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Guide illustré (cartes, dessins) du sentier qui longe Belle-Île-en-Mer : faune, flore, patrimoine, personnages…
Das E-Book Découvrir Belle-Île par le sentier côtier wird angeboten von Géorama Éditions und wurde mit folgenden Begriffen kategorisiert:
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Seitenzahl: 307
Veröffentlichungsjahr: 2024
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LE SENTIER CÔTIER ET SES SECRETS
Cet ouvrage a été écrit d’après des notes relevées au cours de nombreuses sorties sur le sentier côtier depuis mon installation sur l’île en 1983.
Yves Brien a supervisé le texte, en a assuré la relecture et a apporté son expertise scientifique. Il a personnellement rédigé les textes concernant le maïs à Belle-Île, le paysan bellîlois et les mauvaises herbes, les végétaux utiles, les pouces-pieds, la pharmacopée bellîloise, le navet de Belle-Île, la « civilisation de la lande ».
Belle-Île, au gré du vent
Ce livre présente mille et un secrets du sentier côtier mais il prolonge les découvertes par l’évocation de sujets plus généraux. « Qui voit Belle-Île voit son île », certes, mais cela ne doit pas inciter à regarder le monde par le petit bout de la lorgnette.
Éva Marie Evangéline Prudence Jouan (1857-1910). Poétesse passionnée par Belle-Île, sa flore et sa faune. Auteur des vers « Ô mon île chérie, Ô toi la bien nommée »
La botanique, que la poétesse bellîloise Éva Jouan qualifiait de « science aimable », sert de fil conducteur. S’y ajoutent des informations sur la géographie, la géologie, la sociologie et l’histoire.
Le sentier connu aujourd’hui sous le nom de GR 340 est l’héritier du chemin de ronde des gardes-côtes qui reliait toutes les positions défensives de cette frontière ouest que représente le littoral de l’île.
En fin de compte
Le but de ce guide est de faire découvrir la plus belle et la plus grande des îles océanes1 en parcourant le sentier côtier.
Le texte se réfère souvent au journal de voyage d’Anatole Le Braz écrit à Belle-Île pendant l’hiver 1908-09. Il est celui qui a le mieux capté l’âme des lieux car il a très bien perçu que « c’est une île où le paysage a comme tout dévoré, même les traditions, même les longs souvenirs des âges, si bien conservés partout ailleurs en Bretagne ».
Oui, on peut apprécier Belle-Île sans rien connaître de son histoire, de ses traditions ; mais dès qu’on tire sur le fil des origines, des causes, des mystères, alors le paysage devient beaucoup plus parlant. Car ici, plus qu’ailleurs, la concentration due à l’insularité fait que chaque crique détient une parcelle de l’histoire, chaque falaise possède des plantes originales, chaque détour de chemin possède son anecdote.
Choucas des tours
Belle-Île mérite son nom par la richesse de ses paysages et cette richesse vient de leur diversité. Aucune île du littoral français ne propose une telle variété de tableaux sur une aussi petite surface. De là vient son charme, et cela est dû à sa géologie, à son climat, à son relief, à sa flore et sa faune, tous d’une grande variété. Les botanistes ont répertorié environ 1 050 plantes sur Belle-Île, y compris celles échappées des jardins. La Bretagne dans son ensemble (hors Loire-Atlantique) n’en compte pas plus de 2 000.
Mettre à la portée des visiteurs cet héritage culturel inscrit dans le paysage, telle est notre ambition ; avec cet hymne à la beauté de la nature, cette beauté chère à Dostoïevski et capable, selon lui, de sauver le monde…
Belle-Île, une île oui…
Oui, beaucoup plus que d’autres îles françaises : les îles de Ré et d’Oléron sont aujourd’hui devenues des presqu’îles.
L’insularité a préservé Belle-Île des ravages de l’urbanisme balnéaire des années soixante-dix, et pour qu’elle conserve son titre de « la bien nommée », il faut respecter ses trésors et cela exige de les connaître. Tel est le but de ce livre : évoquer ce qui donne vie et sens à ces quelques arpents de campagne à la mer.
Arche de Penhoet
Mais une île-continent
Cette perle de l’Atlantique mérite le nom d’île-continent : elle est traversée par une arête dorsale, une ligne de partage des eaux culminant à 71 m. Le quartier le plus élevé de Palais se nomme Montagne de Port Hallan2.
La zone dunaire de Donnant atteint 40 m et certaines voies ressemblent à des routes de montagne. Des panneaux obligent les cyclistes à descendre à pied.
L’île est modelée par une quarantaine de vallons qui coupent un grand plateau central qui s’étend parfois à perte de vue. Un faubourg de Palais porte le nom de Grande Prairie, et du haut du Grand Phare, le camaïeu des champs dans les plaines de Bangor donne une certaine impression d’immensité.
À Herlin, on trouve des sables mouvants, Ster Vraz et Ster Voen forment deux beaux « estuaires » dont l’un se termine par un grand marais. Une roselière occupe l’arrière de Port Yorc’h, mais surtout, le tour de l’île permet de découvrir des paysages d’une incroyable diversité.
Maison avec chien-assis. Un grenier à grain occupait l’étage de la maison bellîloise traditionnelle jusqu’au XIXesiècle. Par la suite, l’étage a souvent servi de chambre avec des ouvertures par des capucines. Au milieu du XXesiècle, des chiens-assis ont été posés car ils apportaient plus de lumière et plus d’espace. Finalement, ils ne sont pratiquement plus autorisés dans les permis de construire car sans lien avec l’architecture locale.
La végétation présente des aspects si variés que l’amalgame donne une impression « d’ailleurs ». Mais cet « ailleurs » représente le caractère unique, inimitable de Belle-Île.
Avec sa ville, ses trois bourgs et ses cent vingt villages, Belle-Île offre une grande variété de terroirs. Le grand nombre de hameaux avec chacun ses caractéristiques apporte la preuve incontestable de la dimension continentale de Belle-Île. Les Sauzonnais perçoivent très nettement l’accent flûté des Locmariaïstes, qui les fait sourire.
Muret au Skeul. Sur une seule pierre, trois lichens, l’orangé, le blanc et le gris. Ces organismes correspondent à l’association d’une algue et d’un champignon.
Les Locmariaïstes, quant à eux, considèrent que les Sauzonnais ont des intonations râpeuses. Les femmes de ce bourg côtier se distinguaient par une coiffe différente des autres.
Ces particularités indiquent clairement qu’il existe des frontières que seules les grandes îles possèdent, que dis-je, seules les îles-continents.
La meilleure façon de marcher
Cet ouvrage s’adresse à tous les visiteurs de Belle-Île et à tous ceux qui y habitent et cherchent à mieux la connaître. Cela dit, tous les moyens se valent pour découvrir un endroit, la seule chose qui compte c’est le bien-être ressenti, ce que les Grecs anciens nommaient la catharsis.
Il suffit de croiser les vacanciers qui s’apprêtent à prendre le bateau du retour, on les sent remplis d’énergie tirée des moments forts, des bonnes journées passées dans la nature, des relations humaines intenses.
Belle-Île, une île aux trésors… de la nature
Chaque fois que l’on passe une demi-journée sur le sentier côtier, la magie opère et chaque saison a son charme. Celui des mois d’hiver est dans le réconfort devant un bon feu au retour !
Dès les premiers pas, on perçoit l’importance du ciel au-dessus des paysages. On soulève instinctivement la tête pour admirer les crêtes bleutées des nuages d’où dévalent des couloirs mauves, irisés de sillons roses.
Goéland marin
Alors, élancez-vous sur le sentier côtier, vous découvrirez la nature tout entière. Vous pouvez prendre ce livre avec vous pour le feuilleter pendant les pauses, les plus organisés en auront parcouru des passages avant de partir et tous en profiteront une fois rentrés.
Sources
Une bibliographie en fin d’ouvrage donne le détail des références. Mais avant d’aller plus loin, afin d’éviter des confusions, il est important de présenter rapidement cinq personnes souvent citées et qui portent pratiquement le même nom. La base de ce nom est Gallen et concerne des Celtes de Grande Bretagne (Gall en gaélique) fuyant les Saxons qui envahirent l’Angleterre aux Ve et VIe siècles.
Par contre le nom Le Gal, aussi présent en Bretagne, fait référence à Gaulois et désigne ceux qui ne sont pas de la région et qui ne parlent donc pas la même langue.
• François Marie Le Gallen ; décédé aux environs de 1760, capucin et historien, auteur d’une Histoire de Belle-Isle-en-Mer.
• Nicolas Joseph Marie Le Gall de Kerinou (1787-1860) : homme de loi, natif d’Auray, botaniste amateur mais très compétent. Il a été le premier à identifier l’Ulex gallii, l’ajonc de Le Gall.
• Léandre Le Gallen (1848-1913) : père des missions africaines de Lyon et historien, a été maire de Sauzon. Auteur de Belle-Île, histoire politique religieuse et militaire.
• André Gallenne : historien amateur, auteur en 1948 de Belle-Île-en-Mer, son histoire, son tourisme.
• Pierre Gallen : né en 1922, historien amateur, auteur de Inventaire et histoire de toponymes et Anthologie des expressions bellîloises.
Itinéraire conseillé
Il n’y a pas une façon de parcourir Belle-Île qui serait meilleure que les autres. On peut très bien suivre les traces de Flaubert et Du Camp qui ont sillonné Belle-Île sans but. Le guide, quant à lui, propose de parcourir les 80 km autour de l’île3 selon le modèle suivant :
1) Palais-Sauzon (12,8 km). Première étape courte, sans trop de dénivelé, parfaite pour prendre le temps de savourer le paysage et de feuilleter le guide Découvrir Belle-Île…
2) Sauzon-Les Poulains-Ster Vraz-Apothicairerie-Sauzon (18,6 km). Une étape riche en points d’intérêt et qui permet de passer deux soirées à Sauzon.
3) Sauzon-Apothicairerie-Kerel-Bangor (20 km : Sauzon-Apothicairerie : 2 km ; Apothicairerie-Goulphar : 15 km ; Goulphar-Bangor : 3 km). On peut aller de Sauzon à l’Apothicairerie par une charmante petite route (2 km) puis atteindre en 15 km soit Goulphar, soit Kervilahouen ou Petit Cosquet 1,5 km plus loin que Goulphar.
Hébergements possibles à Kervilahouen ou Petit Cosquet. Les plus vaillants peuvent rallier Bangor via la plage de Kerel et le sentier dans le vallon du Stang Per soit 25 km depuis Sauzon.
4) Bangor-Kerel-Locmaria (24 km), une superbe étape, assez musclée, qu’il est recommandé de démarrer de bonne heure.
5) Locmaria-Samzun-Palais (16 km), réalisable sans problème en une journée, baignades comprises. Ceux qui disposent d’un peu de temps peuvent s’arrêter à Port Guen et profiter de la plage.
En conclusion, les plus pressés boucleront le circuit en 5 jours et ceux qui disposent d’un peu plus de temps auront tout loisir pour se baigner et se relaxer entre les séquences de marche.
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Un service régulier de cars passe en saison à Palais, Port Goulphar, Sauzon, les Menhirs, Bangor, le village de Donnant et Locmaria. Il est donc possible de loger à un point fixe et de reprendre le sentier chaque matin. C’est moins dépaysant que le circuit étape par étape mais cela peut convenir à certains. Il existe également des campings et il est possible de bivouaquer à proximité du sentier. On peut aussi dormir à la belle étoile...
Les boucles
Les boucles concernent des promeneurs qui veulent faire une marche de deux ou trois heures avec des points de départ et d’arrivée accessibles en voiture et proches du sentier. Les portions dans les terres permettent de visiter des villages.
1) Autour de Palais :
• Le Palais – La Citadelle – Port Fouquet – Retour par Bordénéo (prendre à gauche au carrefour de la route de Port Fouquet) – Rosérière – Les Glacis – Le Palais.
• Le Palais – Borthélo – Begaroz par la route – Barrage de Borfloch – Port Salio – Bordardoué – Retour par section du sentier côtier Bordardoué – Le Palais (à partir de la page 215).
2) Autour de Sauzon :
• Sauzon — Les Poulains — Puits de Baguen Hir par la section du sentier côtier (page 82) — Retour par le chemin direct vers Deuborh — Bordery — Sauzon. Cet itinéraire passe devant le jardin Éden du Voyageur (voir page 62).
• Sauzon — Les Poulains — Apothicairerie — Retour par Kerguerch et Borcastel (décrit à partir de la page 97).
• Depuis Kerhuel — Donnant — Kerhuel. Prendre la route de Kerhuel vers Keroyan. En bas de la grande descente, tourner à gauche et rejoindre la plage de Donnant. Après la plage, remonter par le sentier dans la dune jusqu’à Kerhuel.
• Depuis Kerlédan — Bordelann — Borderun par la petite route (puis la section décrite depuis la page 106) Borderun — Donnant. Retour par le village d’Anter et le chemin à gauche du Poney Bleu. Tourner ensuite à droite puis à gauche vers Kerlédan.
• Depuis Kerzo en Sauzon, prendre le sentier vers Kerbellec puis la petite route vers la plage de Port Jean. Suivre ensuite la section Port Jean — Le fond du port de Sauzon. Dans une anse 200 m avant de rejoindre la route (page 36), emprunter un large chemin qui monte sur la gauche au village de Kergostio puis à Kerzo.
3) Autour de Bangor :
• Depuis Grand Village, descendre par la petite route à la plage de Kerel puis suivre la section du sentier (à partir de la page 138) jusqu’après Yeyew – Retour par un chemin à gauche vers Grand Village.
• Depuis Kervilahouen, Le Grand Phare – Borzose – Donnant – Plage de Donnant – Suivre ensuite la section (page 112) Donnant – les Aiguilles de Port Coton – prendre ensuite le chemin direct vers le Grand Phare.
4) Autour de Locmaria :
• Depuis Magouric, prendre, avant la première maison sur la gauche en venant de Kerouarh, un sentier qui descend vers Port Andro – Section sentier côtier (à partir de la page 185) Port Andro-Samzun – Retour par la route Samzun – Kerouarh – Magouric. On peut rentrer par un sentier directement à Magouric depuis la batterie de Kerouarh.
• Depuis Bornord, descendre le sentier à l’est du village vers Port Lost-Kah puis suivre la section (à partir de la page 161) Port Lost-Kah-Pointe d’Arzic – Retour par des chemins et petites route via les traditionnels villages de Kergolay – Port Coter – Bornord.
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NOTE SUR LES CARTES :
Les toponymes de Belle-Île sont généralement en breton (langue qui a prédominé jusque dans la seconde moitié du XIXe siècle). Les derniers locuteurs ont disparu dans les années 2000 ; cependant un certain nombre de toponymes ont été francisés ou déformés et les graphies sont souvent différentes suivant les cartes.
Ce guide, à quelques exceptions près, a utilisé les toponymes de l’ouvrage de Pierre Gallen et ceux de la carte IGN au 1/25 000e.
Grotte de l’Apothicairerie
1 Le territoire français dans son ensemble compte 360 îles (pas toutes habitées) et la planète 50 000.
2 Bormené signifie village de la montagne et Brénantec la montagne de la vallée.
3 Tout le sentier côtier est situé dans l’espace Natura 2000.
Le Palais, port sardinier puis place forte devenus cité touristique
Le bateau accoste sur le quai de l’Acadie, un nom qui rappelle l’arrivée des Acadiens en 1765. Dès le premier pas sur l’île, son histoire interpelle ; des détails de cet exode seront donnés au cours de la randonnée.
Le bloc de maisons derrière les hôtels et cafés constitue le quartier des Sables, il avait déjà cette allure sur un plan de 1723. En revanche, là où s’amarre le bateau se trouvait une grève qui a disparu lors de la construction du quai Macé, achevée en 1817. L’avant-port date de 18921 ; le port de Palais, avant cette date, était enclavé entre la Citadelle et la ville.
Le tour de l’île commence à droite en sortant du bateau. La maison de l’angle (actuellement une crêperie) était le bâtiment des Ponts et chaussées établi en 1836.
Le quai de l’Yser, face à la Citadelle, rappelle une bataille de la Première Guerre mondiale.
C’est là qu’accostaient, à certaines marées2, les premiers vapeurs de la compagnie l’Union Bellîloise à partir de 1822. Cette cale servait encore dans les années soixante. Le bâtiment des compagnies maritimes était situé jusqu’en 1985 au numéro 2 du quai.
L’immeuble suivant, après la ruelle, est lui aussi historique, il est repérable par sa haute cheminée et sa porte centrale murée. L’ancien corps de garde qui surveillait les entrées du port a été remplacé par ce bâtiment de la douane en 1853. La porte murée correspond à la guérite du planton, établie à l’intérieur pour ne pas encombrer la voie.
Goéland argenté
On continue par le quai Vauban, dédié à Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707), commissaire général des fortifications sous Louis XIV. Le port intra-muros était le port d’échouage initial de la ville. À son entrée, sur le musoir3, se trouvait un phare devant lequel passent maintenant les voitures qui accèdent à la cale d’embarquement.
Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707)
La rue Jules Simon, une ancienne venelle élargie en 1902, relie l’embarcadère à la place de la République qui accueille le marché. C’est là qu’aboutit l’avenue Carnot, ancienne rue des Ormeaux, en souvenir de ses alignements d’ormes, arbres prisés au XIXe siècle mais remplacés par des érables.
Au coin sud-est de la place, le grand bâtiment au-dessus d’une banque était la Maison de la Seigneurie. C’est l’un des plus anciens édifices de la ville, il est mentionné en 1683 mais existe vraisemblablement depuis l’achat de l’île par Nicolas Fouquet en 1658. Nommé également la Maison auxavoines, on y stockait les grains fournis comme redevance au seigneur par les métayers4. C’est là que les Acadiens ont passé leur première nuit à Belle-Île.
Le GR 340 suit maintenant le quai Jacques Leblanc5 (1784-1835) dont certaines maisons ont gardé leur cachet original lié à l’activité sardinière. Le sous-sol côté port, nommé presse, était comme son nom l’indique destiné au pressage6 des sardines. Une surélévation avec encorbellement en surplomb avait permis de gagner quelques mètres carrés au premier étage.
Des boutiques, des buvettes et des ateliers accessibles par trois marches se situaient de l’autre côté.
Quai Le Blanc.
En 1886, Gustave Geffroy7 évoque ce quartier dans lequel « les débits de boissons logés au rez-de-chaussée des maisons de bois étroites, basses, déséquilibrées, qui enflent leur ventre soutenu de poutrelles, penchent leur toit coiffé de travers, depuis la place d’Arme jusqu’au fond du port ».
La pêche à la sardine et le pressage sont déjà mentionnés comme des activités florissantes dans le texte du cardinal de Retz, de passage à Belle-Île en 1654.
Maison des Éclusiers
La Passerelle actuelle est située sur l’emplacement du premier pont de la Citadelle remplacé en 1830 par un pont tournant, puis en 1845 par une écluse et un nouveau pont. Celui-ci deviendra une passerelle mobile en 1934, le trafic automobile passera par le pont de l’Hôpital nommé maintenant PontEr Go8 (le pont du forgeron) qui correspond également au nom du quartier. La Maison des Éclusiers, remarquable par son toit végétalisé, date de 1844. Juste à côté a été construite en 1871 une fontaine surmontée d’une coquille Saint-Jacques. Une rampe conduit au pont-levis de la Porte du Bourg sous laquelle passe notre chemin qui entre maintenant dans l’enceinte de la Citadelle. Sa visite, qui demande deux heures, est indispensable pour comprendre l’histoire de l’île.
Les passages traversés qui sont ouverts librement au public constituent le chemin d’accès vers le quartier de Haute Boulogne. On suit donc le Grand fossé qui passe sous la Poudrière de l’Enveloppe jusqu’à une esplanade devenue parking d’hôtel. L’entrée du musée et celle de l’hôtel se situent sur la droite, le GR tourne à gauche au-dessus de la Poudrière de l’Avancée, longe le Corps de garde et gagne la Porte de l’Avancée d’où il s’élance vers le rivage.
La Citadelle Vauban
Dès 1572, Charles IX concède le marquisat de Belle-Île à Albert de Gondi, à charge pour lui de la défendre. Il commence donc des travaux de fortification encore visible (la porte des Gondi).
Albert de Gondi, dit le « maréchal de Retz » (1522-1602)
En 1658, Louis XIV vend l’île à Nicolas Fouquet, surintendant des finances. Vauban est chargé d’améliorer les défenses de l’île. Il commence par raser le quartier de Haute Boulogne, y compris l’église. Sur les quatre-vingts kilomètres de côtes, cinquante-trois se prêtaient facilement à un débarquement, en particulier dans dix-neuf échouages. Vauban qui a visité l’île en 1683, 1685 et 1689 a donc établi des plans pour fortifier les parties vulnérables du littoral afin de rendre impossible un débarquement ennemi.
La Citadelle avait fonction de surveillance de la côte autour de Palais mais aussi de réduit, c’est-à-dire de fort où se retrancher en cas de débarquement ennemi réussi. Ses glacis et ses remparts en étoile en témoignent.
Une île convoitée…
Après avoir traversé les dédales défensifs de la Citadelle Vauban, le sentier s’élance vers le nord-ouest pour longer la partie nord de la Côte en dedans. Une côte protégée des vents d’ouest et couverte de végétation, mais également une côte fortifiée, aménagée afin d’éviter les débarquements ennemis. Tout du long, les caps ont été équipés de batteries pour recevoir de l’artillerie (canons et mortiers), les plages ont été barrées de murailles avec de lourdes portes, les péninsules ont été creusées de tranchées. L’île a toujours été objet de convoitise des puissances étrangères ou des pirates.
De tout temps ses habitants ont cherché à se protéger. Les peuples de l’âge du Fer ainsi que les Vénètes se réfugiaient derrières des fortifications en terre encore visibles sur certains promontoires.
Louis XIV a chargé Vauban d’en contrôler l’accès, ce sont les monuments construits par ce grand stratège qui sont les plus notoires. Au XVIIIe siècle, lors des conflits, environ quatre mille soldats patrouillaient entre les divers postes fortifiés répartis sur les quatre-vingts kilomètres de côtes.
Pendant le règne de Louis XV, le 7 avril 1761, une escadre anglaise de douze mille hommes sous le commandement de l’amiral Keppel s’est présentée devant Belle-Île. La résistance des troupes du général de Sainte-Croix, gouverneur de l’île, n’a pas permis de « rejeter l’Anglais à la mer ». Belle-Île est devenue un des joyaux de la couronne britannique pendant deux ans, puis elle a été échangée contre Minorque.
Citadelle Vauban.
« Bandit ! Voyou !
Voleur ! Chenapan !
Au-dessus de l’île, on voit des oiseaux
Tout autour de l’île il y a de l’eau
Bandit ! Voyou !
Voleur ! Chenapan !
Qu’est-ce que c’est que ces hurlements
Bandit ! Voyou !
Voleur ! Chenapan !
C’est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l’enfant ».
Jacques Prévert Chasse à l’enfant, extrait du recueil Paroles 1946.
Mais aussi une île prison
Oui, Belle-Île est une terre stratégique en tant que poste avancé du territoire français, elle a été fortifiée pour éviter les invasions, mais elle a été également une terre de rétention.
Ces deux particularités de l’île se côtoient après le passage du pont-levis de la Citadelle. À droite, les remparts des fortifications, à gauche, le long mur de Haute Boulogne, l’ancienne colonie pénitentiaire créée en 1848, devenue Institution publique d’éducation surveillée de 1945 à 1977. Sur ce sujet, à la suite d’une mutinerie en 1934, Jacques Prévert a composé le poème Chasse à l’enfant.
Un trois-mâts réduit des deux tiers avait été construit entre les murs de clôture. Les aspirants mousses apprenaient à escalader les haubans et à souquer les haussières. Ces colons étaient généralement condamnés pour des larcins mineurs, ou pour vagabondage qui, à l’époque, constituait un délit. Tout manquement à la règle était sanctionné par un rallongement de détention.
Ce même site de réclusion a servi pour les meneurs de la révolution de 1848 puis pour deux mille émeutiers de la Commune entre 1871 et 1880. Les prisonniers allemands de 1870 ont eux aussi fait un séjour forcé ici.
Désormais, des milliers de visiteurs « envahissent » l’île chaque année, pour le bonheur des insulaires (espérons-le !), dans le but de s’évader de la routine du travail et du monde stressé des villes.
Le long des criques boisées
Les premiers pas sur le GR 340, au sortir de la citadelle, débouchent sur un escalier sous le mur d’enceinte couvert de lierre. On accède ensuite à la fontaine des Soldats puis sur une corniche, véritable départ de ce chemin de ronde qui permet de faire la découverte de l’île au plus près de la côte. Après avoir dépassé les ruines du stand de tir, des sentes escarpées mènent à la plage des Soldats.
Un peu plus loin, une quinzaine de mètres en contrebas, se trouve la plage des Colons (dont le nom ne signifie pas forcément que les prisonniers s’y baignaient), bordée au printemps de lilas des murailles évadées de longue date des jardins. La crique suivante nommée port9des Curés, ne signifie pas, non plus, que les ecclésiastiques y prenaient leurs bains. Il existe, quelques kilomètres plus loin, le village de Ker Belec (village du curé).
Le chemin contourne Naud er Gourin (la côte du promontoire) au-dessus d’un superbe petit vallon et traverse une ancienne carrière aux parois couvertes de lichen arborescent gris.
Passage sous de grands châtaigniers aux pieds desquels se dressent des fougères scolopendres. Des églantiers bordent ensuite le chemin. En fin d’été, leurs cynorhodons10 grenats brillent au soleil. Leur nom reprend la terminologie latine de l’églantier mais en grec et signifie rose, rhodo, des chiens, cyno. Ils sont riches en vitamine C et appréciés dans de nombreux pays. Ici, on se contente des mûres11.
Beaucoup d’arbres se plaisent sur cette partie de la côte relativement protégée des vents d’ouest et nord-ouest par la pointe de Taillefer. Voici des frênes, encore des châtaigniers ; autour d’eux des molènes, des fougères mâles, des garances. La suite du chemin nous donnera l’occasion d’évoquer toutes ces plantes.
Des escaliers descendent vers l’anse de Castoul (le passage du courant), une belle plage au sable fin, entourée d’un écrin de fougères aigles. Le sentier passe devant une maison moderne avec vue imprenable sur Quiberon puis aborde une belle combe en friche, suspendue12 au-dessus de la petite crique de Stavanod (le vallon de la côte).
Le sol argilo-schisteux de Belle-Île, qui absorbe rapidement l’eau, devient vite boueux, il a cependant le mérite de la restituer lentement. Une expression locale précise : « La pluie tous les jours, c’est de trop ; tous les deux jours, pas assez »
Anse de Castoul
Cette valleuse se termine par une fortification de plage avec, en son milieu, une étroite arche cimentée pour le passage d’un ruisseau qui coule pratiquement toute l’année.
Au début de la mode des bains de mer, un arrêté municipal de Palais daté de 1851 cantonnait les dames sur les plages de Castoul, Stavanod, Saint-Julien. L’autre côté du port était réservé aux messieurs (Les Armelles et Ramonette). Difficile, même pour les bons nageurs, de faire la jonction.
Une portion de sentier bordée de curieuses maisons
Une belle haie de cyprès dorés et verts marque la limite de la colonie SNCF. Cette propriété a été le parc du château du baron de l’Espée (1852-1918). Ce très fortuné héritier des aciéries de Wendel, qui a brûlé en 1946, a passé une grande partie de sa vie à construire de somptueuses villas sur les côtes et montagnes françaises. Toutes avaient la particularité d’être équipées d’orgues de grande valeur. Le sentier remonte vers la route ; tenter de passer sous la propriété est impossible.
Il semble naturel, aujourd’hui, de se promener librement le long de la côte. La loi du 31 décembre 1976, institue l’obligation de la mise en place d’une servitude de passage le long du littoral qui précise : « En France métropolitaine, sur les 4 500 km de sentiers aménagés permettant la découverte des espaces littoraux, 1 700 km sont ouverts au titre de la servitude de passage des piétons le long du littoral. Cette servitude impose un droit de passage sur les propriétés privées côtières au profit des piétons ». Cependant le texte ajoute que : « En raison de certaines caractéristiques de la côte, il se peut que le tracé droit ne soit pas retenu et la définition d’un tracé modifié devient alors souvent nécessaire ». Sans entrer dans les détails, il arrive donc que dans certains cas « en étroite concertation avec les élus, les associations et les propriétaires concernés », le sentier contourne des propriétés notamment quand la maison est à moins de trente mètres du littoral.
À une cinquantaine de mètres sur la gauche en montant, un grand frêne écroulé s’est soudé sur un autre pour donner de très vigoureux rejets verticaux.
La route passe devant ce grand domaine, deux Cassia corymbosa jaunes montent la garde devant l’entrée du bâtiment principal dont l’architecture médiocre est quelque peu estompée par les conifères environnants. Ce type de construction date d’avant les mesures de protection du littoral qui ont préservé Belle-Île de la fièvre immobilière des années soixante.
La sortie du sentier longe un des deux pavillons de jardin de l’ancien château qui a été conservé et sert de maison au gardien ; son style rétro mérite le coup d’œil.
Plus loin, une maison basse aux tuiles rouges apporte une tonalité différente. Fabriquées industriellement à partir de 1927, ces tuiles mécaniques ont connu un vif succès car elles coûtaient moins cher que les ardoises ou que les tuiles plates utilisées pour les bâtiments d’État. Elles ne sont pas caractéristiques d’une région particulière. Dans beaucoup de villages, quelques granges étaient couvertes de tuiles. Plusieurs bâtiments dont une ferme à Pavillon et l’Hôtel du Phare de Sauzon ont conservé leur toiture rouge-orangé.
Un autre style d’architecture se présente maintenant ; une maison à quatre pans et à deux étages dite abusivement maison de pilote. Comme dans bien des cas, des amalgames de situations ont about à des simplifications et surtout à des erreurs.
Maison de pilote
Les maisons à quatre pans ont été l’apanage des couches sociales aisées (notaires, médecins, capitaines). Comme le rappelle Anatole Le Braz en 1908, « Les pilotes, l’aristocratie de l’île » affichaient parfois cette aisance en construisant des maisons de village différentes des fermes (où bien souvent ils étaient nés). Cela dit, bien des pilotes vivaient dans des maisons à deux pans. Le ou les palmiers devant une maison, comme c’est le cas pour celle de Taillefer, étaient rarissimes au début XXe siècle de la part de Bellîlois, ils renforçaient l’image d’une bonne position sociale. Ces maisons étaient généralement situées en dehors du village et, de l’étage, le pilote pouvait observer le large.
Marins aguerris, de nombreux Bellîlois avaient trouvé une activité lucrative en guidant les navires en direction de l’estuaire de la Loire ou de Lorient. Les pilotes13 naviguaient jusque dans le Raz de Sein14 pour proposer leurs services. En cas d’accord, ils montaient à bord et faisaient route vers Saint-Nazaire. Une fois là-bas, ils rentraient par la terre, souvent à pied. Dès 1815, ils avaient la possibilité de prendre, à Auray, un vapeur de la compagnie l’Union qui ralliait Palais en trois heures. À partir de 1882, ils purent rentrer par le train jusqu’à Quiberon. Par la suite, les pilotes se sont regroupés dans un syndicat qui délivrait un brevet de pilote et possédait plusieurs cotres dont un servait de bateau-école et ramenait ceux qui étaient arrivés à Saint-Nazaire. Les pilotes en retraite bénéficiaient d’une pension alimentée par le tiers des revenus des pilotes en activité.
Ceux-ci prenaient le titre de pilote-breveté seulement quand un ancien décédait.
Sémaphore de Taillefer
Juste à la sortie du village, un bâtiment, lui aussi, très typé, la villa de Jade. Construite en 1913 par un visiteur tombé sous le charme des lieux et qui a fait appel à un architecte alsacien, ami de la famille, d’où son caractère atypique sur la côte au-dessus de la plage de Saint Julien. Elle est devenue une maison d’hôtes. Juste à côté se trouve le Trou du souffleur, une grotte fermée, et qui, à marée haute, crache de l’écume dans un bruit infernal.
Encore un bâtiment original, le sémaphore de Taillefer15, devenu depuis peu, une résidence privée.
Sur la pointe du même nom, les passionnés de fortifications apprécieront un dédale de casemates, de batteries et de bunkers.
Entrée du fort enterré de Taillefer
La batterie initiale en fer à cheval, construite en 1689 selon le plan de Vauban, était située sur la seconde pointe, derrière un parapet encore visible. À l’arrière se trouvaient des bâtiments dont le logement des soldats et un magasin à poudre et en 1793, on a ajouté un fourneau à réverbère pour chauffer les boulets de canons et incendier les vaisseaux ennemis16. L’ensemble a été remplacé en 1860 par une fortification plus élaborée incluant un pont-levis et un corps de garde pour trente hommes dans le genre de celui de Kerdonis, c’est-à-dire enfoncée dans le sol. En 1880, le fort de Taillefer a été totalement dissimulé et recouvert par une couche de terre, avec une galerie-couloir côté nord le long du fort. Il y a été adjoint en 1893, un magasin sous roc, c’est-à-dire une réserve de munitions avec un monte-charge et des galeries munies de rails.
En 1930, le site reçoit quatre canons de 138 sur des assises circulaires bétonnées, deux pièces antiaériennes de 75 et un poste de commandement avec des visières fermées par des plaques de blindages. Le tout sera réutilisé et complété par les bunkers allemands en 1940 et par des fortifications à partir 1943.
Trois siècles de fortifications cohabitent donc sur ce lieu.
La vue depuis la pointe englobe toute la Côte en dedans depuis la pointe des Poulains au nord jusqu’à celle de Kerdonis, au sud.
Par temps clair, on voit le Continent, des immeubles de Lorient (et parfois la masse blanche des Kaolins à Plœmeur) jusqu’aux rivages du golfe du Morbihan. Cela explique l’importance stratégique de cette pointe.
On rejoint, après les fortifications, le chemin qui passe à gauche du sémaphore ; le sentier, à partir de là, devient totalement côtier.
En route vers Port Fouquet
La première crique de cette côte se nomme Gomborh, dont l’étymologie est incertaine. Un des versants héberge des plantes qui ressemblent à des herbes épineuses, mais à partir de septembre, les feuilles des plantes prêtes à fleurir s’ornent de bandes rouges du plus bel effet.
Ceux qui ont un peu de temps et veulent voir une curiosité botanique doivent tourner à droite par d’étroits cheminements puis longer la côte pendant une cinquantaine de mètres. La crique suivante est dominée par une falaise avec deux rampants couverts d’étonnantes touffes de Fascicularia pitcairnifolia18 qui occupent une cinquantaine de mètres carrés.
Cette Broméliacée17 terrestre du Chili émet des fleurs d’un bleu pâle assez discret, elle attire donc les pollinisateurs par un « rouge à feuille » des plus sexy qui la rend irrésistible. La plante se contente des sols maigres et supporte le froid jusqu’à -10 °C, rien de surprenant qu’elle s’épanouisse à cet endroit. La question : comment est-elle arrivée là ? Peut-être jetée avec des résidus de jardin du parc du baron de l’Espée ?
Salicaires
Voici maintenant plusieurs plantes locales, des fougères aigles, des salicaires au passage d’un ruisselet, quelques beaux parterres de bruyèrescendrées, de fétuques vertes aux longues chevelures ployant au vent, et des ajoncs d’Europe dont « les grandes thyrses en fleurs » selon la description botanique précise d’Anatole Le Braz embaument la noix de coco en fin d’hiver et au printemps et parfois même en automne. Ces ajoncs peuvent devenir arborescents et dépasser quatre mètres. Pour se chauffer et cuisiner, les Bellîlois en coupaient les troncs qu’on nomme ici écots19.
Ils fleurissent à Belle-Île de l’automne au printemps et s’épanouissent pleinement sur la Côte en dedans.
La vue porte jusqu’à la pointe du Cardinal suivant une enfilade de caps et de falaises. Les pentes de plusieurs rochers nichoirs pour goélands sont colonisées par des arroches du littoral, une annuelle nitrophile20 qui apprécie leurs déjections. Outre les sédentaires goélands argentés et marins, qui seront décrits plus loin, on peut parfois observer, en hiver, des goélands cendrés. Cette espèce, petite (40 cm) et sans tâche rouge au bec vient, du nord de l’Europe, passer la mauvaise saison sur nos côtes. Au pied de ces rochers, un mur de défense délabré indique la crique de Stang Ario.
Goéland cendré
La côte s’incurve ensuite au sud pour rejoindre la plage de Port Fouquet dédiée au surintendant des finances de Louis XIV dont le château était à Rozerière, non loin de là. Sa devise « Quo non ascendet » (« Jusqu’où ne montera-t-il pas ? »), et l’écureuil, son emblème, révèlent le côté ambitieux de sa personnalité.
Nicolas Fouquet (1615-1680)
La visite de la Citadelle permet de mieux comprendre le rôle important joué par Nicolas Fouquet dans l’histoire de Belle-Île, où il ne s’est jamais rendu.
Cette anse était bien sûr défendue par « une bonne muraille en maçonnerie avec parapet de terre de trois toises (6 m) d’épaisseur », selon le major Detaille21. Les stries dans le schiste sur la droite sont très certainement les traces des roues ferrées des tombereaux chargés de moellons de granit pour la construction de la Citadelle.
Le fort sur la gauche date du Second Empire, il a été transformé en résidence secondaire avec toit d’ardoise coiffé de cuivre. Devant l’entrée s’épanouissent un mûrier blanc et un large mimosa d’hiver. Cette plante australienne produit pendant l’été austral (décembre, janvier) des grappes de glomérules jaunes parfumés caractérisés par un bouquet de dizaines d’étamines surmontées de seulement quelques pistils. Comme de nombreuses plantes de la famille des Fabacées, ses feuilles se replient la nuit (nyctinastie) et ses racines vivent en symbiose avec des bactéries qui captent l’azote de l’atmosphère pour le transformer en azote minéral. On en trouve beaucoup sur Belle-Île, il est plus résistant au froid que son frère le mimosa des quatre saisons22. Depuis quelques années, les hivers doux permettent le développement de ce dernier ainsi que de nombreuses autres plantes dites gélives. Cependant après les -15 °C de 1985 et 86, les mimosas des quatre saisons qui avaient gelé se sont ressemés spontanément à partir de graines tombées au sol, les
