Âmes d'automne - Jean Lorrain - E-Book
SONDERANGEBOT

Âmes d'automne E-Book

Jean Lorrain

0,0
0,49 €
Niedrigster Preis in 30 Tagen: 1,99 €

oder
-100%
Sammeln Sie Punkte in unserem Gutscheinprogramm und kaufen Sie E-Books und Hörbücher mit bis zu 100% Rabatt.

Mehr erfahren.
Beschreibung

Dans "Âmes d'automne", Jean Lorrain nous plonge dans un univers délicat et mélancolique, caractéristique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe, où la symbolique et l'évocation de la nature s'entremêlent avec les tourments psychologiques des personnages. À travers une prose riche et poétique, l'auteur dépeint des êtres en proie à des réflexions existentielles, confrontés à la beauté fugace de la vie, reflet des couleurs chaleureuses et mordorées de l'automne. Ce roman, qui s'inscrit dans le courant décadent, transcende les simples récits de l'époque pour aborder les thèmes de l'amour, de la mort et de la recherche de soi, tout en mettant en lumière l'impact de la nature sur l'âme humaine. Jean Lorrain, de son vrai nom Paul Alexandre Martin Duval, est un écrivain français influent dont l'œuvre se distingue par une esthétique raffinée et une exploration intime des passions humaines. Issu d'un milieu bourgeois, il fréquente les cercles littéraires et artistiques parisiens, où il se lie d'amitié avec de nombreux artistes, ce qui nourrit son imaginaire. Ses propres luttes personnelles face à la dépression et à l'ennui de l'existence se reflètent dans les personnages de son livre, soulignant ainsi la complexité de ses inspirations. "Âmes d'automne" est une œuvre qui mérite d'être lue pour sa profondeur psychologique et sa sensibilité artistique. Elle s'adresse à ceux qui cherchent à explorer les méandres de l'âme humaine, tout en se délectant d'une prose délicate et évocatrice. Ce roman offre un miroir aux lecteurs, les invitant à réfléchir aux interstices de la vie et aux nuances de l'amour à travers le prisme des saisons.

Das E-Book können Sie in Legimi-Apps oder einer beliebigen App lesen, die das folgende Format unterstützen:

EPUB

Veröffentlichungsjahr: 2020

Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



Jean Lorrain

Âmes d'automne

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066078300

Table des matières

I
II
INCONSCIENTE
III
UN BAUDELAIRIEN
IV
L'AMOUREUX D'ÉTOFFES
V
FLEUR DE CHLOROSE
VI
RAFFINÉE
VII
FRÈRE ET SŒUR
VIII
L'AVEU
IX
AME DE BOUE
X
CRÉPUSCULE DE FEMME
XI
ILES DE POISSY
XII
FLEURS DE BERGE.—BILLANCOURT
XIII
CELLE QUI S'EN VA
XIV
CELLE QUI RESTE
XV
L'AME-SŒUR
XVI
L'ARAIGNÉE DE CIMETIÈRE
XVII
RÉCURRENCE
XVIII
L'EXOTIQUE
XIX
CHAMBRES D'OCTOBRE
I
XX
CHAMBRE D'OCTOBRE
II
XXI
CONFIDENCE

I

Table des matières
O fins d'automne, hivers, printemps trempés de boue,Endormeuses saisons, il faut que je vous loueD'envelopper ainsi mon cœur et mon cerveauD'un linceul vaporeux et d'un vague tombeau.
Charles Baudelaire.

La tristesse des premières pluies, l'angoisse des jours plus courts et surtout des longues et interminables soirées d'hiver, où le cœur se sent si seul! toute la détresse de cette saison d'adieux et des départs les étreint et les détraque, les pauvres êtres malades et mal armés contre la vie, que la fatigue d'exister déprime et que la névrose obsède.

Voici l'époque monotone où les nerfs des aimants et des sensitifs commencent à se tendre douloureux et à vibrer écorchés, mis à vif dans la mélancolie des couchants de turquoise et des ciels de vieux jade, ces horizons délicieusement nuancés comme d'anciennes étoffes, que les brumes d'octobre disposent au-dessus des silhouettes familières et des coupoles connues des monuments de Paris.

Oh! le gigantesque chandelier de la tour Eiffel, se profilant à jour avec sa précise armature de fer sur les coteaux rouillés de Meudon et de Sèvres, la laque verte trempée de rose de la Seine déjà crépusculaire ou bien, là-bas, tout là-bas, dans un ciel ouaté de nuées couleur de duvet d'eider, avec çà et là des brisures de nacre, les tours de Notre-Dame apparues d'un violet d'améthyste éteinte, d'un violet de pierre rare, d'une douceur infinie, tandis que bombent et miroitent sous un coup de lumière les dômes satinés du Val-de-Grâce et du Panthéon!

Et la pénétrante humidité des avenues, leur frissonnement après l'ondée, le sol défoncé et mou, la chute lente, comme d'un oiseau blessé, des premières feuilles mortes, les feuilles de platane surtout, toutes minces et déjà jaunes, et dans l'air cette odeur fade de fruitier et de moisi!

C'est l'automne.

Et les lourds camions, les fardiers se traînent cahin-caha le long des berges; des brigades de terrassiers bouleversent la chaussée des boulevards, et les voitures de déménagement, lamentables sous leur bâche trempée d'eau et raidie—se suivent à la file à l'entour des gares, comme pour un enterrement.

C'est l'automne.

Dans les faubourgs populeux et mornes, les marchands de marrons ont rallumé leur poêle, tandis que, dans la banlieue, les petits jardinets de villa se pavoisent de fleurs funèbres, or rouillé des chrysanthèmes à côté des velours tuyautés des dahlias et du bleu de renoncement des asters et, là-bas, sous ce rayon de soleil, le gris bleuté des ardoises avivé par la pluie, comme il brille mélancoliquement!

Oui, la voilà bien la saison monotone où les nerfs des sensitifs et des malades se tendent douloureux et vont vibrer à vif dans la détresse des soirs de bourrasque et de pluie, comme les cordes roidies d'un pauvre vieux violon.

Chez toutes et chez tous, le spleen se réveille, le spleen né de l'ennui de vivre, et de la peur d'aimer, et du désir coupable d'aimer, quoi qu'il arrive, et de souffrir encore, et de la rage sourde de savoir tout effort inutile et toute tentative vaine devant l'instinct vainqueur et la fuite irréparable du temps; et avec l'ennui, incrusté comme un crabe en la pauvre cervelle, l'essaim des fantaisies s'essore et bat de l'aile, les honteuses comme les enfantines, les monstrueuses comme les cruelles; en cette louche saison, tous et toutes ont quelque chose de pourri dans le cœur, et voilà pourquoi les cafés et les bouges, les rues suspectes et les équivoques banlieues, comme les tripots et les maisons de filles, s'emplissent et regorgent de clients amateurs et d'indolents rôdeurs en cette morne saison.

Pourquoi on en rencontre tant, à la tombée du jour, qui déambulent le long des quais avec des yeux brillants et vides, des gestes las et d'ambigus sourires, disant le stupre, le lucre et toutes les trahisons. Oh! les rencontres sont mauvaises, les soirs d'octobre, à l'angle de nos ponts! Oh! la main crispée, frémissante, déjà griffe de l'homme que l'ennui pousse au meurtre en exacerbant l'instinct! Oh! les prunelles hagardes, de prière et d'effroi, de la pauvre créature, parfois une honnête femme et même une mondaine, que le spleen implacable entraîne à la luxure, à l'aventure, à quelque chose encore de pire dans l'inconnu et l'imprévu, et cela sans que la misérable proie s'en doute, devenue inconsciente, devenue une autre, une étrangère, dont le péché la fera mourir de honte et d'angoisse demain.

Sans compter tous ceux que la cour d'assises et que l'hôpital guettent, ô pauvres âmes d'automne, victimes d'inéluctables et d'iniques destins!