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En ce début de XXIe siècle de nombreux pays, dans le monde entier, vivent sous la menace d'une terreur islamique. De terribles attaques terroristes ont été perpétrées dans plusieurs pays européens et aux États-Unis, mais les terroristes musulmans sévissent principalement en Asie et en Afrique. Pour cerner les racines de cette menace omniprésente et pouvoir contrer la spirale de violence dans laquelle le monde risque de sombrer, ce livre se penche sur les croyances des fondamentalistes musulmans et cherche des remèdes à la lumière des recherches et réflexions de penseurs libres musulmans, et musulmanes, engagés au service des droits humains et de la paix.
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Seitenzahl: 277
Veröffentlichungsjahr: 2019
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Voici les paroles que vous observerez : Dites la vérité, chacun à votre prochain; rendez la justice dans vos portes selon la vérité et pour la paix; (Zacharie 8:16)
Introduction
Arabie préislamique, liberté religieuse et culturelle
Mahomet se proclame Envoyé d’Allah
Yathrib, début de l’ère islamique
Jihad, et épuration de Yathrib / Médine
Islamisation de la Mecque et extension du jihad
Musulmans persécutés ou persécuteurs
(2,216) : Le combat vous a été prescrit
Conclusion
À la fin du XXe siècle, qui a été ensanglanté par deux guerres mondiales, la chute du mur de Berlin et la fin de la guerre froide permettaient d’espérer l’avènement d’une ère nouvelle de fraternité humaine et de paix mondiale.
Mais le monde au XXIe siècle vit sous la menace d’une violence terroriste, omniprésente, qui manifeste quotidiennement, principalement en Asie et en Afrique, la puissance de son abominable malfaisance.
La mort d’Oussama ben Laden a privé « al-Qaïda » de son chef charismatique, mais l’État Islamique d’Abou Bakr al-Baghdadi a pris la relève de l’horreur avec ses persécutions et massacres.
Au Moyen-Orient, la coalition internationale mobilisant les principales armées européennes ainsi que l'Australie, le Canada, l'Arabie saoudite, la Jordanie, le Qatar, Bahreïn et les Émirats Arabes Unis, sous l’égide des États-Unis, n’a progressé dans sa lutte contre l’État Islamique que grâce à l’implication de la Russie qui en a profité pour s’installer durablement en Syrie.
Depuis le 11 septembre 2001, des innocents ont été tués en Irak, en Inde, en Afghanistan, en Turquie, au Burkina Faso, au Nigéria, aux Philippines, au Pakistan, en Indonésie, en Somalie, en Égypte, au Cameroun, en Somalie, en Syrie, au Tchad, au Mali, en Tunisie, au Yémen, en Belgique, au Congo-Kinshasa, en Israël, aux États-Unis, en France, au Bangladesh, en Allemagne, en Russie, en Thaïlande, en Libye et en Jordanie par des terroristes musulmans.
Le 22 mars 2019, la coalition internationale s’est félicitée de sa victoire totale contre l’État Islamique (ISIS). Mais, entre le 1er janvier 2019 et le 22 mars 2019 les islamistes de Boko Haram ont perpétré 40 attentats terroristes, dans le Nord–Est du Nigéria et dans les pays voisins, et les Shabab somaliens ont perpétré 35 attentats, dans la Corne de l’Afrique1.
La lutte contre le terrorisme islamique requiert une coopération internationale. Les grands argentiers du G7, réunis au Japon en mai 2016, ont affirmé leur engagement dans la lutte contre le financement qui permet aux terroristes d’alimenter leurs réseaux, d’organiser des attaques et de diffuser leur idéologie.
Tous les responsables politiques sont contraints de se préoccuper de cette terreur omniprésente. Aux États-Unis, le président Donald Trump a fait scandale en associant le terrorisme à l’islam alors que le président Obama avait interdit d’évoquer ce lien. Donald Trump, qui a fait une entrée fracassante dans le monde politique américain, estime, comme Sun Tzu, que l’on ne peut combattre un ennemi sans bien le connaître et donc pouvoir le nommer.
La paisible Suisse n’est pas épargnée par la tourmente islamiste, et l’administration y a pris en 2015 des mesures pour lutter contre le terrorisme2. En août 2016, une cellule jihadiste a été démantelée en Suisse romande3 et, le 2 novembre 2016, un imam de Winterthur, qui appelait ses fidèles à assassiner leurs coreligionnaires non pratiquants, a été arrêté.
En Helvétie, comme dans d’autres pays confrontés à la menace islamiste, la compatibilité de l’islam avec les racines et les valeurs chrétiennes fondatrices de l’identité nationale est désormais mise en doute4.
Le vice-ministre de l’intérieur indien, Kiren Rijiju, a annoncé que son gouvernement avait adopté une série de mesures pour enrayer l’aggravation de la menace islamiste ; et des nationalistes indiens, en quête de renforts pour contrer ce terrorisme, ont organisé une prière collective en faveur de Donald Trump que Vishnu Gupta, fondateur du groupe « HinduSena », estime être le seul leader capable de sauver l’humanité du danger islamiste5.
Au Bangladesh, où des professeurs, des intellectuels, et des citoyens ordinaires sont régulièrement assassinés par des musulmans fondamentalistes, l’exécution de Motiur Rahman Nizami, l’ancien chef du parti islamiste « Bangladesh Jamaat-e-Islami », ainsi que l’arrestation de plus de onze mille suspects en juin 2016, n’ont pas empêché de jeunes musulmans de massacrer 20 personnes au restaurant « Holey Artisan Bakery », le 1er juillet 2016.
Le ministre de l’intérieur, Asaduzzaman Khan, a indiqué que les assassins, qui avaient fait des études supérieures, étaient issus de familles aisées. Prouvant ainsi l’inanité des explications socio-économiques avancées pour justifier le terrorisme islamique et confirmant les renseignements de l’auteure bangladaise Taslima Nasreen, qui a dû fuir son pays et dont la tête a été mise à prix à cause de ses dénonciations de la misogynie et la violence inhérentes à l’islam.
En Égypte, le président Sissi a déclaré aux oulémas et imams d’Al Azhar qu’il était inconcevable que la pensée tenue pour sacrée par les musulmans puisse faire de l’entière communauté musulmane une source d’anxiété, de meurtre et de destruction partout dans le monde. Le président Sissi, contraint de sévir avec la plus grande inflexibilité contre les Frères Musulmans, prend le risque de subir le même sort qu’Anouar el-Sadate.
En Chine, après l’assassinat de l’enseignant Fan Jinghui, otage de l’État Islamique6, la mort de trois Chinois dans un attentat terroriste au Mali7et des attentats dans la région du Xinjiang, le pouvoir a mis un terme à la multiplication des mosquées, des madrassas, des femmes voilées, et à l’enseignement de l’arabe et la généralisation de la nourriture hallal qui témoignent de l’emprise des islamistes parmi les Ouïghours. Le président chinois Xi Jinping, a déclaré que son pays allait renforcer sa coopération avec la communauté internationale en matière de sécurité en dehors des frontières chinoises.
Des islamistes, qui se mêlent aux innombrables réfugiés d’Asie et d’Afrique en quête d’une vie meilleure en Occident, persécutent les réfugiés chrétiens jusque dans leurs camps de fortune en Europe8.
Après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, le premier ministre Manuel Valls a annoncé, le 9 mai 2016, que la France allait adopter 80 mesures anti jihad, avec un crédit supplémentaire de 3,8 milliards d’euros consacrés à la défense9.
Les efforts consentis n’ont pas empêché les terroristes de frapper dès juin 2016, lorsque Larossi Abballah a égorgé une mère de famille devant son fils âgé de trois ans, après avoir assassiné le père de l’enfant, puis de frapper à nouveau en juillet lorsque Mohamed Lahouaiej-Bouhlel au volant d’un camion a tué 86 personnes à Nice, et lorsque le père Jacques Hamel, qui célébrait la messe dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray, a été égorgé par Adel Kermiche et Abdel Malik Nabil.
La lutte contre le terrorisme islamique est handicapée par la confusion qui règne autour de son origine.
Les islamistes crient toujours Allah Akbar lors de leurs attaques. Les terroristes de Charlie Hebdo ont crié qu’ils avaient vengé Mahomet, ceux de la Holey Artisan Bakery ont épargné les otages qui pouvaient réciter un verset du Coran et ils ont torturé et assassiné les autres.
Bien que les terroristes musulmans revendiquent leur allégeance totale et inconditionnelle à Allah et à Mahomet, et ponctuent leurs discours de références coraniques, des commentateurs de tous bords et de nombreux musulmans montent toujours au créneau pour déclarer que les islamistes ne représentent pas le véritable islam.
Cependant, les différents gouvernements qui luttent contre le terrorisme cherchent toujours à cerner la radicalisation religieuse des jeunes musulmans, pour la contrer ; le lien entre terrorisme et islam paraît donc indéniable. La compréhension des racines de la violence qui accompagne la radicalisation islamique est indispensable pour pouvoir progresser, car la lutte des idées doit absolument prévaloir pour prévenir une contagion généralisée de la violence.
Les pays dont la population est majoritairement musulmane semblent condamnés à n’avoir le choix qu’entre des régimes militaires ou théocratiques islamiques, tous totalitaires et généralement très corrompus.
Il est évident que les islamistes ne représentent pas tous les musulmans, loin de là. La majorité des musulmans n’aspire effectivement qu’à mener une vie normale, tranquille, en respectant plus ou moins les obligations religieuses formelles traditionnelles de la religion dans laquelle ils sont nés, tout en vivant en bonne entente avec les non-musulmans de leur entourage.
Tariq Ramadan, dans son livre évoquant son grand-père, Hassan al Banna fondateur du mouvement salafiste des Frères Musulmans, a rappelé que ce dernier reprochait aux Égyptiens de ne rien savoir, ou presque, de leur religion et de la pratiquer par héritage ou simplement par conformisme.
Al Banna, qui se déclarait « réformateur », a œuvré à la prise de conscience des obligations religieuses incombant aux musulmans. Il a déploré que les musulmans en général ne connaissent même pas les principes élémentaires de l’islam et que les confréries soufies hérétiques se multiplient en Égypte à cause de cette ignorance10. Il a décrit les diverses formes d’ignorance manifestées par la majorité des musulmans dont certains limitent leur religion à la prière et à l’adoration, alors que d’autres la limitent au bon comportement et à la morale, tandis que d’autres encore n’y voient qu’une spiritualité ou encore un simple moyen d’équilibre psychique.
Al Banna a précisé que, contrairement à ce que s’imaginent bien des musulmans, « le véritable islam ne sépare pas le Coran de l’épée 11» !
La violence que représente l’épée musulmane peut frapper aussi bien les musulmans que les non-musulmans ; et si de nombreux musulmans agnostiques ou athées se sentent parfaitement à l’aise dans les sociétés occidentales, respectueuses de leurs libertés, ils doivent dissimuler leurs convictions dans les sociétés à majorité musulmane où l’athée est un apostat qui mérite la mort.
Malgré ces menaces, un nombre croissant de musulmans ayant approfondi l’étude du Coran et de la vie de Mahomet n’hésitent pas à prendre tous les risques pour dénoncer la violence de l’islam et des islamistes, qui persécutent leurs coreligionnaires.
Les personnes qui confondent islam et musulmans, et qui ne voient qu’un conflit entre l’Occident et le monde musulman, encouragent la violence islamiste en la réduisant, par ignorance – ou par duplicité pour certains musulmans fondamentalistes – à un conflit de civilisations qui aurait été provoqué par l’impérialisme occidental ou par des conditions de vie socio-économiques défavorables.
Il est vrai que l’Occident a été victime de nombreux attentats : tels ceux du 13 novembre 2015 à Paris qui ont provoqué la mort de 130 personnes, du 7 juillet 2005 dans le métro de Londres qui ont provoqué la mort de 56 personnes et en ont blessé 700, ou du 11 mars 2014 à Madrid qui ont tué 191 personnes, pour n’en citer que quelques-uns.
Mais le plus grand nombre de victimes de la violence islamique n’appartient pas au monde occidental, les innombrables victimes des musulmans fondamentalistes appartiennent aux couches les plus défavorisées des pays où les musulmans fondamentalistes peuvent sans trop de difficultés imposer leur terreur, et ces pays ne sont pas en Occident.
Il y a eu 1647 attaques terroristes dans le monde en 2016, 1547 en 2017 et 2146 en 2018, très majoritairement perpétrées par des terroristes musulmans. Les milliers de personnes assassinées par divers groupes islamistes en Afrique, les 172 jeunes chrétiens exécutés à l’université de Garissa au Kenya, les 72 morts - dont 29 enfants - de Lahore qui célébraient la fête de Pâques, les coptes égorgés en Libye ou assassinés dans leurs églises en Égypte, les jeunes filles kidnappées et les femmes égorgées par Boko Haram, les militants des droits de l’homme, les enseignants, les penseurs assassinés. dont plusieurs musulmans, ne sont pas occidentaux.
Nasrin Sotoudeh, Yasmin Aryani et Monireh Arabshahi persécutées par les islamistes iraniens, Raif Badawi persécuté par l’islam wahhabite, la Pakistanaise chrétienne, Asia Bibi, qui depuis 2009 risque d’être assassinée dans son pays, l’étudiant Mahal Khan lynché à Mardan pour blasphème, la jeune Farkhunda lynchée à Kaboul, les enfants battus à morts tels Samiul Alam Rajon et Rakib Hawlader, les blogueurs, tel Nazimuddin Samad, assassinés à coups de machette au Bangladesh pour leurs idées laïques, ne sont ni riches, ni occidentaux.
Ce livre aspire à contribuer à une meilleure compréhension des racines de la terreur islamique en vue de mieux la combattre. L’appréhension du projet social islamiste passe par l’étude des références religieuses historiques qui inspirent les musulmans salafistes, auto-proclamés « réformateurs ». Il faut donc analyser la société arabe dans laquelle Mahomet a implanté le premier État Islamique, ainsi que les sources dont s’inspirent les islamistes et qui sont le Coran et la Sirâ Nabawiya (la biographie officielle de Mahomet).
L’appréhension des bases du raisonnement et des méthodes des musulmans fondamentalistes, qui prônent leur fidélité aux enseignements coraniques et à l’exemple de Mahomet, doit permettre de résister aux musulmans fondamentalistes tout en empêchant une contagion de la violence dans les nombreux pays touchés par la terreur islamique.
1https://storymaps.esri.com/stories/terrorist-attacks/
2https://www.fedpol.admin.ch/dam/data/fedpol/aktuell/news/2015/2015-02-26/ber-f.pdf
3 Le Matin Dimanche, 6 novembre 2016.
4 Ibid.
5parismatch.com/Actu/International/Un-parti-extremiste-indien-prie-pour-la-victoire-de-Donald-Trump-966079
6quebec.huffingtonpost.ca/2015/11/18/ei-execution-otages_n_8591370.html
7rtl.fr/actu/international/mali-aqmi-terroriste-morts-attentats-7783468407
8http://www.christianpost.com/news/743-christian-refugees-converts-attacked-muslims-german-camps-persecution-group-report-finds-170957/
9europe1.fr/societe/quelles-sont-les-mesures-phares-du-plan-anti-radicalisation--de-valls-2740423
10 Tariq Ramadan, Aux sources du renouveau musulman, p.302.
11Aux sources du renouveau musulman, p. 245-247.
L’Arabie, où Mahomet a vu le jour, est une immense péninsule située à la jonction des routes commerciales joignant l’océan Indien, la mer Méditerranée, l’Europe, l’Afrique et l’Asie. Depuis l’antiquité, des caravanes, circulant sur cette terre de passage, reliaient les ports yéménites ainsi que les ports de la mer Rouge avec les côtes méditerranéennes, la Mésopotamie et l’Afrique. Qui dit lieu de passage, dit brassage de populations et d’idées. Les habitants d’Arabie, protégés par ses immensités désertiques, échappaient au contrôle des grands Empires voisins, mais ils commerçaient avec les habitants de l’Empire romain, les Abyssins et les Perses.
Les idées et les croyances ont toujours circulé dans la péninsule, qui était aussi un refuge. Les découvertes archéologiques en Israël prouvent qu’au Proche-Orient les populations passaient facilement du nomadisme pastoral à la sédentarité, ou semi sédentarité agricole et vice-versa, suivant les difficultés du moment. Les habitants pouvaient disparaître dans le désert pour fuir la guerre ou échapper à la vassalisation ou à la conscription12.
Le monothéisme judéo-chrétien, qui avait entraîné la disparition quasi-totale du paganisme dans l’Empire romain et en Abyssinie, s’était évidemment diffusé en Arabie. Selon les sources chrétiennes, le premier mouvement de saint Paul, disciple du Christ après avoir été le persécuteur de ses fidèles, fut de se rendre en Arabie. Il y séjourna près de trois ans, (Ga I, 16-17) puis dut fuir le roi Nabatéen Aretas (2 Co 11, 32-33).
À l’époque de la naissance de Mahomet, le christianisme et le judaïsme ainsi que le paganisme et des croyances religieuses sans structure théologique rigide cohabitaient en Arabie et à la Mecque sans exclusion ni fanatisme. Les sacrifices humains y avaient été remplacés par des sacrifices d’animaux. Selon la biographie officielle de Mahomet, la Sirâ, rédigée par le biographe officiel Ibn Hichâm, ce serait grâce aux conseils d’une sibylle de l’oasis juive de Khaybar que le père de Mahomet, Abd-Allah, n’a pas été sacrifié au dieu Hubal, devant lequel le grand-père de Mahomet égorgea 100 chameaux en échange de son fils.
La condition des femmes dans l’Arabie préislamique semble avoir été meilleure qu’après l’imposition de l’islam, comme en témoigne la description détaillée que donne la Sirâ du statut de Khadija, la première épouse de Mahomet, qui a demandé la main de son jeune employé après avoir envoyé une de ses amies sonder les sentiments du jeune homme.
Khadija bint Khuwaylid était une riche veuve qui gérait elle-même ses affaires. Elle engagea Mahomet, puis, séduite par ses nombreux talents, elle décida de l’épouser13.
Dans cette Mecque préislamique où les femmes pouvaient manifestement circuler librement, gérer leurs affaires et discuter avec les hommes, Khadija envoya une amie, Nufaysa bint Munya, sonder les intentions du jeune homme au sujet du mariage qu’elle projetait. Lorsque Nufaysa lui transmis la réponse positive de Mahomet, Khadija invita son employé et lui fit sa demande de vive voix14.
La paix était très importante dans la culture de l’Arabie préislamique, qui sera qualifiée de l’époque de la jahiliyya (ignorance) par l’islam. La tradition musulmane rapporte que dans cette Arabie préislamique toute violence était interdite au cours des mois sacrés, particulièrement durant le mois de « dhu-l-hijja ». Il était sacrilège de se battre et de tuer dans l’enceinte sacrée de la Mecque tout au long de l’année.
Des versets coraniques témoignent des efforts de persuasion que Mahomet a dû déployer pour justifier les morts qu’il a provoquées en faisant rompre à ses disciples la tradition de paix préislamique des mois sacrés. (2,217). Ils te questionnent sur le fait de faire la guerre pendant les mois sacrés. - Dis : " Combattre alors est un péché grave, mais il est plus grave encore aux yeux d’Allah de faire obstacle au sentier d’Allah, de Le renier et d’empêcher l’accès à la Mosquée sacrée, et d'expulser de là ses habitants. « L’association est plus grave que le meurtre … »
Dans l’Arabie préislamique, nul n’était exclu des lieux de culte, ouverts et accessibles à toutes les croyances, à condition que chacun respecte les croyances et rituels d’autrui pour éviter les conflits. Les Arabes étaient fiers de leurs traditions et de leurs valeurs telles que le sens de l’honneur, l’hospitalité, le respect de la parole donnée, la générosité et le courage.
L’organisation politique et sociale de l’Arabie à l’époque de Mahomet était celle de familles unies en tribus, nommées d’après un ancêtre commun et dont les membres se soutenaient mutuellement. Les diverses familles collaboraient démocratiquement à la gestion des affaires communes.
La population nomade accordait, en échange d’un tribut, sa protection à ceux qui traversaient le désert. Les petites tribus nomades, soumises à des conditions de vie précaires dans un milieu hostile, pouvaient améliorer leur quotidien en se livrant à des razzias. Ces attaques soudaines et rapides étaient généralement menées contre d’autres tribus, nomades ou sédentaires, ou contre des caravanes en vue de s’approprier un butin. Les razzias et les prises de butin étaient considérées avec mépris par les bonnes familles arabes ainsi que par les populations sédentaires qui en étaient victimes. Lorsque par malheur le sang était versé, une vendetta s’engageait avec des guerres intertribales sans fin si le prix du sang n’était pas payé. A cause de la loi du talion, il était important d’éviter les morts lors des razzias tout en ramenant la plus grande quantité possible de butin qui pouvait être utile15.
Païens, chrétiens et juifs cohabitaient dans toute l’Arabie préislamique. Ils vivaient en bonne entente dans des oasis et autour des points d’eau à l’intérieur des terres, cultivant le sol ou se livrant à des activités artisanales. La majorité de la population sédentaire vivait soit au sud de la péninsule, dans l’Arabie Heureuse, soit dans le Hedjaz le long des côtes de la Mer Rouge où se trouvaient des ports et des marchés.
Dans certaines oasis, telle celle de Khaybar, tous les habitants étaient juifs. Le christianisme était très présent au Yémen qui avait longtemps été sous l’influence de l’Abyssinie chrétienne. La ville de Najran était chrétienne.
Les caravanes des Mecquois traversaient des terres couvertes de monastères et d’ermitages. La tradition musulmane rapporte que lors d’un voyage du jeune Mahomet qui accompagnait son oncle Abu Taleb leur caravane s’arrêta en Syrie auprès de l’un des nombreux monastères chrétiens de la région. Un moine, Bahîra, se serait ce jour-là particulièrement intéressé à Mahomet et aurait remarqué le sceau de la prophétie entre les épaules du futur prophète de l’Islam. « Sur ce sceau, il y avait un grain noir virant vers le jaune et tout autour, des poils en touffe comme une crinière de cheval16 ».
En 410, la ville de Hira, près de Babylone en Mésopotamie, était déjà résidence épiscopale. Aux frontières du désert syrien, la grande tribu arabe des Banu Ghassan venus du Sud Yémen, et phylarques de Byzance après leur installation en Syrie, ainsi que la tribu de Kinda, Kinda-el-muluk (Kinda des rois), étaient chrétiennes.
Le plus célèbre poète de l’Arabie préislamique, Imrou’l Qaîs (d 540) ainsi que Yakub ibn Ishâq al-Kindi -Jacques fils d’Isaac le Kindi (800-873)-le plus grand philosophe arabe, et Abd al-Masih ibn Ishâq al-Kindi –Esclave du Messie fils d’Isaac le Kindi– qui écrivit vers 830 à la cour du calife Al-Ma’mun une importante apologie du Christianisme, sont issus de ces grandes tribus arabes chrétiennes17.
Si certaines grandes tribus arabes chrétiennes, telle celle des Ghassan, sont très connues à cause de leur alliance avec Byzance, divers historiens arabes ont signalé la présence de chrétiens au sein de nombreuses autres tribus de la péninsule. Ibn Qutayba a noté la présence de chrétiens nazaréens au sein des tribus de Qudâ’a, et selon Al-Ya’qubi les tribus de Tamîm, Rabî’a, Banu Taghlib, Tay’, Mazhaj, Bahra, Salikh, Tannûkh et Lakhm étaient chrétiennes. Al Jahiz cite les tribus chrétiennes des Chibân, ‘Abd al-Qays, al-‘Ubad, ‘Amilâ, Jizân, ibn Kathîr, ibn Belhârith, ibn Ka’b18.
Henri Lammens a souligné qu’on trouvait dans la ville natale de Mahomet des commerçants chrétiens de passage, Grecs, Abyssins, Syriens ou Égyptiens et des moines qui quittaient pour un temps leurs monastères pour venir à la Mecque prêcher la Bonne Nouvelle. D’autre part, des chrétiens y étaient établis de manière permanente, tels les supplétifs abyssins, des artisans abyssins et coptes, ainsi que des hommes d’affaires comme Sohaib ibn Sinan et un certain Nastase associé du commerçant qorayshite Safwan ibn Omaya19.
La tradition musulmane rapporte que lorsque vers la fin du VIe siècle, les Quraych décidèrent de surélever les murs de la Ka’ba et de la couvrir, ils découvrirent au coin des fondations un texte en syriaque20. Le syriaque appartient au groupe des langues araméennes, il était parlé à Édesse et s’était répandu dans tout le Moyen-Orient avec le christianisme. La tradition musulmane rapporte qu’à cette époque la construction du toit de la Ka’ba fut confiée à un artisan copte qui résidait à la Mecque21.
Les Arabes païens pouvaient adorer la lune, les étoiles ou bien des pierres (bétyles), telle la pierre noire. Ils avaient leurs arbres, rochers, points d’eau sacrés (tel le puit de Zamzam) et redoutaient les djinns ou les mauvais esprits. Dans l’espace sacré de la Ka’ba se trouvaient plus de 360 idoles dont la pierre noire que le grand-père de Mahomet, Abd al-Muttalib, avait découverte en même temps que le puit de Zamzam.
Les marchands ismaélites, les Arabes, mentionnés dans la Bible, profitaient de leur pèlerinage à la Mecque pour faire affaire. La Mecque, était un centre commercial aussi bien que religieux. Il s’y tenait régulièrement des foires, auxquelles participaient les tribus bédouines. Les marchands y offraient des produits des continents voisins, dont l’ivoire africain, les épices et la soie venus d’Inde ainsi que de l’encens du Yémen.
Le prénom du père de Mahomet était Abd-Allah, ce qui signifie « esclave d’Allah ». Allah était donc certainement adoré dans la Mecque préislamique avant la naissance de Mahomet. Des versets coraniques citent d’autre part trois déesses, Al-Lat, Al-‘Uzza et Manat.
(53, 19) Avez-vous vu Al-Lat et Al-Uzza ?
(53, 20) Ainsi que Manat, cette troisième [divinité] ?
(53, 21) Quoi ? À vous le garçon et à Lui la fille ?
La famille de Mahomet faisait partie de l’oligarchie de marchands qui gérait les pèlerinages, elle était en charge de la « siqâya » (distribution de l’eau sacrée) depuis que le grand-père de Mahomet avait découvert le puit de Zamzam. Les marchands mecquois contrôlaient également le commerce, pratiquant un capitalisme sophistiqué. Ils organisaient les foires et, pour subventionner leurs entreprises commerciales, n’hésitaient pas à travailler avec des capitaux d’emprunts22.
Les valeurs morales judéo-chrétiennes étaient partagées par de nombreux Mecquois, qui pratiquaient l’aumône, se retiraient annuellement au Mont Hira, près de la Mecque, pour méditer, prier et jeûner durant un mois. Selon la tradition musulmane, Mahomet se joignit à ces hommes pieux, ces hanafa, et une nuit, Laylat Al-Qadr, durant ce mois de jeûne du ramadan, Mahomet fut appelé à lire le Coran.
(96,1) Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé
Mahomet a prescrit à ses disciples de jeûner comme les pieux Mecquois de l’époque préislamique.
(2,183) Ô les croyants ! On vous a prescrit as-Siyam (le jeûne) comme on l'a prescrit à ceux d'avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété,
Les Quraych, ancêtres de Mahomet, hommes d’affaires diplomates.
La tradition musulmane fait remonter l’installation à la Mecque des ancêtres de Mahomet au VIe siècle. Des tribus bédouines se seraient alors unies autour d’un certain Qusayy, surnommé al-Mujammi’ (le rassembleur), pour former une nouvelle tribu qui prit le nom de Quraych.
Le nom Qusayy se trouve dans l’épigraphie nabatéenne23 et l’ancêtre de Mahomet peut avoir été un descendant des Nabatéens chez qui saint Paul s’était rendu après avoir retrouvé la vue à Damas. Des Nabatéens, dont l’histoire a perdu la trace, ont pu revenir au nomadisme lorsque leur royaume, annexé par Byzance, a perdu sa prééminence commerciale.
La seule sourate qui mentionne les Quraych dans le Coran les présente comme des monothéistes adorant « Rabb haza l’bayt ».
(106,1) A cause du pacte des Quraych
(106,2) De leur pacte [concernant] les voyages d'hiver et d'été.
(106,3) Qu'ils adorent donc le Seigneur de cette Maison (Rabb haza l’bayt ).
(106,4) qui les a nourris contre la faim et rassurés de la crainte !
Les chrétiens arabes utilisent fréquemment le mot « Rabb » –auquel peuvent être associés les noms rabbi, rabbin– pour désigner Dieu.
Selon Henri Lammens, les Quraych se désignaient eux-mêmes comme les nouveaux Arabes. Ce serait avec l’aide de tribus venues de Syrie, dont certaines étaient chrétiennes, et sous le commandement de Qusayy, qu’ils arrachèrent la Mecque aux Kuza’a, les anciens Arabes qui étaient venus là du Sud Yémen24.
L’historien E-M Gallez, qui précise que la tradition musulmane situe le tombeau du grand-père de Mahomet à Gaza, estime que la famille de Mahomet et Mahomet lui-même étaient en fait syriens25.
Selon l’histoire officielle de l’islam, les Quraych créèrent une sorte de Sénat, Dar al-Nadwa, pour diriger les activités religieuses et commerciales de la ville26. Des chefs et des membres de plusieurs tribus se réunirent à l’invitation de ‘Abd Allah bin Jud’an et élaborèrent un code de justice connu sous le nom de Hilf el fudul (pacte du bien)27 fixant des règles et des principes de justice et de soutien des victimes, qui devaient régir les relations sociales, au-delà de toute considération d’appartenance tribale et de puissance.
Les Quraych évitaient de s’engager dans des guerres tribales, nuisibles au commerce et à l’harmonie de la vie sociale. Leur devise pouvait être « faites des affaires pas la guerre ». Ils entretenaient des relations amicales avec les différentes tribus, quelles que soient leurs croyances, ainsi qu’avec les différents petits royaumes de la péninsule. Ils se posaient autant que possible en médiateurs pour régler les conflits et devinrent maîtres dans l’art du compromis et de la conciliation. Le marché mecquois d’Ukaz (Suq Ukaz) devint ainsi un centre commercial et religieux ouvert à tous.
À une époque où l’adhésion à l’une des grandes religions signifiait souvent l’allégeance à une puissance étrangère voisine de l’Arabie, les Quraych de la Mecque semblent avoir opté pour la neutralité et l’indépendance; ils invitaient toutes les tribus à se retrouver à la Mecque.
Ce serait grâce à la pierre noire que ‘Abd al-Muttalib, le grand-père de Mahomet, fut amené à jouer un rôle dans la gestion de la vie religieuse de la Mecque. ‘Abd al-Muttalib aurait découvert la pierre noire de la Ka’ba, le puits sacré de Zamzam, ainsi que des sabres, des boucliers et deux gazelles en or enterrés là par les précédents habitants de la ville.
Ibn Hichâm, le biographe officiel de Mahomet, raconte que lorsque le grand-père (païen) de Mahomet découvrit le puits, la pierre noire et les gazelles en or il s’écria « Allah akbar ». Cette expression qui signifie « Allah est plus grand » est indissolublement liée à la religion fondée par son petit-fils. Lorsque les Quraych lui demandèrent de partager avec eux le trésor, ‘Abd al-Muttalib décida de le faire tirer au sort devant le dieu Hubal28.
Le sort décida que le trésor devait être remis à ‘Abd al-Muttalib qui fit fondre les deux gazelles pour décorer la Ka’ba. Puis, ‘Abd al-Muttalib décida que l’eau du puits de Zamzam servirait désormais de boisson sacrée (siqâya) aux pèlerins.
‘Abd al-Muttalib aurait également fait le vœu de sacrifier aux dieux l’un de ses fils s’il avait dix enfants mâles qui parviendraient à l’âge adulte pour le protéger29.
Ibn Hichâm nous dit que lorsque les enfants de ‘Abd al-Muttalib furent parvenus à l’âge adulte, c’est Abdallah, le futur père de Mahomet, qui fut désigné, par le sort, pour le sacrifice. Le grand-père de Mahomet, grâce aux conseils d’une sibylle de l’oasis juive de Khaibar, finira par égorger devant le dieu Hubal 100 chameaux en échange de son fils30. Nous pouvons donc logiquement attribuer à l’influence du monothéisme juif, l’abandon des sacrifices humains par le grand-père de Mahomet.
La Bible mentionne les dieux au Moyen-Orient, qui étaient de grands consommateurs de chair fraîche avant que le Dieu d’Israël n’interdise aux hommes de sacrifier leurs enfants (Dt 18 :9-10). La Bible évoque particulièrement Moloch (Lev 18,21) (Lev 20,2-5) et Baal (2 Rois 17, 16-17) duquel on peut rapprocher Hubal, l’un des dieux mecquois.
Les Hanafa, qui priaient le Dieu unique, jeûnaient et faisaient la charité.
Bien que la tradition musulmane souligne constamment le paganisme des Arabes à l’époque de Mahomet, de nombreuses sources historiques, dont la Sunna et le Coran, prouvent la présence de juifs et de chrétiens dans son entourage. L’historien al-Ya’qubi a écrit qu’à l’époque de Mahomet, il y avait des Arabes très fervents et d’autres tièdes. Selon la tradition musulmane, les Arabes fervents de la Mecque préislamique adoraient le Dieu unique, pratiquaient le jeûne, la méditation et les œuvres de bienfaisance31.
L’Arabe fervent est désigné dans les hadiths, ainsi que dans le Coran, sous le nom de hanif qui est la transposition en arabe de l’hébreu « hanef ». Or hanef est le terme par lequel les juifs rabbanites désignaient les judéo-nazaréens32.
Témoignant de la liberté religieuse qui régnait à la Mecque avant l’islam, le biographe officiel de Mahomet rapporte la conversion au christianisme de trois Mecquois en quête spirituelle.
Ibn Hichâm a écrit que quatre hommes, Waraqa ibn Nawfal, Ubayd-Allah ibn Jahch, Uthman ibn al-Huwayrith et Zayd ibn Amr, qui faisaient partie des meilleures familles mecquoises, se demandèrent un jour ce qu’ils faisaient à tourner, à la Ka’ba, autour d’une pierre qui ne voyait rien, n’entendait rien, ne faisait rien. Ils décidèrent de se trouver une autre religion. Ils feront partie des « hanafa » (pluriel de hanif) avant que trois d’entre eux se convertissent au christianisme33.
Waraqa ibn Nawfal fut très proche de Mahomet car il était le cousin et conseiller spirituel de Khadija, première épouse du prophète de l’islam. Les hadiths disent que Waraqa avait appris les Écritures auprès des maîtres et s’était converti au christianisme34.
Ubayd-Allah ibn Jahch fit partie des disciples de Mahomet qui immigrèrent en Abyssinie. Il épousa Umm Habiba, fille du commerçant mecquois Abu Sufyan qui s’opposa longtemps à Mahomet avant de se rallier, contraint et forcé, à l’islam.
Ubayd-Allah ibn Jahch est mort chrétien en Éthiopie. Il disait à ses compagnons que les chrétiens voyaient plus clair qu’eux. Mahomet épousera plus tard sa veuve Umm Habiba amorçant une reprise des relations avec Abu Sufyan qu’il voulait gagner à sa cause35.
Le frère d’Umm Habiba, Muawiya, deviendra le premier calife Omeyyade de la lignée des califes « Sufyanides » ainsi nommés à cause de son père Abu Sufyan. Uthman ibn Al-Huwayrith, devenu chrétien, aurait obtenu une importante position à la cour de Byzance.
Zayd ibn ‘Amr ibn Nufayl, selon la Sirâ, resta en dehors du judaïsme et du christianisme qui semblent donc avoir été les deux principales options religieuses offertes aux Mecquois avant l’islam. Il aurait cependant quitté la religion de ses ancêtres, s’abstenant de la consommation de viande d’animaux étouffés et du sang des victimes sacrifiées au pied des idoles.
Cette explication fournie par ibn Hichâm permet néanmoins de rapprocher Zayd ibn ‘Amr du judéo-christianisme (Nazaréisme) et plus particulièrement du groupe de fidèles de Jacques, le premier évêque de Jérusalem (Actes 15, 29).
Il n’est pas fait mention de lieux de prière chrétiens ou juifs à la Mecque, malgré les mentions coraniques relatives à la piété des moines et des chrétiens en général (5,82). Selon les historiens arabes, de nombreuses tribus chrétiennes d’Arabie n’hésitaient pas à se joindre aux pèlerins de la Mecque ; et dans un de ses vers, le poète chrétien Adi b. Zayd a prêté serment « au nom du Rabb de La Mecque et du Crucifix36 ».
Les chrétiens arabes utilisent généralement le mot Rabb pour dire Dieu et le mot Rabb dans le Coran désigne le Dieu des Quraych, la tribu de Mahomet.
L’historien al-Azrâqi a écrit qu’il y avait une icône de Jésus et de Marie à la Ka’ba et que, lors de la conquête (Fath) de la Mecque, Mahomet aurait ordonné d’effacer toutes les icônes sauf celle de Jésus et de Marie sur laquelle il avait posé les mains37. Il faut donc supposer que les chrétiens devaient avoir un espace de prière à côté de ceux des pèlerins païens qui se rendaient à la Ka’ba. Ibn Hichâm évoque les rencontres entre Waraqa bin Nawfal, cousin chrétien de Khadija, et Mahomet qui accomplissait ses rondes autour de la pierre noire ou se reposait à l’ombre de la Ka’ba38.
