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Bienvenue dans la collection "Quotidien transcendant", conçue pour vous accompagner dans votre parcours de transformation intérieure et de libération de la souffrance. Ces livres explorent les recoins souvent ignorés de notre quotidien, des situations qui semblent ordinaires mais renferment en réalité des trésors de sagesse et de potentiel de réalisation personnelle. "Cheminement vers l'éveil" vous guide dans les labyrinthes de l'esprit humain vers une compréhension plus profonde de soi et des autres, du sens de la vie et de ses souffrances, afin d'aboutir à une guérison et une paix intérieure durable. "Cultiver l'Esprit-Coeur" vous aide à renforcer jour après jour la pleine conscience, à maîtriser vos émotions, à cultiver la compassion et la gratitude dans votre vie quotidienne. Il vous offre des stratégies pour transcender les obstacles qui se dressent sur votre chemin. Que vous soyez en quête de sens, de guérison émotionnelle ou de réalisation personnelle, chaque page sera une source d'inspiration et de transformation, vous guidant vers une vie plus épanouissante et plus alignée avec votre véritable nature.
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Seitenzahl: 228
Veröffentlichungsjahr: 2024
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À mes Maîtres
qui m’ont montré
le chemin de la délivrance de l’esprit
À Hiền-Mai, Huy et Hoàng
avec mon amour et mon affection
À ma grande famille
pour leur soutien et leur bienveillance
À mes amis d’enfance du Vietnam
pour leur amitié qui traverse les années
À mes amis de chaque instant de vie
pour leur partage intellectuel et spirituel
À ma femme Hiền-Anh
la Rose du Petit Prince
À Thiên-Anh Florine
qui n’a pas encore trois ans
à la sortie de ce livre
PRÉFACE
VIEILLE MAISON À RESTAURER
LA SOUFFRANCE EST INHÉRENTE À LA CONDITION HUMAINE
PAUSE MÉNAGE
LE LABYRINTHE
« LE PETIT PRINCE » DE ST EXUPERY
LE POUVOIR DE L’INNOCENCE
NOUS SOMMES LES CRÉATEURS DE NOTRE MONDE
NOS VERITABLES MAITRES
À CHACUN SON ATTACHEMENT
« L’ALLUMEUR DE RÉVERBÈRE », L’ARCHETYPE DU BOIS YANG
L’HYPERSENSIBILITÉ ÉMOTIONNELLE : COMPRENDRE LES MÉCANISMES ÉNERGÉTIQUES SOUS-JACENTS
SE SUFFIRE À SOI-MÊME
LE DILEMME DU HÉRISSON
TRANSFORMONS NOTRE POUBELLE EN COMPOSTEUR
L’INCROYABLE HULK
RIEN NI PERSONNE NE POURRA NOUS RENDRE HEUREUX
LORSQUE TOUTES LES CONDITIONS SONT RÉUNIES
DÉCONDITIONNEMENT
RÉVERSIBILITÉ
VÉLO À 4 ROUES
DR JEKYLL & MR HYDE
TUER : LE MAL ABSOLU ?
NI BIEN, NI MAL
L’USURPATEUR DE L’AMOUR
LE « DÉTACHEMENT » N’EST PAS LE REMÈDE À « L’ATTACHEMENT »
LE FAUX-VRAI ET LE VRAI-FAUX PERE NOËL
LA BONNE MÉDECINE DOUCE
SOURIEZ AU MOINS UNE FOIS PAR HEURE !
MÉDITATION : NE CHERCHEZ PAS LE BIEN-ÊTRE À TOUT PRIX !
L’INFINI COMPLEXITÉ DE LA CAUSALITÉ
TOUT EN UN
L’IMPORTANCE DU « POINT ZÉRO »
AUTOUR DES FEUILLES DE MAÏS
UN MONDE AMICAL
QUE CHERCHONS-NOUS ?
UN TEMPS POUR CHAQUE PAS
BARRIÈRE SANS PORTE
LE VIDE ET LE PLEIN, LE VISIBLE ET L’INVISIBLE (1
)
LE VIDE ET LE PLEIN, LE VISIBLE ET L’INVISIBLE (2
)
LE VIDE ET LE PLEIN, LE VISIBLE ET L’INVISIBLE (3
)
LA PENSÉE GUIDE L’ÉNERGIE
L’HARMONIE INTÉRIEURE
EN SOMME, QU’EST-CE-QUE NOTRE VIE ?
COMME UNE FLEUR SUR L’EAU
PARTIR LOIN DE TOUT
TOUT PRÉVOIR
DURÉE ET PLAN DE VOL
NE SEMONS PAS LA PEUR
VIRUS RÉVÉLATEUR
RETOUR À LA SOURCE INTÉRIEURE
LE MIRABELLIER EN FLEUR
IL EST LIBRE, MAX
APPRIVOISER LA VIE
L’ÉVEIL DE LA CONSCIENCE
IL N’Y A QUE DU MEILLEUR
LE MONDE PREND LA COULEUR DE VOS EMOTIONS
L’ÉNERGIE DE L’AUTOMNE
DEUX SIMPLES INDICES
L’ESPRIT ZEN N’EST PAS COMPLIQUÉ
UNE MERVEILLEUSE ILLUSION
STATUE DE SEL
LE REGARD DES AUTRES
LA SALADE « TCHING TCHONG »
C’EST NOUS LES MÉCHANTS
LES PETITES ATTITUDES AIMANTES
TONGLEN
LE CHANT DU COQ
APPELLE-MOI PAR MES VRAIS NOMS
VOIR L’INVISIBLE
L’ESPRIT (LE COEUR) VIDE
LE BOUDDHA AU NEZ NOIR
UN VRAI DON, UNE VRAIE AIDE
LA CINQUIÈME DIMENSION
RESPIRE ET REVIENS À LA MAISON
AH BON ?
S’ÉLEVER
LES VENTS DE LA VIE
ALIMENTAIRE, MON CHER WATSON !
DEUX JOURS PARTICULIERS
UNE POIGNÉE DE SEL
RECUEILLEMENT DU SOIR
HOSTILITÉ
FENÊTRES DE L’ÂME
LÂCHER PRISE
L’ESPRIT ORDINAIRE
JALOUSIE
PRIMUM NON NOCERE
LA DIMENSION SACRÉE DE NOS PAROLES
CUEILLE L’INSTANT PRÉSENT
LE RIRE, LE SOURIRE ET LE FOU RIRE
MOURIR, C’EST JUSTE RETOURNER CHEZ SOI
UNE DES PIRES ÉPREUVES
DE CAUSES À EFFETS
POURQUOI TANT DE HAINES ?
RÉSOLUTIONS
QU’EST-CE QU’UN PIMENT ?
ILLUMINATION
LE DIEU DE SPINOZA
COMPLIQUÉ MAIS SIMPLE ET VICE VERSA
L’ULTIME VÉRITÉ
DESCENTE AUX ENFERS
C’ÉTAIT MIEUX AVANT !
LA BONNE QUESTION À SE POSER
ÉQUILIBRE
PATIENCE INFINIE
LETTRE À MA FILLE
AVANT LE DÉPART
Tous mes remerciements
À Jean-Paul Veber
pour son aide à la relecture du livre
À Bernadette Grégoire et Benoît Piette
pour leurs corrections et leurs précieux conseils
À Phương Hồng et Bảo Nghi
pour leur aide à la mise en page du livre et
à la création de la couverture
Souvent, lors de moments de souffrance, nous avons tendance à attribuer la faute aux circonstances ou à notre entourage, en négligeant notre propre responsabilité. En réalité, nos choix de vie, nos paroles, nos comportements et nos actions ont toujours des conséquences, qu’elles soient positives ou négatives.
Notre esprit est constamment agité, tel une marionnette soumise à la volonté de son manipulateur, notre ego. Il agit comme un enfant aux multiples besoins insatisfaits, rempli de ressentiments envers le monde qui l’entoure. Celui-ci nous expose à diverses situations qui excitent en permanence notre esprit : danger, conspiration, manipulation, suspicion, trahison, manque de respect, discrimination, jalousie, injustice, regret du passé, angoisse du futur, etc. Ces pensées récurrentes reflètent une blessure profonde de notre « Moi » et agissent comme un poison qui se diffuse dans notre esprit. Avec le temps, elles éliminent la sympathie, la gentillesse, l’altruisme, la confiance et l’optimisme, tout en ajoutant la méfiance, le pessimisme voire la haine, nous conduisant directement à la souffrance psychique, voire psychosomatique.
Pour dissoudre l’ego et surmonter la souffrance, il est essentiel de revenir vers notre enfant intérieur et d’accepter de faire face à nous-mêmes. Le chemin vers l’éveil, bien qu’il soit long et difficile, commence toujours par un premier pas et s’accomplit avec sincérité et persévérance.
Lorsque le printemps arrivera, l’herbe poussera d’elle-même. La vérité est juste ainsi.
Hiver 2020
Notre esprit est semblable à notre maison. Avec le temps, elle devient le gardien de nos souvenirs, qu’ils soient bons ou mauvais.
À l’âge de vingt ans, bien que nous soyons au sommet de notre jeunesse, notre « maison-esprit » n’est plus aussi neuve. Au fil des années, elle a subi plusieurs dommages venant de l’extérieur, tels que les tempêtes, les grêlons qui endommagent ses tuiles, la neige qui pèse sur son toit, la sécheresse qui fissure ses murs, voire des tremblements de terre qui détruisent ses fondations. Elle pourrait également être attaquée de l’intérieur, par des termites qui rongent sa charpente ou la mérule pleureuse, un champignon qui détruit toute sa boiserie. Certaines maisons menacent déjà de s’effondrer.
En consultation, je rencontre souvent des patients en souffrance depuis quarante, cinquante ans, voire plus. Leur maison n’a jamais été entretenue. Ils se contentaient de dissimuler ses défauts avec des faux plafonds, de poser de nouveaux papiers peints ou de faire de temps en temps un ravalement de façade, pour se tromper eux-mêmes ou essayer de survivre dans cette ruine dégradante.
Imaginons-nous dans la situation d’une personne venant d’acheter une (très ?) vieille maison pour y habiter. Que ferions-nous en premier ? Nous commencions par vider la maison de tous ses encombrants, recouverts de poussière depuis des années. Ensuite, nous la rendrions sûre et vivable : réparer le toit en remplaçant les tuiles cassées, changer la charpente abîmée, consolider les endroits fragiles... Tous ces travaux nous coûteraient cher, en temps et en énergie. Ils sont pourtant nécessaires si nous voulons vivre heureux le reste de notre vie.
Je suis quasiment certain que nous ferions cela pour notre maison, mais qu’en est-il de notre esprit ? Quand déciderons-nous de commencer les travaux de restauration, sachant qu’il nous faudra des années d’efforts, voire des décennies, pour y arriver ?
Notre esprit n’est pas simplement une maison. Il représente pour chacun de nous un monument historique, nécessitant une restauration urgente. Parfois, les dégâts sont si importants qu’il est difficile de savoir par où commencer les travaux.
La priorité est d’être bien dans l’instant présent, ici et maintenant, en ramenant l’esprit vers l’activité essentielle de la vie : la respiration. En conséquence, le corps se détendra également après un certain temps. Ensuite, il faut préparer l’esprit à revenir vers notre enfant intérieur pour le chérir et le soigner, en laissant les histoires, les conflits... avec les autres en dehors de ses pensées.
La compréhension de nos propres besoins et la reconnaissance de notre responsabilité dans notre propre souffrance marquent le début du processus d’auto-réparation. Ce dernier comprend deux phases : un diagnostic correct et un traitement quotidien.
Le diagnostic consiste à identifier l’émotion dominante en nous depuis l’enfance (colère, attachement aux plaisirs, anxiété, tristesse, peur), son masque défensif (le « faux-plafond » qui dissimule nos souffrances) et le type d’attachement de notre esprit (attachement à l’hypercontrôle, aux plaisirs, aux besoins d’autrui, à la tranquillité ou à l’ego).
Le traitement comprend deux phases :
• La phase superficielle vise à apaiser le mental : relaxation, sophrologie, hypnose, méditation, etc.
• La phase profonde vise à réparer l’esprit : éveil à la spiritualité, “vider la poubelle mentale” en s’entraînant au lâcher-prise, à l’acceptation de notre condition, pratique de la compassion dans les pensées, les paroles, les actions et vivre dans la pleine conscience : reconnaître l’instant où l’émotion commence à émerger pour la lâcher immédiatement, reconnaître la part de l’ego dans chaque conflit qui nous implique et le dissoudre.
Nous aborderons ces points dans cet ouvrage à travers différentes réflexions qui éclaireront le sujet sous plusieurs angles.
Il était une fois un roi qui, se sentant vieillir et fatiguer, demanda à son savant premier ministre d’envoyer des érudits aux quatre coins du monde pour consigner toutes leurs observations dans une encyclopédie. Ainsi, il pourrait connaître les histoires de l’humanité sans quitter le palais. Les mois passèrent, mais l’encyclopédie ne fut toujours pas prête, et le roi vieillissait de jour en jour. Sur son lit de mort, il demanda à son premier ministre de lui résumer tous les tomes en une seule phrase.
Alors, ce dernier s’approcha de son oreille et lui murmura : « L’humanité souffre, Votre Majesté ! »
Dans mon enfance, j’ai reçu une éducation chrétienne qui peignait un tableau beaucoup plus lumineux et heureux du monde. En effet, dans la création du monde décrite par le livre de la Genèse, le premier livre de la Bible, l’homme arrive seulement au sixième jour, après que tout ce qui est nécessaire à son bonheur a été préalablement créé : le jour et la nuit (la lumière et les ténèbres) le premier jour ; le ciel et les eaux le deuxième jour ; la verdure et les arbres fruitiers le troisième jour ; le soleil, la lune et les étoiles le quatrième jour ; les animaux, oiseaux et poissons le cinquième jour ; et enfin l’homme le sixième jour pour jouir de toutes ces créations.
Genèse 1.27 : Puis Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre ». Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme. Dieu les bénit, et Dieu leur dit : « Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. » Et Dieu dit : « Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d’arbre et portant de la semence : ce sera votre nourriture. Et à tout animal de la terre, à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture. » Et cela fut ainsi. Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voici, cela était très bon. »
Ainsi, l’homme est créé pour être heureux, car il est protégé et choyé par la puissance divine : « Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer (Psaume 22) ».
Partant de ce principe, la souffrance semble être une «anomalie » de la vie humaine. Longtemps considérée comme une conséquence des péchés, elle est devenue, depuis la mort rédemptrice du Christ, une épreuve pour tester la solidité de la foi en l’amour divin.
Dans l’article « Souffrir a-t-il un sens ? » paru dans le journal La Croix le 11/06/20141 , le père jésuite Maurice Bellet a écrit : « chez les chrétiens, on retrouve le thème de la souffrance rédemptrice, l’identification aux souffrances du Sauveur, porter sa croix, etc. Ce langage-là peut aller jusqu’à se réjouir de la souffrance, à y voir le signe d’une prédilection divine - puisque Dieu a conduit son Fils jusqu’à la croix. « Il faut que Dieu vous aime beaucoup pour qu’il vous éprouve autant ». On dira que c’est ouvrir une perspective plutôt rude, puisque la foi, au lieu d’être immédiatement consolation, peut devenir lieu d’épreuve. Mais qui a dit que la foi était sans souffrance ? »
Dans la spiritualité orientale, tout semble beaucoup plus pessimiste dès le départ. En effet, la première leçon du Bouddha à ses cinq premiers disciples après son éveil concerne la souffrance2 : « Notre existence, conditionnée, est imbue de souffrances : la naissance est une souffrance, la vieillesse est une souffrance, la maladie est une souffrance, la mort est une souffrance, être uni à ce que l’on n’aime pas est une souffrance, être séparé de ce que l’on aime est une souffrance - et, finalement, les cinq agrégats d’attachement (la matière, la sensation, la perception, les formations mentales et la conscience) sont aussi des souffrances. » Ainsi, la souffrance est inhérente à la condition humaine. Nous souffrons tous et tout le temps, à des degrés divers. Ce n’est pas une « anomalie » de la vie mais bien sa réalité !
Vu sous cet angle, chaque moment de bien-être est un temps de répit que nous devons apprécier au maximum. Nous pouvons illustrer la différence entre ces deux pensées par la métaphore météorologique. Avec la pensée occidentale, nous croyons vivre dans un climat du sud où il fait toujours beau. Cependant, il pleut si souvent que nous pensons être malchanceux et passons notre temps à espérer qu’ « après la pluie, le beau temps (reviendra) ». À force de voir si peu de journées ensoleillées, la tristesse et la dépression vont s’installer. Avec la pensée orientale, nous savons que nous vivons dans un climat du nord où il pleut très souvent. De ce fait, à chaque fois qu’il fait beau, nous profitons au maximum du soleil en acceptant qu’ « après le beau temps, la pluie (reviendra) ». C’est une vision réaliste qui semble pessimiste au départ mais qui aide beaucoup à relativiser les souffrances dans les suites.
Hormis des douleurs physiques, la souffrance est la cristallisation des émotions refoulées et contenues depuis très longtemps. Par conséquent, elle ne peut disparaître facilement par une relaxation temporaire, ou par une fuite vers les plaisirs matériels ou un travail acharné... Sa nature a besoin d’être comprise, autant que la recette pour la transformer. En effet, la souffrance n’est pas totalement négative, bien au contraire. Elle est le terreau de l’éveil. Sans elle, nous ne chercherons pas à nous en délivrer en tendant vers une spiritualité transcendante. Joies et peines sont les deux facettes d’une même réalité.
Un bon jardinier voit de belles fleurs dans le compost de son jardin. Sachons transformer les souffrances de notre passé en une vie éveillée à celles d’autrui.
1https://croire.la-croix.com/Definitions/Lexique/Souf-france/Souffrir-a-t-il-un-sens
2 Les Quatre Nobles Vérités enseignées par le Buddha lors de son premier sermon, appelé « Sermon de Bénarès » ou « Mise en mouvement de la roue du Dharma (enseignement bouddhiste) »
Fermez les yeux un instant. Ne fixez plus les sociétés qui vous hérissent, les personnes qui vous répugnent, les injustices qui vous révoltent, les événements qui vous inquiètent, votre passé qui vous désole... Vous avez déjà consacré beaucoup, voire trop de temps à les contempler.
Prenez simplement un petit moment pour vous-même.
Fermez les yeux et tournez votre regard vers l’intérieur.
Allumez une lumière en vous et inspectez.
Vous y découvrirez peut-être un petit enfant en colère, qui casse les jouets de ses copains parce que ces derniers sont plus beaux que les siens, ou qui pleure parce qu’il se sent si seul alors qu’il est encore incapable de se suffire à lui-même, ou qu’il a simplement peur car les autres lui semblent si menaçants et injustes envers lui...
Sa chambre est encombrée de poubelles non vidées depuis longtemps, remplies de ressentiments, de déceptions, de frustrations...
Depuis combien de temps l’avez-vous laissé se débrouiller seul, sans soin, sans affection... en vous contentant de regarder et de juger les comportements d’autrui ?
Alors, fermez les yeux juste un instant et respirez, revenez vers vous-même.
Votre enfant intérieur a grandement besoin de vous.
Prenez-le dans vos bras.
Aidez-le à ranger sa chambre.
Videz ses poubelles émotionnelles.
Notre vie ressemble parfois à un labyrinthe. Nous tournons en rond sans direction précise et nous nous retrouvons souvent face à des impasses. Lorsque mes patients comparent leur vie à cette image, je leur pose toujours la question : « Savezvous comment sortir du labyrinthe de notre vie de la manière la plus sûre et la plus rapide ? »
Quand nous étions enfants, nous avons tous joué à des jeux de labyrinthes où il fallait aider Jacques le pirate à trouver son trésor ou le petit Pierre à retourner chez lui. Même un enfant de 5 ans peut trouver le bon chemin ! Pourquoi ? Parce qu’il est au-dessus du labyrinthe et voit ainsi les points de départ et d’arrivée.
Un labyrinthe ne pose problème que si nous sommes dedans, pas au-dessus. Par conséquent, la manière la plus sûre et la plus rapide pour sortir du labyrinthe est de nous élever vers une spiritualité qui donne un sens à notre vie. Jacques le pirate ou le petit Pierre, c’est notre ego qui réclame constamment le respect, l’affection, l’amour, la fidélité, la richesse, la position sociale... tous ces besoins qui dépendent du bon vouloir des autres. Ils sont la source de nos déceptions et de nos impasses.
Nous ne sommes pas notre ego. Il est simplement notre avatar, notre masque, une illusion.
Laissons-le dans son labyrinthe et prenons de la hauteur.
Je profite du rangement de ma bibliothèque pour prendre une photo de ma collection du livre « Le Petit Prince» de St-Exupéry dans différentes langues et éditions. Ma mère m’a offert la version française de ce livre quand j’avais 10 ans. Je me souviens encore de ma première impression après l’avoir lu. Je trouvais l’histoire très « bizarre » et peu intéressante.
Et puis, à chaque relecture à l’âge de 12 ans, 14 ans, 17 ans… puis maintes fois à l’âge adulte, j’ai découvert de nouvelles leçons de vie, et il est devenu mon premier livre de sagesse occidentale. Il s’agit du deuxième livre traduit dans le monde après la Bible. À chaque voyage, je cherchais la ou les versions éditées dans le pays visité. Ceux qui me connaissent m’offrent l’édition de leur pays, me faisant voyager comme le Petit Prince à travers le monde. J’ai ainsi pu réunir aujourd’hui une petite collection de plus de 70 exemplaires de mon livre « fétiche ».
Ce livre est un trésor d’éveil pour l’esprit.
Le Petit Prince est notre âme d’enfant, qui part à la découverte du monde des « grandes personnes » dont la vie a fait perdre l’innocence primordiale. Elles sont représentées par des personnages sur leur planète: « le Roi », assoiffé de pouvoir ; « le Vaniteux », gonflé d’orgueil ; « le Buveur », qui perd tout sens de la vie; « le Businessman », fébrile de possessions ; « l’Allumeur de réverbères », prisonnier du devoir et des consignes; « le Géographe », enfermé dans les croyances de connaissance sans jamais en expérimenter une seule.
Il nous apprend à entretenir notre planète-esprit afin de ne pas laisser les émotions fortes la déborder.
Il ramone régulièrement ses volcans, même celui qui est éteint : « S’ils sont bien ramonés, les volcans brûlent doucement et régulièrement, sans éruption ».
Il reste vigilant à l’émergence des mauvaises pensées, symbolisées par des baobabs, qui paraissent au départ comme « des ravissantes brindilles » au milieu des bonnes herbes. On peut même les confondre avec des rosiers ! Cependant, si on les laisse grandir, ces pensées deviendront des paroles et attitudes inappropriées qui peuvent nuire. Les racines du baobab perforent alors la planète et la feront éclater.
Il expérimente également les premiers sentiments avec une rose arrivée par hasard sur sa planète, qui, après apprivoisement par son coeur, deviendra son unique rose parmi de milliers d’autres.
Dans son voyage vers la terre, il rencontre l’auteur, bloqué dans le désert, et lui rappelle l’importance de cette innocence perdue de l’enfance, ainsi que la valeur de l’amour qui peut illuminer toutes les étoiles du ciel.
Il apprend la vraie valeur de toute chose grâce à son maître, un renard aux yeux perçants qui peuvent voir l’invisible. Il expérimente enfin la mort, qui n’est pas une fin, mais un simple retour vers là d’où il est venu, immortel.
Dans les prochains chapitres, j’aborderai quelques passages du livre avec la vision orientale pour vous faire découvrir la grande sagesse de St-Exupéry, un auteur cher à mon coeur.
« Le Petit Prince » de Saint-Exupéry commence avec une histoire de son enfance, dans laquelle l’auteur montrait aux « grandes personnes » l’image du boa « fermé » avalant un éléphant.
Étant donné que ces derniers ne voyaient qu’un chapeau, il était obligé de refaire un autre dessin avec un boa « ouvert » montrant l’éléphant à l’intérieur. À l’âge adulte, il utilisait cette image comme un test: « Quand j’en rencontrais une [grande personne] qui me paraissait un peu lucide, je faisais l’expérience sur elle de mon dessin numéro 1 que j’ai toujours conservé. Je voulais savoir si elle était vraiment compréhensive. Mais toujours elle me répondait: « C’est un chapeau. » Alors je ne lui parlais ni de serpents boas, ni de forêts vierges, ni d’étoiles. Je me mettais à sa portée. Je lui parlais de bridge, de golf, de politique et de cravates. Et la grande personne était bien contente de connaître un homme aussi raisonnable.3 »
C’est l’expression « se mettre à sa portée » qui rend ce passage extraordinaire. Voilà des « grandes personnes » traitées comme des enfants qui ne comprennent pas grand-chose! Eh oui, nous pensons qu’en grandissant, nous devenons plus malins, plus intelligents que les enfants, savons distinguer le bien du mal et nous occupons des choses sérieuses et concrètes, telles que notre fortune et notre carrière, en les faisant passer avant le reste. En réalité, nous régressons! Nous perdons un grand pouvoir, celui de l’innocence, qui procure une vision subtile permettant de voir la valeur essentielle de toute chose.
Nous doutons de tout, condamnons tout le monde et rendons notre monde si gris que même les arcsen-ciel n’ont plus de couleur. La bonté est devenue une stupidité (« trop bon trop con ») et la ruse, une intelligence. Notre regard a perdu toute subtilité. Nous voyons des ennemis, des gens méchants, mais sommes incapables de voir leur souffrance derrière leur comportement, ainsi que notre propre souffrance à travers nos réactions épidermiques. Nous voyons les bénéfices pour nous lors d’une opération, mais sommes aveugles devant les pertes subies par autrui.
Pourtant, devenir adulte n’est pas synonyme de se transformer en « une grande personne ». La preuve: l’auteur, en tant qu’adulte, vous parlera des choses sérieuses, comme « des serpents boas, des forêts vierges et des étoiles », s’il reconnaît l’enfant lucide qui reste encore en vous.
Alors, de temps en temps, revenez vers l’image du « boa fermé » et regardez-la attentivement. Si vous y voyez un éléphant, c’est que tout n’est pas perdu. Vous serez alors prêt pour le grand voyage, à la prochaine migration d’oiseaux sauvages.
Et n’oubliez pas de garder précieusement le secret dévoilé par St-Exupéry à la fin de son livre: « On ne voit bien qu’avec le coeur. L’essentiel est invisible pour les yeux ».
3 Extrait du livre « Le Petit Prince » d’Antoine de Saint-Exupéry
Trente personnes ont passé ensemble deux jours de séminaire dans un hôtel avec salle de conférence. Hormis le temps des exposés, ils avaient mangé ensemble, pris des pauses ensemble et avaient beaucoup discuté. Après le séminaire, on demande à chaque participant de décrire tout ce qu’il a vécu pendant ces deux jours, sa perception de l’ambiance, des gens qu’il a côtoyés, des expériences qu’il a accumulées… Personne ne décrit la même chose. Pour monsieur N., Mr P. n’existait même pas, bien qu’il soit assis à quelques mètres de lui. Si madame B. trouvait le séminaire extraordinaire avec des gens sympathiques, madame M. n’avait pas du tout aimé, ne rencontrant que des personnes mesquines et obtuses. Étrangement, tout se passe comme s’ils ne vivaient pas dans le même monde pendant ces deux jours.
Si nous extrapolons cette petite expérience à l’ensemble de l’humanité, nous nous rendons compte qu’il y a autant de mondes différents que de personnes. En effet, chacun de nous crée son propre univers, comme un metteur-en-scène qui fait son film: nous choisissons les personnages qui y figurent, l’ambiance qui y règne (comédie ou tragédie, amour ou haine, sérénité ou peur, happy-end ou fin tragique…), les règles et chemins que doivent suivre tous ces acteurs, y compris nous-mêmes. Nous avons beau dire que nous suivons la loi divine ou humaine, nous la modifions volontairement pour servir nos intérêts lorsque l’occasion se présente, en mettant parfois la faute sur le dos du diable tentateur, de l’alcool ou de la drogue pour nous justifier.
Notre illusion est de croire que les autres mondes devraient prendre modèle sur le nôtre qui sert de référence. Nous oublions également que chacun de nous est le seul créateur de l’Univers dans lequel il vit, et donc le seul responsable de tout ce qui s’y trouve, de l’ambiance qui y règne. Nous rêvons tous d’un monde meilleur, plus égal, plus équitable, plus propre, plus solidaire.
Commençons par changer le nôtre, en réduisant nos déchets mentaux, en ralentissant notre rythme de vie pour ne pas oublier l’essentiel, en basant nos pensées, nos paroles et nos actions sur la compassion pour fleurir notre coeur et ceux des autres.
C’est là le point de départ d’un monde nouveau.
Habituellement, lorsqu’on nous demande qui est notre guide, notre maître de référence dans la vie, la réponse est souvent « Dieu », « Jésus », « Bouddha » ou « ma conscience du bien et du mal », « l’amour du prochain » … Si cela était vrai, notre monde serait en paix, il n’y aurait plus de guerres, de conflits d’intérêt, de luttes diverses, de disputes, de discriminations ou d’agressions.
Soyons honnêtes avec nous-mêmes: nos véritables maîtres, ceux qui peuvent réellement nous soumettre, sont nos propres émotions.
Lorsque nous sommes en colère, toutes nos références disparaissent et nous suivons aveuglément ce que notre maître « colère » nous dicte de faire: paroles blessantes voire insultantes, actions regrettables pour l’avenir, autodestruction…
Lorsque nous recherchons désespérément le plaisir, cette « joie » éphémère, notre maître nous pousse à l’avidité: addiction, tricherie, tromperie, mensonges, voire agression, vol… pour avoir plus d’argent, plus de pouvoir, plus de satisfaction au détriment des autres.
Lorsque nous sommes anxieux, notre maître nous guide à exiger et à mettre notre entourage sous pression pour compenser notre incapacité à être suffisants à nous-mêmes.
Lorsque nous sommes tristes, notre maître nous isole dans nos malheurs, nos souffrances et nous coupe des autres pour que nous ne puissions nous en sortir avec leur aide.
