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Demandeur d'emploi ? Non : offreur de compétences !
Deux milliards d’emplois devraient disparaître dans le monde d’ici 2030 ! Mais en même temps, 60% des métiers qui seront pratiqués alors doivent encore être inventés.
Vous êtes optimiste ? Il le faut, c’est la condition pour gagner. Mais ça n’est pas suffisant. Encore faut-il réussir à « se vendre ». Oui oui : être son propre commercial.
Ce livre vous indique comment. Comment affiner votre CV. Que dire dans une lettre de motivation. Comment se comporter lors d’un entretien. C’est court, parce qu’au bout du compte, ça doit l’être. La séduction vient dans les premiers instants. Et ensuite il faut transformer l’essai.
Mais ce livre ne veut pas faire l’impasse sur l’énorme révolution qui caractérise le monde du travail. Aujourd’hui. Et demain encore plus. L’emploi, qui reste une de nos principales préoccupations, ne se décline plus de la même manière.
La première partie de ce livre veut donc expliquer pourquoi il ne faut plus du tout revêtir le costume du « demandeur d’emploi ». Mais, à la place, prendre la posture de « l’offreur de compétences ».
Allez-y, réinventez-vous ! Au bout du chemin, vous trouverez vos revenus.
Ainsi que votre épanouissement.
C’est du moins le voeu que nous formulons.
Un guide précis qui vous donne des conseils pratiques pour booster votre recherche d'emploi et valoriser vos compétences.
À PROPOS DE L'ÉDITEUR
Depuis plus de 15 ans,
Edi.pro, maison d’édition belge, publie des livres et des lettres d’informations à destination des professionnels (dirigeants de PME, cadres, gestionnaires, professions libérales, enseignants, étudiants,…). Distribué dans toute la francophonie, Edi.pro édite des ouvrages, papier et électronique, tant en français qu’en néerlandais. Le catalogue compte près de 250 titres rédigés par des spécialistes de terrain.
À PROPOS DES AUTEURS
Pierre Guilbert est expert en management et en communication. Patron de son agence pendant sept ans, il a recruté. Et finalement très peu viré. Depuis qu'il a vendu son entreprise, il est formateur, consultant, auteur et conférencier. En gros : « toubib d'entreprise ». En Belgique comme dans plusieurs pays africains. Pour des boss comme pour des employés. C'est lui que l'on retrouve derrière le « Je » de ce livre.
Jérôme Kervyn de Meerendré a une âme d'entrepreneur. C'est dire qu'il n'est pas resté longtemps employé dans la finance. L'entreprise qu'il a créée dans les énergies propres a connu une croissance extrêmement rapide (175 travailleurs en cinq ans). Mais aussi des difficultés extrêmes lorsque le marché du photovoltaïque s'est effondré en Wallonie. Aujourd'hui il reste passionné par la création de nouveaux produits et services dans des domaines variés. De ce fait, il continue à engager régulièrement.
Nicolas de Vicq se présente comme un conférencier, « Infopreneur » et Coach en réinvention professionnelle. Des rôles qui l'amènent à aider les individus et les organisations à se réinventer pour offrir leur véritable valeur dans un monde en pleine transformation. On devinera facilement que le « Réinventez-vous » de la couverture est de lui. Nicolas est aussi créateur de contenu vidéo sur le Web.
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Seitenzahl: 203
Veröffentlichungsjahr: 2016
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En novembre 2015,j’ai eu la chance d’être invitéau Salon des Compétences et de l’Emploide N’Djamena, au Tchad.Jérôme Kervyn de Meerendré,un ami qui en connaît un bouten matière de recrutement,m’a accompagné.
Nous y avons fait, à deux,sept interventions,face à un public motivé et désireux de trouver un job.Plus d’un millier de personnes, jeunes pour la plupart.
Quelques semaines après notre retour,j’ai reçu un mail d’un participant.Il me disait qu’il avait suivi mes conseils,tant en matière de CV que d’attitude.Et qu’il avait trouvé un emploi.Il l’avait « gagné », cet emploi.
Un tel feedback pour moi,eh bien… ce n’est que du bonheur.Les pages qui suivent reprennent,en gros, les propos que Jérôme et moi avons tenus là-bas.
Il est donc tout naturel de dédier ce livre à tous nos amis tchadiens,avec qui nous avons partagé trois jours remplis d’interpellations depart et d’autre.Et, au-delà, à tous les jeunes qui doutent, légitimement,et qui veulent, résolument.
Pierre Guilbert
« J’ai échoué 3 fois à l’université. J’ai postulé 30 fois pour avoir un boulot mais j’ai toujours été rejeté. Quand KFC est venu en Chine pour la première fois, nous étions 24 à postuler et j’ai été le seul à être rejeté. Je voulais rentrer dans la police et sur 5 postulants, j’ai été le seul à ne pas être accepté. J’ai postulé 10 fois pour rentrer à l’université d’Harvard aux USA et j’ai été rejeté. »
Jack Ma, créateur d'Alibaba, 22ème fortune mondiale en 2015 avec 29,8 milliards de dollars, selon le Magazine Forbes.
Ce livre a trois parties.La troisième est la plus pratique, et répond sans doute davantage au besoin qui aura motivé le lecteur à chercher un tel ouvrage. Mais nous pensons que celui-ci serait incomplet s’il se limitait à l’aspect « vade mecum d’un bon curriculum vitae ».Que sera le travail demain ? Nul ne peut le dire avec nuance et précision.Mais tout le monde s’accorde pour dire qu’il ne sera pas comme hier et aujourd’hui.
Le monde change. Terriblement.Les perspectives qu’il nous permet d’entrevoir font peur à certains. Et semblent porteuses d’énormes opportunités aux yeux d’autres.Des milliards d’emplois peuvent disparaître. Des milliards de jobs peuvent trouver leur sens.Quelle que soit la position du curseur entre ces deux extrêmes – la cata ou la chance –, nous pouvons adhérer à une certitude : rien ne tombera du ciel. Pour personne. Le sort est entre nos mains. A tous. Mais surtout à chacun.
Nos moyens de subsistance, nous ne les devrons qu’à nous-mêmes. Et pas nécessairement dans l’emploi salarié tel que nous l’avons appris. Nous ne les devrons qu’à notre capacité à « vendre » : notre capacité à offrir quelque chose – un service ou un produit – à nos semblables. A la société. Et ce par le biais d’un patron ou d’un client. Ce sera désormais notre challenge : séduire ces derniers. Avant et pendant l’exercice de notre activité.
La première partie de ce livre plante le décor. Notre vision du nouveau paradigme. La robotisation numérique – la machine est notre principale concurrente ! – et l’ubérisation de l’économie, qui met à mal les pseudo-monopoles et les sources de revenus des Etats, vont modifier de fond en comble notre paysage sociétal. Et nos économies. Autant le savoir. Pour, s’il n’est pas trop tard, s’y préparer. Ou en tout cas maintenir l’espoir d’y jouer un rôle.Cette première partie répond au pourquoi et au pour quoi.
La seconde partie présente un outil d’analyse, qui permet à chacun de dessiner son rôle potentiel. De concevoir son « business modèle » personnel. Ce que nous offrons et comment. Avec quels coûts et quels bénéfices. Et surtout pour quels clients.C’est un outil qui doit servir à tous. Jeunes et moins jeunes. Etudiants et travailleurs. A toute personne qui ne veut pas être larguée demain. D’autant plus que, on le verra, demain c’est déjà aujourd’hui.Cette seconde partie traite du quoi.
La troisième partie parle du comment. Comment se vendre. Bien. Avec crédibilité et motivation. Avec sens et sincérité. Avec respect de l’autre et de soi.
Peu de gens se disent de bons vendeurs. Et quasi tous les vendeurs reconnaissent qu’ils se vendent eux-mêmes très mal. Parce qu’en effet ça n’est pas facile. C’est presque, si pas contre-nature, en tout cas contre-culture. Et pourtant c’est indispensable. Parce que personne ne le fera à notre place.
Cette troisième partie est nourrie de notre regard sur la communication. Parce qu’un CV n’a strictement rien d’un document administratif. Il s’agit de communiquer en un minimum de temps un message essentiel : faisons un bout de chemin ensemble, développons des projets communs. Et tous les deux on en sera heureux.
C’est le destin que nous voulons donner à cette première page : qu’en se tournant, elle montre une voie à même de répondre à vos aspirations à tous, amis lecteurs. Et que ce faisant, les catas que l’on prédit s’avèrent davantage de belles opportunités.
Chiche ?
Pavé dans la mare ? Allez, on commence tout net, splatch. Je veux dénoncer ici une fameuse escroquerie, ne fût-ce que sémantique, qui porte sur la préoccupation préférée, disent-ils, des électeurs : l’emploi.
La loi de l’offre et de la demande stipule que l’offreur est celui qui propose un produit ou un service. Quant au demandeur, c’est celui qui en a besoin, et qui est prêt à payer pour en disposer.
Dès lors…
Vous percevez l’entourloupe ?
On se trompe lourdement lorsque l’on parle d’offre et de demande d’emploi. Et cette erreur sémantique n’est pas sans signification sur le plan des comportements. Le classique demandeur d’emploi reste en situation de … demande. Pire : il quémande. M’sieur, je vous demande un emploi, s’il vous plaît. Comme un mendiant dans la rue nous demande quelques pièces pour manger, quelques pièces donc dont il se contrefout de l’odeur ou de la couleur. De l’argent, point barre. Et l’offreur, grand seigneur condescendant, daignera, ou non, lui offrir son obole, un emploi.
Conséquence évidente de cette perversion du vocabulaire, il n’y a rien d’étonnant de ce fait à constater une autre bizarrerie bien présente dans nos contrées : si l’emploi est la préoccupation principale exprimée par nos concitoyens, le travail n’a pour autant pas bonne presse auprès d’une majorité d’entre eux. On ne l’aime pas ! Ou en tout cas on ne lui donne pas une image enthousiasmante. Comment ça va, fieu ? Comme un lundi… J’ai connu cela lorsque, pendant quelques mois, j’ai – oui oui – travaillé pour une administration locale. Le matin, comment ça va ? Oh allez, ça ira mieux ce soir !
Le lundi, on attendait avec impatience le vendredi. En début de mois, vivement la fin ! Et en septembre ? Woh là là, qu’est-ce qu’on aimerait être en juillet ! Finalement, la seule perspective chouette qui se profile pour beaucoup de gens qui travaillent, c’est… la retraite. Le troisième âge, quoi ! J’exagère à peine, je crois.
Lorsque j’ai écrit mon premier livre – Bossons plus ! … avec plaisir1 –, nombre de mes amis m’ont dit que franchement j’aurais eu une meilleure idée d’intituler mon bouquin « Bossons moins… ». Derrière cet humour un peu potache, se profilait ce que je déplore : une forme répandue de détestation du travail.
Le matin, il y a, en gros, deux types de personnes : celles qui vont travailler, et celles qui « vont au travail ». Comme on va aux toilettes. Parce qu’il faut.
Avec ce regard négatif sur le travail, celui-ci n’est plus considéré que comme une source de revenus. On en revient à la vision de Frederick Winslow Taylor qui prétendait que le seul intérêt des ouvriers résidait dans le salaire. Un salaire de misère mais un salaire indispensable quand même. Sinon on crève. Il conseillait également à ses clients de bien préciser aux travailleurs qu’ils ne devaient surtout pas réfléchir. D’autres – les directeurs, les cadres, les contremaîtres – étaient payés pour cela. Wouf. Mais cela c’était valable au dix-neuvième et au début du vingtième. Lorsque Henri Ford s’inspira du taylorisme. A ce moment-là, l’Homme n’était qu’un « complément de la machine ». S’il connaissait des défaillances, eh bien on le remplaçait. Charlie Chaplin dans Les Temps modernes.
Dans les années 40, Abraham Maslow a heureusement rectifié le tir, avec sa « Pyramide des besoins », qui reste d’actualité. Cette hiérarchisation des besoins de toute personne humaine nous indique que le salaire, certes, est important. Mais qu’il n’est pas le seul.
Plus le besoin est bas dans la Pyramide, plus sa réponse sera de courte durée. Le salaire – qui octroie le pouvoir d’achat – est la réponse au besoin du niveau 1, celui qui consiste à assurer, depuis la nuit des temps, la subsistance de sa famille. Mais quand cela est garanti – et aucun salarié chez nous ne « crève de faim », au sens physiologique du terme – d’autres aspirations existent. Et notamment celles du dessus de la Pyramide, avec l’esprit d’équipe et le sens du travail. A quoi sert-on et avec qui. Et, au-delà, la possibilité, toujours, de relever des challenges, de se développer, d’apprendre. Même à 60 ou 80 ans !
Lorsque je dirigeais mon agence de com, j’avais besoin d’envoyer un de mes collaborateurs travailler dans les bureaux d’une énorme administration qui faisait partie de nos clients. A temps plein. J’en parle à une jeune femme en qui j’avais totalement confiance. Et je lui propose 250 euros bruts par mois en plus. Elle a refusé. Moi c’est ici que je veux travailler, pas là. Ici, j’ai une équipe, des collègues, avec qui j’adore bosser aussi bien que fêter nos anniversaires… Merci pour ta proposition, mais je préfère me contenter de mon salaire actuel.
Je n’ai pas insisté et j’ai demandé à quelqu’un d’autre. Ça c’est pour l’esprit d’équipe, l’étage 3.
Quant à l’étage 4, celui du sens, Jérôme me raconte.
Mon entreprise travaillait dans le photovoltaïque, avec donc des enjeux sociétaux. Cet aspect a lui seul a généré de nombreuses candidatures spontanées. Des personnes qui voulaient absolument travailler dans un tel secteur. Parce que ça faisait sens, dussent-ils diminuer leurs prétentions salariales.
C’est en cette perspective, ami lecteur, que je vous propose de croire. La beauté d’un job, le plaisir d’œuvrer, avec les autres, et d’avoir une place reconnue dans la société. Et c’est donc à cela que sert ce petit livre : gagner la confiance non pas d’un offreur d’emploi, mais bien d’un demandeur de compétences.
En cherchant à offrir les meilleures qui soient. Et à les valoriser.
Les convictions qui suivent, et qui reposent sur cette mise en valeur des compétences et d’une belle force de travail, tournent résolument le dos à la revendication d’une société sans travail. Certains de mes amis, qui n’ont pas nécessairement lu mon premier livre mais qui étaient par principe contre, défendent le droit à l’allocation universelle, prétextant que de toute façon la preuve est faite qu’il n’y a pas de travail en suffisance pour tout le monde.
Je veux leur répondre ceci :
Les emplois ne tombent pas du ciel. Il n’y en a pas « un certain nombre » que l’on peut se partager. C’est quelque chose qui se cultive. Par la vitalité économique d’un pays, d’une région.
Comment expliquer la différence très importante entre les taux de chômage de la Région wallonne (15,6%) et de la Région flamande (6,8%)2 autrement que par les différences qui distinguent les politiques, passées et actuelles, et les cultures ?
C’est comme cela depuis la nuit des temps. Et n’est-ce pas appréciable ? Pourquoi devrait-on s’en remettre à une dépendance énorme à l’égard des autres, de la société ? Ce serait dictatorial. Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley3 en dit long sur ce type de société qui veut faire le bonheur des gens à leur place.
La société idéale, par définition, ne peut exister. Ce serait une horreur, parce qu’on ne pourrait plus l’améliorer. Il n’y aurait plus de possibilité de débat. Ce serait, automatiquement, une société conservatrice, voire réactionnaire, dans la mesure où elle s’opposerait à tout changement, toute recherche de progrès. Vu qu’elle serait déjà idéale.
C’est ce que chantait Pierre Vassiliu dans les années 70. On a tous des gens bizarres dans nos vies. Et il faut se dire que s’ils sont bizarres à nos yeux, nous le sommes sans doute aux leurs… Il faut de tout pour faire un monde. Et quelle tristesse si on se ressemblait tous.Voilà pourquoi la société parfaite n’existera jamais !
La loi de l’offre et de la demande influe sur les prix. Si la demande augmente, les prix suivent la même évolution. C’est l’inflation. Calculer un seuil minimum me semble dès lors impossible. Parce qu’il serait immédiatement et tout le temps dépassé.
Stopper aujourd’hui le temps de la production de valeur ajoutée par un travail collectif, c’est faire courir une menace énorme pour les générations futures.
Allez, faut le reconnaître : qu’avons-nous fait de notre chance historique d’être, au regard de l’Humanité et du moins en Europe, les premières générations à ne pas connaître la guerre ? Pas grand-chose de beau. Nous avons démoli les villes, les campagnes, l’environnement et le climat. Nous avons créé le chômage et le burnout. Et nous avons arrêté l’ascenseur social.
N’en jetons plus, la coupe est pleine… Bossons ! Pour redonner de la vitalité aux générations qui nous suivront. Et pour éviter que nos régions ne deviennent le nouveau tiers-monde.
Tenez, en Afrique… il n’y a quasi pas d’institution du chômage.
Ni d’allocations. Du burnout là-bas ? Non, et c’est à nouveau la Pyramide de Maslow qui en fait la démonstration : quand on a faim, on ne connaît pas les questionnements existentiels. On bosse. Ou on crève.
1Bossons plus ! … avec plaisir, Academia Bruylant, 2005.
2 Site de l’Onem, pour 2014. Le taux de chômage de la Région de Bruxelles Capitale est, lui, de 19,3%...
3 Roman d’anticipation paru en 1932. « Le meilleur des mondes » décrit un modèle de société totalitaire qui définit à l’avance le statut social de ses membres. Des Alphas, l’élite dirigeante, aux Epsilon, petits et laids, qui s’occupent des tâches manuelles très simples. Grâce au « Soma », une substance distribuée quotidiennement, chacun est heureux de son sort.
A ce stade, j’espère que vous avez compris mon propos. Je ne sais pas s’il s’agit d’une volonté d’influer sur le rapport patron – salariés, mais ce dévoiement de la loi de l’offre et de la demande pour les questions d’emploi comporte d’importants effets pervers. Décrétons dès lors qu’il est temps de rétablir le vocabulaire correct et de se conformer à cette loi qui régule tous les pans de notre vie sociale et économique.
Définitivement, chers amis qui cherchez légitimement des moyens de subsistance, ne soyez pas demandeurs d’emploi, mais bien offreurs de compétences.
C’est ce que mon gars du Tchad a compris en se présentant à une place dans un hôtel de N’Djamena après avoir assisté à nos conférences et ateliers. « J’ai précisé au patron, m’écrit-il, que je n’étais pas demandeur d’emploi mais bien offreur de compétences ! Et comme j’avais peaufiné mon CV en tenant compte de vos recommandations… j’ai eu la place. »
Cette réhabilitation de la loi de l’offre et de la demande en matière d’emploi entraîne certaines modifications. Votre rôle n’est plus de demander mais de trouver. Et pour cela, de séduire, de rassurer. En un mot : de vous vendre. Pour trouver le meilleur rapport gagnant – gagnant avec votre demandeur, client ou employeur.
Trois recommandations pour trouver cette voie :
1. Rien ne sert d’être deuxième !
On s’autorisera ici à ne pas suivre les recommandations de Pierre de Coubertin, inventeur des JO modernes, qui disait que l’important n’est pas de gagner mais de participer… Non, non, les amis, dans ce genre de compète, le seul objectif qui compte, c’est de gagner. Je n’écris pas ce livre et vous ne le lisez pas pour faire l’apologie des Poulidor de l’emploi. Quand même !
La deuxième place est la pire. Parce qu’elle coûte cher et génère de nombreux espoirs, vains, et donc de belles désillusions.
Tout le monde le sait : postuler sérieusement, c’est-à-dire en y croyant, nous projette dans le désir, l’espoir, la presque certitude même que l’on va gagner. Qui n’est pas passé par là ? On se voit dans la place, on s’imagine avec les collègues, le job, l’environnement, les clients. Oh là là la belle carte de visite que l’on exhibera. Parce que bien sûr on s’imagine raconter aux copains nos challenges et difficultés. On n’y est pas encore mais on en est déjà fier.
Et puis, bardaf c’est l’embardée. Malgré les qualités évidentes de votre expérience, nous ne pourrons donner une suite favorable à votre candidature… et gnagnagna. Tout ça pour ça. Des heures à peaufiner le CV et surtout la lettre de motivation. Tous ces renseignements que l’on a glanés sur cette boîte qui allait devenir la nôtre. Cet entraînement avec des potes pour l’entretien. Et maintenant ? C’est la déprime, la confiance en soi qui s’effrite.
Et que dire aux copains qui vont tous nous demander… et gnagnagna.
Donc : il faut être le premier !
Or, le parcours peut être long et lent, raison supplémentaire pour l’entamer avec une mentalité de gagnant. Le lièvre un jour dit à la tortue… Hé hé, rien en effet ne sert de courir, il faut partir à point. Ce parcours comporte deux étapes, qu’il ne faut pas louper :
• Le peaufinage du CV et l’écriture de la lettre de motivation. On verra ce que cela suppose dans les chapitres suivants. A ce stade, il faut savoir une chose essentielle : dans la plupart des cas et quand bien même vous aurez passé des heures à le peaufiner, votre CV sera lu en moins de 30 secondes. Lu ? Parcouru. Survolé. Et ce balayage superficiel de votre CV par son principal destinataire, lecteur peut-être unique, décidera de son sort : la sélection pour un entretien ou… la poubelle. Certains se rassureront par une voie médiane : le classeur pour des recrutements futurs. Ouais… Mais bon, ça n’arrive pas souvent. Dès lors, que cette troisième hypothèse ne nous autorise pas à ne pas viser la première place !
• L’entretien. C’est le tour final, dont le podium ne comporte qu’une seule marche.On verra également plus loin comment tout mettre en œuvre pour atteindre cette dernière. Ou plutôt : cette première…
Cela veut dire que si ce parcours ne se termine pas sur la seule marche du podium, eh bien vous faites partie de… tous les perdants. L’unanimité des candidats moins un. Ce que je ne vous souhaite pas.
Mais la vie n’est pas un long fleuve tranquille, et ça vous arrivera sans doute. Dès lors, armez-vous de deux qualités, à cultiver : l’optimisme et la résilience4. Y croire, envers et contre tout.
2. Soyez fier de vos compétences !
Imaginez-vous face à un vendeur. De n’importe quoi, mais de quelque chose dont vous avez besoin. Un vendeur qui vous tiendrait le langage suivant : « Voilà, je vous présente mon produit. Bon, il a encore des défauts, c’est sûr, mais justement ça m’intéresse de vous le vendre, parce que comme ça, je pourrai l’améliorer... » Question : vous achetez ? Vous seriez bien con.
Dès lors, retenons ceci : si vous voulez être le meilleur, il faut non seulement vouloir l’être. Mais aussi l’être tout court, réellement. Et pour cela, le premier qui doit croire en vos compétences, c’est vous. Ça n’est certes pas suffisant, mais si vous, vous n’y croyez pas, ne comptez surtout pas sur les autres pour y croire à votre place. Dans toutes les démarches que vous allez accomplir comme dans tous les contacts que vous allez entretenir, on doit sentir cela : oui, vous croyez en vous, en vos capacités comme en l’enthousiasme avec lequel vous vous apprêtez à démarrer votre nouvelle activité.
Il y a longtemps, je recevais des candidats à un poste de documentaliste. Avec l’un d’entre eux, qui avait travaillé au Cadastre, je tins le dialogue suivant :
- Et que faisiez-vous au Cadastre ?- J’étais machintrucfaiseur…
Il me sortait un terme que je ne connaissais pas et que depuis, désolé, je n’ai pas retenu.
- Ah. Et en quoi ça consistait ? A quoi ça servait ?- Ecoutez, je n’ai travaillé qu’un an et demi là-bas. Je savais le faire, mais à quoi ça servait, ça je ne pourrais pas le dire…
Question : à votre avis, l’ai-je recruté ?
Pour que le recruteur – le demandeur de compétences prêt à acheter les vôtres – croie en vous, forcez-vous à le considérer comme un prospect. Un prospect qu’il vous appartiendra de transformer en client. Ca ne peut pas être l’inverse ! C’est en effet rarement au client de convaincre son fournisseur. Bien sûr, il vous arrivera peut-être un jour d’être face à un recruteur qui cherchera par tous les moyens à vous persuader qu’il est le meilleur pour disposer de vos compétences. C’est ce qu’on appelle un chasseur de têtes. Mais si c’est le cas, et ça n’arrive pas à tout le monde, c’est parce qu’à un certain moment, il aura perçu que oui, vous avez des raisons d’être fier de vos compétences. Et que lui, le chasseur de têtes, aura eu l’opportunité de gagner une commission à vous vendre. Effet, à nouveau, de la loi de l’offre et de la demande.
« Vous avez des raisons », ai-je écrit quatre lignes plus haut. Et là est la question : vous ne pouvez être fier que du vrai, de l’avéré, du reconnu. Point trop n’en faut donc à ce sujet. Le mieux est l’ennemi du bien : séduire et rassurer, oui ; avoir la grosse tête et se montrer « trop » sûr de soi, non. Ça énerve, ça insupporte. Ça fait fuir. Comme tout vendeur qui se la pète devant vous.On reviendra dans deux chapitres sur ce nécessaire équilibre à trouver dans sa présentation.
3. Adaptez vos compétences !
Vous êtes cocher de diligence, typographe, garde-barrière ou sabotier ? Ben, euh… peut-être avez-vous été excellent un jour. Mais ça ne peut alors être qu’au siècle dernier. Voire au précédent. Et si vous sortez de l’école avec ce beau diplôme tout neuf en poche, désolé de vous le faire savoir, mais on vous a un peu berné en matière d’opportunités de carrière. Parce que ces métiers, malgré la beauté artisanale qui les a caractérisés un jour, n’existent plus. Ou en tout cas, les besoins auxquels ils répondaient se sont fameusement estompés. Et donc la demande a quasi disparu. On peut le déplorer. Mais ça vous ferait une belle jambe, et tant pis pour le sabotier.
Aurait-on en effet dû empêcher l’évolution de la construction automobile ou des techniques d’impression pour sauver les emplois forcément menacés ? Ou grever le budget des chemins de fer nationaux en refusant de remplacer une main-d’œuvre chère et source d’erreurs par des feux rouges bon marché ? Quant à vous, mes éventuels lecteurs sabotiers, croyez-vous qu’il aurait été judicieux d’obliger tous les citoyens à chausser vos sabots merveilleux ? On n’est pas en Corée du Nord quand même !
Loin de tout cynisme, on peut considérer ici que les syndicats ou les politiques se fourvoient lorsqu’ils veulent à tout prix sauver des emplois. Leur rôle est de protéger leurs affiliés les travailleurs, ou leurs électeurs les citoyens. La nuance est importante. Que les syndicats cherchent à éviter qu’une part trop importante des bénéfices parte en dividendes dans la poche des actionnaires, c’est normal. Et que les politiques se préoccupent du fait que leurs aides soient génératrices d’emplois l’est tout autant. Mais qu’ensemble ils affaiblissent la vitalité économique d’une entreprise ou d’une région face à la concurrence par conservatisme, eh bien, c’est un mauvais choix.
La sidérurgie en Wallonie, comme dans le nord de la France, n’avait plus aucun avenir. Ses tentatives de sauvetage ont coûté des avions – voire des porte-avions –, de l’argent public qui aurait été mieux investi en améliorant l’environnement des affaires, et notamment pour les PME. Quarante années d’errance pour en arriver, de toute façon, à devoir admettre que ce fut un mauvais choix.
