Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
À la suite d’un geste désespéré, Elizabel survit, mais perd l’usage de ses jambes. Accueillie dans un centre de rééducation, elle entame un douloureux combat pour renaître, corps et esprit meurtris. C’est là qu’elle croise la route de Zack, âme blessée comme elle, avec qui naît une complicité profonde. Ensemble, ils créent une association dédiée à la prévention des blessures invisibles que la vie inflige. Pourtant, l’équilibre fragile vacille : Zack choisit de s’éteindre. Ébranlée, Elizabel plonge au cœur d’un chaos intime dont elle devra émerger, guidée par une force nouvelle. Ce récit est celui d’une chute vertigineuse, d’une rencontre salvatrice, et d’une renaissance hors du commun.
À PROPOS DE L'AUTRICE
Isabelle Dorion cultive depuis l’enfance une passion profonde pour les mots, qui sont tour à tour devenus pour elle refuge, langage du monde et outil de résilience. Traductrice de métier, elle a fait de l’écriture son quotidien bien avant d’oser la publier. Diagnostiquée autiste à l’âge adulte, elle dévoile son tout premier texte : un récit qui joint l’expérience personnelle à l’universel.
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 64
Veröffentlichungsjahr: 2025
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
Isabelle Dorion
Un nouveau départ
Roman
© Lys Bleu Éditions – Isabelle Dorion
ISBN : 979-10-422-7739-0
Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant aux termes des paragraphes 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective et, d’autre part, sous réserve du nom de l’auteur et de la source, que les analyses et les courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information, toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite (article L.122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Ce récit est inspiré de faits réels, mais toute ressemblance avec des éléments de la vie personnelle de l’autrice serait purement fortuite.
Merci à mes relectrices et relecteurs pour leur temps et leurs conseils avisés.
Je remercie tout particulièrement mon amie Julie Noguès pour son implication dans la construction de ce récit.
Vous êtes extraordinairement peu doué, mon pauvre petit, mais peu à peu, vous avez dû tout de même vous faire une idée de ce que l’on exige de vous.
Hermann Hesse, Le loup des steppes
Ce qui m’a semblé remarquable dans ce livre d’Isabelle Dorion et ce qui m’a touché d’emblée, c’est la perception de sa passion dévorante et salvatrice pour le langage écrit. Comme il est dit dans ce roman, Elizabel s’exprime ainsi : « Je me lançais dans l’écriture », « Fervente pratiquante de la mise en mots », « Les mots m’ayant toujours fait rêver », « Vomir mes mots »… jusqu’à la jouissance de « la traque de fautes d’orthographe », ce qui me parle, évidemment, puisqu’on me demande bien souvent de corriger les fautes d’orthographe d’écrits rédigés par des proches, savants chercheurs qui présentent cette neurodiversité d’un trouble spécifique du langage écrit (que l’on nomme aussi dysorthographie).
Les deux références à la littérature dans ce livre sont celles de Kafka, livre de chevet d’Elizabel et celle de Herman Hesse, cité en introduction, mais je connais aussi la passion de l’autrice pour Dostoïevski puisqu’elle va, à ma connaissance, jusqu’à s’imprégner de la lecture de plusieurs traductions françaises de ce même auteur avec une soif de tout connaître. Je sais aussi le rapport sentimental que l’autrice entretient avec l’objet livre, bien illustré par son amour pour la collection de La Pléiade.
La littérature comme la musique est une ressource absolue de survie, réparatrice de ce que le monde abîme en nous, cela n’empêche pas d’avoir accès à d’autres recours de survie plus pragmatiques, terre à terre peut-être. Je connais son besoin d’avoir les mains occupées pour mieux poser son esprit en retirant son corps de ses bombardements sensoriels et interactionnels, en remplaçant les fidgets par le tricot, le crochet… tous ces « ouvrages de dames » traditionnels qui ne sont pourtant réservés ni aux dames ni aux mamies, qui nous ancrent dans le sol, ramènent un équilibre, favorisent une meilleure coordination entre le corps et l’esprit.
Un intérêt spécifique envahissant pour le langage écrit suscite inévitablement un désir d’écrire, d’extérioriser comme une face cachée de soi, en s’inspirant inconsciemment de tout ce que notre cerveau a engrammé de vocabulaires, de syntaxes, de styles, de langues au fil du temps et des lectures. La qualité d’écriture d’Isabelle Dorion en est le reflet. La clarté, la lisibilité dans la construction de ses phrases courtes donnent beaucoup de sens aux mots, de profondeur à ses propos, permettent de pénétrer immédiatement dans le sens profond des mots sans bla-bla.
Par ailleurs, le parcours de vie atypique de cette jeune femme, Elizabel, retracé dans ce récit, renvoie à tant d’expériences partagées de vie de femmes neurodivergentes et témoigne de ce sentiment si fréquent d’être trop abîmée, d’être en mode de survie permanente, de ne pas être réparable, de ne pas avoir droit à l’existence… avant que les premiers questionnements sur un possible profil neurodéveloppemental d’autisme ou autres TND1 ne viennent à l’esprit, avant de rencontrer la bonne personne, le bon professionnel, la bonne association, « Zotisterie » en l’occurrence, ce qui aide à cheminer vers un diagnostic valide avéré. Cela permet, avec le temps qu’il faudra, de se libérer de ce regard péjoratif posé sur soi, de ce sentiment culpabilisant d’un décalage irréparable, de ce camouflage épuisant, du fait de ressembler à tout un chacun, et puis d’oser être soi-même au risque de la bizarrerie, peut-être comme le dit Julie Dachez dans son dernier livre2, il s’agirait d’« embrasser la neurodiversité ».
Ce premier livre d’Isabelle Dorion donne envie d’en savoir davantage, d’avoir le récit de l’avant et de l’après de ce « Nouveau Départ », donne envie que l’autrice poursuive son travail d’écriture et de réflexion sur la diversité des humains en luttant contre ce terrible mouvement naturel de la domestication de l’homme par l’homme, propre à l’homo sapiens, seul primate à l’ego si développé.
Didier Lucquiaud,
Président de l’Association Réseautisme 37
Prologue
Elle allait le faire, elle en avait le courage. Plus de douleurs, plus de souffrances, pour elle comme pour ses proches. Elle avait trouvé LA solution. Elle prit une profonde inspiration et s’élança du balcon.
Sa colère s’envolait avec elle !
Puis plus rien…
Un bourdonnement…
Des gens se trouvaient au-dessus d’elle, des pompiers qui la transportaient sur une civière. Ses jambes… elle ne sentait plus ses jambes. Le reste de son corps était engourdi. Elle n’avait pas mal. Elle n’avait plus mal. Elle ne ressentait rien. Plus aucune sensation dans son corps. Elle voyait son enveloppe corporelle, mais elle lui semblait vide. Sa tête fonctionnait toujours très bien, en revanche.
Elle sentit une colère sourde monter en elle et éclater !
ET MERDE !
Elle s’était loupée. Elle avait survécu à la chute. Capable de rien, pas même de mourir. Son pire échec, foirer son suicide. Quelle horreur !
Je m’appelle Elizabel et je vais vous raconter mon histoire…
Chapitre 1
Un nouveau foyer pour Elizabel
Lorsque je franchis les portes de l’hôpital avec mon bon de transport sur les genoux, c’était un tout nouveau monde qui s’offrait à moi. Il faisait doux ce matin d’octobre et pour une fois, je n’avais pas froid. Le taxi stationnait sur le côté, le chauffeur m’attendait. Le petit logo handicapé ainsi que la plateforme à l’arrière ne laissaient pas de place au doute. Je m’en approchai tant bien que mal, ne maîtrisant pas encore mon nouveau véhicule.
Je n’avais jamais été très musclée, surtout des bras. Le sport, ça n’avait jamais été mon truc. On me disait empotée, avec deux bras gauches. Plutôt dangereuse qu’efficace en cours de sport… Le lancer de javelot ? Mais quelle bonne idée ! J’avais failli embrocher un camarade de classe lors de ma seule et unique tentative dans cette discipline. Ainsi qu’une brève expérience de lancer de poids, qui avait fini sa trajectoire à quelques centimètres de mon professeur…
Ce manque d’adresse et de force physique était présent depuis ma naissance et je me demandais comment j’allais pouvoir m’en sortir maintenant. Plutôt fluet, malhabile, mon corps n’avait jamais été mon ami !
Il fallait désormais que je travaille mes bras pour pouvoir avancer, ils m’étaient devenus plus qu’indispensables. Et il allait aussi être utile de changer mes habitudes de langage, il fallait désormais ne plus dire « ça marche », mais plutôt « ça roule » !
