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Vous avez des économies et souhaitez les faire fructifier, mais n’avez aucune idée du fonctionnement de la Bourse ? Vous vous rendez compte que l’inflation grapille votre épargne mais ne savez pas comment réagir ? Grâce à Bien débuter en Bourse, investissez en toute autonomie !
Dans ce guide pratique, Grégory Guilmin vous accompagne pour explorer et comprendre le marché boursier. Grâce à une approche originale et pédagogique, il vous permettra de découvrir les principaux instruments financiers et les principes d’investissement pour débuter et réussir en Bourse. Passionné par le sujet et fort de son expérience de dix années dans le domaine, l’auteur vous livre son parcours, ses erreurs et ses succès en les illustrant de multiples exemples. Avec deux bonus exceptionnels, il vous partagera en toute transparence son portefeuille et vous aidera à naviguer sur des plateformes d’investissement. Vous aurez ainsi les clés pour devenir autonome dans la gestion de votre patrimoine, en développant votre esprit critique et votre bon sens.
Le guide pour prendre soin de ses économies et devenir autonome dans la gestion de son patrimoine !
CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
" Bien débuter en Bourse est une excellente introduction au monde du placement." - Étienne de Callataÿ, économiste
À PROPOS DE L'AUTEUR
Grégory Guilmin est diplômé en ingénierie de gestion et docteur en finance. Passionné par les marchés financiers, il donne des formations en Bourse et a créé en 2020 la plateforme La Bourse : Make it Easy pour partager ses connaissances et transmettre ses compétences au plus grand nombre.
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Seitenzahl: 277
Veröffentlichungsjahr: 2022
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Bien débuter en bourse
Grégory Guilmin
Préface d’Etienne de Callataÿ
Bien débuter en bourse
Prenez soin de vos économies en toute autonomie
À mes merveilleux enfants, Gaspard et Harold, et à Charlotte, ma tendre épouse.
« The only way to avoid mistakes is not to invest, which is the biggest mistake of all1. »
Sir John Templeton
1. Templeton (J.), 16 Rules for Investment Success, Franklin Distributors, 2021, p. 10. En ligne : https://bit.ly/3ygNIen
« Ne parle pas d’argent. »L’injonction d’Euripide semble limpide, et, en effet, il est multitude d’autres sujets plus importants et plus intéressants à traiter dans une conversation en famille ou entre amis. Et l’on préciserait même que cette règle de vie ne s’applique pastant à celui qui a peu d’argent, et légitimement fait part de ses difficultés matérielles, qu’à celui qui en dispose, et qui en ferait ainsi étalage. L’ostentation est à blâmer !
Mais ne pas parler d’argent est aussi problématique. N’est-ce pas non plus, faute d’échanges et de débats, se condamner à l’ignorance des choses de la finance ? Et, en en faisant un tabou, n’est-ce pas faire de l’argent un sujet « sale », avilissant, conflictuel, corrosif et culpabilisant ? La condamnation de l’argent est une longue histoire, qui va des deniers de Judas au succès de la phrase de François Hollande,« Mon véritable adversaire, c’est le monde de la finance2 ». C’est aussi la formule d’Agatha Christie, « Ah, l’argent ! Qu’on en ait ou qu’on en manque, c’est toujours lui la cause du mal3 », une formule seulement tempérée par Jean d’Ormesson, « Le mal naît avec la pensée. Il prospère avec l’argent4 ».
Puisque l’argent ne peut être un sujet de conversation, comment se familiariser avec le monde de l’épargne et de l’investissement ? La réponse est simple : par la lecture. Et avec l’ouvrage que propose Grégory Guilmin, Bien débuter en Bourse, vous tenez entre les mains, que ce soit sous forme de livre ou avec une liseuse, une excellente introduction au monde du placement, en particulier en actions et en fonds d’investissement.
Là où les manuels d’initiation sont usuellement froids et impersonnels et d’un abord complexe par leur volonté de couvrir l’ensemble du champ des placements financiers, l’approche de Grégory Guilmin est doublement originale. D’abord, loin de tout académisme, mais néanmoins fort d’une solide formation universitaire, l’auteur parle non de placements mais de ses placements, ce qui établit instantanément une grande proximité, voire une intimité, avec le lecteur. Grégory Guilmin communique la valeur de son patrimoine, indique comment il est investi et surtout parle avec une totale transparence de ses erreurs en matière de placements. Voilà qui est salutaire et qui suscite la confiance. Le bon gestionnaire n’est pas celui qui ne se trompe pas, c’est celui qui se trompe moins souvent. Et reconnaître ses erreurs est le premier gage que l’on cherchera à en tirer les leçons !
Grégory Guilmin est également original par le traitement qu’il réserve à cette matière souvent présentée de manière rébarbative. Il ose un langage simple, sans jargon ni formule financière, se distinguant de ceux qui cherchent bêtement à impressionner leurslecteurs en utilisant un langage compliqué, mâtiné de termes anglo-saxons. Sans pour autant l’infantiliser, notre auteur se met à la hauteur du lecteur, non seulement en parlant de lui-même et en utilisant les mots de tous les jours mais aussi en montrant qu’il a lui aussi cheminé sur les voies de la connaissance en matière financière, en multipliant les exemples, en présentant des comparaisons parlantes. Et loin d’y voir un manquement, saluons que Grégory Guilmin se montre sélectif pour s’assurer que la lecture demeure digeste, là où d’aucuns se croient obligés de faire montre d’une compétence exhaustive, alors que celle-ci est évidemment illusoire.
Le monde de la finance devrait être une école de modestie, vu que toujours se produit quelque chose qui n’a pas été anticipé ou compris, aussi parce que les développements sur les marchés financiers ne suivent pas des règles physiques mais sont tributaires des réactions des individus. C’est le fameux « concours de beauté5 » de Keynes où gagne non pas celui qui a le meilleur jugement mais celui qui est le meilleur pour savoir comment les autres se comporteront, résultat qui relève de la science et de la chance dans des proportions variables. Dans la durée, la finance récompense l’honnêteté intellectuelle, qui affiche les limites de son expertise, mais trop d’acteurs sur les marchés préfèrent faire croire à leur omniscience. Pourtant, ils ne sont qu’une infime minorité, les investisseurs, que ce soit en immobilier ou en valeurs mobilières, qui calculent correctement le rendement effectif obtenu sur leurs placements et qui le comparent à celui qui aurait été dégagé sur des placements alternatifs de même niveau de risque.
Un rêve pourrait être que ce livre d’initiation à la Bourse n’ait pas de raison d’être car l’investisseur n’aurait pas à s’initier, pouvant s’en remettre en confiance à un conseiller patrimonial de qualité. Et en cette matière comme pour tout professionnel, la qualité c’est à la fois une question de compétence et d’éthique. La compétence, c’est connaître les actifs dans lesquels le patrimoine pourrait être investi, c’est veiller à la diversification, c’est maîtriser les corrélations entre les actifs dans lesquels le patrimoine est placé, c’est mesurer et contrôler le risque, c’est offrir un reporting détaillé et en même temps intelligible. L’éthique, c’est respecter le profil de risque du client, n’investir que dans des actifs qu’il comprend et, point sensible, avoir une rémunération en tant que gestionnaire à la fois tempérée, transparente et alignée avec les intérêts du client. Comme l’indique clairement Grégory Guilmin, malheureusement, cela est loin d’être toujours le cas. Dès lors, faute de pouvoir s’en remettre pleinement et en toute sérénité à un tiers, voici l’investisseur contraint de se former pour savoir au minimum comment s’informer. Quelles questions poser à son gestionnaire ?Quels paramètres scruter avec un intérêt particulier ? Grégory Guilmin offre ici une réponse particulièrement utile, qui, en leur mettant en face des clients plus au fait des marchés, tire l’offre de gestion vers le haut.
Que doit faire l’investisseur ? Premièrement, il doit acquérir un minimum de compétence. C’est pourquoi la lecture de Bien débuter en Bourse peut se montrer précieuse. Ensuite, il doit ruminer le socratique « Connais-toi toi-même ». Dans une section particulièrement stimulante, Grégory Guilmin passe en revue les biais de comportement des investisseurs, des biais qui affectent le novice mais aussi, et parfois davantage encore, l’investisseur expérimenté et le professionnel. Qu’on aimerait que ceux qui « ne sont pas habités par le doute », et ils sont nombreux dans ce secteur où l’arrogance se rencontre, se regardent dans le miroir ! Troisième étape, devenir un « consomm’acteur », à savoir être un consommateur, ici de services de gestion patrimoniale, par exemple au travers de l’investissement dans des SICAV, qui ne se contente pas de consommer ce qu’il a consommé hier. Cela peut exiger un travail de deuil, cela peut demander de devoir s’acquitter de frais de transaction et de taxes boursières, mais tout investisseur doit jeter un œil critique sur son portefeuille et activement se demander si d’autres SICAV et d’autres gestionnaires ne feraient pas mieux pour moins cher sans prendre plus de risque. Partout, l’inertie du consommateur est grande, mais en particulier en matière de placements. Pourtant, l’enjeu est d’importance. D’une SICAV à l’autre, ce sera facilement 1 % à 2 % d’écart de performances net de frais, année après année, entre le bon gestionnaire et le gestionnaire moyen. Pour 100 000 euros, cela fait de 1 000 euros à 2 000 euros par an, net d’impôt. C’est dire si cela vaut la peine !
Souvent, des clients qui ont de bonnes raisons d’être insatisfaits de leur gestionnaire se consolent en se disant qu’après une mauvaisepasse, celui-ci va surperformer car,« dans ladurée, ils se valent tous ». Non, il n’y a rien de plus faux ! Tous les gestionnaires sont très loin de s’équivaloir, ni à court terme ni dans la durée ! Et, corollaire, il ne saurait être satisfaisant de composer un portefeuille simplement en multipliant les gestionnaires.
Que ce soit parce qu’il en va de son intérêt patrimonial personnel ou pour améliorer le monde de la finance, la voie est tracée : lisez Bien débuter en Bourse et passez à… l’action !
Étienne de Callataÿ6 Économiste, cofondateur de Orcadia AM Chargé de cours à l’UCLouvain et à l’UNamur
2. Slogan de campagne électorale (élection présidentielle, 2012) prononcé par François Hollande.
3. Christie (A.) (1926), Le meurtre de Roger Ackroyd, Paris, Éditions du Masque, 2013.
4. D’Ormesson (J.), Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit, Paris, Robert Laffont, 2013.
5. Keynes (J. M.) (1936), Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, Paris, Payot, 1942, chapitre 12.
La Bourse* 7, un mot qui ne laisse personne indifférent. Je me souviens de cette formation que j’ai donnée en avril 2019 à vingt-cinq traducteurs et interprètes. Je leur ai demandé : « Que signifie pour vous la Bourse ? » Voici quelques mots que j’ai entendus : « opaque », « risquée », « floue », « casino », « perte d’argent » ou encore « voleur ». Et pour vous ?
Pour ma part, la première fois que j’ai entendu parler de la Bourse, c’était le mardi 16 septembre 2008. Je venais de rentrer en deuxième année de bachelier à l’université de Namur, en Belgique. Pendant près de deux heures, le professeur Charles Van Wymeersch, qui donnait le cours de comptabilité, nous a expliqué ce qui se passait à ce moment-là. Lehman Brothers, une des plus grandes et anciennes banques d’investissement du monde, avait fait faillite le 15 septembre 2008. Cette faillite a par la suite paralysé le système financier dans son entièreté et généré une crise de confiance. Les conséquences pour l’économie ont été désastreuses : hausse du chômage, croissance négative et augmentation importante de l’endettement. J’ai vu des personnes autour de moi perdre beaucoup d’argent après avoir investi dans des actions* de banques. Il n’a pas fallu attendre longtemps après la faillite de Lehman Brothers pour que de nouvelles craintes apparaissent dans la zone euro. En effet, de nombreux États ont recapitalisé des acteurs financiers majeurs, comme le groupe d’assurances AIG aux États-Unis, Dexia et Fortis en Belgique, ou UBS en Suisse. Ces recapitalisations combinées aux plans de relance nationaux post-2008 ont entraîné une augmentation significative des déficits pour la majorité des États, dont la Grèce qui avait également falsifié ses comptes publics. Cela a remis en cause la soutenabilité de la dette grecque et ces craintes se sont propagées à d’autres pays, comme l’Irlande, le Portugal, l’Espagne ou l’Italie. À ce moment-là, je dois admettre que je ne comprenais pas du tout les enjeux, mais le contexte dans lequel j’ai obtenu mon master en ingénieur de gestion à l’université de Namur (programme similaire à celui d’une école de commerce) m’a fortement marqué.
En septembre 2012, cinq années après avoir commencé mes études universitaires, je souhaitais mieux comprendre les marchés financiers* et c’est la raison pour laquelle j’ai décidé d’entreprendre une thèse de doctorat, financée par Ageas. Deux jours par semaine, je travaillais dans le département de la gestion des risques financiers de l’assureur belge et trois jours par semaine (ainsi que le week-end), j’avançais sur mes recherches doctorales.
Une grande partie de ma thèse de doctorat8 était consacrée à la contagion du système financier sur l’économie réelle. Que signifie le terme « contagion » ? Avec un système financier de plus en plus interconnecté et des économies de plus en plus dépendantes du système financier, nous avons observé qu’une instabilité financière pouvait impacter le fonctionnement général du système financier et menacer la croissance économique et le bien-être social. Pourquoi ? Car la transmission d’un choc financier peut se faire via des canaux de transmission, comme le canal du crédit*. La figure 1, ci-après, illustre l’impact d’un système financier en stress sur l’économie réelle via le canal du crédit. Généralement, les banques peuvent avoir deux attitudes :
1. Au vu de l’incertitude importante, elles diminuent les prêts aux sociétés et aux ménages car elles ont peur de ne pas être remboursées. Dès lors, les sociétés et les ménages diminuent respectivement leur investissement et leur consommation, ce qui affaiblit l’économie réelle ;
2. À cause de la fragilité du système, les banques peuvent également continuer à prêter à des entreprises et à des ménages mais à des taux plus élevés. Le plus souvent, les sociétés et les ménages ont donc tendance à moins emprunter, et donc moins investir et moins consommer. L’économie réelle s’en trouve alors affaiblie.
Figure 1. Canal du crédit.
Pendant les deux premières années de ma thèse de doctorat, j’ai commencé à investir en Bourse. Je lisais les articles de certains journaux économiques, et j’investissais dans les sociétés dont le cours boursier* perdait 30 %, 40 %, voire 50 %, au cours des derniers mois. Je me souviens que je ne voulais pas acheter des actions qui montaient car je les trouvais trop chères. C’était purement psychologique, puisque je ne procédais à aucune analyse détaillée des sociétés dans lesquelles j’investissais. D’ailleurs, je n’en ai jamais fait. Ma philosophie à l’époque était la suivante : « Trouve des actions qui baissent. Si elles baissent, elles remonteront un jour. »
J’ai commencé à investir en Bourse avec 2 000 euros, durant l’été 2013. Mon premier investissement a été dans l’action RWE, qui est un conglomérat allemand dans le secteur de l’énergie. Je n’ai regardé ni le bilan* ni le compte de résultat* de la société pour savoir si sa situation financière était saine. Je n’ai pas étudié le secteur de l’énergie pour savoir si c’était la meilleure société du secteur énergétique. Je n’ai pas analysé la gouvernance de la société, la stratégie de recherche et développement, ni la stratégie de long terme mise en place par la société. En somme, j’ai acheté cette action à la suite de la lecture d’un article paru dans un journal économique, en songeant que, comme l’action tournait aux alentours de 21 euros, elle remonterait d’office à ses plus hauts historiques de 2007 (près de 100 euros). J’ai donc acheté soixante-dix actions RWE à 20,72 euros, le 1er août 2013. À peine un mois plus tard, craignant que l’action RWE ne continue sa baisse, je revendais le tout avec 0,53 % de bénéfice. Comme vous pouvez le constater, je n’avais aucune stratégie d’investissement. En effet, acheter une action et la revendre un mois après n’a aucun sens.
J’ai également acheté l’action Nyrstar, une entreprise mondiale spécialisée dans le zinc, sur les conseils du banquier* d’un ami et je l’ai revendue quelques semaines après avec près de 17 euros de bénéfice. Quelques années plus tard, en 2019, cette société était au bord de la faillite et a été rachetée par son concurrent, Trafigura. Faire des bénéfices avec une société qui allait tomber en faillite… je pensais être doué pour choisir les bonnes actions.
Et puis, il y a eu l’action ThromboGenics, qui s’appelle aujourd’hui Oxurion. Cette société belge développe des traitements ophtalmologiques, notamment pour les patients diabétiques subissant une perte de la vision. En octobre 2013, j’ai acheté cette action à 20 euros. J’ai décidé de la revendre en mars 2014, avec 2,30 % de bénéfice. Retrouvant confiance en moi et étant convaincu du potentiel de cette société, tout comme certains analystes financiers qui voyaient son cours de Bourse monter à 50 euros, j’ai décidé de réinvestir 1 000 euros uniquement dans cette société. C’était le 14 mars 2014 que je jouais le tout pour le tout (erreur n° 1). Son cours de Bourse était alors à 19,60 euros. Exactement un mois plus tard, j’ai revendu l’action avec 110 euros de bénéfice. Je me suis senti poussé des ailes et j’ai réinvesti le 2 juin 2014, voyant que son cours boursier était descendu à 17,85 euros. Étant tombé amoureux de cette action, j’ai conseillé à mes parents et à un très bon ami d’investir également (erreur n° 2). J’ai même investi pour mon épouse dans cette société (erreur n° 3). Quelques jours après, la société publiait ses résultats annuels et faisait un avertissement sur résultat*. En d’autres termes, elle prévenait que les résultats ne seraient pas aussi bons que ceux espérés. C’était une catastrophe pour la société : l’action a perdu 32 % de sa valeur en Bourse en une seule journée. Voici ce que j’ai écrit à cet instant dans mon cahier de suivi des investissements :« L’action ThromboGenics vient de perdre 32 % en une seule journée, il s’agit maintenant de détenir cette position à long terme afin de récupérer la perte. » J’ai décidé de racheter dans la baisse (erreur n° 4) et l’action continua de baisser (voir figure 2). Début juillet de la même année, l’action passait sous la barre des 10 euros. Je perdais déjà près de 45 %, en quatre semaines. Psychologiquement, c’était très difficile car plusieurs centaines d’euros s’étaient volatilisées. Cependant, je restais confiant et j’attendais une remontée. Ou plutôt, j’essayais de m’en convaincre (erreur n° 5). Mais la baisse continua. En avril 2015, l’action passa sous les 5 euros. Que devais-je faire : continuer d’attendre et d’espérer ou saisir mon courage à deux mains et acter une perte ?C’était une décision émotionnellement très compliquée à prendre. Donc, je n’ai rien décidé pendant quelques mois (erreur n° 6). Je ne regardais même plus mon portefeuille. Et puis, à la fin de mon doctorat, j’ai décidé de partir sur de nouvelles bases : le 15 septembre 2015, je vendais toutes mes actions ThromboGenics à 3,5 euros. Résultat des courses : –80 % par rapport à mon investissement initial.
Au total, entre août 2013 et septembre 2015, j’ai acheté unepetite quinzaine d’actions. J’ai commis quatre erreurs qui m’ont fait perdre près de 1 200 euros, sur les 2 000 euros initialement placés :
1. J’ai investi en étant guidé par mes émotions, sans aucune stratégie d’investissement ;
2. Je n’ai pas étudié les sociétés dans lesquelles j’investissais. Une vraie analyse financière dure plusieurs mois et pas seulement quelques minutes ;
3. Je n’avais aucun fil conducteur dans mes investissements, aucune ligne directrice ;
4. Enfin, la moitié des actions achetées étaient des sociétés belges. La diversification géographique était donc insuffisante.
Figure 2. Cours de l’action Oxurion (ex-ThromboGenics) 2008-20219.
La perte importante que j’ai subie avec cette action aurait pu me dégoûter des investissements en Bourse. Mais, au contraire, elle m’a donné envie de mieux les comprendre. De plus, à cette période, la grand-mère de mon épouse m’a demandé de gérer son portefeuille. Elle ne voulait pas le confier à son banquier, à qui elle n’accordait malheureusement aucune confiance. Ne sachant pas comment l’aider, j’ai décidé de réaliser la dernière partie de ma thèse de doctorat sur la gestion de portefeuille*. Cette activité consiste à allouer des capitaux (en d’autres termes, à placer certaines sommes d’argent) parmi un large choix d’investissements possibles. J’ai énormément lu sur le sujet, aussi bien des articles académiques que des articles rédigés par des professionnels du monde financier. Et, pendant de longs mois, j’ai testé et expérimenté pour finir par développer ma propre stratégie d’investissement en créant un algorithme*. Au moment d’écrire ces lignes, plus de 20 % de mon patrimoine financier est toujours investi dans cette stratégie (voir la composition de mon portefeuille dans le bonus 1).
À la suite de mon doctorat, je continuais de porter ma double casquette : j’aidais des familles très fortunées au sein d’une société qui supervise leur patrimoine et coordonne les différents prestataires de services (gestionnaires de fortune*, experts-comptables, avocats, notaires…), tout en partageant les résultats de ma thèse de doctorat avec de nombreux professionnels du secteur financier intéressés par mon approche. Et, en décembre 2017, je créai mon premier fonds d’investissement* avec un associé et un gestionnaire de fortune.
Et puis, début 2020, la Covid-19 est arrivée. Le premier confinement, en mars, a été un vrai déclencheur pour moi. En effet, à ce moment-là, de nombreuses personnes me contactaient via les réseaux sociaux pour savoir comment réagir durant un krach boursier*. Les Bourses mondiales étaient très volatiles et les actions perdaient de 25 % à 40 % en quelques semaines. Afin de répondre à leurs requêtes, j’ai créé la page Facebook « La Bourse : Makeit Easy10 », avec un seul objectif : partager ce que je lis et apprends à un maximum de personnes. Très rapidement, le nombre d’abonnés a augmenté, et ils demandaient même de les accompagner dans l’apprentissage des investissements en Bourse. Ne sachant pas comment les aider au mieux, car je cumulais déjà plusieurs fonctions, j’ai pris le temps de réfléchir sur le sens que je souhaitais donner à la suite de ma carrière. Fin 2020, après quelques semaines de réflexion, j’étais convaincu que les formations et l’apprentissage seraient des plus utiles à toutes ces personnes. Je voulais partager mes connaissances et transmettre mes compétences. J’ai donc décidé de travailler sur de nombreux modules de formation. En 2021, j’ai créé la formation « 4 semaines pour bien débuter en Bourse11 » et j’ai démissionné de mon poste de directeur général pour suivre mon rêve : aider un million de personnes à débuter en Bourse et à être autonomes avec leur patrimoine.
Ce livre se veut un guide pratique. Il vous accompagnera dans la compréhension du fonctionnement de la Bourse (chapitre 1) et des grands principes d’investissement (chapitre 3). Il vous permettra également de vous interroger pour ne pas commettre de maladresses en investissant en Bourse (chapitre 2) et vous donnera les clés pour décoder des fonds d’investissement et analyser votre portefeuille (chapitre 4). Afin de développer votre esprit critique et de vous assurer que votre conseiller est du même côté que vous,nous lui poserons six questions (chapitre 5). Je vous montrerai également comment investir concrètement 10 000 euros (chapitre 6). Au cours des deux bonus à la fin de ce livre, je partagerai avec vous en toute transparence mon portefeuille (bonus 1) et je vous aiderai à naviguer sur des plates-formes d’investissement (bonus 2).
7. Les termes suivis d’un astérisque sont définis dans le lexique, en fin d’ouvrage.
8. Guilmin (G.), Essays in Risk Management, Namur, Université de Namur, 1er septembre 2015.
9. Oxurion, cours de Bourse de la société, Investing.com, 7 septembre 2021. En ligne (en anglais) : https://www.investing.com/equities/thrombogenics-chart
10. En ligne : https://www.facebook.com/laboursemakeiteasy/
11. Guilmin (G.), « 4 semaines pour bien débuter en Bourse », La Bourse : Make it Easy. En ligne : https://www.laboursemakeiteasy.com/formation-debuter-en-bourse
La Bourse, un mot qui suscite tout autant de l’excitation que de la peur. Selon des historiens, le terme « Bourse » serait apparu aux alentours desxiiie etxive siècles en Belgique. Il viendrait du nom d’une famille vivant à Bruges (la famille Ter Beurse) chez laquelle des banquiers se retrouvaient, dans un objectif d’échanges de créances* et de titres divers. Aujourd’hui, la Bourse est une structure complètement informatisée qui permet d’échanger toutes sortes de produits financiers, notamment des actions entre vendeurs et acheteurs. Bien que de nombreuses places communes des marchands furent créées avant, c’est en 1585 que la première Bourse avec une réglementation fut instituée à Francfort. Ensuite, vinrent la Bourse d’Amsterdam (1602) et la Bourse de Paris (1724). La Bourse la plus connue est la Bourse de New York, le New York Stock Exchange (1792).
À la fin du mois de décembre 2021, plus de 2 300 sociétés12 étaient cotées sur le New York Stock Exchange et cumulaient une valeur de plus de 27 690 milliards de dollars (voir figure 3). C’est donc la place boursière la plus grande en matière de capitalisation boursière*. La deuxième place est détenue par le Nasdaq (1971), Bourse que de nombreuses sociétés technologiques choisissent comme place de cotation* dont les plus connues sont Apple, Microsoft, Amazon, Facebook, Google ou Tesla ;plus de 4 500sociétés sont cotées sur cette place financière13. Ensuite, vient le Shanghai Stock Exchange avec plus de 8 150 milliards de dollars de capitalisation boursière. En Europe, la première place d’échanges boursiers est Euronext (en quatrième position mondiale), avec plus de 7 330 milliards de dollars de capitalisation boursière. Euronext est née de la fusion des Bourses d’Amsterdam, de Paris et de Bruxelles dans les années 2000. Quelques années plus tard, la Bourse de Lisbonne les a rejointes, puis, en avril 2021, la Bourse italienne. Au total, environ 1 500 entreprises ont leur action cotée sur Euronext14. Ensuite, viennent des Bourses asiatiques qui ont de plus en plus de poids, comme le Japan Exchange Groupe (la Bourse japonaise), le Shenzhen Stock Exchange (dans laquelle près de 2 500 sociétés sont cotées15) et la Bourse de Hong-Kong (Hong Kong Exchanges). Enfin, le trio qui clôture ce top 10 est composé du London Stock Exchange Group, du National Stock Exchange of India et enfin du TMX Group (Canada).
Figure 3. Top 10 des Bourses dans le monde, en billions de dollars (décembre 2021)16.
Lors de mes formations, je pose souvent la question suivante : « Quelle est la part de l’Europe dans la capitalisation boursière mondiale ? » Souvent, les personnes me répondent 40 %, voire 50 %. La réalité est tout autre. Fin 2021, les États-Unis et le Canada représentaient environ 48 % de la capitalisation boursière mondiale, l’Asie environ 30 % et l’Europe environ 16 %, le reste étant réparti entre l’Amérique latine, l’Afrique et l’Australie/Nouvelle-Zélande.
Le premier rôle de la Bourse (que j’appelle également, dans ce livre, « marchés financiers ») est de faciliter le transfert de liquidités des agents économiques en capacité de financement (également appelés « investisseurs ») vers des agents économiques ayant desbesoins de financement. C’est ce qu’on appelle le «marché primaire* ». Mais qui sont ces agents économiques en besoin definancement ?Cela peut être des entreprises privées, des entreprises publiques ou des États. Ces agents économiques vont émettre des titres financiers qui vont être souscrits par des investisseurs. En plus des marchés financiers, il existe d’autres canaux pour transférer des liquidités d’agents économiques (en surplus de liquidités) vers d’autres agents économiques qui en ont besoin. Le premier canal que la plupart d’entre nous connaissent est le prêt bancaire :« Je vais à la banque pour demander un prêt hypothécaire, car j’ai des besoins de financement et la banque est un agent économique qui peut financer le prêt de ma maison. » Il en existe bien d’autres, comme le Private Equity* ou encore le crowdfunding. Le Private Equitydésigne une opération par laquelle un investisseur va acheter des titres d’une société non cotée en Bourse en échange d’un financement ; le crowdfunding représente le financement participatif d’une entreprise, généralement des petites et moyennes entreprises, grâce à un grand nombre de contributeurs pour des montants généralement faibles.
Imaginons l’entreprise Gatbiolo, qui produit des gâteaux biologiques et qui a besoin de financer une ligne de production pouraccélérer sa croissance. L’entreprise est donc un agent économiquequi a des besoins de financement. De manière simplifiée, elle a troisoptions différentes et complémentaires pour récolter de l’argent afin de financer sa ligne de production :
1. Voir avec son banquier s’il est d’accord pour lui octroyer un prêt ;
2. Demander à des investisseurs privés de la financer (Private Equity) ;
3. Passer par les marchés financiers.
Cette entreprise, étant fortement dépendante de ses banques, souhaite diversifier ses sources de financement et décide de passer par la Bourse pour la première fois. Elle procède à une augmentation de capital* grâce à l’émission de nouvelles actions*. Qu’est-ce que cela signifie ? Avant que l’action de la société soit cotée pour la première fois en Bourse, Gatbiolo va s’entourer de prestataires spécialisés en la matière (avocats, auditeurs, banques…) pour préparer la mise en Bourse de la société (Initial Public Offering ou IPO*, voir « Les principaux instruments financiers »). Le point crucial est de trouver des capitaux. Dès lors, en collaboration avec ses conseillers, la société va essayer de trouver des investisseurs, comme des fonds de pension, des compagnies d’assurances ou des familles fortunées. Ces investisseurs, qui croient en la société et en ses projets futurs, vont apporter des capitaux. Ces capitaux vont aller sur le compte de la société et, en contrepartie, les investisseurs vont recevoir des titres financiers (des actions Gatbiolo dans le cas présent). Ici, Gatbiolo utilise la Bourse dans son premier rôle, soit comme un lieu de financement, et les investisseurs comme un lieu de placement (voir figure 4).
Figure 4. Illustration du marché primaire.
Une fois que l’action de la société Gatbiolo est cotée pour la première fois en Bourse, c’est le début du marché secondaire*. À présent, si vous le souhaitez, vous pouvez acheter l’action Gatbiolo à des investisseurs qui souhaitent la vendre, et ce, pour différentes raisons : ils ont besoin de liquidités, ils changent de stratégie d’investissement, ils ne croient plus en leur investissement…
Il existe deux types d’organisation pour le marché secondaire : le marché organisé* et le marché de gré à gré*. Le marché organisé, comme son nom l’indique, est organisé par le régulateur de marché* qui établit des règles. Ces règles couvrent, entre autres, le processus de formation des prix, l’organisation des transactions, les conditions de suspension des transactions, ainsi que les contrôles permettant de garantir la bonne exécution d’une opération par la chambre de compensation*, qui a pour objectif d’assurer la bonne exécution des transactions et de limiter le risque de défaillance d’unintermédiaire financier. Ce système de marché organisé est géré par une entreprise de marché qui permet la rencontre de multiples acheteurs et vendeurs sur des titres financiers qui peuvent être négociés en Bourse. Un exemple concret d’une entreprise de marché gérant des marchés réglementés est Euronext (voir « Illustration du marché secondaire avec Euronext », ci-après). Le marché organisé a trois avantages majeurs :
1. Protéger l’épargnant qui souhaite investir dans certains instruments financiers et qui est obligé de passer par des plates-formes de négociations organisées ;
2. Garantir l’égalité de traitement de l’ensemble des participants via le caractère public du marché secondaire ;
3. Permettre une certaine liquidité* des instruments financiers afin de maximiser les chances qu’un ordre soit exécuté.
Dans un marché de gré à gré (également appelé « OTC », pour Over the Counter, en anglais), les intermédiaires financiers nepassent pas par un système de marché organisé et ils sont en relation directe. En d’autres termes, ils discutent et traitent eux-mêmes les termes de la transaction, ce qui permet une certaine flexibilité puisque tous les termes de la transaction peuvent être discutés. Au contraire, il n’existe pas de chambre de compensation permettant d’assurer la bonne exécution des transactions, et donc il est possible que l’une des parties fasse défaut à ses engagements. Dans la section « Les obligations », nous verrons que la majeure partie des échanges liés à des obligations* est effectuée sur le marché de gré à gré. En résumé, le marché primaire peut se comparer au marché de la voiture neuve : si j’achète une voiture neuve, imaginons une Skoda, cela impacte directement les résultats du groupe Volkswagen (qui détient la marque Skoda) ; en revanche, si j’achète une voiture d’occasion Skoda à un particulier, cela n’impactera pas directement les résultats de Volkswagen. Le procédé est identique sur les marchés financiers : si j’achète une action Gatbiolo sur le marché primaire, à savoir lors de l’augmentation de capital, j’aide la société à se financer ; en revanche, si j’achète cette même action sur le marché secondaire après sa première cotation en Bourse, je l’achèterai donc à un investisseur qui souhaite la vendre et mon achat n’impactera pas la situation de trésorerie de la société.
Comment se déroule une journée de cotation d’une action sur le marché secondaire ? Entre 7 h 15 et 9 heures, c’est la préouverture*, c’est-à-dire la constitution du carnet d’ordres* sans exécution. Le carnet d’ordres est un recueil reprenant tous les ordres d’achat et de vente sur un titre financier (voir tableau 1). Il est divisé en deux colonnes principales : achat et vente.
– À gauche, dans la partie « Achat », figurent le nombre d’ordres, la quantité totale et le prix maximal que les acheteurs sont prêts à payer pour acheter une action. Dans cet exemple, la première ligne montre trois ordres d’achat pour un total de 45 actions au prix de 100,50 euros ; la deuxième ligne présente dix ordres d’achat pour un total de 1 500 actions au prix de 100 euros ; etc. Cela signifie que le prix maximal que les acheteurs sont prêts à payer est de 100,50 euros ;
– À droite, dans la partie « Vente », le prix minimal accepté par certains vendeurs est de 100,60 euros. En effet, la première ligne montre dix ordres pour une quantité de 72 actions au prix de 100,60 euros ; la deuxième ligne fait apparaître quinze ordres pour une quantité de 1 250 actions à un prix de 101 euros ; etc.
Tableau 1. Exemple d’un carnet d’ordres.
