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Quel bonheur de voyager dans l'univers de Damien. Ses textes nous transportent dans un monde magique où se côtoient des situations extraordinaires, amusantes, absurdes et des histoires pleines de poésie qui laissent percer un humour éclairé. Damien Khérès, par sa verve, , explore les différentes dimensions que lui offrent les mots qu'il manie avec talent et générosité pour nous livrer des réflexions colorées. On en redemande et ça fait du bien. « Le rêve errant donne mon inspiration et l'inspiration est ce que rêver rend. La boucle est bouclée et je la déboucle ici à nouveau par ces errances verbales en quête de sens. » Un régal ! Dommage que le livre ne se mange pas... Télémara Ça fait réflé-rire 30 minutes On se prosterne devant ce maitre des mots Gourou magazine Et en plus l'auteur est sympa ! Monsieur Figaro
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Seitenzahl: 89
Veröffentlichungsjahr: 2019
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À ceux qui ont trouvé, Et à ceux qui cherchent encore...
Aux âmes citoyennes, Formez vos jeux de mots, Marchons, marchons, Qu'un sens profond arpente nos sillons !
“ Ne prenez pas la vie trop au sérieux. Vous n'en sortirez jamais vivant. ”
Elbert Hubbard
“On se prend souvent pour quelqu’un, alors qu’au fond, on est plusieurs.”
Raymond Devos
Avant toute chose, et plus précisément avant que je ne fasse ce livre, a germé l’idée qu’il fallait que je pré-fasse mon livre avec ce texte afin de pré-parer le lecteur à affronter la lecture de son contenu.
La préface est ce qui précède la face et comme il ne faut pas se voiler la face, permettez que je vous la dévoile.
Mes Rêv’Errances Verbales sont dans la continuité de mes Ab’Errances Verbales, pour votre plus grand plaisir.
Sur ce, puissiez-vous vous délecter de votre lecture car un lecteur qui se délecte est toujours plus appréciable qu'un écrivain qui se décrit.
Il m'arrive de rêver les yeux ouverts. J'ai fait un rêve errant où les mots marchaient. Les mots marchaient et traînaient leurs lettres sans savoir où aller. Il leur fallait un sens. Mais quel est le sens des mots ? Il est multiple alors les mots erraient. Comme mon rêve. Il revenait me voir le jour et les nuits où je ne dormais pas et me faisait voir ses errances verbales, cherchant un sens aux mots. C'est ainsi que je guidais les lettres pour former les mots et donner un sens aux mots, parfois plusieurs. Et c'est au pied de la lettre que je me rendais compte de la grandeur et de la puissance des mots devant lesquels je faisais alors révérence.
Le rêve errant donne mon inspiration et l'inspiration est ce que rêver rend. La boucle est bouclée et je la déboucle ici à nouveau par ces errances verbales en quête de sens.
À ciel ouvert
L'essence des lettres
Enchères et en os
Bête comme s'épier
Réveille-toi
Panique au poulailler
L'heure de vérité
L’Évidence
Des astres pour le bonheur
Le temps des fils où chacun sa corde
Tu sais Petit
La communication a ni mal, ni bien, et pourtant
L'envolée
De gêné à logique
Vol au-dessus d'un nid de problèmes
Au fond la forme
En mode vibreur
Des chiffres et moi !
L'homme au masque de vers
Le sens de la vie
Le hasard fait bien les choses
Mot d'esprit es-tu là ?
À livres perchés (acrostiches)
L'enfer du jeu
Scène de ménage
À chacun son fardeau
Un esprit libre
Le prix du silence
Un moment d'égarement
À coup de rêves
Je garde toujours ce précepte en tête : « Aide-toi et le ciel t’aidera ». Et c’est vrai, j’essaye de m’en souvenir constamment car si je veux que ça aille bien, cela ne dépend que de moi. La vie ne peut pas être sans nuages mais lorsqu’on remue ciel et terre et qu’on ouvre les cieux, on peut finir par se retrouver sur un petit nuage. Encore faut-il ne pas avoir froid aux cieux car là-haut il fait plutôt frais.
On pourrait alors se dire que je cherche à atteindre le septième ciel. Mais non, sans façon, ni avec d’ailleurs, le septième ciel ne m'intéresse pas, ni le premier, ni ceux d’après. Je veux atteindre ce qu'il y a de plus important, je veux atteindre les cents ciels, enfin, les cieux. Objectif beaucoup plus ambi-cieux. Car, même si je ne suis pas très appliqué, je suis persuadé que je peux être con sans cieux.
Ceci dit, je sais que je suis proche puisqu’on a toujours dit de moi que j’étais précieux. Je tourne en rond mais c’est plutôt bon signe car ce qui fait tourner rond c’est bien l’essieu non ? Alors mesdames et mes cieux, aidez-moi à m'en approcher sinon je n'aurai les cieux que pour pleurer et il pleuvra des larmes de crocodile. Bon, en même temps, j’avoue que j’ai parfois la tête dans les nuages, mais c’est qu’après tout je ne dois pas être si loin du but.
À ce propos, j'ai connu une femme qui s'envoyait très souvent en l'air, une hôtesse du ciel. Elle avait beau effleurer les nuages tout le temps, elle n'a jamais trouvé les cieux, ou alors elle n'y a vu que du mauvais. C'est souvent le cas quand il y a de la merde dans les cieux. Elle volait régulièrement avec des types ingrats, des goujats et quand on s'aère-aux-porcs, l’air de rien, ce n’est pas de cette façon qu'on se cons-truie. Et croyez-moi, ces propos n’ont rien de cochon.
Bref, tout ça pour vous dire que tout ne tombe pas du ciel et qu’il faut aller chercher ce qu’on désire même si ça parait hors d’atteinte et trop haut, ou aveuglé selon si on regarde vers le soleil.
Quoique, parfois on est aidé.
Par exemple, l’autre jour j’ai eu beaucoup de chance. Comme il pleuvait des cordes, j’en ai profité pour en emprunter une et je suis grimpé. En passant entre les gouttes bien entendu, pour éviter de tomber. Et tout en haut, vous ne devinerez jamais ce que j’ai vu.
Une vache !
Je m’attendais plutôt à voir un vieux barbu dans une toge blanche, un éclair à la main, mais non, une vache.
Après tout, je me disais bien qu’il pleuvait comme vache qui pisse.
Ne voulant pas s’attirer ses foudres, je la caresse dans le sens du poil, c’est-à-dire de la tête jusqu’à la croupe. Visiblement ici, c’est elle qui fait la pluie et le beau temps alors au-temps se la mettre dans la poche. Et comme je n’ai pas ma langue dans la poche, je lui lance quelques compliments bien léchés.
Et là, j’ai bien senti que je gênais. Probablement parce que ce n’est pas de cette façon qu’on doit la traiter cette vache. Mais je n’y connais rien moi en vache divine, même si parfois on trouve que je peux être vache, surtout quand je mamelle de choses qui ne me regardent pas.
J’essaye de détendre l’atmosphère, ce qui est plutôt une bonne idée à cette altitude, mais la situation va de mal en pis. Je ne suis pas à ma place et j’ai l’impression que je dois le payer. Telle une vache enragée, elle me jette des éclairs avec ses yeux et m’explique sèchement qu’il faut que je parte. Oui c’est bien connu, quand on a l’orage dedans, on lâche souvent des phrases incisives.
Déçu, et au lieu de ruminer, je me mets en tête de reprendre le chemin du retour, la queue entre les jambes. La pluie s’étant arrêtée de tomber, je ne peux plus redescendre par là où je suis monté. Alors je saute, en criant « Mort aux vaches ! » dans un acte de rébellion anti-divinité rabat-joie.
Et puis tout est devenu noir dans un bruit assourdissant.
À mon réveil, lorsque j’ai vu ma femme, j’ai compris que j’avais eu un coup de foudre. Et tout s’est bien terminé grâce au ciel.
Alors si toi aussi tu cherches à gravir les montagnes et toucher le ciel, méfie-toi. Car une fois que tu seras redescendu de ton petit nuage, si tu penses que Dieu est une vraie peau de vache, c’est uniquement pour que tu gardes les pieds sur terre.
J'aime flâner dans les champs sémantiques, cueillir quelques mots pour en faire de jolis bouquets de phrases. Parfois, je m'assois dans le verbe, arrache une parenthèse que je garde entre les dents et je contemple cette étendue de mots à perte de vue. Je pense à tout ce que je pourrais en faire. Le sol est si riche, à n'en point douter, que tous les mots peuvent y pousser en abondance. J'imagine alors comment les assembler, les associer, les combiner de la meilleure façon qui soit, comme pour rendre hommage à cette nature généreuse et prolifique.
Lorsque je ramène ces bouquets de proses à la maison, je les mets bien en vue, agrémentés de quelques pensées, en essayant d'y prendre soin du mieux que je peux. Pour éviter qu'ils ne fanent, je les lis régulièrement, parfois à haute voix, sinon les lettres se flétrissent et finissent par tomber, majuscules comme minuscules, dans un brouillon de mot pourri.
Parfois, comme pour l'achever, il m'arrive d'en épeler, de détacher une à une les lettres d'un mot déjà agonisant : « je l'aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout », égrenant ainsi mon amour pour la langue.
Et justement, de voir ces phrases qui fanent et jamais ne renaissent, je me suis confronté à cette vision inéluctable et insupportable d'une langue morte.
Aux grands mots, les grands remèdes, je décidais désormais d'en extraire des huiles essentielles pour en garder éternellement le parfum des mots.
J'ai alors concocté des recettes que je suivais à la lettre, aux accents plus ou moins prononcés pour des notes aiguës ou graves.
Dans mes compositions, je jouais sur la pyramide olfactive en variant les mots de tête, plus volatils et qui vous viennent instantanément sans vous donner la migraine, les mots de cœur, ceux qui donnent leur caractère mais à doser avec précaution pour éviter les nausées, et les mots de fond car il n'y a pas que la forme qui compte.
Et je me suis finalement rendu compte que j'avais la faculté d'obtenir l'essence de lettres.
Après des mois d'étude et de travail acharné, j'avais fini par obtenir le Graal, une potion d'inspiration, celle qu'il vous faut quand les mots vous manquent, le remède au syndrome de la page blanche, cette angoisse qui terrasse tout auteur un moment ou un autre.
Et justement, je fournissais bientôt de nombreux auteurs en panne d'inspiration, les maisons d'édition se bousculaient devant chez moi pour cet élixir qui s'avérait très lucratif, assurément.
Pour la posologie, une goutte suffit, à mettre au milieu du front, au niveau du troisième œil, siège de la perception, à renouveler plusieurs jours voire plusieurs semaines, pour que l'inspiration s'installe et diffuse subtilement ses senteurs littéraires. Comme une hémorragie verbale où le mot régit le cérébral, les mots filent, parcourent le cerveau et distillent leur force créative. L'effet est quasi instantané puisque cela passe dans le sang jusque dans l'encrier sans que l'on puisse s'en faire un sang d'encre.
