Anahí de la mer - Anna Milazzo - E-Book
SONDERANGEBOT

Anahí de la mer E-Book

Anna Milazzo

0,0
2,99 €
Niedrigster Preis in 30 Tagen: 2,99 €

oder
-100%
Sammeln Sie Punkte in unserem Gutscheinprogramm und kaufen Sie E-Books und Hörbücher mit bis zu 100% Rabatt.

Mehr erfahren.
Beschreibung

Au cours des années qui ont précédé le coup d’état du 27 juin 1973, l’Uruguay est la proie de la violence. Anahí, comme tant d’autres jeunes universitaires, s’intéresse à la politique, prend parti pour ceux qui défendent la liberté et les droits fondamentaux, est présente sur les places pour dénoncer les méthodes répressives du régime. Sa génération paiera le prix le plus fort pour ses idées. L’expérience de la prison et de la torture brise en deux parties la vie et les souvenirs d’Anahí. En exil à Florence, elle tente de construire une vie “normale” mais elle ne parviendra à se libérer des ombres d’un passé sombre et refoulé, qu’en revenant à  Montevideo. Son histoire s’entrecroise avec celles de Marisa, Santiago, Lucia, Tomàs et de bien d’autres protagonistes qui composent une fresque intense et complexe d’un peuple qui a défié le pouvoir atroce de la dictature avec courage et obstination. Un récit qui oscille entre la suggestion du mythe et l’engagement civique, entre un temps subjectif et celui de la mémoire historique. Un parcours personnel, celui de l’auteure, pour revivre, affronter et surmonter les blessures du passé.
“La violation systématique des droits humains ne fut pas seulement une méthode “nécessaire” pour éliminer l’opposition, mais aussi un projet politique planifié scientifiquement. C’est cela  la terrible vérité des coups d’états militaires en Amérique latine. L’histoire humaine et politique d’ Anna Milazzo est un exemple emblématique de ce qui s’est passé. Avant, après... pendant. […]
Anahí de la mer nous raconte la nuit d’un peuple mais à la fin de la lecture, la “lumière” d’Anna Milazzo inonde de sens toute l’histoire. Anna a gagné. Elle l’a payé cher, bien sûr, mais ce livre recueille une infinité de petites victoires. Y compris celles des personnes qui ont été proches d’elle pendant ces longues années.
J’espère qu’ Anahí de la mer aura le succès qu’il mérite. J’espère que beaucoup, énormément de personnes le liront. J’espère qu’il sera adopté dans les écoles. Qu’il secouera les consciences, qu’il réveillera les mémoires.
Pour ma part, je l’emporterai avec moi. Dans ma tête, dans mon coeur”. (Massimo Carlotto)
“Anna Milazzo appartient à la génération qui a été, dans de nombreux pays de l’Amérique latine, emportée, par moments effacée par les dictatures fascistes: celle de l’Uruguay, dont on ne parle pas souvent, tout comme celles du Chili, de l’Argentine, du Paraguay, ainsi que de beaucoup de nations de l’Amérique centrale. Elle a vécu, dans son âme et dans son corps, ce qu’ont vécu les juifs, les communistes, les homosexuels, les tziganes et tous les opposants face à la folie nazie. Comment tout cela a-t-il été possible?”. (Gianni Cascone)

Das E-Book können Sie in Legimi-Apps oder einer beliebigen App lesen, die das folgende Format unterstützen:

EPUB

Veröffentlichungsjahr: 2018

Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



Anna Milazzo

Anahí de la mer

ISBN: 9788868613181
Questo libro è stato realizzato con StreetLib Writehttp://write.streetlib.com

Indice dei contenuti

Préface

Introduction

Note de la directrice du projet

I

II

III

IV

V

VI

VII

VIII

IX

X

XI

XII

XIII

XIV

XV

XVI

XVII

XVIII

XIX

XX

XXI

XXII

XXIII

XXIV

XXV

XXVI

XXVII

XXVIII

Postface

Une histoire qui finit bien

La campagne de Amnesty International en Uruguay

Uruguay entre passé et présent

Remerciements

Préface

de Massimo Carlotto

Les femmes. Merveilleuses femmes sud-américaines. Courageuses femmes sud-américaines. Ce sont elles qui ont dénoncé au monde entier le visage obscur et féroce des dictatures qui ont ensanglanté le Cono Sur. Avec leurs foulards blancs sur la tête, leur soif de justice et un désir sans fin de vérité, elles ont défié les faiseurs de coups d'état, les professionnels de la violence et les sociétés courbées par l'apathie et l'habitude devant les abus du pouvoir. Et finalement, elles sont parvenues à démontrer les faits, les responsabilités, le réseau de complicités qui ont rendu l'horreur possible : la disparition, la torture, l'assassinat de leurs enfants, l'enlèvement de leurs petits-enfants. Et une autre liste infinie de crimes. La violation systématique des droits humains ne fut pas seulement une méthode « nécessaire » pour éliminer l'opposition, mais aussi un projet politique planifié scientifiquement. C'est cela la terrible vérité des coups d'état militaires en Amérique latine. L'histoire humaine et politique de Anna Milazzo est un exemple emblématique de ce qui s'est passé. Avant, après ... pendant. Le courage est toute la valeur de ce témoignage. Non seulement celui du devoir de mémoire, de la dénonciation, de l'affirmation de la vérité, mais aussi celui de la volonté de se mettre en jeu sur le plan de l'autobiographie et de la narration. Après tant d'années, les difficultés du parcours de Anna sont évidentes dans toute leur crudité. Elle pouvait, comme tant d'autres, faire le choix différent d'une voie plus simple pour régler les comptes de son existence. Ce livre, au contraire, et tout ce qu'il signifie et comporte, marque un point de non retour définitif sur le plan de la rigueur, de la conscience. Nous ne pouvons qu'être reconnaissants envers l'auteure parce que ce projet narratif nous est dédié, à nous tous ; c'est un don précieux pour nous faire grandir, un instrument indispensable pour être des personnes dignes et réellement solidaires.

Après tant de rencontres avec des femmes et des hommes dont le destin a été marqué par les militaires des coups d'état d'Amérique du Sud et par leurs complices, je suis profondément convaincu que la meilleure qualité des témoignages est foncièrement féminine. Grâce aux femmes, nous pouvons essayer d'avoir une perception correcte de ce qui s'est passé. La prudence s'impose parce que l'inimaginable reste tel quel, et le respect pour les victimes nous force à une lucidité nécessaire afin d'être conscients de l'énormité des faits et d'éviter l'arrogance de la compréhension totale. Je crois que c'est ce qui émerge très clairement des pages de ce livre. Le choix heureux de la forme littéraire est le fruit d'une réflexion approfondie sur la valeur du récit et du témoignage. Le lecteur est pris par la main et accompagné tout au long de l'histoire qui se déroule sans jamais accorder la moindre trêve au désir de connaître, de se sentir partie prenante.

On est toujours étonné de constater comment les autobiographies sous quelque forme que ce soit ont reconstruit aussi clairement et sans équivoque l'histoire de ces terres et de ces années cruelles. Plus que les essais, ce sont les histoires personnelles qui ont su raconter le mieux. Elles nous donnent la mesure de la nécessité de prêter toute notre attention. C'est ce qui s'est passé pour la Shoah. Le travail de l'historien, du sociologue ou du psychologue était incapable de fouiller dans nos émotions. Seul le courage de se raconter pouvait y parvenir.

Je pense à Anna, et pas seulement depuis aujourd'hui, comme à une mère ou une grand-mère de la Plaza de Mayo. Pour leur valeur, leur style de vie, leurs choix, leur stature morale, mais aussi et surtout pour leur extraordinaire capacité d' insuffler la « vie ». Le cœur de ces existences, ce n'est ni la mort, ni la douleur et encore moins la défaite, mais la beauté de la vie, ne jamais renoncer à être des humains, à placer toujours au centre de chaque pensée et de chaque action l'inviolabilité des droits des personnes.

J'ai appris cette leçon au cours de mes voyages à travers l'Argentine, l'Uruguay, le Chili, la Bolivie, le Brésil, le Paraguay, le Pérou... Et je n'y renoncerai jamais. J'avoue ma profonde stupeur devant le respect pour l'âge désormais vénérable des généraux condamnés pour avoir séquestré, torturé, assassiné : « Ce n'est pas la prison qui nous intéresse, mais la condamnation ». Des hommes capables d'une férocité sans nom, pas du tout repentis, et malgré cela, respectés par des femmes qu'ils avaient privées de leurs affections.

Mais c'est bien la seule voie pour réécrire l'histoire avec dignité. Vérité, justice, exercice de la mémoire, et la volonté de savoir regarder vers le futur et servir d'exemple pour les jeunes générations.

Des routes pavées de sang et de douleur ont conduit des milliers de personnes comme Anna sur le chemin de l'exil. On ne peut pas comprendre totalement la valeur de cet ouvrage si l'on ne réfléchit pas à cet aspect. L'exil n'a pas été qu'une fuite pour se sauver, une quête désespérée d'aide et de solidarité. Il a représenté l'exportation et la contamination du rêve des jeunes générations sud-américaines d'un monde meilleur, sans injustices. En échange d'un lieu sûr, l'Europe a reçu une contribution énorme du point de vue culturel. Même un regard inattentif peut détecter combien l'influence des exilés a rendu nos sociétés meilleures. Anna s'inscrit de plein droit dans ce rôle. L'exilé n'est pas un « poids » social. Il est une valeur. Anahí de la mer nous enseigne tout cela. Le livre raconte la nuit d'un peuple, mais à la fin de la lecture, la « lumière » de Anna Milazzo inonde de sens toute l'histoire. Anna a gagné. Elle a payé cher, certes, mais ce livre recueille mille et une petites victoires. Y compris celles des personnes qui ont été proches d'elle durant ces longues années.

J'espère que Anahí de la mer aura le succès qu'il mérite. J'espère que beaucoup, énormément de personnes le liront. J'espère qu'il sera adopté dans les écoles. Qu'il secouera les consciences, et réveillera les mémoires.

Pour ma part, je l'emporterai avec moi. Dans ma tête, dans mon cœur.

Introduction

de Gianni Cascone

Selon le philosophe Romano Madera, l'instinct de la narration est une des caractéristiques fondamentales de l'être humain. Nous vivons dans un continuum chaotique d’événements privé de sens, et tout notre opus, notre œuvre existentielle, est une tension continue pour réorganiser ce chaos en une séquence sensée, en un enchaînement diachronique capable de restituer une signification à notre existence en la plaçant dans un récit. Nous écrivons toujours notre autobiographie, parfois jour après jour – mentalement, ou bien en la notant dans un journal intime – parfois aussi en parcourant à nouveau une période importante de notre vie ou même notre vie toute entière. Et à notre grand émerveillement, c'est justement en écrivant, c'est à dire à l’instant même de l'acte d'écrire, que le sens apparaît, se révèle et que nous trouvons alors un moyen de supporter le poids de la vie.

Anna Milazzo, à un certain moment de sa vie, a regardé en arrière vers son passé ; elle a dû le faire, car ce passé était un grumeau non seulement douloureux, chaotique et absurde d'événements, mais aussi parce qu'il contenait en soi une des plus grandes énigmes que notre genre humain est contraint d'affronter souvent, celle de la violence. En effet, Anna appartient à la génération qui, dans de nombreux pays de l'Amérique latine, a été emportée, par moments totalement effacée, par les dictatures fascistes : celle de l'Uruguay, dont on ne parle pas souvent, tout comme celle du Chili, de l'Argentine, du Paraguay, ainsi que de beaucoup de nations de l'Amérique centrale. Elle a vécu, dans son âme et dans son corps, ce qu'ont vécu les juifs, les communistes, les homosexuels, les tziganes et tous les opposants face à la folie nazie : comment cela a-t-il été possible ? Pourquoi l'homme a-t-il cette monstruosité au fond de soi, une monstruosité qui le pousse à vouloir anéantir son prochain par la torture, le viol, l'assassinat ?

Je me souviens de la première fois où j'ai rencontré Anna, présentée par un ami commun qui connaissait l'activité du Laboratoire Grafio – il nous l'avait adressée dans l'espoir que le Laboratoire devienne un refuge pour ses mots. À cette époque-là, Anna sanglotait en écrivant ; ses poésies étaient des pleurs entrecoupés dans une gorge serrée ; Anna balbutiait à la limite de l'aphasie, tremblante dans sa voix comme dans son corps.

Maintenant, pouvoir regarder son livre avec admiration, le tenir dans ses bras comme un enfant qui vient de naître, est un miracle de la vie ; et ce récit ne cesse de nous étonner.

Anna, « au milieu du chemin de sa vie » a pu, à travers son récit, redescendre en enfer, regarder en face ses bourreaux, tenter d'embrasser l'ombre de ses frères et des compagnons de lutte perdus, se regarder dans sa propre ombre, celle de ses peurs et de sa rancœur. En faisant tout cela, elle a réussi à revenir en arrière, pour ne pas rester à jamais victime de ses blessures et de ses fantômes ; elle est parvenue à comprendre cette ombre, et par conséquent, d’une certaine façon à contenir et à comprendre humainement l'incompréhensible, à redonner un sens à l'existence à la limite d'une chute dans un abîme sans possibilité de rachat ; elle a pu, enfin, repartir. C'est la démarche de « l'imaginer autrement », la seconde faculté qui fait de tout être un être humain, cette capacité de sortir de l'impasse des automatismes, qui nous transforme justement, toujours selon les mots de Madera, en « animaux visionnaires ».

Le texte de Anna Milazzo regorge de visionnaire. Le cuento de Anahí, en effet, mélange le réalisme lyrique, les intrusions dans le mythe, l'engagement civique, le symbolisme et la capacité de faire fusionner entre eux le temps subjectif, la mémoire et l'Histoire. On pourrait penser que la matière même du récit, tragique et souvent insoutenable a dicté un tel mélange. Je crois au contraire que l'on y reconnaît les traits marquants de la grande culture du continent latino-américain, à laquelle Anna Milazzo appartient de plein droit, traits nourris par le talent littéraire de l'auteure, la fermeté de sa main, l'intensité de son langage poétique, le courage de son regard et son intonation « épique ».

Le corps de l'histoire de Anahí se déroule et danse sous nos yeux, entrelaçant sans cesse le présent (le moment où le récit est conçu), avec le passé (le temps de la terreur de la dictature) et le mythe (le temps légendaire et rituel de Yemanyá, antique déesse yoruba de la mer, de la fertilité et de la justice, qui vient au secours de la protagoniste dans sa lutte intérieure contre le Mal). C'est ainsi que Anna Milazzo nous emmène avec elle dans les replis les plus intimes de la souffrance, là où convergent les marques physiques de la torture, le regret d'une jeunesse balafrée par la violence, les doutes sur la trahison de ceux qui ont partagé autrefois la lutte pour la résistance, la douleur d'avoir du mal à reconnaître sur des épaves humaines les traits somatiques des camarades les plus héroïques, la triste compassion qui unit dans un même geste éthique les victimes et les bourreaux, un geste qui transcende et interrompt la chaîne de la bestialité, tout en n'y donnant ni explication, ni solution. L'art est capable de le faire ; il peut offrir la catharsis purificatrice de l'horreur, en la réactualisant par des rites et en en conservant la mémoire. C'est dans ce « dire » particulier de poétesse et de narratrice que Anna Milazzo dépasse le témoignage et la mémoire de l'autobiographie, et qu'elle atteint le niveau supérieur de la mythobiographie : à ce niveau, l'expérience personnelle se fond pleinement dans l'expérience collective et dans la déclinaison historique personnelle de l'archétype. C'est alors que le récit, travestissement littéraire d'une histoire existentielle, devient universel et surtout transmissible – c'est au fond à partir de la question posée par l'enfant sur le dilemme du passé de sa mère que celle-ci se doit d'entreprendre la narration.

Pendant qu'aujourd'hui une étrange évolution et un dessein adverse tentent de nous dessaisir du sens du passé (et donc du futur), Anna Milazzo célèbre le rite salvateur d'un récit qui donne un sens au sacrifice de soi et de toute une génération.

Note de la directrice du projet

Suivre l'élaboration de ce livre a été comme un long voyage, et comme dans tous les voyages, on n'est jamais la même personne à l'arrivée qu'au départ. La connaissance de Anna m'a transformée, et m'a montré encore une fois comment les femmes, tout particulièrement les femmes, parviennent à synthétiser harmonieusement trois qualités : le courage, la dignité et l'empathie. Le livre parle d'un peuple entier, mais mon affection va aux figures féminines qui possèdent toutes ces qualités, même si chacune a ses propres faiblesses humaines et ses propres peurs.

Anna n'est pas une victime, elle est une survivante, un témoin, une voix libre.

Obtenir sa confiance a été une conquête importante et l'écouter raconter l'Uruguay, sa vie, a été un privilège que je garderai au plus profond de mon être pour l'apprécier à travers le temps.

Grâce à toutes les personnes qui ont aimé ce livre, à toutes celles qui le liront, mais surtout grâce à la force et à la beauté de l'âme de Anna, ce livre redonne de la voix à quelqu'un que l'on avait tenté de bâillonner.

(Beatrice Gnassi)

Pendant l'exil, j'ai marché le regard fixé seulement sur le présent.

Le futur m'est apparu comme un tourbillon terriblement inconnu.

Jour après jour j'ai marché hésitante, traînant le passé derrière moi.

J'ai choisi la nuit pour le passé et le jour pour le présent.

Seulement à l'heure éphémère de l'aurore

le passé et le présent se sont unis

pour engendrer, à chaque rencontre,

une bribe de futur.

(Anna Milazzo)

I