuosités dans des milliers de gènes, dont l’étiologiebreste néanmoins encore à préciser1. Ce trouble de l’inhibitionc, décrit, dès 1798, par Alexander Crichton2, entraîne des difficultés à moduler les idées, les gestes, les émotions et les comportements. Il affecte la mise en œuvre et l’organisation, la vigilance et l’attention soutenue, la mémoire de travail, l’effort constant et le maintien de la motivation.
Ce trouble fréquent, dont la prévalence3 est semblable dans la plupart des pays, a peu évolué depuis une cinquantaine d’années, excepté parmi les populations bénéficiant de soins néonataux4. Les diagnostics ont, par contre, nettement augmenté5 grâce à l’avancée des recherches dans le monde médical6 et la sensibilisation au trouble du grand public, par les associations et les médias, qui conduisent à de plus nombreuses consultations.
On utilise encore trop souvent, pour parler de TDAH, les termes d’« hyperactivité » ou de « jeune hyperactif ». Ces manières erronées de nommer la pathologie sont loin d’être sans conséquence. Elles mettent uniquement en évidence le côté « agitation » sans évoquer les problèmes d’attention, qui sont pourtant les plus handicapants. De plus, de nombreux patients présentent un trouble de l’attention sans aucune manifestation d’hyperactivité physique7.
Les symptômes du TDAH s’expriment, varient et évoluent tout au long de l’existence, selon la personnalité de la personne atteinte, son âge, les comorbiditésd, les circonstances de vie, le contexte, les prises en charge mises en place et le soutien apporté par l’entourage.
Laurence, son orthophonistee – Les symptômes et les difficultés que rencontre Lilou sont circonstanciels. Cela veut dire qu’ils apparaissent en fonction des situations qu’elle doit affronter, de son état physique ou mental (fatigue, stress, anxiété, tristesse, etc.) ou de sa motivation.
Cela crée beaucoup de confusion et d’incompréhension de la part de son entourage.
Les différentes formes d’attention sont :
•l’attention soutenue qui permet de rester concentré sur une longue période, de traiter la même information longtemps sans « zapper », par exemple l’attention nécessaire pour étudier, lire un livre ou regarder un film sans décrocher ;
•l’attention divisée qui permet de traiter plusieurs informations en même temps, par exemple celle qui permet d’écouter en classe tout en prenant des notes ou d’écouter quand on vous parle alors que vous regardez une émission qui vous intéresse ;
•l’attention sélective qui permet de choisir l’information à traiter au milieu d’autres parasites, par exemple pouvoir étudier dans une pièce bruyante ou écouter ce que la personne en face de vous raconte sans être distrait par ce qui se passe tout autour.
Contrairement à ce que l’on pense généralement, les personnes atteintes de TDAH ne sont pas incapables de se concentrer. C’est la gestion de leurs ressources attentionnelles qui est problématique. Dispersés, hypersensibles aux stimuli distrayants (extérieurs ou intérieurs), les patients atteints de TDAH, quel que soit leur âge, éprouvent de grandes difficultés à mobiliser ou à maintenir leur attention. Peu attentifs aux détails, ces rois de l’oubli et des pertes d’objets en tous genres font de multiples erreurs d’inattention. Mal organisés, ils commencent et terminent difficilement leur travail, s’éparpillent, procrastinentget ont des difficultés avec la notion et la gestion du temps.
Ces symptômes s’aggravent dans les situations qui manquent d’attrait ou de nouveauté, ou dans les tâches monotones et répétitives. Ils peuvent diminuer quand l’environnement est nouveau ou si les sujets sont absorbés par des besognes particulièrement intéressantes. Le cerveau fabrique alors des substances chimiques qui améliorent la concentration et la vigilance, et lui permettent de fonctionner normalement. Il est, en quelque sorte, « réparé » par la passion. Hélas, cette action n’est que provisoire.
Sabine, sa maman – Selon son état de fatigue, son humeur et sa motivation, Lucas peut être incapable de se concentrer plus de quelques minutes ou, au contraire, quand une activité le passionne, le stimule ou lui apporte une gratification immédiate, d’hyper-focaliserhpendant des heures.
Cela explique pourquoi, quand il rentre épuisé de l’école, il a tant de mal à se concentrer sur ses devoirs, mais est capable de jouer toute la soirée sur sa console de jeux. Cela l’amuse tellement qu’à ces moments-là, il n’a plus du tout conscience du monde qui l’entoure. Quand je lui parle pendant qu’il joue, Lucas ne me répond pas, car il ne m’entend pas. Il perçoit peut-être un bruit de fond de paroles, mais il est incapable de faire attention à celles-ci, et encore plus de les comprendre et de les assimiler.
Cette hyper-vigilance sélective fait qu’il a également beaucoup plus de mal que ses frères à s’extraire d’une activité qu’il aime.
Garance, sa maman – Gabriel est tellement distrait ! Rien que cette semaine, il a perdu sa veste, une chaussure, son cartable, sa trousse, un pull, deux ballons de foot… et j’en oublie sûrement.
Comme il est incapable de se concentrer longtemps sur une même tâche (surtout si elle est répétitive) et que, tout en faisant quelque chose, il pense en même temps à dix mille autres trucs, il zappe sans arrêt d’une activité à l’autre en semant ses affaires sur son chemin. Cela m’épuise !
Laurence, son orthophonistei– Lilou rencontre de grosses difficultés à déterminer ce sur quoi elle doit porter son attention et à la détourner des stimuli perturbateurs (visuels, auditifs, internes ou encore moteurs). Un rien la distrait, un oiseau qui chante, une porte qui claque, un rayon de soleil, ses pensées, ses idées et ses émotions. Résultat, très lente ou trop rapide, elle suit difficilement les consignes, ne termine pas ce qu’elle commence et, au fur et à mesure que son travail avance, fait de plus en plus d’erreurs.
Ses parents me racontent qu’à cause de ses problèmes d’attention, la période des devoirs est devenue un véritable enfer quotidien. Malgré leurs efforts, leur investissement et les heures passées à travailler avec Lilou, ses devoirs restent désorganisés et malpropres, et ses leçons peu ou mal connues.
Son processus attentionnel défaillant lui demande des efforts insoupçonnés et ses résultats scolaires ne sont pas du tout à la hauteur de son travail.
Guillaume, son papa – Emma, lorsqu’elle doit résoudre un problème, se perd fréquemment dans son raisonnement. C’est pareil lors d’une conversation. Elle commence à parler, s’arrête sur des détails inutiles qui la font penser à autre chose et, en fin de compte, elle ne se souvient plus de ce qu’elle voulait vraiment dire.
Linda, sa maman – Léo a une très mauvaise mémoire. Quand je l’envoie dans sa chambre faire deux choses en même temps, il en oublie chaque fois une des deux.
Pareil pour l’école. Le soir, à la maison, il connaît parfaitement sa leçon, et le lendemain, à l’école, c’est comme s’il n’avait jamais étudié.
Laurent, son papa – Zoé est incapable de faire deux choses en même temps. À l’école, par exemple, quand on lui demande de recopier un texte tout en écoutant son professeur, c’est mission impossible. Soit elle écoute, soit elle écrit.
L’activité motrice est augmentée et désordonnée chez un enfant atteint de TDAH par rapport aux jeunes du même âge. Elle est le plus souvent désorganisée et non constructive (agitation permanente, instabilité, nervosité, incapacité à tenir en place).
Isabelle, son institutrice – Gabriel est incapable de rester assis sur sa chaise. Il bouge sans cesse, est toujours en mouvement, parle beaucoup et fait énormément de bruit. Cette activité excessive interrompt son attention et sa concentration, et gêne son aptitude à effectuer des travaux structurés. Pendant les récréations, il saute, court, grimpe, recherche les sensations fortes, prend de nombreux risques. De tous les enfants de l’école, c’est celui qui est le plus souvent puni et se retrouve le plus souvent à l’infirmerie ou aux urgences.
Claire, sa psychologue – Imaginez une magnifique voiture de course qui, rapide comme le vent, roule à toute vitesse, mais… n’a pas de freins. Elle est incapable de ralentir et de s’arrêter quand le pilote l’exige. Elle peut sortir de la piste et même s’écraser ! Elle a beau être la plus rapide, elle ne gagne jamais de courses, car elle a toujours un accident avant la fin.
Le cerveau de Zoé est comme cette voiture. Il a un bon moteur (Zoé est intelligente), une bonne carrosserie (elle est en bonne santé), mais ses freins ne fonctionnent pas.
Georges, son instituteur – Léo a un réel besoin de bouger. En classe, comme il doit rester assis, il n’arrête pas d’agiter ses mains ou ses jambes. Il touche à tout ce qui se trouve sur son bureau, joue avec sa gomme, dessine pendant les cours.
Cette hyperactivité, qu’il ne parvient pas à contrôler, est une véritable souffrance pour lui. Il doit sans arrêt faire des efforts pour rester tranquille, sans pour autant toujours y arriver.
L’hyperactivité intellectuelle se caractérise par une cadence de pensées accélérée. Les idées fusent à un rythme effréné, sans qu’il soit possible de les contrôler.
Xavier, son papa – Gabriel n’arrête jamais de parler. Il raconte tout ce qui lui passe par la tête et, comme il pense sans arrêt, il parle tout le temps. En plus, comme il est incapable de fixer son attention sur un sujet précis, il saute du coq à l’âne sans arrêt. C’est épuisant !
Marie, sa maman – Le cerveau de Lilou est toujours en ébullition. Le soir, à cause de ses multiples pensées, elle éprouve énormément de difficultés à s’endormir.
L’impulsivité se caractérise par des difficultés à inhiberjles actions, les gestes, les paroles, les pensées et les émotions. Enthousiaste, passionné, trop spontané et vivant mal les situations d’attente, le jeune atteint de TDAH, impatient, se précipite, interrompt fréquemment les autres dans leurs activités, leurs jeux ou leurs discussions, sans réfléchir aux conséquences de ses actes.
Terriblement sensible, il gère difficilement ses émotions. Vite frustré, d’humeur changeante, il démarre au quart de tour et perd facilement son sang-froid. Tout en regrettant et en souffrant des répercussions de ses comportements, il apprend peu ou pas de ses erreurs.
Laurence, son orthophonistek– Lilou n’a pas de filtres. Elle parle ou agit sans réfléchir aux conséquences de ses actes ou de ses paroles. En classe, quand elle a envie de se lever, elle se lève. Elle a quelque chose à dire, elle le dit tout haut, souvent en criant, sans lever la main. À la récréation, elle impose sa présence dans les jeux, coupe la parole, etc., sans se rendre compte qu’elle dérange. Son impulsivité agace énormément. Les adultes pensent que c’est une petite fille impolie et irrespectueuse, et les autres enfants ne veulent plus jouer avec elle.
Claire
