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Alexandre commence à peine ses années universitaire, et comme tout jeune homme, il intègre une fraternité. Il faut choisir correctement pour avoir le confort, la popularité et tout ce qui va avec. Mais rapidement, le jeune homme découvre que de sombres secrets entourent ses nouveaux " frères" et il se retrouve entrainé, malgré lui, dans des histoires vieilles de plusieurs décennies. Sans possibilités de faire marche arrière, saura-t-il sortir indemne des années qui sont censé le préparer à sa vie future ?
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Seitenzahl: 84
Veröffentlichungsjahr: 2018
« Seize heure cinquante, tout va bien, j’ai encore le temps. »
Alexandre sort son ticket de bus, le présente au chauffeur et entre. Les sièges sont assez espacés pour qu’il puisse mettre son gros sac à dos à ses pieds sans être gêné.
Ils ont l’air confortable et il est possible d’en allonger le dossier, pour dormir. Décidément, il voyage tout confort aujourd’hui, cela le change des deux mois qu’il vient de passer à faire le tour du pays avec son sac.
Le trajet étant long jusqu’à sa destination, il avait choisi de mettre le prix, afin de pouvoir se reposer pendant la route.
Le bus était programmé pour partir à dix-huit heures et le jeune homme descendrait au terminus, le lendemain, à neuf heures.
Son voyage arrivait à son terme.
A son arrivé, il découvrirait la ville qu’il avait choisie et pourrait ainsi se reposer dans le campus universitaire où il s’était inscrit avant son départ. Alexandre était parti seul, à l’aventure, avec juste un sac à dos contenant le strict minimum pour s’en sortir.
Ce voyage n’avait pas été de tout repos, mais il ne regrettait rien, il avait vraiment vécu des moments incroyable et inoubliable.
Il choisit un siège au milieu du bus, près de la vitre gauche, détache son sac et peut enfin s’en débarrassé. Ce que cela pouvait être agréable.
Il s’assit et fut ravi de constater qu’il se sentait bien, confortablement installé. Il cala son paquetage à ses pieds, sortit son ipod, mit la musique, descendit son siège au maximum et ferma les yeux, se plongeant dans le son qui envahissait son être.
Sentant le bus démarré, il ouvrit les yeux.
Les passagers se pressaient, regagnant les sièges encore libres, se bousculant mutuellement pour la place qu’ils avaient choisie.
Alexandre observa cette étrange scène, impassible.
Il se sentait encore plus différent de ces gens depuis son voyage. Tous ces moutons qui suivaient le troupeau sans se poser de question, se contentant de faire ce qu’on leur disait de faire.
Tandis qu’il observait les retardataires, ses yeux croisèrent une lueur verte étincelante. Surpris, il chercha la source de cet éclat et croisa, de nouveau, le regard particulièrement pétillant qui se rapprochait de lui. Il reconnut immédiatement ces yeux vert émeraude, il se laissa aspirer par leur intensité, incapable de résister à tant de beauté, incapable de lutter contre cette soudaine attraction, incapable de garder ses idées claires.
Il se laissa emporter, s’enfonçant peu à peu dans l’abîme insondable qui s’ouvrait devant lui. Il plongea au plus profond de l’être à qui ils appartenaient, il ne pouvait détacher son regard de ses yeux qui lui semblaient si familier.
Il les avait vu tant de fois, dans ses rêves.
Les voir en vrai lui fit un choc, son cœur sembla sur le point de s’arrêter tant il s’emballait, son sang se mit à bouillir dans tout son corps, il disparaissait, se noyant dans cet océan émeraude.
Au ralenti, il vit les yeux se couvrirent, camouflant cette lueur hypnotisante derrière une fine membrane d’épiderme. Juste un battement de paupière et pourtant, cela lui sembla durée des heures.
Pendant ce court laps de temps, il détailla le visage de ses songes, son petit nez, ses joues rougies par le froid de l’extérieur, ses lèvres si attirante teinté de rouge foncés, ses fines oreilles prolongées d’une boucle argent formant un motif abstrait, et ses cheveux, coincés derrière ces mêmes oreilles, d’un blond vénitiens à couper le souffle, frisant sous l’effet de l’humidité de l’air ambiant. Ils cascadaient sur ses épaules, se mouvant au rythme de ces gestes.
Il avait vu ce tableau tellement de fois, mais pour la première fois, il ne se réveillerait pas, car elle était réelle.
Les yeux se rouvrirent, redonnant vie à l’océan émeraude.
Cassandra sentit son cœur s’emballer, elle se retint au siège, pour ne pas s’écrouler sur le sol, ses jambes ne semblaient plus vouloir la porter.
Comment cela était-il possible ? Comment pouvait-il exister ? Comment pouvait-elle le connaître sans l’avoir jamais vu ? Tout chez cet homme lui était familier, et pourtant, si elle l’avait croisé, elle s’en souviendrait, il n’avait pas un visage facile à oublier. Et ces yeux…
La jeune femme observa cet homme qui la fixait intensément.
Se pouvait-il que lui aussi la reconnaisse ? Comment définir le sentiment qu’elle ressentait. Ce qu’elle avait lu sur la réincarnation était peut-être la solution, quelles autres explications pouvait-il y avoir ? Avaient-ils été amant dans une autre vie, dans une vie antérieure, où ils incarnaient des personnes différentes, mais avec une même passion ?
Après tout ce qu’elle avait vécu, cela ne semblait pas si absurde. Pourtant, cette possibilité remettait en cause tout ce qu’elle avait toujours tenu pour acquis. Tout ce qu’on lui avait toujours enseigné sur sa vie futur, tout n’était peut-être pas si sombre.
Une seule certitude demeurait malgré tout, ils se connaissaient.
Et cette seule certitude lui parut amplement suffisante, elle comblait à elle seule le vide qui l’habitait depuis si longtemps.
Elle ne le quitta pas du regard, regardant avec attention ses courts cheveux bruns, ses yeux bleu clair, son air si sérieux, la forme de son visage…
Tout en lui respirait la liberté et l’aventure, l’exact opposé de ce qu’elle ressentait.
Malgré la magie de cet instant, une sombre idée lui vint à l’esprit : si la réincarnation était une réalité, alors qu’avait-elle fait dans sa vie précédente pour hérité de la vie qui était la sienne.
Elle baissa la tête, rompant le délicieux contact qui la faisait encore frémir.
Elle sentit une pression sur son épaule et se retournant, elle vit son père qui lui fit signe d’avancer. Elle reprit sa traversée du bus et alla s’asseoir à la place libre qui l’attendait, à côté du jeune homme. Son père vint se mettre près d’elle, rendant tout dialogue impossible avec cet étranger, qui n’en était pas un.
Alexandre comprit que quelque chose n’allait pas.
En jetant un rapide coup d’œil à l’homme qui s’était assit sur le siège le plus proche de la jeune femme, il sut qu’il était le problème. Il arborait un air mauvais, une expression dure et une cicatrice sur la joue, qui le rendait encore plus effrayant que nécessaire. Pour achever ce portrait cauchemardesque, son regard était glacial et bestial.
Le dialogue n’était pas possible, il le sentait, mais pire encore, elle évitait son regard.
Prit au dépourvu, Alexandre cessa de la fixer afin d’éviter que l’homme ne se doute de quelque chose et se replongea dans sa musique, refermant les yeux, tout en gardant à l’esprit ce visage angélique et ces yeux où il accepterait volontiers de se noyer.
Peu de temps après, il sentit le bus se mettre en route. Les plafonniers du véhicule remplaçaient la lumière décroissante du soleil et les discussions allaient bon train. Bercé par le mouvement régulier du bus et par la fin de cette longue journée de marche pour le moins épuisante, ainsi que par la musique qui le coupait du monde alentour, Alexandre s’endormit avec toujours cette même image en tête.
Le véhicule roula sur un nid de poule, provoquant une brusque secousse qui réveilla Alexandre.
Il ouvrit les yeux et découvrit l’obscurité. Il faisait nuit, les lumières du bus avaient été éteintes et la noirceur du lieu le réconforta. Depuis peu, il se sentait plus à l’aise dans l’obscurité qu’à la lumière.
Il regarda l’heure sur son ipod : vingt-deux heures. Il jeta un coup d’œil par la fenêtre, mais l’obscurité ne laissa apparaître que quelques ombres d’arbres sur le bas côté de la route. Il tourna la tête de l’autre côté et tomba sur le regard émeraude de ses rêves.
Cassandra avait allongé son siège au maximum, pour être à la même hauteur que le jeune homme et elle s’était tourné vers lui, dos à son père, mais le sommeil l’avait quitté lorsqu’elle avait posé les yeux sur lui.
Depuis, elle le regardait dormir, le visage serein et paisible, ses paupières se mouvant au rythme de ses rêves et sa poitrine se soulevant et s’abaissant avec sa respiration.
Quand il se réveilla et lui fit face, elle ne fit rien pour éviter son regard. Elle aurait tout simplement pu fermer les yeux, mais une chose en elle l’en empêcha. Au lieu de cela, elle soutint son regard bleu clair où se lisait une réelle passion pour la vie et une intelligence peu commune.
Elle n’avait jamais vraiment soutenu le regard de quelqu’un, et encore moins d’un garçon, pourtant en cet instant, rien ne lui semblait plus normal, plus naturel et plus agréable que cette simple action de ne pas ciller.
Alexandre se tourna sur le côté, se positionnant face à la belle inconnue et garda ses yeux plongés dans les siens. Une plénitude invraisemblable l’envahissait, au point que toutes ses pensées le quittèrent, ne laissant que ces deux émeraudes.
Il comprit qu’avec le silence qui régnait dans le véhicule, aucune discussion n’était possible, il ne savait que faire, il voulait agir, mais son cerveau restait bloqué.
Sentant une gène à l’oreille droite qui reposait sur le siège, mais qui abritait toujours un écouteur de son iPod, il eu une idée. D’abord hésitant, il changea de musique, recherchant celle qui pouvait le mieux exprimé ce qu’il ressentait, puis il retira cet écouteur et, d’un geste lent et expert, il le glissa dans l’oreille libre de la jeune femme.
Pour ce faire, il lui fallut la découvrir, la cherchant à travers la chevelure de sa cible. Lorsqu’il fut en place, elle lui sourit.
Il lui rendit son sourire, et guidé par la douceur du contact de ses cheveux, il glissa sa main sur la joue de la jeune femme, ramena ses cheveux derrière son oreille. Son sang se mit à bouillir dans tout son corps, accélérant son rythme cardiaque, et son cerveau donna l’ordre, à son corps, de produire de l’endorphine, lui procurant un intense bien-être.
La jeune femme frissonna à ce contact si innocent, si anodin, et pourtant si fort.
Ils restèrent ainsi, à se regarder en écoutant la musique pendant plus d’une heure avant de commencer à avoir les paupières lourdes.
Voyant qu’elle commençait à s’endormir, Alexandre ne se donna pas le temps de réfléchir, il glissa sa main sous la petite couverture qui couvrait la jeune femme et lui attrapa la main.
Sans rouvrir les yeux, son sourire s’élargit et elle lui serra la main, émue comme jamais par ce simple contact. Une vague de bonheur la submergea, lui faisant oublier qui elle était et surtout, ce qu’elle était. Elle sombra dans un monde de rêve passionné, romantique et érotique.
Le jeune se laissa envahir par le désir, touché au plus profond de son être par la délicieuse caresse de leur main l’une dans l’autre et la douceur de la peau de la femme sous ses doigts.
Sentir les battements de cœur de son âme sœur, juste dans sa main, là savoir si proche de lui, quelle plus belle manière de s’endormir pouvait-il exister ?
