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Une semaine de rêve , deux jeunes inconnus et la perte d'un amour naissant conditionneront les années qui suivront cet événement. Ils se retrouvent dix ans après et partagés entre présent et passé, ils débuteront une relation prudente car si aucun d'eux n'a oublié l'autre, leur histoire a laissé ses stigmates. Avec dix ans de plus, engagés dans la vie adulte, pourront ils faire la part du fantasme et de la réalité d'autant plus qu'un druide breton, mage à ses heures se mêlera de leur histoire. Soutenus par leurs amis parviendront ils à surmonter les épreuves passées et celles qui s'annoncent car c'est leur existence qu'ils engagent et ils n'ont plus droit à l'erreur.
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Seitenzahl: 295
Veröffentlichungsjahr: 2024
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Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Remerciements
Concentrée sur son document, Albane posa son stylo en soufflant puis elle sourit en refermant l’épais cahier posé près de son ordinateur.
« Enfin terminé ! »
Elle a mis un point final à la retranscription informatisée de sa réflexion et à la dernière relecture de son texte, après trois ans de travail d’écriture, de corrections et de lectures critiques, afin d’employer le mot juste pour définir et préciser ses pensées, ses actions, ses sentiments et ses émotions. Elle a volontairement replongé en sanglotant souvent, dans la noirceur d’un puit qui semblait sans fond et qui à certains moments, l’appelait à en finir avec sa vie vidée de son sens depuis trois ans.
Ce travail de réflexion et d’écriture fût une épreuve et depuis, elle a mieux compris et ressenti dans ses chairs, la définition du mot lorsqu’il s’applique à un écrit.
Son travail est l’aboutissement de sa thérapie et elle se sent soulagée, libérée de ses attaches avec son passé. Elle a accouché dans la souffrance de ce document et en posant le point final, elle a trouvé enfin une sorte d’apaisement. Elle a mis son passé derrière elle, au fil des pages, elle l’a peu à peu laissé s’éloigner d’elle. Sa thérapeute avait raison, ce long travail a été certes douloureux mais cathartique.
Peut-être s’accordera-t-elle maintenant le temps de respirer et parviendra-t-elle, sans doute pas à oublier, mais à écarter du centre de son existence ces dix jours de bonheur intense, jamais renouvelés ?
Depuis ces vacances-là, tellement de jours et de mois sont passés, privés de sens pour nombre d’entre eux, après les terribles pertes subies. Elle avait été ravagée au point d’aspirer à en finir avec cette vie, sans avoir jamais la force ou le courage du geste définitif et sans que rien n’émerge et vienne la bousculer ou simplement lui donner un souffle d’espérance.
En regardant la dernière phrase affichée sur son écran, elle eut soudain la sensation folle d’avoir été toutes ces dernières années, bizarrement anesthésiée, bien que son coeur ne soit qu’une plaie, pendant que le temps coulait autour d’elle. Elle eut l’impression qu’elle avait regardé sa vie comme une spectatrice passive aurait contemplé les ruines de son existence, manquant de l’impulsion nécessaire, de l’idée d’agir pour ne plus subir. Elle ne s’est peu à peu réveillée qu’en approchant du point final, à l’âge de trente ans avec l’immense chantier de sa vie à reconstruire.
Un peu assommée par l’idée des efforts à fournir pour y parvenir, elle ferma les yeux, but un peu de menthe à l’eau préparée dans un verre posé sur sa table et se revit pleine d’entrain, à pas tout à fait vingt et un ans, alors qu’elle venait d’obtenir son diplôme de professeur certifié malgré son jeune âge.
Pleine d’allégresse à l’idée d’avoir la charge de ses premières classes de lycée en septembre prochain tout en préparant l’agrégation, elle était partie randonner seule, le long des côtes bretonnes en compagnie de certains textes des dialogues socratiques de Platon, la littérature ancienne étant son domaine de prédilection.
En plus d’une année universitaire difficile bien que couronnée de succès, elle avait aussi à digérer un événement récent qui avait mis à mal sa perception d’elle-même.
Cette année, elle avait eu un petit ami pendant quelques mois, un étudiant attardé comme il le disait lui-même, plus âgé qu’elle de cinq ans. Il s’était récemment imposé sans tenir compte de ses réticences, en venant habiter chez elle pendant les vacances de Pâques, quelques semaines avant la fin de l’année universitaire car prétendait-il, ses moyens ne lui permettaient pas de louer un appartement correct correspondant au standing dont il devait bénéficier à son âge. Elle avait compris qu’il cherchait son propre intérêt en habitant chez elle mais si elle avait vaguement protesté, elle ne s’était pas opposée de façon ferme à son installation. Elle le trouvait intéressant mais n’était pas amoureuse de lui, il lui permettait surtout de ne pas se sentir seule, ce qui faisait hurler son amie France. Elle comprend ses remarques cinglantes aujourd’hui. Quant à lui, s’il lui disait facilement qu’elle était belle ou « canon », il ne lui confiait jamais qu’il était attaché à elle et encore moins qu’il l’aimait.
Elle aurait bien sûr, dû se méfier de ses motivations à lui autant que des siennes mais si des sentiments forts n’étaient pas au rendez-vous, elle lui faisait pourtant confiance.
Surtout, elle se posait des questions sur l’Amour ; qu’est réellement ce sentiment romantique dont on parle tant ? N’est-il pas surfait, ne serait-il qu’un bel emballage pour qualifier l’attirance sexuelle entre deux individus qui, en sublimant une bonne entente quotidienne, rendrait plus acceptable le désir charnel ? Quant à l’amour paternel ou maternel, serait-il davantage que le devoir à l’égard de ses rejetons ?
Elle qui n’avait pas reçu de témoignages d’amour de ses parents et avait été éduquée par une voisine-amie ne pouvait pas répondre à la question.
Il y a dix ans, fin juin, le jour des résultats au concours du Capes, elle ignorait que son petit ami avait été recalé à son examen pour la troisième fois lorsqu’elle avait été informée de sa propre réussite. Elle était rentrée chez elle très heureuse d’avoir été admise au concours, tandis que lui, déçu, frustré ou rendu jaloux, par l’annonce du succès de sa compagne, lui avait joué une scène d’une rare violence pendant laquelle elle avait fait connaissance avec ses poings de pugiliste entrainé. Elle en avait gardé quelques hématomes plusieurs semaines et un traumatisme affectif plus durable.
Agoni d’injures par France, venue à la rescousse et menacé d’un dépôt de plainte, il avait réalisé la portée de son emportement et avait eu le bon goût de claquer la porte de l’appartement emportant ses quelques affaires avec lui. Il avait disparu elle ne savait où, laissant derrière lui un vide sans grande consistance et aucun regret, démonstration s’il en était besoin, de sa grossière erreur.
Cet épisode qui aurait pu être beaucoup plus dramatique lui fit prendre conscience qu’ils avaient en quelque sorte profité pendant quelques semaines du peu que l’autre avait à proposer et que tout ce qui est supposé rapprocher un couple en était exclu.
Plus douloureux pour elle fut de constater que France avait eu raison de condamner son attitude d’acceptation sans grande réflexion et son manque d’exigence.
Elle avait peu à peu repris figure humaine, pendant l’été, son visage avait dégonflé bien qu’encore légèrement tuméfié par endroit et ses côtes restaient sensibles mais les vraies blessures, invisibles à l’oeil nu, étaient toujours bien présentes. Afin de faire la coupure et le point sur sa vie, elle était partie seule, sac au dos, randonner pour une petite quinzaine de jours fin août, le long de la côte bretonne, en quête de paix et de plus de sérénité.
Cette semaine-là, la deuxième moitié de son séjour, sentait déjà la fin de l’été et le temps n’était pas fameux, la température fraichissait et de gros orages étaient annoncés.
Arrivée la veille pour visiter un nouveau coin de la côte, elle quitta le matin, le gîte loué pour la dizaine de jours qu’elle avait prévu de passer sur cette portion de la côte. Malgré les nuages menaçants, elle avait tout de même pris le risque d’affronter la pluie, après avoir enfilé son sac pour une longue balade. Elle marchait depuis une bonne heure quand, vers la fin de la matinée, poussée par le vent, aveuglée par les éclairs d’un violent orage, trempée par la pluie et ivre du bruit des vagues qui se fracassaient sur les rochers en contrebas du sentier et du grondement du tonnerre, elle l’avait rencontré. Il était apparu tout à coup au détour du chemin, dans cette atmosphère d’apocalypse un peu irréelle, en aussi mauvais état qu’elle, luttant sans protection contre les éléments déchainés.
Lui, l’homme qui avait bouleversé durablement sa vie et ses sentiments.
Cette rencontre inattendue l’avait involontairement fait basculer en quelques mois dans le monde des adultes et coincée entre bonheur et désespoir, l’avait condamnée depuis dix ans à ne pas pouvoir l’oublier et à y penser au quotidien. Bien que disparu depuis dix ans, l’inconnu faisait toujours partie de sa vie, paré des nombreuses vertus fantasmées par l’absence.
Des larmes montèrent à ses yeux à ce souvenir quand la sonnette retentit et la tira brutalement de sa rêverie.
Devant la porte se tient son amie France joliment apprêtée d’une magnifique robe en soie vert herbe, une housse à vêtements sur le bras.
- J’en étais sûre !... Ne me dis pas que tu avais oublié ! Je te rappelle que dans un peu plus d’une heure nous serons accueillies par mes adorables vieux patrons pour la réception donnée en l’honneur du nouveau DG de leur boite.
- Désolée, je viens de terminer de relire mon pensum et j’ai oublié l’heure. Redis-moi pourquoi je dois t’accompagner à ce pince-fesse ?
- Tu m’enquiquines ma chérie, je t’adore mais tu ne sors jamais et tu finiras vieille fille avec un chat pour toute compagnie, si tu continues ! Passe cette robe, met un peu de déo, du parfum et un peu d’eye-liner, donne un coup de brosse à ta crinière et allons-y, ça fera l’affaire, tu ne fais pas ton âge et tu es déjà très belle sans tout ce cache-misère ! Une fille de la com qui l’a aperçu ce matin, m’a appelé pour me dire que notre nouveau Directeur est jeune, canon et célibataire. Il risque de faire chavirer le coeur de bien des demoiselles, alors rêvons, pourquoi n’attirerais-tu pas son attention ?
J’ai aussi l’intention de te présenter à Jeanne des RH en la suppliant d’accepter que tu leur envoies ton CV d’agrégée, de docteure et d’auteure. Je vais me débrouiller pour que chez nous, tu ne perdes pas ton talent parce qu’à la fac… J’arrête là, ouste, dépêche-toi !
Plus d’une heure après, bien qu’agacée de savoir que son amie préférait ignorer ses penchants vestimentaires plus sobres, Albane se sentait un peu déguisée dans une robe aux reflets argentés, simple et sûrement élégante si France l’assurait mais qu’elle n’aurait jamais achetée. Pourquoi chercherait-elle à attirer l’attention ? Elle ne se sentait toujours pas disponible pour une amourette, encore moins pour une relation sérieuse. Certes, elle s’intéressait aux autres mais ses sentiments étaient encore « gelés ». Elle se sentait toujours coincée dans le temps d’avant et n’avançait pas, même si les années de thérapie lui avaient fait du bien…
Avec sa flamboyante amie, elle passa un moment plus tard, la porte de la salle de réception d’un grand hôtel parisien, bruissant d’activité et magnifiquement fleurie. Elle eut à peine le temps d’admirer les somptueux bouquets odorants judicieusement disposés et d’apprécier leur composition et leur parfum que France l’entraina fermement à la rencontre de ces centaines de personnes qu’elle ne connaissait pas et ne reverrait probablement jamais. Elle se laissa faire, amusée et malgré tout curieuse d’assister à cette manifestation un peu hors norme pour elle.
Son amie France, une grande rousse pulpeuse aux cheveux longs et bouclés, aux yeux verts et au teint d’Irlandaise, d’une élégance un peu provocante mais sans vulgarité, l’avait prise par le poignet et fonçait dans la foule sûre d’elle, vers un groupe qu’elle avait repéré. Voir cette remarquable jeune femme tirer par la main son amie, à la stature fine et délicate, une jolie brune aux cheveux longs, un peu éthérée, vêtue d’une robe argentée, était très surprenant pour les observateurs. France donnait l’impression qu’une walkyrie avait capturé une délicate fée à laquelle il manquait toutefois, une baguette magique.
La scène avait sa dose d’irréalité et interpelait.
- Madame Armand, monsieur, permettez-moi de vous présenter enfin Albane, mon amie d’enfance, ma soeur de coeur. Elle a, malgré son âge et le manque d’ampleur de ses épaules, un CV long comme le bras dont elle ne se vante jamais, c’est pourquoi je le signale pour elle…, en gros je la coache.
L’homme et la femme, d’un certain âge éclatèrent de rire attirant sur eux les regards des personnes alentours.
- France décidément, vous ne changerez pas ! Nous sommes honorés de vous rencontrer chère demoiselle et il faudra nous expliquer pourquoi vous laissez France parler pour vous.
- Oh, c’est simple, parce qu’on ne peut pas l’arrêter, parce qu’elle est pétrie d’amour et de bonnes intentions bien qu’elle agisse le plus souvent, comme un bulldozer sans pilote et parce que depuis la maternelle, contente d’elle et sûre d’avoir raison, elle ne fait que ce qu’elle a décidé, quoi que j’en pense. J’ai donc appris à choisir mes batailles !
Le couple éclata de rire à nouveau.
- Voilà un portrait très juste de notre petite fille adoptive.
- Ma mère s’est remariée discrètement et sans fiesta avec le fils de Monsieur et Madame Armand, murmura France, et nous venons de l’apprendre. Je ne connais plus familièrement mes nouveaux grands-parents que depuis deux jours et comme tu étais aux abonnés absents... je n’ai pas réussi à te prévenir avant.
- Oh, je suis si heureuse pour Anne ! La maman de France est formidable vous savez, elle m’a quasiment élevée et elle est pour moi une véritable référence, ajoute-t-elle en s’adressant au vieux couple.
- Nous connaissons un peu Anne qui est discrète mais notre fils nous a chargé de garder un oeil sur sa pétulante belle fille pendant leur voyage de noces. Elle aurait l’art de s’attirer les ennuis bien qu’elle soit très appréciée par les gens de son service.
- Oh non, les vrais ennuis seraient plutôt pour moi, mais armez-vous de patience et soyez prêts à tout, France n’est jamais à court d’idées loufoques mais comme sa maman, on ne peut que l’aimer, assure-t-elle des éclairs de joie dansant dans ses lumineux yeux bleus, un très beau sourire aux lèvres.
« Albane est très belle mais n’en fait pas grand cas ! » pensa la grand-mère. Le couple échangea un regard après avoir eu un aperçu d’Albane transfigurée par l’affection qu’elle porte à son amie d’enfance.
La jeune femme fut tout à coup un peu bousculée par un mouvement de foule qui l’écarta légèrement de ses interlocuteurs. Un groupe de messieurs en tenues de soirée, arrivé derrière Albane l’écarta doucement et se présenta au vieux couple en prenant la place des personnes qui composaient le groupe précédent.
Albane sourit et recula d’un pas de côté, tout en cherchant son amie du regard. Elle s’apprêtait à discrètement la rejoindre lorsqu’elle fut retenue avec délicatesse par une main masculine fermement posée sur son avant-bras. Elle fronça les sourcils, le toucher masculin provoquant en elle, une brutale chaleur bienfaitrice, comme si sa peau reconnaissait la main de l’inconnu. Elle se tourna pour apostropher celui qui la maintenait et resta muette de stupéfaction.
L’homme, très élégant en tenue de soirée, s’adressait aux grands-parents de France avec beaucoup de déférence tout en la retenant plus discrètement par l’arrière du coude. Ils échangeaient mais elle ne comprenait rien.
La musique et le brouhaha des conversations se transformaient en un bourdonnement infernal et se mêlaient dans sa tête qui se mit à tourner. Prise de vertiges, elle ressentait des difficultés à respirer. Le coeur serré, une désagréable moiteur glacée recouvrit brutalement sa peau avant qu’elle chancelle.
Heureusement, France l’arracha sans plus attendre à l’homme et la poussa brusquement devant elle, ce qui lui permit de reprendre ses esprits.
- Qu’avais-tu ? Tu étais en train de tourner de l’oeil et l’autre bonhomme qui te retenait, un beau spécimen cela dit, mais il te connaissait ? C’était un professeur ? T’aurait-il dit quelque chose qui t’aurait effrayée ?
- Non… C’était un revenant après une disparition de dix ans, parvint-elle à murmurer.
- Quoi ? Ne me dis pas… le type sans nom de la randonnée bretonne ? Incroyable !... Viens boire un verre, tu te sentiras mieux après.
- Si tu le croisais, ne t’en mêle pas. Nous nous sommes séparés sans drame, c’était convenu, il ne s’était rien passé qui n’était pas consenti.
- Mais tu as été seule à gérer les conséquences de vos conneries, en plus du reste.
- C’était un risque et j’ai perdu. Il n’est pas responsable et puis surveille ton langage, on pourrait t’entendre ! termine-t-elle sentencieuse.
- C’est ton point de vue. Bois, c’est fort il y a des vitamines, un peu de rhum et des épices et ce punch va t’aider à surmonter le choc et puis, mange ces petits trucs afin d’éponger l’alcool… Allons parlà, si tes doigts sont propres, nous allons serrer des pinces, j’ai repéré la responsable des RH.
- France, ce n’est vraiment pas le lieu.
- De toutes façons, ton CV va transiter par les mains de papi et mamie et leur décision aura probablement force de loi, autant la prévenir.
C’est l’esprit confus et le coeur battant encore à folle allure qu’elle se laissa entrainer vers un groupe.
- Jeanne, permettez-moi de vous présenter mon amie Albane dont je vous ai déjà parlé, mes tout nouveaux grands-parents ont demandé son CV pour les relations publiques, préférez-vous attendre qu’il redescende avec mille recommandations ou qu’elle vous l’envoie directement ?
- Bonjour Albane, France est convaincue que vous seriez à votre place à ce poste délicat malgré votre âge. Envoyez-moi votre CV et je vous fixerai un rendez-vous. Notre nouveau DG aura sans doute son mot à dire car vous devrez le rencontrer souvent. On en reparlera Albane, merci France.
Passez une bonne soirée.
Un échange de sourires après, Albane expliqua à France pourquoi elle n’enverrait pas son CV aux Ressources Humaines de l’entreprise et annonça fermement qu’elle n’avait rien à faire ici et qu’elle partait.
France fulmine mais connaissant Albane, elle n’est pas étonnée par sa presque fuite. Après tout ce qu’elle avait vécu et souffert, cette réaction lui parait normale et conforme à la personnalité de sa discrète amie, alors qu’elle, se connaissant, aurait volé dans les plumes de ce sale type, causant certainement un esclandre et provoquant la honte de ses grands-parents.
« Mais j’aurais eu raison ! » pensa-t-elle avant de suivre Albane qui la devançant, s’apprêtait à héler un taxi, puis après une courte discussion, elles décidèrent de rentrer ensemble au bercail.
Pendant ce temps, l’homme enfin libéré par ses employeurs, chercha la jeune femme partout avant d’admettre, dépité, qu’elle était partie bien qu’elle l’avait sans doute reconnu. Il est déçu, ne peut pas accepter de perdre à nouveau sa trace et après un soupir de frustration, il s’obligea à se mêler à ses futurs employés afin d’avoir un premier contact avec eux. Il est là pour son travail et ne doit pas l’oublier même si son coeur a failli flancher tout à l’heure, il avait été foudroyé en revoyant sa belle et inoubliable jeune femme sans nom.
Pour lui, la soirée s’étirait sans fin, semblable aux dizaines d’autres identiques qui avaient jalonné sa carrière mais au moins cette fois, il l’avait revue. Ils se trouvent dans la même région et respirent le même air, bientôt, il en est certain, ils se reverront et peut-être que tous les espoirs lui seront enfin permis !
« C’est fou, dix ans de recherches vaines viennent presque de trouver leur conclusion. »
Il en était presque sonné et c’est dans un état second, un peu euphorique qu’il attendit l’heure de pouvoir, sans être discourtois quitter cette assemblée conviée en son honneur.
Vers quinze heures le lendemain, sa frustration et son impatience étaient immenses. Ne tenant plus d’impatience, il téléphona à la résidence des Armand, le vieux couple propriétaire de l’entreprise dont il devra s’occuper et demanda à être reçu.
A seize heures trente, il fut introduit dans un salon confortable et intime où le vieux couple se tenait.
Après quelques échanges d’amabilités, il en vint à exposer le motif de sa venue.
- Il y a dix ans, sur un chemin de randonnée breton sur lequel je cherchais des réponses existentielles, j’ai rencontré une jeune femme merveilleuse. Nous avons marché de concert et vécu une semaine fabuleuse, hors du temps et de toutes sortes de contingences, sans connaitre nos noms ni ce qui occupait nos existences. D’un commun accord, nous avions décidé que nos vies ne devaient pas interférer dans cette irréelle parenthèse. Sans son identité, je n’ai hélas, jamais pu la retrouver et pourtant il ne s’est pas passé une journée sans que j’essaye.
Hier soir, j’ai brièvement croisé à la soirée la jeune femme en question, mon coeur s’est emballé en reconnaissant son parfum avant même que je puisse voir ses traits. Je suis sûr de moi, je l’ai identifiée malgré les années passées, elle n’a pas changé et comme elle vous parlait, j’ai pensé que vous pourriez me donner son nom et peut être ses coordonnées.
- Mon ami, hier nous avons rencontré beaucoup de monde, comment était cette jeune femme ? Vous n’ignorez pas que nous ne connaissons pas personnellement tous nos employés.
- C’était en tout début de soirée, elle riait avec vous juste avant que j’arrive, je l’ai reconnue et le souffle coupé, je l’ai prise par le bras l’empêchant de rejoindre une amie qui était revenue la chercher.
- Je ne vois pas, décrivez-moi son amie.
- Une grande et très belle jeune femme rousse, habillée de vert. Notre amie commune portait une robe argentée.
- Tout à fait, je sais bien qui sont ces jeunes femmes. Que lui voulez-vous ? Notre petite fille est très protectrice à l’égard de son amie.
- Je n’ai jamais pu l’oublier or dix ans sont passés. J’aimerais avoir de ses nouvelles, pouvoir lui parler, la retrouver.
- Hum… Je peux essayer d’en échanger avec France notre petite fille, son amie intime depuis l’école maternelle, elle décidera de ce qui pourra être organisé.
- Ah oui, France, c’est vrai, son amie, sa soeur de coeur. Elles ont grandi ensemble jusqu’à ce que leurs choix d’études supérieures les séparent. Elle m’en avait parlé avec beaucoup d’affection. Dites à France que je n’ai pas de mauvaises intentions, cette rencontre et cette semaine bretonne m’ont marqué pour toujours, j’ai ri et je me suis amusé comme cela ne m’était jamais arrivé. Elle ignorait mon nom et ma vie comme je ne savais rien d’elle, c’était notre contrat, échanger sur tout sauf sur nous. J’ai ensuite beaucoup regretté de ne pas avoir assez d’indices pour la retrouver et elle m’a incroyablement manqué. Son souvenir m’a guidé pendant toutes ces années, comme un phare dans la nuit noire. J’ignorais que faire, mes pensées s’égaraient vers elle et j’étais éclairé, j’avais conservé l’impression qu’une sorte de lien ou de profonde connexion, ne s’était jamais interrompu.
- Ce que vous dites est beau et empreint de romantisme. D’après France, son amie était susceptible de déposer son CV chez nous mais pour le moment, nous ne l’avons pas. Si elle vous a reconnu et a fui la soirée, parce que nous avons remarqué leur très rapide départ, il n’est plus certain qu’elle le fera maintenant qu’elle sait qui vous êtes ! Elle ne voudra sans doute pas que quelqu’un puisse imaginer une forme de népotisme.
Nous vous préviendrons si nous en apprenons davantage mais cette jeune femme nous a beaucoup plu, elle a beaucoup d’humour et de la classe à revendre, elle est discrète et ne demande rien. D’après France, c’est aussi une brillante intellectuelle mais modeste, elle ne cherche pas à faire connaitre ses titres et ses diplômes en s’en vantant de quelque manière que ce soit. Il est certain que nous la reverrons avec beaucoup de plaisir, ce qui n’est pas le cas de toutes ses congénères qui ne craignent pas d’utiliser des moyens contestables pour se faire remarquer, vous devez connaitre le problème ! termine-t-elle en pinçant les lèvres.
- Je vous remercie de m’avertir si vous obtenez un moyen de la contacter.
Puis iIs échangèrent à trois, un moment sur l’entreprise et il s’en alla, observé longuement par Madame Armand postée près de la baie vitrée.
« Il devait être amoureux d’Albane, ils se sont séparés après cette randonnée et il n’a pas réussi à la retrouver. France m’a dit qu’elle avait beaucoup souffert mais n’a pas été plus explicite. Dix ans c’est très long et il est précédé par une réputation de « moine », je comprends mieux, bien que dynamique dans son boulot, il est tourné vers son passé intime. A suivre. »
Sur le chemin du retour, Pierre s’interrogea :
« Ai-je le droit de la forcer à me rencontrer ? Elle est repartie avec son amie après que j’ai tenté de la retenir, qu’est-ce que cela pouvait signifier ? Et si j’étais seul à vivre de l’incroyable souvenir de cette semaine-là ?
L’amie rousse s’appelle France, ce prénom n’est pas fréquent, la responsable des RH devrait pouvoir me renseigner. »
C’est un peu plus confiant qu’il rentra chez lui, dans ce superbe appartement trop grand, froid et impersonnel qui faisait partie de son salaire. Il ne lui ressemble pas aussi envisage-t-il de rapidement le quitter mais il veut parvenir à régler sa vieille affaire personnelle avant.
Le lendemain, en début d’après-midi Pierre convoqua Jeanne, la responsable des Ressources Humaines et fit le point sur les postes vacants.
Pointilleux, il se révéla attentif et posa les bonnes questions à la chef de service.
A la fin de l’entretien, il devint plus hésitant lorsqu’il l’interrogea.
- Lors de la soirée, j’ai rencontré France la petite fille de nos principaux actionnaires. J’ai cru comprendre qu’elle travaillait ici.
- Oui, elle est juriste, c’est une avocate compétente et appréciée, très vive et souvent très amusante.
- Pouvez-vous me donner ses coordonnées téléphoniques ? J’ai quelque chose à lui soumettre.
- Nous avons d’autres avocats qui ont beaucoup plus d’expérience que France même si elle est douée dans son domaine.
- Je n’en doute pas mais c’est autre chose, cela concernerait l’amie avec laquelle elle assistait à la soirée.
- Albane ? La jeune femme qui l’accompagnait ? Elle est charmante et sans doute trop qualifiée car elle serait titulaire d’un doctorat.
Je devrais recevoir son CV pour le poste de responsable des Relations Publiques.
- Bien, envoyez-le-moi dès que vous l’aurez réceptionné, France m’avait dit qu’elle cherchait du travail mais ne m’avait pas donné de détails, or j’ai déjà rencontré Albane. Il y a dix ans, elle venait d’obtenir son examen de certification en Lettres Classiques et était inscrite pour l’agrégation. Si je me souviens bien d’elle, parce que cette rencontre fut marquante, je ne connaissais pas son nom et n’avais pas réussi à la retrouver.
- Je verrai… je pourrais demander son nom à France lorsque je la rencontrerai si nous ne recevons pas le cv.
- Faisons comme cela, mais soyons discrets, j’attends de vos nouvelles.
Pierre resta songeur, le coeur plein d’espoir de revoir Albane. Elle porte un prénom qui lui va bien, chic sans prétention, rare, avec du caractère, comme il l’imaginait.
Il est enchanté, depuis quelques minutes il en sait plus sur sa belle et ce qu’il a appris lui plait. Un doctorat après l’agrégation, elle n’a pas perdu son temps. Pourquoi à quelques jours de la rentrée universitaire n’enseignerait-elle plus, elle était enthousiaste, voulait faire connaitre les belles lettres et diffuser des savoirs auprès des plus jeunes lui paraissait important à l’époque. Il s’en souvient, ils avaient eu une vive discussion à propos de la transmission des valeurs entre les générations.
Il repoussa ses souvenirs et plus optimiste que le matin, il se replongea dans ses dossiers.
Quatre jours après, en se rendant au service juridique, il fut heurté dans le couloir, par une jeune femme qui marchait à reculons face à son interlocuteur et n’avait pas tenu compte du geste de l’homme qui riait face à elle.
Pierre la retint par les bras et lui conseilla en plaisantant de regarder devant elle afin d’éviter les accidents.
Elle leva la tête en souriant mais son visage se ferma aussitôt pendant qu’elle se raidissait puis sur une phrase d’excuses à peine intelligible, elle se dépêcha de disparaitre dans un bureau, laissant les deux hommes sidérés.
- Excusez ma collaboratrice, elle est jeune et très vive, cependant je ne comprends pas sa fuite, elle est plutôt du genre à faire face et ne craint pas de dire ce qu’elle pense, déclara l’avocat à Pierre.
- Aucune importance, il s’agissait bien de France Goupil, n’est-ce pas ?
- Oui, le récent mariage de l’héritier de la maison avec sa mère en a fait la petite fille des Armand qui sont très heureux d’élargir leur cercle.
- Elle est très vite repartie de la soirée et je n’avais pas pu lui être présenté mais ses grandsparents m’en avaient parlé ainsi que de son amie d’enfance.
- Ah, la belle Albane…, une perle rare, classe et discrète bien que sublime et d’une belle pointure intellectuelle. Nous la voyons de temps en temps, lorsqu’elle vient chercher France pour un déjeuner. C’est un tandem assez improbable, très agréable à fréquenter. Si Albane se décidait à candidater pour les RP, je pense qu’elle serait une belle représentante de l’image de notre société.
- Pourquoi hésiterait-elle si elle se sait soutenue ?
- Les juristes la connaissent un peu mais pas le reste de l’entreprise et elle tient beaucoup à la réputation de son amie France. Elle ne veut pas de commérages ou d’avoir à se battre contre de néfastes rumeurs. J’ignore si elle a dû faire face à ce type d’ambiance mais elle y est très attentive.
- Bien nous verrons, répondit Pierre tracassé par la réaction de France.
« Que sait-elle pour me fuir de cette façon ? Elle m’a reconnu j’en suis certain et en principe aurait dû se présenter. »
Songeur, il se rendit à son rendez-vous, une convocation de France à l’esprit puisqu’il a maintenant un motif pour la rencontrer.
En fin d’entretien, il informa le responsable du service qu’il attendait France dans son bureau le soir même à dix-sept heures trente. Le chef de service s’émut, assura que cette jeune avocate est très compétente et qu’elle ne faisait pas grand cas de sa proximité familiale avec les Armand, car évidemment, le service avait appris que le PDG était devenu son beau-père. Pourtant, pour elle, cette alliance ne constitue pas un sujet de discussion.
- Bien, mais je tiens à la rencontrer le plus vite possible, ce soir même.
Dès qu’elle en fut prévenue, si elle ne laissa rien paraitre et porta un masque, France s’interrogea et sa colère, en couveuse depuis dix ans, gronda en s’éveillant.
« Parviendrai-je à me calmer et à ne pas la laisser transparaitre ? Arriverai-je à taire cette rancoeur qui m’empoisonne depuis tant d’années ?
L’après-midi est bien entamé et Pierre n’arrive pas à avancer sur ses dossiers, préoccupé par son dernier rendez-vous. Il avait grossièrement préparé son entretien mais il s’interrogeait sur les deux départs précipités auxquels il avait assisté.
« Que signifient ces dérobades ? Que me reprocheraient France et peut-être Albane ? »
Enfin, son assistante annonça la jeune femme qui pénétra dans le bureau d’un pas assuré.
- Monsieur, vous m‘avez convoquée.
- Bonjour mademoiselle, permettez-moi de vous appeler France, c’est sous votre prénom que je vous connais depuis dix ans et que je vous associe à Albane.
- Pardon ? Vous connaissez le prénom de mon amie ? s’exclame-t-elle surprise et décontenancée, en sursautant.
- Venez vous assoir ici, ce sera plus confortable pour discuter. Proposa-t-il en montrant du geste les trois fauteuils installés autour d’une table basse en verre, près de la baie vitrée.
Voulez-vous boire quelque chose ?
- Non, merci. J’aimerais comprendre…
- Je vais tout vous expliquer. Depuis samedi dernier, j’ai posé quelques questions et j’ai découvert le prénom d’Albane et qu’elle a obtenu le titre de docteur…
C’est très peu après dix ans de recherches désespérantes. Elle m’avait beaucoup parlé de vous et je suis heureux de savoir que vous êtes toujours liées. J’aimerais recontacter Albane, elle m’a beaucoup manqué et je ne l’ai jamais oubliée, pas un seul jour n’est passé sans que je pense à elle.
- Ne me racontez pas d’histoires ! Je suis moins crédule que mon amie et j’ignore si c’est votre mode de drague mais franchement « au revoir et merci », partir sans un mot en se lavant les mains des conséquences possibles, c’était minable, même si l’anonymat était votre accord.
- Conséquences possibles ? Quelles conséquences ?
- Oh, imaginez une cascade de catastrophes, elle les a toutes vécues et elle a bien failli rendre les armes et en mourir. Elle va mieux depuis trois ans mais reste encore fragile et de vous avoir croisé l’autre soir l’a secouée. La fuite était pour elle, la seule attitude possible. Je ne vous donnerai donc aucune information et par solidarité, bien qu’elle se soit opposée à ma décision lorsque je lui en ai parlé, je vous remets ma démission. Mes grands-parents comprendront.
- Vous n’avez pas à faire cela, je vous promets que je ne n’interviendrai pas dans vos affaires.
- Non merci. Je préfère choisir les gens pour lesquels je travaille et depuis dix ans, je vous ai virtuellement tordu le cou des millions de fois.
Aujourd’hui, remerciez le ciel que je sois plus âgée et moins spontanée.
- France, dites-moi comment je pourrais la joindre. J’en ai besoin.
- « J’en ai besoin » ! Vous entendez-vous parler ? Vous et encore vous et vous ne vous demandez pas si elle a envie de vous voir ?
Seigneur, il y a des gars tordus mais un égocentrisme pareil, ça ne devrait pas exister !
s’exclame-t-elle.
Il aurait presque souri des excès verbaux de France mais il se rend compte qu’elle est sincère et en colère et ne comprend pas pourquoi.
Il se leva, arpenta le bureau, s’approcha de la baie vitrée et les mains dans les poches de son pantalon, presque désespéré, contempla le vide pendant un long moment de réflexion silencieuse, sous l’oeil observateur, critique et encore pétillant de colère de France.
Enfin, il se retourna et regarda la jeune femme.
- France, dites-moi pourquoi vous manifestez autant de colère. Albane et moi nous sommes rencontrés sur un chemin de randonnée, avant d’atteindre l’étape prévue, un orage a éclaté et dégoulinants d’eau, ivres de bruit et chahutés par les bourrasques, nous sommes retournés chez le particulier qui lui louait une maisonnette située dans son jardin, destinée à ses petits-enfants de passage. Nous sommes restés dix jours chez ces personnes qui préparaient nos repas, dix jours de pur bonheur pour une éternité d’espérance et de déceptions.
Lorsque nous avons dû nous quitter, je n'avais rien sur moi, pas de papier d’identité et pas d’argent, restés dans ma voiture. C’est Albane qui a pris en charge ce séjour, en plus nous ne connaissions pas nos noms ni nos prénoms pas plus que nos métiers, je savais juste qu’elle était encore étudiante en lettres et qu’elle venait d’être reçue au concours du capes bien que très jeune. Nous nous sommes séparés à la grille du jardin repartant chacun en sens contraire afin de rejoindre nos véhicules et nos vies. A mi-chemin, un fort sentiment de perte a fini par m’étouffer et le besoin de la retrouver pour qu’elle me donne au moins son numéro de téléphone, était tellement fort que j’ai fait demi-tour en courant pour l’apercevoir quitter le parking lorsque je suis arrivé.
J’ai alors pleuré comme un enfant de l’avoir perdue.
Sans l’avoir anticipé, j’ai pris conscience à ce moment-là que j’étais amputé de quelque chose d’important, de presque vital et quelques semaines après, n’en pouvant plus, j’ai commencé à la chercher, sans relâche et sans aucun succès. J’ai détesté notre idiotie de vouloir vivre une aventure hors du temps, libres de toute entrave, dans un total anonymat.
Aujourd’hui, je suis tellement heureux de connaitre enfin son prénom, ce qui n’est pas grand-chose me direz-vous et mon désir le plus fort est de la retrouver.
