Collection d'estampes du XVIII au début XIX siècle - Frédéric Rateau - E-Book

Collection d'estampes du XVIII au début XIX siècle E-Book

Frédéric Rateau

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Beschreibung

Estampes des XVIIIème et début XIX siècles: Bâtiments de guerre et bâtiments marchands. Combats et expéditions maritimes. Ports de France. Gravures de Yves-Marie Legouaz et Nicolas-Joseph Masquelier d'après dessins de Daniel Lescallier. Dessins d'après nature et gravures par Jean-Jérome Baugean. Gravures de Dequevauvillier d'après dessins de Nicolas Ozanne et Joseph Vernet.

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Seitenzahl: 218

Veröffentlichungsjahr: 2025

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Les estampes sont des reproductions d’images par encrage sur un support. Celles recueilles dans ce livre s’adressaient à un public spécialisé dans le contexte géo-politique particulier du XVIII siècle.

La culture des images a toujours été sujette à controverses et polémiques: elle véhicule un message universel qui dispense de la connaissance de l’écriture. C’est le débat éternel de la propagande religieuse ou politique et de la liberté d’expression.

L’image était-elle réservée à une élite autorisée à pénétrer dans l’obscurité d’une grotte? Pendant des millénaires les fresques, mosaïques et sculptures diffusèrent les messages culturels de toutes les civilisations. L’époque chrétienne attribue aux églises le lieu ou les fidèles partagent leur foi devant les images pieuses, seule une très petite élite pouvait pour son culte personnel s’offrir le vrai luxe d’une image colorée par la main de l'artiste d’un scriptorium. Certes, les images pouvaient être reproduites en plusieurs exemplaires par des gens à l’esprit pratique. Un motif gravé avec une gouge sur un support en bois, teinté puis pressé sur une étoffe reproduisait le motif fidèle à l’original. Ce procédé la xylographie, pouvait suffire pour décorer un accessoire de mode, un mur ou une enseigne militaire.

Aux alentours de l’an 1400, dans le Sud de l’Allemagne grâce aux progrès techniques dans la production et la diffusion du papier, et l’invention de la presse, il fut possible de diffuser plus d’images. Cela répondait à un besoin de la population désirant prier devant une image pieuse dans le cadre de la sphère privée. D’autres images profanes, essentiellement des cartes à jouer, diffusées par ce procédé restèrent le seul moyen de reproduire une illustration en de nombreux exemplaires.

Les pouvoirs, ou les contre-pouvoirs comprennent la puissance politique de la diffusion à grande échelle de l’image dès le XVème siècle, surtout avec l’invention de l’imprimerie qui développe de nouveaux métiers de graveurs et imprimeurs.

Vers 1450 un nouveau procédé, la gravure sur cuivre, apporte la finesse de détail que les artistes attendaient. Le besoin d’illustrer les livres et de les diffuser fut encore plus puissant même s’il on est encore loin de ce que l’on appellerait avec anachronisme « démocratisation ». Deux techniques se développèrent pour la gravure des lignes du dessin sur la plaque de cuivre: « la taille douce »: gravure directe avec un burin, qui demande l’expertise de l’orfèvre; et « l’eau forte », gravure indirecte sur plaque de cuivre vernissée incisée à la pointe sèche et plongée dans plusieurs bains d’acide, selon les nuances de gris. De grands artistes firent connaitre leurs oeuvres, diffusées et reproduites dans les écoles de dessin; parfois pour en tirer profit à compte d’auteur, comme Dürer avec l'illustration en plusieurs volumes de « l’Apocalypse de Saint Jean » en 1498 qu’il diffuse en allemand et en latin, conscient de l’intérêt commercial de diffuser sur toute l’Europe.

Si les artistes y voient la diffusion des reproductions de leurs oeuvres peintes jusque là réservées à leurs riches clients; la publication prend un intérêt commercial, devient publicitaire et rapidement les gens de pouvoir y voient le vecteur de leur propagande politique. C’est le cas de Maximilien 1er, gendre de Charles le Téméraire qui, par une commande à plusieurs graveurs dont Dürer en 1517, étale sur « l’arc de triomphe de Maximilien » son lignage héréditaire pour légitimer son pouvoir et sa prétention au trône du Saint Empire Romain Germanique. Cette oeuvre de grande dimension était destinée à faire imprimer de nombreuses estampes exposées dans les lieux publics. L’estampe est ensuite outil de propagande religieuse au XVI ème siècle dans le cadre du développement de l’Eglise Réformée.

L’estampe, enrichit le livre de ses illustrations et le risque financier d’impression et de diffusion, comme aujourd’hui, est assuré par des investisseurs qui créent le métier de l’édition. Des maisons très vite se spécialisent pour la diffusion de toutes les connaissances artistiques et scientifiques: l’encyclopédie, les livres de médecine, d’architecture, arts décoratifs, la mode de Versailles, la botanique, la zoologie. Tous ces savants doivent maitriser le dessin pour décrire leur science et ensuite remettre leur ouvrage à un graveur, à un imprimeur, à un éditeur. La possession d’une bibliothèque est un marqueur social et une boite à outils pour l’enseignement.

Les estampes reproduites ici sont du type de celles étudiées par le jeune roi Louis XVI. Il s’appelle Louis-Auguste, a cinq ans, il quitte sa gouvernante Mme de Marsan quand son frère Louis-Joseph très malade, demande à ce qu’il vienne avec lui chez le Duc de La Vauguyon( un militaire). Les deux frères apprennent tout ce qu’un futur roi devrait savoir. Leur père, le Dauphin, et les ministres, fournissent tous les livres et les estampes utiles à leur éducation. Mais les malheurs s’abattent sur la famille. En l’espace de sept ans le petit Louis-Auguste est très affecté par les décès successifs de son frère ainé, de son père et de sa mère, de sorte qu’à l’âge de 11 ans, lui qui n’avait aucune des qualités pour régner se retrouve Dauphin pour succéder à son grand père. Timide et complexé dans ce corps trop grand (1,90m), marié trop jeune à seize ans, il fuit l’environnement hostile de Versailles. Il aura eu huit ans pour se préparer aux fonctions qui l’attendent. Au décès de son grand père Louis XV, il a 19 ans. Ayant pour seul loisir la chasse, il se réfugie dans les études du droit, de l’histoire, des langues étrangères, des sciences de la mécanique, l’horlogerie, les constructions navales. Il reçoit les estampes qui illustrent les traités de Marine et les expéditions maritimes. Il les étudie comme le font les Gardes de la Marine, ces élèves, futurs capitaines des vaisseaux de sa Marine à laquelle il veut remettre les moyens de ses ambitions.

Frédéric RATEAU..

P

remière partie

Gravures de Yves-Marie Legouaz & N.F.J Masquelier d’après dessins de M. Lescallier (1791).

Deuxième partie

Dessins d'après nature et gravures par BAUGEAN, Jean-Jérôme (1820).

Troisième partie

Recueil de combats & d’expéditions maritimes Gravé par DE QUEVAUVILLER, d’après les Dessins de N. OZANNE, ancien ingénieur de la Marine (1797).

Quatrième partie

Réduit de la collection des ports de France dessinés pour le Roi par Ozanne et gravée par Le Gouaz (1776).

Gravures de Yves-Marie Legouaz & N.F.J Masquelier d’après dessins de M. Lescallier (publiées en 1791)

Bâtiments à trois mâts: vaisseaux de ligne, frégates, corvette, fluttes.

Figure 1: Bâtiments à trois mâts exemple de Frégate, Voiles carrées.

Figure 2: Bâtiments à trois mâts exemple de Frégate, Voiles d’étais.

Bâtiments à trois mâts à pible.

Figure 3: Chat.

Figure 4: Craier.

Figure 5: Polacre.

Bâtiments à voiles latines.

Figure 6: Galère.

Figure 7: Felouque.

Figure 8: Chébec.

Figure 9: Boutre.

Figure 10: Pinque.

Figure 11: Barque de Méditerranée.

Figure 12: Tartane.

Bâtiments à deux mâts avec mât de beaupré.

Figure 13: Senaut.

Figure 14: Brigantin.

Figure 15: Bélandre.

Figure 16: Galiotte à bombe.

Figure 17: Hourque.

Figure 18: Ketch.

Figure 19: Dogre.

Figure 20: Lougre.

Figure 21: Goélette.

Figure 22: Houari.

Figure 23: Koff.

Bâtiments à un seul mât avec beaupré.

Figure 24: Galiotte hollandaise.

Figure 25: Heus.

Figure 26: Boyer.

Figure 27: Sloop.

Figure 28: Cutter.

Bâtiment à trois mâts & voiles carrées sans beaupré.

Figure 29: Bûche.

Bâtiment à deux mats & voiles carrées.

Figure 30: Bugalet.

Bâtiment à un mât & voile carrée.

Figure 31: Barcasse de Cadix.

Bâtiment à un mât sans beaupré avec voile à livarde.

Figure 32: Cague.

Bâtiments des Mers & Océans Indien et Pacifique.

Figures 33: Jonque chinoise.

Figure 34: Sampan chinois.

Figure 35: Sampan japonais.

Figure 36: Caracare. Bâtiments de l’Inde.

Figure 37: Carcare.

Figure 38: Prao indonésien.

Figure 39: Prao indonésien.

Figure 40: Prao des Iles Mariannes.

Figures 41: Dinga des Indes.

Figure 42: Barque de Cracatoa (détroit de la Sonde entre Java & Sumatra).

Figure 43: Balse: radeau en bois de balsa.

Figure 44: Pirogues doubles de Tahiti.

Figure 45: Pirogue double du Pacifique.

Figure 46: Pirogue double des Iles Tonga.

Figure 47: Pirogue double des Iles Sandwich.

Dessins & gravures par BAUGEAN, Jean-Jérôme (1820).

PLANCHE 1ère. Vaisseau de ligne français de 80 canons, au plus près du vent.

PLANCHE 2ème. Frégate des États-Unis d'Amérique à l’ancre et faisant sécher ses hamacs.

PLANCHE 3ème. Divers Corsaires de la Méditerranée.

PLANCHE 4ème. Trabaccolo, sorte de bâtiment en usage dans l’Adriatique.

PLANCHE 5ème. Pinque génoise, embarquant des marchandises.

PLANCHE 6ème. Goélette au mouillage, faisant sécher ses voiles.

PLANCHE 7ème. Felouque napolitaine au mouillage.

PLANCHE 8ème. Flûte hollandaise, au plus près du vent, les amures à tribord.

PLANCHE 9ème. Cutter hollandais au mouillage, et Senau suédois, les voiles au sec.

PLANCHE 10ème. Bateau espagnol au mouillage. Barque génoise en calme,remorquée par la chaloupe.

PLANCHE 11ème. Brick de guerre français, en panne, embarquant un canot, etrépétant des signaux.

PLANCHE 12ème. Barque provençale, courant au mouillage, vent largue.

PLANCHE 13ème. Frégate des États-Unis d’Amérique venant d'appareiller, avec des ris dans les huniers.

PLANCHE 14ème. Baraques romaines remontant le Tibre.

PLANCHE 15ème. Vaisseau marchand anglais , venant de mettre à la voile.

PLANCHE 16ème. Vaisseau de ligne français de 80, sous la machine à mâter.

PLANCHE 17ème. Chébec génois de 14 canons, au mouillage.

PLANCHE 18ème. Barque napolitaine, vue par l'arrière, au mouillage.

PLANCHE 19ème. Vaisseau de ligne et frégate anglaise, venant de mouiller.

PLANCHE 20ème. Felouque sicilienne, tirée à terre.

PLANCHE 21ème. Tartane napolitaine chargée de fourrage, au mouillage.

PLANCHE 22ème . Sacoleva, bâtiment grec, vent largue.

PLANCHE 23ème. Vaisseau marchand suédois virant de bord, les bas-ris dans leshuniers.

PLANCHE 24ème. Corvette française au carénage recevant le feu.

PLANCHE 25ème. Frégate française sur le chantier, prête à être lancée à l'eau.

PLANCHE 26ème. Vaisseau de ligne espagnol appareillant.

PLANCHE 27ème. Corvette anglaise. Spéronares maltaises.

PLANCHE 28ème. Bateaux pécheurs catalans.

PLANCHE 29ème. Frégate anglaise, en panne.

PLANCHE 30ème. Misticou, sorte de bâtiment en usage sur les côtes d' Espagne.

PLANCHE 31ème. Frégate suédoise, vue par le travers , au mouillage.

PLANCHE 32ème. Bâtiment de transport anglais, embarquant des effets militaires.

PLANCHE 33ème. Chébec espagnol, à voiles latines, courant vent largue.

PLANCHE 34ème. Corvette marchande vénitienne, au plus près du vent. Lougre français au mouillage.

PLANCHE 35ème. Vaisseau de ligne français de 74, mouillé en rade.

PLANCHE 36ème. Arrière d'un vaisseau de ligne anglais de 74

PLANCHE 37ème. Bateau génois, tiré à terre. Bateau corse.

PLANCHE 38ème. Divers bâtiments caboteurs de la Méditerranée.

PLANCHE 39ème. Vaisseau de ligne avec appareil pour mater son mât de misaine. Canot à la voile.

PLANCHE 40ème. Navire marchand danois, allant au mouillage.

PLANCHE 41ème. Brick marchand des Etats-Unis d'Amérique, faisant sécher ses voiles.

PLANCHE 42ème. Brigantin marchand français, arrivant au mouillage, sur la Méditerranée.

PLANCHE 43ème. Patache portugaise, courant vent largue.

PLANCHE 44ème. Bateau bœuf, petit bâtiment de cabotage.

PLANCHE 45ème. Bombardes françaises de la Méditerranée.

PLANCHE 46ème. Frégate française, pavoisée et saluant.

PLANCHE 47ème. Bâtiments marchands, sur le chantier.

PLANCHE 48ème. Corvette marchande grecque venant de mouiller.

PLANCHE 49ème. Demi-galère, vue par l’avant, au mouillage.

PLANCHE 50ème. Vaisseau de ligne hollandais mouillé, les mâts de hunes amenés.

PLANCHE 51ème. Bâtiment marchand napolitain. Liuto petit bâtiment des côtes de la Toscane.

PLANCHE 52ème. Vaisseau marchand, vent arrière, les bonnettes dehors. Tartane, courant vent arrière.

PLANCHE 53ème. Galiote suédoise, venant de mouiller.

PLANCHE 54ème. Allège d'Arles, descendant le Rhône, un radeau à la remorque.

PLANCHE 55ème. Navire danois embarquant des blocs de marbre.

PLANCHE 56ème.Pilote-bot, bâtiment des Etats-Unis, au plus près; bateau des îles Bermudes.

PLANCHE 57ème. Arrière d'un vaisseau français de 80 canons.

PLANCHE 58ème. Brick allant vent de quartier. Pinque génoise, courant au plus près., sous son carré.

PLANCHE 59ème. Corvette française se touant dans une passe, les vergues brassées au vent.

PLANCHE 60ème. Vaisseau de 74, vent largue, saluant. Vaisseau à trois ponts, en panne.

PLANCHE 61ème. Vaisseau de 120 canons, en construction.

PLANCHE 62ème. Vaisseau de 74, prêt à mettre à l'eau.

PLANCHE 63. Dogre, vu par l'avant. Chasse-marée, au plus près.

PLANCHE 64ème. Corvette française appareillant.

PLANCHE 65ème. Sloop, vu par l'avant. Prame venant de mouiller.

PLANCHE 66ème. Sloop vu par l'arrière. Petit lougre.

PLANCHE 67ème. Vaisseau de 80, vu par l’arrière. Frégate, au plus près, saluant à la voix.

PLANCHE 68ème. Chasse-marée à haute mer, abordé au quai d'un port.

PLANCHE 69ème. Bâtiments marchands, échoués à basse mer.

PLANCHE 70. Frégate en carène.

PLANCHE 71ème. Grand canot de vaisseau de ligne, abordé.

PLANCHE 72ème. Vaisseau de ligne anglais de 74, désemparé après un combat.

Gravures de De Quevauviller d’après les Dessins de Nicolas OZANNE « l’Aisné », ancien ingénieur de la Marine dessinateur de la Marine: .

Recueil des différents vaisseaux qui servent à la guerre suivi des manoeuvres qui ont le plus de rapport au combat ainsi qu’à l’attaque et à la défense des ports. &

Recueil de combats & d’expéditions maritimes

Gravures de Y.M Le GOUAZ d’après dessins et toiles de Nicolas OZANNE, «ingénieur de la Marine, pensionnaire de sa majesté »

Réduit de la collection des ports de France dessinés pour le Roi en 1776.

Première partie

47 Gravures de Yves-Marie Legouaz & N.F.J Masquelier d’après dessins de M. Lescallier (1791).

Figure 1: Frégate, Voiles carrées.

a : La grande voile. b: Le grand hunier. c:Le grand perroquet. d:Le grand perroquet volant. e: La misaine. f : Le petit hunier. g: Le petit perroquet. h:Le petit perroquet volant. i:Le perroquet de fougue. k: La perruche. l: La civadière. m: La contre-civadière. n: Grande bonnette, ou bonnette de grande voile. o: Bonnette de grand hunier. p:Bonnette de misaine . q: Bonnette de petit hunier. r : Le paille-en-cul. s: Bonnette de grand perroquet. t: Bonnette de petit perroquet. bonnettes perroquet de fougue & à la voile d’artimon.

Figure 2: Frégate: voiles d’étais.

1. Grande voile d’étai. 2. Voile d’étai du grand hunier. 3. Petite , ou seconde voile d’étai, ou encore contre-voile d’étai du grand hunier. 4. Voile d’étai du grand perroquet. 5. Grand foc. 6. Second foc ou faux-foc. 7. Troisième foc. 8. Petit foc , ou trinquette , ou tourmentin. 9. Voile d’étai d’artimon. 10. Voile d’étai du perroquet de fougue. 11. Voile d’étai de la perruche. 12. Seconde voile d’étai de la perruche. 13. Voile d’artimon : 2 types avec vergue (14) ou sans vergue (13).

Figure 3: Chat.

Les Chats (sorte de bâtiments en usage chez les Danois, & surtout dans leurs Ports de Norvège, chez les autres Nations du Nord, & chez les Anglais) ont une mâture à pible (mât d’une seule pièce de bois), portant sur leurs trois mâts & leur bout de beaupré, les mêmes voiles que les petits navires; excepté qu’ils n’ont le plus souvent point de perroquet, & que leur artimon est à corne.

Figure 4: Craier.

Les Craiers sont encore des bâtiments à trois mâts à pible, en usage sur la Mer Baltique, en Danemark & en Suède. Ils portent les basses voiles carrées & les deux huniers, quelquefois aussi des perroquets comme les Vaisseaux, un artimon pareil à celui des Vaisseaux, un bout de beaupré avec une voile de civadière, des focs & des voiles d’étai.

Figure 5: Polacre.

Les polacres sont mâtés à pible, portant également trois mâts mais d’un seul jet, ou d’une seule pièce, sans hunes, chouquets, ni barres de perroquet, avec un bout de beaupré aussi d’une seule pièce: ce sont ordinairement des bâtiments marchands de la Méditerranée.

A la hauteur convenable de chacun des mâts, on établit une baderne & un bourrelet pour supporter le capelage des haubans, des étais & des pendeurs de grands palans, des caliornes & des candelettes.N’y ayant point de hune ni de chouquet à ces mâts qui sont d’une seule pièce ( excepté quelquefois celui d’artimon) il n’y a point de guinderesse, point de trélingage aux haubans ; point de gambes de hune ou haubans de revers, point de haubans aux huniers, ni aux perroquets, mais pour y suppléer on y met une échelle de corde avec des échelons de bois appliquée de chaque côté du mât depuis son sommet jusqu'au capelage d’en-bas. Leurs voiles de hune & de perroquet, n’ayant rien qui arrête leur descente le long du mât, s’amènent toutes deux jusques sur la vergue basse, ce qui est avantageux pour amener promptement dans une surprise de vent, ce qu’on appelle amener en paquet. On conçoit aisément que le Gréement de cette sorte de Bâtiment a encore l’avantage d’être très-léger par la suppression qui en résulte, des hunes , des chouquets, & d’un nombre d’objets dont le poids est très-considérable.

Les désavantages de cette mâture sont, que si un mât vient à casser par en-haut, il faut, pour réparer ce dommage, le démâter & le dégarnir en entier; au lieu que dans les mâtures de trois pièces, un mât de perroquet, ou un mât de hune casse, est bientôt remplacé, même en pleine mer, par un mât de rechange. On doit par cette raison faire les mâtures à pible moins élevées, leur donner un excédent de diamètre, & choisir surtout d’excellent bois. Ces mâts se font souvent de deux morceaux, assemblés par un écart ou empâture assez longue à l’endroit du capelage, & fortifiée par des cercles de fer & des roustures de cordage.

Les Polacres sont fort en usage dans nos Ports de Provence & de Languedoc , dans ceux des autres Nations maritimes qui ont des Ports dans la Méditerranée : elles font le Commerce dans le Levant, dans les Ports de cette mer, & jusqu'en Amérique.

Figure 6: Galère.

Les Galères sont mâtées à deux mâts à calcet. Le grand mât se nomme arbre de mestre ; il est contenu par dix paires de haubans ou sartis. Il porte une voile latine, nommée voile de mestre. Le mât d’avant, appelé arbre de trinquet , n’a que cinq paires de Sartis, sa voile se nomme trinquette. En arrière du calcet ou tête de ces mâts est la gabie, espèce de hune : ce nom est tiré de l’Italien, gabbia, qui signifie une cage, à quoi cette gabie ressemble un peu, étant formée & entourée de barreaux qui se traversent à angles droits. Lorsque le vent est modéré ou faible, on substitue quelquefois à la voile ordinaire, enverguée sur l’antenne du grand mât , une voile de mestre plus grande en surface, que l’on nomme Marabout, ou grande Bourde ;

Lorsque le vent est trop violent, on peut en gréer une plus petite que celle ordinaire, qui se nomme la Bouffette. Ces mêmes changements de voiles peuvent s’opérer au mât de trinquet. Lorsque cette sorte de bâtiment a le vent droit de l’arrière, on borde l’une des voiles à tribord, l’antenne vers le bas, & son ourse se portant à bâbord ; & en même-temps l’autre voile se borde à bâbord, & le bas de son antenne à tribord. C’est ce que les Marins de la Mer Méditerranée appellent être orientés en oreilles de lièvre, à cause de la ressemblance ; les deux voiles formant dans cette position deux longues pointes divergentes l’une de l’autre. On peut encore (Lorsque le vent est arrière &: suffisamment fort) gréer sur le mât de trinquet une voile de fortune carrée, appelée voile de tréou, dans le langage des Marins de la Méditerranée. Le gréement des Galères, infiniment léger & simple, à proportion de leur étendue, les rend très-propres à aller à l’aviron, pour cheminer en temps de calme, ou pour avancer contre le vent sur un ennemi, &c. Pour les y disposer, on amène les deux antennes jusqu'au bas de leur mât, on les range horizontalement au milieu du bâtiment dans le sens de sa longueur : alors le gréement du bâtiment ne présente presque aucune surface, ni d’obstacle au vent.

Figure 7: Felouque.

Il en est de même des Felouques employées par les diverses Nations Maritimes qui ont des Ports sur la Méditerranée, à faire des traversées sur mer, d’un port à l’autre, sans s’éloigner que rarement hors de la vue des côtes : leur gréement est seulement proportionnellement plus petit; & les plus fortes Felouques n’ont guère que cinquante pieds de longueur, & que douze avirons par bande.

Figure 8: Chébec.

Les Chébecs gréés à voiles latines (& c’était la manière primitive de les gréer) ont, comme les Galères, un arbre de mestre & un arbre de trinquet, &: les mêmes deux voiles latines ; avec la seule différence que le mât de trinquet est incliné sur l’avant, & que les haubans sont à colonnes. Lorsque le vent est trop fort, on grée sur chacun de ces mâts deux voiles carrées l’une sur l’autre, à la place de la voile latine qui présente trop de surface au vent.

On y ajoute un mât d’artimon, qui, comme ceux des trait-carrés, a une petite hune & un chouquet pour le passage d’un mât de perroquet de fougue, qui se guinde au-dessus ; ce mât supérieure est d’une seule pièce, & sans mât de perruche au dessus. La voile d’artimon de Chébecs est ordinairement, comme les deux autres principales, une voile latine. Les haubans de ce petit mât d’artimon sont ridés, comme ceux des Vaisseaux, sur un porte-hauban: le mât de fougue a deux haubans & des haubans de revers avec un galhauban.

Les Chébecs appartiennent à tous les Peuples maritimes qui ont des ports sur la Méditerranée, soit Chrétiens ou Mahométans.

Figure 09: Boutre.

Le boutre ou dhow ou daou est un type de voilier arabe traditionnel en bois, à un ou plusieurs mâts gréés avec des voiles triangulaires ou trapézoïdale, originaire de la mer Rouge.

Les boutres regroupent d’autres types de navires proches & dans l'océan Indien. Leur point commun est d'être construit en bois & gréé d'un ou plusieurs mâts portant chacun une voile trapézoïdale, semblable à la voile latine à cette différence près que sa pointe avant est tronquée (au-delà d'une certaine taille).

Les boutres traditionnels se répartissent en deux catégories.

-Ceux qui ont la poupe carrée (ou en tableau) : le baggala, qui est le plus grand navire arabe; le ganja, de 70 à 200 tonneaux, qu'on trouve entre l'Arabie et l'Inde; le sambouk de la mer Rouge, utilisé naguère pour la pêche aux perles; le jahazi de Zanzibar & de la côte ouest de Madagascar; le Shu’i, commune au Qatar, qui évoque une grosse barque & sert à la pêche.

-Ceux qui ont la poupe pointue: le bhum, qui existait dans le golfe Persique avant l'arrivée des Portugais & jauge de 60 à 200 tonneaux. le zaroug, employé surtout sur les côtes de Yémen et du Hedjaz. Son tonnage dépasse rarement les 100 tonneaux, & sa vitesse en fait le favori des pirates & contrebandiers.

La taille actuelle des boutres varie d'environ 8 à 30 mètres. Les mieux construits naviguent très bien à toutes les allures du près & du bon-plein au vent arrière, avec une prédilection pour le largue où ils sont redoutables.

Figure 10: Pinque.

Il n’y a absolument aucune différence du gréement des Pinques à celui des Chébecs, qui vient d’être expliqué à l’article ci-dessus, & on n’en aurait pas fait un article à part, si ce n’était que le Pinque semble , par sa construction & ses usages, être un bâtiment d’une autre nature : moins ras, & moins fin dans ses fonds, il n’est destiné que pour le commerce, construit pour la charge.

Les Napolitains & les Espagnols sont, parmi les Nations de la Méditerranée, celles qui ont le plus communément des Pinques dans leur navigation marchande.

Figure 11: Barque de Méditerranée.

Les Barques de la Méditerranée, dont il est ici question, ont , comme les Chébecs, un mât de trinquet incliné sur l’avant, sans beaupré, & un petit mât d’artimon ; mais leur grand mât est un mât à pible, portant, comme celui des Polacres, trois voiles carrées l’une sur l’autre.

Cette sorte de Barque est usitée chez toutes les Nations maritimes de la Méditerranée, soit pour le commerce soit pour la guerre.

Figure 12: Tartane.

Les Tartanes n’ont qu’un mât à calcet, portant une voile latine semblable à celle des Galères, & gréée de même ; avec des haubans à colonne.

On y ajoute en avant un foc qui s’amarre sur l'extrémité du berthelot ou flèche. Cette sorte de bâtiment est usitée dans la Méditerranée, & pour le commerce, surtout en Provence, d’où il s’en expédie quelquefois pour les ports de l’Océan & même pour l’Amérique.

Les Tartanes peuvent aller, soit avec le vent arrière, soit avec un vent trop fort, en gréant une voile carrée , appelée tréou.

Figure 13: Senaut.

Les Senauts sont, de tous les bâtiments autres que les Navires, ceux qui leur ressemblent le plus ; la seule différence étant qu’ils n’ont que deux mâts, mais absolument semblables au grand mât & au mât de misaine des Vaisseaux, & portant le même gréement, les mêmes voiles carrées, voiles d'étai & focs, avec un mât de beaupré en avant.

Les Senauts n’ayant point de mât d’artimon, ont à la place un mâtereau qui porte en bas sur le , pont, & en haut contre le bord arrière de la grande hune : ce mâtereau sert à porter une voile à corne, de même forme que la voile d'artimon des Vaisseaux, de remplissant le même office, & qui se nomme dans cette sorte de bâtiment la voile de Sénaut. Les Senauts sont, pour la plupart, des bâtiments marchands, & les Nations maritimes de l’Europe font un usage fréquent de cette manière de gréer, pour les bâtiments dont le port est moindre de 250 tonneaux; & surtout les François, les Anglais & les Suédois.

Figure 14: Brigantin

Les Brigantins