Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
Kabila part, et après? Kabila n'est pas le système qui est en train de semer la mort au Congo aujourd'hui. Est-ce qu'il y a de sérieuses pensées élaborées sur l'après Kabila? Pourquoi devons-nous nous extasier en évitant de poser les bases d'une pensée refondatrice du pays après Kabila? Les Congolais sont-ils condamnés à être des spectateurs de la guerre par morceaux, de la crise de sens et de la crise anthropologique que connait le Congo-Kinshasa depuis plus de deux décennies? Comment rompre avec cette pensée unique qui nous confine à croire que ce sont les mêmes qui doivent à tout moment faire et défaire "les rois du Congo" ? A travers une série d'essais, Jean-Pierre Mbelu, propose une démarche pour opérer une rupture avec le processus politique vicieux et vicié en cours, d'une part, et, d'autre part, briser, individuellement et collectivement, les chaînes d'un néocolonialisme qui n'a fait que trop durer au pays de Patrice Lumumba.
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 151
Veröffentlichungsjahr: 2018
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
DU MÊME AUTEUR
Le Congo post-Kabila par la diaspora congolaise (livre collectif sous la direction de Freddy Mulongo), Paris, Edilivre, 2010.
La République Démocratique du Congo face au complot de balkanisation et d’implosion (livre collectif, sous la direction de J. Kankwenda Mbaya et
F. Mukoka Nsenda), Kinshasa – Montréal- Washington, ICREDES, 2013.
Les congolais rejettent le régime de Kabila (livre collectif sous la direction de Fweley Diangitukwa), Vevey, Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, 2015.
Le Manifeste de la démocratie participative en République Démocratique du Congo, sous la direction de Mbelu Babanya Kabudi, Artisans de paix/ Appeace, 2016.
A quand le Congo ? Réflexions & propositions pour une renaissance panafricaine, Paris, Congo Lobi Lelo, 2016.
#Ingeta. Dictionnaire citoyen pour une insurrection des consciences, Paris, Congo Lobi Lelo, 2017.
Remettre les cerveaux à l’endroit Reconquérir notre dignité et nos terres Réinventer le Congo-Kinshasa
AVANT-PROPOS
Opérer une rupture…
INTRODUCTION
De quoi ‘’Joseph Kabila’’ est-il le nom ?
PREMIÈRE PARTIE
Remettre les cerveaux à l’endroit
Revoir certaines de ‘’nos croyances’’
Rompre avec ‘’les petits mensonges du genre’’ : un mouvement citoyen est a-politique
Effacer le mot alternance de notre vocabulaire
Sortir les masses populaires des ténèbres de la nuit
Rompre avec l’ensauvagement
‘’Co-rompre’’ les corrompu(e)s
Séparer les véritables prophètes des prophètes de la cour
DEUXIEME PARTIE
Reconquérir notre dignité et nos terres
Guérir les cœurs et les esprits
Guérir les cœurs et les esprits, part. II
Lutter contre l’autoflagellation
Attacher une grande importance à l’histoire et à la théorisation de l’action
Critiquer les rapports archivés de L’ONU
Libérer la politique de la pensée unique et de la bêtise
Entretenir la mémoire collective vivante
TROISIEME PARTIE
Réinventer le Congo-Kinshasa
Opter pour une politique qui soit l’art de participer à l’édification de sa cité
Poser les questions qui fâchent
Constituer un contre-pouvoir efficace contre la perpétuation de guerres secrètes
Savoir que dire non ne suffit plus
Mettre en valeur la richesse de nos rapports sociaux
Organiser des solidarités résistantes
Réaliser une bonne révolution
CONCLUSION
Le travail des intellectuels organiques et structurants est indispensable
A PROPOS DE L’AUTEUR
LIKAMBO YA MABELE
Le sens de nos actions vient de demain. C’est en fonction de la manière dont nous projetons nos sociétés demain, que l’on décide des actions à faire aujourd’hui. - SOULEYMANE BACHIR DIAGNE, Entretien avec Thinking Africa
Toute épreuve pour un peuple ou bien sert à purger des fautes ou bien signifie la promesse d‘un immense bonheur.- AHMADOU KOUROUMA, Quand on refuse on dit non
Kabila n’est pas le système qui est en train de semer la mort au Congo aujourd’hui. Kabila part, et après ? Est-ce qu’il y a de sérieuses pensées élaborées sur l’après Kabila ? Pourquoi devons-nous nous extasier en évitant de poser les bases d’une pensée refondatrice du pays après Kabila ? Cela nous éviterait d’être pris au dépourvu afin que tout ne se passe pas comme après Mobutu.
‘’Joseph Kabila’’ n’a pas été mis au « pouvoir-os » par les congolais(es). Comment peuvent-ils l’y chasser ? Les congolais(es) ont cru avoir mis Kabila au pouvoir en 2006. Ils n’ont pas écouté les européens leur avouer qu’ils avaient financé le processus électoral parce que c’étaient leurs élections.
Si les congolais avaient mis Kabila au « pouvoir-os », ils sauraient comment le chasser. Mais comme ils ne l’y ont pas mis, il va encore traîner jusqu’au moment où ses parrains vont trouver « un autre oiseau rare ». Et quand ils l’auront trouvé, ils chercheront à entraîner les congolais(es) dans « une fausse démocratie procédurale » afin qu’ils confirment ce choix opéré à leur insu tout en leur faisant croire que ce sont eux qui choisissent depuis 2006.
Ils proposent le dialogue avec « un faux président » ayant épuisé son « faux mandat ». Les politicards congolais savent cela. Ce qui fait mal, c’est qu’ils entraînent les populations dans ce théâtre affairiste qu’ils appellent la politique.
Comment opérer une rupture avec ce jeu en essayant de mener des réflexions à tête reposée, en essayant de mener des réflexions froidement pour briser les chaînes de ce néocolonialisme qui n’a fait que trop durer ? Allons-nous continuer à être des spectateurs de ce théâtre ou allons-nous, en nous appuyant sur les masses populaires congolaises, pour protéger nos terres, rompre avec cette lobotomisation, rompre avec cette pensée unique qui nous confine à croire que ce sont les mêmes qui doivent à tout moment faire et défaire « les rois au Congo » ? Alors que le monde est en train de devenir pluripolaire, allons-nous rêver en ayant toujours les yeux braqués sur ceux qui ont prétendu être les seuls vainqueurs de la guerre froide afin qu’ils viennent « nous libérer » ?
Jean-Pierre Mbelu Génération Lumumba 1961
Alias ‘’Joseph Kabila’’ mène une ‘’guerre sans merci’’ contre sa véritable identité dans un contexte où ses identités d’emprunt lui permettent de jouer ‘’un jeu’’ de ‘’nègre de service’’ et de gagner énormément d’argent. Tenir le coup au cours de cette ‘’guerre sans merci’’ livrée contre sa véritable identité lui exige des moments de haine de soi et de haine d’autrui. Et il tue ou orchestre des massacres et des assassinats.
Présenté comme ‘’le fils biologique’’ de Mzee Kabila, il semble jouer le rôle de ‘’Brutus’’ dans l’assassinat de ce dernier. Il va à la rencontre de Paul Kagame (accusé par ses ex-collaborateurs d’avoir participé de près ou de loin à cet assassinat) sous le parrainage de G.W. Bush.
Sur cette question, voici ce que Pierre Péan écrit :
Pourtant, dix jours après la mort de son géniteur, il devient son successeur, et quatre jours plus tard il rencontre à Washington le président Bush et Paul Kagame en marge du National Prayer Breakfast, après avoir été reçu par le président français. L’acceptation par Joseph Kabila d’une rencontre avec Paul Kagame, l’ennemi le plus acharné de son père, fournit un indice important pour lever un pan du mystère Joseph Kabila. D’autant que l’impact de cette rencontre est rehaussé par une décision, en date du 1er février, d’abandonner la plainte que le défunt président avait déposée devant la Cour internationale de justice à La Haye contre l’agression rwando-ougandaise de la RDC, après le 2 août 1998.1 (Une plainte n’ayant pas la chance d’aboutir eu égard au rôle de ‘’la justice dite internationale’’ dans ‘’les guerres secrètes de la politique et de la justice internationales’’).
Pour des compatriotes amnésiques, Pierre Péan écrit encore ceci :
L’affirmation suivante du docteur Helmut Strizek me semble pertinente : Après la mort de Laurent-Désiré Kabila, Kagame obtiendra de ses alliés américains et européens - l’intervention de l’Eufor au Congo est à situer dans ce contexte - que le Congo soit dirigé par ‘’un jeune homme inoffensif’’, en la personne de Joseph Kabila. Ceci permettrait au Rwanda de faire main basse sur les richesses du Congo et à Kagame d’être sûr que le danger, dans la lutte contre le pouvoir dictatorial, ne viendra pas de la République Démocratique du Congo.2
Cette affirmation du docteur Helmut Strizek est corroborée par une intervention de Jean-Luc Schaffhauser au Parlement Européen3. L’intervention de Jean-Luc Schaffhauser dure moins de deux minutes. Elle dit d’où vient ‘’alias Joseph Kabila’’, ce ‘’Brutus’’, ce ‘’jeune homme inoffensif’’, ce ‘’jeune homme manipulable’’ pour les intérêts des multinationales. Elle dit que l’ordre d’assassiner Laurent-Désiré Kabila a été demandé à Washington. Et que cela est intervenu quand il a voulu, en ‘’patriote’’, effectuer sa mue afin de servir son pays (et rompre avec ceux qui avaient été le chercher pour envahir le Congo-Kinshasa). ‘’Ce jeune homme manipulable’’ veut se faire passer pour ‘’un Raïs 100%’’. Ce sobriquet est ‘’son nom’’ de la scène du théâtre qu’il joue au cœur de l’Afrique. il fait aussi croire à ceux qui veulent l’entendre qu’il est ‘’un officier militaire’’ (de pacotille) !
En 2007, donnant une interview à Jeune Afrique, il avait affirmé qu’il ne touchera pas à ‘’la Constitution’’, que celle-ci est ‘’sacrée’’, que ‘’le pouvoir use et qu’il faut savoir quitter’’. Cherchant à savoir s’il n’allait pas faire comme ‘’les autres’’, il avait répondu : ‘’Joseph Kabila n’est pas comme les autres. J’ai donné ma parole d’honneur (…). Je vous donne ma parole d’officier. Que voulez-vous de plus ?’’4
En 2018, qui peut encore croire que ce ‘’monsieur’’ sait ce que signifie ‘’avoir le pouvoir’’, ‘’donner une parole d’honneur’’ ou ‘’donner sa parole d’officier’’ ? Il est difficile, voire impossible, d’avoir ‘’une parole d’honneur’’ ou ‘’le pouvoir’’ sous des ‘’identités d’emprunt’’. Celles-ci servent dans un jeu (théâtral) où la marionnettisme est la règle. Alias Joseph Kabila est donc une marionnette jouant plusieurs rôles : ‘’Cheval de Troie de Kagame’’, ‘’jeune homme inoffensif pour le Rwanda’’, ‘’jeune manipulable pour les multinationales’’, ‘’ Raïs 100%’’ pour plusieurs flatteurs et politicards congolais, ‘’Président de la République’’ pour ses parrains et thuriféraires, ‘’criminel de guerre et criminel contre l’humanité’’ pour plusieurs de ses victimes congolaises, ‘’criminel économique’’ dont ‘’les hauts faits’’ sont décrits par Bloomberg.5
De quoi alias Joseph Kabila est-il réellement le nom ? Il est ‘’le nom de la guerre économique’’ que les multi et les transnationales se livrent entre elles et de ‘’la guerre perpétuelle’’ que leurs petites mains anglo-saxonnes livrent aux Congolais(es) éveillé(e)s au cœur de l’Afrique.
Au cours de cette double et même guerre, la période des élections bidons est celle de l’intensification de la violence permettant aux multi et transnationales de faire des profits mirobolants en bradant les ressources du sol et du sous-sol congolais par ‘’leur jeune homme manipulable interposé’’ et d’écraser les velléités des solidarités congolaises résistantes.
Au cours de cette période, certains articles des médias dominants doivent être lus attentivement. Souvent, ils contribuent à remettre ce ‘’Brutus’’ et ce ‘’jeune manipulable’’ au cœur des débats congolais et à convaincre les résistant(e)s congolais(e)s indécis(e)s que les élections-pièges-à-cons peuvent être une issue heureuse à la crise de sens et à la crise anthropologique dans lesquelles le pays est plongé depuis 1885. Ne s’occuper de ce ‘’faux officier’’ peut se révéler une perte de temps et d’énergie terrible ! ses identités théâtrales sont ‘’les noms’’ de ses parrains et lobbyistes. De lui et par lui-même, il ne représente que l’affairisme, la dépolitique errante, le vide de la pensée et le vide idéologique ; la mort. Mais aussi ‘’le mensonge systémique’’ et le triomphe de ‘’la médiocrité’’.
Plusieurs d’entre nous ont déjà oublié qu’il a dit qu’il mourra d’une balle dans la tête ! Ses petits moments de lucidité l’aident à comprendre qu’il est mal dans ses identités d’emprunt. Mais il n’est pas maître du service commandé qu’il exerce. Opérer sous des identités d’emprunt est épuisant. D’où son recours aux ‘’réconfortants’’, semble-t-il.
Eviter de poursuivre le travail d’identification des tireurs de ficelles et d’organiser, petit à petit, la résistance congolaise et croire dans le miracle des élections-pièges-à-cons est une bêtise.
Un livre parmi tant d’autres (‘’Les réseaux Soros à la conquête de l’Afrique. Les réseaux d’influence à la conquête de l’Afrique’’) vient à notre secours en citant nommément ‘’les acteurs pléniers’’, les ONG et les stratégies du ‘’hard, smart et soft war’’ auxquelles ils ont recours pour faire du Congo-Kinshasa leur chasse-gardée. Il est récent. Lisons-le et partageons au lieu de gaspiller notre temps à ne parler que du ‘’faux raïs 100%’’.
Il y a une urgence : sortir de la dépolitique errante et remettre les cerveaux à l’endroit en revisitant notre mémoire collective et en refaisant de la bonne politique. C’est-à-dire cet art de participer à l’édification de notre cité congolaise par le débat, la délibération et la décision collective conduisant à poser des actions, solidaires, concertées et volontaristes indispensables à notre ‘’bien vivre’’. Tel devrait être l’un des objectifs de l’organisation de nos solidarités résistantes contre l’ordre cannibale du Congo-Kinshasa dont alias Joseph Kabila et sa kabilie sont les noms.
Babanya Kabudi Génération Lumumba 1961
1 Pierre Péan, Carnages. Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique, Fayard, 2010, p.306
2 Ibidem, p.309
322 juin 2016. Massacres dans l’Est du Congo. Intervention de Jean-Luc Schaffhauser en séance plénière du Parlement Européen à Bruxelles, youtube.com/watch?v=5Ca5M6Txigw
4Le devoir de mémoire : un exercice difficile et salutaire pour le Congo de demain, Jean-Pierre Mbelu, ingeta.com, 13 juin 2018.
5With His Family’s Fortune at Stake, President Kabila Digs In, Bloomberg.com, 15 décembre 2016 et La fortune du clan Kabila dévoilée, voaafrique.com, 15 décembre 2016.
Au Congo-Kinshasa, le fondamentalisme du marché prend appui sur le fondamentalisme religieux prônant ‘’la bénédiction- réussite individuelle’’ et disqualifiant ‘’l’autre’’ en l’assimilant au sorcier et au démon. Il atomise les familles et casse le ressort de la solidarité et de la fraternité. Le débat rationnel et raisonnable pouvant servir de lieu de la production collective d’une éthique reconstructive est rejeté et/ou inconnu. Pourtant, il nous semble être le lieu indépassable de la réfaction de l’interconnexion entre les différents domaines du monde vécu indispensable à la refondation de l’Etat ; d’un Etat social, promoteur de la justice sociale (de la famille, à la rue, au quartier, à la ville, au territoire jusqu’à la province), de la sécurité populaire, d’une spiritualité et d’une culture combattant le précariat et au service de la vie.
Il y a eu une approche ‘’officielle’’ de notre histoire collective non questionnée. Une approche selon laquelle ‘’la guerre de l’AFDL’’ de 1996 fut ‘’une guerre de libération’’. si les intellectuels critiques congolais ont réussi à battre en brèche cette approche édulcorée de notre histoire de deux dernières décennies, cela n’a pas été le cas pour ‘’le conglomérat d’aventuriers’’ congolais ayant joué, avec le rwanda et l’Ouganda, le rôle de ‘’proxys’’ dans la guerre raciste de basse intensité orchestrée par les anglo-saxons. Cette approche s’est transformée en ‘’une croyance partagée’’ et par ‘’ce conglomérat d’aventuriers’’ et par une bonne partie de la classe politique congolaise ayant signé les accords de Sun City (ou les ayant avalisés).
Cette partie de la classe politique congolaise n’a pas renoncé à ‘’cette croyance partagée’’ même quand elle a appris, de la bouche d’un politicien présent à ces assises, Valentin Mubake, qu’il a été imposé à Thabo Mbeki d’imposer ‘’Joseph Kabila’’ aux Congolais(es). Un député européen est venu donner raison à Valentin Mubake en soutenant à peu près la même thèse6. Rien n’y est fait.
Avant ce témoignage du député européen, plusieurs intellectuels congolais ont écrit et produit des témoignages allant dans le même sens. Mais ils n’ont pas réussi à changer ‘’la croyance partagée’’ par une bonne partie de la classe politique congolaise. Pourquoi ?
Pour plusieurs raisons. Relevons quelques-unes. il n’est généralement pas facile de changer de ‘’croyance’’. Quand ce changement intervient, il a de l’emprise sur l’identité de la personne. Il peut réorienter son approche du monde et des choses. Il peut bouleverser ses habitudes. Or, changer en profondeur est une entreprise difficile et de longue haleine. Souvent, les habitudes se transforment en instincts dominants. et le besoin de les changer disparaît. Plusieurs politicards congolais refusent de se former et de s’informer. Ils ne lisent pas ce qui est écrit sur leur pays. Un exemple. Je rencontre un député congolais à Bruxelles et lui pose amicalement cette question : « Monsieur le député, combien de livres lisez-vous au cours d’une année ? » Il me répond amicalement : « Sans te tromper, un. ».
Un deuxième exemple. ‘’Un responsable politique’’ kinois appelle chez lui l’un de nos écrivains et celui-ci montre ses récentes publications, ses récents livres. Il lui dit : « Oyo nini lisusu ? (C’est encore quoi ça ?) Oza na bana, luka mbongo ! (Tu as des enfants, cherche de l’argent !). Le manque de bibliothèques au Congo-Kinshasa et la valorisation de l’ignorance et de la fausseté7 peuvent être ajoutés à ces deux exemples.
Il semble donc difficile que cette ‘’croyance partagée’’ portée par toute une culture ‘’de la bénédiction divine individuelle’’ puisse être revue et corrigée dans un milieu où les politicards ont rompu avec le côté cognitif de la politique et de l’histoire. Une croyance partagée peut être revue et corrigée si elle est soumise au crible de la critique ; d’une critique fondée sur les faits. Ou si elle est soumise à un débat contradictoire permettant une remise en question conduisant à son remplacement par une autre portée par une culture magnifiant la diversité des savoirs, l’être pour soi et l’être pour et avec autrui, la coopération et la solidarité. la rupture, existant entre les milieux intellectuels critiques congolais et un certain milieu politique, est un des raisons expliquant la persévérance diabolique dans cette ‘’fausse croyance partagée’’.
Une deuxième raison est évoquée dans ‘’luka mbongo’’. Opposer le savoir livresque à partager à la recherche effrénée de l’argent est un signe qui ne ment pas. Cela renvoie à ‘’une autre croyance partagée’’ dans plusieurs milieux (politiques) congolais : ‘’L’argent (sans le savoir) peut tout’’. C’est le signe du triomphe du paradigme de l’avoir sur celui de l’être. Compter l’argent est considéré comme l’unique richesse de la vie.
‘’Explicitement, définir la richesse comme n’étant plus de l’ordre de savoir penser, de savoir aimer, de savoir aimer, de savoir danser et de se savoir saisi dans un tout de l’entregent.8’’
Et du moment que cela devient ‘’une croyance forte’’, ‘’indéboulonnable’’ dans les cœurs et les esprits, tous les coups sont permis ; même l’alliance avec ‘’le diable’’. A ce point nommé, les intérêts pécuniaires peuvent, dans un pays, prendre le dessus sur les intérêts sociaux, culturels et spirituels.
Concrètement, au Congo-Kinshasa, cette deuxième ‘’croyance forte’’ a conduit au refus de la remise en question de Sun City et à l’acceptation de l’inacceptable : mettre le Congo-Kinshasa sous la tutelle d’un mercenaire imposé de l’extérieur.
Où a-t-on vu des mercenaires déposer les armes ?
La pression permanente de cet ‘’extérieur’’ sur ladite partie de la classe politique congolaise a fini par la conduire à la soumission. il lui est devenu impossible de produire un texte sans évoquer ‘’les accords de Sun City’’. et elle prétend que ces accords ont conduit les belligérants à déposer les armes pour s’engager sur ‘’la voie de la démocratie’’.
