De l'ordre à l'harmonie - Hubert Guillemant - E-Book

De l'ordre à l'harmonie E-Book

Hubert Guillemant

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Beschreibung

Si la nature sauvage n'était qu'un champ de bataille soumis à la loi du plus fort, elle se transformerait très vite en champ de ruine. On n'évolue pas vers la diversité et l'abondance en procédant par élimination. L'humanité s'est engagée sur une voie qui oblige chacun d'entre nous à courir de plus en plus vite pour aller de moins en moins loin. La nature est un livre ouvert un fruit offert qui ne demande qu'à se transformer en paradis, pour peu qu'on en comprenne les lois et qu'on les respectes. La nature sait mettre de l'ordre dans la diversité, on appel delà l'harmonie. Nous avons tous la faculté embellir le monde par la juste expression de qui nous sommes. Il suffit pour delà de poser un regard nouveau sur le monde, un autre regard sur nous même. Pour faire basculer le monde de la dégradation à la régénération, nous avons juste besoin que nos consciences s'éveillent. Victor Hugo a dit :"Rien n'est plus fort qu'une idée dont le temps est venu". Aujourd'hui nous pensons devoir nous soumettre à l'ordre. L'harmonie est l'évidence de demain.

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Seitenzahl: 279

Veröffentlichungsjahr: 2020

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De l'ordre à l'harmonie

Pages de titreIntroductionUn monde à notre image La loi de la jungle et la sélection naturelle La loi de la jungle : une certaine conception de la nature sortie tout droit de notre imaginaire, incarnée par le mythe de Tarzan. La nature et ses lois. L’homme un être artificiel ? Culture de riz face au mont Fuji-Yama au Japon. Du chaos à l’harmonie : l’organisation du vivant Du chaos à l’harmonie : le secret de l’évolution. La concurrence : gazelles et lions Une société dominée par l’ordre L’ordre : une logique guerrière Labour et brûlis Les arbres communiquent L’ordre doit précéder l’harmonie Deux visions qui s’opposent. De l’évidence à la réalité. Un monde aux deux visages. Le partage et l’échange. La genèse d’un sol La nature évolue par cycles L’individu est vivant, mais il n’est pas la vie La quête d’un idéal De quoi le monde est-il fait ? Qu’est-ce qu’un idéal ? La santé La paix La transition Construire la société de demain. Crise économique ou économie de crise ? Le rôle de l’économie Du problème à la solution : l’exemple de l’eau Autonomie et relations aux autres La coopération Valeur de l’argent ou valeur des choses ? Le sens des valeurs. D’où vient l’argent ? Le cœur du système Les moyens de nos ambitions : la création monétaire L’Inflation La loi du marché (Adam Smith) Le sens commun Public privé La recherche La science à la rescousse Le pouvoir de la science Quand la science perd la raison Vers une société idéale Gérer l’abondance Se réaliser Citoyens hors sol La poule aux œufs d’or Rêvons un peu Soyons réalistes À propos de ce livre Les clefs pour un monde durable [1] [2] [3] [4] [5] [6] [7] [8] [9] [10] [11] [12] [13] [14] [15] [16] [17] [18] [19] [20] [21] [22] [23] [24] [25] [26] [27] [28] Discours à la chambre des communes, 1947. [29] [30] [31] A. Smith, La richesse des nations, Londre, 1776. [32] [33] [34] [35] [36] [37] [38] [39] [40] [41] [42] [43] [44] [45] [46] [47] Page de copyright
Hubert Guillemant
De l’ordre à l’harmonie
L’éveil d’un monde nouveau

© 2021, Hubert Guillemant

Pour contacter l’auteur

Email :

Edition : BoD-Books on Demand,

12/14 rond-point des champs-Elysées, 78008 Paris

Impression : BoD-Books on Demand, Norderstedt,

Allemagne

ISBN : 9782322379934

Dépôt légal : Aout 2021

— Comment elle fait la nature ?

— Elle vit.

— Ah…

Mais les animaux, les plantes, les rochers, les étoiles, les galaxies, ils ne parlent pas, alors comment font-ils pour se mettre en harmonie ?

— Ils vibrent, ils vibrent ensemble, ils vivent ensemble …

Introduction

Et si la plus importante révolution à mener aujourd’hui était notre révolution intérieure ? Comment construire un monde meilleur, sans croire en un avenir désirable ?

Rien ne peut empêcher ceux qui en ont la volonté, de créer le monde dans lequel ils souhaitent vivre.

Devenir artiste de nos vies : révéler notre potentiel tout en œuvrant pour l’harmonie, c’est réaliser que nous avons tous la faculté d’embellir le monde par la juste expression de qui nous sommes.

Épidémie, crise climatique, crise migratoire, gilets jaunes, etc. Il ne s'agit plus d'alerter sur les dangers à venir, la crise est là et ne fait plus débat. Nous ne sommes pas face à une menace, mais bien en présence de l’incendie. Le réchauffement climatique est une réalité dont certains peuvent encore se réjouir, le temps des vacances. Les ours polaires ne sont pas à la fête, les agriculteurs non plus. La plus grande extinction de masse se déroule en ce moment même, à une vitesse vertigineuse à l’échelle de la planète, mais encore trop lentement pour nos yeux, habitués à un monde qui bouge.

Nous ne sommes pas en présence d'une catastrophe ponctuelle comme un tsunami ou une attaque terroriste, mais bien confrontés à un risque d’effondrement global1. Les tempêtes sociales qui se succèdent un peu partout dans le monde nous montrent avec violence que notre économie n’est plus capable de répondre aux aspirations de la population. Une économie, qui épuise toutes ses ressources sans pour autant parvenir à répondre aux besoins de sa population, montre que notre système est à la fois inefficace et dangereux. Notre société court à sa ruine, mais lutter contre le problème n’est pas la solution. Comme dirait Bernard Weber : « Ne t’attaque pas au système, démode-le ! ». Si nous voulons changer de cap, il faut proposer une alternative.

– Comment une société qui se veut moderne, civilisée et intelligente a-t-elle pu en arriver à un tel niveau de désolation ?

La sonnette d’alarme a été tirée depuis fort longtemps. Le constat d’échec n’est plus à faire. Même les enfants savent que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. La grenouille, qui voulait se faire plus grosse que le bœuf, est en train d’éclater. La raison a changé de camp : on ne peut plus qualifier les écolos de doux rêveurs idéalistes ; la croissance est une utopie, ses artisans des irresponsables.

Nous devons changer de trajectoire, nous pouvons changer le monde. Ce n’est pas une utopie, c’est une nécessité, c’est un idéal.

– Faut-il pour autant sacrifier notre prospérité pour sauver la planète ?

Paradoxalement, on peut dire que c’est au moment où l’espèce humaine atteint le sommet de sa puissance qu’elle se trouve la plus menacée. La crise, les crises auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui sont d’une ampleur sans précédent. Ce n’est pas seulement l’espèce humaine qui est concernée, mais l’ensemble de l’écosystème planétaire. Des centaines d’espèces disparaissent pour toujours. Notre impact est si fort que nous parvenons même à modifier le climat. Nous sommes littéralement en train de détruire la planète qui nous abrite ; c’est un fait et c’est la conséquence directe de nos actes.

Une crise n’est rien d’autre qu’une rupture d’équilibre, une période d’instabilité. Sa conséquence est de provoquer (ou de permettre) le changement. Ces crises ne sont pas arrivées par hasard. Nous sommes directement responsables de la plus grosse extinction de masse que la terre n’ait jamais connue. Des milliards d’êtres vivants meurent chaque jour à cause de nous.

Nous en sommes responsables, mais cela ne signifie pas pour autant que nous avons souhaité en arriver là. Personne ne vient au monde avec l’envie de détruire ou de tuer son prochain. Nous ne l’avons certainement pas programmé délibérément, mais c’est pourtant ce que nous faisons, il faut que nous en soyons conscients.

Ce comportement est la résultante de nos schémas de pensées, de nos conditionnements, de nos habitudes, de notre manière de concevoir le monde.

Si des hommes se regroupent pour fonder une civilisation, c’est avant tout pour rassembler des compétences et pour construire ensemble. Malheureusement, nous ne pouvons que constater que les pays modernes, développés, industrialisés et numérisés fonctionnent actuellement sur le mode de la destruction massive.

L’Égypte antique, berceau des civilisations, est née du regroupement autour du Nil de tribus venues d’horizons divers. Nous profitons encore aujourd’hui de l’héritage qu’ils ont laissé.

– Qu’allons-nous léguer à nos enfants ? Quels souvenirs laisserons-nous dans les mémoires ?

Ce que nous appelons le progrès, les découvertes médicales, scientifiques, techniques n’ont pas été développées pour détruire, mais pour nous permettre de satisfaire nos besoins, pour augmenter notre espérance de vie, pour rendre notre existence plus sereine, mais aussi pour léguer un monde meilleur à nos enfants.

Les civilisations se créent par le regroupement de peuples, unis par l’intention de construire, contrairement à ceux que nous appelons les barbares, qui étaient des peuples avides, vivant du pillage, ne laissant derrière eux que champs de ruines et désolation.

– Les pays civilisés ont-ils basculé dans la barbarie ?

Nous avons bâti une société et aujourd’hui, nous ne pouvons que constater qu’elle ne tient pas ses promesses. Lorsque l’on entreprend des projets et qu’au bout du compte les conséquences de nos actes se révèlent totalement différentes de ce que l’on avait anticipé au départ, qu’est-ce que cela signifie ?

– Tout simplement que l’on s’est trompé !

Lorsque l’on fait fausse route, il faut savoir regarder en arrière et rebrousser chemin. Il n’est pas facile de reconnaître ses erreurs. Cela demande beaucoup d’humilité, mais s’entêter sur la même voie ne peut qu’aggraver la situation et intensifier les crises. L’avenir peut paraître bien sombre. Une crise est une période d’incertitude. Elle nous ébranle dans nos certitudes, elle nous oblige à nous remettre sincèrement en question. Les crises nous incitent à retourner à l’essentiel, à nous remettre en quête de sens.

— Qu’est-ce qu’une société ? Que signifie être civilisé ? Sur quoi se fonde une civilisation ?

— Sommes-nous plus évolués que la nature ? Qu’est-ce qu’un organisme ? Qu’est-ce que la vie ? Comment évolue-t-elle ?

— La nature est capable de s’améliorer avec le temps. On appelle cela l’évolution, alors que les sociétés modernes fonctionnent sur le mode de la destruction.

— Est-il encore possible d’inverser le cours des choses ? Peut-on basculer de la dégradation à la régénération ?

—  Comment retrouver le chemin de notre évolution ?

— Comment retrouver le chemin du progrès ?

Clef n°1 : La construction d’un monde meilleur commence par la conception d’un avenir désirable.

Effondrement : Processus à grande échelle, à l’issue duquel les besoins de base de la population (eau, alimentation, logement, transport, énergie, etc.) pourraient ne plus être fournis à une majorité de la population ?

Un monde à notre image

Dans les années 70, deux australiens, Bill Mollison et David Holmgren, ont mis au point les principes de la permaculture après avoir fait la constatation suivante :

Dans la nature, un terrain laissé à l’abandon évolue spontanément vers un milieu de plus en plus diversifié et abondant, grâce au sol et à la forêt qui s’y développent. L’activité humaine, au contraire, parvient à réaliser la prouesse de transformer une forêt en désert tout en cherchant pourtant à implanter des cultures.

« La permaculture est une méthode systémique et globale, qui vise à concevoir des systèmes, en s’inspirant de la nature. Elle n’est pas une méthode figée, mais prend en considération la diversité de chaque système » (Wikipédia).

—  La nature s’améliore spontanément avec le temps. Sommes-nous capables d’en faire autant ?

— La dégradation de notre milieu est-elle une fatalité, une constante de l’espèce humaine ?

La nature tend naturellement vers la diversité et l’abondance (Image de Eko Pramono de pixabay)

—  Notre seul recours serait-il de laisser faire la nature et de revenir progressivement à l’état sauvage ?

Fort heureusement non !

Diversité et abondance ne sont pas incompatibles avec l’activité humaine. L’étude de la flore et de la faune, au travers notamment des pollens, a pu montrer qu’un pic de diversité a été atteint dans un passé encore très récent. En effet, à la fin de l’ère préindustrielle, la biodiversité de nos campagnes européennes était très importante, plus importante même qu’il y a quelques milliers d’années.

À cette époque, la présence de champs cultivés bordés de haies vives, alternant avec des espaces boisés, offraient le gîte et le couvert à une faune et une flore bien plus abondante et avec une plus grande diversité que lorsque l’Europe était encore recouverte de forêts primaires.

Non, l’activité humaine et la biodiversité ne sont pas incompatibles. Au contraire, une agriculture intelligente peut même contribuer à recréer des espaces plus riches et plus divers, capables de rivaliser avec les espaces sauvages. A condition pour cela, d’en avoir compris les principes de fonctionnement et d’en tenir compte. La nature est un livre ouvert. La solution se trouve sous nos yeux, il suffit d’observer. Nous pouvons basculer d’un modèle de dégradation à un modèle d’aggradation. Il est encore possible d’inverser le cours des choses, à condition de trouver des solutions pour produire avec la nature et non contre elle. Comme dirait Gunter PAULI : « Soyons aussi intelligents que la nature ». Nous pouvons concevoir un nouveau modèle qui ne soit plus destructeur de son milieu, mais réparateur.

Clef n°2 : La nature est un modèle d’amélioration continue.

La loi de la jungle et la sélection naturelle

Quelle perception avons-nous du milieu naturel ? Que représente l’évocation d’une nature sauvage dans notre imaginaire ? Amicale ou hostile, familière ou mystérieuse, bénéfique ou dangereuse ? Lorsque l’on pense aux lois de la nature, ce qui vient à l’esprit sont des notions comme celle de « loi de la jungle » ou de « sélection naturelle ». La nature vue sous cet angle serait vécue comme un milieu hostile et menaçant, où chaque individu devrait lutter en permanence pour sa survie. Le monde sauvage serait un lieu ultra concurrentiel où il faudrait être le plus fort pour ne pas se faire manger. « Manger ou être mangé ? Telle est la question. » comme aurait pu dire Shakespeare.

L’évolution, quant à elle, serait le fruit du hasard : la génétique produirait, par mutations ou par « erreurs », des « nouveautés ». De ces « malformations », la sélection naturelle ne garderait que les meilleurs éléments. De génération en génération, seuls les plus forts et les mieux adaptés seraient capables de se reproduire et de survivre. La nature serait ainsi une sorte d’arène où de nouvelles espèces, nées au hasard de la génétique, seraient jetées régulièrement pour y être confrontées aux autres. Il est vrai que cette vision simplifiée de la conception de Darwin n’est pas forcément très éloignée d’une certaine image que nous nous faisons du milieu naturel.

La loi de la jungle : une certaine conception de la nature sortie tout droit de notre imaginaire, incarnée par le mythe de Tarzan.

(Photo : Tarzan The Ape Man, affiche du film de 1932).

Cette description peut paraître un peu caricaturale, mais elle est encore très présente dans notre inconscient collectif. Insidieusement, elle influence notre manière de penser et d’agir.

Nous façonnons le monde à notre image ou, plutôt, selon la représentation que nous nous en faisons. Nos faits et gestes, nos décisions, nos modes d’action sont directement liés à notre manière de concevoir le monde qui nous entoure. La nature sauvage n’est pas cet endroit effrayant sorti de notre imaginaire.

Si la jungle était réellement cet environnement hostile et sans pitié, soumis à la loi du plus fort, alors la forêt ne serait qu’un champ de bataille, qui se transformerait très vite en ruine et non en ce biotope luxuriant et diversifié que nous connaissons.

La loi de la jungle et la sélection naturelle ne sont pas les lois de la nature, mais la loi de l’humanité. Des lois que nous imposons au monde et à nous même.

Comment croire en un monde meilleur tout en considérant notre environnement comme étant hostile ?

Comment espérer un retour à la prospérité et à la paix, si notre principal mode opératoire repose sur un processus d’élimination ?

Le champ de bataille ne peut engendrer qu’un champ de ruines. (Image Free Photos de Pixabay).

Clef n°3 : On n’évolue pas vers la diversité et l’abondance en procédant par élimination.

La nature et ses lois.

L’homme un être artificiel ?

Culture de riz face au mont Fuji-Yama au Japon.

Si l’on s’amuse à comparer un champ cultivé avec un espace naturel, on ne peut qu’être frappé du contraste existant entre les deux. D’un côté, le spectacle d’un ordre parfait : une seule espèce de plante parfaitement alignées et espacées et de l’autre un milieu qui n’est ni ordonné ni désordonné mais plutôt un ensemble composé d’éléments divers et variés que l’on pourrait plutôt qualifier d’harmonieux.

Ce que nous produisons et ce que la nature produit « naturellement » c’est-à-dire spontanément, sont deux choses différentes.

Nous qualifions d’ailleurs comme « artificiel » ce qui a été façonné par l’homme, par opposition à ce qui est « naturel ». C’est un peu comme si nous n’appartenions pas à la nature ou plutôt comme si nous nous considérions comme différents, comme si nous étions des étrangers.

Si le fruit de la nature ne ressemble pas au fruit du travail de l’homme c’est très certainement paracerque homme et nature ne fonctionnent pas de la même manière.

Si les résultats sont différents c’est que les processus mis en œuvre pour leur élaboration sont différents.

Quels sont les mécanismes qui caractérisent notre façon de faire ? sur quels concepts reposent-ils ?

Il semble bien qu’hommes et nature n’obéissent pas aux mêmes règles.

En quoi sommes-nous si différents. L’homme peut-il réellement s’affranchir des lois de la nature pour imposer ses propres règles ?

D’un côté l’ordre parfait de l’autre un paysage que l’on peut qualifier d’harmonieux.

Clef n°4 : Les lois de l’homme ne sont pas les lois de la nature.

Du chaos à l’harmonie : l’organisation du vivant

On peut distinguer dans la nature trois grands principes d’organisation : le chaos, l’ordre et l’harmonie.

Si nous percevons la beauté d’un paysage, c’est parce que nous percevons intuitivement l’ordre qui règne en son sein, l’harmonie qui s’en dégage. C’est une caractéristique du vivant que d’être capable de s’organiser. On qualifie d’ailleurs les êtres vivants d’organismes, les organismes vivants.

La nature n’est pas chaotique. Elle n’est pas ordonnée comme du cristal non plus, la nature est harmonieuse. Cette capacité d’organisation, de mise en ordre est à l’essence même de la vie.

— Qu’est-ce que l’harmonie ?

Pour comprendre comment la nature parvient à se mettre en harmonie, reprenons les choses depuis le début :

Au commencement était le chaos…

Dans le chaos, il y a tout, mais on ne voit rien car tout y est mélangé. Alors pour y distinguer quelque chose, il faut commencer par séparer les éléments. C’est ce que fait le prisme avec la lumière blanche. Celle-ci contient toutes les couleurs, mais on n’en voit aucune. Le prisme, en séparant les longueurs d’onde, va révéler les couleurs de l’arc-en-ciel.

Ça, c’est la première étape : celle de la mise en ordre.

– Qu’a fait le prisme ?

En passant au travers du prisme, les longueurs d’onde de la lumière ont été séparées, triées, puis rangées par ordre de taille. De la plus grande à la plus petite, de l’infrarouge à l’ultraviolet. Cette mise en ordre va permettre de comparer les éléments pour en révéler les différences. Petit à petit, en rapprochant tout ce qui se ressemble ensemble, des subtilités vont apparaître, des nuances de plus en plus fines vont pouvoir se révéler. A force de divisions et de comparaisons, on va finalement aboutir à des éléments qui vont devenir inséparables, indissociables, indivisibles.

On appelle cela des individus.

Le prisme en classant les longueurs d’onde par ordre de grandeur permet de les comparer et de les identifier.

L’ordre est le fruit de la sélection et de la concurrence. Ce processus a pour vocation de révéler les individus. Chaque individu se caractérise par ses qualités, par une spécificité, par une identité qui lui est propre. Dans la nature, tous les individus sont uniques. C’est une loi fondamentale de la nature.

L’ordre trouve sa plus belle expression sous la forme du cristal. Au sein d’une structure cristalline les atomes sont agencés de façon géométrique et répétitive, à la manière d’un damier ou d’une structure en nid d’abeille. L’agitation d’un gaz va donner place à la stabilité du cristal. La vapeur d’eau va ainsi se métamorphoser en cristaux de neige. Cet agencement offre à la matière qui le compose des propriétés nouvelles comme sa translucidité, sa couleur, sa dureté ou sa stabilité. C’est ainsi que le carbone se transforme en diamant, à la fois rare, pur, solide et précieux. L’ordre cristallin offre des propriétés particulières à la matière, mais une structure cristalline est géométrique, répétitive et figée. Il ne règne en son sein que peu de diversité et de liberté.

Quand la nature se met en ordre : le cristal une structure géométrique, répétitive, uniforme et rigide.

L’ordre dans la diversité, c’est comme cela que l’on peut définir l’harmonie.

L’harmonie va permettre de mettre de l’ordre dans la diversité pour inventer de nouvelles compositions à partir d’individus d’origines différentes. Un être vivant se compose de cellules à la fois variées et mobiles, comme un orchestre de musique qui produit une symphonie à partir d’une grande variété d’instruments et de notes de musiques.

On ne peut pas dire qu’un organisme vivant, un orchestre ou une œuvre d’art soient ordonnés comme du cristal. On ne peut pas dire qu’ils soient chaotiques non plus. Les êtres vivants obéissent à un modèle d’organisation particulier. Un organisme vivant fonctionne sur le mode de l’harmonie. Un orchestre ne produit pas une succession de notes de musiques, mais un ensemble harmonieux, nommé symphonie. Dans l’harmonie, les individus ne sont plus concurrents, mais en accord les uns avec les autres. Ils ne sont plus séparés, mais en interaction, pour constituer une entité nouvelle, une œuvre, un organisme.

Si la concurrence a permis de révéler les individus, c’est la coopération qui va permettre de les mettre en harmonie.

On dit en permaculture que le déchet de l’un est la ressource de l’autre.

L’harmonie va se nourrir de la diversité pour trouver des complémentarités de manière à faire fonctionner ensemble des individus de nature différente. L’excès de l’un va venir combler le manque de l’autre, dans une constante recherche d’équilibre.

Si l’ordre est à l’origine des individus, l’harmonie va être à l’origine des organismes. La concurrence a permis de révéler les individus, mais elle n’a plus sa place au sein de l’harmonie. Dorénavant, chacun va pouvoir exprimer le meilleur de lui-même au profit de tous. Il ne s’agit plus de jouer plus vite ou plus fort que les autres, la grosse caisse comme la petite voix doivent être audibles. Au sein de l’orchestre, chacun apporte sa compétence et son talent au service de la beauté de l’ensemble.

La multiplicité des couleurs, des sonorités, des saveurs, seront autant de sources d’enrichissement pour l’organisme. Les différences ne sont plus prétextes à rivalité, mais occasions d’échanges et d’enrichissement mutuel. L’harmonie est le fruit de la coopération.

L’ordre révèle les individus en leur donnant une identité différente de celle des autres, alors que l’harmonie va leur donner un sens, une utilité, une raison d’être. L’harmonie est le mode de fonctionnement des organismes.

L’ordre est le produit de la compétition il a pour vocation de révéler les individus. (Podium olympique 1932)

Clef n° 5 : Les individus sont le fruit d’un processus de sélection et de comparaison. Chaque individu est unique.

Clef n°6 : L’ordre a pour vocation de former des individus. L’harmonie est à l’origine des organismes.

Du chaos à l’harmonie : le secret de l’évolution.

La concurrence : gazelles et lions

La concurrence pousse les individus à se révéler, mais la coopération va leur permettre de se rendre utiles.

Dans la savane le lion mange la gazelle.

– Peut-on dire pour autant que lions et gazelles soient en concurrence ?

– Le lion est-il une menace pour la survie des gazelles ou une nécessité ?

S’il y a trop de lions, il n’y aura plus de gazelles et s’il y a trop de gazelles, il n’y aura plus d’herbe. Gazelles et lions ne sont pas en concurrence, mais en harmonie, chacun a besoin de l’autre. Par contre, lorsque le lion se met en chasse, les gazelles se retrouvent en situation de concurrence entre elles. Ce sont les gazelles les moins rapides, les plus faibles qui seront éliminées.

De leur côté, les lions sont également en concurrence entre eux, car au sein de la meute, seul le mâle dominant peut avoir accès aux femelles et assurer la descendance.

Cet exemple est particulièrement révélateur. Il permet de comprendre le rôle et le mode de fonctionnement de la concurrence.

Comme on le voit dans la nature, la concurrence ne s’exerce pas entre individus d’espèces différentes, mais bien entre individus appartenant à un même groupe, ayant les mêmes besoins, tout comme aux Jeux Olympiques où les athlètes s’affrontent par discipline et catégorie. Le champion olympique n’a pas la vocation à montrer qu’il est le meilleur, mais de révéler à tous ce qu’il est possible de faire dans sa discipline.

Lorsque le lion se met en chasse ce n’est pas avec le lion que les gazelles se retrouvent en concurrence, mais entre elles. (Photo par Alexas Fotos de Pixabay)

L’ordre vise ainsi deux objectifs : booster les individus pour les obliger à se démarquer, tout en en limitant le nombre. Si l’ordre rapproche tout ce qui se ressemble ensemble, ce n’est pas pour créer de l’uniformité, mais pour mieux les comparer, afin de révéler les nuances, les subtilités, les particularités de chacun. En révélant les individus, l’ordre est à l’origine de la diversité, en empêchant l’hégémonie d’un seul individu ou d’une seule espèce ; il la protège.

La concurrence a pour vocation de booster les individus. Pour se départager, l’individu doit développer ses qualités pour aller toujours plus vite et être toujours plus fort que les autres. Les notions de croissance et de performance y ont tout à fait leur place. La concurrence est une valeur liée à l’ordre, elle s’adresse aux individus, mais elle n’a plus sa place au sein d’un organisme.

Une société est comparable à un organisme, la croissance ne peut être sa priorité. On dit d’un système qui va toujours plus vite, qu’il s’emballe. La croissance à tout prix nous entraîne dans un cycle infernal qui ne peut mener qu’à l’explosion du système, c’est-à-dire au chaos. Un organisme se doit avant tout de préserver sa stabilité et son équilibre. L’harmonie est le fruit d’un travail de composition qui tire sa richesse de la diversité et de la qualité des éléments qui le composent.

Dans la nature, il n’y a pas de bon ou de mauvais modèle, mais un temps pour chaque chose et une étape pour chaque temps. L’ordre ne doit pas dominer le monde mais se mettre à son service pour permettre à l’harmonie d’émerger du chaos. L’artiste a besoin de sa palette de couleurs pour peindre et le compositeur doit connaître ses gammes.

Un monde dominé par l’ordre est individualiste par nature : on y voue le culte de la rareté, de la pièce unique, de l’individu, du cristal, du diamant. Ce qui est rare est cher, alors que ce qui fait la richesse d’une composition, d’un paysage, d’une symphonie, d’un plat cuisiné est lié non pas à sa quantité, mais à la diversité des éléments qui le composent. Un organisme fonctionne grâce à la coopération qui en est à la fois l’élément fondateur et l’élément moteur. La concurrence n’y joue qu’un rôle de régulateur, permettant d’en préserver l’équilibre, une variable d’ajustement.

La concurrence vise ainsi deux objectifs : pousser chaque individu à s’améliorer tout en évitant qu’une population ne devienne trop nombreuse. L’hégémonie d’un seul groupe constituerait une menace pour les autres espèces. La concurrence doit rester au service de la diversité. Un écosystème ou un organisme sont comparables à un mécanisme d’horlogerie. Chaque élément occupe une place et remplit un rôle bien précis.

On a pu observer par exemple que la réintroduction d’un tout petit nombre de loups dans le parc de Yellowstone aux Etats-Unis avait permis aux jeunes arbres de repousser et aux forêts de se reconstituer, non pas parce que le loup faisait chuter drastiquement les populations de cervidés, mais simplement par sa présence. En effet, la peur qu’il suscite fait que certaines zones trop exposées ne sont plus fréquentées par ces animaux craintifs, permettant ainsi aux arbres de s’y réintroduire.

La sélection naturelle n’a pas pour objectif de privilégier les individus ou les espèces les mieux adaptés à des fins de domination, mais vise en priorité à protéger la diversité pour préserver l’équilibre de l’ensemble. Un organisme vivant a besoin d’individus (ses cellules) vigoureux et en bonne santé, mais la prolifération d’une seule souche de cellules au détriment des autres se transformera en tumeur ou en cancer.

L’évolution et la sélection sont deux choses bien différentes.

La sélection permet de confronter les individus entre eux pour les pousser à révéler ce qu’ils ont de meilleur, alors que l’évolution est le fruit de mariages d’individus provenant d’horizons distincts. La course à pied permet d’améliorer notre aptitude à la course et la course cycliste permet de sélectionner les meilleurs cyclistes. Malgré tout, ce qui constitue une réelle évolution, c’est le passage du piéton au cycliste, en associant le piéton avec le vélo !

Ce n’est pas la sélection qui crée les mutations, mais la coopération. L’évolution se fait en apprenant au coureur à pied à aimer le vélo et non en apprenant au piéton à avoir peur du vélo. Ce que la nature va retenir comme « mutation », ce sont les bonnes associations ; une association est bonne lorsqu’elle profite aux deux parties qui s’unissent.

Les particules élémentaires s’associent pour former des atomes, qui vont s’associer à leur tour, pour former des molécules, des protéines, des sucres, etc. Chaque association permet une dépense moindre en énergie, ce qui procure un nouvel équilibre, plus de stabilité et une plus grande longévité au système.

Nos véritables concurrents sont en réalité ceux qui nous ressemblent le plus. L’évolution se fait en associant les éléments entre eux pas en les opposant. La vie progresse en formant des accords, grâce à des liens d’affinité, des liens d’amour. C’est comme cela qu’elle produit de l’harmonie. La peur et la haine ne peuvent produire que du désaccord et nous ramener au chaos.

En l’absence de diversité, les individus se retrouvent en situation de concurrence : chacun a le même besoin que son voisin et va produire le même déchet, ce qui entraîne à la fois pénuries et pollutions. En l’absence de diversité, la quête d’équilibre ne peut se faire que par la réduction du nombre d’individus. L’uniformité mène à la désertification.

L’uniformité mène à la désertification. (© Marion Wunder de Pixabay)

Clef n°7 : La concurrence n’a pas pour vocation d’éliminer les plus faibles mais d’empêcher l’hégémonie d’un seul groupe afin de préserver la diversité.

Une société dominée par l’ordre

L’ordre : une logique guerrière

En 1934, Hitler arrive au pouvoir en Allemagne, à la mort du vieux maréchal Hindenburg, plébiscité par l’opinion publique. Il se fait appeler Führer, ce qui signifie guide !

En 1923, Hitler a tenté de prendre le pouvoir par la force, mais son coup d’État a échoué. Il profitera ensuite du court moment passé en prison, pour mettre au point son idéologie, qu’il expose dans son livre Mein Kampf.

Ce n’est pas par la force qu’Hitler a réussi à arriver au pouvoir, mais grâce à l’adhésion à son projet d’une grande partie de l’opinion publique allemande. Son projet redonnait espoir au peuple allemand, dans une Allemagne affaiblie par la crise, et humiliée par la guerre. La suite des événements nous a montré les horreurs que pouvait provoquer la mise en application de ces principes. Pourtant, on ne peut pas dire que l’ensemble du peuple allemand ait agi par méchanceté, ni qu’il était animé par la volonté de détruire le monde. Les Allemands ont cru aux vertus de la force, dans un monde livré à la concurrence, de même qu’aux bienfaits de la sélection pour élaborer une race susceptible de construire un monde meilleur. Ils ont écouté leurs peurs en se laissant convaincre que l’autre pouvait constituer une menace, un parasite, une source de danger.

Si Hitler a pu se faire élire, c’est grâce à sa faculté de persuasion. Une majorité des Allemands pensaient sincèrement qu’Hitler avait raison. Ils ont réellement cru que son projet pouvait être porteur d’avenir.

Les camps de concentration nous ont montré à quoi pouvait mener la mise en application d’une telle idéologie, mais nous n’en avons pas tiré les conséquences pour autant, puisque ce sont ces principes que nous continuons d’appliquer quotidiennement dans nos cultures, nos élevages, notre économie, notre société. La comparaison peut peut-être paraître choquante, mais les extinctions de masses que nous continuons de perpétrer sur la quasi-totalité des espèces vivantes est également une dure réalité.

En agriculture, lorsque l’on pratique la culture sur brûlis ou le labour, on peut assimiler cela à une phase de chaos. Brûler une forêt pour créer une clairière ou labourer un terrain, permet de faire table rase du passé et implanter une culture nouvelle. Le chaos est malléable, il permet le changement.

Lorsque l’on observe un champ cultivé, on ne peut qu’être frappé par la perfection qui y règne. On y trouve une variété unique de plantes, toutes de la même taille, parfaitement alignées et espacées de leurs voisines. Nos cultures sont ordonnées comme du cristal. Nous nous émerveillons encore, en toute innocence, devant l’uniformité d’un champ de blé composé de milliers de têtes blondes.

L’ordre parfait émerge du chaos.

Nous aimons l’ordre ; c’est comme cela que nous avons été éduqués, c’est ce que nous avons appris et c’est ce que nous reproduisons autour de nous. Pour s’en persuader, il n’y a qu’à regarder un champ cultivé de manière conventionnelle : Une seule espèce de plante, alignée, espacée, rangée comme du cristal. Comme si « il ne devait en rester qu’un » comme le dit le slogan de l’émission Ko Lanta. Nous nous imaginons que les plantes doivent pousser toutes seules, sans herbe concurrente, sans insecte, sans champignon. Il faut bien reconnaître que tant par son idéologie que par ses moyens, l’agriculture intensive moderne relève d’une logique guerrière.

Nous nous émerveillons encore, en toute innocence, devant l’uniformité d’un champ de blé composé de milliers de têtes blondes. (© Pezibear de Pixabay)

L’agriculture intensive est née après la Seconde Guerre mondiale.

À la fin de la guerre, les découvertes faites dans le domaine de l’armement n’ont plus lieu d’être. L’industrie qui tournait à plein régime pour soutenir l’effort de guerre a perdu de son utilité et ne trouve plus de débouché. L’activité des usines sera donc redirigée vers l’agriculture et la vie civile. Les usines d’armements sont adaptées pour produire des tracteurs à la place des chars. Les usines chimiques utilisent les procédés scientifiques ayant contribué à la mise au point d’armes chimiques, pour fabriquer des pesticides en grande quantité. Le nitrate des bombes devient du nitrate agricole pour servir d’engrais. Les gaz de combat se reconvertissent en pesticides comme l’ypérite, le fameux gaz moutarde et l’agent orange se transforme en désherbant.

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le DDT est rapidement devenu l’insecticide moderne le plus utilisé, avec beaucoup de succès aussi bien militairement que civilement. Le remembrement permet d’agrandir les parcelles et les haies sont abattues pour faciliter le passage des tracteurs, les barbelés sont là pour les remplacer.

Il est évident que cette politique n’a pas été menée avec la volonté de détruire nos campagnes et notre santé, mais pour nourrir les populations. Nous constatons aujourd’hui les conséquences de ces erreurs du passé.

Dans la nature, les plantes poussent toutes seules, sans engrais, sans traitement. Pour protéger les cultures de la concurrence, on les arrose d’herbicides, de fongicides et d’insecticides. On s’imagine que les cultures poussent mieux toutes seules, mais malheureusement, cela ne pousse plus spontanément.

On ne crée pas l’abondance et la diversité en procédant par élimination !

Notre mode de vie est le reflet de nos croyances. Si nous ne sommes pas en accord avec la nature, cela signifie que nous devons revoir notre système de valeurs. Ce n’est que comme cela que nous parviendrons à trouver le moyen de vivre en harmonie avec la nature.

S’il y a un domaine où le changement peut être le plus rapide, le plus visible et le plus productif, c’est bien l’agriculture.