De l'enfermement à la liberté - Sonia Suau - E-Book

De l'enfermement à la liberté E-Book

Sonia Suau

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Beschreibung

Un témoignage de vie dans lequel Sonia SUAU nous invite à marcher à côté d'elle et à côtoyer son intimité. Submergée par une crise existentielle qui l'emporte jusqu'en psychiatrie, elle va découvrir un chemin qu'elle ne soupçonnait pas, le chemin de l'Être. Un éveil à elle-même, un parcours initiatique qu'elle partage avec simplicité, transparence et humanité.

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Seitenzahl: 63

Veröffentlichungsjahr: 2021

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La vie est une danse. Danse, danse et entraîne

les autres dans la danse.

TABLE DES MATIERES

Chapitre 1 : ERRANCE

Chapitre 2 : DE-RECONNEXION

Chapitre 3 : ENFERMEMENT

Chapitre 4 : SORTIE

Chapitre 5 : FUITE

Chapitre 6 : RE-CHUTE

Chapitre 7 : RE-CONSTRUCTION

Chapitre 8 : NOUVELLE PAGE

Chapitre 1 : ERRANCE

Accepte le mouvement de la vie comme le

mouvement des vagues.

Ce que j’ai vécu il y a onze ans maintenant ressemble à l’image d’un bateau qui navigue tranquillement sur l’eau et qui, soudainement, heurte un iceberg. Je m’entends encore employer cette métaphore hier en sortant d’une conférence. Quelque chose d’inattendu s’est produit, un éclair venait de retentir dans le ciel et allait modifier le cours de mon existence à jamais et me faire prendre une toute nouvelle direction. Il y a des rencontres qui nous changent et celle que j’ai faite en janvier 2010 m’a tellement sonnée qu’elle venait de percer la tôle de mon paquebot. J’ai eu la sensation que j’avais rencontré mon double, en polarité inversée. Cet homme-là voyait en moi comme si j’étais nue, comme s’il était muni d’une torche qui lui permettait de voir toutes les parts d’ombre que je ne voulais pas dévoiler. Si je dois resituer le contexte, à cette époque je dirais que je prônais le « je vais bien tout va bien ! ». Je montrais que j’étais forte et insensible. A 27 ans, j’’avais réussi professionnellement, un salaire conséquent, un poste à responsabilités, de quoi dépenser, faire la fête. J’avais des amis, une famille, j’étais en bonne santé, vu de l’extérieur je semblais heureuse. J’étais dans la positive attitude en permanence, mais au fond de moi, je me sentais mal et je ne voulais pas le reconnaître. Car pour moi ce que j’avais toujours entendu ou retenu était que si tu montrais que ça n’allait pas, tu étais faible. Quelle croyance j’avais récupérée et que j’avais fait mienne. En effet, pour paraître conforme à ce que la société nous demande, à travers ce que nous apprennent et transmettent nos parents, nos grands-parents, l’école, notre entourage, consciemment et inconsciemment, j’avais occulté le négatif de ma vie. J’étais dans un déni complet par rapport à mon travail, ma famille, mes proches, mes expériences de vie et de moi-même. Et de mon côté, c’est comme si j’avais vu à travers cette personne toutes ses parts de lumière, je voyais au-delà de ses yeux quand je la regardais. J’avais l’impression d’avoir rencontré mon âme sœur, j’étais ébranlée par ce qu’il se passait. Cette rencontre était arrivée au bon moment car tous les pans de ma vie et de mon Être étaient sens dessus-dessous.

Au fur et à mesure que les années avaient passé, j’avais enfoui tous mes rêves, j’avais étouffé mes besoins pour répondre à des attentes, pour être aimée, acceptée, par habitude et par peur aussi. Je dissimulais par tous les moyens un vide intérieur qui s’était installé, une vie qui n’avait plus de sens, j’étais en pleine crise existentielle. Je colmatais comme je pouvais ce paquebot par divers leurres, prétextes et amusements extérieurs. Je consommais en excès des cigarettes, des hommes, de la malbouffe, de l’alcool. Je faisais la fête et j’achetais des objets et vêtements à outrance pour tenter de combler ce vide, de compenser, pour me calmer et m’apaiser. Je dévorais des livres de développement personnel et j’avais l’impression d’avoir tout compris, mon égo était à son niveau le plus haut. J’avais tout compris peut-être avec mon mental, mais je n’avais encore rien expérimenté. La pression au travail avait augmenté et avec mon envie de bien faire, de me dépasser, de me surpasser même, pour être aimée et reconnue, je travaillais à un rythme effréné. Cela, la direction l’avait bien compris et ainsi à travers ses demandes, cela venait appuyer sur mes points sensibles et cela fonctionnait, je travaillais encore plus. Et en parallèle, je répondais à toutes les sollicitations extérieures : sorties, demandes d’aide, d’écoute des amis, de la famille. J’avais peur de dire « non » et aussi, cela me permettait inconsciemment de rester bien éloignée de moi et de mes besoins. Dormir était une perte de temps à cette époque-là. La sieste je ne la connaissais pas, pour moi c’était pour les personnes malades ou pour les personnes âgées. Je courais après le temps, j’étais à deux cents à l’heure dans ma vie. S’évader, fuir pour ne pas me confronter à moi-même.

Je n’étais plus à ma place professionnellement et dans ma vie mais je ne faisais rien pour changer, car j’avais peur de perdre ma vie « confortable ». Cette voix intérieure qui, à plusieurs reprises depuis des années se manifestait mais que j’étouffais « change de travail, arrête de faire semblant, dis non, coupe cette relation !» a fini par me montrer à travers différentes maladies, « mal-a dit » que ça n’allait pas. Migraines à répétition, névralgie d’Arnold, malaises vagaux, névralgie cervico-brachiale et j’en passe mais malgré tout cela, je n’ai rien changé dans ma vie. J’étais complètement déconnectée de mon corps et de mes émotions pour ne pas entendre, j’agissais uniquement avec ma tête. « Faut pas pleurer, faut pas montrer que l’on a mal ! ». Des couches et des couches que l’on s’ajoute au fur et à mesure des expériences de la vie pour se protéger et on devient complètement hermétique à soi, aux autres et au monde. J’étais dans le contrôle, mais combien de temps on peut tenir comme cela, toute une vie pour certains vous allez me dire, oui, mais à quel prix !

Épuisée physiquement, mentalement et émotionnellement depuis des semaines, des mois, voire des années à faire semblant, j’arrivais à un point où je n’avais plus la force de réfléchir avec ma tête, mon cerveau était en surchauffe. Eh oui, cela prend de l’énergie de faire semblant. Petit à petit, je me rendais compte que je perdais pied avec la réalité et en même temps, je m’ouvrais à une autre réalité. Mon quotidien étant devenu si dur à supporter et ayant de plus en plus de mal à y faire face, j’étais encore plus en mode « pilote automatique ». À ce moment-là, j’avais laissé les commandes inconsciemment à mon intuition, vous savez cette voix intérieure qui nous accompagne depuis toujours. Toutes les décisions que je prenais, je le faisais avec les signes de la vie et en suivant les synchronicités. Je lisais durant cette période « L’alchimiste » de Paulo Coelho qui m’a peut-être aidée à transposer inconsciemment les signes dans ma propre vie. Ce livre a eu l’effet d’une bombe sur moi, il me parlait tellement. On parle de synchronicité lorsque deux éléments n’ayant a priori aucune chance d’être en contact, entrent en résonance à tel point que l'association prend un sens pour la personne qui les perçoit. Cette théorie a été développée par Carl Gustav Jung, un psychiatre suisse alors que je n’avais jamais entendu parler de ce concept auparavant. Ce n’est que quatre ans plus tard en 2014, lors de ma formation en coaching que j’ai appris ce qu’était une synchronicité. Je pensais avoir la maîtrise de mon corps et de mes émotions, cependant mon corps a eu raison de moi et il s’est exprimé plus fort, comme s’il fallait que je l’entende et que je l’écoute enfin. Et c’est comme cela qu’une spirale infernale qui avait pris forme depuis des années est arrivée à son apogée le 9 juin 2010. C’est aux urgences psychiatriques où j’ai terminé le lendemain ou plutôt que tout a commencé ; complètement déboussolée, je ne savais plus qui j’étais.

Chapitre 2 : DE-RECONNEXION