Ab'errances Verbales - Damien Kheres - E-Book

Ab'errances Verbales E-Book

Damien Kheres

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Beschreibung

Ab'errances Verbales est un recueil de chroniques humoristiques truffés de jeux de mots. "La langue est ma muse et les mots m'amusent alors vous risquez de trouver aberrantes mes errances verbales. Mais que cela ne vous empêche pas de flâner au gré de mes âneries dans les champs sémantiques où j'ai semé quelques jeux de mots, qui n'attendent plus qu'à être récoltés." Damien Khérès est un jongleur. Il jongle avec les mots. Il les lance, il les balance, il les manipule, il les fait rebondir ; mais toujours avec une précision d’horloger. Lire ses chroniques est un jeu. Dans l’écriture de Damien, il existe plusieurs niveaux de lecture, une sensation de basculer vers un monde parallèle, ludique et poétique. L’humour et le travail ciselé d’écriture nous embrassent et nous réconfortent.

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Seitenzahl: 89

Veröffentlichungsjahr: 2016

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À Tchoum,

À vos souhaits…

_ Est-ce que les histoires que vous racontez ne vous empêchent pas de dormir ?

_ Si, mais comme ce sont des histoires à dormir debout, je récupère !

Raymond Devos

PREFACE

« Ma rencontre avec Damien Khérès a été une rencontre entre deux amoureux des mots. Le courant est immédiatement passé. On s’amusait tous les deux comme deux grands enfants avec notre meilleure amie commune : la plume.

Damien Khérès est un jongleur. Il jongle avec les mots. Il les lance, il les balance, il les manipule, il les fait rebondir ; mais toujours avec une précision d’horloger.

Lire ses chroniques est un jeu. Il nous invite à aller plus loin : une lecture qui fait que l’on prend son temps pour découvrir son univers, ses allusions, ses illusions, ses amusements.

Dans l’écriture de Damien, il existe plusieurs niveaux de lecture, une sensation de basculer vers un monde parallèle, ludique et poétique. Et ça fait du bien. On s’échappe le temps d’une brève chronique d’un monde de moins en moins attachant. L’humour et le travail ciselé d’écriture nous embrassent et nous réconfortent.

Il nous fait « réflé-rire ». Et franchement, ça fait drôlement du bien. Merci… »

Alexandra DADIER

Alexandra DADIER est une comédienne, auteure de pièces de théâtre et metteuse en scène reconnue en France et en Italie, plusieurs fois récompensée par des prix littéraires en Italie

Préambule (ou ronde prairie)

Puisque délire n'est pas le contraire de lire, permettez-moi de décrier ce que je n'ai pas encore crié car il n'est nul question de cri ici mais d'écrit, au singulier, même si ce sont des écrits particuliers.

La langue est ma muse et les mots m'amusent alors vous risquez de trouver aberrantes mes errances verbales.

Mais que cela ne vous empêche pas de flâner au gré de mes âneries dans les champs sémantiques où j'ai semé quelques jeux de mots, qui n'attendent plus qu'à être récoltés.

Sur ce, puissiez-vous vous délecter de votre lecture car un lecteur qui se délecte est toujours plus appréciable qu'un écrivain qui se décrit.

SOMMAIRE

Faits d'hiver

Autour de France

Potager et vieux amis

Une forme olympique

Une soirée en travaux

Démineur alarmé (et des mineurs à l'armée)

Le maire des votes et la mère dévote

La fin d'une aire

Un vernissage ni agité

Au café frappé

Vieilles chaleurs

Comme une lettre à la poste

Ces jours linguistiques

Cessations d'activités

Enterrement d'accord

Entre les lignes

Problèmes mathématiques

Le péril jaune

Un temps plus vieux

Un poil gênant, si peu

Une relation à bout de souffle

À corps perdu

Le bonheur est dans le prêt

Thérapie, et moi aussi

Un jugement sans appel

Lettres et le néant ou l'usage absurde d'un alphabet

Faits d'hiver

Bon, alors voilà c'est l'hiver.

On ne va pas en faire tout un plat, sauf peut-être de la tartiflette, mais tous les ans c'est la même chose, on s'étonne de l'arrivée du froid. « Couvrez-vous », « Mettez vos chaînes », ou brisez-les si vous ne vous sentez pas libres, « Attention aux maladies », etc, en bref des conseils d'hiver et variés.

En ski-concerne le froid, la seule chose chose que j'ai trouvé pour m'en protéger c'est la boisson. Je ne suis d'ailleurs pas mauvais en skir, on dit que j'ai une bonne descente. J'ivre tout l'hiver, surtout sur ma voiture, qui n'a d'ailleurs pas de pot d'échapper aux bienfaits de l'éthanol et se contente du pétrole. La bas-gnôle gèle et moi je n'ai qu'un petit rhum de rien du tout. Même pas le nez rouge, je préfère garder le beau-nez, on ne sait jamais. Et gant j'ai trop froid, j'enlève de la glace, de mon verre.

Merde, il neige. Allez, casse-toi flocon !

Titubant, et après un rail de poudreuse, je dévale les pistes. Oui j'aime bien dévaler, ce qui n'est pas le contraire d'avaler, ni de valer même si on est en montagne. Donc je dévale les pistes et je ne sais plus trop où je vais. C'est c'la l'homme, un virage à droite, un virage à gauche, ce qui compte c'est d'arriver en bas, mais toujours avec son pantalon. Même si je suis encore un bleu, j'aime bien les pistes rouges ou vertes, quand elles ne sont pas fermées. Je les préfère aux noires mais n'y voyez pas de racisme. Et là je vois Dominique Lavalanche qui cherche encore les Bronzés, avec la marque des lunettes, qui ne sont d'ailleurs plus blancs comme neige. Je vois aussi Paul en ski, un Roman cet homme-là mais ça c'est une autre histoire.

Le vent se lève, c'est blizzard, je ne m'y attendais pas. À bout de moufles, je décide de m'arrêter pour aller casser la graine à ce restaurant de montagne, un restaurant 2 étoiles. Pas un très grand exploit, moi j'ai eu ma première étoile j'avais à peine 5 ans. Aujourd'hui j'en ai même 3 et je ne suis toujours pas dans les guides Michelin et l'autre.

À ce propos et après m'être attablé, je demande la carte pour qu'on m'indique comment aller de l'entrée jusqu'au digestif. Le garçon qui est d'ailleurs une fille se perd en explication, alors je la coupe sans lui faire mal et lui demande s'il reste du cabri-au lait de montagne. Il, le garçon, enfin plutôt elle puisque c'est une fille, me répond que le cabri c'est fini. Par contre, elle me recommande (alors que moi je n'ai pas encore commandé) de prendre une raclette car elle ne rate jamais son deuxième service (il était tard). Je lui renvoie la balle en lui demandant finalement une coupe et en vainqueur lui jette la carte qu'elle ramasse d'un revers de main. Jeu, set et nappe.

Bref, je paye la note, sans la jouer. Je ne suis pas sûr qu'ils soient prêts à écouter mes « sanglots longs des violons » de l'hiver.

Refroidi, je décide d'aller chalet ailleurs pour prendre un vin chaud, un chocolat chaud ou un gaspa-chaud mais froid, pour me consoler. Avec une petite larme de whisky, pas sur ma joue, dans mon verre, même si je trouve ça pratique de pleurer du whisky, quoique je risquerais d'être souvent triste. Encore une fois, l'alcool me fait du bien et non, le oui-ski est un sport d'hiver car larme fatale contre le froid avant que le verre-glace.

Sur ce, je vous laisse et surtout n'oubliez pas que l'hiver est éphémère : si gelée du matin, je ne l'ai plus le soir.

Autour de France

Ah, enfin les vacances !

Cette année, j'ai fait le Paris de faire un tour de France, et sans prendre le vélo, juste avec ma voiture balai, qui n'a d'ailleurs jamais ramassé de filles. Sauf le jour où j'ai monté seul le Col de l'Utérus, qui s'était fait faire le maillot, à pois.

Difficile de choisir ma première destination et je n'ai pas l'intention de me perdre : Toulouse or not to lose, c'est la question que je me pose.

J'opte pour la Provence car il ne faut PACA-la longue je passe trop de temps à réfléchir. Je me souviens avoir emmené mon ex-en-provence et elle a tellement apprécié qu'elle y est restée. Elle a rencontré un italien torride et maintenant elle passe son temps à monter-Carlo. Sans rancune Carlo ! De toute façon, ça me pendait au nez, elle a si souvent montré ses fesses qu'on l’appelait Marianne, représentante de la raie-publique.

J'arrive alors à Avignon. Sur le pont, je me penche au bord d'eau, réputé pour son vin, où coule une rivière de diamants. C'est ce qu'on doit appeler la Riviera, ce que je tente d'expliquer à mon ami Éric, qui est venu avec moi. Je lance quelques pierres, précieuses, dans l'eau, tandis qu'Éric-hochait la tête de ses cheveux roux. Il essaya de rebondir sur mes derniers mots, mais se retint, en gardant sa couleur naturelle, et l'idée tomba à l'eau, avec lui. Comme quoi, même pris pour un pigeon, le roux coule. Ma Cannes à pêche n'y suffit pas, il fut emporté. Va mon ami, profite de ta vie, en roux libre.

Je poursuis donc mon voyage tout seul et je passe quelque jours à-Nice, avec un peu d'eau pour lui donner le goût du Ricard. Une fois désaltéré, j'attends l'Aude pour filer dans l'Aube. Non pardon, c'est le contraire. Je file donc dans l'Aude, source de vie à ne pas confondre avec l'Aude-vie source de migraine. Bref, arrivé là-bas, j'aperçois au loin un château et j'aperçois même tôt un chat loin, qui se met à miauler sous la pluie. Ici, il pleut de l'eau de source car sous l'eau minet râle. Je me rapproche alors de ce château, celui avec un donjon, et je ressens l'envie irrésistible d'y entrer. Je cherche un moyen, et peu m'importe, de secours, si mon corps fatigue, je continuerai jusqu'à ce que ma carcasse-sonne. Quels jolis remparts, vraiment. Par sa beauté, l'art-mur protège mieux, surtout quand le cheval-y-est.

Finalement, trop bien protégé, je n'ai pas réussi à pénétrer. Non, ce n'est pas ce que vous pensez. Chatte-haut hors d'atteinte et tout capote. Je ne saurai jamais qui l'habite.

Bref, je repars la queue entre la jambe, ce qui ne change pas grand chose, vers un autre Château-Thierry ou en Pierre si c'est là votre prénom. L'endroit ne me plaît pas beaucoup et je décide de suivre ce précepte : Aisne, tu l'aimes ou tu la quittes. Ou tu l'Aquitaine si tu es dans le sud-ouest mais ce n'est pas mon cas. Alors je la quitte, Aisne, avant que la haine ne m'exit.

Sur l'autoroute, je me retrouve dans une boite échangiste. C'est une portion de la route avec pleins d'échangeurs. Là, un homme du sud-est me surveille et fait le gay, un homo-Nîmes si vous préférez. Il tente alors de me conduire sur une aire de nique, c'est comme une aire de pique-nique mais sans le pique. Apparemment, cet homme est un as de nique aux allures d'une reine prête à a-valet sa p-roi. Qu'ile-et-vilaine ! Il a Choisy-Le-Roi afin qu'il Bourg-La-Reine. Je m'échappe, paye au péage, mets ma ceinture de sortie et prends la première bretelle de sécurité, ou l'inverse.

Je me sens alors terriblement seul, alors quand j'aperçois un auto-stoppeur, je le prends. Et nous voilà partis dans l'Ain, tous les deux, en passant par Troyes. On a fini à 6, ou à Sète, je crois. Et finalement, j'ai bien fait de les prendre, ils Montpellier le voyage. Enfin, je les ai quand même emmené jusqu'ici. Je ne vais pas jouer les Hérault, mais vous auriez vu l'état de ma voiture vous auriez compris ou vous auriez vu les tas de cons-pris par ma voiture.