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Deux jeunes hommes aux vies très différentes se retrouvent chacun dans une situation où ils devront se battre pour leur vie. Ils découvriront que même aux heures les plus sombres, l'amour trouvent toujours son chemin dans les ténèbres. Mais comment faire quand la femme que l'on rencontre est mêlé notre malheur ? Peut-on tout pardonner ? Peut-on passer outre la colère par amour ?
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Seitenzahl: 242
Veröffentlichungsjahr: 2018
Jason était un jeune homme de vingt-six ans, qui vivait seul dans un appartement. Il avait fait des études poussé dans sa jeunesse, puis avait tout mit de côté pour partir.
Il avait tout laissé tomber pour voyager.
Après avoir étanché sa soif d’aventure, il s’était posé dans une ville qui lui plaisait, pris un petit appartement en centre ville et utilisé les diplômes qu’il avait obtenu plusieurs années auparavant pour devenir masseur-kinésithérapeute.
Et le voilà installé en tant que kiné depuis presque un an.
Il commençait tout juste à se réhabituer à la vie en société qu’il avait quitté lors de ses voyages lorsque sa vie bascula sans crier gare.
Cela arriva une nuit où il s’était couché tôt pour être en forme le lendemain.
Il fut réveillé par un bruit sourd qui se répercuta dans tout son appartement. Il s’assit sur son lit et chercha à identifier le bruit qui l’avait sortit de son sommeil.
Dans sa cuisine, de nombreux bruits de pas retentissaient, les personnes qui s’étaient introduites chez lui ne cherchaient même pas à être discrète.
Le jeune homme se leva et se dirigea vers la fenêtre de sa chambre pour utiliser l’escalier de secours.
A peine fut-il levé, que déjà celle-ci volait en éclat, et qu’un homme en surgissait. Complètement vêtu de noir pour être invisible dans la nuit, et la tête couverte d’une cagoule, la personne qui se trouvait face à lui ne laissait apparaître que ses yeux.
L’homme tendit le bras pour attraper celui de Jason.
Le kiné attrapa le poignet au vol et le retourna dans le dos de l’homme, celui-ci se retrouva coincé et grogna, autant de rage que de douleur, en se débattant.
La porte de la chambre s’ouvrit en grand pour laisser passer deux hommes habillés comme le premier. Réagissant au quart de tour, Jason envoya l’homme qu’il avait maîtrisé sur les deux qui lui fonçaient déjà dessus et se dirigea vers la fenêtre.
Un quatrième type l’attendait sur l’escalier de secours et pointa sur le jeune homme un pistolet électrique. La douleur ne se fit pas attendre longtemps, Jason s’écroula au sol et perdit connaissance.
Le réveil fut douloureux et embrumé, l'homme était enfermé.
Sa cellule ressemblait à celle d’un hôpital psychiatrique : des murs blancs capitonnés. Elle avait la forme d’un cube de trois mètres de côté et de hauteur, seule une face de ce cube n’était pas capitonné. Cette partie était une grande baie vitrée avec une porte, elle aussi en verre. Derrière ce mur de verre, un couloir large apparaissait.
Aucune autre porte n’était visible.
L’endroit était entièrement blanc et éclairé.
Les jours commencèrent à s’écouler et Jason ne savait toujours pas pourquoi il était enfermé.
Il n’avait ni montre, ni horloge pour lui permettre de voir le temps qui passait, si bien qu’il ne savait pas à quel moment de la journée il dormait ni quand il mangeait. Il n’avait aucun point de repère pour savoir depuis combien de temps il était prisonnier, mais ses repas lui était apportés pendant qu’il dormait et il se servit de cela pour essayer de compter le nombre de jours de son emprisonnement.
Seul dans sa prison, Jason n’en pouvait plus de tourner en rond.
Il ne voyait personne et il n’avait absolument rien à faire.
Il passait son temps à chercher la raison de sa présence dans cet endroit sans arriver à trouver une réponse logique. Il n’avait rien fait qui justifie une arrestation, et de plus, la manière dont il était traité n’était même pas légale. Il aurait dû avoir droit à un avocat, à un coup de téléphone ou au moins de s’expliquer, mais personne ne semblait chercher à savoir ce qu’il avait fait.
Au bout d’un moment, il décida de feinter le sommeil pour voir qui lui apportait son plateau repas et essayer d’interroger cette personne sur sa présence dans la cellule. On lui apportait à manger pendant son sommeil, il devait donc y avoir une caméra qui le surveillait.
Il chercha du regard d’où on l’observait et il remarqua le petit appareil de l’autre côté du couloir.
En haut du mur d’en face, l’objectif était tourné vers la cellule et semblait le fixé.
Il sentit la fatigue monter en lui, il décida que c’était le bon moment pour mettre son plan à exécution. Il s’allongea sur le lit puis ferma les yeux pour faire croire à la caméra qu’il dormait.
Il se réveilla le lendemain sans comprendre ce qu’il s’était passé. A peine avait-il fermé les yeux que déjà il dormait.
On devait le droguer, c’était la seule explication. Et la seule chose qu’il ingérait se trouvait sur le plateau repas qu’on lui apportait durant son sommeil. Il ne devait donc pas toucher à ce qu’on lui amenait s’il voulait réussir à rester éveillé.
Avant qu’il n’ait pu tenter quoi que ce soit, il eut une visite, aussi inattendue que surprenante.
L’homme se présenta un peu après le repas de Jason, qui avait pris conscience trop tard du somnifère caché dans sa nourriture. Le jeune kiné n’avait vu personne depuis plusieurs jours et l’homme qui se présenta devant lui était un vieil ami qu’il n’avait pas revu depuis longtemps.
Ils avaient étudié ensemble pendant quatre années et ne s’étaient plus revus depuis que Jason avait tout quitté pour partir à l’aventure.
- Bonjour Steph, le jeune homme se retourna sur le lit pour faire face à son ancien ami. Il y avait longtemps, ça me fait plaisir de te revoir.
- Depuis que tu es parti en laissant tout derrière toi, répondit celui-ci d’un ton calme. Moi aussi je suis content de te revoir, même si les circonstances ne sont pas favorables aux réjouissances. Je suis devenu quelqu’un d’important dans mon milieu et je pense être en mesure de t’aider. Mais avant d’intervenir en ta faveur, je voulais savoir ce que tu avais à dire pour ta défense.
- Ma défense ? Mais de quoi parles-tu ? Incrédule, Jason se leva de son lit et alla jusqu’à la porte en verre d’où son vieil ami le regardait.
- Pourquoi as-tu fait cela, ça ne te ressemble pas. Tu as toujours été un bon diplomate, tu as toujours su régler les problèmes par la parole. Que c’est-il passé ?
- Je suis désolé Steph, mais je ne comprends plus rien à ce que tu dis. Des hommes ont pénétré chez moi en passant par les fenêtres, ils m’ont assommé et je me suis réveillé ici. C’est tout ce dont je me rappelle.
- Tu es accusé d’avoir assassiné le président de la république, c’est une accusation très grave. Tu ne peux pas me mentir, il faut que tu me dises toute la vérité. D’après les autorités, après ton arrestation, pendant ton interrogatoire, tu aurais avoué ton crime.
Le jeune homme en resta bouche bée. On l’accusait de meurtre. Comment cela se pouvait-il.
- Non, cria Jason soudain blême, non… J’ai été arrêté, ça c’est vrai, mais je n’ai pas été interrogé et je n’ai rien avoué puisque je n’ai absolument rien fait de ce dont on m’accuse.
- Jason, tu ne dois pas me mentir, je suis la seule personne en mesure de te venir en aide, mais tu dois être franc.
- Enfin, tu me connais, tu l’as dit toi même, ça ne me ressemble absolument pas. Tu dois me faire confiance et me croire quand je te dis que je n’ai rien fait.
- Vraiment ? Perplexe, l'homme commença à faire les cent pas devant la cellule de son ami. Si ce que tu dis est vrai, cela signifie que quelqu’un de haut placé cherche à te faire tomber. Quand on m’a dit où tu étais enfermé, j’ai trouvé ça bizarre. Une prison secrète est utile pour garder la presse à distance, mais la sécurité y est moins importante. Mais si quelqu’un d’important veut te faire plonger, c’est plus pratique que tu sois à l’écart.
- Cela fait combien de temps que je suis ici ? demanda Jason, détournant son ami de ses pensées.
- Une douzaine de jours il me semble. La presse ne connaît pas encore ton identité, j’ai fait en sorte de ralentir le processus pour pouvoir te voir. Comme je te l’ai dis, je suis une personne influente, mais je n’ai pas réussi à avoir accès à ton dossier. Je vais faire tout mon possible pour te sortir de là. Maintenant, je dois partir, mais on se reverra bientôt.
Steph salua son ami, puis fit demi tour et quitta le champ de vision du jeune homme.
Celui-ci écouta les pas s’éloigner et le silence retomba sur lui.
Jason se retrouva de nouveau seul, il s’allongea sur le lit puis s’endormit le cœur vide, sans aucune joie de vivre, laissant ses pensées vagabonder au rythme de leur envie.
Le lendemain, il réfléchit à la discussion de la veille avec son ami. Le jeune kiné n’avait pas de véritables ennemis qui auraient put vouloir lui faire subir un tel châtiment.
Son ami avait parlé d’une personne influente, mais on s’était peut-être juste servi de lui comme d’un bouc émissaire. Dans ce cas, le problème était plus grave encore. Quoi que fasse son ami, il ne sortirait jamais vivant de cet endroit. Il ne pouvait pas baisser les bras, il avait toujours surmonté les épreuves qui s’étaient présentées à lui. Il n’allait pas abandonner alors que sa liberté et sa vie étaient en jeu.
Il regarda le plateau repas posé à côté de son lit et se décida à agir. Il le prit et le posa sur son lit, se plaça lui aussi sur le lit, face au plateau et dos au couloir où une caméra surveillait ses moindres faits et gestes, jour et nuit.
Sans faire de gestes brusques qui aurait put dévoiler à la caméra ce qu’il faisait, il renversa la nourriture sous son coussin.
Il se leva, posa son plateau vide devant la porte de sa cellule, comme il le faisait chaque fois, puis alla se servir un verre d’eau au robinet de sa prison. Ensuite, il s’installa sur son lit et commença à faire semblant de dormir.
Il ne s’appuya pas trop sur son coussin pour éviter d’étaler la nourriture qui se trouvait en dessous et il cacha sa main droite, qui enserrait le couteau de son plateau, sous son ventre.
Puis, le jeune kiné attendit que l’on vienne chercher les restes de son repas.
Il passa une petite éternité dans cette position peu confortable, jusqu’à ce qu’enfin un bruit de pas se fasse entendre.
Ils étaient au moins deux et le couloir devait être long, car ils marchèrent plusieurs minutes avant de s'immobiliser devant la cellule du jeune prisonnier.
- Tu penses que ça va durer encore longtemps ? Interrogea une femme.
- Je ne sais pas trop, répondit un homme à la voix autoritaire. Quelques jours, pas plus. Le crime dont on l’accuse est trop sérieux pour qu’ils laissent trainer l’affaire. De toute façon, il n’a aucune chance de s’en sortir. Mais je te conseille de faire attention à ce que tu dis, le dernier qui s’est plaint de l’emprisonnement de ces innocents a fini par être accusé et il s’est retrouvé à la place même d’un de ces prisonniers. Il a été exécuté pour haute trahison alors qu’il n’avait rien fait. Donc si tu veux un conseil, ne pose pas de questions.
- Très bien, je me tais.
La femme ouvrit la porte de la cellule et se pencha pour ramasser le plateau.
Jason se leva l’attrapa par la taille et lui plaça le couteau, qu’il avait gardé, sous la gorge. Le gardien n’eut pas le temps de réagir. Il sortit son arme et la pointa sur le prisonnier, mais celui-ci était déjà en position de force. Jason n’avait pas peur de la réaction de l’homme, il savait qu’il n’aurait pas d’autre occasion et que s’il ne faisait rien il mourait d’une façon ou d’une autre.
S’il se laissait faire, il serait tué.
Il ne lui restait donc que la fuite.
Sachant ce qu’il devait faire, la peur l’avait quitté pour laisser place à une concentration si forte, que plus rien d'autre n’avait d’importance pour lui.
Ses émotions, ses sentiments, tout avait disparu. Le jeune homme les avait bloqués pour se concentrer sur son corps. Il ralentit sa respiration et les battements de son cœur, imposant le calme à son corps. Puis, il se concentra sur ses sens. Il coupa son toucher et son goût afin d’améliorer l’acuité des trois sens restants.
Ce phénomène était, par exemple, visible chez une personne qui perdait la vue : son ouïe devenait plus fine pour compenser la perte du sens visuelle. En coupant, temporairement, deux de ses sens, le jeune kiné donnait une sensibilité supérieure aux trois autres.
Pendant sa période de voyage, Jason avait rencontré un vieil homme qui lui avait appris à écouter et à maîtriser son corps.
Il s’était révélé être bon élève et c’est cette compréhension du corps qui l’avait poussé à devenir kinésithérapeute.
Le jeune homme effectua ces changements internes en quelques secondes.
Sa nouvelle vue lui permit de capter l’imperceptible mouvement de tête que l’homme armé fit à l’intention de la femme que Jason retenait. Son ouïe, désormais plus fine que celle d’un chat, capta le bruit que fit le couteau que la femme sortit du fourreau qu’elle portait à la taille.
Tout se passa très vite et pourtant, le jeune homme vécut cela au ralentit. Jason vit le doigt de l’homme en face de lui se raidir, indiquant qu’il allait tirer. Au même moment, la femme s’écarta brusquement pour laisser le champ libre au tireur et en profita pour diriger sa dague vers le ventre du prisonnier.
Celui-ci, ayant compris et anticipé les actions des deux gardiens, bloqua le bras de la femme et resta bien contre elle. Il se décala en même temps qu’elle de la trajectoire de l’arme.
Quand le coup fut tiré, il appuya sur le tendon du poignet de la main qui tenait le couteau. Une légère pression à un point bien précis fit ouvrir la main de la femme. Le poignard tomba au sol et s’y enfonça légèrement. Jason poussa la femme qui alla s’écrouler sur l’homme armé.
Le temps que celui-ci l’écarte et pointe de nouveau son arme sur le prisonnier, Jason avait attrapé la garde de l’arme qui dépassait du sol et s’était relevé juste devant ses gardiens.
Il plaqua la lame sur le cou de l’homme avant qu’il ne se soit tout à fait remis de la chute de la femme. Il lâcha le petit couteau de cuisine qu’il avait récupéré sur le plateau et fit signe à l’homme d’en faire autant avec son pistolet. Quand il se fut exécuté, Jason le plaça face au mur du fond de sa prison puis entraina la femme à l’extérieur de la cellule en gardant le couteau sur sa gorge.
Il ferma la porte et regarda la femme :
- D’après ce que j’ai compris de votre petite discussion, fit-il en désignant le gardien emprisonné, je n’ai aucune chance de m’en tirer légalement, donc je ne risque plus rien. Ainsi, si tu tiens à la vie, je te conseille d’être coopérative, est-ce clair ?
- Oui, très clair. Je ne suis pas assez bien payé pour risquer ma vie, ne t'en fais pas.
- Bien, dans ce cas, il n‘y a pas de souci. Amène moi dehors et je disparaitrais.
- Très bien, c’est par là, dit-elle en pointant du doigt le couloir de droite.
Jason enleva le couteau du cou de sa gardienne mais le garda bien haut pour qu’elle le voie. Alors qu’il dépassait le premier carrefour, le jeune kiné pensa à quelque chose :
- Il me faudrait de quoi manger et boire pour ma fuite. Son ventre se mit à gronder furieusement. La femme s’arrêta, fit lentement demi-tour et tourna à droite.
- Il y a tout ce qu’il faut à la réserve, mais j’aime autant vous prévenir que vous n’êtes pas encore sorti. Et que même si vous arriviez à passer les portes, la propriété est entourée de grillage infranchissable. Le seul endroit où on peut la franchir, c’est le portail et il est bien gardé.
- Merci pour l’information, mais ne vous en faîtes pas, je suis un homme plein de ressources.
- Je l’avais remarqué, répondit-elle en baissant la tête pour tenter de cacher le sourire qui s’étalait sur son visage.
Ils continuèrent jusqu’à la réserve en silence.
Il rassembla quelques vivres qu’il plaça dans un sac à dos qui traînait. Il ajouta deux bouteilles d’eau, puis fit signe à son ancienne gardienne de le conduire vers la sortie.
Toujours aussi calme et serein, Jason continua d’approcher des hommes qui se tenaient devant les portes, lui criant de s’arrêter et de se rendre, braquant tout un arsenal dans sa direction.
Il avait replacé le couteau sous la gorge de la femme et la poussait devant lui pour que les gardes ne lui tirent pas dessus.
Il récupéra le fourreau du couteau qui était encore accroché à la taille de la femme, puis étant au bon endroit, il écarta la lame du cou de son ancienne gardienne et se précipita dans le couloir qui s’ouvrait sur sa gauche.
Les hommes postés devant la porte ne s’attendant pas à cela, furent surpris et mirent quelque instant avant de se lancer à la poursuite du prisonnier.
Le retard que les gardiens prirent avant de le poursuivre suffit au jeune homme pour tourner à gauche au premier carrefour qu’il avait vu et ainsi, ne sachant pas par où il était aller, les hommes furent obligés de se séparer à chaque carrefour.
Jason ouvrit la porte d'un placard, s’y engouffra et referma derrière lui.
Quand les deux hommes, qui le suivait, passèrent devant lui, il sortit de sa cachette et repartit en arrière. Il avait vu ce qu’il cherchait, mais il n’avait pas pu s’arrêter en raison des soldats qui le suivaient.
Il revint devant la pancarte accrochée au mur où un plan du bâtiment indiquait les issues de secours en cas d’incendie.
La sonnerie retentit quelques secondes avant que des personnes n’apparaissent dans les couloirs. Effrayés par le vacarme, les gens s’interrogeaient entre eux tout en se dirigeant vers les sorties de secours.
Se mêlant à la foule, Jason avançait lentement vers la liberté.
Les gardes étant débordés par la quantité de personne qui se dirigeait vers eux, ils décidèrent de les laisser passer et de prévenir les gardiens du portail extérieur de ne laisser sortir personne avant d’avoir contrôlé son identité.
Ainsi, Jason réussit à sortir sans trop de problème.
Une fois dehors, il étudia les environs.
A quelques mètres des portes de sortie se trouvait un grand panneau publicitaire où une affiche vantait le prix d’un téléphone portable nouvelle génération. Entre les deux panneaux (un recto et un verso) une structure métallique maintenait le tout immobile. La structure, qui faisait un mètre de large, était parfaite pour que le jeune homme s’y cache temporairement, le temps que les choses se calment.
De plus, une fois en haut de la structure, il pourrait mieux évaluer le terrain ainsi que les choix de sorties qui s’offraient à lui.
Bien que l’assemblage métallique soit solide, une personne un peu moins expérimentée que Jason aurait put renoncer.
La hauteur, importante, ainsi que l’absence d'échelle, rendaient l’ascension périlleuse.
Pendant son voyage, le jeune kiné avait travaillé quelques mois en tant qu’équilibriste dans un cirque et il avait fait de l’escalade où il avait pu grimper sur des structures aussi impressionnantes. Malgré le fait qu’il avait failli se tuer à deux reprises, il avait aimé travailler en hauteur.
La hauteur, le danger et la peur constante de tomber étaient un mélange grisant quant on cherchait l’aventure, Jason en avait eu tout son soul pendant ces quelques mois.
Le haut de la structure était une plate-forme assez solide qui se trouvait à un petit mètre de la fin du panneau publicitaire. Ainsi, Jason devait rester accroupi pour ne pas se faire repérer.
Au bord de l’évanouissement, le prisonnier en fuite s’allongea sur la plate-forme.
Sa course pour échapper aux gardes, son ascension, ajouter à l’effort que demandait la concentration qu’il avait dut maintenir pour rester calme et bien maîtriser ses sens et ses émotions, tout cela l’avait épuisé.
Il s’endormit s’en même prendre le temps de manger ou de boire.
- Il est là ! La puissante voix du cavalier de tête brisa le silence de la nuit. Attrapez-le, mais surtout ne le blessez pas.
Enfin, ils l'avaient retrouvé.
Après l’avoir traqué toute la nuit, sa capture était proche. La pleine lune leur avait permis de suivre sa trace sans trop de difficulté, mais même à cheval ils n’avaient pas réussi à le rattraper.
Il était trop rapide.
Et aussi beaucoup plus fort qu’ils ne l’avaient prévu.
A la tombée de la nuit, ils l’avaient enfermé dans une prison en fer, mais la cage n’avait pas résisté longtemps face à une telle puissance.
Avant de se lancer à sa poursuite, le comte avait donné des ordres pour qu’une pièce souterraine soit aménagée pour son retour avec la bête. A présent, qu’il apercevait le monstre, il se félicitait d’avoir emmener autant de cavalier avec lui pour sa capture.
Le monstre s’était arrêté de courir et les regardait approcher. On sentait un changement dans l’air, l’aube commençait à pointer à l’horizon et la bête ne cessait de remuer, comme si quelque chose la dérangeait.
Dans le ciel, les étoiles disparaissaient les unes après les autres.
Le comte fit signe à ses cavaliers d’encercler la bête, tandis qu’il l’observait. Le cercle se resserrait lentement pour éviter d’effrayer le monstre.
D’un coup, le comte comprit le comportement étrange de la bête.
Il la voyait se tortiller tandis que la lune faisait place au soleil du matin.
- Stop ! Hurla-t-il à l’attention de ses hommes. Reculez, reculez tout de suite. Relâchant les rênes de sa monture, il se détendit légèrement. Ça y est, murmura-t-il, c’est fini.
Il descendit de son cheval et approcha lentement de la créature.
Celle-ci ne lui adressa pas un regard. La douleur lui était insupportable.
Elle poussa un hurlement identique à celui d’un loup, mais avec une puissance bien supérieure. Le cri se répercuta dans toute la forêt. Son appel à l’aide resta sans réponse tandis que la douleur continuait d’augmenter.
Ne parvenant plus à la supporter, la bête commença à tirer sur les poils qui lui couvraient le corps. Les longues griffes de ses pattes avant pénétrèrent sa peau épaisse pour essayer de laisser sortir le feu qui la brulait de l’intérieur. Debout sur ses pattes arrières, elle hurla encore plus fort que la fois précédente pendant que ses griffes continuaient de lacérer sa peau.
A bout de souffle, la créature reposa ses pattes avant au sol en essayant d’inspirer, mais ses poumons en feu semblaient ne pas pouvoir se remplir.
A l’endroit où ses griffes avaient lacéré sa peau un instant plus tôt, des lambeaux de derme semblaient se détacher. Toujours torturé, le monstre attrapa les poils de son torse à pleines mains et tira dessus de toutes ses forces.
Ne pouvant résister à tant de pression, la peau commença à se décoller du corps de la créature. Le monstre continua de s’arracher la peau jusqu'à mettre tout son corps à vif. Chaque morceau de peau qui se détachait atténuait la douleur.
En même temps que le monstre se mutilait, sa structure physique se modifiait. Il se ratatinait. Sa gueule se rétracta, tout son visage rapetissait, ses yeux changèrent de forme et de couleur, son corps entier rétrécissait, les articulations de ses jambes se modifiaient et les puissants muscles qui n’étaient désormais recouverts que d’une fine couche de dermes se rétractèrent.
Au centre du cercle de cavalier, où se tenaient quelques minutes plus tôt la bête qu’ils avaient traquée toute la nuit, se trouvait désormais un homme couché sur le sol, nu et à bout de souffle.
Le comte qui se trouvait à présent tout près de l’homme, fit signe à un des cavaliers qui lui envoya une couverture. Celui-ci posa le tissu sur l’homme au corps encore sanguinolent et entreprit de le relever. Il passa le bras de l’homme au-dessus de son épaule et glissa le sien autour de la taille de la « bête ».
Tandis qu’ils avançaient vers le cheval du comte, celui-ci murmura à l’oreille de l’homme à bout de force qui ne parvenait pas à tenir debout seul :
- C’est fini, on rentre à la maison. Tout est fini, je vais m’occuper de toi, mon fils.
- Les voilà ! Ils sont de retour !
A peine la colonne de cavalier avait-elle franchit le portail du domaine, que déjà le manoir s’agitait pour venir à leur rencontre. Une colonne de domestique accourait pour prendre les rênes des chevaux pendant que les cavaliers mettaient pied à terre.
Rapidement, une petite foule s’était formée devant la grande double porte du château.
La bâtisse était immense et abritait beaucoup de monde, essentiellement la famille du comte, ainsi que les domestiques nécessaires à tout ce petit monde.
Quand le comte avait annoncé à tout le monde la maladie qui rongeait son fils, une bonne partie de la famille avait quitté les lieux, emmenant avec eux leur domesticité. Ainsi le manoir paraissait encore plus sinistre que d’ordinaire.
Mais, malgré cette désertion, il restait encore une cinquantaine de personnes, car la famille proche du comte, qui avait toujours vécu en ces lieux ne pouvait pas se résigner à partir, quelque soit la situation.
- Bonjour monsieur. Le majordome arriva le premier devant le comte.
- Bonjour Charles. Tout s’est bien passé en mon absence ?
- Très bien, monsieur.
Charles attrapa les rênes du cheval et aida le comte à faire descendre l’homme qui s’était endormi pendant la chevauchée du retour. Le comte laissa le majordome ramener son fils dans le manoir.
Il resta un moment à regarder sa demeure. Les premiers rayons du soleil donnaient un aspect étrange à la bâtisse. Ses remparts surmonter de créneaux, ses tours de surveillances, son apparence tout entière faisait apparaître le manoir comme un château fort.
Un bâtiment, tout en longueur, rattaché à un second identique, se dirigeant perpendiculairement au premier, offrait une place bien supérieur à un simple manoir.
Il sortit de ses pensées et se dirigea vers un homme de taille et de carrure importante.
- Alors Carlos, murmura-t-il quand ils furent à l’écart du groupe de cavalier. Tout est prêt ?
- Tout est prêt monsieur, nous n’attendons plus que votre fils.
- Bien, dans ce cas, emmenez-le. Et si vous avez besoin, faites-vous aider de Charles.
- Bien, monsieur.
Sans plus attendre, Carlos se dirigea vers le hall du château où le majordome soutenait toujours le fils du comte par le bras.
Le comte retourna voir les cavaliers qu’il remercia de leur aide et qu’il invita à aller prendre un peu de sommeil pour le retrouver, en fin d’après-midi dans la salle de réunion, pour discuter de la suite des évènements. Ayant lui même du mal à rester debout, il rentra dans son fief pour y retrouver sa femme et essayer de dormir un peu.
- Léo ? Chéri, réveille-toi. Le comte ouvrit les yeux et vit, penché sur lui, le doux visage de sa femme. Il est midi, tu devrais aller manger. Elle l’embrassa tendrement puis se détourna. Comment cela s’est-il passé, cette nuit, avec Gustave ?
- Notre fils va bien, rassure-toi. Et je te promets de faire tout ce que je peux pour le soigner.
Camellia baissa légèrement la tête pour montrer son soulagement et sa gratitude, puis se leva du lit et sortit de la chambre. Le comte Léonard se leva à son tour et se dirigea vers la salle de bain pour faire un brin de toilette avant d’aller déjeuner.
Quand le comte pénétra dans la salle à manger, il vit que sa femme et sa fille étaient déjà installés et l’attendaient.
- Bonjour Lucile, dit-il à l'attention de sa fille.
- Bonjour papa, bien dormi ?
- Bien, merci.
- Et Gustave ?
- Ton frère va bien. Il se repose.
Le comte commença à manger, et le reste du repas se fit dans le silence.
Quand il eut fini de manger, Léonard sortit de la pièce et traversa le château pour se rendre dans la salle du conseil.
Les murs étaient sombres et froids, de grands tapis couvraient le sol pour atténuer le bruit des pas et pouvoir y marcher pieds nus sans attraper froid. Depuis qu’elle s’était installée avec son mari dans le manoir, Camellia avait essayé de le rendre plus accueillant en y installant de grandes tentures et de beaux tableaux.
Malheureusement, la structure même du château était faite pour dissuader les éventuels ennemis, il était donc improbable qu’il finisse par devenir agréable. Malgré cela, c’était la résidence de sa famille depuis des générations et la tradition devait demeurer.
Son fils avait été ravi de l’apprendre, en revanche sa sœur, Lucile, était réticente à y vivre.
Le comte se leva de son siège et regarda les hommes qui entouraient la table du conseil.
Il les observa l’un après l’autre tandis que tous le fixaient en attendant qu’il commence à parler. Quand il fut sûr qu’il avait leur attention, il ouvrit les bras devant lui pour désigner l’assemblé.
- Tout d’abord, messieurs, je vous remercie encore pour l’aide que vous m’avez apportez cette nuit alors que rien ne vous y obligeait.
- Je t’en prie Léonard, c’est à cela que sert la famille. L’homme à la droite du comte avait parlé au nom de tous et Léo le savait.
- Merci George, ainsi qu’a vous tous. Maintenant, nous allons discuter de la suite des évènements en cours. Le comte se rassit sur son siège et désigna l’homme à sa gauche. Carlos, je t’en pris, commence.
L’homme se tourna vers l’assemblée qui était composé de tous les hommes de la famille qui habitaient le manoir.
- Pour commencer, nous avons placé Gustave dans une pièce du sous-sol plus apte à le retenir que la cellule qu’il a dévastée, avant de s’enfuir, hier. Quelques hommes sourirent tandis que d’autres se renfrognaient à l’évocation de la nuit, pour le moins tourmentée, qu’ils avaient vécue. Et pendant que nous parlons la cellule en question est en cours de réparation. Ensuite…
- Heu, désolé de t’interrompre Carlos, mais j’aimerais éclaircir un point. L’homme qui avait pris la parole attendit que tous le regardent et que Carlos lui fasse signe de poursuivre. Bien, je voulais savoir ce qui allait advenir de Gustave.
Avant de répondre, le comte prit le temps de réfléchir et jeta un rapide regard à Carlos.
