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Ne pas mourir, tenir encore une journée... Telles sont les pensées d'Eric à chaque fois qu'il se lève, se préparant aux affrontements qui font parti de son quotidien. Il ne connait que cela, mais il aspire à tellement plus. Tout va changer lorsqu'il franchit les barrières protégeant une énigme qu'il devra résoudre pour découvrir le secret de la vie qui l'entoure.
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Seitenzahl: 80
Veröffentlichungsjahr: 2018
Surveillant les herbes hautes qui l’entouraient, une silhouette s’avança dans la douce lumière de l’aube. L’humidité de l’air la gelait jusqu'aux os, mais elle se forçait à ne pas trembler, car le moindre bruit pouvait la faire repérer et malgré l’apparente tranquillité du lieu, elle n’avait aucun moyen d’être sûr que la voie était libre.
Se faisant le plus discret possible, le jeune homme se faufila derrière le bloc qui lui assurait une certaine sécurité. Etant le plus expérimenté en la matière, son peuple l’avait désigné comme éclaireur et espion. Il parvenait à se faufiler presque n’importe où, sans se faire repérer. Cela ne lui demandait pas d’attention particulière, il sentait le danger quand celui-ci se trouvait près de lui.
Ce sixième sens lui avait toujours été très utile et lui avait valu une réputation très forte, aussi bien pour son peuple, que chez ses ennemis.
Son esprit fonctionnait différemment, il ne se l’expliquait pas et n’était pas en mesure de dire dans quel proportion cela était vrai, mais il sentait qu’il voyait et sentait les choses d’une manière qui lui était propre.
Le territoire où il évoluait n’était pas celui de son peuple, ce qui expliquait son attention. Il avait été envoyé en repérage, afin de validé, ou non, ce que les espions avaient annoncé. Pour l’heure, tout semblait désert, ce qui était une bonne chose, en considérant la suite des évènements.
Il ne tarda pas à atteindre l’orée du camp de la troisième équipe.
La zone connu se découpait en quatre territoires : équipe un, équipe deux, équipe trois et équipe quatre. Les quatre zones étaient alignées, formant un territoire tout en longueur. Chaque zone se délimitait en un carré de cinq kilomètres de côté.
Le périmètre de la zone était délimité par un grand mur d’une dizaine de mètres de hauteur qui, disait-on, les protégeait d’une fin atroce. Entre les quatre territoires, les frontières étaient beaucoup plus floues, mais chacun tentait de les surveiller au mieux, afin de limiter les ardeurs ennemies.
Le jeune homme appartenait à la deuxième équipe, se trouvant coincé entre la première et la troisième. Par la force des choses, son équipe et la troisième avaient apprit à limiter les assauts entre leurs deux territoires, afin que chacun puisse se concentrer sur l’équipe qui occupait l’autre frontière et qui n’avait qu’un seul ennemi proche. La première et la quatrième tribu occupaient des points stratégiques et plus faciles à défendre.
Ainsi, les deux équipes voisines n’avaient pas besoin de se défendre sur deux fronts à la fois.
Mais la veille, ces derniers avaient lancé un assaut sur le camp de l’homme, les prenants par surprise, ce qui leur avait permit de voler une grande quantité d’armes et de munitions.
Cet acte ne pouvant rester impuni, selon les dirigeants de son équipe, l’homme avait été envoyé pour valider les renseignements des espions.
La lunette de son fusil sniper collé à son œil, il observa le camp ennemi pendant un long moment. Comme pour le sien, le campement était très simple, une bonne quantité de tente entourant un bunker proche d’un grand feu de camp, entretenu vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Tout était calme, personne n’était en vu.
De l’autre côté du feu de camp, une tour permettait la surveillance des snipers. Il regarda en haut et vit deux silhouettes en pleine discussion, ne faisant pas attention à ce qui se passait autour de leur territoire.
Chaque équipe avait une caractéristique spéciale qui la définissait. La première possédait une discipline hors du commun. Par exemple, leur snipers restaient sans cesse à l’affut de tout et leur attaque était très bien dirigée. La deuxième avait une intelligence supérieure aux autres, ce qui leur apportait l’avantage de former des stratégies très dangereuses. La troisième possédait une rapidité physique impressionnante, les rendant très efficace. La dernière équipe était la plus féroce. Elle était imprévisible et ne reculait devant rien.
Une semaine plus tôt, le jeune homme avait dirigé une attaque sur la première équipe, un assaut stratégiquement parfait, qui leur avait valu un très joli butin, dont le fusil sniper de grande qualité qu’il arborait.
Qu’est-ce qui le différenciait des autres ?
Ses dirigeants cherchaient la réponse à cette question depuis que cela lui avait valu de se sortir d’une situation que beaucoup avait jugé impossible.
Certain éprouvait de la jalousie à son égard, pour d’autre il s’agissait de crainte. De son côté, il ne s’en souciait guère. Il était ce qu’il était, le reste ne l’intéressait pas, et ce que l’on pensait de lui encore moins.
Il dirigea la lunette de son fusil sur les tentes de commandement et n’y décerna aucune agitation suspecte.
Malgré qu’ils n’aient jamais signé d’alliance ou de pacte officialisant leur non-agression, l’équipe du jeune homme ne comprenait pas ce qui avait pu pousser la troisième équipe à les attaquer.
Eric ne s’en formalisait pas, cela lui paraissait logique. Devant les assauts incessants de la quatrième équipe, il leur fallait plus d’arme. Son équipe venant de faire une bonne prise, leur adversaire avait eu vite fait de jauger le danger et de prendre une décision.
Le jeune homme s’était bien gardé d’exposer sa réflexion aux têtes pensantes de son peuple, qui le prenait déjà suffisamment pour une anomalie.
Eric se sentait très extérieur au combat de son peuple. Bien qu’il n’eu rien connu d’autre et qu’il ne sache pas ce qu’il pouvait y avoir d’autre que cette vie, il ne se sentait pas du tout concerné.
Cette extériorité lui avait souvent valut de se retrouver seul, mis à l’écart des autres. Il ne se sentait pas à sa place, et quoi qu’il fasse, se sentiment le suivait.
Sa solitude ne le dérangeait absolument pas, au contraire, la présence de ses contemporains le mettait mal à l’aise, comme si son peuple représentait un ennemi contre lequel son esprit voulait le protéger.
A première vu, comme l’avait annoncé les espions, le camp était désert, ou presque. Les combattants avaient surement lancé une offensive sur leurs ennemis, profitant des armes qu’ils venaient d’acquérir. Pour montrer à l’autre équipe de quoi ils étaient capable.
Eric prit son talkie-walkie, fit tourner la molette sur le bon canal et l’approcha de sa bouche :
- La voie est libre, je répète, la voie est libre.
Une voix rauque lui répondit immédiatement :
- Elimine les snipers et attend la cavalerie.
Eric rangea l’appareil sans le couper, afin que les ordres lui soient bien transmit. A présent, la discrétion n’était pas la plus importante, il savait que le danger n’était pas embusqué près de lui.
Il épaula son fusil, plaça son œil dans l’axe de la lunette, visa la première sentinelle, expira lentement et appuya sur la gâchette.
Le coup partit, faisant retentir la décharge dans le silence de ce début de journée. Le jeune homme amortit le recul du fusil sans trop de problème. Sans bouger son corps ni son fusil, sa main droite quitta la gâchette, alla se placer sur la manette de recharge qu’il tira et remit en place dans un geste sûr et rapide, faisant entrer une autre balle dans le canon.
La deuxième sentinelle eut tout juste le temps de voir son compagnon chuter dans le vide, que déjà le second coup retentissait. La balle mit trois secondes à parcourir la distance qui la séparait de sa cible.
Celle-ci s’effondra sans comprendre d’où venait le tir.
Le bruit des deux coups de fusil provoqua l’alerte du camp. En quelques secondes, tous les soldats encore présent sortirent de leur tente, arme au point, prêt à faire feu et cherchant une cible qu’il ne trouvait pas.
En attendant les renforts, Eric élimina une demi-douzaine d’ennemis. Grace à cela, les survivants parvinrent à le localiser et ils s’élancèrent dans sa direction à une vitesse qui le surprit.
Il ne les avait pas encore réellement vu à l’œuvre, car il se trouvait en territoire ennemi lors de l’attaque de cette équipe sur son peuple. Et leur rapidité, bien que reconnu, avait de quoi surprendre.
Il lâcha son fusil, le fit tourner pour le caler dans son dos sans qu’il ne le gène, puis sortit le pistolet qu’il gardait à la ceinture.
Il resta le plus silencieux possible, attendant les ennemis, qui se dirigeaient dans sa direction, sans tout à fait l’avoir localisé. Il se retourna, faisant face à la clairière de hautes herbes qu’il avait traversé, s’adossant au bloc de béton derrière lequel il se cachait.
Il vit ses premiers ennemis. L’un d’eux passa si près qu’il entendit très clairement les ordres qu’il recevait par l’intermédiaire de sa radio.
Un autre le suivait de près et tandis qu’il passait devant le bloc, la radio du jeune homme se mit à grésiller. Eric s’empressa de la sortir de son rangement, afin de l’éteindre, mais il était trop tard :
- Nous arrivons, lâcha une voix forte à l’attention de l’homme.
Levant les yeux, il vit le second soldat se retourner vers lui. Rapide comme l’éclair, il leva son arme sur l’ennemi. Malgré la rapidité de ce dernier, Eric avait commencé à agir au moment où il avait vu l’homme ralentir pour se retourner. Sa balle partit avant que l’autre n’ai finit de lever son arme.
Ne perdant pas de temps, il pointa le pistolet sur l’homme qui précédait la victime et qui ralentissait déjà, en alerte à cause de la détonation. Le second projectile se figea entre les deux yeux de l’homme, et comme le premier type, il s’écroula raide mort.
Sentant que la situation devenait dangereuse, Eric laissa son cerveau guider ses mouvements, exécutant les ennemis qui se trouvaient dans son champ de tir. Les uns après les autres, ils tombaient, frappé par la précision du jeune homme.
Cette capacité, bien que fort utile, le rendait encore plus différent des autres. En effet, il n’était pas naturel, pour son camp, de posséder une telle précision. Cela était plutôt l’un des avantages que l’on retrouvait chez la première équipe, qui possédait une discipline de fer.
Mais sa précision ne suffisait pas, trop de têtes se tournaient vers lui et son chargeur se vidait rapidement.
Par bonheur, Eric entendit un coup de feu partir, faisant chuter l’homme qui se dressait devant lui, alors qu’il rechargeait.
La surprise passée, il eut la joie de voir le visage d’un membre de son équipe qui lui fit un clin d’œil.
