Au-delà des apparences - Danièle Hézarifend - E-Book

Au-delà des apparences E-Book

Danièle Hézarifend

0,0

Beschreibung

Juliette est élève infirmière à Metz. Sa mère, comédienne, vit à Paris pour les besoins de son métier tandis que son présumé père, qu'elle n'a croisé qu'une fois, navigue pour la Marine marchande. La mort de la grand-mère qui l'a élevée l'amène à découvrir les circonstances qui ont été à l'origine de ce mode de vie. Entourée de ses amis, parviendra-t-elle à surmonter sa révolte, à assumer le poids des secrets et à bâtir son indépendance ?

Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:

Android
iOS
von Legimi
zertifizierten E-Readern
Kindle™-E-Readern
(für ausgewählte Pakete)

Seitenzahl: 146

Veröffentlichungsjahr: 2023

Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:

Android
iOS
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



Danièle Hézarifend vit à Metz. La vie familiale avec quatre enfants fut son premier choix, conjugué avec une activité professionnelle après quelques années. Lecture et écriture ont toujours fait partie de sa vie et le rêve de s’accorder le temps d’écrire des histoires autres que celles de ce vécu en a découlé. Ce qui fut fait avec la rédaction d’un roman, de nouvelles et de contes.

En 1994, elle a été lauréate du prix de la Nouvelle de la ville de Yutz. En 2003 et 2004, elle a rédigé les Contes du Château de Malbrouck sur la trame et à l’appui des illustrations de Claire Pelosato. Elle a participé à des ouvrages collectifs dans un cadre associatif littéraire.

L’impression d’un recueil de nouvelles offert à des proches ayant été un premier pas, le moment était venu de partager un de ses romans avec un lectorat plus large.

AU-DELA DES APPARENCES

Sommaire

Coup de chagrin

Bouleversements

Le révolutionnaire du chalet

Régler leur compte aux mythes

Confidence sous le toit

Le coin parlote

Le Petit Prince reste chambre 302

Suivi façon Nightingale

A fleur des secrets du cœur

Le tiroir à bazar

Au-delà des apparences

Philodendron du matin

Tomber de rideau

1. COUP DE CHAGRIN

La lumière diffuse de la lampe de chevet repousse la pénombre, la tient en respect à la périphérie de la pièce pour envelopper deux silhouettes rapprochées.

- Pourquoi pleures-tu, ma petite-fille? Allons, regarde-moi, lève un peu la tête, que je te vois mieux. Tu m’écoutes, chérie? Pourquoi fais-tu la sourde oreille? Te voir là, effondrée sur mon lit, me fait tant de peine ! Raconte-moi, voyons ! Quelqu’un t’auraitil fait du mal? Peut-être n’est-ce pas si grave. Tu peux tout me dire, tu le sais bien. Que se passe-t-il? On dirait que tu ne m’entends pas…

Juliette pose un baiser sur les mains abandonnées. D’un geste las, elle repousse la mèche qu’aucune coiffure n’a jamais pu retenir. Des cheveux glissants d’asiate, avait coutume de dire sa grand-mère. Cela avait peut-être été la source des histoires inventées pour l’endormir? Que de fois toutes deux avaient remonté la vallée du Mékong en compagnie d’enfants aux yeux en amandes et aux chevelures soyeuses ! A dos de buffle d’eau, elles avaient sillonné les rizières de Cochinchine, fait halte dans les hameaux aux toits de chaume, franchi les collines cambodgiennes enlacées de rivières. Sans plus faire la différence entre le froissement de ses draps et le glissement d’une jonque de bambous, c’était en pleine baie d’Ha Long qu‘enfant elle s‘endormait.

Se mordre les lèvres pour ne pas crier. Changer le cours des évènements, sortir de cette scène de tragédie.

Elle se voit évoluer dans un décor familier mais n’y trouve pas place. Reste spectatrice. Elle est précipitée dans un rôle qu’elle n’a pas choisi. Au centre d’un cauchemar dont elle ne parvient pas à émerger.

Il y a confusion, ce n’est pas elle qui fait du théâtre, c’est Florence !

Les larmes créent un brouillard sans parvenir à occulter ce qu’elle réfute et le rideau ne veut pas tomber pour mettre fin à l’inacceptable.

- Oh, Mamina, comment peux-tu me laisser? Est-ce que tu t’imagines que je peux vivre sans toi? Je t’aime tellement ! On était si bien toutes les deux. Pourquoi n’as-tu pas dit que tu étais fatiguée? Je ne me doutais de rien… Ton médecin a parlé de tension élevée, probablement d’un caillot au cerveau, peut-être un contre-coup d’une trop forte émotion. Ton cœur n’y aurait pas résisté. Comment cela a-t-il pu m’échapper, à moi qui suis élève infirmière? Tu devais avoir des symptômes… Est-ce que j’aurais pu déceler quelque chose hier soir? Maintenant que j’y pense, tu n’avais pas très faim et tu t’es couchée tôt. Cela aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Il aurait peut-être été encore temps…

Si j’avais su, je t’aurais aidée, j’aurais fait les courses, participé un peu plus. Toi, tu n’arrêtais jamais, tu voulais me laisser tout le temps disponible pour travailler. Tu vois où ça mène de dire que le repos fatigue? Tu n’avais pas le droit de me quitter comme ça !

Juliette sanglote enfin sans retenue. En présence de la voisine venue l’aider, elle n’a pas craqué. Dans un état second, elle a procédé à la toilette de sa grand-mère. Comme on lui apprend à le faire à l’hôpital. Exactement comme s’il s’était agi d’une patiente. Madame Munch s’est sentie obligée de la complimenter. Elle n’a jamais su se taire quand il fallait, ça ne la surprend pas. Qu’est-ce qu’ils s’imaginent ces adultes, qu’ils sont les seuls à pouvoir faire front? Jeune ne rime pas avec incapable !

Mais quand cette pipelette d’infirmière à la retraite a voulu choisir un tailleur sombre, elle a pu aller se rhabiller ! On n’allait tout de même pas faire porter à Mamina le deuil d’elle-même ! Seule une douce soie fleurie pouvait convenir à l’improbable voyage qui l’attendait.

- Tu disais que je ne savais qu’étudier et que pour le reste je ne me débrouillerais pas sans toi. Tu vois, pas si mal pour un début... Je commence mon apprentissage.

Tu es aussi jolie que le jour où tu as étrenné ta robe. Tu te souviens? C’était pour la première parisienne de Flo au Lucernaire.

Juliette fixe les yeux à tout jamais fermés. Très bruns, ils contrastaient avec la neige des boucles retenues en chignon pour faire bien net. Comme elle aime ce visage qui s’animait toujours pour elle, attentif, souriant. Il lui semble que Mamina n’est qu’endormie, qu’elle va se réveiller, lui parler, lui expliquer… Tout à coup, elle semble tellement prête à s‘animer, à se relever. Elle lisserait sa robe de la main, ajusterait le peigne qui retient ses cheveux et rirait de s’être endormie, un peu vexée d’avoir été surprise ainsi. Ne raconte-on pas que parfois une mort a été constatée par erreur?

- Juliette, ma petite Juliette. Mon Dieu je comprends. Je me rappelle vaguement… Un vertige, plus fort que les précédents. En allant ouvrir au facteur, je crois bien. Après, j’ai dû tomber. Une chute qui n’en finissait pas. Un kaléidoscope de couleurs flamboyantes, aveuglantes. Ensuite un silence épais, comme si j’étais enfermée dans une chambre sourde. Est-ce que j’avais ouvert la porte ou pas? Pauvre facteur ! Madame Munch est bien aimable de t’avoir aidée. Je suis désolée d’avoir dérangé tout le monde.

Ce serait donc ça la mort? J’ai du mal à y croire… Je ne suis pas mal, tu sais. Ne pleure pas, petitefille, je t’en prie. Tu vois, je ne m’y fais pas. J’oublie que tu ne m’entends pas. J’ai beau être là, c’est comme si je n’y étais plus. Je suis dans mon corps et je ne peux pas en bouger la plus infime partie. Je t’entends pourtant, et je ne peux pas rendre compréhensible ma réponse. C’est évident, tu me crois partie…

Que c’est donc allé vite ! Je n’ai pas eu le temps… Il aurait fallu que je t’explique certaines choses. Florence me l’avait fait promettre. Elle avait raison, bien sûr. J’attendais le moment. Tu grandissais l’esprit si tranquille, tu ne posais pas de questions. Et puis est arrivée cette lettre d’Alain. Il annonçait son retour et une grande nouvelle. Je pensais avoir le temps.

Ta naissance et le pacte avec ta maman... Il me semble que c’était hier. Qui te dira maintenant? Que vas-tu penser? Pourras-tu me pardonner, ma chérie?

Mais tu te lèves et tu pars?

Un instant, j’avais imaginé que tu m’entendais…

- Je débloque complètement. J’ai vraiment eu l’impression que tu allais me parler ! Excusemoi, Mamina, je crois qu’il vaut mieux que je te laisse un instant.

La jeune fille quitte la pièce dans laquelle sa grand-mère repose, comme on dit. Il lui semble qu’elle habite encore un peu la maison. Ce n’est plus la même présence, il manque sa vivacité, les chansons fredonnées, son pas. Pour lui avoir faussé compagnie sans crier gare, il fallait bien qu’elle l’accompagne un peu. Juliette a besoin de s’y faire progressivement. Elle peut au moins lui parler. Ne pas avoir de réponse n’est pas si important. Il lui semble tellement être écoutée. Une sensation étrange l‘habite, celle d’être à deux doigts d’établir un contact, d’avoir une réponse… Peut-être est-ce la soudaineté de l’évènement qui engendre pareille illusion? Comme si l’échappatoire à l’inexistence pouvait résider dans la survivance de l’âme.

Les notes musicales de l’avertisseur de la porte d’entrée interrompent son égarement. Les bras de Diane passés autour de son cou, mèches blondes et brunes mêlées, Juliette ne peut plus retenir ses larmes. Depuis l’enfance, elle partage tout avec son amie. Leur amitié n’a fait que se renforcer au fil des années de collège puis de lycée et tout naturellement elles ont choisi d’entrer toutes deux à l’Institut en Soins Infirmiers.

- Nous avons fait aussi vite que possible.

Pauline Boissier pousse doucement les deux jeunes filles, tire la porte et passe un bras autour des épaules de Juliette. Elle imagine le désarroi dans lequel doit se débattre l’amie de sa fille. Elle voudrait tellement pouvoir l’alléger un peu. Lui permettre de commencer à comprendre que c’est d’avoir mis de la vie dans sa vie qui est important, puisque la mort y est inscrite depuis le premier jour. Être mère amène à intégrer cette évidence, mais n’empêche pas qu’elle constitue pourtant la plus laborieuse acquisition intellectuelle qui soit.

On peut imaginer que pour un jeune ce soit inconcevable. Sa révolte prime, il n’y voit que de l’injustice. Être entouré des proches que l’on aime, qui ont toujours été présents, est considéré comme normal, devient même constitutif d’une forme d’invincibilité. La survenue soudaine de la mort est une brutalité qui échappe à l’entendement.

- Tu tiendras le coup, ma chérie?

- Tant que j’avais à faire, ça allait, mais maintenant je coule… Cela fait du bien que vous soyez là. Vous voulez la voir? Elle est sur son lit. On dirait qu’elle dort.

Juliette a pris Diane par la main. Dans la chambre à la tapisserie passée, la lampe de chevet éclaire d’une douce lumière le visage de madame Régnier. Sa robe fleurit le dessus-de-lit en satinette verte. Il ne fait aucun doute qu’elle était une grand-mère dynamique, gaie et attentive !

Pauline garde pour elle ses réflexions. Outre ces qualités, il lui avait certainement fallu beaucoup de générosité pour élever seule une petite-fille aussi inattendue.

Elle se tient en retrait, assaillie par ses pensées et les souvenirs qui se rattachent aux circonstances ayant mené à cette situation peu commune. Elle qui n’aurait confié l’éducation de ses enfants à personne imagine que Florence n’avait pas le choix. Se retrouver enceinte à dixhuit ans alors qu’on n’a pas de famille et qu’on projette de devenir comédienne, quel coup dur ! Sans aide, un tel avenir aurait été impossible. Du reste, la notoriété gagnée sur les planches a prouvé que l’actrice en herbe d’alors avait eu raison de s’accrocher à son rêve.

Sa fille a ainsi grandi dans un paisible quartier de Montigny-lès-Metz, menant hier encore, une vie tout ce qu'il y a de paisible et bien réglé dans la maison du quartier des Friches.

Sauf que quelques heures ont suffi pour que l’harmonie soit rompue.

- Et dire qu’elle n’avait personne auprès d’elle. Je n’étais même pas là ! Pas une seconde je n’avais eu le moindre doute concernant sa santé ! Je m’en veux de n’avoir pas su faire attention à elle. Et même ce matin j’ai tout enchaîné à la va-vite et je l’ai embrassée au vol. Je ne me suis même pas retournée pour lui faire signe comme je l'avais si longtemps fait pour lui faire plaisir. J’étais agacée qu’elle continue à me considérer comme une gamine.

Maintenant, je me trouve tellement nulle ! J’aimerais lui parler. J’ai tant de choses à lui dire. Vous croyez qu’elle peut m’entendre? Avant votre arrivée, quand j’étais seule avec elle, j’avais l’impression qu’elle m’écoutait. J’en arrivais même à croire qu’elle allait me répondre…

- Certaines personnes prétendent avoir vécu cela, en particulier durant la période que tu traverses, celle où l’âme de la personne n’aurait, disent-ils, pas encore quitté le monde des vivants. Dis-toi que pour ta grand-mère aussi le départ a été précipité. Elle aurait certainement voulu avoir le temps de te confier à quel point tu comptais pour elle et combien elle t’aimait. Je suis sûre qu’elle est proche de toi. Elle semble si attentive…

Pauline a ouvert ses bras tout en parlant et berce doucement la jeune fille jusqu’à ce qu'elle relève la tête.

- C’est mieux avec la petite lampe allumée, non? La voisine voulait des bougies, mais je n’ai pas cédé, ça faisait trop glauque. Là on dirait que Mamina s’est juste endormie. Demain, Flo sera là pour l’arrivée des Pompes Funèbres. Ils sont passés pour les soins de conservation permettant de la garder pour une veillée à domicile. Mamina avait tout prévu, vous savez et je dois reconnaître que cela m’a facilité les choses, je n’ai eu qu’à appeler le numéro qu’elle avait noté à cette intention. Elle avait trouvé amusant de faire son choix et m’avait décrété que cela relevait de sa responsabilité et de sa décision. Elle avait de ces idées, parfois !

- Et son fils? As-tu réussi à le prévenir? Savais-tu où il naviguait?

- J’ai envoyé un télégramme. Son bateau était au large d’Oman. J’espère qu’il aura pu être débarqué et prendre un avion. Quelle drôle de famille nous allons faire ! Un père que je n’ai vu qu’une fois, une mère qui ne m’a pas élevée et moi, la fille de personne puisque celle qui était la mienne est morte !

- Ta grand-mère ne voudrait pas que tu parles ainsi, gronde doucement Pauline. Les adultes ont leurs secrets. Si on savait tout peut-être comprendrait-on. En tout cas, tu peux compter sur nous. Nous veillerons cette nuit et ne te quitterons que lorsque Florence sera là.

- Et pour commencer, je m’occupe de toi, annonce Diane ! C’est comme si Mamina me l’avait demandé, aucune objection n’est acceptée ! Je te fais couler un bain, nous grignoterons un petit quelque chose puis tu iras dormir un peu.

Juliette avait abdiqué sans résistance. Depuis que la directrice de l’Institut l’avait fait appeler en urgence dans son bureau, son univers avait viré au cauchemar. Assumer le choc puis les premières démarches dans une si grande solitude l’avaient glacée. Elle claquait des dents en se couchant. Diane lui avait assuré que c’était normal, avait rajouté un édredon et laissé la porte entrebâillée. Les voix qui lui parvenaient par bribes, feutraient la nuit. Dans la chambre contiguë, Mamina reposait. Ce sommeil-là serait sans fin.

Il allait falloir vivre seule.

Face à Flo et Alain.

2. BOULEVERSEMENTS

- C’est la place de Mamina !

A son réveil, Juliette avait trouvé Flo dans la cuisine. Elle avait dû prendre la route de suite pour avoir été là si vite. Devant la maison, son cabriolet décapotable accrochait le regard. Sa valise n’avait pas bougé de l’entrée, mais son parfum flottait déjà dans le salon. Élégante, parfaite dans le rôle de la mère attentionnée, elle s’affairait. La cafetière italienne sifflait, une coupole mousseuse gonflait la casserole de lait, les tranches sautaient dans le grille-pain, deux bols lisérés de bleu trônaient sur la table. Sans un geste vers sa mère, Juliette se dirigea vers la place face à la fenêtre, saisit l’un d'eux pour le déplacer au centre du petit côté, comme l’autre.

Flo s’était excusée. Elle était fatiguée, elle avait de la peine et se posait mille questions. Elle imaginait le désarroi de sa fille, appréhendait sa propre inexpérience. Sa vie de comédienne était si particulière, tellement aux antipodes de celle dans laquelle évoluait Juliette ! Depuis le jour où elle avait accepté que le bébé qu’elle portait soit élevé par la mère d’Alain, elle s’était effacée. Pleine de reconnaissance, elle s’était consacrée à ses cours, à ses premiers rôles. Les années passant, elle avait réalisé que le scénario devenait irréversible, qu’il serait difficile de le retoucher. Mamina se chargeait de tout, élevait sa petite-fille comme sa propre fille. La jeune femme s’était alors étourdie de travail. Son nom s’était imprimé de plus en plus grand sur les affiches. Son enfant avait grandi, était devenue une adolescente intransigeante, une jeune fille déterminée.

Une plage s’était cependant toujours insérée à la jonction de leurs univers, un temps commun préservé, celui des vacances. Quels que soient ses engagements, l’actrice avait toujours imposé la présence de sa fille. Elle l’avait emmenée sur des lieux de prises de vues comme dans ses tournées, un peu partout en France, certaines fois à l’étranger. Il y avait toujours du mouvement autour d’elles, pas un temps mort. Elles ne discutaient guère, mais elles s’amusaient beaucoup. Juliette faisait partie de l’équipe, jouait la répétitrice ou aidait la maquilleuse. C’était un tourbillon qui les laissait étourdies, une fois l’heure de la séparation venue.

Ce matin, le petit-déjeuner prenait des allures d’affrontement. Florence ne voulut pas laisser paraître son tourment et se servit de café. S’il fallait mener démarches et hostilité de sa fille sans avoir le droit de partager sa tristesse, il était nécessaire de reprendre des forces.