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Préfacé par le Dr Xaver Pommereau spécialiste de l'adolescence en difficulté. Dans un langage simple et accessible, nourri de nombreux exemples et recommandations, Emmanuelle Mercier traite ici sans tabou de toutes les problématiques liées à l'adolescence et à son flot de transformations : confiance en soi, famille, amitié, scolarité, socialisation, harcèlement scolaire, suicide, deuil, amour et sexualité, conduite à risque. Parce que les maux vont souvent mieux Avec des mots, un petit livre mieux-être pour tous les ados... et leurs parents !
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Seitenzahl: 188
Veröffentlichungsjahr: 2022
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REFACE DU
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OMMEREAU
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PROPOS
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NTRODUCTION
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ONFIANCE EN SOI
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AMILLE
1. L
ES DIFFICULTES FAMILIALES
2. L
ES TRANSFORMATIONS FAMILIALES
3. L
ES FRERES ET SOEURS
4. L
A VIOLENCE INTRAFAMILIALE
L’A
MITIE
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COLARITE
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ADOLESCENCE
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A RELATION AMOUREUSE
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3. L
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ADOLESCENCE
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ADRESSER
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ROITS SPECIFIQUES DES ADOLESCENTS
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EINES ENCOURUES EN CAS DE HARCELEMENT SCOLAIRE
Les mots peuvent faire mal, et parfois même condamner. Il y en a aussi qui, à force de piques, peuvent conduire un jeune harcelé à commettre l’irréparable. Mais il y a heureusement des mots qui aident et qui sauvent. Ce sont ceux-là que le jeune lecteur trouvera ici, grâce au talent d’écriture et à l’expérience clinique d’Emmanuelle Mercier – soignante de l’âme et combattante de première ligne. Avec des mots justes et fluides, elle s’adresse directement au jeune lecteur, l’encourage à recourir à la parole pour se faire comprendre et aider, l’entraîne à savoir dialoguer pour sortir de son mal-être, lui montre que dire les choses au plus près de ce qu’il ressent l’épargne de faire, sinon de longs discours, du moins des passages à l’acte impulsifs. Chemin faisant, elle relève les obstacles et les difficultés pour « se dire » et « être compris », telle une véritable cartographe de la vie relationnelle. Elle en fait un relevé précis, donne de judicieux conseils pour y faire face et amener le jeune à donner du sens à son vécu, avec des mots tout autant qu’entre les mots – comme on dirait entre les lignes pour découvrir ce que sous-entend telle ou telle perception.
À l’aide d’explications claires et de vignettes cliniques particulièrement « parlantes », Emmanuelle explore les déterminants de la confiance en soi et les arcanes de la vie de famille sous tous ses aspects, avec ses ressources, ses crises et ses violences. Elle en vient naturellement ensuite à ce qu’aspire un jeune pour prendre ses distances et faire corps avec ses semblables, à savoir l’amitié entre pairs. L’auteure rappelle combien celle-ci peut être aidante, à condition de ne pas craindre de s’exprimer.
« S’autoriser à dire ce que l’on ressent permet de faire passer plus facilement le message à l’autre » souligne-t-elle – un propos qu’elle tient tout au long de son livre, insistant sur l’importance d’un vrai dialogue qui suppose d’être au moins deux pour échanger, donner la parole à l’autre, mais savoir aussi l’accueillir et l’accepter lorsqu’elle est bienveillante et animée de bonnes intentions. L’auteure montre combien le silence, le repli et l’évitement n’aident ni à sortir du mal-être ni à trouver sa place. Elle indique avec justesse que l’adaptation est une ressource à rechercher en soi.
S’agissant de la scolarité, elle reconnaît que « la vie au collège est loin d’être un long fleuve tranquille » et que la peur d’être jugé, dévalué, déconsidéré représente autant de remous qu’il faut savoir négocier. Quant au harcèlement scolaire, elle souligne qu’il ne doit jamais être tu, car il est foncièrement délétère. Pouvoir en parler lorsqu’on en est victime, mais également le révéler lorsqu’on en est le témoin, sont essentiels à la liberté de parole.
Elle invite le jeune lecteur à nommer ses émotions et, sans qu’il ait à s’exposer de manière exagérée, à mettre des mots sur ce qu’il éprouve et à les partager, dès lors qu’il se sent en confiance. Reste, bien sûr, à respecter sa pudeur concernant les mots de l’amour et ceux du sexe qui appartiennent à son intimité et qui nécessitent du temps et de l’expérience pour être prononcés sans gêne et sans détour.
La souffrance morale, lorsqu’elle est trop forte, amène souvent le jeune à vouloir la faire cesser au plus vite, à l’aide de tous les expédients dont il dispose. La tentation de recourir aux conduites à risque pour se couper du mal-être est alors très présente. Nous devons l’en dissuader en lui révélant qu’elle n’entraînerait qu’un apaisement fugace l’obligeant à répéter et à aggraver ses comportements pour se soulager, tout en mettant sa vie en danger. L’ultime et terrible fuite suicidaire ne fait d’ailleurs pas exception à la règle, lorsqu’elle prétend se défaire de cette vie-là dans l’espoir secret d’une autre vie, alors qu’elle ne fait que transférer le mistigri existentiel à ceux qui restent, en occupant à jamais leur mémoire grâce à un redoutable poison : la culpabilité.
N’oublions pas cependant qu’à l’adolescence la verbalisation est une épreuve difficile et qu’à travers ses agissements, le jeune révèle de manière symbolique ses maux les plus secrets. À nous, soignants de l’âme, de l’amener à distinguer les soubassements de sa souffrance et à savoir l’exprimer peu à peu en mots. Cette opération psychique lui permet de clarifier ses pensées, de mieux comprendre ses ressentis et d’envisager des voies de résolution favorables.
Il lui faut parler sa détresse, la faire reconnaître et, pour cela, accepter de l’exprimer dans l’un des champs les plus riches de l’esprit humain, celui du langage. À l’heure où la crise sanitaire de la covid nous oblige à sortir masqués et à nous taire dans les transports en commun, gardons en tête qu’en présentiel ou en distanciel, ce sont encore nos échanges et nos partages qui nous permettront d’aller de l’avant et de dépasser la crise. « Avec des mots, tout peut changer » conclut à juste titre Emmanuelle Mercier.
Bordeaux, le 24 janvier 2021,
Dr Xavier PommereauPsychiatre, Chef du Pôle aquitain de l'adolescent au CHU de Bordeaux
Je t’écris dans l’espoir de te prodiguer un peu d’éclairage dans ce que tu vis. Au travers de ma pratique professionnelle, je rencontre des ados comme toi, qui s’autorisent à me livrer leurs états d’âme. Je suis un témoin privilégié de leurs questionnements, de leurs souffrances. Force est de constater que beaucoup d’inquiétudes se rejoignent. Je me dis alors que ces quelques pages permettront, peut-être, d’encourager certains d’entre vous à se confier.
Afin d’étayer mes propos, je vais retranscrire quelques moments de vie rapportés par mes patients, et que j’intitule « confidences ». Leurs histoires te parleront peut-être. Pour des raisons de confidentialité et de respect de l’anonymat, leurs noms sont changés.
Je te souhaite bonne lecture.
Emmanuelle Mercier, Infirmière en service de pédopsychiatrie
Qu’est-ce que l’adolescence ?
Du latin adolescere qui signifie « grandir ». La réponse la plus communément donnée est : « la période qui se situe entre l’enfance et l’âge adulte ». Que s’opère-t-il vraiment durant cette période ?
C’est probablement la période de la vie qui nous confronte au plus grand nombre de changements. Cette période est souvent déroutante, car elle est aussi très rapide. Les changements physiques peuvent te faire douter du reflet que tu observes dans le miroir. Parfois, en seulement quelques mois, tu peux prendre plusieurs centimètres. Les filles voient la taille de leurs bonnets de soutien-gorge augmenter à vue d’œil, il y a aussi l’apparition des règles qui signe souvent la fin de l’enfance. Les garçons doivent dompter leur nouvelle voix et vivent leur première éjaculation qui signe, pour eux aussi, l’arrivée d’une nouvelle ère. Les bouleversements hormonaux entraînent la pilosité et l’apparition de l’acné, véritable cauchemar de l’ado.
Comment bien vivre cette période ?
On ne se connaît pas encore et le corps qu’on habite n’a de cesse de se modifier. Pour les adultes, ces transformations sont normales, elles sont même attendues. C’est un passage obligé pour devenir un adulte. Certains se souviennent bien de cette période, d’autres préfèrent ne plus trop y repenser. Ils semblent ne pas toujours prendre toute la mesure de l’impact de ces changements sur leurs enfants. C’est bien d’ailleurs pour ça que les ados leur répondent souvent : « Tu comprends rien. »
En effet, tu as parfois du mal à te reconnaître. Ton corps peut te paraître étranger, alors comment pourraient-ils comprendre quand, toi-même, tu te sens perdu ?
Ce corps, même si tu as l’impression qu’il n’en fait qu’à sa tête, dis-toi que tu le maîtrises déjà bien mieux qu’il y a quelques années. Tu as livré bon nombre de batailles et tu t’es confronté à de vrais challenges. En effet, lorsque tu étais un tout petit enfant, tu as appris à gérer tes mouvements afin de parvenir à te lever sur tes jambes, marcher, monter les escaliers, manger seul, acquérir la propreté et tellement d’autres choses encore… Tu vois, finalement, ça n’est pas la première fois que tu apprends à gérer ton corps !
L’autre grande bataille à mener durant cette période est celle de la gestion de tes émotions. Pourquoi associe-t-on l’enfance à la pureté ? À mon sens, les émotions en sont en grande partie responsables. On dit souvent que l’enfant a le cœur pur : qu’est-ce que cela signifie vraiment ? J’imagine que c’est parce qu’il est en phase avec ce qu’il ressent, il n’a pas honte de dire ce qu’il perçoit en lui. S’il se blesse, il va se mettre à pleurer sans se poser de question ; s’il ressent l’envie de rire, eh bien ! il va rire aux éclats. Pourquoi ce qui semblait si facile avant devient impossible à présent ? L’enfant « au cœur pur » est sans doute l’être le plus heureux sur Terre, car il est ce qu’il ressent. En paix avec ses émotions, il ne se cache pas. Qu’est-ce qui te définit le mieux, si ce ne sont tes émotions ? Qu’est-ce qui fait que tu vas te diriger vers telle ou telle personne ? Qu’est-ce qui va déterminer tes choix, si ce ne sont là encore tes émotions ?
Qu’est-ce qui nous fait perdre cette vérité en grandissant ?
Ces quelques mots peuvent peut-être répondre à cette interrogation : « le regard de l’autre ». La honte est l’un des sentiments les plus ressentis durant la période que tu vis. La honte de tout et n’importe quoi, la peur d’être jugé en permanence par tes pairs te tiraille le ventre au point de te faire fuir tes propres émotions, voire de les nier. Tu portes un masque à longueur de journée jusqu’à oublier tes envies, tes désirs. Tu veux te conformer à ce que tu penses que les autres attendent de toi. T’imaginer pleurer devant les autres te paraît sûrement inconcevable alors qu’en maternelle, tu n’y réfléchissais pas. Était-ce le « bon vieux temps » ? La honte est un sentiment douloureux et surtout, la plupart du temps, injustifié. Pourquoi avoir honte de ressentir ce que tu ressens ? Maîtrises-tu cela ? En es-tu responsable ? Pourquoi avoir honte d’être amoureux ? Pourquoi avoir honte d’être aimé par tes parents ? L’idée même qu’ils puissent t’accompagner devant ton établissement scolaire te donne la nausée. Pourtant, est-ce honteux ? Tous les ados ressentent cela, et cependant, tous jugent les autres de ressentir cela. Quelle ironie, ne trouves-tu pas ?
Accepter de ressentir ce que l’on ressent est le début de la rencontre avec soi. On a souvent tellement peur des émotions, car on ne les maîtrise pas, qu’on cherche à les fuir en les enfouissant au plus profond de nous-même. C’est à ce moment-là qu’elles nous gouvernent, car elles nous submergent et on ne sait plus y faire face. Si tu n’extériorises jamais ta frustration ou ta colère, tôt ou tard elles te feront exploser et t’amèneront à dire ou faire des choses que tu ne souhaites pas. Je rencontre beaucoup de jeunes ayant recours à l’automutilation, cherchant un moyen de s’apaiser ou de se punir parfois, le principe étant de se faire mal pour ne plus avoir mal. Là encore, c’est un moyen de fuir l’émotion en la remplaçant par une douleur physique qui semble plus facile à maîtriser. D’autres vont se réfugier dans des substances permettant la fuite psychique, ou encore vont se noyer dans les jeux vidéo afin de ne plus centrer leur esprit sur leurs ressentis. La souffrance psychique est la confrontation à l’émotion douloureuse. Oublier pour fuir le ressenti, c’est se fuir soi-même. Dans l’émotion, il y a la vérité et c’est cette vérité qui parfois nous dérange, alors on tente de l’ignorer, mais elle nous rattrape toujours. Pendant ces tentatives d’oubli ou de fuite, le corps peut se mettre à parler : c’est ce que l’on appelle le « psychosomatique » (du grec psyché, l’esprit et soma, le corps).
Tu as très probablement déjà ressenti des douleurs à l’estomac, occasionnées par des situations stressantes comme un passage à l’oral ou un contrôle important. Parfois, il est plus difficile de faire le lien avec l’origine de tes manifestations corporelles. Je rencontre beaucoup de jeunes qui font des malaises à répétition, alors que les médecins ne décèlent aucune cause organique. Les jeunes, quant à eux, ne comprennent pas : « Je vais bien, y a rien qui cloche […], je ne vois pas… » Ce n’est qu’au bout de plusieurs entretiens qu’ils évoquent des problèmes auxquels ils sont confrontés.
Autorise-toi à dire ce que tu ressens ! C’est la clé du bien-être. Il faut choisir la personne avec laquelle tu te sens en confiance. Il faut savoir que, dans tous les départements de France, il y a une Maison Des Adolescents où tu peux être accueilli de manière anonyme et gratuite. Tu as aussi plusieurs numéros verts auxquels t’adresser (cf. Annexes).
Vaste conquête que celle de la confiance en soi ! Mais que signifie vraiment avoir confiance en soi ? Est-ce se sentir capable de tout, de ne jamais douter de nous ? J’entends souvent « Je n’ai pas confiance en moi », comme un aveu de faiblesse. Si l’on y réfléchit bien, comment avoir confiance à l’adolescence quand le soi est incertain ? Tu commences ta vie, la connaissance de ton être profond est donc bien limitée. Ton image se construit jour après jour, bataille après bataille.
Confidences
Lilou est en 4e, elle s’efforce d’augmenter ses résultats scolaires, bien que cela lui coûte quelques heures de prises de tête avec ses cahiers. Ses parents sont séparés depuis plusieurs années. Elle a une relation fusionnelle avec sa mère, mais les liens avec son père sont plus compliqués. Elle n’ose pas lui parler, car elle craint ses réactions un peu trop vives. Elle ne se sent pas comprise et elle appréhende même les week-ends où elle doit se rendre chez lui. Elle cultive un look plutôt masculin, les cheveux courts, des pantalons et de gros pulls dissimulant les stigmates de féminité. Elle dit souvent qu’elle n’a pas confiance en elle, et notamment en ses compétences scolaires. Elle se sent vite persécutée par les enseignants, alors elle se rebiffe et se rebelle en classe. Pour faire face, elle se crée un personnage qu’elle nomme « Lilou la fée » ! Elle fait rire ses amis en expliquant qu’elle rêve d’une vie de paillettes féeriques ! Elle se sent pousser des ailes lorsqu’elle revêt cette identité. Elle se met un masque en permanence en ne disant jamais ce qu’elle ressent et, si on lui fait des remarques, elle rigole pour donner l’impression de ne pas être touchée. Dans la cour de son collège, elle fait semblant de voler en prônant « Attention ! Voilà Lilou la fée ». Les rires de ses camarades envahissent alors tout l’espace. Ce personnage a pour but de la protéger du regard de l’autre. Recevoir des remarques sur son comportement lorsqu’elle fait l’idiote ne lui fait pas peur. Au contraire, cela l’amuse beaucoup. Elle sait que cette attitude peut provoquer des réactions vives de ses camarades, mais comme elle en est à l’origine, cela ne lui fait pas peur. Sa plus grande crainte est qu’on puisse la démasquer, c’est-à-dire dévoiler les failles qui se trouvent derrière ce personnage amusant.
Elle dit vouloir devenir dessinatrice et espère intégrer une école d’art après sa 3e. Elle me raconte les dessins qu’elle affectionne le plus, comme réaliser des visages ou encore des paysages.
Il lui est très difficile de parler véritablement d’elle. Lilou la fée revient à chaque fois durant nos discussions. Elle s’amuse et tente de tout dédramatiser, que ce soient ses résultats scolaires, les disputes avec ses amis ou encore la relation à son père.
Au fil des échanges, je vois une jeune fille en souffrance. Je la sens dans l’inquiétude constante de décevoir, de ne pas plaire si elle se montre authentique. Elle dit se sentir vulnérable lorsqu’elle doit enlever l’image qu’elle se crée. Elle se dévalorise beaucoup et se compare aux autres filles de sa classe. Elle se trouve nulle et pense n’être attrayante aux yeux des autres qu’en faisant l’imbécile. Finalement, personne ne la connaît vraiment. Lors de nos entretiens, je tente de l’amener vers la « vraie » Lilou. Je lui explique que cette Lilou-là me semble nettement plus intéressante, car elle est véritable, authentique. Lilou s’autorise alors à dévoiler un peu plus d’elle à chaque rencontre. Après quelques séances, elle avoue n’avoir aucun talent pour le dessin. Elle idolâtre sa mère, qui a une main d’artiste, et aimerait tant avoir son talent ! Elle se sent honteuse d’avoir menti à ce sujet, mais elle pense ne rien avoir de pertinent à dire sur elle. Ses failles l’empêchent de se voir avec objectivité. Elle semble voir tout ce qu’il y a de beau chez les gens qui l’entourent, aux dépens de ses propres compétences.
Elle entame un travail d’affirmation de soi avec envie, en cultivant sa propre personnalité au détriment de Lilou la fée. Elle demande à sa mère à changer d’établissement scolaire pour engager un nouveau départ. Il lui est difficile de se montrer telle qu’elle est à ses anciens camarades. Elle a des échanges plus sincères avec ses nouveaux amis. Elle ne craint plus de ne pas leur plaire. Elle accepte de ne pas être parfaite, après tout, qui l’est ? Elle voit sa moyenne augmenter à vue d’œil ! Se sentant mieux, elle cultive sa propre passion qu’est le chant en s’inscrivant dans la chorale du collège.
Se montrer tel que l’on est s’avère difficile, car cela nous expose cruellement. On met en quelque sorte son cœur à nu, en le privant de toute protection. Malgré tout, c’est dans cette prise de risque que naissent les plus incroyables amitiés. Il n’est pas évident de se revendiquer. On est plein de complexes et on se persuade que tout le monde a les yeux braqués sur eux. On ne voit que nos failles en s’empêchant de constater nos forces. Mentir sur soi pour compenser notre image négative accroît notre manque de confiance en nous de manière exponentielle. Cela ne fait que nous ramener à ce que l’on n’est pas et que l’on désespère d’être. On est un tout ! La confiance en soi débute par ce constat ! Admettre que l’on n’est pas parfait, mais que l’on peut s’améliorer. La confiance en soi ne peut s’amorcer qu’après un travail de connaissance de soi. Parvenir à mieux se connaître ne peut se faire qu’au détour de plusieurs expériences de vie. On peut s’imaginer incapable de faire ceci ou cela, alors qu’une fois devant les faits, on se surprend et inversement.
Tu ne peux étoffer ta confiance en toi qu’après t’être fixé des objectifs et t’être donné des moyens de les approcher. À chaque bataille gagnée, tu vois ta confiance en toi augmenter. Cette conquête se fait tout au long de la vie. C’est un travail au long cours : alors, pas de pression, tu as le temps de devenir celui ou celle que tu espères tant !
La famille est définie comme une communauté de personnes réunies par des liens de parenté. Ces dernières années, la famille s’est vue subir bon nombre de modifications. Auparavant, les divorces étaient rares et mal vus par la société. Les femmes devaient prioriser leurs vies de mère à leurs ambitions personnelles…
Tu vis dans une période sociétale où s’opèrent des remaniements familiaux importants. Tu as peut-être vécu la séparation de tes parents, ou tu as été témoin de celle des parents de tes amis… La famille est la première communauté dans laquelle on doit apprendre à vivre, avec ses règles, ses valeurs, ses interdits… L’exemple que te donnent tes parents ou tuteurs légaux est celui qui peut marquer ton idée de la vie d’adulte.
Cela peut te faire te projeter dans un avenir qui te paraît serein, car les valeurs qu’ils te transmettent sont en adéquation avec ce que tu souhaites pour toi. Cela, c’est pour les plus chanceux d’entre vous, car les parents ou tuteurs sont alors les guides que vous faites le choix de suivre sans trop de difficultés. Cela ne veut pas dire que vous êtes toujours d’accord avec eux, mais que vous comprenez le sens de leur mode de vie et de l’éducation qu’ils souhaitent vous transmettre. Parfois, tu peux te sentir frustré, car tu ne te sens pas compris dans certaines de tes attentes. Par exemple, sur des horaires à respecter pour leur confier ton téléphone portable, mais au fond de toi, tu as intégré cette injonction et tu peux dire : « Je sais que c’est pour mon bien ».
Là où les choses peuvent se compliquer, c’est lorsque le climat familial est très détérioré et que la parole de chacun n’est pas entendue. Tu as peut-être été très déçu par le comportement ou les choix de tes parents ou tuteurs légaux. Dans ce cas-là, il t’est difficile de leur faire confiance et tu mets en doute leur parole. La projection d’avenir qu’ils te renvoient ne t’enchante guère : « Je veux pas être comme eux ! » Ou encore cela sème de fortes inquiétudes en toi : « J’ai peur d’être comme eux ou de faire comme eux ». Dans ces différents types de situations, la notion d’exemple est importante. Un exemple, c’est (selon le dictionnaire Larousse) [une] personne, [un] acte considéré comme un modèle servant de référence à une conduite.
