Au coeur de l'Hypnose - Bernard Lions - E-Book

Au coeur de l'Hypnose E-Book

Bernard Lions

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Beschreibung

Derrière chaque soignant, il y a souvent une histoire. Une histoire silencieuse, intime, parfois enfouie. Car on ne choisit pas d'accompagner, d'écouter, de prendre soin de l'autre par simple hasard. Ce choix, ou peut-etre ce besoin, prend souvent racine bien plus tot, dans des expériences personnelles, des fragments de vie marqués par l'absence, l'excès, l'incompréhension ou la solitude. Certaines enfances sont traversées par la rigueur, par des environnements où la tendresse n'a pas sa place. D'autres sont ponctuées d'événements troubles, de silences pesants, de mots qu'on n'a pas appris à dire. Dans ces contextes, on apprend tôt à observer, à ecouter sans bruit, à lire entre les lignes, à ressentir ce que les autres ne formulent pas. C'est peut-être là que nait ce regard particulier, celui qui un jour deviendra soin. Ce livre est né de la conviction que derrière les gestes techniques, les diagnostics, les protocoles, il existe chez chaque soignant une dimension plus profonde, humaine, parfois vulnérable. Une part d'histoire personnelle qui nourrit l'engagement, donne sens à ce metier à la fois exigeant et profondément humain. A travers ces pages, je n'ai pas voulu seulement raconter une trajectoire individuelle mais proposer une réflexion plus large sur ce qui nous pousse à soigner, à accompagner, à réparer. A travers chaque rencontre avec un patient, je découvre des liens que mes patients m'apportent en silence, d'autres que le manque ou la douleur rendent visibles et puis il y a ceux que l'on choisit de réinventer ensemble, au fil des mots, des silences et des séances. Ce livre en est le reflet. Il est une invitation à explorer ce qui, en chacun de nous, façonne l'élan de prendre soin.

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Veröffentlichungsjahr: 2025

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À mes parents, Papy, Mamie, Michel et Richard,

Chacun de vous a laissé une empreinte unique dans mon existence.

Certaines douces, d’autres plus rugueuses, mais toutes réelles.

Papy, Mamie, Michel et Richard, vos présences ont été des refuges, des éclats de bienveillance et de simplicité.

Papa, Maman les chemins entre nous n’ont pas toujours été droits. Mais dans les plis de nos silences, il y avait aussi des vérités, des gestes imparfaits, et peut-être même, à votre manière, de l’amour.

Ce livre est un hommage à ce qui fut, dans la lumière comme dans les ombres, car même les liens complexes méritent qu’on s’y arrête avec humanité. Et parce qu’au-delà de tout, vous êtes là, dans la mémoire, dans les questions restées sans réponses, dans l’élan de continuer.

Bernard Lions

Sommaire

Préface

Introduction

Chapitre 1 Le Chemin vers l’hypnose

Chapitre 2 Apprendre à Ouvrir les portes

Chapitre 3 La Transmission comme évidence

Chapitre 4 Comment fonctionne l’hypnose?

Chapitre 5 Ecrire ce livre pour partager

Chapitre 6 La phobie

Explications

Les types de phobies

Les symptômes

❖ Origines des phobies

❖ Histoire d’une phobie des plumes

❖ Histoire d’une phobie de l’avion

Chapitre 7 La phobie d’impulsion

Explications

Caractéristiques principales

❖ Histoire d’une phobie d’impulsion

Chapitre 8 Le stress post-traumatique (SPT)

Explications

❖ Histoire d’un stress post-traumatique avec phobie associée

Chapitre 9 La douleur

Explications

Mécanismes de la douleur

Types de douleurs

Facteurs influençant la douleur

Gestion et modulation de la douleur.

❖ Histoire d’une douleur chronique associant plusieurs mécanismes et facteurs

Les douleurs liées aux migraines

o Types de migraines

o Utilisation de l’hypnose pour la prise en charge des migraines

o Mon protocole

Chapitre 10 Les troubles du comportement alimentaire

Explications des troubles du comportement alimentaire

Les principaux troubles

❖ Histoire d’un trouble du comportement alimentaire

❖ Avis et expérience sur l’anorexie

La perte de poids

o Explications

o Comment définit-on une surcharge pondérale ?

o La méthode Hypno Global Nutrition (HGN)

o L’anneau gastrique virtuel

❖ Exemples de prises en charge.

Chapitre 11 L’addiction et la dépendance

Explications

Différence principale

Caractéristiques de la dépendance

Niveaux d’addiction et de dépendance

La pharmacodépendance

Niveaux dans la pharmacodépendance

Relation entre appétence et dépendance dans le contexte de la pharmacodépendance

Addiction ou de dépendance à l’alcool comment savoir ?

Mon retour d’expérience

❖ Histoires d’addiction à la cigarette

❖ Histoires d’addiction à la cigarette d’un chanteur

❖ Histoires d’addiction à l’alcool

Expérience de prises en charge de la dépendance à l’alcool

Chapitre 12 Les troubles de la sexualité

Explications

Types de troubles

❖ Histoire d’addiction à la masturbation

❖ Histoire de Paraphilie

Chapitre 13 Les troubles du comportement et de la gestion des émotions

Explications

❖ Histoire de

colère et impulsivité

❖ Extrait d’une séance avec régression

❖ Histoire de jalousie

❖ Histoire de la timidité

❖ Histoire de la confiance

❖ Prise en charge des troubles du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) :

Chapitre 14 La préparation mentale

Explications

L’aspect scientifique de l’hypnose dans la préparation mentale

La complémentarité entre hypnothérapeute et coachs sportifs

La notion de contenu dans la préparation mentale.

La notion d’inconscient dans la préparation mentale.

Comparaison des Approches entre Coach et Hypnothérapeute

❖ Histoire d’une Préparation Mentale chez un nageur

Chapitre 15 L’accompagnement des troubles psychologique en complément d’un suivi médical

Explications

Généralités

Les types de prise en charge

o Histoire d’une Dépression

La bipolarité

o Histoire d’une Bipolarité

Chapitre 16 Trouble du sommeil

Explications

Classification

La prise en charge des dyssomnies

La prise en charge des Parasomnies

La prise en charge des autres troubles spécifiques

❖ Histoire d’une Sexomnie

Chapitre 17 Enurésie

Explications

Mon protocole

❖ Histoire d’une Enurésie

Chapitre 18 Exploration temporelle

Explications

Les vies successives

La conscience après la mort

Les limites à prendre en considération

Conclusion

❖ Histoire d’une Exploration Temporelle

Chapitre 19 Utilisation de l’hypnose dans le cadre

judiciaire.

Explications

L’hypnose dans les systèmes judiciaires à travers le monde.

Mon avis sur l’utilisation de l’hypnose à des fin juridiques

Réflexion éthique

Conclusion

Chapitre 20 La Résilience du Cerveau

Explications

Les fondements naturels de la résilience

L’importance de l’environnement et des habitudes

Résilience et pathologies

Pourquoi certaines personnes ont une résilience plus forte que d'autres ?

L’Hypnose au service de la résilience du Cerveau.

Protocole d’hypnose pour activer la résilience intérieure

❖ Histoire d’un travail sur la résilience

Chapitre 21 Le deuil

Explications

❖ Histoire d’un Deuil

❖ Histoire liée à un décès

Conclusion

Préface

Dans le cadre de ce projet, j'ai demandé à deux patients d'écrire une préface afin de partager leurs perspectives personnelles et leurs expériences.

Leur participation a été essentielle pour offrir une vision authentique et humaine du sujet abordé.

En leur donnant la parole, j'ai souhaité que ce travail soit enrichi par des témoignages directs, permettant d'ajouter une dimension plus personnelle et vécue.

Cette ouverture apporte un éclairage unique, en offrant aux lecteurs un aperçu sincère des réalités souvent ignorées et en mettant en avant des voix qui comptent dans le contexte de ce projet.

Dans le cadre de l’écriture de ce livre, j’ai eu la chance de recevoir la confiance du Docteur Alessandra Bertello Chirurgienne, qui m’a accordé son soutien en rédigeant la préface.

Son regard professionnel et son ouverture à l’hypnose, sujet central de mon ouvrage, vient étayer mes propos.

J’ai également souhaité donner la parole à Kate, une patiente, qui a accepté de partager son témoignage.

A travers son expérience, c’est une dimension humaine, sincère et touchante qui vient enrichir le livre.

Ces deux voix, celle du soignant et celle de la personne accompagnée, m’ont paru essentielles pour donner toute sa profondeur à ce projet.

Préface du Docteur Alessandra Bertello

S’ouvrir à l’hypnose, ce n’est pas donné à tout le monde.

Cela demande une envie profonde de se remettre en question, le courage de s’abandonner à l’inconnu et l’acceptation de découvrir de nouveaux sentiers intérieurs.

On pourrait dire que c’est un peu comme décider de faire « le grand ménage de printemps ».

Lorsqu’on prend conscience que l’on vit dans le désordre, on commence par jeter ce qui ne nous sert plus.

On réorganise notre espace en choisissant, par exemple, les livres que l’on gardera dans notre bibliothèque, et ceux que l’on relèguera au grenier.

Faire le ménage, c’est aussi soulever la poussière et frotter la moisissure dissimulée derrière les meubles.

Un travail parfois laborieux, mais nécessaire.

Et une fois ce grand nettoyage accompli, l’atmosphère redevient fraîche, légère, presque printanière.

Le chemin vers l’hypnose s’apparente à ce grand ménage intérieur.

Tout commence souvent par ce sentiment diffus que le désordre règne dans notre esprit.

On le sait depuis longtemps, mais on évite d’y penser.

Jusqu’au jour où cela devient urgent : il faut remettre de l’ordre en nous.

C’est ce besoin de réorganiser nos pensées, nos souvenirs, nos blessures qui nous pousse à chercher une autre voie.

Mais comment faire ?

On a entendu parler de l’hypnose, sans vraiment savoir de quoi il s’agit.

On nous a dit que ça « marchait bien ».

On a posé quelques questions à des amis qui l’ont déjà expérimentée.

Et puis, un jour, on se dit : pourquoi pas ?

Alors on se lance.

Allez… que le ménage commence !

Les séances d’hypnose permettent à certains souvenirs de retrouver leur juste place.

Parfois, elles réveillent des moments oubliés.

Et puis, il y a ce « passage difficile » qu’on avait enfoui dans un petit tiroir bien fermé.

On le ressort, on le regarde autrement.

On est prêt à le revivre, à en tirer un enseignement.

Ce que l’on prenait pour un échec n’était peut-être qu’un détour nécessaire pour devenir la personne que l’on est aujourd’hui.

C’est aussi prendre conscience de l’importance de ces personnes croisées en chemin, celles dont l’énergie lumineuse nous a élevés, portés, éveillés.

Quant à celles qui nous ont blessés ou ignorés, l’hypnose nous aide à les replacer là où elles ne nous feront plus de mal : dans une zone apaisée de notre mémoire.

On remet les souvenirs, les idées, les échecs et les personnes à leur juste place.

Et tout devient plus léger.

Moins d’angoisses.

Moins d’insomnies.

Moins de doutes.

Plus simple à faire qu’à écrire, croyez-moi !

J’ai pris conscience de l’utilité réelle de l’hypnose dans ce que j’appelle ma « première vie », celle de chirurgienne.

Non pas lors de mes cours à la Faculté ou dans mes livres de médecine, elle y était à peine évoquée, ignorée par mes pairs.

C’est en tant qu’interne en chirurgie digestive dans un hôpital parisien que je l’ai rencontrée pour la première fois sous un angle scientifique.

Un anesthésiste utilisait l’hypnose pour accompagner l’induction des anesthésies générales, ce moment précis où l’on glisse doucement de l’état de veille à celui du sommeil en salle d’opération.

C’était une révolution.

Des anesthésistes d’autres hôpitaux venaient observer, d’abord par curiosité.

Mais lorsqu’ils constataient que les patients se réveillaient plus calmes, avec moins de besoin en morphine et en produits anesthésiques, ils étaient stupéfaits.

Progressivement, la curiosité fit place à un réel intérêt.

Malheureusement, l’hypnose, bien que reconnue pour ses bienfaits, demandait plus de temps et de ressources qu’une anesthésie classique, un obstacle dans le cadre d’un système hospitalier de plus en plus régi par la logique de rentabilité.

Mais cela, c’était dans ma première vie.

Dans ma seconde vie, l’hypnose est revenue sur mon chemin.

C’est ainsi que j’ai rencontré Monsieur Lions.

Un homme à la fois calme et passionné, qui vous guide avec douceur vers les profondeurs de votre inconscient, là où se cachent vos vraies ressources.

Son livre a le pouvoir de faire comprendre ce qu’est l’hypnose, même à ceux qui n’ont jamais assisté à une séance, ni même envisagé d’en faire une.

Les histoires qu’il raconte pourraient être les nôtres.

Peur, phobies, angoisses, doutes.

Nous les portons tous, à des degrés divers.

Mais savoir qu’ils peuvent être dépassés, guéris, transformés, cela change tout.

On termine la lecture avec le sentiment que nous aussi, nous pouvons y arriver.

Et avec la certitude que le simple fait d’avoir commencé ce chemin est déjà une victoire.

On doutait de nous.

Maintenant, on sait.

La force ne viendra pas de l’extérieur.

Elle est en nous.

Notre esprit a toutes les capacités pour se libérer du passé, se dégager des carcans, et trouver sa propre voie.

Notre esprit est notre meilleur allié.

Nikola Tesla disait :« Nous ne sommes qu’énergie, fréquence et vibrations ».

Lui, il avait déjà tout compris.

L’hypnose, en somme, ne fait que canaliser cette énergie… à la bonne fréquence, à la bonne vibration.

Bonne lecture, et que cette énergie vous accompagne.

Dr Alessandra Bertello

Témoignage Kate

Mon premier contact avec Monsieur Lions fut pour arrêter de fumer.

Aujourd'hui, j'en parle de manière naturelle, mais à ce moment-là, je ne connaissais absolument pas l'hypnose.

J'entrais donc dans son cabinet, très intriguée mais confiante.

Un accueil chaleureux et la question directe : « Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? ».

Et ma réponse fut simple : « Je veux arrêter de fumer ».

Une explication claire sur le cerveau et un schéma sur l’hypnose m’ont permis de comprendre pour vivre ma première expérience hypnotique.

Une méthode simple et infaillible qui consistait à trouver ce que Monsieur Lions appelait les affects positifs et négatifs.

Pour arrêter de fumer, il m’a expliqué que ce n'était pas une question de volonté, mais un combat entre le conscient et l’inconscient.

Il m’a dit : « Vous savez que ce n’est pas bon pour vous, et pourtant vous fumez ».

La séance terminée, je sortais avec le souvenir d’avoir fumé, mais de ne plus en être une fumeuse.

Deux semaines plus tard, un second rendez-vous pour consolider les effets.

Une confiance s’étant installée, je me tournais vers Monsieur Lions pour chaque souci, tracas ou mal-être.

Toujours présent, rapide et efficace, il utilisait des techniques pour m'expliquer le processus du changement.

Il me montrait comment, en agissant sur mon inconscient, des schémas de pensée négatifs pouvaient être transformés et remplacés par des schémas plus positifs.

Il m’a expliqué que chaque comportement pouvait être modifié en comprenant et en réorientant les affects qui le soutiennent.

Puis cette affreuse bestiole m’a attaquée : le cancer.

Je n’oublierai jamais le regard de Monsieur Lions lorsque je lui en faisais part.

Il m’a suivie, accompagnée, et ne m’a jamais laissée dans cette traversée.

Des séances d’hypnose, de relaxation, le feu coupé, des messages rassurants jusqu’au bout du bout.

Un accompagnement inestimable.

Une approche globale, alliant bienveillance, écoute et professionnalisme.

Une expérience unique.

Merci, vous m’avez redonné l’envie.

Kate.

Introduction

Derrière chaque soignant, il y a souvent une histoire.

Une histoire silencieuse, intime, parfois enfouie.

Car on ne choisit pas d’accompagner, d’écouter, de prendre soin de l’autre par simple hasard.

Ce choix, ou peut-être ce besoin, prend souvent racine bien plus tôt, dans des expériences personnelles, des fragments de vie marqués par l’absence, l’excès, l’incompréhension ou la solitude.

Certaines enfances sont traversées par la rigueur, par des environnements où la tendresse n’a pas sa place.

D’autres sont ponctuées d’événements troubles, de silences pesants, de mots qu’on n’a pas appris à dire.

Dans ces contextes, on apprend tôt à observer, à écouter sans bruit, à lire entre les lignes.

A ressentir ce que les autres ne formulent pas.

C’est peut-être là que naît ce regard particulier, celui qui un jour deviendra soin.

Ce livre est né de la conviction que derrière les gestes techniques, les diagnostics, les protocoles, il existe chez chaque soignant une dimension plus profonde, humaine, parfois vulnérable.

Une part d’histoire personnelle qui nourrit l’engagement, donne sens à ce métier à la fois exigeant et profondément humain.

A travers ces pages, je n’ai pas voulu seulement raconter une trajectoire individuelle, mais proposer une réflexion plus large sur ce qui nous pousse à soigner, à accompagner, à réparer.

A travers chaque rencontre avec un patient, je découvre des liens que mes patients m’apportent en silence, d’autres que le manque ou la douleur rendent visibles et puis, il y a ceux que l’on choisit de réinventer ensemble, au fil des mots, des silences et des séances.

Ce livre en est une invitation à explorer ce qui, en chacun de nous, façonne l’élan de prendre soin.

Chapitre 1

Le Chemin vers l’Hypnose

On ne se réveille pas un matin en décidant de devenir hypnothérapeute.

C’est un appel, un glissement progressif, souvent né d’une curiosité, d’une rencontre ou d’un besoin personnel.

Pour moi, c’était un peu des trois. J’ai longtemps cherché ma place.

Comme beaucoup, j’ai suivi un chemin tracé par d’autres, empruntant des routes qui ne me ressemblaient pas.

Un métier stable, des responsabilités, une vie qui semblait fonctionner sur le papier, mais un vide intérieur, diffus, insistant.

Une impression de passer à côté de quelque chose d’essentiel, sans savoir exactement quoi.

Je suis devenu sapeur-pompier, puis officier de sapeur-pompier.

Un métier de passion, de vocation même.

Porter secours, être là dans les pires moments de la vie des gens, sentir cette adrénaline qui monte avant chaque intervention…

C’était une mission qui me faisait vibrer.

Mais une autre facette de ce métier est devenue pour moi un fil conducteur.

Les sciences du comportement aux neurosciences appliquées allaient devenir une inéluctable évolution.

Lorsque l’on évoque le métier de sapeur-pompier, l’image qui vient en tête est souvent celle de l’intervention physique : éteindre un incendie, secourir une victime, gérer une situation d’urgence.

Pourtant, derrière chaque action technique se cache une dimension humaine essentielle, une compréhension fine des comportements et des interactions.

Durant mon parcours de formation et de formateur chez les sapeurs-pompiers, j’ai eu l’opportunité d’étudier et d’enseigner plusieurs disciplines des sciences du comportement : le langage non verbal, la négociation, la gestion des conflits, la gestion de la violence et la communication sous toutes ses formes.

Ces compétences, bien que souvent invisibles, sont fondamentales dans la gestion des crises et la relation d’aide.

Comprendre l’humain pour mieux intervenir.

Dans un contexte opérationnel, chaque détail compte.

Le langage non verbal, par exemple, permet de décoder les émotions d’une victime, d’un témoin ou même d’un individu agressif avant qu’il ne passe à l’acte.

Un regard fuyant, une posture fermée, une respiration accélérée sont autant de signaux révélateurs d’un état interne qu’il faut savoir interpréter et anticiper.

La négociation et la gestion des conflits sont également des compétences précieuses, notamment dans les situations de tensions extrêmes.

Lorsqu’une personne en détresse refuse de coopérer ou lorsqu’un individu en colère menace de passer à l’acte, la communication devient une véritable clé de désescalade.

Trouver les mots justes, ajuster son ton, adopter une posture apaisante, tout cela peut faire la différence entre une issue pacifique et une situation qui dégénère.

De la communication d’urgence à l’accompagnement thérapeutique et l’hypnose il n’y avait qu’une marche à monter.

En plongeant dans ces disciplines, j’ai progressivement découvert à quel point elles résonnaient avec d’autres approches, notamment celles utilisées en neurosciences appliquées et sciences comportementales ainsi que l’hypnose.

Comprendre le fonctionnement du cerveau en situation de stress, capter les micro-signaux d’une personne en détresse, ajuster son langage pour influencer positivement un état émotionnel, ce sont autant de ponts entre l’intervention d’urgence et l’accompagnement thérapeutique.

Mais derrière l’uniforme et la noblesse de cette profession, j’ai découvert une autre réalité, celle des jeux de pouvoir, des rivalités, des décisions absurdes dictées plus par l’ego que par le bon sens.

J’ai croisé des personnes extraordinaires, prêtes à tout pour sauver des vies, mais aussi d’autres, animées par des intérêts bien loin des valeurs qui m’avaient poussé à embrasser cette carrière.

Peu à peu, la désillusion a pris le pas sur la flamme qui m’animait.

Ce n’était plus seulement un métier, c’était devenu un poids.

Loin d’être une rupture, mon passage de formateur en gestion de crise à hypnothérapeute s’est révélé être une suite logique.

Dans les deux cas, il s’agit d’établir une connexion, de comprendre ce qui se joue derrière les mots et les comportements, et d’utiliser les outils adéquats pour guider une personne vers un mieux-être.

Ainsi, ces apprentissages ne sont pas restés cantonnés aux situations d’urgence.

Aujourd’hui encore, ils enrichissent ma pratique et me permettent d’adapter mes approches en fonction des besoins uniques de chaque personne que j’accompagne.

Puis, un jour, presque par hasard, l’hypnose a croisé mon chemin.

De longues discussions avec un ami médecin hypnothérapeute m’ont ouvert un chemin qui allait me conduire à un autre chemin de vie.

J’avais entendu parler de ses bienfaits, mais je n’y prêtais guère attention, la rangeant dans la catégorie des curiosités mystérieuses.

Jusqu’à ce que je vive ma première séance.

Je me souviens encore de la voix du praticien, douce et posée, qui me guidait vers un état étrange, entre veille et sommeil.

Ce que j’ai ressenti à ce moment-là, je ne l’avais jamais vécu auparavant : un relâchement total, une connexion profonde avec moi-même, comme si une porte intérieure s’ouvrait sur des réponses que je n’osais pas chercher.

Ce fut une révélation.

Je me suis alors plongé dans l’apprentissage de cette discipline, dévorant des livres, suivant des formations, expérimentant sur moi-même avant d’accompagner les autres.

J’ai découvert que l’hypnose n’était pas un simple outil de relaxation, mais une clé puissante permettant d’accéder aux mécanismes cachés de l’esprit.

Elle révélait les blocages, les blessures, mais aussi les ressources insoupçonnées que chacun porte en lui.

Petit à petit, l’évidence s’est imposée, c’est là que je devais être.

Non plus dans un métier qui me limitait, mais dans un rôle qui donnait du sens à ma vie et à celle des autres.

Aujourd’hui, lorsque je regarde mes patients fermer les yeux et plonger dans leur propre voyage intérieur, je repense à cette première séance qui a changé ma trajectoire.

Car c’est souvent ainsi que tout commence, par une rencontre avec soi-même.

Je les appelle des patients.

J’appelle mes patients des patients parce que cela reflète la dimension thérapeutique et d’accompagnement de mon travail en hypnothérapie.

Pourtant, certains médecins et professionnels de santé critiquent cette appellation, considérant que le terme patient devrait être réservé au domaine médical.

Pourquoi ce choix est légitime ?

L’hypnose est une pratique thérapeutique reconnue.

L’hypnose est utilisée dans de nombreux contextes médicaux et paramédicaux, notamment pour la gestion de la douleur, le traitement des phobies, du stress ou des addictions.

De nombreux professionnels de santé, y compris des médecins, des anesthésistes et des psychologues, utilisent l’hypnose comme outil thérapeutique.

Dans ce cadre, il est cohérent de parler de patients, car ils viennent chercher une aide pour un trouble ou une souffrance

Un accompagnement qui dépasse la simple prestation de service.

Contrairement à une relation purement commerciale, l’hypnothérapie s’inscrit dans un processus d’accompagnement, de transformation et de mieux-être.

L’objectif n’est pas seulement de répondre à une demande, mais de guider la personne vers un changement bénéfique et durable.

Ce cadre thérapeutique justifie l’utilisation du terme patient.

Une question de posture et d’éthique.

En utilisant le mot patient, je marque une différence avec d’autres approches plus commerciales du bien-être.

Ce terme implique une posture professionnelle, une écoute bienveillante et un cadre respectueux, où la personne est considérée dans sa globalité.

Un débat sémantique mais pas une exclusivité médicale.

Certains médecins estiment que seuls les professionnels de santé devraient employer ce terme.

Pourtant, dans d’autres disciplines (psychologie, ostéopathie, sophrologie), on parle bien de patients sans que cela pose problème.

Ce débat repose davantage sur des querelles de territoire que sur une réelle question de légitimité.

Le choix d’appeler mes patients des patients n’est pas anodin : Il reflète ma vision de l’hypnothérapie comme un accompagnement sérieux et structuré.

Ce n’est pas une simple prestation de service, mais une démarche de mieux-être qui s’inscrit dans une approche thérapeutique respectueuse et professionnelle.

On peut aussi envisager des termes comme :

Consultant :

qui est assez neutre et professionnel.

Accompagné :

qui met l’accent sur l’accompagnement thérapeutique.

Personne accompagnée :

qui est plus descriptif et humain.

Sujet :

qui est parfois utilisé en hypnose, mais peut paraître impersonnel.

Participant :

si vous voulez insister sur l’implication active.

Hypnologue :

qui est parfois utilisé.

Hypnotiseur ou Fascinateur :

qui est utilisé dans l’hypnose de spectacle.

Tout dépend du message que l’on souhaite transmettre et de l’image que l’on souhaite donner à la pratique.

Alors pour moi ce sont des patients……

Ils arrivent un par un, poussant la porte de mon cabinet avec cette hésitation propre à ceux qui s’apprêtent à plonger dans l’inconnu.

Certains sont nerveux, d’autres impatients, quelques-uns sceptiques.

Mais tous portent en eux une histoire, un fardeau invisible qu’ils espèrent alléger ici, entre ces murs où les mots se transforment en clés et les silences en révélations.

Il y a cette femme qui ne dort plus depuis la disparition de son frère.

Cet homme qui tremble à l’idée de prendre la parole en public.

Cette jeune fille dont le corps refuse de s’alimenter, comme si son esprit voulait disparaître avec elle. Tous sont venus chercher quelque chose, un apaisement, une réponse, une délivrance.

Je m’appelle Bernard Lions, et je suis hypnothérapeute.

Mon rôle n’est pas de guérir, mais d’ouvrir des portes.

Celle de la mémoire, celle de l’inconscient, celle des blessures enfouies que l’on évite de regarder en face.

Parfois, derrière ces portes, il y a des monstres.

Parfois, il y a des merveilles.

Et chaque séance est une plongée dans l’inattendu.

Chapitre 2

Apprendre à Ouvrir les Portes.

Se former à l’hypnose, c’est bien plus qu’apprendre des techniques.

C’est une immersion dans l’univers de l’esprit humain, une exploration des profondeurs du psychisme, de ses forces, de ses failles, de ses mécanismes invisibles.

Mon apprentissage a commencé en France, où j’ai découvert les bases de l’hypnose Ericksonienne, cette approche douce et permissive qui joue sur les métaphores et l’adaptabilité.

Mais très vite, j’ai ressenti le besoin d’aller plus loin, de confronter ma pratique à d’autres regards, d’autres enseignements.

C’est ainsi que mon parcours m’a mené en Suisse, où j’ai approfondi des approches plus directes, plus dynamiques, intégrant des techniques issues de la neuroscience et de la thérapie brève.

Mais l’hypnose seule ne suffit pas.

L’esprit humain est complexe, et chaque patient arrive avec son propre bagage, sa propre logique interne.

Pour mieux comprendre et accompagner ceux qui me faisaient confiance, j’ai élargi mon champ d’expertise aux sciences comportementales : la programmation neurolinguistique (PNL) et l’analyse transactionnelle pour affiner ma communication et influencer positivement les processus inconscients, l’analyse des comportements humains pour décoder les schémas répétitifs, et même certaines approches issues de la psychologie cognitive et des thérapies systémiques.

Chaque formation, chaque séminaire, chaque échange avec d’autres praticiens m’a permis de façonner ma propre manière de travailler et de la créer.

Une approche à la croisée des chemins entre intuition et rigueur, entre science et art, entre structure et adaptation.

Car au fond, accompagner quelqu’un en hypnose, ce n’est pas appliquer un protocole figé.

C’est écouter, observer, ressentir, et trouver la clé unique qui ouvrira la porte de sa transformation.

Aujourd’hui, chaque séance est le reflet de ce parcours.

Une synthèse de toutes ces connaissances, enrichie par chaque nouvelle expérience, chaque patient qui me rappelle que l’apprentissage ne s’arrête jamais.

Chapitre 3

La Transmission comme Évidence.

Devenir formateur en hypnose n’a pas été un choix, mais une évidence.

J’ai toujours été formateur.

Dans mes précédentes fonctions, j’ai enseigné, encadré, conçu des formations, cherchant toujours à transmettre de manière claire, efficace et adaptée à mon public.

J’aimais voir cette étincelle dans le regard de ceux qui comprenaient, cette prise de conscience qui ouvrait de nouvelles perspectives.

Quand j’ai plongé dans l’hypnose et les sciences comportementales, la transmission a suivi naturellement.

Apprendre pour soi, c’est enrichissant.

Mais partager, guider, aider d’autres à maîtriser ces outils puissants, c’est une autre dimension.

J’ai rapidement compris que mon expérience, à la fois sur le terrain et sur le plan théorique, pouvait servir à ceux qui souhaitaient se former.

Former à l’hypnose, ce n’est pas seulement enseigner des techniques.

C’est aider les futurs praticiens à développer leur écoute, leur intuition, leur capacité à s’adapter à chaque individu.

C’est leur apprendre à comprendre les méandres de l’esprit humain et à utiliser les bons leviers pour provoquer le changement.

C’est aussi leur transmettre la posture, l’éthique, cette responsabilité qui accompagne toute intervention sur l’inconscient.

Avec le temps, j’ai affiné ma pédagogie, créé des modules de formation, cherché la meilleure manière de rendre ces connaissances accessibles et applicables.

Car une formation n’a de valeur que si elle permet une réelle montée en compétence, une autonomie, une capacité d’action immédiate.

Aujourd’hui, former n’est pas une simple extension de mon métier, c’est une passion à part entière.

Voir mes stagiaires progresser, s’épanouir dans leur pratique, prendre confiance en eux, c’est une satisfaction immense.

C’est aussi, quelque part, une façon d’assurer la continuité de mon propre parcours, en laissant une empreinte bien au-delà de mon cabinet.

L’hypnose est un voyage.

Un voyage intérieur pour ceux qui viennent chercher de l’aide, un voyage d’accompagnement pour celui qui guide.

Chaque séance est une rencontre unique, un moment suspendu où des histoires se dévoilent, où des transformations s’opèrent.

C’est cette richesse humaine, ces parcours de vie bouleversants et inspirants, qui m’ont conduit à écrire ce livre.

Chapitre 4

Comment fonctionne l’hypnose ?

L'hypnose agit en modifiant l'état de conscience, plaçant la personne dans un état entre la veille et le sommeil, appelé état d’hypnose.

Cet état favorise une concentration intense et une grande réceptivité aux suggestions, tout en mettant de côté les distractions habituelles du mental.

Le praticien guide la personne vers un état de relaxation profonde en utilisant des techniques de respiration, de visualisation ou de suggestions verbales.

Sous hypnose, le cerveau fonctionne différemment, notamment au niveau du cortex préfrontal et du système limbique :

Modifier la perception de la douleur,

Accéder plus facilement aux souvenirs ou émotions refoulées,

Favoriser de nouveaux schémas de pensée ou comportements.

L’état hypnotique permet d’introduire des suggestions qui influencent la perception et le comportement, comme :

Se libérer d’une phobie ou d’une dépendance,

Changer une habitude (tabac, alimentation),

Renforcer la confiance en soi.

La personne revient progressivement à un état de pleine conscience, souvent avec une sensation de bien-être et de détente.

Hypnose et neurosciences

Des études montrent que l’hypnose agit sur les ondes cérébrales, en augmentant les ondes thêta qui sont associées à la relaxation profonde et à l’apprentissage.

L’imagerie cérébrale a aussi prouvé que sous hypnose, certaines zones du cerveau impliquées dans la douleur ou les émotions sont modulées.

L'hypnose agit directement sur l’inconscient, cette partie du mental qui gère nos émotions profondes et nos souvenirs.

Contrairement à l’état de veille où la pensée critique domine, l’état hypnotique permet un accès plus direct à l’inconscient, facilitant ainsi le changement de comportements et la transformation de croyances limitantes.

Comment l’hypnose agit sur l’inconscient ?

1. Contournement du mental conscient

Le conscient filtre et analyse les informations, ce qui peut parfois bloquer le changement.

Sous hypnose, ces barrières s’abaissent, permettant un dialogue plus fluide avec l’inconscient.

2. Modification des automatismes

L’inconscient régit de nombreux comportements et émotions ancrés (phobies, addictions, réactions émotionnelles).

En hypnose, on peut reprogrammer ces automatismes en y associant de nouvelles perceptions et réponses.

3. Accès aux souvenirs et émotions profondes

Certains traumatismes ou blocages sont enfouis dans l’inconscient.

L’hypnose permet d’y accéder sans revivre la souffrance, en aidant à les comprendre et à les transformer.

4. Création de nouveaux schémas mentaux

Grâce aux suggestions hypnotiques, l’inconscient peut intégrer de nouveaux comportements ou croyances plus bénéfiques.

Exemple : remplacer une peur par un sentiment de sécurité ou une habitude négative par une motivation positive.

L’hypnose n’est pas un état de perte de contrôle, mais une collaboration entre le conscient et l’inconscient.

Elle permet d’explorer des ressources internes insoupçonnées et d’amorcer des changements profonds et durables.

Chapitre 5

Ecrire ce livre pour partager.

Au fil des années, j’ai vu des patients arriver avec des souffrances profondément ancrées et repartir avec un regard neuf sur leur propre existence.

L’hypnose n’est pas une baguette magique, mais elle ouvre des portes, parfois insoupçonnées.

Les changements qui s’opèrent, les prises de conscience, les libérations émotionnelles sont autant de récits qui méritent d’être racontés.

Bien sûr, pour préserver la confidentialité et l’intimité des patients, ces histoires sont transformées, anonymisées, recomposées.

Mais leur essence reste intacte et tout est issu de véritables séances et de vraies histoires de vie.

En partageant ces expériences, je souhaite offrir une trace de ces métamorphoses, montrer que le changement est possible, que chacun possède en lui les ressources pour dépasser ses blocages, ses peurs, ses traumatismes.

Ce livre se veut ainsi une mémoire de ces voyages intérieurs, une manière de témoigner de la puissance de l’esprit humain lorsqu’il se donne la possibilité de changer.

Mais aussi de démystifier l’hypnose et ses effets

L’hypnose est souvent entourée de fantasmes et de croyances erronées.

Certains l’imaginent comme une prise de contrôle de l’esprit par une tierce personne, d’autres y voient un simple effet placebo ou une technique obscure réservée aux initiés.

Pourtant, l’hypnose thérapeutique repose sur des bases solides, validées par les neurosciences et l’expérience clinique.

L’hypnose, une porte ouverte sur l’humain.

Ce livre en est aussi un témoignage.

Chaque jour, dans mon cabinet, je rencontre des hommes et des femmes porteurs d’histoires uniques. Des histoires de blessures, de peurs, de doute, mais aussi de résilience, d’espoir et de transformation.

Chaque séance d’hypnose est une exploration, un dialogue entre conscient et inconscient, où des verrous sautent et des chemins s’éclairent.

C’est cette richesse humaine qui m’a donné envie d’écrire.

Non pas pour raconter des anecdotes sensationnelles, mais pour témoigner de ce que l’hypnose permet.

Elle permet de comprendre de se dépasser, de se libérer.

Derrière chaque consultation, il y a une quête, une volonté de changer quelque chose dans sa vie.

Ce livre est né du désir de partager ces parcours, en toute confidentialité, pour montrer à chacun qu’il n’est pas seul dans ses questionnements, ses souffrances, ou ses espoirs.

L’hypnose fascine autant qu’elle intrigue.

Certains l’imaginent comme une forme de contrôle mental, d’autres comme une simple relaxation.

La réalité est bien plus subtile et puissante à la fois.

Elle permet d’accéder à des ressources profondes, de contourner les résistances du mental pour enclencher des changements parfois spectaculaires.

À travers ce livre, je souhaite démystifier cette pratique et en révéler la puissance, en expliquer ses mécanismes et montrer, par des récits concrets, comment elle agit sur l’esprit humain.

Ce n’est ni de la magie, ni un don, mais une approche qui repose sur des connaissances solides et une compréhension fine des fonctionnements psychiques.

Un message d’espoir et d’inspiration.

Trop souvent, mes patients pensent être bloqués, prisonniers de leurs schémas de pensée ou de leurs émotions.

Pourtant, je vois chaque jour des transformations qui me rappellent à quel point l’être humain a en lui des capacités incroyables d’adaptation et de guérison.

Ce livre est un message d’espoir : Quels que soient les obstacles, il est possible d’avancer.

Les récits que je partage ici ne sont pas ceux des cas isolés, mais de personnes comme vous et moi, qui ont simplement décidé d’explorer une autre voie pour mieux se comprendre et se libérer.

En lisant ces pages, peut-être trouverez-vous un écho à votre propre histoire.

Peut-être reconnaîtrez-vous des émotions, des situations, des déclics qui résonneront en vous.

Et si, au détour d’un chapitre, vous réalisiez que vous aussi, vous avez en vous tout ce qu’il faut pour évoluer, alors ce livre aura atteint son but.

Dans ce livre, je partagerai mon expérience en tant qu’hypnothérapeute à travers des cas concrets rencontrés en consultation.

Afin de préserver l’anonymat et le respect de mes patients, tous les prénoms seront modifiés, et certains détails pourront être légèrement adaptés sans altérer la réalité des faits.

Pour rendre la lecture plus fluide et accessible, j’ai choisi d’organiser ces témoignages selon les différentes pathologies ou problématiques abordées en séance.

Ce classement permettra au lecteur de mieux comprendre comment l’hypnose peut être appliquée à divers troubles et d’explorer, au fil des pages, les mécanismes et bénéfices de cette pratique à travers des situations réelles.

Maintenant, vous allez voyager de pathologie en pathologie.

Après une explication de chacune d’elles, vous découvrirez des histoires inspirées de faits réels.

Chacune puise ses racines dans des expériences humaines authentiques, des parcours marqués par la résilience, la douleur, l’espoir et parfois la rédemption.

Ces récits sont basés sur des cas réels rencontrés au fil du temps, mais ils ont été soigneusement modifiés pour préserver l’anonymat des personnes concernées.

Ce livre ne prétend pas offrir de solutions universelles, mais plutôt une plongée dans des trajectoires de vie qui révèlent des dilemmes profonds, des émotions sincères et des combats souvent invisibles aux yeux du monde.

Mon souhait est que ces récits résonnent en vous, qu’ils éveillent une réflexion ou une émotion et qu’ils rappellent que, derrière chaque parcours, il y a une histoire qui mérite d’être entendue.

Chapitre 6

La phobie.

Explications

Une phobie, c'est une peur intense et irrationnelle de quelque chose, même si cette chose n'est pas dangereuse.

Par exemple, quelqu'un peut avoir peur des araignées ou des hauteurs, même si ces choses ne représentent pas un réel danger pour lui.

Cette peur peut être tellement forte qu'elle empêche la personne de faire certaines choses ou de se sentir bien dans des situations courantes.

Les types de phobies

On distingue trois grandes catégories :

Les phobies spécifiques

 : peur d’un objet ou d’une situation particulière (ex. : araignées, avion, hauteur, sang).

La phobie sociale

 : peur excessive du regard des autres, des interactions sociales ou du jugement.

L’agoraphobie

 : peur des espaces ouverts, des lieux publics ou des situations d’où il semble difficile de s’échapper.

Il existe plus de 1000 phobies.

Les symptômes

Ils varient selon les personnes, mais incluent souvent :

Accélération du rythme cardiaque

Sueurs, tremblements

Sensation d’étouffement ou de vertige

Évitement systématique de la situation ou de l’objet phobogène

Origines des phobies

Elles peuvent être dues à :

Une expérience traumatisante

Un apprentissage (parent phobique)

Une prédisposition génétique

Une hyperactivation du système limbique (cerveau émotionnel)

❖Histoire d’une phobie des plumes.

Juan-les-Pins, un après-midi doux et lumineux.

Le bruit de mon horloge en arrière-plan, le parfum des huiles essentielles qui flottent dans l’air.

Pourtant, lorsqu’Élise pousse la porte de mon cabinet, elle semble bien loin de cette quiétude.

Son regard fuit, ses gestes sont saccadés, comme si elle cherchait à contrôler un malaise omniprésent.

« Mon médecin m’a conseillé de venir vous voir… Il dit que l’hypnose pourrait m’aider. »

Elle hésite, pince les lèvres avant d’ajouter, presque en s’excusant :

« J’ai une peur panique des plumes. Rien que d’en voir une, même dans un coussin, j’ai l’impression d’étouffer. »

Un malaise immédiat.

Dès qu’elle s’installe, je remarque son regard fixé sur un point précis du mur, ses doigts crispés sur les accoudoirs du fauteuil.

« Tout va bien ? »

Elle détourne enfin les yeux et déglutit difficilement.

« Cet objet… » murmure-t-elle en désignant l’attrape-rêve suspendu dans mon bureau.

« L’attrape-rêve ? »

Elle hoche la tête, visiblement mal à l’aise.

« Ce sont les plumes… Elles me mettent mal. J’ai l’impression qu’elles vont… » Elle s’interrompt, incapable d’achever sa phrase.

Cette réaction instinctive confirme l’ancrage profond de sa phobie.

Les plumes, qu’elles soient réelles ou décoratives, suffisent à déclencher son malaise.

Un traumatisme enfoui.

Je lui propose de l’enlever.

L’anamnèse révèle une histoire lourde, marquée par des absences et des silences.

Élise n’a jamais vraiment cherché l’origine de sa phobie, elle s’est contentée de vivre avec.

Mais au fil de nos échanges, un fil invisible se tisse, menant à une période de son enfance qu’elle évoque rarement : le temps passé chez son grand-père.

Un homme austère, rigide, qui fabrique des couettes en plumes. Un détail qui, jusque-là, n’avait jamais semblé si important.

« Il y avait des plumes partout… dans l’atelier, dans la maison… Je n’aimais pas ça… »

Son ton devient plus distant, comme si elle s’enfonçait dans un souvenir qu’elle n’ose pas affronter.

« Mais ce n’est pas juste ça, n’est-ce pas ? » demandai-je doucement.

Elle hoche la tête, les yeux brillants d’une émotion contenue.

« Il me punissait… Quand je faisais une bêtise, il m’envoyait dans la pièce où il entreposait les plumes. Il refermait la porte et me laissait là, dans l’obscurité… Elles collaient à ma peau, à mes vêtements… Je pleurais, je criais… Mais il disait que ce n’était pas une vraie punition, que ce n’étaient que des plumes… »

Elle frissonne.

« J’avais l’impression de m’étouffer… et il riait… Il riait. »

Le lien est là.

Ce ne sont pas les plumes en elles-mêmes qui lui font peur, mais ce qu’elles représentent : l’enfermement,

L’impuissance,

L’humiliation.

Réécrire le passé.

Nous entamons une séance d’hypnose pour l’aider à revisiter ce souvenir, mais d’une manière différente.

Au lieu de revivre la scène en victime, je la guide pour qu’elle devienne spectatrice, observant cette petite fille avec bienveillance et force.

Petit à petit, elle reprend du pouvoir sur cette image du passé.

Nous transformons la pièce sombre en un espace rassurant, où les plumes ne sont plus oppressantes, mais légères, inoffensives, presque bienveillantes.

Enfin, nous introduisons un ancrage : un geste simple, une simple respiration en serrant sa main en exerçant une pression, associé à une sensation de sécurité et de contrôle.

Une manière pour elle de rappeler à son corps qu’elle n’est plus cette enfant impuissante.

Lorsqu’Élise revient après cette première séance, son visage semble déjà plus détendu.

« J’ai quelque chose à vous raconter… »

Elle inspire profondément avant de poursuivre :

« Je suis passée sur une place où il y avait des pigeons. D’habitude, je change de trottoir ou je fais un détour… Mais là, j’ai continué à marcher. Mon cœur s’est serré, j’ai failli faire demi-tour, puis j’ai pensé à l’ancrage. J’ai pressé ma main et j’ai respiré et … je suis passée à côté d’eux. »

Elle marque une pause, comme si elle réalise pleinement ce qu’elle vient de dire.

« Et après, je me suis installée en terrasse pour boire un café. »

Je la regarde et lui dit :

« Avec des oiseaux autour de vous ? »

Elle hoche la tête, un sourire timide aux lèvres.

« Oui. Ils picoraient les miettes sur le sol. J’avais toujours peur, mais… c’était supportable. Je suis restée. Pour la première fois depuis des années, je me suis sentie normale. »

Nous consolidons ce progrès lors d’une seconde séance, renforçant l’association des plumes avec des sensations neutres, voire agréables.

Nous travaillons sur son aisance face aux mouvements des oiseaux, en particulier leur vol, qui semble encore lui provoquer un léger inconfort.

À la fin de la séance, elle ouvre les yeux, plus sereine.

« Je crois que ça va de mieux en mieux… »

Quelques jours plus tard, elle m’envoie un message :

“Les oiseaux et les plumes ne me dérangent plus. J’ai croisé une volée de moineaux en terrasse, et je n’ai rien ressenti. Juste une chose : si un oiseau vole trop près de moi, j’ai encore une petite tension, mais rien d’insurmontable. Merci pour tout ».

Lors de notre dernier rendez-vous, Élise entre dans le cabinet avec un regard apaisé.

Elle s’arrête un instant, puis tourne la tête vers l’attrape-rêve.

Cette fois, elle le regarde sans détourner les yeux.

« C’est étrange… Je ne ressens plus ce malaise. »

Elle marque une pause, puis ajoute avec un sourire plus assuré :

« Ce ne sont que des plumes, après tout. »

Et c’est bien là l’essentiel.

❖Histoire d’une phobie de l’avion.

C'est en fin d'après-midi, lorsque je viens de terminer une consultation, le docteur qui partage les locaux avec moi, m'aborde.

« Écoute, j’ai un patient dans mon bureau, Monsieur Dupont, qui vient de me consulter.

Il est perturbé par un problème personnel, et j’aurais besoin que tu lui parles. Tu as un moment de libre ? »

Je regarde mon agenda et vois que je n’ai pas de rendez-vous à venir.« Bien sûr, je peux m’en occuper maintenant je suis libre »

Quelques instants plus tard, un homme d’environ soixante-dix ans entre dans mon bureau.

Il a l’air préoccupé, un peu nerveux.

Je lui souris et l’invite à s'asseoir.« Bonjour, Monsieur Dupont votre médecin me demande de vous recevoir, cela tombe bien j’ai terminé mes consultations. Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? »

Il prend une profonde inspiration avant de répondre.« Bonjour. C’est un peu compliqué… Ma fille se marie aux USA, et je devrais être là-bas, mais je… je n’arrive pas à prendre l’avion. Je suis terrifié. Cela fait des années que je n’ai pas voyagé en avion, et cette peur me paralyse. »

Je l'écoute attentivement. Je comprends rapidement que sa peur de l’avion est liée à un sentiment plus profond d’impuissance. Il veut être là pour sa fille, mais il se sent bloqué par cette phobie.

« Je comprends que ça doit être difficile pour vous. Ce n’est pas simplement la peur de l’avion, c’est aussi la peur de ne pas pouvoir être là pour elle à un moment aussi important de sa vie »

Monsieur Dupont hoche la tête, visiblement soulagé qu'on comprenne son mal-être.« Exactement. Mais rien n'y fait, je n'arrive pas à surmonter cette peur. Chaque fois que je pense à l'idée de prendre l’avion, je me sens complètement perdu ».

Je prends un moment pour réfléchir avant de lui dire :« Ce que vous ressentez est tout à fait légitime, Monsieur Dupont. La peur des avions est une phobie qui touche de nombreuses personnes, mais ce n'est pas pour cela que vous devez vous sentir exclu ou impuissant »

Je le regarde attentivement.« Il existe des moyens de gérer cette peur et l’hypnose offre des résultats surprenants »

Monsieur Dupont me regarde, un peu intrigué.« Vous voulez dire que je vais pouvoir prendre l’avion ? »

Je souris et lui réponds :« Oui, en effet. Je vous conseille d’acheter vos billets pour le vol, de vous préparer concrètement à ce voyage. Puis, quelques jours avant votre départ, nous ferons une séance d’hypnose ensemble. Cette séance est souvent suffisante pour que vous vous sentiez beaucoup plus confortable pendant le vol ».

Il me regarde, un peu surpris.« Une seule séance ? Vous êtes sûr que ce sera suffisant ? »

Je hoche la tête avec assurance.« Oui, je pratique l’hypnose de cette manière. En général, une seule séance est suffisante pour que vous ressentiez une nette amélioration. Vous serez plus calme, plus détendu et, surtout, plus en contrôle. Après cela, je vous revois si nécessaire, pour finaliser le travail et renforcer les effets »

Monsieur Dupont semble un peu étonné, mais aussi intrigué par cette approche qui, à première vue, semble simple.« C’est… rassurant. Je ne pensais pas que cela pourrait être aussi rapide »

Je lui explique calmement :« Il existe différentes approches pour traiter cette phobie, et l’hypnose en fait partie. J’ai eu de très bons résultats avec des patients qui avaient des peurs similaires à la vôtre. L’hypnose permet de travailler directement sur l’inconscient, là où se logent souvent les peurs irrationnelles. En quelques séances, vous pouvez retrouver une sensation de calme et de contrôle ».

Il semble curieux, mais aussi un peu incertain.« Vraiment ? Vous pensez que l’hypnose pourrait suffire ? »

Je sais que, quelques jours avant son départ, la séance d’hypnose lui apportera cette tranquillité qu’il recherche, et qu'il pourra enfin accompagner sa fille, non pas avec de la peur, mais avec la confiance qu’il mérite.

Monsieur Dupont me regarde, un peu hésitant, puis me demande :« Est-ce que vous pensez que ce serait possible de faire deux séances avant mon départ, juste pour être vraiment sûr que je serai détendu et prêt à prendre l’avion ? »

Je réfléchis un instant et bien que, selon ma pratique, une seule séance suffise généralement pour apporter un réel confort et apaiser la peur, je comprends qu’il se sente encore un peu incertain.

Cette demande, même si elle n'est pas nécessaire dans mon approche habituelle, montre qu'il cherche un maximum de sécurité pour lui-même.

Je lui souris calmement et lui réponds :