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Après ses deux premiers recueils à succès, ce troisième opus de Damien Khérès est dans la continuité avec sa fameuse recette, des émotions mélées aux maniements du language.
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Seitenzahl: 53
Veröffentlichungsjahr: 2013
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À mes filles…
« Écrire, c'est descendre dans la fosse du souffleur pour apprendre à écouter la langue respirer là où elle se tait, entre les mots, autour des mots, parfois au coeur des mots. »
Sylvie Germain
Ouvrez bien vos oreilles, je viens vous souffler quelques vers...
D'une profonde et longue inspiration
J'ai soufflé ces vers avec passion.
Mais je n'aurai rien écrit, je le confère
Si la vie ne m'avait pas soufflé ces vers
Vers soufflés, façonnés à mon image
Vers soufflés, traduits de mes images
Soyez les bienvenus dans mon univers !
Pour ce troisième recueil, vous retrouverez toujours les différentes formes de textes que j'aime écrire, à savoir des textes « ludiques » nés de divers jeux sur les mots, des textes tragiques - car j'ai toujours trouvé que les textes noirs avaient plus de force, plus de portée poétique - et des textes plus personnels inspirés de mon quotidien.
Je n'ai volontairement pas regroupé les textes selon ces critères car je voulais que le lecteur puisse passer d'un texte à l'autre en changeant d'univers, de style. Excepté pour les textes « histoires » dans lesquels, même si la constructionet le fond sont les mêmes, les univers sont différents puisque chacun de ces textes teintés d'humour émet un parallèle entre l'amour et le thème propre du texte. À première vue, cela semble très peu évident de comparer l'amour avec le poker, les astres, le parfum, le vin ou encore les échecs mais c'est ce qui rend les textes intéressants et amusants.
Ainsi, au fil des pages, j'ai souhaité que le lecteur découvre puis retrouve ponctuellement des styles, des ambiances, qu'il s'amuse à me suivre dans mon imaginaire et surtout qu'il prenne autant de plaisir à déguster mes vers que j'ai eu à les écrire.
Le choix du titre « Vers Soufflés » est un clin d'oeil à la ville dans laquelle je vis désormais, Biot, reconnu mondialement pour ses souffleurs de vers. Mais c'est surtout par rapport à ce que cela évoque, justement un artisanat, celui de façonner une matière à son image, où les mots seraient mon matériau que je manipule pour leur donner une forme qui me ressemble. Cela évoque également l'idée que ce que j'ai écrit est dicté par quelque chose, comme soufflé par quelqu'un, puisque je puise naturellement dans ce que je vis, dans ce que je vois, dans ce que je suis.
J'espère que vous apprécierez ces textes en vous laissant portés par mon souffle de vers.
Bonne lecture.
Damien, le 18 avril 2013
Enceint
Les vibrations du monde
La chute
Faits divers
L'échappée belle
Pile ou face
Reclus
Coeur à corps
Des chiffres et des lettres
Histoires
Une histoire de voyance astrale
Une histoire de parfum
Une histoire de vin
Une histoire d'échec
Une histoire de poker
Lettre à Maely
Lalie aime les lilas
L'addition
Petite princesse ne t'en fais pas
Jeux de lumières
Sculpteur de vers
Vérité et Mensonge
Renaissance
Les poétiques anonymes
Vengeance amère
Nouvelle branche
À la recherche de l'enfance volée
Descente d'organes
Dans mes yeux
J'attends
Conte de grime
Sur la route du Rhum
Jeux de Rhum
Le café du matin
Instants
Je ne t'ai pas encore donné de prénom
Et pourtant je te vois grandir.
Je sais juste que tu porteras mon nom
Et que je ferai tout pour te voir rire.
Je ne t'ai pas encore pris dans mes bras
Et pourtant je peux te sentir bouger,
Ma main posée juste contre toi
Où je t'imagine, protégée.
Tu n'es pas encore présente
Et pourtant tu existes,
Comme le projet précédant
Un chef d'oeuvre d'artiste.
Tu n'es pas encore là
Et pourtant c'est comme si.
J'ai hâte que tu sois,
Et que tu vives ma vie.
J'ai tant cherché à m'évader,
À imaginer d'autres existences,
Que mon imagination bridée
Multiplie les non sens.
Serai-je devenu fou
À m'inventer des vies ?
Quelle est cette illusion d'où
Ma vérité dévie ?
Je suis un acteur
Aux multiples facettes
Et un pseudo auteur
Au désir d'être honnête.
Je cultive l'empathie
Parsemée d'un brin d'humanisme
Pour faire vivre mes écrits
Dans l'ombre du réalisme.
J'use parfois de personnages
Comme un costume de pensées
Car je maquille mes messages
Dans une vérité poudrée.
Appelez moi jongleur, troubadour,
Ou bien poète à la rime profonde,
Je ne suis qu'un modeste tambour
Qui traduit les vibrations du monde.
Ramasser toujours plus de gain et amasser les arnaques
Jouer, miser et gagner toujours plus d’argent
Toujours plus d'entrain à casser la baraque
Mon pantalon, ma chemise et me voilà sur tous les plans.
Devant les faibles, je déboule et déroule le tapis rouge.
Dans la foule, je ne suis qu'un simple amuseur,
Une tête d'ampoule qui boursicote tout ce qui bouge,
Donnez moi votre confiance et je vous mets à poil en une
heure.
Rien ne m'effraie, tout me stimule, je suis invincible,
Plus rien ne m'atteint, je suis prêt à tout.
Pas d'état d'âme, ni de regrets, je suis impassible,
On dit que dans mon métier c'est un atout.
Sur un air bien connu, il m'arrivait parfois de chanter
Ce refrain lancinant qui m'encourageait :
Sur le dos des pigeons, on dépense, on dépense
Sur le dos des pigeons, on dépense tous des ronds
Enfin, ça c'était avant...
Mais c'est fini maintenant...
« Faites vos jeux, rien ne va plus ».
Non, rien ne va plus...
Avant je me dorais la pilule sur la plage, à l’air faste d’Ibiza
À présent je dors et je bulle sur la plage arrière de ma Seat
Ibiza.
Avant je gonflais les enjeux d'une richesse sans limite
Aujourd'hui je ne gonfle que les pneus de la caisse où j'habite.
Avant je jouais des montagnes en bourse
Aujourd'hui je n'ai qu'un trou dans mes bourses.
Avant j'avais toujours mon attaché-case et mon porte-feuille
Aujourd'hui j'ai des valises sous les yeux et je porte le deuil.
Avant j'avais le frigo vide parce qu'en prince je ne mangeais
qu'au resto
Aujourd'hui je me demande pourquoi je ne l'ai pas rempli
avant de devenir crapaud.
