Chemins sabbatiques... - Vincent Verhille - E-Book

Chemins sabbatiques... E-Book

Vincent Verhille

0,0

Beschreibung

Réaliser ses rêves de voyages et de pérégrinations à travers une année sabbatique. Plus de 4000 kms sur les chemins pèlerins. Deux mois à marcher sur la Via Francigena vers Rome, deux mois à la rencontre des villageois et d'Amma en Inde du Sud et enfin quatre mois à cheminer à travers la France, puis vers Saint Jacques de Compostelle et Fatima au Portugal. Quelques 200 nouvelles et anecdotes sont à partager sur ces trois volets du triptyque de "Chemins sabbatiques".

Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:

Android
iOS
von Legimi
zertifizierten E-Readern

Seitenzahl: 162

Veröffentlichungsjahr: 2018

Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:

Android
iOS
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



« S’éloigner de tout rapproche un peu de l’essentiel »

Loïck Perron (1959), navigateur

« Le succès d’une vie dépend de la capacité à oublier ce qui n’est pas approprié au moment présent. »

Amma

« Les choses que nous possédons finissent par nous posséder »

Citation sur le chemin jacquaire

Table

Chemins sabbatiques… Vers Rome

Chemins sabbatiques … En Inde du Sud

Chemins sabbatiques… Vers Compostelle et Fatima

Epilogue…

Pour aller plus loin, quelques informations, glossaire

L’année sabbatique, mode d’emploi

Bibliographie

Faisons connaissance… avant de cheminer ensemble

Je me présente, Vincent, marié avec Christine, quatre grands enfants autonomes, engagés et voyageurs. Je passe le cap des 55 ans lors de cette année sabbatique. Trente ans d’activités professionnelles avec le monde agricole et je n’oublie pas les deux premières années vécues en Haïti en tant ‘’qu’agronome’’. Cette expérience que je perçois aujourd’hui comme une approche sabbatique de la vie, m’avait enrichi par les échanges interculturels. J’en suis rentré plus mûr et plus serein. En couple et en famille, nos week-ends et nos étés ont souvent pris les chemins de randonnées dans notre région de Bourgogne-Franche Comté, en Corse, dans les Alpes ou sur les G.R de Compostelle de France et d’Espagne. Des moments privilégiés d’échanges.

Depuis quinze ans, je travaille comme formateur en gestion agricole auprès d’un public d’apprentis et d’adultes, un métier relationnel au contenu varié. J’apprécie la mission qui m’est confiée, mais cela ne m’empêche pas de passer par des phases de stress, de manque de sommeil ou de routine. Quels choix pour l’avenir ? La pause s’impose avec ce projet sabbatique.

Avec ma femme, nous sommes d’accord pour vivre cette année en décalage. Je lui glisse un Grand Merci ! Et financièrement va-t-on me demander ? Peu de besoins constituent une partie de la réponse, pas de charge de famille et de maison, des projets avec le mode bivouac et marche en sobriété… heureuse.

Et vous ? Comment voyez-vous la perspective d’une année sabbatique ? Je vous propose le petit exercice suivant…

Asseyez-vous au calme. Fermez les yeux. Respirez doucement. Voyagez au fond de vous-même. Visualisez vos meilleurs souvenirs, vos rêves d’enfance ou d’adolescence.

D’ici quelques mois, deux ans maximum, vous avez la possibilité de vivre une année où vous organisez le temps selon vos envies, vos besoins, vos attentes. Imaginez…

Aucune limite ‘’raisonnable’’, pas de frein. Sans contrainte matérielle ni lien affectif… Non pas qu’ils n’existent pas, bien au contraire. Vous verrez après. Eh oui, vous allez bénéficier d’une année sabbatique. Peut-être six mois ou moins si ce temps semble suffisant à la réalisation de votre nouveau projet de vie. Que voyez-vous se dessiner dans vos rêves ?

Êtes-vous seul(e), avec de nouveaux ou d’anciens amis, en famille ?

En France pour démarrer un gîte rural ou vous lancer sur un parcours de formation ?

En Afrique comme volontaire ou en Amérique du Sud pour une traversée en V.T.T ?

Créer votre entreprise de maraîchage bio ou bien restaurer une turbine hydroélectrique ?

Peut-être sur place pour développer vos talents de peinture ? Vivre pleinement avec vos jeunes enfants ? Ou bien encore vous poser, afin de faire face à des problèmes de santé ?

J’ai joué à ce jeu du ‘’fermer les yeux’’. Je me voyais marcher, marcher. Je me voyais retourner en Haïti. Deux années de volontariat en 1985-87, ça marque une vie.

Enfin, marcher vers Saint-Jacques de Compostelle va permettre de vivre ce Chemin sur une seule période, en partant de la maison, près de Besançon.

Deux années seront appréciées pour préparer ce projet de l’année scolaire, de juillet à juillet.

Au cours des mois, les pensées évoluent dans ce champ des possibles. J’envisage tout d’abord de marcher vers Rome sur la ‘’Via Francigena’’ en passant par Besançon, la Suisse et les Alpes. Puis de nombreuses images de l’Inde viennent me frapper au cinéma, à trois reprises, comme un signe. La mémoire vive se réactive, un premier voyage à dix-huit ans et un retour quatre années plus tard dans ce grand pays. Trente-deux ans après… Je vais saisir la chance de redécouvrir la partie Sud sur une période idéale, juste après la mousson, entre novembre et janvier. C’est décidé, je retourne en Inde.

Enfin, de mars à juillet, je prévois de marcher Sud-Ouest sur la diagonale de la France, puis la côte nord de l’Espagne vers Saint-Jacques de Compostelle et descendre enfin vers le Portugal.

Partir seul, mon compagnon de route sera le carnet d’écriture. Le rendez-vous quotidien pour pêcher la petite anecdote, celle qui marque ma journée.

Je propose de les partager avec vous, à votre rythme.

Bon chemin...

« Range le livre, la description, la tradition, l’autorité, et prends la route pour découvrir toi-même »

Krishnamurti (1895-1986), philosophe indien

Chemins sabbatiques… Vers Rome

Dimanche 24/07/16

Le vide et le plein de Saint Augustin*

L’objectif du jour est de rallier à pied l’abbaye d’Acey à vingt-trois kilomètres de chez nous. Le plus inconfortable dans un départ vers ‘’l’inconnu’’ est de décider de suspendre les liens du quotidien. Car, sur ce premier volet du triptyque de l’année sabbatique, le projet est de continuer seul vers Rome en deux bons mois.

En remontant ma rue et en traversant le tout proche bois de Noiron, je me demande déjà si cette idée n’est pas trop pharaonique pour mes petites épaules. Pourtant, je ne quitte personne sans grande peine liée à ce départ. Ma femme et mes enfants me laissent de nombreuses citations pour « réaliser mes rêves » et « vivre l’aventure ». Je me sens entraîné et en pleine forme physique avec le vécu de la course à pied.

Alors on s’accroche à cette belle date du vingt-quatre juillet et c’est parti ! En binôme aujourd’hui avec ma femme.

Arrivés à l’abbaye d’Acey en fin d’après-midi, nous participons au temps de célébration avec les moines, dont un quart d’heure de silence total ! Méditatif, recueilli, mais l’esprit n’est pas encore connecté à ce temps particulier.

Un quart d’heure, ce n’est pas long, juste une mi-temps de foot, et pourtant je me sens perdu. C’est bien ce que je craignais : ma tête est une coquille vide.

*Citation page 23 : « Se vider de tout ce dont on est plein, se remplir de tout ce dont on est vide »

25/07 au 28/07 à Pontarlier

HORS de ma zone de confort

Bivouac près de l’abbaye, petit déjeuner au lavoir de Jaillerange, sac de douze kilos qui fait gonfler l’épaule gauche, grosses étapes et grosse chaleur, deux ampoules sous le pied, typique du rodage des chaussures neuves : je suis sorti de ma zone de confort. Je vise de rejoindre mon fils et sa famille. J’ai quatre jours pour travailler à m’adapter avant la pause familiale de Pontarlier ! Sinon… la honte !

28/07

Seul et boussole

Juste avant Pontarlier, une erreur classique de chemin me fait planter en ‘’plein milieu’’ d’une forêt. Pas envie de revenir sur mes pas, je teste mon premier cours pratique de boussole, seul dans cette forêt qui me paraît immense et surtout sans issue. Une heure en suivant l’azimut sud qui doit me conduire vers Pontarlier et je ressors du bois… au bon endroit, vue sur la porte St-Pierre, entrée historique de la ville. L’an passé, en repérage dans le coin, carte IGN en main, je tente un raccourci pour une diagonale en forêt. Á l’entrée de celle-ci, un camping-car immatriculé en Allemagne profite du calme et de la beauté du lieu. Je marche une heure en ‘’ligne droite’’ et retombe sur… le même camping-car, toujours en pause !

31/07

Frontière et mystères

Nuit d’orage à Pontarlier et journée de ciel gris-noir. La cape de pluie verte fabriquée en Normandie va protéger l’homme et son précieux sac.

C’est en yéti vert que je passe la frontière suisse. Trois douaniers pour me saluer, pas très habitués à croiser un yéti. En mode boussole et indications ‘’sentiers pédestres’’, je progresse quelques heures et vais poser ma petite tente sur les hauteurs de Sainte-Croix, au calme, en observateur. Mais que se cache-t-il derrière cette frontière ?

01/08

« Liberté et patrie* »

En guise de calme, la nuit fut entrecoupée de musique typique suisse. 3 h… 4 h… 5 h… ! ? La montagne fait office de caisse de résonnance. Au matin, un quart d’heure pour descendre vers le village, je suis accueilli par un ‘’Play mobil’’ géant et son drapeau suisse.

En ce lundi, surprise, le grand magasin Coop est fermé ! ? Direction Yverdon où se préparent une grande fête, des concerts. Tout le monde semble en vacances. Aujourd’hui premier août, on m’informe que c’est la fête nationale suisse.

*Devise de la Suisse

01/08 au soir

Lumière du réverbère

Assis sur un banc face au lac de Neuchâtel, je déguste la transition lente entre la tombée du jour et la levée de la nuit. Je découvre cette fameuse lumière verte qui va animer le petit réverbère d’en face, presque posé sur l’eau, devant quelques petits voiliers.

On ne peut pas décider des souvenirs qui vont marquer notre esprit.

Au même lieu, j’ai rencontré celle qui allait faire route avec moi. Je ne savais pas encore que cette lumière verte du 26/07/82 allait se transformer en lumière du cœur dès le lendemain.

02/08

Le psautier de Romainmôtier

Avec l’aide de miss boussole, je choisi de rejoindre Orbe par le canal occidental : champs de choux, carottes… puis grimpettes vers le site clunisien de Romainmôtier.

Installé et douché, je rejoins l’abbatiale en tenue ‘’legging-tong’’. On m’indique qu’il y aura un office œcuménique ; voici deux livres, dont un de chants.

Nous sommes six, installés sur les stalles au fond du transept. Deux chants qui décoincent ma voix enrouée et quelques textes complexes entonnés sur une lente mélodie, psaumes 36,15 et 83. Mon autre livre est un psautier.

03/08

Pas un âne à Lausanne

Les signes du pèlerinage de la Via Francigena semblent inexistants depuis sainte Croix. Reste un balisage honnête, c’est tout. A la différence du chemin de Compostelle en Aubrac ou de nombreux villages d’Espagne qui ont pu renaître par le Chemin, la Suisse n’a pas besoin du flux pèlerin pour vivre. Je vis mal aussi le fait d’acheter tout, deux à trois fois plus cher.

À l’approche de Lausanne, un déluge de richesse ostensible m’assomme : Jaguar-Porsche, bateaux de luxe sur le lac, palaces… Je redoute la suite vers Montreux où il sera difficile de bivouaquer.

Je ne veux pas avancer bêtement sur un chemin dénué de sens. Je décide de voyager de Lausanne à Martigny par le train, soit cent kilomètres. Je ne veux pas être un âne à Lausanne.

04/08

Nuitée en chalet… suisse

En demandant mon chemin à Orsières, trois sympathiques villageois m’annoncent un gros orage. Je poursuis encore en grimpant vers le hameau désert de Fernex. Les premières gouttes tombent, je pousse la porte d’un vieux chalet, les deux mètres carrés de l’entrée vont m’abriter pour cette nuit.

Face à l’orage, on cherche vite un abri solide.

Dimanche 06/08 vers le col saint Bernard à 2473 m

Prière du pèlerin de Volluz Gratien*

« Il faut faire découvrir aux jeunes la beauté de la création, les entraîner sur les sommets, les lancer à la découverte d’eux-mêmes. Il faut aider l’Homme à se libérer de la bagatelle qui l’aveugle, pour l’engager dans un dépouillement progressif de soi, l’aider à connaître ses possibilités et ses limites, le disposer à monter »

Texte inscrit sur un panneau… après 4 h 15 d’ascension…

*Gratien Volluz (1929-1966) est prêtre et guide de haute montagne. Il est à l’origine des pèlerinages alpins qui s’adressaient aux jeunes des années 60.

Ce même dimanche 06/08…descente en Italie

Nous venons d’entrer dans la vallée d’Aoste, la plus petite région de l’Italie, avec son statut ‘’autonome’’ et son historique francophone. Elle est reliée avec la Suisse et la France par le col du grand Saint-Bernard et le Mont Blanc. Cinq étapes.

Contrôle fiscal

Sensation étrange d’arriver dans un autre pays, simplement comme ça en piéton. Quelques échos de l’italien chantant, mais des noms de rues en français.

Trois heures de descente et neuf-cents mètres plus bas, Saint-Léonard s’annonce, premier village bien animé en ce jour de dimanche.

Un vide-grenier, des produits bio, du miel… Trois ânes sont ‘’garés’’ un peu en retrait avec de la paille au sol … flash-back haïtien. J’achète un fromage de chèvre pour un bivouac proche du village. Trois euros, pas cher, je retrouve la monnaie de chez moi. Le jeune paysan insiste pour que je prenne le reçu : « Si, si, c’est pour contrôle fiscal. »

08/08

Pause en pression

Arriver à Aoste un lundi vers dix heures, c’est assister à un éveil collectif de la cité accueillante. Les rues piétonnes laissent circuler les marcheurs. Du français sur les vitres des magasins, sur les plaques de rues et places.

De l’italien dans les discussions et les gestes, des vestiges romains dispersés dans la ville.

Midi, le temps de se poser à une table, se décharger du sac. Peut-être le temps d’amorcer l’écriture de ce journal… en commandant une bière au café du théâtre. C’est le temps de la pause en pression.

De l’eau à gogo

Tout au long du chemin en vallée d’Aoste, par les hameaux quasi abandonnés et les villages de Chatillon, St-Vincent, Verrés et Pont-St- Martin, de très nombreuses fontaines offrent en continu une précieuse eau venue des Alpes. Pour les cultures et prairies, un ingénieux système d’irrigation conduit et distribue l’eau par ces petits canaux de moins d’un mètre de large. Sur des kilomètres, ces ‘’rus’’ voyagent côte à côte avec le chemin. Les prairies en pente vivent grâce à l’aspersion aérienne, magnifique ballet matinal. Enfin, chaque village dispose de points d’eau : au choix, entre ‘’frezzante’’ et ‘’naturale*’’. Pour cinq centimes du litre, vous remplissez vos bouteilles. Depuis des siècles, l’eau coule à flot.

*Pétillante et plate

09/08

Attenti al cani*

Les heures de marche du pèlerin conduisent à la rêverie, à la pensée, voire à la méditation… Quel dommage que cet état de bien-être soit cassé par les aboiements de chiens, aux yeux noirs et à la canine bien pointue. Quasiment toutes les maisons sont équipées d’un système de vidéosurveillance et d’un panneau très accueillant « attenti al cane ».

En arrivant au village de Verrès, quel bonheur de rencontrer mes deux premiers… chats.

*Attention aux chiens (au singulier, attenti al cane)

10/08

Don Riccardo à San Pietro

Après une nuit en bivouac proche d’une petite rivière pour la toilette de la veille, le rangement de ma tente et du sac se déroule en trois quarts d’heure. Matinée fraîche et aérée.

Vers 13 h, je déguste une glace dans un petit café de village. Les kilomètres suivants se déroulent plus lentement sous un soleil en pleine forme. Crème solaire et chapeau pour se protéger. Arrivé à Donnas en mode ‘’cuit’’, je me dirige vers l’église San Pietro et demande l’accueil. Don Riccardo me laisse un lit, une douche, des toilettes… et plus tard me fait porter un repas avec quatre belles tomates de son potager.

C’est en traversant le village de Pont-St-Martin que l’on entre dans la région du Piémont (capitale, Turin), pour trois étapes au nord de la région. Elle se caractérise comme le pôle industriel de l’Italie (FIAT, textile…).

11/08

Olivetti et Pierre Rabhi

Presque trente kilomètres pour parvenir à la petite ville d’Yvrea et le premier gîte pèlerin du Canoa club, avec une dizaine de personnes présentes.

Le repas ‘’pasta’’ en ville est partagé avec sept Italien(ne)s et une Française. La discussion s’anime autour des personnages d’Olivetti, père et fils, créateur de la première entreprise de machines à écrire d’Italie. Yvrea et ses environs constituent le fief des Olivetti. Je discerne une grande admiration du groupe qui m’explique que c’était un grand humaniste. De la valeur économique de l’entreprise, il se souciait autant de la valeur sociale de ‘’ses’’ ouvriers.

« Mais en France, vous avez aussi des humanistes » me dit-on, « ce petit homme à la parole posée et profonde. »

Quelle ne fut pas ma surprise de les entendre citer le nom de Pierre Rabhi* .

*Pierre Rabhi : Philosophe-paysan qui a porté par son exemple de vie les valeurs de l’agroécologie, de la sobriété heureuse et de la coopération. ‘’Faire sa part’’ revient comme un leitmotiv de son action face aux enjeux de la planète. Ce sacré petit bonhomme discret m’insuffle espoir et énergie.

14/08 ; journée de pause en ce dimanche, à Vercelli

Homo communicatus

« Il vous reste 0,00 EURO sur votre forfait. Pour le recharger… »

Terrible menace qui s’inscrit sur mon portable. Je vais être bientôt déconnecté. Le réseau d’eau s’est développé dès le XIVème siècle au nord de l’Italie. Mais ce tout récent réseau des ondes qui alimente portables et Internet semble être devenu tout aussi vital, du moins nécessaire à la vie économique et sociale. Je reconnais que les SMS envoyés par ma femme et ma famille vont me porter jusqu’à Rome. Alors vite rechargeons !

Les rizières et Babybelle

Repas à l’ostello sancti Eusebi

CON et SON

Cinq Italien(ne)s, une Norvégienne, une Allemande et un Français partagent le repas du soir dans la vaste et chaleureuse cuisine de l’Ostello de Vercelli.

La pèlerine allemande est partie de Taizé en Saône et Loire pour Rome. Il y a quelques années, elle était partie de chez elle de Westphalie pour St-Jacques.

« Ah, vous êtes parti de Besancon ! » me dit-elle. « J’y suis passée, très belle ville Besancon, bel accueil ». « Vous travaillez à Besancon ? ».

« Oui, oui, mais en français, on prononce Besançon ». D’après la B.D « le chat » de Geluck, l’inventeur de la cédille serait un certain monsieur Grocon.

15/08. Entrée en région de Lombardie ; 6 étapes à l’extrême sud de la région, loin de sa capitale Milan ; le fleuve Pô, les rizières et le risotto…

Omnes Viae Romam Perducunt et aussi Errare humanum est*

Après une journée de pause, je me sens frais et en forme pour démarrer une étape de trente-quatre kilomètres. De longues lignes droites à travers les rizières et les champs de maïs. Petit virage à gauche et ça repart pour des kilomètres, droit, droit. Une ligne de chemin de fer ? J’ai dû perdre le chemin ! Le village de Nicorvo est droit devant, je prends donc l’azimut Sud-Est pour le rejoindre… nouveaux chemins droits… bloqué par le canal. Autour, les rizières. Pas d’autre choix que le retour en arrière et encore deux heures de marche à 35 °C.

Enfin arrivé au village de Mortara vers 19 h. Mais l’abbazia di San Albino** se situe encore deux kilomètres après le village. Quelques lits de camp sont disposés sous les vitraux et une grande table en bois annonce le repas, préparé par une mamma.

« Vous arrivez un peu tard quand même » avec un « doccia subito*** » d’après ce que je comprends dans un langage énergique et généreux. Le pèlerin aura gîte et couvert en mode ‘’Offerta**** ’’.

Au bilan de cette journée, je doute que « tous les chemins mènent à Rome* » et j’espère que « l’erreur est humaine* », tout comme l’accueil et la générosité.

** Abbaye de San-Albino

*** Douche tout de suite

****Offerta : le pèlerin laisse une somme selon ses moyens et l’accueil…

Riso, cuistot

Ce soir, c’est restau avec trois pèlerins allemands. En plat principal, des pâtes. C’est du costaud, surtout qu’en entrée, nous venons de déguster le fameux risotto local.

Temps de préparation : 10 minutes, temps de cuisson : 20 minutes

Ingrédients (pour 4 personnes) :

- 300 g de riz pour risotto

- 4 carottes, 2 oignons, 2 poireaux

- 2 cuillères à soupe d'huile d'olive (de Toscane), 20 cl vin blanc, 1 litre de bouillon légumes

- 6 cuillères à soupe parmesan râpé, 20 g beurre, 4 cuillères à soupe de persil plat haché

- sel, poivre, muscade

Préparation de la recette du risotto aux légumes