Co-naître - Andréa Malterre - E-Book

Co-naître E-Book

Andréa Malterre

0,0

Beschreibung

"J'espère que vous allez laisser les histoires, c'est à dire la vie, vous arriver, que vous allez travailler avec ces histoires issues de votre existence -la votre, pas celle de quelqu'un d'autre- les arroser de votre sang, de vos larmes, [de votre lait] et de votre rire, jusqu'à ce qu'elles fleurissent et que vous fleurissiez pleinement à votre tour. C'est là la tâche, l'unique tâche." "Les larmes sont une rivière qui conduit quelque part. Elles entourent de leur flot le bateau qui emporte la vie de notre âme, viennent le soulever et l'entrainer hors des rochers, hors du terrain sec, vers un lieu nouveau, un endroit meilleur." - Clarissa Pinkola Estès, Femmes qui courent avec les loups - Ce livre ne contient aucun enseignement. Laissez vous porter par ses pages. Dans la tempête intérieure qui nous anime parfois, les tranches de vies ici rassemblées peuvent être votre phare, celui qui vous rappelle que vous êtes au bon endroit au bon moment, que ce que vous faites est parfaitement juste. Laissez votre rivière couler, ne la retenez pas. Mais surtout, suivez son cours, et apprenez à nager avec elle, ainsi vous commencerez le plus beau des voyages : celui de la rencontre de soi.

Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:

Android
iOS
von Legimi
zertifizierten E-Readern

Seitenzahl: 468

Veröffentlichungsjahr: 2019

Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:

Android
iOS
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



« Août couve, septembre fait naître. »

A notre Muse : Garance, à Nous, à l’Amour, à l’Avenir,

A nos lignées, à toutes celles qui ont allaité avant nous,

Aux familles qui maternent, aux papas qui soutiennent,

A toutes les femmes, qui portent le monde comme on porte un enfant,

Aux femmes qui donneront naissance et allaiteront après nous :

Soyez certain(e)s de votre pouvoir. Votre corps sait faire.

Ecoutez votre intuition profonde. Elle seule est la clé.

Sommaire

Préface

Introduction

Partie I : Automne

Partie II : Hiver

Partie III : Printemps

Partie IV : Ete

Préface

Mon cher et tendre et moi-même avons mis au monde notre premier enfant, Merlin, et trois ans et demi plus tard, notre deuxième enfant, Myrtille, est arrivée, comme par magie. La sagefemme ou Femme-Sage qui nous accompagnait, Marie-Aimé, nous répétait « Les femmes accouchent depuis la nuit des temps, faites-vous confiance et tout ira bien ! ». Je me souviens avoir convoqué ma « Femme sauvage » pour donner la vie naturellement et l’avoir incarnée pleinement. Nos enfants nous invitent encore aujourd’hui à vivre chaque jour un peu plus intensément l’instant présent, à éprouver la joie, à admirer et à honorer tous les règnes : animal, végétal, minéral et tellement d’autres choses encore!... J’ai pris conscience il y a peu, que ce sont eux qui nous ont ouvert les portes de la spiritualité. J’ai compris que les enfants parfaits n’existent pas. Les parents parfaits non plus d’ailleurs. Alors soyons imparfaitement parents et puissent nos enfants être imparfaitement ce qu’ils sont. Apprécions leurs imperfections autant que les nôtres, nos ors et nos ombres, nos forces et nos vulnérabilités. Apprécions la perfection d’être imparfaitement NOUS. Laissons-nous émouvoir par cette beauté de l’imparfait, ce « plus » que parfait. Acceptons de ne plus savoir. Savourons l’impermanence des choses. Acceptons d’être enseignés par nos toutes jeunes âmes incarnées, encore remplies d’inestimables sagesses. Éprouvons de tous les pores de notre peau, cette liberté.

« Et comme les indiens de jadis qui laissaient leurs enfants courir librement dans les prairies, les bois et les montagnes, pour les aider à devenir des hommes et des femmes, dignes de leur Créateur, ainsi, nous les guerrières et guerriers de l’arc-en-ciel travaillerons à amener à tous les enfants la bénédiction magique de la Nature, le délice de courir pieds nus dans l’herbe sur les collines et la caresse fraîche du vent dans leurs cheveux. La civilisation spirituelle qui s’en vient créera la Beauté par son souffle-même, purifiant les eaux des rivières, aménageant des forêts, des parcs et des jardins là où il y a maintenant désolation et pollution, et elle ramènera des fleurs sur les flancs des collines. Quelle entreprise glorieuse que d’améliorer le monde par la beauté ! Comme les indiens de jadis qui aimaient, comprenaient et connaissaient les pouvoirs des animaux et des plantes, qui ne prenaient rien de plus que le nécessaire aux besoins essentiels de survie, ainsi, les nouveaux indiens éclaireront la conscience des destructeurs ignorants. Ils adoucieront les cœurs des exploiteurs, afin que les animaux repeuplent la Terre et que les arbres, puissent encore pousser haut et protéger le sol précieux. En ce jour, tous les peuples seront capables de marcher dans la Nature en Harmonie avec la Vie. La conservation de tout ce qui est beau et bon : tel est le cri qui vient du cœur du Nouvel âge. »

- William Willoya and Vinson Brown, Warriors of the Rainbow, strange and prophetic dreams of the indian peoples, Naturegraph Publishers, California, 1962 -

Ce cri évoque celui de la naissance, d’une re-naissance de notre Humanité. Quant à ce livre, fraîchement sorti de Terre, que vous tenez entre les mains, il est le fruit de l’Amour de deux êtres, de parents envers leur enfant, d’hommes et de femmes pour la Terre-Maman qui les portent en leur sein, d’un grand cercle d’Êtres Humains pour le Vivant. Les émouvants témoignages qui le ponctuent redonnent son lustre à notre Nature sauvage, à notre instinct de mères-louves, de pères-loups, de grands-mères et de grands-pères formant une meute capable d’aimer inconditionnellement...

À vous d’entrer dans le Cercle, cet espace sacré au centre duquel brûle un immense feu accueillant les mots déposés par vos frères et par vos sœurs. À vous désormais de tenir, entre vos mains fébriles, le bâton de parole et de dire votre vérité. « Mitakuyé Oyassin »*.

Marie Cochard

Co-fondatrice du magazine Druidéesse

« Mitakuyé Oyassin »* : « Au nom de toute ma parenté. À toutes mes relations. À tous les êtres auxquels je suis reliée ». Salutation Sioux Lakota

Introduction

Il y a quelques années, je travaillais dans une crèche dite ‘écologique’ pour un stage d’une semaine dans une section jardin d’enfants. Un jour, la responsable, éducatrice de jeunes enfants, a eu un comportement que je qualifierais d’inadmissible. Les enfants étaient à table, et un petit garçon d’environ 18 mois (timide, parlant peu voire pas à la crèche) n’a pas dit merci au moment où on l’a servi. Il s’est littéralement fait agresser par cette éducatrice qui lui hurlait dessus et lui a répété au moins une vingtaine de fois qu’il devait dire merci. Je ne me souviens pas précisément des mots employés, mais je me rappelle que la scène était humiliante et terrifiante, je pleurais à l’intérieur de moi. Mon enfant intérieur pleurait et subissait cette agression autant que ce petit garçon. Il faut croire que cette jeune éducatrice (30 ans max) avait un fort sentiment d’infériorité, quelque chose à prouver, une autorité à asseoir… Pétrifié, l’enfant ne lui a jamais dit merci et il a été mis à part, seul, à une autre table : « tu resteras ici jusqu’à ce que tu dises merci quand on te sert ». Je n’ose pas imaginer l’impact que cette brimade a eu sur son petit cerveau...

Si je vous raconte cet événement, c’est qu’il est revenu à moi cet après-midi même, comme une évidence qu’il fallait le transmettre ici. Peut-être une sorte de rédemption pour moi, mais qui vient certainement aussi expliquer profondément la raison d’être de ce projet et du livre que vous tenez à présent entre vos mains. Sur le moment, je n’ai rien fait. Je m’en veux beaucoup. J’avais 25 ans, je n’avais pas d’enfant, j’étais une simple stagiaire et déjà en froid avec l’équipe que j’étais censée observer durant une semaine car leurs manières de faire me dérangeaient profondément (critique des parents et des enfants en présence des enfants sans les nommer, interpellations froides, «douces violences»...). Je ne savais pas tout ce que je sais aujourd’hui sur le développement de l’enfant, de son cerveau, je ne connaissais pas les dernières études en neurosciences ni le phénomène des neurones miroirs. Mais j’avais la conviction intime que ce qui venait de se passer sous mes yeux était anormal, injuste, injustifié et terriblement impactant. À l’époque, je n’ai pas su arrêter cela, je n’ai pas eu l’aplomb ni le courage de le faire. Mais aujourd’hui, si je fais ce projet, c’est d’une part pour éviter à d’autres enfants de vivre ce type de situations et d’autre part pour dire aux adultes qui s’occupent d’enfants (qu’ils soient leurs parents ou qu’ils soient professionnels de la petite enfance), qu’ils n’ont pas besoin de brimer les enfants, de les casser, de les contraindre ni de les rabaisser pour qu’ils deviennent des adultes « bien élevés ». Il existe un phénomène parfaitement adapté et extrêmement intéressant dans le cerveau de nos enfants : il s’agit des neurones miroirs. C’est simple : faites quelque chose, l’enfant fait de même. Dites quelque chose, l’enfant répète. Pour apprendre à un enfant à dire merci, le punir, lui hurler dessus, le mettre l’écart ne fera rien à part anéantir sa confiance en lui. Dites lui merci quand il vous donne quelque chose et, quand il sera prêt, il vous dira simplement merci à son tour, sans que vous ne vous y attendiez!

« Sois le changement que tu veux voir dans le monde. »

- Gandhi -

C’est mon message à travers ce livre. N’attendons pas que les autres fassent pour nous. Soyons ce colibri qui éteint le brasier goutte après goutte, donnons cet exemple, incarnons ce changement. C’est ainsi que nos enfants prendront exemple et deviendront des modèles à leur tour, avec un réservoir affectif plein et une confiance en eux boostée au maximum.

Cette introduction me permet aussi de faire un petit point langage à présent. Depuis plusieurs années, nous entendons parler à tout va d’éducation « bienveillante »… Personnellement, j’ai fait une overdose de ce terme car je me suis aperçue que sous couvert de « bienveillance », beaucoup d’échanges entre adultes se qualifiant ainsi étaient en fait bien loin des valeurs que ces personnes disent porter pour leurs enfants... De plus, parler de parentalité bienveillante laisse entendre qu’il pourrait y avoir une parentalité « malveillante »; et hormis de rares cas à part relevant d’une pathologie psychologique, je reste persuadée que tous les parents ne souhaitent que le meilleur pour leurs enfants; qu’il y a juste des parents mieux informés que d’autres! Alors aujourd’hui, je préfère remplacer le terme de « parentalité bienveillante » par celui de parentalité « en conscience » qui me semble plus proche de ce que l’on essaie de faire : c’est à dire changer de paradigme!

Nous ne sommes pas des parents parfaits, nous faisons aussi des erreurs en tant que parents mais nous avons conscience de faire ces erreurs, et tenterons de faire mieux la prochaine fois, gardant en ligne de mire la parentalité respectueuse optimale que l’on a choisie !

La parentalité en conscience, c’est d’abord mesurer l’impact de l’éducation « classique » (que nous avons à peu près toutes et tous reçue) sur notre enfant intérieur, l’adulte que nous sommes devenus, nos vies actuelles, notre (manque de) confiance en nous, notre personnalité, nos choix et nos fardeaux! C’est la volonté de faire les choses différemment, d’impulser le changement vers une éducation respectueuse de l’enfant et de ses rythmes. C’est la volonté de considérer l’enfant comme une personne à part entière, capable de faire des choix et d’apprendre par lui-même. C’est limiter, ou dans l’idéal, éradiquer toute forme de violence envers l’enfant (considérer qu’il n’y a pas de « petite » violence) afin de permettre à l’enfant de grandir sereinement, en accueillant et en exprimant ses besoins et ses émotions. Enfin, c’est une parentalité qui va au delà de la relation parents - enfant. Une parentalité « engagée », dans laquelle nous sommes sensibles à l’Écologie, à l’avenir de notre planète, à la nécessité de réduire notre consommation et d’aller vers des modes de vie plus minimalistes. Nous pouvons être éco-anxieux mais avons à coeur de changer les choses et de faire de notre mieux pour cela. Pour se faire nous nous dirigeons vers plus d’autonomie (potager en permaculture par exemple ou consommation plus responsable), nous nous reconnectons aux rythmes de la nature, et à nos instincts profonds. Nous faisons le choix de vivre au présent avec nos enfants, de profiter de chaque instant en pleine conscience, autant que faire se peut. Notre but : incarner les valeurs que nous portons afin de les transmettre à nos enfants par l’exemple.

Je ne voulais pas écrire un livre à base de « il faut » et de « vous devez »… Je voulais partager des parcours inspirants de parents, montrer que la parentalité en conscience et le maternage proximal vont bien au-delà de « faire un enfant et retrouver au plus vite sa vie d’avant ». Je vous le dis dès à présent : si vous n’êtes pas encore parent, sachez déjà que l’arrivée d’un enfant dans votre vie est un immense bouleversement et que vous ne retrouverez jamais votre vie d’avant! Mais si c’est un vrai choix, vous allez découvrir une nouvelle part de vous-même et vous vous apprêtez à faire le plus beau des voyages! Ce livre est là pour vous montrer que l’allaitement, le maternage proximal, quelle que soit votre manière d’y entrer, sont non seulement possibles mais surtout que, si vous faites un pas en ce sens, vous vous rendrez compte que c’est la meilleure manière de commencer dans la vie que vous puissiez offrir à votre enfant. Et par dessus tout, mon but avec ce livre est que vous sachiez que malgré un accouchement difficile, malgré la prématurité, malgré une montée de lait tardive, malgré la présence de deux bébés, ou d’un seul et d’un deuil à faire en parallèle… c’est POSSIBLE! En bref, je n’ai pas à vous dire quoi faire ni comment le faire. Je suis juste une maman dont la vie a entièrement changé avec l’arrivée de notre fille et j’ai eu envie de transmettre cela. Ce qui se passe au-delà du quotidien dans nos coeurs de mamans, et pour nos enfants. Ce qui est plus subtil, cette transmission invisible mais pourtant si riche, celle qui touche l’âme et qui transforme de manière unilatérale et définitive, celle qui TRANSCENDE !

Co-naître, c’est naître ensemble, en même temps. S’incarner pleinement, puis enfin naître à soi même, en tant que mère, en tant que père et en tant que citoyen du monde. Co-naître, c’est se trouver soi grâce au chamboulement qu’est l’arrivée d’un enfant dans notre vie. Un enfant, que dis-je, un messager. Je suis persuadée qu’au fond, elle (Garance) est à l’origine de ce projet. Nous (son père et moi), n’avons fait que réaliser dans la matière un projet qu’elle avait pour nous, un projet qui faisait partie de notre mission ici, participant à cette volonté de se reconnecter à nos instincts profonds et d’offrir un monde meilleur aux générations futures. Le voici à présent, d’encre et de papier, dans toute sa pureté, illustré par nos photographies et riche des tranches de vie intimes, que vous nous avez confiées. Du fond du coeur, Merci! Les roues présentées en début d’ouvrage font office de sommaire puisque le livre se décompose en 4 parties : Automne (p. →), Hiver (p. →), Printemps (p. →) et Eté (p. →).

Andréa, Ghérard et Garance

« Quand on devient mère, on vit une profonde transformation intérieure, on redéfinit notre identité (personnelle, sociale, familiale), on découvre une part de soi jusque là ignorée. (...) Le chemin de la maternité est ponctué de moments forts, d’apprentissages. Pour certaines, ce sera l’accouchement, pour d’autres l’allaitement ou encore le processus de conception. En fait, chaque étape vient nous donner une opporutnité de grandir, en tant que femme, en tant qu’humain. Devenir mère est un voyage. »

- Ariane de Rafael - Film « Enchantement » -

PARTIE I

Automne

C’est dur de se souvenir qui on a été avant d’être ce parent-là. Cette mère-là. Mon corps entier et toute ma conscience sont dédiés à ce cercle vertueux de notre famille depuis la naissance de ma fille. L’énergie qui me traverse, mes projets… Quel sens ça aurait sans eux ?

En fait c’est le chemin de ma vie, j’ai passé une bonne partie de mon enfance à me questionner sur les pratiques des adultes vis-à-vis des enfants. J’étais studieuse et du coup j’ai vite relevé de grandes incohérences concernant les valeurs des adultes et ce qu’ils me faisaient subir. J’ai même invoqué à plusieurs reprises La Convention de New-York avant l’âge de 10 ans. Ce qui m’amuse et me chagrine en même temps. Pour ça j’ai aimé l’école. Elle m’a sortie d’un isolement des idées et du coup de la toute-puissance des « plus grands ». Et pourtant devenue moi-même instit’ j’ai réalisé : ce dont ces enfants ont besoin je ne peux pas leur donner pleinement dans ce cadre institutionnel là. Cette prise de conscience je l’évoque car elle est venue avec Dune dans mon ventre. Ma fille, mon guide. A chaque étape importante ma source de réflexion c’est l’observation et comme je côtoyais beaucoup d’enfants professionnellement j’ai su vraiment tôt : je serai là pour mes enfants car personne ne peut le faire comme moi. Cette évidence, cet alignement je ne suis pas sûre de bien l’exprimer en mots. C’est dense et profond et ça m’habite depuis longtemps. Longtemps avant d’avoir abrité ces petites âmes.

Ma première grossesse était un enchantement. J’en garde un souvenir merveilleux et pourtant j’ai passé à cette époque tant de temps dans le métro parisien. Quel paradoxe ! L’haptonomie m’a permis de m’envelopper de douceur et de confiance. Une sensation de flotter au milieu du chaos qui fait écho la suite de nos tâtonnements dans la vie de parents.

Nos envies étaient sûres et la venue de notre fille, son regard sur le monde et sur nous ne les ont pas ébranlées. On voulait construire cette belle relation avec toi, que notre attachement réciproque soit teinté de respect et non de peur, de rire et non de sarcasmes, quelque chose de franc mais dans la douceur. De personne à personne.

Tu es arrivée et je pensais avoir fait le tour de la douleur de mon enfant intérieur. Mais non. Tout était encore là. A vif. Alors je t’ai portée, bercée. J’ai flanché. Je me suis dit : comment peut-on donner autant ? Est-ce que ça a du sens ? Quelle est la limite ? J’étais remplie de tout ça et en même temps vidée. Mais le sens de tout ça, le voilà : l’amour était si puissant. Il y a eu ces cris, ces réveils intempestifs, cette douleur dans la nuit, un genou bloqué « je/ nous ». Je n’ai pas aimé qu’on m’explique la corrélation psychologique. Je suis à l’intérieur, je sais. Gardez vos explications. Je n’ai pas aimé qu’on me dise qu’elle ne dormait pas parce que moi je n’étais pas prête. Oh si j’aurais voulu dormir… La parentalité respectueuse prend parfois des formes qui piquent!

Puis il y a eu l’explication, enfin. La vraie. Celle qui anéantit l’Univers et qui en fait renaître un autre dans la seconde. Tes nuits. Ta souffrance ? Mais les sourires ? Les rires ? Toi qui rampes partout ? Qui pousse comme un champignon, qui évolue si vite et bien. Et tu aurais eu mal ? Impossible. Une tumeur. Moi qui te nourris de mon lait et toi qui nourris la tumeur pendant que tu meurs… Alors j’ai cru : elle va mourir. Ma vie, mon trésor infini. J’ai été si reconnaissante à ce moment là d’avoir été consciente de tes besoins avec ton papa. De t’avoir portée, allaitée, écoutée le jour et la nuit. De t’avoir donné le minimum auquel un petit humain peut prétendre et qui t’appartenait de droit, de fait. Alors on s’est battus. Contre ta maladie avec l’expertise, et le soutien médical… Et parfois contre ce système qui encourage la sonde naso-gastrique et le sevrage « pour ton bien ». Je t’ai nourri deux ans et une bonne partie de ce temps là tu n’as mangé rien d’autre que ce lait. Mon lait. Ton lait guérisseur. Quand j’y repense, je me dis que j’ai énormément douté mais que tu me montrais la voie!

Pour mon fils je ne me posais même plus la question. Les aliments solides ont pris leur place très progressivement entre 12 et 18 mois mais sincèrement le lait était son aliment principal. Cette fois-ci j’étais rôdée. J’ai arrêté d’en parler, de me justifier à des personnes qui ne pouvaient pas l’entendre (médecin, entourage…). J’ai compris qu’ils me parlaient de leurs peurs, bien ancrées par leur éducation, leur formation ou le marketing de l’alimentation infantile. Et moi quand je te donne mon lait mon fils je me sens légère, légère, mon impact sur la planète quand je le fais, l’éthique, la logique, l’affection que nous échangeons… Tout s’aligne. C’est un pur moment de gratitude envers moi-même, envers vous mes enfants. Je ne suis qu’un maillon de la chaîne de vie et ça me suffit amplement cette simplicité. Je ne me sens pas fière d’allaiter depuis presque 5 ans. Je me sens être. Je me sens à ma place. Normale.

Tout cela existe par la sécurité que j’ai de reposer sur un homme. Ma force c’est celle de toutes les femmes qui ont la chance de sentir cette transmission de leur pouvoir de génération en génération. Mais sans cet homme, ce serait tellement plus dur... Mon facilitateur. Mon Amour. À toi, que j’aime voir prendre soin de ceux que j’aime le plus au monde. À toi, qui me ramène à l’essentiel quand je déraille. À toi, qui m’a donné ta confiance pour porter notre famille et traverser les cataclysmes!

« On peut toujours plus que ce que l’on croit pouvoir. »

- Joseph Kessel -

Nelly

Je ne voulais pas d’enfants. Vraiment je n’en voulais pas, je n’étais pas à l’aise avec eux, qu’ils soient bébés ou plus grands. Puis j’ai rencontré mon mari, lui en voulait mais je lui ai bien fait comprendre dès le départ que je n’en voulais pas. Il ne m’en parlait pas, ne m’a jamais fait de discours pour me convaincre ou que je change d’avis. J’ai fait mon cheminement seule et l’envie d’avoir un bout de nous est venue simplement, naturellement.

Tristan, tu es entré dans nos vies à l’été 2014. Nous avons eu une belle rencontre, pas celle que j’avais imaginée puisque j’ai pris la péridurale alors que j’aurais préféré faire sans, avoir un accouchement plus naturel; mais tu étais là, beau, en vie, alors plus rien n’avait d’importance. J’ai également eu envie de te nourrir de la plus naturelle des manières : T’ALLAITER ! J’ai fait ce choix même avant de tomber enceinte, je savais que je voudrais donner le sein à mes enfants, c’était naturel, ancré en moi. Je ne m’étais pas donné de limite : je me disais « j’espère 6 mois, 1 an et puis jusqu’à ce qu’il arrête de lui-même finalement ». Ça aura duré 26 mois, 26 mois d’aventure lactée, 26 mois qui ont changé la vision que j’avais de mon corps, 26 mois qui m’ont aidée à aimer ce corps car il t’a donné la vie et t’a fait grandir!

Toi, Clément tu as débarqué dans nos vies à la fin de l’hiver 2018. C’est toi qui m’as permis de découvrir un accouchement naturel, je le voulais encore plus que pour ton frère, te sentir naître, accoucher « en conscience ». D’ailleurs, la première chose que j’ai dit à ton papa quand je t’ai eu dans mes bras c’est « je l’ai fait, j’ai réussi ! ». Un allaitement encore plus simple que pour ton frère car je ne me suis posé aucune question, c’était naturel ! Tout était plus simple, plus clair et plus naturel dans ma tête !

Le NATUREL c’est ça ! C’est ce que la parentalité m’a aidée à comprendre et à vivre ! Grâce à vous mes enfants, j’ai appris à me connecter à ma nature profonde, à m’écouter, à me faire confiance. De l’accouchement naturel à l’allaitement, en passant par le portage, je suis revenue aux prémices de la maternité : j’ai appris à materner mes enfants en écoutant mon instinct mais aussi en lisant, en me renseignant, en en parlant avec d’autres mamans, en me remettant en question.

Je me suis également remise en question sur notre façon de s’alimenter, sur l’utilisation des produits d’hygiène et ménagers. L’écologie était déjà un centre d’intérêt pour moi, j’en avais conscience et j’y accordais de l’importance mais sans vraiment changer mon mode de vie. Puis vous êtes arrivés et pour vous donner le meilleur et vous montrer ce qui était le mieux pour vous, il fallait qu’on change. J’ai découvert d’abord tout ce qui était produits de beauté au naturel, puis ce sont les produits ménagers qui y sont passé, et je me suis mise à cuisiner pour finalement n’acheter plus que les aliments de base et tout faire maison. Tout cela pour arriver à consommer de manière la plus naturelle possible et avec le moins d’impact sur notre planète. Ma manière de consommer, de voir les enfants, notre vision de l’éducation, celle que j’ai de mon corps et de la vie, ma manière de penser et ma façon d’être : TOUT a changé depuis que vous êtes là !

Et je continue chaque jour de m’améliorer grâce à vous ! Chaque jour, j’essaie de donner le meilleur de moi-même, chaque jour je fais des erreurs, vous me pardonnez et je trouve la force pour que ces erreurs cessent, chaque jour j’avance sur la voie que vous avez tracée pour moi quand vous avez décidé de vous nicher au creux de moi. Chaque jour je chemine vers mon vrai moi, chaque jour je vous aime un peu plus pour tout ce que vous m’apportez ! Parce que le jour où vous êtes est nés, une part de moi est née aussi ! Ce n’est pas moi qui vous éduque, moi je vous accompagne sur votre chemin comme vous m’avez montré le mien ! J’ai compris que ce n’est pas d’une maman parfaite dont vous avez besoin mais de MOI, d’une maman vraie, nature, sans artifice. J’ai compris que je ne serais jamais parfaite mais que je ferais toujours du mieux que je peux, que je dois m’accorder de l’importance pour que vous vous accordiez de l’importance, que je dois m’occuper de moi pour mieux m’occuper de vous. Merci de m’avoir ouvert les yeux mes fils que j’aimerais toute ma vie et au-delà, jusqu’à « Ceinturne » (comprendre Saturne) comme tu me dis Tristan !

Angélique L.

Je n’ai pas grandi dans l’Amour ni la Bienveillance. Je n’ai eu aucun modèle de couple heureux et harmonieux, aucune transmission parentale. Je suis née dans le silence, les on dit, les mensonges, la manipulation. On m’a rabaissée, humiliée, maltraitée physiquement et mentalement, on n’a jamais cru en moi… Mais ça n’est plus très grave maintenant…tu sais pourquoi ? Car aujourd’hui, je suis la femme que j’ai envie d’être, je suis la maman que j’ai longtemps rêvé d’avoir, je communique souvent avec mon enfant intérieur, pour la rassurer et lui dire que la vie est belle et qu’elle fera tout au long de sa vie des rencontres inoubliables, qui valent le coup de se battre et d’avancer ! Effectivement, je me suis beaucoup battue pour m’en sortir, et j’ai cette force en moi qui m’élève. Une force dont je prends conscience chaque jour qui passe ! Mes enfants : ma force, mon envie de réussir, ma capacité à évoluer, à vouloir leur donner le meilleur de moi, ma bienveillance, mon Amour, et tellement plus encore!

L’Allaitement, je n’y connaissais absolument rien ! Pour mon premier enfant, j’avais 19 ans et il était impensable pour moi de l’allaiter car je voyais les seins comme un objet sexuel et non comme un attribut nourricier. En fait, j’ai surtout fait comme la société m’avait appris, j’ai fait comme tout le monde faisait autour de moi. J’ai mis mon fils dans SA chambre, dans SON lit, je l’ai laissé pleurer, je lui ai donné tous les trucs bien commerciaux que je croyais être bons pour sa santé!... Et tu sais quoi ?! Ben j’en étais malade !!! je ne voulais pas faire comme ça ! J’avais pas appris les bons gestes et j’avais peur d’écouter mes tripes! Quel regret !

D’ailleurs, il est vrai qu’entre autres pour ces raisons, je ne voulais plus devenir mère. J’en vomissais, rien que d’y penser. C’est très dur à admettre pour moi, mais le 13 mai 2015 j’ai fait partir le bébé qui s’était niché au creux de moi. Mon petit ange que j’aime tant…. J’ai avorté. Pardon, j’ai le cœur lourd ! Mais il le fallait, je n’étais pas prête. J’avais tellement peur, j’étais perdue, j’étais dans une fasse de chaos à l’intérieur de moi, mon passé, ma vie d’enfant me faisait tellement souffrir… J’ai eu besoin de m’occuper de moi, de savoir qui j’étais et ce que je voulais être pour pouvoir être la mère mais aussi la femme que je suis aujourd’hui ! Cet ange, je le porte à vie sur mon bras gauche et je le remercie d’avoir respecté mon choix car grâce à lui, je suis devenue moi.

À présent, j’ai 29 ans. Je suis maman allaitante de ma troisième merveille, celle qui ma donné ma liberté, je suis tellement fière d’avoir appris avec elle toutes ces choses que je voulais mettre en place dans ma vie. L’allaitement a été dur au début, simplement car je manquais de confiance en moi ! Est-ce que j’allais être capable d’avoir ce « BON LAIT » ? puis j’ai cherché l’information au départ dans les livres. Trouvant cela trop théorique, j’ai cherché quelque chose qui me correspondait mieux. C’est ainsi que j’ai atterri sur les vidéos YouTube de Mayane @apasdemoa!

J’avais un soucis depuis le départ dans mon allaitement : j’utilisais des bouts de seins en silicone car ayant une forte poitrine et de « petits tétons » (remarque faite en maternité, hors ils sont normaux...) cela était soit disant plus simple !! Aux 3 mois de ma fille, j’en avais ras le bol de ces machins qui dégoulinent partout ! J’avais pourtant essayé sans mais je n’étais pas sûre de moi et de la succion de ma fille. J’ai alors demandé de l’aide à Mayane, qui a pris le temps de me poser les bonnes questions et de me guider mais par sécurité, par habitude, par fatigue, par manque de confiance, et de patience je n’ai pas réussi à les enlever ces machins!

Puis arrive le shooting Motherhood Into the Wild! AMOUR, BONHEUR, PARTAGE, GRATITUDE, c’était court mais intense. Je suis arrivée, moi et mes bouts de seins. À la première photo j’avais donc installé mon bout de sein et ma fille pour la tétée. Puis, en discutant, rigolant, observant, apprenant, en me sentant vibrante et vivante… mon bébé tétait! Sans son bout de sein, sans que je ne m’en aperçoive, comme par magie! Nous étions au milieu de ces feuilles, de ces couleurs automnales, de cette odeur de bois, ce rayon de soleil qui traverse le haut des arbres, mes pieds nus sur le sol…. Que je me sentais bien ! Je planais même ! Mon bébé et moi nous étions en train de faire notre tétée le plus simplement du monde et on y arrivait soudainement très bien, sans artifice.

Quand j’ai l’occasion de parler de cette belle aventure je dis que ce jour-là, la nature m’a donné foi en moi et m’a appris à nous faire confiance! Ce que j’ai ressenti cette après-midi là était tellement puissant, c’est exactement ce qu’il me fallait. Un coup de boost, un shoot d’Amour pour me libérer de toutes ces questions inutiles. « Fonce Élo, aie confiance en toi, tu peux le faire! «, et tout à coup, je me suis sentie moins seule !

Je fais du cododo, je laisse ma fille s’alimenter librement grâce à la DME, je ne laisse pas mon bébé pleurer, je suis à l’écoute des besoins de mes enfants, je ne suis pas violente et j’interdis toute forme de violence envers eux de la part de nos proches! Ils sont libres d’être ce qu’ils ont envie d’être, ils apprennent par eux-mêmes et moi je les guide, je veille, je leur explique. Ah que oui je prends mon temps, et je ne travaille pas ! C’est mon choix, le choix de vivre pleinement avec mes enfants, de les regarder grandir et s’épanouir, de leurs donner tout mon Amour!

Je ne suis pas une maman parfaite, je me trompe parfois je doute, je me remets souvent en question et ça m’arrive de râler quand je suis fatiguée… c’est la vie; on apprend chaque jour et les rencontres et partages à travers ce projet m’ont aussi appris que l’on n’est pas seul à vivre ces difficultés et surtout que c’est NORMAL.

Motherhood into the Wild m’a donné confiance en mes choix, mes convictions, m’a rapprochée de cette nature qui m’appelait depuis tellement longtemps. Ce projet m’a donné la liberté de m’exprimer telle que je suis, sans aucun jugement, me permet d’être fière de mon allaitement réussi et de pouvoir apporter ma pierre à l’édifice à la cause qu’est l’allaitement!

À toi Andréa, à Ghérard et Garance, j’ai une gratitude immense pour VOUS. Pour ce que vous êtes, pour votre projet, pour les messages que vous véhiculez, pour les rencontres que nous avons faites, les moments partagés et gravés dans nos mémoires à tous les quatre. À vous toutes et tous (ces hommes, femmes, familles) que nous avons rencontrés, à vos enfants que j’ai adoré observer jouer, côtoyer et embrasser, vous avez appris quelque chose de précieux à mon être, à mon âme et à mon cœur : c’est cet AMOUR.

Je veux aussi remercier mon mari qui est d’une aide précieuse car sans lui mon allaitement aurait été difficile. Je pense notamment à la télécommande que je n’arrivais pas à attraper, à mes repas loupés s’il ne me les avait pas apportés, à mes douches non prises s’il ne s’était pas occupé de notre fille, à toutes ces fois où j’ai eu besoin de souffler pour me ressourcer, à son regard sans jugement, à sa patience mais surtout à ce lien si fort qu’il a construit avec son bébé!

Mille mercis aussi à mon grand garçon qui est un grand frère exceptionnel, qui m’a facilité la tâche et qui a su sécher mes larmes quand les jours étaient difficiles pour moi. Il m’a donné une force inouïe. Je t’aime mon grand, merci pour l’amour que tu me portes.

Élodie F.

« Être sa propre mère

nourrissante et soutenante

Se donner

amour et protection

pour ses propres créations

qui enfanteront le monde. »

- Séverine Perron - Les Herbes Vives -

Si on me demande combien de temps j’ai mis pour tomber enceinte de mon fils, bien sûr ça sera peu puisque nous n’avons mis « que » six mois. En réalité, cela fait des années que j’ai envie d’être maman et après notre mariage c’est devenu viscéral : vous savez cette sensation de mal-être qui vous tord le ventre désespérément vide, ce ressenti d’un manque d’un être qui n’existe pourtant pas encore...

Un soir d’août 2017, je craque totalement : des pleurs irrépressibles. Je ne supporte plus l’idée d’attendre cet enfant chéri. J’ai ce besoin de créer la vie, la porter, la voir naître puis l’accompagner. Mon mari, à qui j’ai tu ces pensées depuis quelques temps (ne voulant pas le bousculer), se demande ce qu’il se passe. Je lui confie, entre deux sanglots, ce besoin qui m’anime. Complètement surpris que je ne lui en aie pas parlé plus tôt, il m’avoue y songer depuis quelques temps. Il me propose donc naturellement de prendre rendez-vous pour faire retirer mon stérilet.

Fin août arrive, mon stérilet est retiré. Je suis alors partagée entre l’excitation et la crainte de ne pas être apte à accueillir cet enfant. En effet, nous sommes toujours en recherche du cocon idéal pour y fonder notre famille! Qu’importe, nous partons en lune de miel le mois suivant, nous voulons en profiter. Septembre sera un mois aux mille et un souvenirs même si aucun bébé ne s’est logé en moi. C’est fou comme on s’imagine que cela fonctionnera de suite!... Nous avons tellement pris l’habitude de contrôler le fait de ne pas vouloir d’enfant qu’on pense naïvement contrôler aussi le fait de mettre en route un bébé, pensant souvent qu’il «suffit» de supprimer le moyen de contraception! J’accueille la nouvelle facilement ce n’est que le premier mois d’essai. Le mois suivant nous profitons de l’allégresse et de la folie de vouloir créer la vie. Je ne fais pas attention à mes dates de règles. J’ai des cycles longs et je n’ai pas l’habitude de faire attention à d’éventuels retards. Je ne le savais pas encore, mais j’étais enceinte... oui était...

Un soir nous recevons un ami à la maison. Au cours de la soirée, je me sens très mal, je suis prise de violentes douleurs abdominales mais comme j’ai des problèmes digestifs je pense simplement à ça. Je ne veux pas affoler mon mari qui discute avec notre ami, je décide alors d’aller m’allonger dans notre lit. Quand mon mari me rejoint, il propose de m’emmener aux urgences ce que je refuse; je me dis que ça passera, comme à chaque fois. Milieu de nuit, je suis soulagée et m’endors sereinement. Je me réveille tôt et sens quelque chose couler entre mes jambes; je pense simplement à mes règles que j’attends. Je me dirige vers les toilettes, je perds énormément de sang avec plusieurs caillots dont un qui me paraît énorme. Effroi et stupeur m’envahissent : je n’ai jamais connu ça je ne comprends pas ce qu’il se passe. Plus tard, mon médecin confirmera qu’il s’agit effectivement d’une fausse couche précoce. Sur le moment, je digère plutôt bien la nouvelle mais quelques semaines après, la prise de conscience est violente : je pleure toutes les larmes de mon corps ce bébé que je connaîtrais jamais... Pour une fois, je décide de ne pas garder cela pour moi mais je fais face à de l’indifférence et de l’indélicatesse. Dans ces moments là, on a juste besoin de soutien et de réconfort et pas de phrases stériles, vides de sens.

Les mois passent, nous trouvons notre nid et programmons donc notre déménagement trois mois plus tard. Le fait de concevoir un enfant devient une véritable obsession, m’enfermant dans la tristesse à chaque nouveau test négatif. Epuisée, je décide d’en parler à mon médecin qui me mets une semaine d’arrêt pour que je me repose et que je calme cette tempête émotionnelle qui monte en moi. Au même moment, je prends rendez-vous avec mon psychothérapeute pour une séance d’hypnose. Cette séance m’a fait beaucoup de bien et m’a permis de lâcher prise. Nous déménageons fin janvier, le test est négatif mais la maison est remplie de coccinelles.

J’y vois un signe de bonheur prochain.

En février, nous vidons les cartons, faisons des travaux et peaufinons la décoration de ce nouveau chez nous. Nous continuons d’essayer, mais sans pression. À la date présumée de mes règles, j’ai mal à la poitrine et à l’utérus et je me dis simplement que ce n’est pas encore pour ce cycle. Puis un matin en me levant je réalise que j’ai quatre jours de retard. Je suis en vacances, je décide de faire un test de grossesse. Surprise dans un premier temps puis explosion de joie… il y a deux traits : je suis enceinte! Je m’empresse de le dire à mon mari qui passe par toutes les émotions en deux secondes pour finir par la joie. L’histoire pourrait s’arrêter ici car finalement j’accoucherai 7 mois et demi après d’un merveilleux petit garçon mais la vie nous a quand même donné du fil à retordre avant de nous offrir ce cadeau suprême. Une grossesse « pathologique » au cours de laquelle j’ai enchaîné saignements avec surveillance accrue, hypertension, pré-éclampsie, risque trisomique élevé, diabète gestationnel, menace d’accouchement prématuré à 32SA à cause de l’hypertension, puis déclenchement pour éclampsie modérée à 36 sa. Je monte très haut en tension pendant l’accouchement à la limite du tolérable pour le corps : en bref je ne suis pas passée loin de la césarienne d’urgence. Mais tout s’est bien déroulé et malgré le déclenchement, j’ai pu accoucher sans péridurale comme je le souhaitais!

Après tout cela, le maternage était une évidence pour moi. J’avais des doutes pour l’allaitement car j’ai subi une chirurgie réparatrice, mais malgré quelques difficultés, notre allaitement est toujours en cours (bébé a 10 mois). Pour le reste, j’apprends (enfin, je désapprends!) pour m’adapter et progresser chaque jour un peu plus dans mon nouveau rôle de maman. Ce n’est pas toujours facile mais notre bonheur est de voir grandir et évoluer celui pour qui on n’a jamais cessé d’y croire : notre fils.

Cindy M.

« La mère est la première terre du nourrisson. (...) C’est à travers le corps de sa mère que s’enracine le corps de l’enfant. »

- Alexander Lowen -

Je suis l’heureux grand-père d’un petit garçon de 16 mois et j’ai découvert ces “nouvelles” pratiques parentales : le portage, le cododo, l’allaitement, la DME…! En effet, avant je ne connaissais pas, personne autour de moi n’avait éduqué son enfant ainsi.

J’ai découvert que le portage permettait à l’enfant d’avoir un contact privilégié avec la maman, le parent, ce qui bien entendu lui apporte confiance et assurance. Le cododo lui permet d’acquérir cette indépendance, aller et venir, être avec ses parents, se blottir contre eux, passer sur l’un et aller vers l’autre. Il n’est pas prisonnier d’un lit à barreaux dans lequel on met l’enfant une fois pour toute et duquel il ne pourra sortir qu’après avoir dormi !

Maintenant, c’est ainsi que je vois les choses, cela me paraît être la meilleure façon d’élever un bébé. Par exemple l’allaitement permet au bébé de maintenir et de faire perdurer des liens forts avec sa maman, en plus du fait que le lait maternel est rempli de bienfaits, bien meilleur (incomparable) à tous ces laits industriels. En plus du lait de sa maman, cet enfant de 16 mois mange seul par lui même la nourriture qui est celle des parents, cela lui permet de connaître le goût, la texture des aliments et c’est génial!

Mais pour aller vers cela, il faut savoir pourquoi on fait un enfant… Faire comme ses voisins, ses collègues, sa cousine? Non bien sûr, un bébé c’est le prolongement naturel de l’amour d’un couple, une volonté de continuité. Et le maternage proximal est la continuité de la grossesse, la poursuite du souhait intime et profond de faire un enfant, non pas pour se combler soi, mais pour le combler lui!

Toutes ces pratiques, ou devrais-je dire cette philosophie, m’ont beaucoup appris et elle est (selon mon expérience) celle que l’on devrait préconiser aux parents. Je suis fier de ce petit couple et de mon petit-fils Milo, de voir comment ils s’épanouissent en voyant leur enfant progresser chaque jour. Je souhaite à beaucoup de parents de pouvoir connaître ce bonheur.

René P.

« Si l’humanité doit évoluer, cette évolution se fera dans le sacré, dans une conscience que la vie est magique, belle, enchanteresse, que la nature est un don, la manifestation d’un principe qui nous dépasse. Alors nous réaliserons notre vocation suprême : l’admiration. »

- Pierre Rabhi -

Devenir père m’a responsabilisé, ça a renforcé l’amour que je porte à ma femme. Faire le choix d’une parentalité en conscience et d’un maternage proximal me paraissait essentiel. C’est un choix commun qui nous semble important pour le bien être de nos enfants, ma femme est actuellement enceinte de notre deuxième bébé.

La mise en place de l’allaitement s’est faite de manière si naturelle et évidente à la naissance de Milo que nous partons sur l’idée d’un co-allaitement avec notre deuxième. C’est dans notre nature humaine. Je ne me suis jamais senti mis à l’écart. Au contraire, j’en profite pour relayer ma chérie et je réponds aux autres besoins de mon fils. Grâce à tous ces moments de partage on construit une belle complicité ensemble. J’aime beaucoup passer du temps avec lui à jouer, lire des histoires, prendre des bains... je l’accompagne dans plein d’autres moments d’éveil, depuis ses premiers mois! Cela me permet d’assumer pleinement mon rôle de père. Le portage aussi nous réunit! C’est agréable de le porter de l’avoir tout contre moi, je me sens plus proche encore. Et je trouve le portage tellement plus pratique que la poussette au quotidien!

Depuis que je suis devenu papa je ne me sens pas plus fatigué qu’avant, c’est juste différent évidemment, mais le fait qu’il dorme en cododo avec nous c’est beaucoup moins compliqué pour l’endormissement de Milo. Selon moi cela évite l’exclusion de l’enfant au sein de la famille. Jusqu’à la fin de la journée il participe à notre vie familiale, on se pose tous les trois, parfois on chante des comptines, on se raconte des histoires, on regarde quelques livres. Depuis sa naissance on passe relativement de bonnes nuits car les réveils nocturnes ne sont pas compliqués à gérer, mon fils se remet au sein tout contre ma femme et ils se rendorment aussitôt.

Notre fils a aujourd’hui 16 mois et je trouve que notre nouvelle vie de parents n’est pas si compliquée. Elle est riche en partage et en amour. On voit que notre fils est épanoui et c’est ma plus grande satisfaction.

François B.

Avant la naissance de mon fils je ne savais pas vraiment quelle maman je serais. Ayant été abandonnée plus jeune par ma propre mère, il était évident pour moi d’être maternante, présente et dévouée pour mon enfant. Je savais juste que je voulais lui permettre de s’exprimer, lui laisser sa place, le considérer pleinement, le laisser vivre libre. Car finalement c’est lui le coeur de la famille que nous construisons avec mon chéri!

À sa naissance, la première mise au sein a été une vraie révélation. Comme une évidence de la nature humaine, mon côté animal a pris sa première place, nourrir de mon lait l’enfant que j’ai porté en moi. Au fur et à mesure de notre aventure lactée, je me suis davantage renseignée sur l’allaitement maternel, et nous continuons ensemble sur ce si beau chemin. Je vois mon fils soulagé lorsqu’il tète, il est rassuré, détendu, je crois bien qu’il est heureux.

Je suis actuellement enceinte de notre deuxième enfant, et nous continuons toujours notre allaitement. Je laisse Milo gérer luimême ses besoins lactés, il vient téter lorsqu’il le souhaite, autant de temps qu’il le veut. Et pour ce deuxième bébé j’espère pouvoir découvrir le co-allaitement. Pouvoir nourrir mes deux enfants en même temps grâce à la puissance de mon corps de femme, je me dis que la nature est si bien conçue ! Leur permettre à chacun de partager ce concentré d’amour, cette fusion ensemble, j’ai bien envie de découvrir cela !

Bien entendu on suivra les besoins de chacun, si Milo souhaite arrêter pour laisser la place à sa petite soeur je le laisserai gérer tout en l’accompagnant au mieux dans sa démarche. J’adore me sentir connectée avec mon fils. Et je ne crois pas mettre de côté mon chéri en allaitant notre enfant, parce que Milo est très proche de son papa aussi. Ils jouent beaucoup ensemble, ils partagent de nombreux moments. Il réclame souvent des histoires à son papa, ils dessinent ensemble, je les vois si proches tous les deux!

Le portage aussi nous rend fusionnels. J’adore porter mon petit garçon, le sentir collé à moi. Depuis ses premiers jours le sling est devenu notre meilleur ami. Puis au fil des mois après avoir suivi plusieurs ateliers de portage j’ai pris goût aux écharpes, j’ai découvert le portage au dos et Milo adore. Je trouve ça vraiment confortable, je me sens à l’aise avec mon fils tout contre moi. Les rares fois où l’on utilise la poussette je n’ai pas du tout les mêmes sensations évidemment, c’est plus encombrant, moins pratique, on n’est pas autant en symbiose, c’est vraiment différent. Malheureusement je ne peux plus le porter en ce moment suite à un petit accident, mais heureusement papa est là pour prendre le relai!

Ces valeurs communes découvertes tout au long de notre vie de parents nous ont encore plus rapprochés mon homme et moi. On constate que notre petit garçon est serein, souriant et plein de vie. Nous sommes contents de nos choix. Notre petite famille est notre bonheur.

Jennyfer P.

Après une douloureuse épreuve : celle de la perte de mon compagnon, le papa de ma princesse, il a fallu avancer. «Parce que la vie continue…». Ma vision des choses a changé, tout comme mon comportement avec ma fille : j’essaie d’être plus patiente, plus présente pour celle qui est tout mon univers. Celle que j’ai porté en moi pendant 9 mois. Et porté au delà de ça : ma seconde peau, mes enfants. Parce qu’après la tempête vient le soleil, un homme est entré dans nos vies, pour notre plus grand bonheur, et avec lui nous sommes redevenus une famille; recomposée mais une belle famille !

Un petit bébé est venu agrandir celle-ci, mon bébé arc-en-ciel qui m’a fait renaître de cet enfer. Ce bébé que je n’arrive pas à quitter, qui reste au sein des heures durant... Je suis fière d’avoir accompli la difficile épreuve que fût notre allaitement. Je le porte toujours tout près de moi, comme s’il était toujours en moi. C’est un besoin pour lui comme pour moi, une évidence de répondre aux besoins de mes enfants avant de répondre aux miens avec bienveillance et respect. Devenir mère est la plus belle expérience du monde : les montagnes russes, un vrai tsunami dans nos vies. Soyez bons avec vos enfants et ils vous le rendront au centuple, croyez moi.

K.

Je suis tombée enceinte très rapidement, moins de 2 mois après l’arrêt de ma contraception. Je l’ai su tout de suite, je l’ai senti. Ce que je n’avais ni prévu ni senti, ni même imaginé, c’est la présence de deux bébés au creux de mon corps. À l’annonce de cette nouvelle j’ai ressenti de la peur puis une grande colère. Comment allions-nous faire pour élever deux enfants ? C’était pour moi une punition, j’ai mis des semaines à accepter l’idée. Comment subvenir à leurs besoins ? Comment accorder assez de temps à chacun ? Comment organiser ma vie professionnelle ? Et surtout comment vais-je faire pour allaiter deux petits ?

Quelques mois se sont écoulés et petit à petit l’appréhension s’est transformée en joie, voire même en fierté. Fabriquer deux petits êtres était un véritable cadeau de la Nature ! Je me suis progressivement préparée à ce nouveau schéma de vie, et je me suis beaucoup renseignée sur l’allaitement de «multiples», car il était inenvisageable pour moi d’en abandonner l’idée sous prétexte que j’allais avoir deux bébés. De jour en jour, j’ai pris confiance en moi, en mon corps et surtout je me suis DOCUMENTÉE.

Grâce à ces acquis et aux précieux conseils de formidables mamans allaitantes de jumeaux, j’ai pu mener mon projet comme je l’avais souhaité.

Malgré mon accouchement imprévu à 30 SA,

Malgré l’horreur de la césarienne sans anesthésie,

Malgré la grande prématurité de mes lionceaux,

Malgré 2 mois de réanimation, puis soins intensifs et néonatalogie,

Malgré la montée de lait qui a mis plus de 5 jours à arriver, en tirant mon lait toutes les 3 heures jour et nuit pour stimuler la lactation,

Malgré le fait que mes bébés étaient trop faibles pour téter car ils gardaient leurs forces pour réussir à respirer,

Malgré le fait d’avoir attendu un mois avant d’avoir le droit de les mettre au sein,

Malgré les doutes des soignants,

Malgré la fatigue,

Malgré les pesées-tétées tellement stressantes,

Malgré la culpabilité de les voir si fragiles, de leur infliger cette souffrance et cette peur,

Malgré la tristesse de les voir séparés, chacun dans leur couveuse alors qu’ils venaient de passer 6 mois l’un contre l’autre dans mon ventre,

Malgré la peur de les perdre, ou d’entendre l’annonce d’une terrible séquelle,

Malgré tout ça je peux vous jurer sur ce que j’ai de plus précieux (x2) que c’est ce projet de nourrir mes enfants moi-même qui m’a donné toute la force dont j’ai eu besoin durant ces moments.

Je me focalisais sur le fait de réussir, d’avoir suffisamment de lait pour remplir leurs sondes gastriques, je leur devais bien ça. J’avais en tête mon objectif et je savais que j’y arriverai. Ça me donnait de l’énergie et de la volonté, et je voulais prouver aux équipes médicales que c’était tout à fait possible, eux qui «n’avaient jamais vu de jumeaux repartir de néonat en allaitement exclusif». Je savais que j’y parviendrais car je m’y étais préparée, renseignée. Je savais qu’il n’y avait rien de compliqué ni d’insurmontable, il faut juste se souvenir que plus on stimule plus on produit.

Les premières semaines je restais auprès d’eux de l’aube jusqu’au milieu de la nuit, à leur parler, leur chanter des chansons et les regarder se battre. Puis à partir du moment où j’ai eu le droit de les mettre au sein je suis restée nuit et jour avec eux, pour les faire téter quelques minutes avant l’administration de mon lait (tiré) par la sonde, afin de stimuler leur succion. Après chaque tétée je tirais mon lait pour stimuler ma lactation. Au fur et à mesure ils ont tété de mieux en mieux et à leur sortie d’hospitalisation je suis rentrée chez moi avec mes bébés allaités exclusivement.

Ils ont maintenant 18 mois, et sont en pleine forme. Toujours allaités, et j’ai repris le travail à leurs 8 mois. J’ai tiré mon lait 3 fois par jour au travail jusqu’à leurs un an, et depuis je tire 2 fois par jour travaillé. Quand je suis avec eux c’est tétées à volonté, aussi longtemps qu’ils en auront besoin. Je suis extrêmement fière d’eux et de leur courage, et reconnaissante pour notre parcours. Je comblée, je remercie la Vie et la Nature.

Je suis chaque jour plus amoureuse de mon mari qui a toujours cru en moi et n’a jamais douté de mes choix ni de mes convictions, c’est extrêmement important d’être soutenue par ses proches et en particulier par le père de nos enfants!

Et surtout, je ne remercierai jamais assez toutes les femmes qui donnent leur lait aux lactariums, c’est grâce à elles que les petits prématurés survivent, je leur dois la vie des Amours de ma vie!

Kim

« Multiples naissances »

Lorsque je suis tombée enceinte de mon aînée et que j’envisageais l’accouchement, il ne m’était pas vraiment venu à l’esprit que je pouvais en être pleinement actrice, encore moins de l’importance de mon rôle.

Inconsciemment, pour moi, les acteurs de ce passage étaient ceux du corps médical. Ils me diraient quoi faire, vérifieraient que ma fille est en bonne santé, et agiraient si besoin. Sans surprise, c’est donc comme ça que s’est passé l’accouchement de ma première fille. Sous le joug d’un corps médical qui n’est pas le parent de mon bébé.

Julia est née et m’a fait naître. Elle m’a fait devenir sa maman. Elle m’a fait prendre mon envol et réaliser que je pouvais faire autrement pour elle. Je suis passée Actrice de ma maternité, et lorsque je suis tombée enceinte de ma cadette, j’ai aussi pris en main cet aspect de notre vie. Naomi est née dans notre foyer. Elle a été accueillie par sa mère, son père et la sage-femme qui nous accompagnait. Elle n’a pas été pressée, et notre lien était très fort durant cet accouchement.

Après une grossesse compliquée, émotionnellement et physiquement, je me demandais souvent comment se passerait l’arrivée au monde de ma Naomi. Cet accouchement était à la hauteur, comme réparateur, à la fois doux et puissant. Et je n’oublierai jamais que ce qui m’aidait le plus à faire passer les contractions les plus fortes était de parler à mon bébé, de faire équipe avec elle.

Lors de cet accouchement, je me suis sentie forte, je me suis sentie puissante, et je n’ai jamais douté que c’était ma fille et moi qui étions en train d’accoucher. J’ai remis notre famille au coeur de la scène, car il s’agit bien de nous, et de notre vie.

A chaque accouchement, c’est toute une famille qui renaît.

Sabrina R.C.

« Le devenir-mère se fonde sur un savoir archaïque, intime, confidentiel, un savoir du corps, pétri d’humilité et de patience, mais aussi de force et d’allégresse. »

- Yvonne Knibiehler -

Devenir maman a été une merveilleuse porte d’entrée sur la voie du bien-être. Sensible à la protection de l’environnement depuis toujours, la maternité a marqué un tournant essentiel dans ce processus.

J’ai ressenti dès ma grossesse le besoin de ralentir fortement mon rythme, j’étais très fatiguée tout du long et j’ai accueilli cette fatigue pour vivre ces 9 mois suspendus en pleine conscience. Je me suis initiée à la préparation à l’accouchement par la pleine conscience à travers le programme MBCP (Mindfulness based Childbirth and Parenting Program – Naissance et parentalité en pleine conscience) via le livre «Se préparer à l’accouchement en pleine conscience» de Nancy Bardacke et j’ai découvert la méditation comme une philosophie de vie à part entière qui me permet de savourer pleinement les moments sans avoir peur que le temps ne file trop vite.

J’ai suivi un atelier de portage dès la grossesse pour apprendre à utiliser une écharpe de portage, qui m’a servi dès la sortie de la maternité. J’ai mis tout en oeuvre pour pouvoir allaiter sereinement (cours de préparation à l’accouchement dédié, sage-femme consultante en lactation, lectures...) et je me suis découverte tigresse tellement cela est devenu un combat contre tout ce qui irait à son encontre. J’adore allaiter, à 34 mois, notre aventure lactée dure encore et je suis fière de pouvoir accompagner notre Libellule ainsi.